Les promesses de l'aube

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Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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EAN13 : 9782296340541
Nombre de pages : 126
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LES PROMESSES DE L'AUBE

Collection Théâtre des Cinq Continents dirigée par Gérard da Silva

1- Aouad Basbous Thérèse, H20. 2- Aouad Basbous Thérèse, Seuls comme l'eau. 3- Aouad Basbous Thérèse, La coïncidence. 4- Driss Ilias, Absences. 5- Aba Noureddine, Une si grande espérance. 6- Reza Ghassemi, Portrait. 7- Reza Ghassemi, À vous de jouer, Mercutio ! 8- Couao-Zotti Florent, Ce soleil où j'ai toujours soif. 9- Kazem Shahryari, Aller/Retour. 10- Jocelyne Sauvard, Matèré. 11- Philippe Caspar, Peer Gynt. 12- Daniel Boukman, Délivrans ! 13- Michel Ecoffard, L'écrabouilleuse ou la révolte des gueux". 14- Caya Makhele, Lafable du cloître des cimetières suivi de Picpus ou la danse aux amulettes. 15- Kazem Shahryari, Sous la voie lactée. 16- Edith Habersaat, La cellule des olnbres. 17- Thérèse Aouad Basbous, La non1le et le téléphol'le. 18- Christiane Saleh, Chllnts d'autoll1ne. 19- Philippe Caspar, Beethoven. 20- Abdul Ali War, Génial Général Présil/ent. 21- Huguette Gray, Zee ou la joie de vivre suivi de CCllnp secret. 22- Michel Ecoffard, Oratorio pour une jeune fille et 26 sculptures. 23- José Pliya, Negrerral'lces suivi de KOl'lc/ale roquet et
Concours de cirCOllsta11ces. 24- Bisikisi Tandundu, Les jian,çailles suivi de J'lli l1'lission de Inourir.
(Ç)L' I-Iarma ttan, 1997 ISBN: 2-7384-5409-7

BISIKISI T ANDUNDU

LES PROMESSES DE L'AUBE
PIÈCE EN TROIS ACTES

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

DU

MÊME Théâtre

AUTEUR

Quand les Afriques s'affrontent (L'Harmattan, 1984 ; joué depuis 1973) Les Fiançailles(L'Harmattan, 1997 ; v.o. jouée depuis 1983) Le Prince alia (inédit mais joué depuis 1974) L'Astuce (inédit mais joué depuis 1974) Les Cris de la nuit (inédit mais joué depuis 1987) Les Rois nègresou cetteAfrique-là (inédit) En préparation: Le Procèsdu « Professeur Épicure» (drame québécois) Mon théâtre c'est ma liberté (essai)
Dictionnaire kikongo-français Dictionnaire jrançais-kikongo Grammaire du kikongo ya léta L'Esthétique de Benedetto Croce La Philosophie morale de Benedetto Croce

Politique et Philosophie politique chez B. Croce

En hommage à mes oncles VALÈREA. N'ZAMBA Wopashi

et « Caïus» DELPHIN N'ZAMBA Katioko Afri-ku-Nyeng,
pour leur rêve de liberté et d'indépendance, pour m'avoir donné le goat de l'écriture et de la réflexion politique; à la mémoire de Théophile ZANGAMOYO Sangi Ashikia, l'ami de toujours, le frère trop tôt disparu;
A Françoise CAST ANER TRAN Ky, Célestin, Françoise et Didier MUI<ANDA, Carminda PIPA da SILVA, Françoise LABORIEUX, Carlos PATIENZA, Marie-José MARCOS GARCIA, Thiérry JOHNSON, Théodore et Pia REZAIRE :fidèles amis des.temps

difficiles;
à JOSÉPHAABAD MARTINEZ, CAROLEALIEITE et
ALAIN-BERNARD T AND UND U.

EricB.T.

Sincères remerciements à Mlle Karine Côté de Montréal (pour son aide technique) et à mes élèves Marie-Ève Laurin, David Lachance, Véronique Sansregret, Ève-Line Montagne.

PERSONNAGES LES CfTADfNS : LE PREMIER CRIEUR LE DEUXIÈME CRIEUR LE CHANTEUR LE COLON LA VENDEUSE LE SYNDICALISTE LE CHÔMEUR L'INSTITUTEUR LA FOULE DES PASSANTS LE MÉCANICIEN L'ARCHEVÊQUE LE PREMIER LIVREUR LE DEUXIÈME LNREUR LE PREMIER SOLDAT L'INSTITUTRICE L'ADJUDANT -CHEF LE DEUXIÈME SOLDAT LES PASSANTS/LA FOULE LA MÈRE LES MUSICIENS 20 19 34 50 22 28 21 34 28 35 23 21 25 32 29 24 ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans. ans.

45 ans.

LES HOMMES-PANTHÈRES:
LE MAîTRE-SORCIER ŒIL-DE-P ANTHÈRE OREILLE-DE-P ANTHÈRE: SOUFFLE-DE-P ANTHÈRE: DENTS-DE-P ANTHÈRE GRIFFES-DE-P ANTHÈRE

55 45 38 28 25 22

ans. ans. ans. ans. ans. ans.

CADRE ET DÉCORS

HISTORIQUE DE LA PIÈCE

Toute l'action de la pièce se déroule en 1959, dans un pays qui s'appelle Pays, ayant pour capitale la Capitale. Le Pays se trouve sur un continent dénommé Continent. Acte premier: sur une esplanade de la Capitale. Actes deuxième et troisième: dans la forêt, au sanctuaire des Aniotos, les hommes-panthères.

AVERTISSEMENT Les Promessesde l'aube ont été conçues de telle façon que les principaux protagonistes de l'acte premier puissent jouer un deuxième rôle d'homme-panthère aux actes deuxième et troisième. De fait, de tous les comédiens apparaissant au premier acte, seul l'Adjudant-chef, devenu le Capitaine, revient dans le même rôle aux deuxième et troisième actes. Les deux crieurs, les deux soldats de première classe, les deux livreurs (le second n'étant en fait qu'un figurant), l'Archevêque, l'Instituteur, le Syndicaliste, le Mécanicien, le Chômeur et le Chanteur peuvent ainsi, si du moins ils en ont le talent (ceci dit à cause de la dimension chorégraphique de la pièce qui exige des danseurs chevronnés), interpréter l'un des rôles suivants: le MaîtreSorcier, CEil-de-panthère, Oreille-de-panthère, Souffle-depanthère, Dents-de-panthère, Griffes-de-panthère.

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A CTE

PREMIER

1959. Quelques mois avant l'indépendance. A la Capitale, capitale du Pays. Sur l'esplanade attenante au grand marché central, à l'heure où, après une dure journée de travail, hommes et femmes regagnent leurs domiciles. On aperçoit à l'extrême gauche (mais de biais) la moitié de la devanture d'une tribune bordée d'un escalier à trois marches, devant laquelle sont installés un petit éventaire à journaux et un tabouret. A l'extrême droite, sous un lampadaire éteint, une table et une chaise; dans lefond, un banc public, derrière lequel s'alignent quelques réverbères, des arbres rabougris et, très loin au-delà, des habitations basses à toitures de tôle ondulée, surplombées à I'horizon par trois ou quatre gratte-ciel, symbole et fierté de la colonisation triomphante. Sur la devanture de la tribune on voit quelques graffiti écrits

en gros caractères de différentes couleurs: pouvoir aux Nègres!
»

«

Vive l'indépen-

dance! Merde à la Métropole! Colons, rentrez chez vous! Le

On lit sur un écriteau accroché à

l'éventaire à journaux: Courrier du Soir, et, sur des cartons cloués aux pieds de la table de droite: La Voix du Peuple. Derrière le banc public du fond, entre les arbres rabougris, se dressent trois petits panneaux publicitaires représentant les trois marques de bière (concurrentes) les plus populaires; à

l'extrême gauche:

«

BUVEZ LA PRIMA, LA REINE DES

BIÈRES» ; au milieu: « A VEC LA POLARO, LA SOIF TROUVE SON MAITRE» ; à l'extrême droite: « SIKOL, LA BIÈRE QUI OUVRE LES YEUX ». On entend des vrombissements d'automobiles, des coups de klaxon, des voix animées, des cris, des appels, des éclats de rire: la rumeur, en somme, d'une foule tumultueuse et joyeuse. Des passants, dont quelques groupes de Blancs parfois suivis de leurs gardes du corps ou de leurs domestiques noirs, vont et viennent (entre le banc public et la tribune festive) à un rythme rapide... On remarque un archevêque noir vêtu d'une longue soutane et d'une mosette blanches à boutons et liseré roses; calotte rose, col romain, croix pectorale, large ceinture rose,

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anneau... Il marche d'un pas lent, son missel dans les mains,
et s'efforce vainement de se concentrer sur sa lecture intempestive... En dépit du fait qu'il gêne le passage et ralentit la

circulation, les passants le saluent avec respect... Deux jeunes hommes (des crieurs) attirent l'attention depuis le début de la scène. Le premier, assis sur le tabouret devant l'éventaire du Courrier du Soir, montre des signes de nervosité et n'a de cesse de consulter sa montre; le second piétine d'impatience, regarde dans toutes les directions, tourne autour de la table de La Voix du Peuple et du lampadaire de l' avant/ scène droite, attendant manifestement quelqu'un qui n est pas à l'heure au rendez-vous. Arrive le Chanteur avec sa guitare et une bouteille de bière. Il salue les deux crieurs d'un geste rapide de la main, pose son pied gauche surie siège du banc public, boit un coup, dépose la bouteille de Prima à terre, puis commence à chanter Ata ndele mokili ekobaluka [Tôt ou tard le monde changera] d'Adou Elenga, dont le refrain est immédiatement repris avec enthousiasme par les vendeurs de journaux et la foule des passants. Le Chanteur se met bientôt à danser, tout en continuant de jouer de la guitare. Il occupe toute la scène. Applaudissements intermittents de lafoule. Un temps. Survient un personnage vraiment haut en couleurs: c/est un colon courtaud et ventru, en tenue classique de colon, encore tout pénétré de son importance et de sa supériorité de Blanc. Marchant cérémonieusement, les bras légèrement repliés en arrière et très écartés du corps, il prend trop de place et gêne les passants, qui protestent et jurent après lui. Notre homme, qui titube par moments pour avoir trop bu, sefait bientôt bousculer par une jeune et jolie vendeuse noire surchargée de marchandises et arrivant en sens inverse. Le Blanc à la peau
bronzée entre dans une colère noire.

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