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LES ENFANTS DU SOLEIL

De
176 pages
Hugo est à Madagascar. Il visite l'île dans l'intention d'acheter des pierres précieuses. Au cours de ce voyage, il rencontre d'étonnants personnages et s'aperçoit qu'il n'y a pas que les pierres qui ont de la valeur. Quand les enfants sourient, ne sont-ils pas comme des diamants ? Hugo va également connaître la peur, non pas celle de voir la misère, mais celle de se voir en face d'elle. Les chemins de la découverte ne sont-ils pas ceux de son âme ?
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LES ENFANTS DU SOLEIL

MADAGASCAR

((;) L'Harmattan,

1999

ISBN: 2-7384-7804-2

Gilbert SPALETTA

LES ENFANTS DU SOLEIL
MADAGASCAR

Préface de PieITe BOUTAUD (président des Enfants Du Soleil)

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique
75005 Paris

- FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Collection Univers d'enfance dirigée par Gilbert SPALETTA Un enfant qui pleure, un adolescent qui souffre, réalités souvent oubliées d'un univers si proche et si lointain. Sans pouvoir, sans défense, ils subissent un monde dont le triste reflet n'a d'autres expressions que leurs misères physiques ou morales. La collection Univers d'enfance a pour objectif d'évoquer toutes ces situations et de permettre, également, aux adolescents d'être témoins de leur temps.

LES ENFANTS DU SOLEIL
Association fondée en 1985 régie par les lois du 1 juillet 1901 du 14 janvier 1933, du 23 juillet 1987.

Adresse: 103 rue Legendre Paris 17ème (MOFourche) TellFax: 01 4228 1039 Bulletin trimestriel Abonnement 20F Ian

Photos Gilbert SPALETTA

Du même auteur: J'ouvre mon magasin. Roman d'initiation à la gestion, L'Harmattan, 1998.

À ISABELLE. De son regard bleu qui caresse les anges elle m 'a montré l'infini chemin du bonheur. Je l'ai suivi, et maintenant, je vis.

G.s.

Carte de Madagascar

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PREFACE

Mon cher Hugo

Vous aviez décidé de faire un voyage touristicohumanitaire à Madagascar. Vous êtes arrivé à Antsirabé et vous y êtes resté, car vous avez découvert que ce qu'on y vit, chaque jour, est un bonheur sans cesse renouvelé. Je viens de lire votre livre, d'une traite, et ce que j'ai lu m'a interpellé. Je me suis alors remémoré ces six dernières années passées avec les enfants des rues. Je me suis rappelé notre première arrivée à Rufisque dans la banlieue industrielle de Dakar, avec Nicole mon épouse. Ayant reçu bien des grâces dans la vie, nous avions décidé, la soixantaine approchant qu'il était temps d'aller donner un peu de bonheur à ceux qui n'en avaient jamais reçu. Je me suis donc rappelé cette arrivée de nuit dans une

grande pièce où dormaient, à même le sol, une centaine d'enfants vêtus de haillons, sales, puants (un tiers des enfants des rues font pipi au lit à leur arrivée). Pour nous, on avait installé un matelas de mousse recouvert d'un drap tout propre dans la pièce attenante, sans un meuble, avec une fenêtre sans vitre. Nous avons vécu un mois, vivant, mangeant avec les enfants, au grand plat commun, où vingt petites mains sales tripotaient le riz avec acharnement. Nous avons découvert la faim, l'extrême pauvreté, mais aussi tout l'amour que peuvent donner des enfants qui n'en ont jamais reçu. Depuis..Je Rwanda, Madagascar et toujours le même cortège de misères, le même manque d'Amour dans le monde.
Un jour, un petit sénégalais m la dit :

- Il faut que tu viennes avec moi, x... vient de
sortir de prison, il faut aller le chercher. Il est dans la falaise et c'est mon ami. X était un enfant des rues, un unijambiste, mais aussi un petit voleur et la falaise, un ensemble de grottes et de cabanes, en bordure de mer dans la périphérie de Dakar, véritable cour des miracles où la police met les pieds une fois par an, au cours d'une opération qui fait la une des journaux. Je crois que jamais un Européen n'y avait mis les pieds. Comme il vit mon appréhension il me dit:

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- N'aie pas peur, tu sais, tu es protégé par les enfants des rues. Et j'y suis allé. Je croyais trouver des bandits et je n'y ai trouvé là aussi qu'une grande misère. Depuis je n'ai plus peur des pauvres. Alors, vous, qui allez lire ce livre, dont l'auteur a si parfaitement vu ce qu'était la vie des enfants des rues, pensez que vous avez eu la chance immense d'être né en Europe, pays où on ne meurt plus de faim, où on ne meurt plus de froid, faute de vêtements où on ne risque pas d'être oublié des années en pnson. Vous allez me dire, on me l'a dit tant de fois: - Mais en France il y a des pauvres aussi. Je le sais bien, mais en France, on ne meurt plus de faim, on ne meurt plus de froid. A Madagascar en 1999 si. Vous allez me dire et cela aussi on me l'a dit tant de fois:

- Ce que vous faites, c'est une goutte d'eau dans la mer.
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Mais vous, si vous mourriez de faim ou de froid, pensez à ce que représente un bol de riz qu'on vous tend, la couverture que l'on vous donne. Ne raisonnez surtout pas, et comme Hugo laissez parler votre cœur. Avec cinq francs par jour on fait vivre, et bien vivre, un enfant de la rue. Qui ne peut s'engager à sauver un petit corps, une belle âme pour quelques francs par jour ? Nous menons un combat incessant, mais l'amour vaincra. Nous ne sommes pas seuls, nous travaillons la main dans la main avec les petites sœurs du Père de Foucault, les sœurs de Mère Thérésa, les bénévoles de Médecins sans Frontière. A Madagascar beaucoup d'expatriés nous ont ouvert toutes grandes leurs portes, et en France, nombreux sont les bénévoles qui s'activent pour l'association, au siège, dans le vercors, en Alsace, en Bretagne à Poitiers, dans la région parisienne et nous espérons bien que la liste va s'allonger. Chacun apporte tout l'Amour qu'il peut donner et cet Amour est immense.

Pierre BOUTAUD.

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«

Faites du bien à un mur et vous pourrez vous

y appuyer, faites-en à une pierre et vous pourrez vous y as-

semr.

»

Ohabolana (proverbe) Malgache.

Avertissement: Les personnages évoqués dans ce livre sont authentiques. Afin de les préserver, certains noms et prénoms ont été modifiés. Seul Hugo est un personnage romanesque.

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"LA PETITE FILLE SOUS LE BANANIER"

- Bonjour I1vazaha"(étranger) C'est à peine si I'homme remarque la petite fille au sourire calme. Assise à l'ombre d'un bananier elle observe les effets du soleil sur la rizière. C'est une "mérina", la couleur cuivrée de sa peau et les traits de son visage indiquent son origine malaise. Elle est comme ce paysage, un mélange d'Asie et d'Afrique. La langue malgache aux influences indonésiennes, la culture du riz en terrasse, certains rites, les pirogues à balancier donnent à l'île un caractère asiatique. - Bonjour. L'étranger, un peu surpris, s'interroge et se méfie, craignant un acte de mendicité. Mais la petite fille a simplement envie de parler français.

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