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Les Caraïbes: des brûlots sur la mer

212 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
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EAN13 : 9782296281615
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Les Caraïbes:
des brûlots sur la mer
ABC géopolitique du bassin caribéen

Remerciements particuliers à Béatrice Frédéric Dessin de couverture: Roland Monpierre Conception graphique: Dominique de Faure

Hector Elisabeth
Jean-Jacques Seymour

Les Caraïbes:
des brûlots sur la mer
ABC géopolitique du bassin caribéen

Editions CARIBEENNES 5, rue Lallier -75009 Paris Tél. : 285-32-34

@ Editions CARIBEENNES, 1981. Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction réservés pour tous les pays. ISBN 2-903033-21-8

« Un médecin, un seul, c'est tellement impor" tant pour un petit pays comme le nôtre. »

Premier

Maurice Bishop Ministre de la Grenade.

EN GUISE

D'INTRODUCTION

Les Antilles, aujourd'hui.

« Les îles Caraïbes s'étendent depuis l'Amérique du Sud, comme un long bras accueillant pointé vers le Nord. De merveilleuses récompenses attendent les voyageurs qui répondent à leur appel: des kilomètres de tranquilles plages blanches, des mers scintillantes, un climat incomparable, une franche hospitalité. Durant des siècles, les îles ont sommeillé sous un ciel bienveillant, puis, peu de temps avant l'arrivée des Européens, un peuple féroce, appelé Caribes, sortit des jungles du Brésil et vainquit les premi1ers habitants, les moins belliqueux Arawaks. Une orthographe ancienne de

Caraïbe,

«

Caniba », nous donna le mot terrible:

cannibale. Après que Christophe Colomb fut retourné en Espagne apportant des nouvelles du Nouveau Monde, intrigues et luttes commencèrent entre les grandes puissances européennes. L'Angleterre, la France, l'Espagne et les Pays-Bas rivalisèrent de vitesse pour la possession des Antilles sur les11

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quelles ces puissances devaient laisser leurs empreintes. Les îles, impressionnantes par leur beauté et leur diversité, reflètent maintenant deux courants de mutation rapide: le déclin de la décolonisation et la disparition des chercheurs de trésors d'hier, pour la joie des chercheurs d'aujourd'hui ». Ces quelques lignes sont extrait'es d'un ouvrage de Carleton Mitchell Isles of Carribes, publié par le National Geographic Society, Fondation américaine bien connue parmi les organisations culturelles mondiales, et qui publie entre autres, la célèbre revue mensuelle National Geographic Magazine. Cette citation a le double avantage de nous présenter simultanément deux aspects importants de cette région de la Caraïbe: d'un côté, l'aspect idyllique, véritable image d'EpinaI, qui dans un passé encore récent, éveillait la cupidité d'aventuriers de tout acabit, et qui, maintenant, nourrit les fantasmes des touristes nord-américains et européens, par le biais de dépliants publicitaires fort bien faits; d'un autre côté, la référence aux modes de peuplement et à l'histoire de la colonisation, situant, en partie déjà, la trame complexe de la situation politique actuelle que nous tenterons d'analyser ici. Il est exact que jusque dans un passé récent, la Caraïbe ne représentait pour le grand public qu'un produit touristique: vacances garanties «pieds dans l'eau, tête au soleil ». Ce produit, longtemps consommé par les classes privilégiées des Métropoles coloniales, est devenu, depuis les Indépendances, un facteur important dans les politiques économiques des nouveaux Etats. Le tourisme constitue une ressource non négligeable pour leur balance commerciale, même si, par ailleurs, les effets secondaires de cette politique de 12

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développement touristique ont souvent été durement critiqués. Notamment l'es contacts disharmonieux qu'elle provoque entre population autochtone et population étrangère de passage. Le célèbre «Sex, Sand, Sun, Sea» résume brutalement le type de critiques faites à ce sujet. Mais, depuis bientôt trois ans, la Caraïbe n'apparaît plus seulement comme un simple réservoir de plages. Les feux de l'actualité, par maintes occasions, se sont braqués sur les événements importants, parfois graves, qui s'y sont déroulés. Les experts en tous genres, économistes, politologues, tout comme les hommes politiques des Etats de la région, soulignaient depuis un moment déjà, les risques de conflits dans une zone revêtant une telle importance logistique. Eh bien, 'C'est fait! La Caraïbe est devenue le nouvel enjeu sur le plan des relations internationales, et d'aucuns disent déjà, la nouvelle zone de déstabilisation mondiale. . Notre souci permanent dans ce travail aura été de bien situer cette région aussi bien sous l'angle de l'actualité politique qui en fait une véritable poudrière, que sous celui de sa spécificité géographique et culturelle. Ainsi, la première approche nous amène à examiner la dynamique actuelle des relations et des échanges internes à la zone, et ceci, par l'examen d'un certain nombre de faits précis, de prises de position et de déclarations de leaders politiques. Dans l'autre approche, nous envisageons l'entité caraïbe et ses divers facteurs d'homogénéité. Cette tentative a pour but de rendre intelligible l'évolution actuelle de la situation géopolitique de cette aire spécifique. Approche qui nécessitait une problématique particulière pour appréhender les faits se déroulant depuis trois ans dans cette

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régiO'n, et leurs interférenoes dans les relatiO'ns internatiO'nales actuelles; autrement dit, un cadre permettant la mise à jO'ur du jeu réciprO'que des variables, à la fO'is internes et externes. Les deux apprO'ches se veulent, bien entendu, cO'mplémentaires. Il s'agit pour nous d'aider le lecteur à mi:eux cO'ntrôler un certain nO'mbre de références à la fO'is histO'riques, culturelles, politiques ,et écO'nomiques, nécessaires à la compréhensiO'n des événements de l'actualité immédiate. Il est indéniable par ailleurs que la questiO'n de la régiO'n caraïbe soulève un certain nO'mbre de pO'ints de définitiO'ns théO'riques qui ressO'rtissent à la fois du cO'ncept de subO'rdinatiO'n, d'impérialisme, de centre et de périphérie. Sur la nO'tiO'n de régiO'n caraïbe, tO'us les spécialistes ayant eu l'O'ccasiO'n de se pencher sur la questiO'n, s'accO'rdent à reconnaître la difficulté d'une définitiO'n précise O'u univO'que. Si O'n définit le cO'ncept de régiO'n cO'mme une étendue de pays, paraissant hO'mO'gène, en raison de critères spécifiques, se pose la questiO'n pO'ur les pays de la région de l'intégratiO'n dans la « légitimité caraïbe ». On peut cO'mpléter la cO'nstructiO'n du cO'ncept régiO'n en y adjO'ignant la prO'pO'sitiO'n suivante: «espace pO'litico-écO'nO'mique intégrant à la fO'is les caractéristiques écO'nO'miques des aires cO'nsidérées et les caractéristiques pO'litiques et leurs inter-relatiO'ns, et la déterminatiO'n des aires de décisiO'n et de pO'uvO'ir ». Ce complément de définitiO'n, tO'ut aussi théO'rique que la précédente, n'offre pas pO'ur autant un mO'dèle satisfaisant dans la mesure O'ù la régiO'n caraïbe, cO'mme l'écrit le PrO'fesseur Milacic dans sO'n O'uvrage: La Science PO'litique des Jeunes Etats Caraïbes, se caractérise par «la diversité des particularismes insulaires et locaux dans ce

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-

complexe régional

-

une mosaïque sociologique

qui en rompt l'unité ». L'auteur ajoute également: «L'originalité de la société caraïbe est en effet ressentie comme fondamentale aussi bien par les spécialistes originaires de la région que par ceux qui sont venus de l'extérieur ». Débat donc ouvert ,et qui, dans la conjoncture internationale actuelle, trouve un écho particulier puisque les mouvements régionalistes semblent relayer sur le terrain 1es théoriciens constructeurs de concepts. Ecoutons encore le Professeur Milacic: «Les intellectuels de la région veulent au contraire en exclure les territoires qui n'appartiennent pas à la culture antillaise et limiter la Caraïbe aux régimes qui ont leurs suffrages. La plupart des politologues régionaux insisteront sur l'idée de l'unité culturelle de la région, f;Üte d'un passé commun, et de problèmes semblables pour proclamer leur différence. L'étude de la Caraïbe peut devenir une discipline autonome. L'Africanologie et à la suite l'Américanologie ont acquis droit de cité dans la collectivité mondiale des chercheurs en tant que branche de l'anthropologie, puis de la politologie (R. Bastide). Il est naturel que suivant une logique' facile à saisir dans le contexte d'une spécialisation accélérée, la Caribéanologie prétende se faire une place dans la science politique parmi les disciplines sectorisées ». Ainsi donc, notre tentative de systématisation d'un cadre régional précis pour circonscrire les faits reportés, ne pourra être que toute relative. Par contre, cette tentative participe elle-même de l'effort de construction en cours, de ce cadre régional. La notion de micro-état est également au cœur de ce travail. En effet, c'est un élément unanime-

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ment reconnu par tous ceux qui s'intéressent à la région caraïbe. La dimension de ces jeunes Etats, les « Caribbean ministate» ou encore « exquisite isles », représente un phénomène très particulier dans le concert des rapports internationaux actuels *. Ces structures de micro-états soulèvent toute une série de problèmes spécifiques relatifs en particulier à la rapidité d'extension et au degré d'intensification des conflits, et surtout à la fragilité à la fois politique, économique, mais aussi psycho-sociale à l'intérieur de telles structures. Vaughan Lewis, spécialiste jamaïcain des relations internationales, dans un article publié par la Revue Internationale des Sciences Sociales, et

intitulé

«

l'intégration régionale pour échapper à

dans cette étude fouillée et charpentée, la nécessité et les difficultés de fédération que rencontrent ces jeunes Etats. Cette question de fédération est constamment présente dans les préoccupations des hommes politiques et des intellectuels de la région caraïbe, en particulier des ex-ressortissants de la Couronne

l'exiguïté », expose,

Britannique,

qui en deux occasions (Carifta
2

1

en

1968, puis Caricom

en 1972) ont tenté de réaliser

* N.d.E.: Lire à ce sujet: Economies insulaires de la Caraïbe, Jean Crusol, Editions caribéennes, 1980. 1. La Carifta (Caribbean Free Trade Association) fut créée Ie 1er mai 1968. Ble rassemblait dans une zone de libre échange, quatorze pays, ex-colonies britanniques de la Caraibe. L'assemblée inaugurale des gouverneurs eut lieu en janvier 1970 à Nassau avec la constitution de la Caribank. 2. En 1973 à Georgetown, naissait le Caricom (Communauté Caraïbe) qui devait être un cadre institutionnel d'intégration économique par le biais d'un marché commun. Le Caricom inclut également la coordination des politiques étrangères des Etats membres, de même que le développement de politiques dans différents domaines comme la santé, les échanges d'experts, l'éducation, l'université, la recherche... Dans sa Constitution, le Caricom prévoyait, à ,l'intérieur de ses structures, l'introduction de composantes politiques et sociales en rendant obligatoire le lien entre la Communauté et le

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un projet

d'intégration

économique

régional. Il

est évident que cette multitude de micro-états est doubLement inquiétante: d'abord, pour ces Etats eux-mêmes d'une extrême fragilité, mais aussi pour l'équilibre de toute la région. C'est ce qu'écrit Edouard Bailby dans le Monde Diplomatique du

mois de mars 1980:

«

L'apparition

d'une multitu-

de de micro-états dans les Caraïbes créera au cours des années à venir une situation géopolitique nouvelle ». Parlant des Antilles anglophones, l'auteur précise qu' «en dehors de la Jamaïque, Trinidad et Barbade, toutes les aut:Des îles ont en commun l'exiguïté du territoire. En grande partie montagneuses, sans ressources énergétiques ni moyens de communication entre elles, à l'exception de quelques bateaux et de liaisons aériennes assurées par des bimoteurs de 10 à 40 places, elles vivent exclusivement du tourisme et de leur production agricole ». Puis, il cite Maurice Bishop, le nouveau leader marxiste de la petite République de Grenade: «Un médecin, un seul, c'est si peu de chose pour un grand pays, et pourtant c'est tellement important pour un petit pays comme le
nôtre»

.

Enfin, nous serons amenés à utiliser les concepts de dépendance, interdépendance, subordination, impérialisme, centre et périphérie, etc., concepts logiquement en acte dans un tel essai. Nous avons d'autre part ret.enu nombre de témoignages qui tentent de cerner cette problématique de la dépendance dans la zone ca]}aïbe. Ainsi, lors d'un congrès organisé en avril 1971 par le Centre d'Etudes Régionales Antilles-Guyane (C.E.R.A.G.) sur le thème de l'enseignement des Sciences SociaMarché Commun (à l'exception des Bahamas intéressés par le Marché Commun). qui n'étaient pas

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les dans la Caraïbe, parmi l,es nombreux experts réunis, une certaine unanimité se dégageait sur ce problème de la dépendance. Ainsi André Singham, Professeur à l'Université des West Indies ,et à celle du Michigan aux U.S.A., disaient ceci: «Nous sommes persuadés que la Oaraïbe représente un cas parfait de subordination et que jusqu'à ce que nous comprenions ce phénomène, il est peu raisonnable que nous développions ensemble des propositions qui nous guident dans notre étude des systèmes politiques de la Caraïbe ». Et Lloyd Best, célèbre économiste et homme politique trinidadien, Directeur de la Revue «Tapia» renchérissait: «Les îles Caraïbes appartiennent à une classe économique et de société que nous appelons Economie et Société de Plantation et dont le type constitue un système subordonné. Politiquement, le système manque de support dans la communauté; ~conomiquement, il est un appendice d'une économie métropolitaine, et de ce fait ne possède pas une dynamique interne d'accumulation, de changement technologique et de formation de goût ». Et il ajoutait: « En tant que création européenne, la Caraïbe a une très courte histoire, elle a été une société complètement ouverte et a été dominée par des institutions totales. De plus, il y a la petite dimension. Cette combinaison est le cas le plus proche de ce dont rêve le spécialiste des Sciences Sociales: une expérience contrôlée en matière de société ». Voici dans ses grandes lignes le cadre dans lequel nous tentons d'inscrire les événements qui se sont produits ces deux dernières années dans la Caraïbe et qui font pader de crise et de déstabilisation géopolitique. Mais si l'actualité immédiate, la conjoncture paraissent extrêmement préoccupantes, ce que

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nous tenterons de démontrer dans nos différents chapitres, nous aurons également le souci de bien faire apparaître les facteurs structurels qui font de cette région une zone d'instabilité. Car, dès 1965, le Docteur Eric Williams, Premier Ministre de Trinidad et Tobago et historien d'autorité internationale, écrivait dans son célèbre ouvrage
cc From Colombus to Castro» : ccEn résumé, la zone des Caraïbes se caractérise aujourd'hui par son instabilité, sa fragmentation politique et économique, sa diversité constitutionnelle, sa dépendance économique, psychologique, culturelle et dans certains cas politique. Chômage, sous-emploi sur une grande échelle, incertitude économique, tensions raciales, conflits religieux, agitation de la jeunesse, crainte des U.S.A. Quel est donc l'ave-

nir des Caraïbes?

»

Quinze ans après, essayons ner l'état de la question.

à nouveau

d'exami-

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L'histoire en marche dans le chaudron tropical

Bloc géographique proche de l'Amérique Centrale, les Caraïbes ne sont pas loin du giron de la violence révolutionnaire qui, du Nicaragua avec les Sandinistes, s'est propagée au Salvador. Aujourd'hui, le bassin est agité par des remous annonciateurs de tempête. David, cyclone le plus meurtrier et le plus dévastateur du siècle, affirment les.. météorologues, qui , ." epargne sur sa traJectOIre, a provoque , na nen

un formidable

«

choc économique ». Les répercus-

sions économiques de son passage se greffant sur l'histoire politique passablement trouble de ces pays, sont à l'origine d'un malaise qui laisse à penser qu'aujourd'hui, à côté des pays du MoyenOrient ou de l'Afrique Noire, est en train de naître une zone nouvelle de déstabilisation, qui, si l'on n'y prend garde, pourrait être lie prochain théâtre d'affrontements entre les deux blocs. L'Histoire est faite de dates. Dans les Caraïbes, l'année 1979 restera la « date» de référence pour tous ceux qui s'intéressent à cette région. Cette

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année-là, les événements précipitent le pr'Ocessus sourn'Oisement engagé depuis la déc'Ol'Onisati'On britannique. L''Onde de ch'Oc a très vite atteint les îles n'Ouvellement indépendantes de la D'Ominique et de Sainte-Lucie sans épargner le Surinam et le Guyana, sur le flanc sud de ce « chaudr'On tr'Opical ». Il faut t'Ouj'Ours garder à l'esprit qu'il s'agit d'une régi'On c'Omplexe, à la cr'Oisée de plusieurs langues, de plusieurs races et de t'Ous les c'Ourants p'Olitiques imaginables: des b'Onnes manières du parlementarisme britannique adaptées au p'Ouvoir n'Oir, en passant par le marxisme de Castr'O. Le 13 mars 1979, le m'Onde apprend le c'Oup d'Etat qui s'est pr'Oduit à l'île aux épices: Grenade. L'impact était d'autant plus grand qu'il s'agissait d'un événement sans précédent. Jusque-là, en effet, aucun des mini-états antillais du C'Omm'Onwealth n'avait jamais pensé, et ne s'était jamais avisé d'imiter les mœurs p'Olitiques latin'O-américaines. Ce j'Our là, Sir Eric Gairy, Premier Ministre de la Grenade, c'Onnu p'Our s'On desp'Otisme et passi'Onné de s'Ouc'Oupes v'Olantes, est renversé par le chef de l''Opp'Ositi'On au Parlement, Maurice Bish'Op, un avocat issu de la b'Ourge'Oisie grenadienne et partisan d'un « s'Ocialisme à l'africaine ». Dès le lendemain, il n'Oue sans tarder des relati'Ons avec Cuba, qui, 'On le saura plus tard, grâce à une indiscréti'On des services secrets de Trinidad, a participé directement à l'évicti'On du Premier Ministre c'Onstituti'Onnellement élu. Cette référence à la C'Onstituti'On qui asse'Oit la légitimité du p'Ouv'Oir, est d'une imp'Ortance capitale p'Our les chefs de g'Ouvernement en place de la régi'On. Bish'Op est m'Ontré du d'Oigt, tel un pestiféré.

Dès l'Ors, 'On c'Omprend mieux le « fris s'On de la peur» qui a parc'Ouru les g'Ouvernements de cinq 21