Lettres d'un Kinois à l'oncle du village

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296309685
Nombre de pages : 176
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1995

n° 15

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CAHIERS

DU CEDAF ISSN

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ASDOC-STUDIES

)

1021-9994

Périodique bimestriel de l' Tweemaandelijks tijdschrift van het Bimonthly periodical of the

Institut Africain Centre d'Etude et de Documentation Africaines (CEDAF)

Afrika Instituut Afrika Studie- en DokumentatieCentrum (ASDOC)

rue Belliard. 65, 1040 BRUXELLES, BELGIQUE Belliardstraat, 65. 1040 BRUSSEL. BELGIË rue Belliard. 65, 1040 BRUSSELS, BELGIUM . (32)21230.75.62 - Fax: (32)21230.76.05

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- Direkteur - Director: G. de VILLERS - Redaktie secretaresse -Editor: E. SIMONS

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Publié avec l'aide de la Communauté française Uitgegeven met de hulp van de Vlaamse Gemeenschap

LyeM. YOKA

Lettres d'un Kinois
à l'oncle du village
ZAIRE, ANNEES Volume 5

90

Institut Africain-CEDAF Afrika Instituut-ASDOC
Bruxelles-Brussel

Editions L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique
75005 Paris

Collection Zaire, années 90

Le projet Zaïre" années 90, lancé par le CEDAF en 1991, vise à mettre à la disposition des chercheurs, observateurs, décideurs, des documents et des analyses concernant la période de transition politique qui s'est ouverte au Zaïre en avril 1990.

Déja parus dans la collection
WILLAME Jean-Claude, "De la démocratie "octroyée" à la démocratie enrayée (24 avril 1990. 22 septembre 1991)", Cahiers du CEDAF/ASDOC Studies, n° 5-6/1991, 318 p., (Zaïre, années 90, Volume 1), 800 FB.

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de VILLERS Gauthier, "Zaïre' 1990-1991 : Faits et dits de la société d'après le regard de la presse", Cahiers du CEDAF/ASDOC Studies, n° 1-2/1992, 235 p., (Zaïre, années 90, Volume 2), 600 FB. NDA YWEL è NZIEM, "La société zaïroise dans le miroir de son discours religieux (1990-1993)", Cahiers africains-Afrika Studies, n° 6/1993, 102 p., (Zaïre, années 90, Volume 3), 350 FB. MA YOYO BITUMBA TIPO- TIPO, "Migration SudINord. Levier ou obstacle? Les Zaïrois en Belgique", Cahiers africains-Afrika Studies, n° 13/1995, 167 p. (Zaïre, années 90, Volume 4), 700 FB.

@

Institut Afiicain / Afiika Instituut - CEDAF / ASDOC,

1995

ISBN: 2-7384-3693-5 lSSN : 1021-9994

Sommaire
PRÉFACE PREMIÈRE PARTIE: LETTRES A L'ONCLE ... DU VILLAGE ... 9 13

Tous con}oncturés J Tous démon-crates J Tous experts et bindomanes J Je suis macaronné ! Quarante millions de ministrables. Géopoli tiquement vôtre J Une saison au Paradis du Peuple
Tous 0 tag es J
Tous « cuit eur s » ....... .. ............ ................ ........ .
~.~

15 19 23 26 29 32 35 ................................................. 39 46
.. ............. .... ...... .... ... 50

.:~::. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 43

Les charognards du Rwanda
Éboueur au taux du} our... L 'avion contre facteur .... ... .. .... .. .. ... ... .. ....... .... . ....

54
... ... ... 57 60 64 67 71 75 79 81 83 86 88 91 93 95 98 100 102

Mic-mac libanais Les morts en grève Revoici l'avion bongolateur J... 11"et TVA à combines... Tintin au pays du troc et de la toque La révolutionnaire du trottoir.. Taximan sans frontières ... Horoscope 95 Tiercé et quarté en désordre Un villageois à Kinshasa J Votez pour l'oncle J Touche pas à mon prof J Vilie morte J Je suis un bipolarisé J A chacun son écurie académique J Parti cherche leader Éloge de la folie ..............
Cahiers Afiicains

..

.............

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..

-Afiika

Studies n° 15, 1995

6 Les dinosaures ont la peau dure I Nous sommes tous des réfugiés I Ma voisine est une sans-culotte I Rencontres au sommet en cascade I HCR-PT: Héros du Catch et du Ring Pendant la Transition I Tous, nous sommes atteints d'Ebola I Les revendeurs d'Ebola ! Les animaux malades du pouvoir Les saints zaïrois vont en enfer! Transitionnaires à vie L'apocalypse I Carnets d'un «libanguiste» expulsé Vrais ou faux morts, tous étaient en garde à vue Les Excellences et les Honorables sont en villégiature I Carnets des vacances exotiques
" DEUXIEME PARTIE:

105 108 110 112 114 117 120 123 126 129 132 135 137 139 141 143 145 151 157 160 163 167 170

PORTRA.ITS

Le Fossoyeur Le Gourou Le Sinistré L ïvrogn e L'Adjudant Le Réfugié Le Sandrumeur

A tous les martyrs de la transition «démon-cratique», nos seuls vrais soldats inconnus...

PRÉFACE
A coup sûr, ce qu'il est désormais convenu d'appeler «La transition politique» au Zaïre est le trait le plus caractéristique des incertitudes du continent: elle met à nu la perpétuation d'une gestion politique à la merci des gribouilles, eux-mêmes au service de commettants plus ou moins occultes du capitalisme mondial; elle met à nu également nos déficits d'ordre culturel, dont l'indice principal est le tarissement de la créativité et de la productivité, alors qu'elles seules sont promotrices, à long terme, d'une civilisation hautement compétitive, conviviale et démocratique. C'est de tout cela que tentent de rendre compte les témoignages deYoka Lye Mu~ba. L'ouvrage compile ainsi un certain nombre de pamphlets et de chroniques parus dans la presse locale ou étrangère (notamment dans le bihebdomadaire kinois
Le Soft

et le mensuel parisien Le Monde diplomatique) et qui nous restituent, sur un

ton tour à tour enjoué et satirique, austère et pathétique, les événements majeurs de «la transition politique» au Zaïre depuis 1990 : la frilosité, la valse-hésitation autant que les intimidations du régime en place; la laborieuse émergence d'une nouvelle classe d'hommes politiques engagés pour le changement; les contradictions d'une élite intellectuelle passablement pusillanime; la marche forcée des masses populaires durement mises à l'épreuve... Sans doute pour donner de l'épaisseur aux témoignages, l'auteur a condensé l'essentiel des péripéties et tribulations décrites dans le microcosme de la Conférence Nationale Souveraine, devenue ainsi l'espace privilégié d'un sociodrame inachevé. Sans doute aussi pour souligner que l'histoire n'est que le jeu d'une dialectique contraignante, l'auteur nous rappelle les souvenirs émouvants des textes littéraires qui lui ont valu sa notoriété ici et ailleurs: Le Fossoyeur, Le Sandromeur, Le Gourou ou L'Ivrogne tentent ici de refaire peau neuve dans un contexte éditorial plus thématique et mieux ciblé politiquement. Tous ces rappels d'histoire sont en fait des rappels à l'ordre; et ils nous donnent à méditer sur ce que l'on savait peut -être déjà: l'intuition des artistes et des écrivains, si elle est aiguë, a souvent quelque chose de prémonitoire et prend de court les calculs des politiciens professionnels. Il nous reste à souhaiter que ces témoignages, ces intuitions, ces prémonitions de l'écrivain Yoka Lye nous inspirent tous, hommes politiques comme hommes de culture, hommes de conception comme hommes de terrain, des raisons nouvelles de continuer à croire à notre lutte et de corser davantage la quête de liberté ainsi que le pouvoir d'apprivoiser l'avenir, pour le bonheur de nos peuples. Car, ainsi que je l'avais proclamé lors de la clôture officielle de la Conférence Nationale Souveraine, «désormais, nous sommes des condamnés à être libres à perpétuité». Maître Kinkela Vi Kans'y Premier Secrétaire-Rapporteur du
Haut Conseil de la République

-

Parlement de Transition (RCR-PT)

Remerciements Je tiens à remercier mes nombreux lecteurs du Zaire et de l'extérieur, tous ces «oncles» si attentionnés, pour leurs encouragements assidus. Je remercie en particulier l'Editeur-Responsable du journal Le Soft, Monsieur Kin-Kiey Mulumba, pour m'avoir très amicalement offert un précieux espace, sur mesure pour ainsi dire, espace qui m'a pennis d'exprimer mes angoisses, mes révoltes, mais aussi mes espoirs sur une transition politique «démon-cratique», ensorcelée... L.M.Y.

Première partie:
lETTRES A II ONCLE DU VillAGE

Tous conjoncturés!
(Le Soft, 28/2/91)

Bien cher oncle, Cela fera bientôt une année que je t'ai quitté pour venir chercher le bonheur à Kinshasa. C'était, je me rappelle, en avril 1990. Oh ! que je regrette quelquefois de ne pas avoir suivi tes conseils, et de m'être entêté à venir m'encanailler dans cette galère! Inutile de te dire que je n'ai pas trouvé de travail. Mais saistu que, contrairement à ce que nous pensions tous au village, à Kinshasa, on ne travaille pas ? Ici, tout le monde est «casseur de pierre». Ah !je vois ta tête: ce sont là des mots que tu ne comprendras pas ! C'est cela qui a été ma première surprise: les mots que toi et moi employons d'ordinaire ne sont plus des vrais mots ici. Si tu veux offusquer un ami, conjugue-lui le verbe travailler. J'ai appris des mots nouveaux, des mots de passe, mais je ne suis pas sûr d'en avoir saisi le sens totalement. Tiens, par exemple: «coopérer», «bureau», «Mario», «conjoncture», «assainissement», «commissionnaire», «dinosaure», «nkolo budget», «grande puissance», (<Kadhafi», (<petitpoussin», «débat alimentaire», «sensibilité politique», «particratie», et j'en passe... Et je ne te parle pas de très nombreux sigles qui désormais clignotent à nos yeux comme des enseignes lumineuses d'envoûtement, avec la prolifération des partis politiques. Tu sais que maintenant, nous nous interpellons tous par le prénom de nos partis: Songolo-Uferi, Pakala-Pdsc, Zulu-Mpr, Kambale-Udps, Kangu-G4, Suzy-Moziki-cent-kilos1, Mulumba-Pmu. Oui, Pmu! Je n'ai jamais su donner le sens des abréviations de cet autre parti. C'est un des tout derniers. Pmu: Parti des mille et une urnes? Pmu: Parti des mercenaires usuriers? Non, je ne saurai jamais. Toujours est-il que ce dernier parti semble recueillir dans l'opinion le plus de suffrages. A voir le nombre de partisans qui assiègent ses permanences communales dès le matin, il n'y a pas de doute que le Pmu gagnera tous les paris, toutes les prochaines élections. Malheureusement, on ne connaît pas son leader; on sait seulement que son totem est un cheval au galop. Il paraît que le cheval du Pmu est un cheval-talisman. Mais pour le moment, tous les totems des partis sont des talismans. En attendant, j'ai ouvert les enchères et les paris avec les amis pour voir quel est le totem politique porte-bonheur. Mais, moi, je n'ai pas encore le prénom politique à ma convenance... Je te disais qu'à Kinshasa, on ne travaille pas, on «coopère». Deux grandes sociétés de «coopération» nationale viennent d'ailleurs de voir le jour: La G.R.E.V.E. (Gestion des rémunérations ébréchées et des vacances enrichissantes) et Bindo
1 Moziki: association de femmes ayant, presque toujours, une caisse mutuelle d'entraide, une tontine. Moziki-cent-kilos: association de femmes riches, qui dirigent le commerce,

celles qu'on appelle ailleurs des Mama-Benz.

16

Lye YOKA

Promotion 1. Les deux sociétés ont le même objectif: quoique avec des stratégies contradictoires, à savoir: favoriser le chômage créateur et rémunérateur. Cher oncle, il n'y a plus d'effort à faire: il s'agit d'espérer. Dans un cas, il s'agit d'espérer que l'État vous rembourse à domicile la récompense de votre chômage créateur et tapageur; dans l'autre cas, il s'agit de confier un minimum d'épargne à Bindo Promotion comme on confie sa graine à la terre, et d'attendre chez soi, ou plutôt à labelle étoile devant les bureaux communaux de cette société, que les saisons prospères vous apportent la manne multipliée par cinq, par dix. Pourvu que toutes les terres de toutes les saisons restent clémentes, généreuses et en confiance... Mais à Kinshasa, qui ne risque rien n'a rien, c'est connu. Évidemment, les banquiers s'arrachent les cheveux devant ces tours de passe-passe, ces lilœlemba2 insolites aux antipodes de leurs lois commerciales et professionnelles... Cher oncle, je t'ennuie, n'est-ce pas, avec ces histoires de politique et d'argent. Parlons donc de la famille. Je t'avoue que je suis très embarrassé par les: difficultés d'inscription à l'Université de mon cousin. Je sais combien tu tiens à lui, ton seul vrai héritier. Hélas, les choses se sont compliquées pour lui: l'autre soir, mon bailleur est venu me signifier que je devais déguerpir parce que notre contrat de bail ne prévoyait pas plus d'une personne dans l'appartement qu'il me loue. Il paraît que mon cousin coûte cher pour l'eau, l'électricité et les toilettes. A plusieurs reprises, le bailleur a recommandé au cousin, mon protégé, un peu plus de modération dans l'utilisation de l'eau au robinet et dans la fréquentation des toilettes, mais je pense que, pour le cousin, c'était trop dur. Pour moi aussi. Nous nous sommes donc séparés momentanément d'avec le cousin, et j'ai appris qu'il habite chez une copine à lui. Pauvre oncle! Je sais quelle peine je te fais en te racontant tout cela. Mais ne te tracasse pas : ici, à Kinshasa, pour le moment, les travailleurs ne travaillent pas, les étudiants n'étudient pas, les ministres n'administrent pas, les élèves ne s'élèvent plus, les présidents ne président plus, les éducateurs n'éduquent pas... Tout ce monde n'a qu'un mot fataliste: «C'est la conjoncture !» Cher oncle, ce mot-là est terrible; il ne faut jamais le prononcer trois fois de suite car il est tabou, il porte malheur. Tout est conjoncturé ! Le prix du fufu au marché, les salaires sont conjoncturés, les transports sont conjoncturés, la bière est conjoncturée, le bar est conjoncturé, les femmes sont conjoncturées ! Les gens ne se disent plus bonjour; il se disent: «Quelle est la conjoncture aujourd 'hui ?» (comme on vérifie la météo), pourvu, je le répète de ne pas reprendre le mot-tabou trois fois de suite. La conjoncture est devenue certes notre seconde nature, mais c'est un peu comme la mort que l'on porte en soi.
1 Bindo Bolembe a introduit au Zaïre WI type de jeu fmancier qui fera fureur dans les premiers mois de 1991. Voir: Cahiers du CEDAF, 1-2/1992. 2 Likelemba : dénomination des tontines au Zaïre.

Lettres

à l'oncle

du village

17

Ainsi donc, mon cousin est conjoncturé, mais il s'en tire assez bien, enattendant d'aller à l'internat de l'Université, puisqu'il est pris en charge par sa copine, qui, elle, travaille. Mon oncle, je te vois faire la moue, mais c'est la règle désonnais ici, et d'ailleurs, dans ton propre cas, n'est-ce pas ma tante qui a charge d'entretenir en grande partie la famille là-bas? Ah, tu sais, mon oncle, les femmes ont vite évolué avec la conjoncture ! Avec toutes les malédictions que Dieu nous envoie pour purifier nos moeurs sexuelles, on a l'impression que non seulement la polygamie jette ses masques, mais que la femme elle-même a mûri. Sauf ton respect, j"allais dire que les femmes n'ont plus de sexe. Elles deviennent nos égales! Non, cher oncle, rassure-toi, le cousin est en de bonnes mains. Peut-être regretterais-tu qu'elle ne soit pas «de chez nous», raison pour laquelle j"évite toute familiarité avec elle; mais, crois-moi, ici, les origines tribales perdent parfois de leur poids. Regarde-moi, par exemple, avec mon nom sans identité, je change constamment de région selon les exigences de la «CoopératioID).Je suis originaire de Tshikapa, d'lsiro ou de Kahemba dès qu'il s'agit de parler pierres précieuses et affaires. Je suis de l'Equateur dès qu'il s'agit d'impressionner les femmes. Je suis du Bas-Zaïre pour être bien vu et bien reçu dans des sectes religieuses. Mais je suis de Kinshasa, c'est-à-dire sans sexe ni tendance, dès qu'il s'agit de parler politique, en me donnant le faux alibi de la neutralité. Ainsi de suite... Pourtant, curieusement, avec les élections qui arrivent, tout le monde cherche à rassurer sur ses origines. Tu sais, ces gens-là, les politiciens, qui ont le français intarissable et la langue acérée comme la machette, ils n'arrêtent pas de nous dire au creux de l'oreille que l'avenir du pays ne se fera qu'avec les tribus. Ce n'est pas nécessairement ce qu'ils proclament en public. Du moins pour le moment... Oh, pardonne-moi, mon oncle, me voici revenu à la politique! Bref, pour tout te dire, je te demande d'avoir tes apaisements. Mon cousin s'organise. Moi-même je m'organise. Je ne suis pas encore «assis», comme on dit ici. C'est pourquoi la liste des cadeaux que tu me demandes trâme encore dans mon tiroir. Je dois encore commander la lampe Coleman multicolore et clignotante chez les Libanais (tu sais, ces «nouveaux Portugais», tels que toi tu les as connus dans le petit commerce à l'époque des Flamands) : tu ne supportes pas, paraît-il, les vantardises de l'instituteur du village, qui frime de case en case avec sa lampe magique. Le pagne de tante est déjà livré, ainsi que ton abas-cost. Seulement, je suis embarrassé pour ton abas-cost, car ta dernière lettre m'indique que tu n'es pas au courant de la nouvelle mode vestimentaire ici. Les cravates sont revenues! On attend seulement que les ministres les arborent; or, apparemment, ils n'ont pas encore renouvelé leur garde-robe... Peut-être, pour toi, là-bas si loin, avant que je ne t'envoie ton costume nouveau style et ta cravate, devrais-tu avoir l'autorisation et les assurances écrites de
Cahiers Afticains

-Afi'Ïka

Studies

n° 15, 1995

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