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LES PACHTOUNES : ÉCONOMIE ET CULTURE D'UNE ARISTOCRATIE GUERRIÈRE

De
616 pages
Plus que jamais se vérifie aujourd'hui la prophétie datée de 1430 affirmant qu'entre Kandahar et Farah se trouvait " le lieu de la future bataille où doit se décider le sort de l'Asie ". Mais qui sont les Pachtounes ? Un ouvrage de synthèse qui fait le point sur l'originalité culturelle et l'histoire de ce peuple de plus de vingt millions d'habitants, dont les talibans ont cru pouvoir incarner le fleuron. Cette étude très détaillée rassemble sous une forme accessible au lecteur des données de terrain et des éléments référencés (historiques, sociologiques, etc) sur ces tribus d'Asie Centrale qui ont fondé l'Afghanistan et l'ont gouverné plus de deux cent ans.
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Les Pachtounes : économie et culture d'une aristocratie guerrière (Afghanistan- Pakistan)

Collection Recherches Asiatiques
dirigée par Alain Forest

Dernières

parutions

Marie-France LATRONCHE, L'influence de Gandhi en France, 1999. Julien BERJEAUT, Chinois à Calcutta, 1999. Olivier GUILLARD, Désarmement, coopération et sécurité régionale en Asie du Sud, 1999. NGUYÊN TUNG (ED), Mông Phu, un village du delta du Fleuve Rouge (Viêt Nam), 1999. NGUYÊN THÊ ANH, YOSHIAKI ISHIZAWA (eds), Commerce et Navigation en Asie du Sud-Est (XlVe-XIXesiècles), 1999. Pierre SINGARA VÉLOU, L'École française d'Extrême-Orient ou l'institution des marges (1898-1956), 1999. Catherine SERVAN SCHREIBER, Chanteurs itinérants en Inde du Nord, 1999. Éric DÉNÉCÉ, Géostratégie de la Mer de Chine méridionale et des bassins maritimes acfjacents, 1999. Françoise CAYRAC-BLANCHARD, Stéphane DOVERT et Frédéric DURAND (eds), L'Indonésie, un demi-siècle de construction nationale, 1999. Michel BODIN, Les Africains dans la Guerre d'Indochine, 2000. Marie-Eve BLANC, Laurence HUSSON, Evelyne MICOLLIER, Sociétés sud-est asiatiques face au sida, 2000. Philippe Le FAILLER, Monopole et prohibition de l'opium en Indochine, 200 I. Frédéric MAUREL, Cleft pour Sunthorn Phu, 200 I. Anne VAUGIER-CHA TTERJEE, Histoire politique du Pendjab de 1947 à nos jours, 200 I. Benoît de TRÉGLODÉ, Héros et Révolution au Viêt Nam, 2001.

Laurent

DESSART

Les Pachtounes économie

:

et rnlture d'une aristocratie guemère (Afghanistan-Pakistan)

L'Hannattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Hannattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Hannattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

ISBN: 2-7475-1582-6

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5 Avant-propos Certains, parmi les ancêtres des Pachtounes, ont vécu dans les

montagnes: le Ghôr, actuel Gharmistân, appelé aussi *Rôh1ou Kôh. En langue pachto, "pukh ta'h" I I pushta I désigne une petite colline (RAVERTY 1980 : 180). Le mot pachtoune "pukkht" '(persan: "pusht ") signifie à la fois

"ascendance"2, "'ignée", "dos", "crête", "chaîne de montagne" (BELLEW 1867 : 25). Ces mots ont la même racine que Pâkkh 3 (idem: 20). Le territoire habité par les Pachtounes s'étend sur un axe sud-ouest I nord-est, reliant Kandahâr au col de *Khyber. Il est habité, également, au nord, par des Tadjik et des Turkmènes, ainsi que des Hazara et des Uzbek et, au nord-ouest, des Aymaq. Au sud, se trouvent des Ba/outchi et des Brahoui. À l'ouest s'étendent les solitudes des sables4 et au nord-ouest, les montagnes

du KhorâsânI Khurâsân. À l'est s'ouvre le bassin indo-gangétique(Pendjab,
Sind). Le Nord-Est s'adosse à l'Himalaya (Baltistan, Dardistan et Nouristan)5. (altitude 400 Le massif constituant le cœur du territoire des Pachtounes

à 4 000 m) s'étage des plaines de la rive droite de /'Indus aux plateaux du centre afghan et s'élève progressivement du désert (autrefois irrigué) du Régistan aux contreforts accidentés de la pointe ouest de l'Himalaya. Zone
aride aux cours d'eau saisonniers et aux fleuves parfois *endoréiques le pays

afghan revêt un caractère de sanctuaire pour les populations opprimées. History of the Afghans (traduction de B. DORN) relate qu'au temps de l'Exode, les Israélites sous la coupe d'Asif et d'Afghana furent déportés par BOkhtnaser6 dans les montagnes du Ghôr, de Ghazni, Kaboul, Kandahâr et Kôh Firozeh (*NI'MATULLAH, 976, I : 25). Une autre fraction aurait trouvé 1 asile près de la Mecque (idem: 26).
1 cf. glossaire (find'ouvrage) ; à chaque terme marqué d'un astérisque correspond une entrée. 2 anglais ancestry: "race", "lignée", lignage". 3 nom de l'un des sommets de la chaine Kasighar : Takht-é Suleymân, "Trône de Salomon". 4 Dasht-j Margo, Dasht-i Lut et Sistan, barrières désertiques sillonnées de pistes caravanières. 5 À partir de la plaine de Peshawar, plusieurs vallées parallèles montent vers le Nord, forment des goulets d'étranglement et aboutissent à des cols infranchissables J'hiver. Les peuples blottis sur les contreforts des glaciers himalayens suscitent un grand intérêt ethnographique. 6 le célèbre roi de Babylone nommé Nebucadnetsar dans la Bible: Nabuchodonosor Ii.

6 Remerciements Aux chercheurs qui m'ont orienté sur le plan scientifique: en maîtrise

d'ethnologie Rivers, directeur Septfonds d'Ethnologie Directeur lui aussi, Francfort

à *Paris X, Mm. O. Herrenschmidt, les études doctorales,

J. Moinfar,

P. Pitoëff, J. Pittet S. Tomay, Mm. D.

et, durant

Mm. B. Dupaigne Je remercie

de ce travail, du Musée de l'Homme. de l'I.N.A.L.C.O.?, de Neuchâtel, P. Centlivres, E. de Dampierre d'Ethnologie D. Balland

également

ex-Directeur

de l'Institut

(t 9 / 3 / 1998), notre regretté et A. W. Macdonald, et J.-P. Digard, de Paris X

des Études Doctorales Mm C. Bromberger, et d'autres,

ainsi que H.-P. en

qui ont facilité

les recherches

bibliographiques,

FranceS, à Paris,

mais aussi à Londres9, à Berlin, à Islamabad

et à Peshawar. À M.

À ceux qui ont participé S. Vogel, aux docteurs d'entre Luxereau

de près ou de loin à mes pérégrinations. du M.T.A. ou du M.R.C.A.1o Dr É. Creisson

et infirmières

et à ceux et Dr C.

eux qui m'ont accompagné

dans les camps,

sans oublier Mlle I. Mis/in (I.DE).

À ma compagne

et sa fille aînée,

A. et E. Poncet et à tous ceux qui m'ont conseillé. À M. Y. Bourgeois (t 18/2/2000) qui a bien voulu, y apportant le plus et

grand soin, lire mes manuscrits, m'ont encouragé, l'effort de rédaction.

ainsi que Mm. O. Bataille M. C. Laloum,

et A. Réthoré, à persévérer

avec l'ami de ce dernier, À mes parents, Aux Afghans

dans

à mes proches,

à mes amis, pour leur qui, entre 1978 et et à mes

appui et leur sympathie. 1992, ont enduré hOtes afghans,
7 Institut National

et aux Pakistanais

ma présence sporadique à leur générosité

dans leurs contrées souvent *agonistique.11

en hommage

des Langues et Civilisations Orientales. Sur le plan de la linguistique et de la ce travail doit beaucoup à Mm. Septfonds et N. Manalaï, son assistant. 8 Dans le Sud, à (,I.REM.A.M. (Institut de Recherche et d'Étude sur le Monde Arabo-Musulman) et à la M.M.S.H. (Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme ), à Aix-en Provence. 9 M. Hutt, P. G. Kreyenbroek et T. Skorupski (SOAS I School of Oriental and African Studies). 10 Le Medical Training for Afghans comme le Medical Refresher Course for Afghans sont des organisations non gouvernementales (a.N.G.) françaises. Après quelques années à Peshawar, capitale de la "North West Frontier Province" (N.W.F.P.), puis à Hayatabad, ville-champignon située dans l'une des aires tribales du Pakistan, la première s'est implantée en Afghanistan. 11 Réalisant qu'ils ont subi, en plus des humiliations de l'exil, la curiosité d'un ethnologue, je saisis l'esprit dans lequel ce laconique salut vint à la bouche du Directeur des Études Doctorales de Paris X, en m'accueillant à bras ouverts au retour de ma dernière mission: "Allah est grand !"

littérature comparée,

7

Table des Matières Avant-propos (Conventions d'écriture et abréviations p. 9) Introduction.. PREMIÈRE ~ARTIE : Repères historiques & esquisse ethnographique Chapitre 1 : Eléments de chronologie et mécanismes de l'agrégation ethnique des lignages pachtounes Ikhèl/ ~achtounes et Afghans Eléments de chronologie Mécanismes de l'agrégation Incidences de l'agrégation ethnique sur les constructions historiques Chapitre 2 : Une économie mixte, entre activités de subsistance (nomadisme et cultures irriguées) et d'échanges (bazar, guerre et finance) Présentation générale de l'espace économique pachtoune (traits particuliers de l'économie) Activités sédentaires (agriculture, manufactures et industries) Le nomadisme afghan Activités subsidiaires (commerce, crédit et finance) DEUXIÈME PARTIE: Aspects particuliers de la culture matérielle Chapitre 1 : Caractéristiques de l'habitat et parda (ségrégation des sexes)
Habitat '"

5 12 25 27 34 51 81 98 .139 151 167 180 235 275 ...277
.292

Réclusion féminine (parda) La salle des hommes Chapitre 2 : Expressions symboliques et dimensions du jeu Jeux d'enfants Jeux d'adultes Description des festivités du mariage La symbolique de la reproduction sexuelle Formes et conceptions de la transgression Tenants et fin de la littérature comme jeu de "esprit des poètes-guerriers Conclusion Postface Glossaire Index thématique Ouvrages et travaux* cités, et auteurs consultésO ou signaléS# Notice pour la lecture des codes bibliographiques Remarque finale et remerciements Index des auteurs cités Résumé (English Summary p. 523)

313 326 352 ..360 ..367 373 382 400 ..4 425 .447 .457 .467 .49 514 515 517 522 et 524

Annexes: (cf. second volume) : 1. Répertoire des tribus, 2. Figures hors texte, 3. Photographies, 4. B. . 4. b. - 4. c. Statistiques d'après Robinson 1934, 4. d. Statistiques d'après /' *u. N. H. C. R. et/e *G.O.P.C.R. 1(1989 ) + tables généalogiques (tribus et dynastes) + cartes (Aire de subsistance des Pachtounes en Afghanistan et au Pakistan.. Axes de migration en Inde.)
1 "Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés" et" Government of Pakistan

Commissioner for Refugees ".

8

Table des illustrations Carte régionale Table de transcription et de translittération

dans le texte 3 11 17 21

Carte ethnographique DENDROGRAMME : Ancêtres

- Introduction - -----------------I

apicaux de la généalogie

Principales tribus - 48 - et leur localisation - 49 47 Tables historiQues (61 à 63 et 75) : 61 Table 1 : Mercenaires des conquérants des steppes 61 Table 2 : Féodalisme et monarchie 62 Table 3 : La création de l'État afghan 63 Table 4: L'Afghanistan et le Pakistan, éclosion d'un conflit 75 DENDROGRAMMES d'après *Ni'matullah et Hafeez 123 Principaux monarques et leurs dynasties 124 Généalogie de *Ni'matullah : 125-132 a. Généalogie hébraïque (125); b.-c.-d. Sarbani (126-8) ; e. Batni I Bhitanni (129); f. Batni (130 : Mati et Sarwani) ; g. Ghurghucht (131) ; h. Kerrani I Karlanni (132) Généalogie de Hafeez : Descendants de : 133-137 a. Chêrkhbûn I Sharkhbûn (133); b. Khêrchbûn I Kharshbûn (134) ; c. Ibrahim I Ghoria Khèl (135) ; d. Cheykh Béyt I Sheikh Bayt (136) ; e. Ghurghucht I Ghurghusht et *Urmarr + Karlanni (137)
I

- 1 -------------------

unitaire

CARTES ÉCONOMIQUES (économie afghane et pakistanaise) 148-150 1. : Industries et matières premières 148 2. : Activités agricoles et pastorales 149 3. : Mouvements internationaux 150 TABLEAU 1 : Nomades, d'après l'Encyclopedia Iranica 154 TABLEAUX STATISTIQUES: 159 1. Variations des migrations transfrontalières 159 2. Les nomades de l'Est afghan (ROBINSON) 159 3. Migrations locales comparées à l'ensemble des migrations 160 TABLE LEXICALE 1 : Vocabulaire vernaculaire du nomadisme 164 HISTOGRAMMES (d'après ROBINSON) : 208-216 1. Taille des tribus et des segments ghilzay 208 2. Taille des tribus et proportion de nomades 212 3. Sélection des tribus nomades 213 4. Taille et composition des tribus nomades 214 5. Taille des segments parmi les Naser 216 TABLEAU 2 : Économie des produits de l'élevage 227 TABLEAU 3 : Structures du toit des habitations des nomades afghans Schémas de Parenté: 1. évolution de l'habitat 1 a: les acteurs sur 4 générations; 1 b : couple originel 11 (304) 1 c: foyer indivis à 3 ménages; 1 d : foyer indivis à 6 ménages PLAN 1 : cour de famille indivise à Akora Khattak TABLEAU COMPARATIF: Alimentation Figures: (bettek de M.G. et G.M.) : 1. années 91-92 (339) ; 2. valeur honorifique des emplacements 3. le 5 mars 1992 (342) ; 4. le 14 juin 1992 (346)
1\

-2

-----------------------.-------

Il

- 1 ------------

303 304-305 ; (305) 307-8 338 339-346 (341)
389 390 428

Schéma 1 : Damier népalais du Jeu du Tigre Schéma 2 : Damier afghan des noirs et des blancs Table historique: Situation politique de l'Afghanistan

- 2 -------------------

de 1978 à 1999

9 Conventions Les sons du *pachto système biunivoque d'écriture et abréviations: pas tout à fait ceux de l'arabe, était impossible un à

ne recoupant

de transcription désignant et des

et de translittération

créer. Les mots étrangers des noms de personnes transcrits

des noms de lieu, de clan ou de tribu, noms communs Les noms vernaculaires d'origine arabe sont et les

généralement

phonétiquement.

titres de livre libellés (islam) ou la mystique

en cette langue ainsi que les mots touchant (soufisme) sont de préférence translittérés.

la religion

Ainsi, deux systèmes se chevauchent. l'autre de transcription idée des sonorités surtout graphie phonétique. des lettres Ce dernier

L'un est de translittération vise simplement pachto. à donner

et une

dans la langue ou arabo-persans,

Le premier,

employé la

pour les mots arabes originelle du mot.

s'efforce

de restituer

Les conventions sont exposées généralement translittération, [...J. Lorsqu'une les cartes translittération exemple: /kundûsl

de translittération 1, p.11). barres

et de transcription Une transcription obliques:

phonétique phonétique est d'une

plus loin (Table placée entre deux

I... I. S'il s'agit

elle sera de préférence variante est connue

placée entre parenthèses ou largement adoptée

à crochets:
sur

en particulier

ou dans les dictionnaires, ou en transcription, (transcription I Kunduz;

elle est mentionnée

avant le nom en I.

qui est lui-même phonétique /kandahârl

précédé du signe:

I kabûll I [qundûz]

de Kaboul ). I [Qandahâr] I Kandahar

Liste d'abréviations: al. : allemand an. : anglais ar. : arabe cf. : voir da. : dari (persan d'Afghanistan) fro : français hi. : hindi i. e. : id est, "c'est-à-dire" KI K. (toujours suffixé) : khèl (clan I tribu) lit. : littéralement p. :page pa. : pachto
pe. : persan pl. : pluriel sgl. : singulier sq. : suivantes ur. : ourdou z ou z. (toujours suffixé) :

-zay;

pl. -zi

10 2. Note sUDDlémentaire sur la transcription: Dans le texte, et lors de leur première apparition au fil de l'exposé, les mots

vernaculaires apparaissent en transcription, entre barres inclinées:

1 ... l,

donnant leur valeur phonétique. Les mots revenant souvent sont placés dans

le texte sans ces barres, en italique. S'ils apparaissent très fréquemment, ils seront reproduits sans marque spéciale et, accessoirement,
orthographe francisée. Exemples: 1 pashtu 1 1 huQira 1 =>
=>

avec une

pashtu
=>

=> houdjra).

pachtou .

husJjra

3. Quelaues svmboles et abréviations: - le signe < indique une relation d'inclusion. Il sert principalement à décrire un segment par rapport à des segments plus grands. Exemple: Taraki < Ghilzay signifie "le clan taraki de la tribu gj]iIzay". - le signe Exemple: < sert également à préciser la localisation d'une

contrée, d'un village ou d'un lieu-dit à l'intérieur d'une province ou d'un pays. Jagdalak < Kaboul doit se lire:

"le village de Jagdalak dans la province de Kaboul".

- la datation est soit grégorienne (ère chrétienne), soit hégirienne (ère
musulmane). Ainsi "de notre ère" signifie de l'ère chrétienne et figure en est abrégé comme suit: de n. è., tandis que A. H. ou plus simplement AH

une convention pour "Année Hégirienne", c'est à dire conforme au comput musulman. Si une date chrétienne est calculée approximativement ajoutant 622 années à la date musulmane) elle est précédée du signe"::: (en ".

Les symboles de Morgan ont été utilisés partout où ils pouvaient faciliter l'exposition des liens de parenté. Enfin, "m. ", ou, plus rarement, une croix, " t" signalent une date de décès.

11 Table de transcription phonétiaue des sons du Dachto et de translittération de la graphie arabe
son n° et et ~nom lettre 1 aliI a,i,é n° ~et nom 2 son et lettre n° ~et om n arabe 3 '---' " " ............ 7 W1 son et lettre n° ~el nom 4 son et lettre

arabe ,.. I I

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1 convention d'Abstractalranica. 2 Au Pakistan, le même caractère (lettre et signe diacritique) transcrit la diphtongue ~ en finale. Nota Bene: les lettres sont numérotées dans l'ordre alphabétique des dictionnaires de pachto.

12 Introduction

L'apprentissage déroule, Civilisations en France, Orientales

de la langue à l'I.N.A.L.C.a.

pachtoune, (Institut

le *pachto National

ou afghan, des Langues

se et

)3. J'y ai suivi son enseignement' en Afghanistan

sur près de 8 ans, archéologique

de 1977 à 1985. L'existence important

d'un patrimoine

et mal exploré marqua le point de départ de mon cursus en Histoire
à l'Université voyage de *Paris X

des Arts, entamé à l'issue

- Nanterre

(en abrégé:

"Paris

X")

de mon premier Lors du retour

dans ces contrées5. comme à l'aller), je pris conscience

(par voie terrestre,

du climat

sensible

de la région.

Celle-ci

était en ébullition, afghanes

en raison

des

remous provoqués communiste pesaient

dans les campagnes

par les réformes

du régime qui

qui n'avait

pas un an, d'une part, et du fait des menaces et la présence occidentale

sur le chef du gouvernement

en Iran

d'autre part. Le couvre-feu L'occupation

était instauré à Téhéran s'abattit

comme à Kaboul. en décembre 1979 et

soviétique

sur l'Afghanistan

les Russes le mirent en coupe réglée (METGE 1984 : 110, donne une carte de l' "Afghanistan campagnes décidai utile"). subissaient À cette époque d'innombrables l'archéologie d'enlisement du conflit (en 1983), aériens6. les Je

raids de représailles pour l'ethnologie. ethnologique à *Paris X,

alors d'abandonner

Au bout de 6 ans de formation 1986, j'acquis l'I.N.A.L.C.a. une Maîtrise le Diplôme

de 1980 à de

dans cette discipline? Supérieur de Pachto.

La même année, j'obtins

3 Ou Langues'O., abréviation de l'ancienne désignation Institut des Langues Orientales. 4 ainsi que celui du persan, de l'ourdou et du hindi. 5 Itinéraire et dates approximatives de mes séjours et déplacements: départ de la Madeleine
(Paris) : 15 VI 1978 03/15 X

-

Téhéran: Iran:

12 VII 17 X /20

- Hérat,

Kandahâr,

Kaboul

(Afghanistan)

: 21 VII/28 novembre

VII 1978.

-

Jalalabad,

Khyber, Peshawar(Pakistan):

01 V1I1I30VIIIX - Athènes:

Kaboul:

1IX/29IXà Paris:

6 d. journaux d'information spécialisés: Le Cou"ier de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, Les Nouvelles d'Afahanistan, Afahanistan Info, etc. ? Sur présentation du mémoire: Organisation politique et sociale des Pachtounes. Articulation lignagère et conflits agnatiques. :163 p., Département d'Ethnologie et de Préhistoire de l'Université de Paris X, Nanterre,1986 ; J. Pitt-Rivers (Directeur), P. Pitoëff (Tuteur); Mention Bien.

- Kaboul:

Bamiân :30 IX/2 X

-

23 X /30

X - retour

13

Cette formation
parti des perspectives retrait soviétique, des réfugiés Pakistan).

académique de rapatriement

appelait

une expérience

de terrain.

Tirant

de réfugiés,

consécutives

au projet de

j'atterris

à Islamabad

un beau jour d'été les 5 millions

1987. Le nombre

afghans

avait dépassé

(1,5 en Iran et 3,5 au puéricultrices par une association de la et

Envoyé avec un projet de formation traditionnelles de solliciter afghanes,

d'auxiliaires

de sages-femmes humanitaire capitale

je fus chargé

française

son enregistrement

par les autorités

fédéraleS. Revenu en France Lahore), fin mai 1988, après je me réinscrivis une incursion en Licence Genève, dans l'Est du ès Sciences du à

Pakistan (jusqu'à Langage Peshawar les Réfugiés W. Macdonald *Paris

et m'envolai

juste après, destination

avant d'être expédié

pour un an au service - Nations

de l'U. N. H. C.R. (Haut Commissariat

pour

Unies)9. Durant ce contrat, de la filière orientale sur les nomades de rapatriement et pakistanais. soldat soviétique

je mis au point, avec M. A. des études pachtounes de l'époque ethnologiques d'Afghanistan, et pomme de à

(responsable de thèse

X) un sujet

grande inconnue discorde

des programmes afghans

des journalistes

Le 15 mars 1989, le dernier Durant l'année 89-90, je passai

se retira d'Afghanistan. et de sociologie

le DEA

d'ethnologie

8 Le 02 /09/87, un hautfonctionnaire pakistanaisdu Safran (States Frontier Regions Division / Division des États et des Régions Frontalières, qui avait déjà reçu favorablement, l'année précédente, en1986, le Bureau de Médecins de l'Espoir / Doctors of Hope, 'O.N.G. en mission exploratoire), le Colonel Rauf Khân, accepta que l'association mène son action dans les camps de réfugiés afghans. Le Commissioner for Afghan Refugee Fahimullah choisit pour notre implantation les alentours de Haripour, bourgade de la Province Frontière Nord-Ouest proche de la capitale fédérale du Pakistan, Islamabad. Khalabat Township fut à l'origine fondée pour regrouper les habitants des villages engloutis par les eaux du barrage de Tarbela. Cette agglomération, appelée également Khalabaf Colony, est située en bordure du bassin de retenue dudit ouvrage. Montravail consista à installer là une équipe de cinq expatriés appartenant aux professions médicales et paramédicales. Le personnel était constitué de réfugiés afghans (vigiles ou Itchawkidarl et cuisinier). 9 Ma mission onusienne (1988-9) s'est déroulée principalement auprès des réfugiés afghans du district de Peshawar 2 (regroupés dans des camps abritant au total environ 210 000 personnes). Accompagné ou seul, j'ai contrôlé la gestion, assurée par l'administration pakistanaise, des camps de la région et des districts voisins. En congés, j'ai pu approfondir ma connaissance du Pakistan en retournant à Lahore, puis en visitant les ruines de Harappa (Sahiwal) et la villede Multân.

14

comparative10.

Je repartis avec un ordre de mission anthropologiques durant au Pakistan. mon année Ses

et deux allocations,

pour

mener des recherches

Le sujet mis au point nomades l'histoire Chercheur" - Ministère détaché pachtounes

de DEA (L'économie à la lumière

des de

d'Afghanistan.

implications

et de l'ethnographie - Ministère

- 1990) fut doté de deux allocations et de l'Espace Je repartis

(1. "Jeune

de la Recherche Nationale).

et 2. "Aires Culturelles" début 1991. Doctorant deux

de l'Éducation

du Laboratoire

d'Ethnologie

de *Paris X, j'ai sillonné afin d'y réaliser des nomades11. sont un phénomène Nord-Ouest. insertion

pendant

ans (1991-2) participante

la moitié ouest du Pakistan, des migrations saisonnières

une observation

Les migrations Baloutchistan contraignit Ethnologue

pastorales

pachtounes Frontière

résiduel

au me

et dans la Province à procéder et célibataire,

Cette expérience dans

à une véritable j'avais

sociale

ce milieu. mêmes,

en effet constitué,

en ces qualités

une double anomalie

au début de mon terrain suivante,

ethnographique, et enfant.

en 1991. Je Je découvris d'intégration à

revins donc en juin de l'année que mon associé afghan

avec femme

MG12 était parti, ruinant une migration CENTLlVRES,

mes efforts

un groupe de pasteurs

effectuant

saisonnière. directeur du premier projet son En

À mon retour, le professeur de thèse, appui se déclara inquiet

de la tournure projet

de mon étude et me retira ne vit donc jamais de sa problématique. le jour.

en octobre

1993. Ce premier quelques

conclusion

sont exposés

éléments

10 obtenu sur présentation du sujet de thèse (cf. infra) et d'un article (inédit) intitulé: "Étude de la croyance: l'exemple de la religion BOn (Tibet)." - 1990 : 27p. 11 J'avais même offert une somme d'argent à un chef de famille nomade exilé. Prélevée sur mes deniers de chercheur, elle devait l'aider à reprendre le nomadisme et me permettre de participer à une expérience de nomadisation dans le Nord du Pakistan ('Kohistan). 12 Ce patriarche nomade attendait, pour repartir à Kunduz, la chute de Nadjibullah. Elle se produisit le16 IV 1992. En démissionnant, le dernier des Présidents communistes d'Afghanistan, qui sera sommairement exécuté en 1996 à Kaboul, avait immédiatement rendu caduc l'exil de MG et des siens. Interrogé par un montagnard pakistanais: "- Pourquoi tu ne retoumes pas en Afghanistan ?", le vieil homme prononça solennellement ces paroles, qui me sont revenues en mémoire: "- Tant que Nadjib sera au pouvoir, je ne rentrerai pas: (col de Durmâ'i,14 VIII91). Nota Bene: pour d'évidentes raisons, relatives à leur sécurité, les Afghans que j'ai contactés durant mes recherches de terrain ne seront mentionnés que par des lettres initiales codées.

15 *

Le travail l'observation pluridisciplinaire sociologiques), l'ethnologie. éléments

proposé ethnographique.

ici, sans Il

être réunit

monographique, des matériaux

est fondé de

sur

nature et de Les Mes

(géographiques, constitutifs Sa toile de fond de

historiques, la palette

linguistiques, théorique des tribus touches aux confins

généalogiques et descriptive pachtounes.

est l'ensemble quelques

de terrain

y apporteront

d' "actualité"13.

notes, prises au cours de mes déplacements (un séjour entre le Pakistan trouvent évoquée orientaliste, place et l'Afghanistan d'une

de l'Asie Centrale au Pakistan), originale historique, y

et sept missions

dans le cadre ouvrages

compilation

bibliographique littérature

ci-après: sociologique l'ethnie

encyclopédiques,

ou ethnographique. pachtoune Lisant comme une entité sociale accu Iturée

Présenter paraît improbable

au départ.

les statistiques 1988 : 139-155), enclins

sur les populations on note en effet qu'à ethnique (idem:

nomades

d'Afghanistan

(BALLAND seraient

peine 2% des Pachtounes 146). Les Pachtounes

à la mutation

détribalisés

sont encore minoritaires

(ROY 1988 :

204); autrement dit, la notion d'appartenance tribale reste chez eux vivace.
La culture caractère certains ethniques occupe clivages matérielle, encore archaïque, de cette civilisation indo-persane.

forte en
En effet,

une place à part dans la sphère culturels et historiques

ont forgé le creuset
et du Pendjab.

des identités Ces identités fixées par les

des populations

d'Iran, d'Afghanistan

et ces clivages diplomates

ne s'accommodent

guère des limites territoriales l'influence

russes et anglais

pour localiser que constitue

des États dans cette

"zone de fracture

des empires"14

l'aire pachtoune.

13 Les éléments de terrain exposés ici remontent aux années 1978 (4 mois entre l'Afghanistan et le Pakistan ). Ils sont ethnographiques à partir de juillet 1987 (10 mois au Pakistan, jusqu'à mai 88). Les missions suivantes s'échelonnèrent d'octobre 1988 à octobre1989 (1 an au Pakistan) et de janvier 1991 àjuin1992 (6 mois au Pakistan, sur 4 séjours). 14 L'expression Paris, (sans doute inspirée par PLANHOL ; 1993 Les nations du prophète; Fayard: 894p.) sortit des lèvres de Madame C. Herrenschmidt lors d'un entretien personnel.

16

La société Durand, l'origine anglaise,

décrite

ici s'étend

donc de part et d'autre britannique.

de la *Ligne à et

tracée durant la colonisation (fin XIXème), sépare le partage

Cette ligne, qui marquait, les autorités afghane

des zones

entre

aujourd'hui

le Pakistan

de l'Afghanistan. traditionnelles Cette des Pachtounes situation s'est

Les migrations ont pris, maintenue groupe pour cette

et les solidarités raison,

tribales

un tour transfrontalier.

tant bien que mal, en dépit des conflits humain conserve ainsi une certaine

entre les deux États. Ce culturelle15 et

homogénéité

linguistique16,

malgré son éparpillement

géographique

entre les deux pays. en 1978 environ démographique la croissance l'occupation (182/1000, du de

Ces États voisins et musulmans 7 millions Pakistan de Pachtounes chacun.

tous deux comptaient l'expansion

En 1998,

y porte leur nombre à 18.4 millions. En Afghanistan,
a été freinée par la guerre: À cela s'ajoute

la population soviétique17.

1 300 000 morts durant de mortalité infantile

un taux énorme Les Pachtounes

QUID 1990) et périnatale.

y sont aujourd'hui

5 à 6 millions

(QUID 1990) ou 7,36 millions (Atlas Encarta Microsoft La faiblesse vie des habitants la fois les aléas naturelles dégâts

1988-1996)18. de

(39 ans - QUID 1990) du chiffre officiel de l'espérance de ce pays martyr, historiques l'un des plus pauvres

du globe, reflète à des conditions dont les de

qu'il a traversés et la dureté gel) qui y sévissent. immenses19,

(séismes,

sécheresses, furent

La guerre,

sur le plan humain matérielles

fut aussi

génératrice

destructions

considérables.

15 Quelques tribus d'origine pachtoune, comme les Kakar I I kâkerr I voisins des Baloutchi, assimilé les coutumes politiques (plus stratifiées) de leurs voisins. 16 À part le groupe des Ormari *llurmarrÎ Ide la branche Karlanni, parlant urmarri, les Kasuriya les expatriés afghans vivant en Inde ou ailleurs, ils ont tous le pachto pour langue maternelle. 17 Rapport SLIWINSKI, Marek: Évaluation des conséquences humaines, sociales

ont et et

écologiques de la guerre en Afghanistan. B. I. A./M. S. F. (Bureau International d'Afghanistan I Médecins Sans Frontières), Paris: 1988. 18 Ce chiffre peut paraître bas pour les familiers des camps de réfugiés, où la natalité infantile était explosive. Les femmes afghanes .patriotes. disaient sous "occupation soviétique qu'elles participaient à l'effort de guerre en engendrant de nouvelles recrues pour le Djihad I Jihad. 19 cf. rapports d'Amnesty International 1979-1993, Afghanistan, un pays sinistré, 1995 (Éditions d'Amnesty International), La lettre de la F.l. DH (Fédération Internationale des Droits de l'Homme) : Afghanistan, enquête sur le dépeuplement du pays, 1985 - hors série.

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18

les compilés

traits folkloriques dans les ouvrages (*DORN,

et les usages encyclopédiques

des tribus

pachtounes

ont été au en

des officiers

britanniques,

siècle dernier 1965

traducteur

de *NI'MATUllAH traduit par

1829/1936 BRETON 1817,

-

réédité

et 1976,

ElPHINSTONE

RAVERTY & ROSE

1878/1976) 1911, réédité

ou au début en 1978

de ce siècle

(IBBETSON,

MACLAGHAN

-

cité sous la forme

IBBETSON

et alii -, ROBINSON
dans la siècle, où

1934, réédité en 1978 et 1980). Quelles littérature BARTH, ethnographique DUPREE,

en furent moitié

les répercussions de vingtième

en cette seconde JANATA

FERDINAND,

sont les précurseurs TAPPER,

et AHMED, TAVAKOLlAN

ANDERSON,

BARFIELD,

GLATZER,

HART, SINGER,

les continuateurs

de l'exploration

scientifique *

des Afghans?

C'est sur les fondements des Pachtounes comparative pakistanais

de contacts et afghans, les arcanes

durables

(entre 5 à 14 ans) avec étude de sociologie

que cette

se risque à évoquer

de cette ethnie, tant sur le plan à l'évitement des sexes que d'une

des règles et dispositions

matérielles

relatives

sur le plan de leur schismogenèse. pratique ethnographique Elles pachtoune sont

les notes de terrain

sont le résultat

de type observation à de courts rôshâni, Rahmân

participante.
extraits Bâbâ, tirés Khochâl de la littérature Khân Khattak)
C ABD El

combinées (école
(HAFEEZ) dressé

classique

ou contemporaine WAHAB). le tableau

d'Afghanistan dans cette

(T ARAKI) perspective

et du Pakistan offre à la fois

une vision

globale

de l'ethnie

pachto une et des notations

ponctuelles

sur des aspects

particuliers de la vie matérielle, observée in situ .

le présent

travail coordonne

différentes

perspectives:

ethnologiques noté

et I 1 , la

généalogiques,
économiques Deuxième

dans le chapitre
dans le chapitre

initial de la Première Partie,
suivant, noté matérielle I 2 , et culturelles et son champ

dans

Partie, qui explore

la culture

d'expression

19

symbolique (Chapitre 1., noté Il 1 ), qu'elle transfère sur le plan politique (Chapitre 2., noté 1/2 ). Dans la Première Partie, la société et l'économie sont traitées en profondeur. Ilest en effet essentiel de comprendre à la fois les implications politiques du système des khèl (lignages, lignées, clans, tribus,

confédérations tribales) et leur articulation sociale, d'essence patrilinéaire,
génératrice d'égalité horizontale et transversale. Les ressorts des activités productives se tendent et se déploient sous la trame d'une économie mixte. Le contexte international y intervient en force du fait de la porosité des frontières et de la pratique du travail immigré, traditionnellement associé à la
carrière des armes.

Définir un objet sociologique cohérent est l'objet premier de ce travail. Les chroniques généalogiques pachtounes permettent de remonter dans le passé. L'Histoire nous apprend que, des premiers siècles de l'Hégire à 1747 (de n. è., date de \a fondation de l'Afghanistan), l'équation Afghans = Pachtounes prévaut. Les Pachtounes, jusqu'à cette date, sont cités dans les ouvrages savants sous le nom d'Afghans. En matière de dénombrement, "œuvre de CAROE (1958 I 1983) et l'étude de VALLET(1975) axées sur les tribus pakistanaises n'ont pas leur pareil du côté afghan. L'équivalence Pathans

=

Pachto unes

justifiait

cependant de rapprocher ces chiffres de ceux, assez anciens ou imprécis, de
ROBINSON 1934 et KIEFFER 1985.

Notre cadre historique prend pour départ l'époque d'islamisation historique (et non mythique) des Pachtounes (à partir du XO- XIIO siècle). Dès cette période un processus apparaît au sein de l'ethnie pachtoune, que nous n'appellerons ni intégration, ni affiliation, ni adoption, mais plutôt agrégation (sociale ou individuelle). Sur le fondement de cette mécanique sociale, est
pratiquée une forme d'intermariage exogame.

20

La l'acculturation

question sont

d'une

identité

ethnique

pachtoune des

et

celle

de

examinées À partir

en I 1, à l'aune des sources locales

constructions la

généalogiques généalogie
tribus

savantes. pachtoune

et régionales

officielle,

sur un modèle uniti' ou unitaire,

recense les

les plus nombreuses Les ancêtres apicaux

ou les plus prestigieuses20. remontent à des époques sur lesquelles l'Histoire

ne peut guère nous éclairer. généalogie ancêtre Mahomet, Arabie. "mythique" éponyme Khaled

On doit, pour en savoir NI'MATULLAH

plus, faire appel expose

à la

des Pachtounes.

que Qais, mekkois à venir de en

des Pachtounes, bin Walîd,

fut convié

par le général d'Afghana, d'ascendance

lui aussi

descendant

Qais et Khaled

seraient

donc tous deux

hébraïque

(NI'MATULLAH Certains des procédés patrilinéaire d'ascendance phénomène l'anthropologie La filiation I khèl I à partir

1975, Il : 26). événements autorisent à interpréter des successions de légitimité la symbolique d'ancêtres implicite (en ligne et est un de

de la construction ou selon des Parmi dans

principes

religieuse21

royale22). redondant

ces procédés, "histoire

celui de l'agrégation

et récurrent dans par l'alliance

les matériaux de mariage.23

sociale afghane. (généralement de ces ancêtres

\I est cimenté patrilinéaire) apicaux

et le fractionnement sont ordonnés

de chaque

par pays dans le unitaire ). Cette

Dendrogramme ci-contre (Ancêtres
liste ébauche une énumération

apicaux de la généalogie

non exhaustive

des tribus recensées.

20 Le prestige d'un ascendant se mesure sur les plans religieux, militaire, patrilinéaire, politique. 21 Une influence ismaélienne flotte à l'époque de Jahângir et de son fidèle conseiller, Khân Jehân LOdi,protecteur de *Ni'matullah, qui composa son ouvrage à partir de 1609-11, avant l'accession au trône de Châh Jehân (1627 -1658). Est-ce l'indice, à cette époque de conspiration, d'un rapprochement opportuniste des Afghans en direction de Nûr Jahân, épouse de l'empereur, filledu vizirchi'ite et iranien de celui-ci? Ce fut elle qui tint les rennes de l'Etat entre 1611 et 1622. BALLAND(1998) m'a inspiré une autre interprétation de l'influence chi'ite sur les généalogies que j'ai mise en relation avec la dynastie lôdide Multân (cf. 11). 22.C'est du côté des Ghôri et des Khalji I Ghilzay qu'il faut rechercher des ascendances princières. Elles sont mâtinées à la dynastie des esclaves turcs de Ghazni ou de Delhi, dans le cadre de la création d'États Secondaires en Inde. où les razzias et destructions d'idoles au nom du Djihad allaient bon train, depuis l'invasion arabe(X. siècle- Multân).

21
DENDROGRAMME Adam : Ancêtres aDicaux de la aénéaloaie unitaire

Branche Talut (Saül) Ermia (Jérémie) Afghana Qais Abdur Rachid Sarbani Pak. Ancêtres bibliques et assimilés Contemporain

Sarban

en italiques: Karlanni en gras: Kharchbûn souli nés: Durrani du Prophète Ghurghucht
Pak. Af .

Pak. Af . Afg. Aka Khèl 0,4 Atsekzav 1 Afridi 4,5 Alikozav 8 Andar 1,8 Ali Khèl1 ,4 Bangash 1,5 Barakzav 5 Babar? Dotani 0,06 Batni 1 Barets 0,3 Bannutchi 1,8 Chirani 1 Chinwari 1 Darwéch K. ? Dzadran 1,8 Daudzay ? Dzadzi 2,2 Ghorani 0,005 Glgiani? Es-hakzav 4 Gandapur ? Hotak 1,5 Khattak 5,8

r

Mahomet

Gadun 0,5 Isot? Kakar 5

Kharoti 0,5 Khalil? Khostwal ? Khetran? Khugiani 1,2 Khasor? Luni? Kundi 0,02 Mangal 2 Mahmund ? Mardanzay 4,5 Marwat 2,4 Mando Khèl1 Mahsud 3 Mian K. 0,07 Mohmand 6 Pani 0,4 Muhammadzay ? Naser 0,4 Safi 2,2 Muqbil ? Nurzav 4 Non classés: Niazi 0,16 Orakzay 4 Suléyman K. 5 Popalzav 4 Sohak 0,14 Dawri 1,2 Taraki 2,2 Tarklanl ? Djafar ? Pakistan Tarin (Spin et Tor) 0,7 Farmuli ? Tokhi 2,5 : Tchakmani 0,6 Mallagori ? Turi 1,4 Machwani ? Ustarana 0,4 Urmari ? Utman K. 1,5 Wardaki 2 Wazir 6,3 Yusufzay 10,5 Afghanistan: Chilman ? Gurbaz ? Zaymukht 0,7 Qadozi 0,4 Sadat? Tanni?
Nota Bene: cette liste vient en complément du répertoire des tribus en Annexe 1. et en prélude aux schémas détaillés proposés à la fin du chapitre 1. de la Première Partie (I 1). Les chiffres figurant icisont exprimés en centaines de mille.Certains Wazirs vivent en Afghanistan. 23 L'alliance s'établit généralement sur les bases de l'isogamie, avec une tendance hypergamique. Le principe de l'agrégation favorise les liens matrimoniaux entre les Pachtounes et d'autres ethnies, en particulier avec des familles ou des individus d'origine arabe.

22

L'apparente graphique

permanence

de l'identité

ethnique

que dessine

la raison le fait acteurs De telles

sous la forme d'un arbre généalogique vers la mobilité sociale encourage

ne doit pas masquer ses plus ambitieux de marché.

que l'attraction à privilégier motivations politique,

le commerce peuvent

et à s'orienter

vers l'économie

se cristalliser

sur le plan domestique

ou sur le plan

parfois sur les deux. et individuel d'une famille, de la réalisation les tendances d'une alliance hypergamiques de

Au niveau domestique mariage dénotent recoupent
sociétés

et de la fondation une nette tendance des faits similaires
tribales L'égalitarisme du Moyen

à la stratification. attestés

Ces effets de rupture d'égalité et alii (1991) dans les

par BONTE
du Nord. qu'au

Orient

et d'Afrique ne se pratique

pachtoune

sein

d'une

aristocratie

et sur les fondements techniquement, spécialistes

d'une

sévère

ségrégation corps

des sexes.

Il suppose, de militaire,

l'existence

de plusieurs

socioprofessionnels ni de l'activité

prenant en charge les travaux ne relevant

ni de l'agro-pastoralisme. Une communauté afghane traditionnelle est représentée par le *Khân Si, à les

ou le *Malek local. Celui-ci doit assumer l'étranger échelons ou dans la capitale, de la stratification24,

les fonctions

de chef de guerre. parcourir

il peut, par ambition au kelè

ou nécessité, campement"),

(pa. : "village,

il ne sera

jamais que primus inter pares. Les Pachtounes national et international dominent les compagnies de transport routier (transit que

de marchandises

et de voyageurs)

et possèdent,

ce soit par la voie administrative des douanes

ou les droits coutumiers, Certains sont

un quasi-monopole de père en et de trait au

et droits de passage.

contrebandiers le négoce

fils. Il arrive qu'on les voie pratiquer fait la vente et l'achat des devises,

le change,

international ayant

bien que les métiers

24 Un tel notable pourra même être nommé Général, dans la verticalité des structures de l'organisation l'ascension des sphères hiérarchiques, de simples des Ministères.

si son aptitude à gravir les degrés s'insère militaire. Sinon, il reste la voie civile, par postes de fonctionnaires jusqu'à la direction

23

commerce

d'argent

fussent

longtemps

et soient pachtounes

encore

parfois

le propre

de

spécialistes.25
financières.26

Certains

nomades

se livrent

à des

activités

La plus grosse part des revenus de l'Afghanistan,
natureW, Aujourd'hui provient des productions de l'agriculture

sans parler du gaz et de l'élevage.

ces deux secteurs L'Afghanistan

ont sans doute diminué serait devenu le deuxième

pour céder du terrain producteur d'opium

au narco-trafic.

au monde, tandis que le Pakistan du Moyen-Orient importants afghane

est le producteur 1988-96). de

d'héroïne

le plus important économiques traditionnelle faire face

(Atlas Encarta Microsoft

Des retards l'économie

et une destruction sont les contingences

systématique auxquelles

les Pachto unes durent

après le retrait soviétique. N'est-il des puissances légitimité constante réellement l'équipement politicienne, ou islamique que l'économie étrangères, afghan? de guerre, qui puisse Ce pouvoir, de lutte entre factions soutenir l'identité armées et assurer par la

d'un pouvoir préoccupation

délibérément

ostentatoire,

a pour

de se donner

à voir et à entendre, concernant et policiers

sans assumer et

son rOle social du pays. laquelle

ni sa mission militaires

le développement appuient

Les milieux se contente

la sphère communiste

de répandre

sa propagande, volatile. propre.

selon l'esprit du temps, du pouvoir possède

particulièrement

La machine l'identifier,

une syntagmatique Partie

C'est pour en de la

la sonder

et l'explorer

que la Deuxième matérielles

se découple

deux chapitres.

L'un aborde

les formes

et psychologiques

25 d'appartenance ethnique et religieuse

distincte (Hindous, Israélites et Sikhs). 26 Du temps des Indes britanniques, les powindah (nomades commerçants) pachtounes, lors de déplacements saisonniers et pluriannuels à l'étranger, proposaient aux indigènes birmans, indiens et népalais des vêtements à crédit. La vente de fripe par versement d'argent différé était pratiquée de façon à produire un certain dividende. Seuls les intérêts de la dette contactée étaient réclamés, constituant pour le créancier une rente qu'il viendra percevoir chaque année. Une autre formule de vente à crédit s'est étendue dans le centre de l'Afghanistan : la vente à crédit sur garantie foncière. Echelonnée sur plusieurs années de prêt à intérêts, elle a contraint certains paysans insolvables du Hazaradjat, à devenir métayers des mâldâr, ou pasteurs nomades pachtounes. 27 entièrement capté par la Russie durant l'occupation

24

schismogenèse

pachtoune

(habitat,

réclusion

féminine conceptuel

salle des hommes) et intellectuel

et

l'autre la nature profonde syntagmatique du pouvoir.

ainsi que l'ancrage

de la

L'hospitalité matérielles observées. profonde comme monde

des Pachto unes s'ordonne de bienséance

dans le cadre précises

de structures

et de règles

et méticuleusement d'étrangers sexes, Cette reflètent une

Celles qui sont relatives dichotomie appartenant entre

à la présence

les représentants genres humains

des deux distincts.

considérés division du

à deux

entre

le masculin individuels La tolérance

et le féminin et s'exprime

imprègne

le comportement dans

et les les règles

représentations d'évitement. la rumeur. compensation

quotidiennement

envers la transgression un coupable

est limitée. La rançon en est devront trouver une

Pour son rachat, appropriée28.

ou sa victime

L'impossibilité répétition syntagmatique

de se dégager des mêmes

des épisodes

paradigmes cruels? social

entraÎne-t-elle Peut-on y dénoncer

la

une mécanique physique l'hostilité

du pouvoir individus, 29?

qui mutile victimes

le corps souvent

et même

le corps

de certains ambiantes

innocentes

de la guerre et de

28 Meurtre et échanges de dons, comptabilisés 29 à titre d'information, notons que l'Afghanistan, mondialaprès l'Angola et 1"lrak - et qu'il compte numéro daté du 27/11 au 3/12/1997.

principalement en femmes et en numéraire. avec 10 millions de mines, atteint le 30 rang un amputé pour 631 habitants, d'après La Vie.

PREMIÈRE

PARTIE:

Repères

historiques

et esquisse

ethnographique

27 Chapitre 1 : Éléments de chronologie et mécanismes de l'aaréaation ethniaue

. des

lignages cachtounes

Ikhèll

Ce qui fait le centre de cet exposé,

c'est la civilisation pachtoune serait

pachtoune.

Il ne

s'agit pas de jeter les bases d'un nationalisme d'identité ethnique. Une aussi hideuse artificielle, (cf. question

fondé sur la notion une construction hante infra). et comment au prix cette d'une les pires

entreprise dont

anachronique cauchemars

et totalement des Pakistanais simplement et perdure culturelle

le spectre

du Pashtunistan pourquoi contemporain, afghan

Il s'agit identité survit

ici de comprendre dans le monde

incompréhension redoutables. pourtant

qui conduit

le peuple

à des extrémités n'est

L'isolement

du régime des Taliban

sur le plan international de l'ornière

pas sans issue1.

Afin de J'aider à sortir la presse

des champs ses

ethnocentriques fondements développe

où le cantonne populaires,

internationale

et pour étudier

la section

liminaire

(a. Pachtounes et la tradition (b. Éléments en plaçant La section théoriques quelques

et Afghans) afghanes. de chronologie) le phénomène suivante concernant observations (c.

une réflexion

sur les origines, la deuxième

l'histoire section

Les tables illustrant ont pour objet de constituer de l'agrégation Mécanismes le processus

des repères temporels, diachronique.

dans une perspective de l'agrégation) de

offre des considérations étayées par

l'agrégation, Enfin,

ethnographiques. administrative HAFEEZ cloront

un ensemble ) des

de commentaires d'après

de la généalogie *NI'MATULLAH ethnique et

(/mythique ce chapitre ).

Pachto unes,

(d. Incidences

de ('agrégation

sur les

constructions

historiques

* S'il est un vocable la perception vernaculaire sociales à connaître avant de progresser politiques dans à

des structures

et des institutions

propres

1 "Entre les Talibans - sic - et la communauté internationale, double piège pour l'Afghanistan", Le Monde Diplomatique de février 1999, p. 13. Article de Chantal AUBRY, journaliste à La Croix.

28

l'ethnie

pachtoune,

c'est

le terme

(arabe)

de Ikhèl

l, "clan"

ou "lignage" d'une en des

patrilinéaire. véritable continu

Ce sème pluri-référentiel de l'alliance. L'étude

recouvre les mécanismes Cette syntagmatique

syntagmatique à travers

se reproduit et historique

les siècles.

ethnogénonymique

généalogies

en apporte

la preuve

indubitable. symbolique se prête de liens construits également

Loin d'être seulement posteriori, représentation le domaine pragmatique

une figuration des généalogies

a

à une

des groupes fonction

humains

et des individus locales,

composant bâties sur constituées

le tissu social. C'est la principale les relations sociales concrètes

des généalogies

et quotidiennes un campement

des microsociétés nomade.

par un village, officielle

une vallée,

voire

Une généalogie bruts. Les visées une hiérarchie Ce genre

et unitaire s'est ébauchée

à partir de ces matériaux
Elles tendent

d'une telle construction des lignages de construction attentifs à cultiver terreau s'appuyant savante

sont différentes.

à établir

sur la notion de pedigree est élaboré grâce

aristocratique.

au concours du pouvoir

de spécialistes politique dans le les

les ferments

de la légitimation et religieuses,

des distinctions

ethniques

pour y faire

germer

graines de la stratification. La structure construction confédérations) unitaire pyramidale (lignages des unités politiques < sous-clans définies par ce genre de < tribus < scientifique, commencée

< clans < sous-tribus sinon sa pertinence est l'œuvre le règne

trouve

son utilité pratique,

dans la compilation

administrative.

La plus ancienne

en 1611 et composée entre Jahangir,
Pachtounes

1613 et 1614, sous chroniqueur

de l'empereur des Afghans (ou

par *NI'MATULLAH,

et hagiographe
et Afghans

- voir

ci-dessous:

I 1. a. Pachtounes

).

Située aux franges de nombreuses

des empires

perse et indien, l'aire afghane

a connu des

administrations.

Elle a également

subi la domination

29

Mongols:

Cinggis

Qan I Gengis

Khan conquiert

l'Afghanistan

et atteint

les

rives de l'Indus en 1221. En face de ces monuments les mécanismes restent d'intégration les chevilles circonspect figés que sont les généalogies individuelle ouvrières (adoption) de la diversité ou historiques, collective

(agrégation) tribales.

et de la mobilité apporte et de la

Un examen

de ces généalogies interaction

administratives de l'alliance

les preuves filiation lignagères.

manifestes

de la constante

en tant

que variantes

de l'alternative

propre

aux constructions

La taille des unités difficile agrégation de façon épouses hephtalite, à évaluer.

agrégées être

entre elles dans le passé très variable. Lorsqu'il

est souvent s'agit d'une

Elle semble

par un lien d'alliance pudique. La généalogie éponyme,

de mariage, mentionnera celle-ci

celui-ci est souvent simplement

mentionné les ou

que, parmi moghole

d'un ancêtre

était turque

et celle-là

sans même que leur nom soit cité. Le tabou s'appliquant éléments relevés des par BARTH (1959), de Swat. les femmes, à part

aux noms au sujet de est

propres est un des premiers l'organisation particulièrement traditionnellement, exceptions: Fait saintes, exception sociale

et politique

Pathans concerne

Ce tabou qui

virulent point

en ce qui de nom dans

n'ont,

la vie publique,

quelques ou égéries. tribu des

héroïnes

de la lutte anti-coloniale, règle une fraction

poétesses de la

à cette descendant

Bhitanni/BatannilBatni, deux épouses, d'un ancêtre

de Châh Hûseyn Ghôri et de l'une de ses la transmission à un ensemble du nom collectif de segments et des Lôdi. épouse de Châh

Mato. Dans cette branche, éponyme féminin s'applique

distribués Les Mati

entre les rameaux

majeurs

des Ghilzye/Ghildzi/Ghilzay Bibi Mato,

ont en effet pour ancêtre éponyme

Hûseyn Ghôri et la mère de deux fils, Ghilzye et Ibrahim secteurs En règle de la généalogie, générale, la référence

Lôdi. Dans les autres est plus discrète. sur celui d'une

à un ancêtre féminin n'est jamais formé

le nom d'un Ikhèll

30 femme. C'est pourtant le cas dans les ethnonymes

Bannutchi,

Gigiâni,

Rânnizi qui font exception à cette règle.

Les Pachtounes au cours habituel décrit

ont, bien innocemment,

fait de nombreuses

entorses tel qu'il est

du développement politique
Primaires

des formes de gouvernement classique:
-> États

par l'anthropologie
-> États

horde

-> tribu -> potentats
Ainsi que bien

locaux -> royaumes
d'autres d'États s'essayer peuples

Secondaires.

nomades,

les Pachtounes

ont plus volontiers

pris la direction plutôt que

Secondaires

à l'extérieur

de leurs territoires ou National.

ancestraux,

à fonder un État Primaire

Dans la phraséologie correspondrait à terme, afghan

marxiste-léniniste

classique, d'une ethnie,

une telle entreprise dont l'objectif serait,

au stade final de l'évolution

de constituer qu'aux

une nation. Ce schéma et aux Ghilzay.

ne s'applique militaires

dans le cas originaires perse,

Abdali/DuITani

Les chefs

de ces tribus nomades

sont les premiers pour capitale d'origine de t'identité

à avoir brisé le joug colonial Kandahâr. Ces tribus,

au XVIIlO siècle, choisissant de populations phénomène
monarchique. Nous y reviendrons.

constituées bien le

pachtounisées, de l'accession

centre-asiatique,

illustrent

ethnique au stade national et

Mais à Multân;

c'est

bien

avant,

avec les dynasties à Delhi) l'Inde)

lôdi2

(Lôdi des XO et Xia siècles (g,horides Xia et XIlO siècle,

des Xvo et XVIO siècles Kûh, limes iranien, vers

et ghôri3

de Firûz

qu'auront

lieu les premières

expériences

de royauté,

qui fleuriront

dans des territoires

situés au-delà de l'Indus ou en deçà des territoires L'une des caractéristiques traditionnelles des constructions

pachtounes. lignagères pachtounes des premières
70.

est le cosmopolitisme:
continuaient

aux noms judaïques
à pratiquer le nomadisme

2 Les tribus lôdi d'Afghanistan

3 dont on peut raisonnablement subodorer les descendants parmi les membres du clan Ghoria ou Ghoria Khèl, dont les segments ont émigré de la région de Kandahar et du Ghôr (province actuelle) vers Kaboul dans un premier temps, puis vers le Gandhara, province centrée sur Peshawar. Les Ghôrani (environ 600 familles dans les années trente), quant à eux, revendiquent une filiationdirecte avec les rois Ghorides.

dans les années

31

générations iraniennes huniques, généalogies, Aladîn). L'étude généalogie relevant démontrer arborescences théoriquement

depuis

Adam

succèdent

les noms en prélude

aux

consonances

indo-

des branches

maîtresses,

à l'afflux des noms saces et dans les -> Kheyr -

puis turcs et mongols. des variantes

Certains

de ces noms connaissent, (exemple: Kharchbûn

arabisées

menée unitaire

ici se propose avec des pratiques

de confronter similaires

des procédés mais

de la

contemporaines, L'objectif est dans de les

de l'adoption que

et de manipulations est

diverses.

l'agrégation des ancêtres, des lignages

un phénomène

omniprésent

ce qui entraîne patrilinéaires, d'agrégation

le fait que les Ikhèl/, sont en réalité touchent

qui sont polyde la

des unités

ethniques.
hiérarchie
1977).

Les mécanismes

tous les niveaux

"tribale-administrative"

(pour reprendre

l'expression

de MARX

En fait, "tribus", vocable qui s'applique

"lignages" à n'importe à Iqawm

ou "clans" sont tous, en pachto, quel fragment terme de la structure désigne

des khèl agnatique,

,

tout en s'opposant l'ensemble

I. Ce dernier "

indifféremment qui

d'une ethnie ou d'une nation.

existe en pachto deux suffixes

servent à créer des noms de tribus: 1. Izayl, 2. Ikhèll; " "étendue relève l'image souvent pl. Izi I ; exemple: exemple: est malaisé Iyusuf-zay l, pI. Iyusufzi I : "descendants de Joseph" d'Aka4". lit. :

lakâ-khèll de considérer comme

: "clan ou lignage des descendants l'Afghanistan

(i. e. pe. Afghân-istân, Sa véritable

des Afghans")

une entité nationale. hétéroclite d'ethnies.

essence

plutOt d'un assemblage de la généalogie pris comme L'historiographe

En cela, ce pays est à Afghans au Moyen Âge,

de ceux que l'on appelait de "Pachtounes",

synonyme

qui est alors inusité. du

*NI'MATULLAH

(1976, Il : 46) relate qu'au tournant

VIIO au VIIlO siècle (sous le califat de l'Omeyyade
4 akA est une variante de kAkâ signifiant

'Abd AI Malik), les Ghorides

'oncle

paternel"

32

(dynastie Hadjdjadj.

afghano-perse)

furent chassés

du Ghôr par le Gouverneur descendant du Zohak

d'Irak AI des contes

Châh .t!.useyn, prince ghoride, biblique, fut contraint

perses et du Noé

à la fuite. Mais tandis que le père de de sa

Châh .t!.useyn choisit de partir pour la Mekke, le prince resta à proximité région d'origine de celui-ci, personnelles enquête et trouva asile auprès de Cheikh afghane Mato, un enfant Beyt. Il conçut hors mariage.

avec la fille Les qualités d'une

la jeune

de ce jeune homme,

ainsi que les conclusions princières

favorables

approfondie

sur ses origines

lui évitèrent

le châtiment

prévu par la loi musulmane qui ses parents exceptionnelle

en cas d'adultère. aussi.

Il épousa

donc la jeune fille, à est tout à fait

pardonnèrent

Une telle

clémence

dans le cadre de la loi tribale et c'est pourquoi des faits. résulte infamante d'une et, telle naissance fait

je me permets

d'y insister dans l'exposé L'opprobre étymologie lexicalement qui

l'objet

d'une et

populaire incorrecte.

par ailleurs, précise

grammaticalement en effet

*NI'MATULLAH

que cet enfant

naturel sera appelé "fils de voleur" ou Ghilzye, 9l1i1, "voleur" et zye Ghilzay répéteront étymologique pure descente

nom bricolé à partir des mots principaux rivaux des "nationale",

, "né de -, un fils "5. Les Durrani, de la construction à loisir cette

dans les étapes et amplifieront du patronyme patrilinéaire

de l'indépendance version (tirée

par les cheveux)

de leurs cousins unilinéaire comme

lointains principe

et, sur le critère d'une de filiation, plusieurs et classée illégitimes. dialectes. par les

Le *pachto ou *afghan Elle est rattachée linguistes comme aux langues

est une langue comprenant dites "indo-européennes" iraniennes de souche de l'Est. iranienne

une des langues

Or ce sont des populations (lShilçUi I Ghilzay)
5 l'expression correcte

(illlorides)

ou turque et

qui ont mené la première

vague afghane

de colonisation

pour "fils de valeur", en pachto, serait en réalité: de ghle z6y. le nom de la tribu correspondant à un tel ancêtre pourrait être Ghalzay (pl. Ghalzi), qui ressemble plus à KhalçJji (nom des Turcs qui envahirent l'Inde et y fondèrent une dynastie connue de *Ni'matullah) qu'à Ghil~ay/Ghilzay (nom moderne d'une confédération tribale nomade pachtoune qui n'accéda à la notoriété qu'au début du XVIII. siècle, en s'emparant d'Ispahan).

33 d'islamisation évoquer des Indes. Les Lôdi les suivirent, domination puis les Sûri. Il faudra aussi

plus loin la brève et occulte

des Lawi lLôdi sur la ville de de la formation de la royauté

Multân (fin xo- début du Xlo siècle), épisode-clef pachtoune.

34 I 1 a : Pachtounes et Afghans étaient désignés au Moyen Âge sous le nom En

Les Pachto unes d'Afghans.

Ils étaient décrits comme des agriculteurs et des montagnards.

cas d'invasion,ils se réfugiaientsur des sangar, places fortes édifiées sur
des pitons rocheux inaccessibles, commandant le fond des vallées depuis les sommets. La question de leurs origines ethniques a beaucoup préoccupé les Britanniques, et les Russes aussi, qui souscrivirent au classique travers des

études des philologues et des historiens (lesquels conçoivent souvent leur disciplinecomme un instrument idéologiquedestiné à bâtir l'amitiéentre les
peuples sur les bases de racines communes). Olaf CAROE (1983), à grand renfort d'érudition, tente ainsi de dépister les relations des Pachto unes (Paktuike et Aparitœ) avec les troupes d'Alexandre de Macédoine, exhumant de l'œuvre d'Hérodote les preuves de ces affirmations. Toujours aidé de références livresques, cet auteur prend la peine d'invalider l'hypothèse des origines hébraïques des Pachtounes. Pour faire plus court, les arguments qui étayent ces discours ne seront pas examinés. Il suffira ici de décrire en détail les développements de DORN, dont la traduction de *Ni'matullah utilisée ici
fut rééditée en 1976.

Sous la forme de notes en fin d'ouvrage, le traducteur propose un
condensé des données relatives aux origines putatives des Afghans, à

considérer

aujourd'hui comme une synthèse

honorable

des sources

disponibles à son époque (1829). Les résultats de ce méticuleux travail d'orientaliste méritent d'être rapportés ici dans leurs grandes lignes. Bernardt DORN, se référant à la littérature orientale, mentionne, concernant l'époque médiévale, l'étroite conjonction des Pachto unes avec les Turcs et les

Mongols, tous mercenaires dans les armées locales. Mais d'autres
associations ethniques encore sont mentionnées. Pour les raisons que l'on vient d'évoquer, l'auteur néglige certaines hypothèses "nordiques" - sic, i. e.

35

celles des orientalistes n'empêche

russes

-

concernant

l'origine

des Pachtounes...

Cela

pas la diversité

la plus cosmopolite

de marquer

de son éclectisme

la palette des hypothèses qu'il propose: I origine israélite, égyptienne (et copte) [64] Il origine israélite (particulièrement remarquable habitants et la toponymie du Cachemire) [65-6] III origine géorgienne [66] IV origine turco-mongole [66 & sq.] (extraits de Matlaa Saadein) [66-7] :

dans les manières

des

1. Hazara afghans (associés aux Turcs Jermâ'i), 747 AH/1346-7 2. Turcs Avghan (associés aux Turcs Jermâ'i), 754 AH/1353 3. Moguls Afghan (associés aux Moguls Jermâ'i), 755 AH/1354 4. Turcs (associés aux Jermâ'i), 757 AH/1356 5. Turcs (associés aux tribus nomades), chargés de la protection de Kermân : 787 AH 11385-6 (extraits de Jami Ultawarikh) [67] : 1. Moguls (associés aux Jermâ'i 1 Jermanians) 2. (associés aux Jermâ'i 1 Jermanians, avec mention de Kermân placée sous leur protection) (extraits de divers ouvrages) [67] : leurs liens avec les Hezaras 1 Hazara - en tant que vassaux des IIkhan - descendants des généraux gengiskhânides DORN, 1976, Il (Annotations on part the first) [64 & sq.]
Voici les conclusions sq.] : 1. Un auteur arabe comme Abd Ulrazzaq considère que les Afghans sont différents ni des Turcs ni des Mongols [68] 2. DORN en conclut qu'il y aurait donc deux sortes d'Afghans: ne de *DORN à partir de ces dernières références [68 et

- les
-

vrais, de foi islamique,
d'origine turque ou mongole, qui seraient venus à

les autres,

Kermân, transplantés en trois ou quatre mouvements, deux vagues de migration sous Mangu et une durant les règnes des IIkhan Abaka et Argun. L'historien' Abd-ul Razzaq mentionne d'ailleurs que les souverains en question étaient de religion mongole, tandis que l'lIkhan mogul Nicodar Khan s'est converti à la foi mahométane et a pris le nom de Ahmad Khan (! ). Tous ces événements datent du XIIIO siècle (644-690AH). [68]

36

3. Hazaras et Afghans portent le même nom. D'après DORN, il est clair que l'ethnonyme Hezarah est dérivé de l'usage propre à l'organisation militaire mongole consistant à recruter et dénombrer les contingents des armées selon une base décimale étendue aux centaines et milliers: Ihézâral signifie "mille". [68-70] DORN 1976, Il (Annotations on part the first) [64 & sq.] Si l'on se réfère à la coutume, steppiques, ethniquement région appelée de lever des largement troupes répandue dans tous les empires confédérations des conscrits été mêlés tribales de la

dans des

mixtes,

il se peut donc que les effectifs le Hazaradjat aient

de nos jours et de Mongols.

d'Afghans

(lPachtounes)

Cette hypothèse d'origine

est à relier à deux faits: turque, ont adopté l'économie

1. Les Ghilzay, nomade pastorale

probablement

sur le modèle des populations historique donnée

des steppes (DUCERCEAU 1742)

2. La précision selon laquelle, de Mahmud

par Krusinsky d'Ispahan,

lors de la conquête Ghilzay étaient

afghane

en 1722, les troupes des auxiliaires dans la hazara-

pachtounes

mais comprenaient

hazara. Le chemin de Kirmân, fait notable, conquête pachtoune d'Ispahan.

est celui que prit Mahmud l'agrégation titre militaire

Dans cette perspective, concrète,

est une réalité

au même

que des agrégations

militaires entre les Pachtounes et les Turcs, les Mongols ou les Turkmènes. Enfin, DORN rapproche les Hazara des Chahâr Aimaq, qui auraient même origine. Leur ethnonyme signifie "quatre tribus" (nommément: Teimunees, Hazauras, Teimoorees et Zoorees ). Enfin, Hazara Afghani pourrait être traduit par "une compagnie de mille hommes de l'ethnie afghane". [69] DORN suppose que le terme Afghani, utilisé seul, peut qualifier des Turcs ou des Mongols ou des Hazara, selon qu'il est précédé par les ethnonymes itrâk, mogul ou hezâra. 4 Les Hazara, habitants actuels du Hazaradjat, descendent de Turcs et de Mongols qui formèrent des régiments tatars. [70-71] 5 Les Arméniens considèrent que les Afghans font partie de leur descendance. Mais cela est erroné, de même que l'hypothèse albanaise. [71]

37

Le Major Keppel (voyageur du début XIXO) signale en outre que les natifs de Chirvan (Caucase) et des régions voisines prétendent que les Afghans sont issus de leur peuple. [71-2] Au sujet des origines des Pachtounes, il existe aussi des hypothèses indo-scythes, mèdes et sogdiennes. Elles sont étiquetées "hypothèses nordiques" et DOAN ne leur accorde aucun crédit. [72]6 DOAN, 1976, Il (Annotations on part the first) [64 & sq.] Dans cet extrait des commentaires *NI'MATULLAH, Lôdi de Multân
infra: 11. d.).

de DOAN,

pas plus que dans l'œuvre

de

on ne trouvera

un mot au sujet de la sympathie Ce mystère appelle

des Lawi I (cf.

pour les Qarmates.

une explication

* Le lieu d'origine *NI'MATULLAH, explique Suleymâni. pachtoune conversion, situé des Pachtounes dans ou Afghans est, dans la tradition I Toba Kakar. de

les Monts Suleyman Les Pachtounes il renvoie

Ce qui

qu'en Arabie Saoudite,

sont connus sous le nom de aux Kâkarr. tribu nomade

Quant au nom Kakar, de la branche contrition, des Ghurghucht. remords".

Itôbal signifie en arabe "pénitence,

repentir,

La traduction sont les Afghans? diachronique. les Pachtounes, tant que locuteurs qu'identité comprend, Arabes,
les Tadjik

du mot "Afghanistan" La réponse

est:

"Pays des Afghans". s'inscrit

Mais qui

à cette question

dans une perspective afghane (1747), en

Du temps de la création

de l'entité

nationale

dont l'unité repose sur un agglomérat du pachto. se réclamer de l'étiquette

de khèl, pouvaient, d' "Afghans" devenue

en tant nationale, les

ethnique.

De nos jours, cette dénomination, tous les habitants

officiellement, les Hazara,

de l'Afghanistan, ou encore

y compris

les Nouristani,

les Baloutchi

les Turkmènes,

et les Uzbek.7

6 bien qu'elles soient loin d'être dénuées de tout fondement! L'auteur est pris ici en flagrant délit de parti pris idéologique. Mais soyons cléments! Après tout, cette dérive n'est qu'une manipulation de plus... 7 Depuis les années 90, la presse affuble du nom d' "Afghans" une nouvelle catégorie sociohistorique, ni ethnique ni géographique, constituée d'anciens MouQiahidin, ou combattants de la "guerre sainte" (Iroihâdl), de diverses nationalités, qui prêtèrent main-forte à la résistance islamique luttant contre le régime communiste afghan soutenu par l'U.R.S.S. de 1979 à 1989,

38

Dans les faits, l'ethnique tant que qualificatif Turkmènes jusqu'en désignant

"Afghan"

n'est pas consacré En effet, que

par l'usage aussi bien

en les

une nationalité. et les Uzbek

que les Tadjiks

(de même

les Kirghizes, au début

1982 au moins, qui ont quitté l'Afghanistan soviétique) tous ces "Afghans"

pour la Turquie

de l'invasion national,
supra:

ont (ou avaient)

un territoire afghane (cf.

récemment

dé-soviétisé,
).

de l'autre cOté de la frontière

Carte Régionale
Dans la conscience

de ces peuples

l'équation

{Afghans

= Pachtounes} les persan Hazara

persiste. Tadjik

En effet,

dans les provinces ("qui parlent les Uzbek,

non-pachtounes le farsi" ou dari:

d'Afghanistan, dialecte et les

ou autres Farsibân tout comme

d'Afghanistan),
continuent De

les Turkmènes
". épinglés sous

à appeler nos jours,

les Pachtounes les Pachtounes

"Af9l1ân sont

deux

ou

trois

appellations

différentes

dans les pays voisins

de l'Afghanistan. ", d'après

En Iran, ce la traduction de

sont "Les Plaintifs, l'anglais Dictionary
sanglotent"

Les Vagissants, (-ing), wail (-ing)" afghân

Les Geignards proposée : "ceux

"groan 1975,
.

par Haim's qui gémissent,

Persian

English

à l'article

se lamentent,

Quelle est la raison de ce sobriquet légende, fassent apparemment partie des Judaïca mais qu'autorise durrani. Dix populaire Tribus traite

peu élogieux? que une que

Il provient

de la

en Iran, qui veut Perdues avec tout d'Israël, le méprisa

les Pachto unes hypothèse ne justifie que pas

l'Encyclopedia pleinement monarques conservant Mondiales,

au moins

l'antisémitisme

notoire d'entre

des derniers

On sait en effet que certains sur le plan politique

ces rois, tout en les deux Guerres ni, plus

la neutralité ne cachèrent

durant

pas leurs sympathies

pour les Allemands,

et qui s'effondra en 1992. Cette nébuleuse est, de plus, maintenant, associée au terrorisme international islamique, dont les Taliban sont accusés par les Américains de soutenir le leader, Oussama bin Laden (cf. LABÉVIÈRE1999: Les dollars de la terreur.; Paris, Grasset: 440p.). a associant, dans l'articleconsacré au sujet des DixTribus Perdues, les Indiens d'Amérique aux Afghans,ce qui n'est pas très pertinent,étant donné que les Indiensd'Amériquen'ont, quant à eux, aucune tradition locale qui les relie d'aucune façon aux dites tribus...

39

tard, pour le nazisme, gagner quelques

qui cherchait,

au nom du mythe de la race aryenne, du monde. à rejoindre Cette attitude l'État d'Israël poussa,

à

alliés dans cette partie Juifs d'Afghanistan puisqu'il

peu après, de nombreux création,

dès sa de

par des voies dérobées, afghan9 donc

leur était officiellement

interdit

quitter le territoire

En bref, c'est hébreux, d'Afghans,

en référence

à leur condition du côté

d'anciens

exilés

que les Pachtounes ou" Plaintifs".

ont acquis,

iranien,

le sobriquet de la perte et

Ils sont par là réputés

inconsolables

de l'éloignement Aux Indes, *Rohillas

immémoriaux on connaît

de leur pays natal (DORN 1976, Il : 64). les Pachtounes sous le nom générique leur province, de

(lit. : "Les Montagnards

") et ils ont d'ailleurs

à l'est de Ces Le

Delhi, le "*Rohilkhand", mots sont dérivés terme
barrière
* Rôhilla

district indien situé entre le Gange *Rôh, "montagne",

et l'Himalaya. leur pays.

du substantif

désignant

(: "montagnard")
du Nord-Ouest

inclut pêle-mêle
de l'Inde

toutes
mais

les populations
les habitants

de la
du

rocheuse

aussi

*Rohilkhand

d'origine

pachtoune. indien, les Pachtounes orthographe : Ipeshtâne se rapproche sont également phonétiquement appelés de la

Dans le sous-continent "*Pathans ". Cette dernière de peshtûn

forme plurielle dialecte

/. Le son Ishl, prononcé

Ichl dans le les

des Pachtounes

du Sud, est durci en /khI au Nord (sauf chez - n'existe

Kha1tak). Or le son kh I I x I - guttural
retenu non plus sous sa forme chuintante.

pas en hindi. Il n'a pas été
en ont fait l'ellipse.10

Les Indiens

9 Sous l'effet de cet ostracisme ciblé, la communauté juive d'Afghanistan diminua considérablement durant le XX. siècle, pour ne plus compter dans les années 60 que 500 personnes. Au début du siècle, on comptait encore plusieurs milliers de Juifs vivant en Afghanistan. Durant l'époque médiévale (dynastie ghaznévide), 8 000 (ou 80 000) Juifs habitaient les grandes villes de l'aire afghane (Encyclopedia Judaïca ). 10 Quant à la transcription la plus fréquemment utilisée dans cette étude (: "pachtou' et "Pachtoune', momentanément abandonnée ici), elle se réfère à l'usage courant (ch plutôt que sh ) et aux conventions ordinaires (ajout d'un e en finale de Pachtoun ) de la langue française. En phonétique, la transcription correcte serait bien Ipashtû (-n)/. Mais comme le locuteur français non averti des conventions aurait certainement prononcé IPa~tûn/, en nasalisant la finale, comme dans l'article indéfini un , j'ai préféré éviter cet écueil en ajoutant un e en finale.

40

Plus de sept siècles vaincus coloniales les Ghilzay hephtalite) par les Ghaznévides, islamiques (nomades s'affrontent

après

les Lôdi de Multân siècles

et les Suri du Ghôr après les dynasties I),

plus de trois du Sultanat afghanisés)

afghanes turcs autour

de Delhi (Lôdi et Sûri - encore et les Abdali secouant (nomades le joug d'origine séfévide

de Kandahâr,

et

pavant la route pour ta fondation Les Abdali, mot hephtalite d'après Abdal

de l'indépendance (1971 qui

afghane. leur nom du Tribale" ou se

GANKOVSKI 11 IAbdels

: 127), tireraient signifie "Union

"Confédération".

Cet auteur affirme

que les Huns Blancs auraient

(ou Hephtalites) élu comme

sont scindés en trois parties. Les deux premières subsistance modernes aurait l'Asie Centrale, connus ou Turkestan,

aire de

et seraient

à l'origine

des peuples La troisième ère tout en

sous les noms de Turkmènes Suleyman au Va siècle Cette troisième hephtalite (Abdal).

et d'Uzbek. de notre branche

investi

les Monts

s'agrégeant

aux tribus pachtounes.

aurait conservé

le nom initial de la confédération "Durrani" après l'accession

Les Abdati sont devenus

au trône de leur chef, Ahmad Khân. et la nomenclature en compte de des la généalogie mécanismes de

Comprendre pachtoune l'agrégation de population mécanismes maquillée, entraîne, ethnique,

l'articulation bien

sûr la prise

c'est à dire l'intégration de langue

de peuples

étrangers

au noyau

indo-européen implique

pachto.

Mais surtout,

le jeu de. ces même

que la vérité historique

est reconstruite

et parfois

et ce y compris

dans le cadre de la généalogie effectuées d'une au niveau généalogie dans L'étude

officielle. locales sont et des

Les manipulations leur transposition constantes historique

des généalogies unitaire un effort entreprise officielle

au plan

à considérer de l'ethnogenèse

soigneusement pachtoune.

de reconstruction ici permettra, en

fin de compte (cf. I 1. d. infra), d'examiner é Afghâni, "History of the Afghans",
Musulmans,

les procédés

utilisés dans Makhzan-

ouvrage
selon

en persan traduit et commenté
en usage pour classer leur mérite spirituel.

11 à ne pas confondre avec abdâl les différentes catégories de Saints

. "lieutenant", distinction hiérarchique

41

par Bernardt

*DORN. Le compilateur

Hybet Khân de Sam ana et

l'historiographe *Ni'matullah sont les auteurs de cette version résumée de
Târikh -i Khân Jehân, "Histoire de Khân Jahân (LOdi)". Celle-ci est Ja version

complète de la même œuvre littéraire, que DORN mentionne dans sa
traduction et dont ses commentaires, placés en fin d'ouvrage, font état.

Les manipulationsgénéalogiques culminent, dans cette Histoire des Afghans, avec l'occultation d'un épisode décisif de la genèse de la
celui des Qarmates de Multân. Or, la question de la monarchie afghane:

germination de la stratification dans la société acéphale pachtoune et celle de son éclosion sous les formes de la royauté afghane à Delhi et ailleurs, sont insolubles si l'on omet cet épisode. C'est pourtant à une telle occultation que
*Ni'matullah et Hybet Khân ont recours, probablement dans le désir

- inavoué

et encore inavouable

-

de construire les fondements de l'unité et de la

monarchie pachtoune dans le cadre de la légitimité la plus indiscutable. L'autorité d'un souverain s'appuyait à cette époque sur les fondements de "orthodoxie religieuse. Le canon sunnite officiel défendu par les souverains
moghols qui ont succédé à Akbar considérait la secte qarmate (qui était chi'ite et lutta contre le califat de Bagdad, confisquant pour un temps la Pierre Noire

de la Mekke) comme une hérésie religieuse. À n'en pas douter, les constructions et manipulations généalogiques des coauteurs de Makhzan-é Afghâni visent, au fond, à établir la légitimité des branches JOdiet suri. Celles-ci ont déjà, à l'époque de Khân Jahân LOdi, mené deux expériences concluantes à la tête du Sultanat de Delhi. Paradoxalement, ni les Lôdi ni Jes Suri ne réaliseront l'unité afghane. Ce sont, bien plus tard, au XVIIlOsiècle, deux tribus nomades qui créèrent l'Afghanistan : les Ghilzay ont édifié l'indépendance pachtoune, sous l'égide de Mir Wais Ghilzay, bientôt dépassés par leurs rivaux, les Abdali I Durrani, inventeurs de la "nation" afghane, portant à sa tête Ahmad Khân

Abdal, devenant du coup Ahmad Châh Durrani. Cette construction d'État

42

s'ébauchait Ghilzay, richesses le premier

donc sur une rivalité entre deux tribus nomades, la suprématie sur Kandahâr.

les Abdali et les

briguant

C'est sur les possessions et les que les Durrani fondèrent

de l'empire

afshar, fondé par les Persans,

Étatafghan.
fut donc l'œuvre persanisés, des Abdali, que l'on appellera Durrani. afghan Pachtounes et pratiquent de Kandahâr ceux-ci vivent traditionnellement essentiellement caprin. Ils

L'Afghanistan désormais

dans l'Ouest

un nomadisme

avaient été déplacés dont le règne s'étendit derniers commencèrent

vers Hérat par le Séfévide

Châh Abbâs 1er, Ces

de 1587 à 1629, laissant alors à s'installer

place nette aux Ghilzay. de Kandahâr,

autour

un siècle

avant de s'insurger

contre l'Iran. de l'ethnie pachtoune ne donna pas lieu tout sorte les étapes, coloniale sur sur dans

La montée en puissance de suite à la création les Pachtounes Delhi évoquées les principautés des colonies provinces du

d'un État national.

Brûlant en quelque de souveraineté également

menèrent ci-dessus, de l'Assam pachtounes *Rohilkhand

les expériences mais ils étendirent et du Bengale. situées

leur domination

De plus, ils se concentrèrent en particulier

au Nord de l'Inde,

dans les ces leur

et du Bihar.

Les Pachtounes

instaurèrent

divers pouvoirs territoire organisé d'origine,

dans le sous-continent

indien bien avant que le *Rôh,

ne soit placé sous l'égide d'un roi pachtoune locales ou en principautés centralisées.

ou seulement

en chefferies

Ce n'est donc point par incapacité mais par choix royaume suivirent délibéré

de constituer s'abstinrent Les Ghilzay,

un pouvoir

politique un

que les Pachtounes possessions.

de constituer

sur leurs la tradition,

propres inscrite

au XVIIJO siècle,

dans la durée, de ne point fonder de monarchie mais uniquement sur des possessions de ses

sur les territoires étrangères, occupants géorgiens. comme durrani

pachtounes,

la ville de Kandahâr, par les Séfévides,

qui fut colonisée qui y installèrent

et vidée

des mercenaires

43 Reflétant précurseur Kandahâr contenta
refusant

la tradition

d'un pouvoir nationale

de nature afghane,

peu stratifiée, après s'être

Mir Wais, emparé de se se

ghilzay

de l'unité

et avoir liquidé

les troupes

séfévides

qui y étaient

stationnées,

du titre de Gouverneur
à faire de ses cotribules

de la ville. \I ne prétendit
ses propres semblent sujets. animer Mahmud

pas à la royauté,

De semblables

scrupules

Ghilzay.

Après

le

siège et la conquête

d'Ispahan,

il déposa le souverain

séfévide

Huseyn

1er en et

1722, mais, bien qu'il ait peu à peu éliminé tous ses conseillers, même ses enfants mâles, ne lui retira point la vie. Pareillement, la couronne

ministres

lorsque de Perse

Achraf Ghilzay

succéda

à Mahmud

en 1725, il proposa avoir essuyé

au roi déchu et ne s'en empara qui lui offrit cependant Les Abdali, les brisées

qu'après

le refus de ce dernier,

la main de l'une de ses filles... à ces tergiversations, édifié par le Turkmène l'Afghanistan. créèrent, quant à eux, sur natif de la

étrangers

de l'État Primaire empire:

Nadir Châh,

Perse, un véritable le premier Ahmad

À la tête de celui-ci,

ils cooptèrent : Le alors

représentant

d'une dynastie

afghane

à régner en terre pachtoune iranien déchu et assassiné. devint

Khân, ancien

bras droit du monarque acéphale

Rôh, traditionnellement

et farouchement

indépendant,

le noyau central du premier

État afghan.
Kôh) signifie en ourdou (pa. ou en

Nous avons vu que *Rôh (en persan hindi "montagne". "rocher", Ce terme "mont"). est synonyme

de gj]ar

: "montagne", diverses,

"colline", *Ghôr

Sortes de précipités actuellement bordées royaume

de ces appellations des régions

et GharQjistan

désignent

montagneuses Firûz Kûh , qui se ce

situées au centre de l'Afghanistan, qui fut l'épicentre touchent, de l'ancien

au nord par la chaine de *Ghôr. Ces

contrées,

sont au nord-est habitée

du Hazaramat.

La région qui porte actuellement persanisées

nom est maintenant mongole, les Hazara,

par des tribus sédentaires

d'origine

qui conservent

des traits physiques Le Ghôr,

caractéristiques, en 1964 une

tels que les yeux bridés

et une petite taille.

devenu

44

province entendu régions formaient Kush.

d'Afghanistan à l'époque montagneuses les contreforts

découpée médiévale situées

dans la partie orientale comme un toponyme au nord-ouest

du Hazaradjat, désignant toutes celles

était les qui

de l'Inde y compris de l'Himalaya,

de la pointe

occidentale

1'*Hindu

* Dès l'époque guerre moghol. l'empereur et plusieurs de Babour généraux (début pachtounes le Moghol pachtoune du XVIO siècle), prêtèrent Homayûn, certains chefs de

allégeance

à l'empire de

*Chêr Chah Sûri vainquit Babour. Ce souverain De même Khattak

fils et successeur

fut Sultan de Delhi de 1540 à sa de proue du nationalisme afghan

mort, en 1545. Khochhâl Khân

que la figure (poète-guerrier militaire,

mort en 1689),

il fut, à un siècle moghole. pas à la règle' iranien Nadir

d'écart, au début de sa carrière Le souverain Ahmad Châh. Ahmad fondateur

un officier de l'armée n'échappe

de l'Afghanistan de confiance

Khân Abdali fut l'homme Il prit ensuite, Châh Duranni.

du conquérant

afin de diriger L'Afghân-istân ayant

le pays des Afghans,

le nom de règne vit le jour en toute l'époque

("Pays des Afghans"), "Afghans" durant

1747. Les Pachtounes médiévale, synonyme

été appelés

"Pays des Afghans"

était donc, lors de la fondation

de cet État

de "Pays des Pachtounes". de l'Inde (1947), de la Ligue

Deux siècles plus tard, dans la foulée ("Pays des Purs"), sous jours, les populations entre

de la Partition "impulsion

se créa le Pâk-istân De nos

Musulmane.

pachto unes, atteignant
le Pakistan

plus de 20 millions

d'habitants,

sont distribuées

et J'Afghanistan. pachtoune figurent dans les cartes détaillées

Les aires de peuplement

sous la forme d'une mosaïque (regroupant de quelques milliers

très complexe d'individus comme

de segments.

Ces segments sont décrits de

à plus d'un million)

par l'administration lignages, sous-clans

britannique

des clans et des tribus, composés

et sous-tribus.

45

Le plus britannique

petit

élément

recensé

dans

la nomenclature mariés,

coloniale soit une est la au et les qu'échoit

est une famille

indivise:

le père et ses enfants

lignée (ou un lignage). confédération.

Le plus vaste regroupement britanniques nomades

d'éléments

connu

Les fonctionnaires tribus

parlent de "confédérations", les Durrani

sujet des deux grandes Ghilzay.

d'Afghanistan,

C'est à l'aristocratie de l'éclosion

guerrière

de ces deux confédérations

la responsabilité
moitié

de j'État Afghan, à Kandahâr,

dans la première

du XVII 1° siècle. Les populations pachtounes sont décrites par les premiers témoins

historiques "Afghanistan,

comme

sédentaires

et montagnardes.

Or les fondateurs

de

qu'il s'agisse

des Abdali (Huns) ou des Ghilzay Il sera bon d'expliquer ont pu asseoir farouchement

I Khalji (Turcs), ces sur un

sont issus de tribus nomades. populations territoire d'origine peuplé nomade

plus loin comment politique

leur domination indépendants

de sédentaires, politique

et reproduisant

un mode d'organisation Le tableau agents

de type acéphale. reprises par les

des tribus qui fut dressé à de nombreuses au fil des siècles

de divers gouvernements ou zones d'ombre. sont autant politique

se révèle truffé de zones générations dans les

d'incertitude généalogies tribale.

Ces "trous" de plusieurs historiques

de traces forge

du processus lignagères entre

d'agrégation les groupes

L'alliance

des relations Ces derniers

pachto unes et d'autres englobés ou assimilés codifiées

groupes.

sont, au fil des générations, de manipulations

(=> "agrégés")

par le truchement canoniques. ethnique

généalogiques

dans les généalogies d'assimilation Celle-ci

La codification les allures généalogique symbolique le volume de voisins

du processus individuelle. d'une

lui donne

parfois

d'une adoption a posteriori destinée et la qualité (exemple:

n'est en ce cas que le signe c'est-à-dire "intégration une convention d'un groupe, lignages dont

agrégation,

à exprimer

et à marquer

sont variables, un groupe

allant de quelques attachés

constitués à une

de forgerons

au lignage)

46 confédération entière (exemple: les KhiljilKhilj, des Afghans). peut donc se produire satellites dominant par qui s'installèrent dans la

plaine de Ghazni avec l'agrément L'agrégation exemple menuisiers, auquel stratégies également lorsque

à petite échelle démographique des groupes socioprofessionnels intégrés

(forgerons, pachtoune Les

etc.) sont progressivement passant propres

au khèl

ils sont attachés, matrimoniales un facteur

du statut de clients aux ethnique pachtoune mariages

à celui de pairs.

secondaires

constituent

de diversité de l'ethnie

et économique. contemporaine plans. La diversité ou habitants présentent une

Les membres palette s'exprime côtoient), de variantes

sur de nombreux

des groupes des plaines s'y

tant géographiquement qu'économiquement

(montagnards

(on y trouve des nomades

ou des sédentaires, plus

des commerçants complexe commun quelques

ou des agriculteurs) économiques

et ce dans un brassage toujours et d'expériences : la religion individuelles. musulmane.

de formules réunit

Un point Cependant, au

tous les Pachtounes

tribus sont chi'ites,

une particularité

qui n'attire

pas l'attention,

premier abord, mais qui ne manque pas de sel, ainsi que je l'établirai chapitre, en traitant deux questions qui ne sont qu'apparemment putatives

dans ce distinctes: arabo-

les fondements berbères

de la royauté

et les origines

sémitiques,

et juives des Pachtounes.

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51

I 1 b : Éléments

de chronologie sont facilement dénombrables, de l'Inde LOdi, Ghôri, ancienne qui fournirent et quelquefois Sûri, Lohâni, des à

Les tribus significatives l'aristocratie guerrière afghane

des colonisateurs en Afghanistan: L'histoire et des saints

même des souverains Karlanni, Pachtounes, aristocratie administratives prédilection Ghilzay

nationaux

et Abdali

I Durrani.

ne retient

en plus des mystiques militaire.

musulmans,

que cette

Face aux représentations la culture

reflétant

les préoccupations et face à la

qui forment

des historiographes

pour toutes les formes que la plupart peu stratifié,

de stratification des tribus qualifié

qui oriente leur travail, il ne généralement un

faut pas oublier système politique

conservent de

democratic (diplomate

("libéral", anglais

"démocratique") envoyé

dès l'époque

des rapports

d'Elphinstone

en Afghanistan ce terme,

à la fin du XVII ° siècle). 1 remplacé plus tard

Les savants par celui

britanniques d'acephalous

reprendront ("acéphale"), Depuis militaires

propre à la littérature quand les Pachtounes

anthropologique se sont-ils

moderne. engagés dans les activités eux-

au service des rois? guerrière

Par quelles voies ont-ils fini par constituer de renom, puis des dynasties? inattendues

mêmes une aristocratie à ces questions peuvent nationale paraître passe

La réponse qui et

par des voies

et, j'en conviens, de l'identité ethnique

saugrenues,

tant aux partisans

par les liens du sang qu'à ceux qui la fondent les chemins empruntés par l'Histoire

sur la notion du sol... et il faut donc les

Ce sont cependant suivre.

Avant de me lancer dans un bref compte-rendu je dois préciser que les matériaux des voiles avaient utilisés

de l'histoire

de MUltân,

ici ont dû être mis à nu tandis que

été tirés sur ces faits, afin de ne les rendre perceptibles des données a longtemps rendu inintelligible

qu'aux initiés. Cette disposition l'origine des fondements

de la royauté pachtoune.

Mais elle doit être balayée d'établir

aujourd'hui

au nom de la vérité historique

et en vertu de la nécessité

52

une version symbolique pouvoir.

cohérente

de la généalogie

pachtoune,

par delà l'affabulation de légitimation du

de ce qu'il conviendrait

d'appeler

des mythes

Nous reviendrons telles manipulations. de Multân, abritait,

plus tard (11 d.) aux motivations ici à un simple

qui ont présidé des faits.

à de

Je procéderai

exposé

La ville

lors de sa conquête

par l'Arabe Mahomet

bin Qasîm (712), hindous qui

une idole de grand prix. Cel/e-ci venaient conservée de l'Inde entière par les prêtres

était vénérée

par des pèlerins magnifiques.

pour lui offrir des présents dans son temple, de bin Qasîm,

EI/e était

situé sur une île de la Ravi, cousin et gendre du Gouverneur et représentait le dieu du

affluent de l'Indus. À l'époque omeyyade ou plutôt de l'Irak al Hadjdjâdj, incarnait,

cette statue était en or massif, son anthropomorphisme,

tant était frappant

soleil. Cette statue sera épargnée

par le Général durant

arabe, qui la prit tout d'abord la période omeyyade et même pour les

pour un djinn. Son culte sera maintenu au-delà, apportant

à la ville des richesses une garantie

fabuleuses de sécurité

et constituant absolue

envahisseurs princes hindous, risquer

musulmans

vis à vis des plutôt que que les de de une

qui préféraient cette statue

lever le siège et cesser tout combat détruite ou endommagée, ainsi

de voir

Musulmans

les en menaçaient

en cas d'agression!

Tel était le pouvoir

cette idole, qui enrichissait la part des Hindous...

ses maîtres arabes et les gardait de tout danger Après la mort tragique du Général bin Qasîm,

dynastie arabe s'installa à Multân : "The Amir of Multân was an Arab of the noble tribe the kingdom had been hereditary in his family for the beginning of Islam'. The khutba was, however, the Caliph." (IBBETSON Mais entre Bagdad. 871 et 879 (idem), Multân s'émancipe

of the Quraish, and a long period - 'from read in the name of et alii 1978, I : 489) de par la les des

de la suzeraineté Inspirée violemment des Zendj,

C'est en effet l'époque alide, kharidjite

de la décadence et chi'ite, la révolte

abbasside. secoue

propagande fondements

du califat,

sunnite,

subissant

les poussées

53

séparatistes l'Égypte.

du Khorasan

(Çaffarides),

du Turkestan,

du Tabaristan

et de

Des Qarmates Ils convertirent

chassés

d'Égypte

et d'Irak s'installèrent

alors à Multân. son

le temple du dieu du soleil en mosquée

après avoir détruit

effigie, en 985 (IBBETSON

et alii 1978, I : 489). En 1005, Mahmud massacreur Ce n'est qu'à d'idolâtres, l'issue

de Ghazni, le culte ou trois imposera b.

bien que réputé être un impitoyable de la divinité campagnes sa domination dans ce temple.

restaure de deux

militaires,

entre 1006 et 1010, que Mahmûd

de Ghazni

sur la ville, qui reste entre les mains d'Abû et alii 1978,
Hamid

I-Fath Dâwûd

Na~r "the Lawi" (IBBETSON
Karmati " et descendant

I : 489), vassal
Lôdi,

d' "Abdal1~h the
l'allié du

de Sheikh

qui était lui-même

roi hindou-châhi Lamghân

de Lahore

Djaypâl,

lequel

lui avait conféré

les willayat

de

et Multân (IBBETSON

et alii 1978, III: 209). sont-ils issus? confirme, La première à l'article Lôdi édition : de

De quelle famille ces LôdilLawi l'ENCYCLOPÉDIE DE L'ISLAM

(1913-1936)

"A family of this tribe was established in Multân before India was invaded by Mahmud of Ghazni, for that district was ruled, in 1005, by Abû-Fath Dâwûd, grandson of Shaikh Hamid Lodi [sic] who had established himself there, but the importance of this tribe dates from the reign of Firûz Tughlu.!s., when some of its members entered India for purposes of trade, but soon occupied themselves with politics. Dawlat Khân Lodi competed with Khigr Khân for the throne on the extinction of
the Tughlu.!s. dynasty."

Lawi , Lodhi jusqu'en Ghori

ou Lôdi

désigne

la famille

(ou tribu) qui gouverna

Multân

1175, date à laquelle (IBBETSON

elle fut chassée

de cette ville par Muhammad La deuxième édition de

et alii 1978, de L'ISLAM

vol. I : 490).

l'ENCYCLOPÉDIE à ces précisions: hindou-châhie, souverains

(1960), toujours

à l'article Lôdi, les alliés

ajoute encore de la dynastie

les Lôdi étaient non musulmane,

bien au départ de Lahore.

Ils serviront Tughluq

les vassaux jusqu'à

des leur

des environs:

Balban, Tamerlanl,

et Sayyid,

1 sous les ordres de qui ils combattirent aux rotés des Djilwâniet des Niyâzi, autres Afghans.

54

accession

au trône de Delhi et la fondation

de la dynastie mourut

lôdie

par Châh

Bahlol (en 1451). Malik Kâla, le père de ce dernier,

dans une-guerre (13 000 tankas) rien moins à

contre les Niyâzi. Puis Bahlol offrit un jour toute sa fortune un derviche qui promettait à la ronde, en échange se réalisa. a-t-elle des liens

de 2 000 tankas,

que le trône de Delhi. Le prodige La famille des Lôdi

avec

les

Lawâta

(ENCYCLOPÉDIE Maghreb

de L'ISLAM

1986), Berbères important

qui essaimèrent en Égypte,

dans tout le

et constituèrent

un royaume

dirigé par 'Abd alavec l'étrange (cf.

Malik bin Marwân ethnogenèse supra)...

en 943 I 332 AH? des berbère Pachto unes des Lawâta,

Voilà qui concorderait signalée par

copte

*NI'MATULLAH éponyme

La famille

a pour ancêtre (idem).

un certain

Lawâ le Jeune,

fils de Lawâ l'Ancien

Descendants

des Lebû (XIUO

siècle avo n. è.), les Lûbîm ou Lehabîm

de La Bible sont aussi les Libue cités ou Lenathac. D'après en de

par les Grecs, connus aussi sous le nom de Laguantan les traditions Cyrénaïque l'islamisation arabo-berbères, originaires de Palestine, encore

ils se fixèrent ce lieu à l'époque

à l'époque
du Maghreb.

de David et occupaient

Faute de temps et de recoupements riche d'indices

plus évidents,

il faut abandonner

cette piste, pourtant des matériaux

intéressants. historien musulman

Un bref résumé d'origine permettra persane,

issus de Ferishta,

et rapportés

par IBBETSON

et alii (1978, III, article Pathan) époque, de l'éclosion refusèrent de la à

d'esquisser

l'arrière-plan,

à haute

monarchie afghane: [Les Afghans, Coptes

de la "race" des Pharaons,

d'adhérer

. la religion juive lors de la fuite de Moïse hors d'Égypte et s'exilèrent dans les Monts Suleymân. Convertis à la religion musulmane avant les conquêtes de Muhammad bin Qasim2, ils étaient descendus dès 682 (63AH) de leurs montagnes pour piller Kerman, Shiwaran et Peshawar] "The Afghans also made an alliance with the Khokhars3 and compelled the Raja of Lahore to cede them certain territories in perpetuity. They
2713 : prise de Multân 3 [D'un statut comparable, dans le système indien des castes, Khokhar sont un peuple guerrier dont les traditions affirment

à celui des Jat et des Rajput, les "origine iranienne, sous la forme

55

also settled the Khalj in Lamghan4, agreing to protect the frontier against Muhammedan invasions, but the Muhammedan Afghans, notwithstanding this treaty, continued their depredations, advanced to Peshawar and built a fort in the hills which they named Khaibar5. They also subdued the province of Roh which extended from Swat and Bajaur to Siwi near Bhakkar in Sindh and from Hassan-Abdal to Kabul and Kandahâr. Under the Samanides the Afghans formed a buffer state between the kingdom of Multân and Lahore, thus confining the Samani inroads to Sind.S"(idem: 209) [Mais les pressions turques sur Multân et le Lamghân restent fortesJ "Jaipal, the Raja of Lahore, and the Bhattia Raja then took counsel together and appointed Shaikh Hamid, Afghan, as governor of Multân and Lamghân in which districts he placed Afghan garrisons." (ibidem) [Ledit Cheikh Hamid est appelé plus loin "Lôdl"; ils'agit du grand-père d'Abû-Fath Dawûd, cf. supraJ [Plus tard encore, faisant allusion aux campagnes de représailles du Ghaznévide Bahram, vainqueur de l'ambitieux Muhammad Bahlim qui s'était constitué une armée d'Arabes, de Persans, d'Afghans et de KhaljiJ "Thevictoriouskingsoon after executed Qutb-ud-DinMuhammadGhori, Afghan, to whom he had given his daughter in marriage?, but Saif-ud-Dîn Suri, prince of GhOr,brother of the deceased, drove Bahram into Kirman (? Kurram)a town which had been builtby the Afghansto guard a pass in the mountains between Ghazni and India." [...J (210) IBBETSONet alii 1978, III: 208-210 Concernant l'interprétation de ce passage sur le plan de l'histoire

politique pachtoune, l'état actuel des connaissances sur la période médiévale
confirme l'hypothèse que les mécanismes de la stratification s'articulent dans

le métier des armes avant même l'époque ghaznévide; stratifiés s'érigent en bordure du *ROh médiéval: 10

deux bastions la ville de Multân,

terrible de l'ancêtre mythique Dahak - identique au Zohak apical et mythique de la généalogie des Ghori -, qui portait sur ses épaules deux tumeurs en forme de serpents. Il trouva refuge à Ghôr après la défaite qu'il subit des mains de Faridûn. Certains Khokhar se sont agrégés aux 4 [il est facile d'identifier ici l'origine de l'installation et de l'agrégation des tribus turques Khaldji, qui deviendront progressivement les Ghilzay de la grande confédération nomade afghane] 5 [c'est évidemment d'une fortification élevée dans le col de "Khyber, reliant Kaboul à Peshawar en passant par Djallalabad, qu'il s'agit ici] 6 [un tel royaume formait une bande de terre s'étirant sur le cours inférieur du bassin de l'Indus]
Pachto unes, en particulier les Mandâr de Bannu

- idem,

Il : 542]

? [traces d'alliances de mariage entre Ghaznévides et Ghorides : là aussi un processus d'agrégation est à l'œuvre]

56

gouvernée capitale

par les Lawi ou Lôdi; sera Firûz Kûh sous

2° les

les

montagnes

de futurs

Ghôr, vainqueurs

dont

la des

Ghorides,

Ghaznévides,
Ghazni,

ancêtres des Sûri de Delhi.
les Ghilzay, viennent

L'agrégation

des Turcs Khildji de

qui deviendront Quelques

est amorcée. d'être avancées au sujet de l'origine

conjectures

ethnique

des Lôdi présents

à Multân avant la conquête

ghaznévide

depuis

au

moins trois générations. Mekke, d'origine

Cette ville fut placée

sous l'égide d'une famille

de la

qoraïchite,

dont le nom n'est pas précisé. dans les deux iranienne cas de et arabodans

Qu'il s'agisse branches berbère, dynastiques

des Sûri ou des LÔdi, il s'agit d'origine étrangère,

respectivement jusqu'à se fondre

progressivement

afghanisées,

totalement

l'ethnie pachtoune, dont les mécanismes

au cours des siècles et selon le processus seront décrits plus loin (11 c.). *

de l'agrégation

Les monarques recruté la main d'œuvre

hindous,

turcs et persans,

puis moghols, réputée

ont volontiers

guerrière

de *Rôh, bientôt

pour la violence Séfévides ces

de ses charges (XVIWs.) troupes

de cavalerie. dynasties

Mais Ghaznévides encore n'ont

(XWs.) comme pas toujours séduits la guerre rendus aux

et d'autres de choc.

su juguler

Les aristocrates que leur

afghans, ouvraient services

au départ

par les de

perspectives mercenaire, combattu
soient

de pillage ont, dans après

et le métier Hindou-Chahis,

quelques

les rangs
mongoles, à tirer

de la plupart
mogholes

des armées

de la région,

qu'elles

turques, Prompts

ou perses. des stratagèmes de leurs

le fruit

de l'enseignement

maîtres afin de les retourner

contre ces derniers,

les élites pachtounes C'est pourquoi, à "avant-garde

et leurs dans des

chefs de guerre ont vite acquis la réputation l'Inde des Grands armées. *Moghols, ils étaient

de traîtrise. placés

toujours

57 *Chêr émigré Châh Sûri, cet aristocrate des terres allouées du Bengale (pe. : achrafi) par le pouvoir (Jadu pachtoune fils d'un la

possédant

lôdi, avait accepté Mohammad puisqu'il détrôna

suzeraineté

de l'Empereur

I Jalal-ud-dîn

Chah). Mais il se forgea lui-même le second des Empereurs en 1540 et constituer siècle, afghan, contrôle sous la pression sous la forme des ressources moghols,

un destin plus prestigieux Homayun,

pour se rendre maître empire.

de Delhi

un vaste mais éphémère séfévide

Ce n'est qu'au XVlllo de l'État pour le

que se disputera

l'enjeu fondateur et Ghilzay

d'une lutte fratricide

entre Durrani

du pays et des prébendes l'Afghan

du commerce. Lôdi (Général en chef

Sous le règne de Jahangîr, de la guerre du Dekkan les plus hautes confirmé suivant, ascension couronne distinctions

Khân JeMn

en 1611 ; Gouverneur de toute l'aristocratie fonctions

de Multân en 1620) atteignit moghole de l'époque. fut " par le souverain Mais cette de la

aux plus importantes puisqu'il devint

administratives

*Subeh-dâr net lorsqu'il

(Gouverneur) vendit

du Dekkan.

fut stoppée moghole,

des territoires

aux ennemis

au début du règne de CMh Jehân. à la sédition par une grande part de son entourage afghan, peu à

Encouragé Khân JeMn

Lôdi déçut leur attente

et sera, en raison de son inertie,

peu abandonné de cette

par les siens, essuyant une défaite finale à Kalinjar. les Afghans ne reçurent plus le commandement

À la suite d'une

rébellion,

armée moghole

durant le règne de Jahangîr. sera fondé plus d'un siècle après, par Ahmad empire. Châh

L'Afghanistan ("roi") Durrani, (appelés réputation indiennes afghans,

qui régna de 1747 à 1772 sur un véritable ", à l'est de l'Indus) s'étaient et de cavaliers de l'aire l'Iran, l'Asie

Les Afghans

"*Pathans

auparavant intrépides

taillé une solide dans les armées des nomades part du

de mercenaires et sur toute qui couvrait indien.

l'étendue autrefois

de subsistance Centrale

et une bonne

sous-continent

58

S'il n'est pas facile d'établir cela tient à deux raisons. puisque, laissant

la genèse

de l'État chez les Pachtounes, classique,

D'une part, ils n'ont pas suivi le schéma (persans) du Firûz qu'ils

de côté les Ghorides

Kûh et les Lawi se sont engagés de

(qoraïchites)

de Multân,

c'est hors de leurs territoires qu'ils fussent chargés de gérer des domaines,

dans les voies de la stratification, diriger des troupes au combat, principautés étrangères.

par des empereurs des provinces

ou des

Ce n'est que sur les ruines des possessions tinrent des États, que KHAZANOV (1984,

d'un ancien suzerain qualifie

qu'ils d'États

ch. 5 : 228)

Secondaires aberrant politique

(Secondary

States )8. Ce phénomène
de gouvernement (Staline:

est théoriquement

selon deux points de vue: (évolution des formes

à la fois dans le cadre de l'anthropologie - FRIED 1967) et dans le "Le marxisme et la question

cadre de la théorie
nationale"

marxiste-léniniste

9, in BENNIGSEN

et LEMERCIER-QUELQUEJAY

1981 : 80 et sq.).

Le caprice pachtounes politique fonder regroupa officielles raison n'aient

des événements imposé

veut en effet que les premiers propre à la centralisation d'origine. des Quand dimensions

monarques du pouvoir de

un système

qu'en dehors un royaume des ethnies reproduites en est que conquises

de leur territoire afghan, diverses, cette

il fut possible d'un tribales

entité,

empire, unitaires La des

à l'image

des généalogies

(ou résumées les monarques

et commentées) afghans

à la fin de ce chapitre. leurs revenus

tiraient

populations

hors des territoires

pachto unes :

"The Afghan khans were invested with great authority in the territories they had conquered and they intensified the exploitation of the dependent agriculturalists - hamsaya . However, they were acting not only in their own interests, but also in the interests of their tribe. With regard to their fellow tribesmen the majority of Afghan khans did not wield any compulsive power and they were unable to collect taxes and other dues from these tribesmen." KHAZANOV 1984 : 273
8 opposés aux États Primaires (Primary States) 9 Article publié en 1914 dans Prosvechtchenive,

dont te propos est la constitution d'une nation sur les fondements d'une communauté de langue et de territoire d'un peuple donné.

59

Dès le Xvo siècle, les Ghôria Khèl et les Khakhè Khèl se disputèrent la
suprématie sur Kaboul mais ces deux confédérations pachtounes ne

parvinrent à créer ni une nation, ni un État. S'épuisant en guerres intestines, elles durent quitter la région de Kaboul et s'installèrent sur les plaines et les vallées du Gandhara (dans la Province Frontière Nord-Ouest du Pakistan
actuel).

A partir

du siècle suivant,

ce sont les Ghilzay et les Durrani qui se

disputèrent l'hégémonie, sur une autre ville, Kandahâr. L'éclosion de l'État afghan eut lieu au XVIUOsiècle. Elle ne se produisit qu'après la fondation de fiefs locaux par des barons pachtounes, aux

extrémités géographiques de la zone de peuplement tribal ancestral. Multân fut d'abord une colonie arabe, sous la domination des Lawi I Lôdi, qui accordèrent asile aux Qarmates. Cette ville connut ensuite d'autres

souverains afghans avec la dynastie Langa (1445-1526), avant de passer sous la suzeraineté des Mongols, gouvernée d'abord par Khân Jehân Lôdi (1620) puis par les Saddozay < Popalzay < Abdali. De 1752 à 1818, Multân demeura une possession afghane, en dehors de quelques intermèdes
marathes et sikhs. Les Popalzay, à l'Ouest, autour de Kandahâr; furent les vassaux des

Séfévides, à partir de 1558, tandis qu'à l'Est, les Khanak de la branche (adoptée) des Karlanni se sont, dans le district d'Akorra, inféodés aux *Moghols, qui cherchent, par tous les moyens, à trouver des appuis locaux auprès des tribus pachtounes, afin d'endiguer la révolte des Rôshâni. Enfin, l'occupation par les Ghilzay de la capitale perse Ispahan (1722-1729) mérite mention parmi les expériences de souveraineté ou de féodalité pachtoune. DAUD (1982 : 196), dans l'étude historique
monarchique dans la formation sociale afghane,

et politique
que

L'État

affirme

les Ghorie

(lGhorides),

en 1149, et les Tokhi (>Turcs ?)1o, de 960 à 1200, ont fondé des

dynasties locales. Or Planhol (GODELlER 1984 : 134) date du XIUOsiècle les
10 Un des khèl ghilzay porte ce nom: Tôqi ITô~i ITôkhi.