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Lexique Français - Comorien (Singazidja)

De
240 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1991
Lecture(s) : 473
EAN13 : 9782296247284
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LEXIQUE FRANÇAIS-COMORIEN (SHINGAZIDJA)

Du même auteur:
Ali Soihili, paroles et discours, Travaux et Documents n °9, Centre d'Etudes et de Recherches sur l' Océan Indien Occidental (CERO!), c/o INALCO, 2, rue de LILLE, Paris VII

Ce présent ouvrage a bénéficié du soutien du CEROI de l'INALCO, ainsi que de l'aide du GDR Océan Indien ; il fait suite à la publication en 1991, sous le titre Lexiqzœfrançais-shingazidja, dans la collection Travaux et Documents du CEROI, n014, d'un premier tirage presque identique, limité à 15 exemplaires numérotés hors commerce qui a reçu les numéros ISSN 0989-4225 et ISBN 2-907160-15-X.

@L'HARMATTAN,1991 ISBN: 2-7384-1101-0

CENTRE D'ETUDES & DE RECHERCHES SUR L'OCEAN INDIEN OCCIDENTAL (CEROI) & ECOLE NATIONALE D'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DES COMORES (MVUNI)

Michel

Lafon

avec la collaboration d'Ali Saadi & Djauharia Said Zaina

LEXIQUE

FRANÇAIS-COMORIEN

(SHINGAZIDJA)

Editions L'Harmattan
5-7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

Remerciements

Je ne saurais mentionner tous les Grands-Comoriens qui m'ont aidé à établir la présente. version de ce lexique; mais je tiens à citer mon ami Ali Saadi, fin connaisseur de la langue, envers qui je demeure particulièrement reconnaissant: malgré les occupations de la vie parisienne, il a toujours su se rendre disponible et a bien voulu assurer la relecture de l'enSémble du texte, tout comme Sitti Djauharia Said Zaina; Abdillahi Mze Mwinyi qui, en France comme aux Comores, a toujours compris et soutenu fidèlement mes efforts; durant mes séjours à Moroni en 1987 & 1989,j'ai apprécié la collaboration précieuse de Moussa Said ainsi que rapport d'Atwiya Mdjomba et d'El Had, dont la grande connaissance de Is.Is.ngue est rarement mise en défaut, l'amicale collaboration de mes voisins & voisines du quartier de Zilimadju et des jeunes opérateurs du restaurant Caltex, l'intérêt manifesté par les étudiants de l'ENE$; je remercie aussi mes étudiants de l'INALCO, notamment Zainaba ~. Youssouft; à Marseille, où la communauté comorienne est nombreuse, la famille Binti Chaabani, Youssouf Saidet leurs amis m'ont gentiment reçu; je n'oublie pas non plus les Comoriens .rencontrés il y longtemps, tout particulièrement Tafridja Charif et la famille Sitti à Moroni, Assoumani Abudu, alors étudiant à Montpellier, Swafia Sabalkheri épouse Mirghane, ni ceux qui, au hasard d'une rencontre, m'ont permis, souvent à leur insu, de tester un mot, de vérifier un emploi. Tous n'ont jamais manqué à la gentillesse et à la bienveillance, si caractéristiques du peuple comorien, et ont su faire preuve de patience à l'égard du néophyte. L'hospitalité de Daniel Ducharme, coopérant canadien, facilita mes séjours sur le terrain, et son goût pour apprendre la langue me stimula. J'ai trouvé, auprès des autorités comme des institutions comoriennes compétentes, compréhension et soutien. Enfin, je tiensà remercier les membres du CERQI, en particulier son directeur, Mr Vérin, d'avoir toujours su trouver les moyens indispensables pour me permettre de mener à bien ce travail, ainsi que Claude Allibert, Ahmed-Chamanga, Noel Gueunier, Claude Jouannès & Gérard Philippson qui ont bien voulu me faire part de leurs remarques sur une version antérieure. Bien entendu, je demeure seul responsable de l'ensemble des faits exposés ici.

A VERTISSEMENT1

Ce travail est destiné avant tout aux personnes désireuses d'apprendre le shingazidja ou grand~comorien, langue bantu parlée sur l'île de GrandeComore; on suppose qu'elles sont en contact avec des locuteurs grandcomoriens et qu'elles pourront donc aisément mettre en pratique et compléter les données de base offertes id. En effet, il n'existe pas à l'heure actuelle de lexique ou dictionnaire séitisfaisant, non plus d'ailleurs que de manuel de grammaire, destinés aux débutants2. Mais ce lexique s'adresse également aux Grands-Comoriens qui souhaiteraient exprimer dans leur langue des notions de la vie moderne pour lesquelles, surtout à l'écrit, ils ont l'habitude ae recourir au français alors même que le shingazidja est susceptible, sans difficulté majeure, de faire face à l'irruption de la modernité et au passage à l'écriture. De ce fait, j'y ai fait figurer, non seulement les termes indispensables de la vie quotidienne, en incluant bien entendu des réalités écologiques ou culturelles spécifiques (par ex., les termes relatifs au cocotier, aux classes d'âge, etc), même si, à travers leur traduction française, ces termes peuvent paraître d'un usage rare, mais aussi nombre de mots plus abstraits, touchant les domaines de la politique, de l'économie, de la pensée, etc, pour lesquels j'ai souvent pu mettre à contribution des textes contemporains (presse 1 Les informations présentées ici proviennent de mes recherches en linguistique. comorienne, menées dès 1975 sous l'égide du Centre National de la Recherche Scientifique et, depuis 1987, au sein du Centre d'Etudes et de Recherches sur l'Océan Indien de l'INALCO; le corpus à la base du lexique découle pour la plus grande part d'une exploitation de mon dictionnaire shingazidja-françaisen cours d'élaboration; il a toutefois été établi plus particulièrement lors de deux séjours de deux mois à Moroni (1987, financé conjointement par le GDR-Océan Indien du CNRS et la Mission de Coopération Française aux Comores, qui a abouti à une première version, provisoire, parue en 1989, &:1989,à l'occasion d'une mission d'enseignement financée par la DAGIC du Ministère Français de la Coopération); j'ai confronté les entrées françaises à diverses listes, notamment à celle établie par Jean LOUBATIERES dans la perspective des lexiques bilingues qu'il préconise, ainsi qu'à celle du dictionnaire du français fondamental adapté à l'Afrique de DAVIO, à travers les épreuves du dictionnaire français-swahili préparé par l'Université de Dar-esSalaam et le CREDU de Nairobi, que Gérard PHILIPSSON et Alain RICARD ont eu l'obligeance de me communiquer. 2 Les seuls travaux lexicographiques publiés, déjà anciens, sur le grand-comorien, sont ceux de SACLEUX (compilé au début du siècle sans que l'auteur n'ait jamais pu se rendre aux Comores, laissé inachevé à sa mort avant d'être édité en 1979 par AHMED-CHAMANGA &:GUEUNIER) et de FISCHER (1949). L'évolution de la société et de la langue, comme les progrès de la linguistique pour ce dernier, en limitent l'intérêt pratique. Pour ce qui est de la grammaire, outre celle figurant dans FISCHER, je ne connais à ce jour que l'introduction d'Ali SALEH, qui mérite toutefois d'être complétée.

IX

émissions de radio Comores, édition en comorien du journal Al Watwany; recueils de tradition orale publiés par le Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique de Moroni; travaux universitaires soutenus par des étudiants comoriens, à l'Ecole Nationale d'Enseignement Supérieur de Mvuni ou hors des Comores; discours et tracts ~ . politiques3, etc). . La variété décrite ici est en principe (mais sans exclusive) celle parlée à Moroni, ville principale de l'île de Ngazidja ou Grande-Comore, qui se trouve être la capitale de la République Fédérale Islamique des Comores; l'importance politique de Moroni et de ses alentours depuis le siècle dernier au moins, explique l'extension de cette variété hors de son berceau géographique; à l'heure actuelle, ce processus se poursuit et cette variété se diffuse dans toute l'île et jusque dans les autres îles de l'archipel, sous l'effet de la centralisation administrative et de la présence dans la capitale de nombreux fonctionnaires, du développement des média, de l'accroissement des échanges inter-régionaux, de la scolarisation croissante, etc; toutefois, des mots ou des acceptions souvent sentis comme régionaux figurent aussi le cas.échéant, sans indication particulière. Rappelons que deux langues ne sont jamais entièrement superposables, particulièrement lorsqu'elles véhiculent des cultures aussi différentes que le font le français et le shingazidja; de ce fait, les traductions du français en shingazidja ne recouvrent pas tous les emplois d'un mot et ne sauraient, en définitive, être autre chose qu'une approximation. En dépit de vérifications et tests, que j'ai voulus aussi divers qu'il m'était possible de le réaliser en de trop brefs laps de temps, je ne doute pas que de nombreuses erreurs et faux-sens subsistent, dont on voudra bien, je l'espère, considérant l'ampleur et la nouveauté de la tâche, ne pas trop me tenir rigueur; j'insiste sur le fait que ces propositions, qui, je le souhaite, recueilleront l'adhésion du plus grand nombre, ne se veulent en aucune manière normatives, et j'estimerai avoir atteint mon but si cette contribution encourage le développement de l'utilisation écrite du shingazidja..

3 Le CEROI a publié une édition bilingue des discours du Président Ali Soilihi

x

Les inf(}rmations phonétiques et.. grammaticales exposées ci~dessous sont volontairement sUccinctes: elles n'ont ""ur but que de permettre le bon usage
.

de ce lexique et d'en faciliter la consultation et la. compréhension, en exposant les principes qui le guident; elles font référence aux explicatitJns

figurant dans le volume d'Esquisse grammaticale qui doit faire suite à celui-ci, et auquel le lecteur est. invité à se reporter pour davantage de détails. le rappelle brièvement la valeur dessymbolesorth(}graphiques utilisés, avant d'expliciter les conventions de citati(}n ainsi que certaines particularités des gloses; pour chaque cas, je commente quelques exem.ples de traductions prises dans .le lexique. Un tableau des accords et des modalités de conjugaisonJerment cette introducti(}n.
.

SYMBOLES ORTHOGRAPHIQUES

La liste suivante donne les signes orthographiques utilisés pour le shingazidja et leur valeur phonétique selon lés conventions usuelles4; ne sont brièvement repris ci-dessous que les symboles dont la valeur diffère de celle qu'ils ont en français; on trouvera dans l'Esquisse granunaticale une liste complète des sons du shingazidja, ill~strée d'exemples, et proposant une approche de leur organisation. 1) voyelles: elles sont au nombre de cinq, et ont les valeurs phonétiques usuelles i e a I..es voyelles {a, e, i 0, u} sOnt prononcées "à l'italienne", c'est-à-dire que (e) est toujours fro "é" [el, lu), fro "ou" ru]; les semi-voyelles (ou semiconsonnes) (w, y) sont réalisées à"l'anglaise", comme fro"w" dewater, [wI, "y" de yé-yé [y]. Les suites de deux voyell~s diff~rentes sont toujours réalisées liées, au moyen des glides [wI & [y], selon la nature des voyelles: ainsi, djua soleil est-il prononcé. [dju w a], be a, groupe d'âge, [beYa], urumia, utiliser, [urumiYa], etc. Les successions de deux voyelles de. même timbre sont
..

u o

4 Le système orthographique suit, à Une exception près, celui proposé par AHMED-cHAMANGA &:alii 1988; les valeurs phonétiqueS entre crochets carrés [] se réfèrent à celles du système mis au point par l'lAI tel qu'exposé dans BOUQUIAUX.THOMAS (1976: 34)

XI

réalisées comme telles, ou comme des voyelles longues: utooa, produire [utoWoWa] ou [uto:wa], uziia, arrêter [uziYiYa]ou [uzi:Ya],etc. 2) consonnes: le système d'écriture du comorien que je mets en pratique s'écarte sur certains points des conventions phonétiques usuelles. p = [p] pv = [8]
t

b = [s](implosive),parfois [b] (explosive) w= [w] dz

= [t]

ts tr r

= [r]

= [ts] = [d (rétroflexe)

d
I

= [I]

= [cr](implosive),

=[dz]

~=~ k = [k] f = [f] th = [e] s = [s] kh = [\] m =[m]

A (accent circonflexe sur une voyelle): nasalisation de la voyelle et

~=m g = [g] v = [v] dh = [~] z = [z] gh = [y] n =[n]

parfois rd] (explosive) [y] Y=

~=W

h = rh]

ny = [P]

attaque forte [ -t] , (apostrophe) : hiatus entre deux voyelles [?]
Les consonnes {p, t, k, f, v, z, I} sont prononcées sensiblement comme en français, de même que les groupes {ts, dj} dans les quelques mots où le français les emploie (tsé-tsé, djin); la prononciation du groupe {dz} est aisément déductible de la valeur des lettres simples en français; {shI correspond au fro "ch" (cheval ), {tsh}à fro "tch" (catch), {g}toujours au fro "gu" de gué, {sIau fro"ss" de cosse, rh} est aspiré, {rI est roulé. Par contre, {b}comme rd} sont le plus souvent prononcés "forts" ([s], [cr]), c'est-à-dire avec une rétention de l'air avant leur émission; on parle d'implosives; {trI est une alvéolaire rétroflexe [d (et n'a rien à voir avec la suite graphique française "tr"), {pv} est une fricative bilabiale [8], dont la prononciation se situe entre fro "v" et "b", comme l'espagnol "b" intervocalique (saber);(ny) [JI]correspond au fro"gn" de igname. Les lettres doubles {th, dh, gh, kh}, ainsi que l'accent circonflexe et l'apostrophe, restreintes aux mots d'origine arabe, sont plus difficiles pour des francophones; {th}(ar.~) et {dh} (ar.,) sont prononcés respectivement comme" th" de l'anglais dans that [e] et this [Ii]; {khI [\] (ar. i> et {gh} [y] (ar. t) peuvent être ramenées à rh] (aspiré) sans inconvénient car c'est une de leur réalisation possible; l'accent circonflexe manifeste le fait que la voyelle qui le porte est prononcée avec une attaque forte et fréquemment

XII

nasalisée (cela correspond à ar'é): baida, après [ba?ada] (de rar. baBd)5; l'apostrophé représente un hiatus, c'est-à-dire que les deux voyelles qu'elle sépare ne sont pas liées dans la prononciation (cela correspond à ar.~): ra'isi, président [ra?isi] (de l'ar. ra?is). 3) amalgames: vélarisées : consonne suivie de [w]: Cw: bw, dhw, etc prénasalisées : nasale dont l'articulation est déterminée par celle de la consonne suivante (nasale homorganique [_C])6

- consonnes bilabiales: nasale notée [m]:
mb = [-6] (implosive) ; mp= [-p] ; mpv ou mpb = [-b] (explosive)
nasale notée [n]:

- autres

consonnes:

nd = [-cr], nt =[-t], etc

4) succession mC : nasale syllabique + consonne7 : mb = [mu!)],mpv = [mllb],md= [m'\r];mm = [mUm], etc

Si, devant voyelle, les nasales {m, n} sont prononcées comme en français, devant consonnes, cela est différent: ln} vient modifier la consonne qui la suit, avec laquelle elle forme une prénasalisée [- C]; généralement, la voyelle qui précède la prénasalisée est elle-même nasalisée; cette situation se retrouve avec {ml devant les labiales {b, p, pv}; mais {ml, devant toutes les consonnes, y compris les labiales, peut aussi être réalisée de façon syllabique, sensiblement comme si elle était suivie de la voyelle [u]: il s'agit dans ce cas de la succession de la nasale dite syllabique et d'une - . consonne, soit [muq.

5 Ce mot est souvent orthographié spontanément baanda, du fait de la nasalisation 6 A l'initiale des nominaux, la nasale homorganique représente le préfixe des classes 9 & 10 (voir infra et Esquisse grammaticale) 7 A l'initiale des nominaux, la nasale syllabique représente le préfixe des classes 1& 3 (voir infra et Esquisse grammaticale)

XIII

Après nasale (m), homorganique ou syllabique, (pv) est prononcé [b] (explosive, équivalent du fro "b"): (mpv) est donc réalisée [-- b] (prénasalisée) ou [mUb] (nasale syllabique). Notons que la graphie (mpb) correspond toujours à une prénasalisée et est donc réalisée [- b](son emploi double en partie celui de (mpv})8

8 {mpv} ne s'emploie qu'à l'initiale dans les mots se rattachant à un lexème où apparaît {pv}; du fait du rôle morphologique de la nasale homorganique, cela apparaît lorsque le lexème n'appartient pas ou n'est pas limité au genre9jl0: mpvini (d. 3), manche, qui fait au pluriel mipvini (el. 4); mpvenye, éclair, est à rapprocher de upvenya, digner des yeux; Pour les adjectifs: (nyumba) mpvungufu, une maison minable (d. 9); shahula shipvungufu, de la nourriture minable (d. 7): l'adjectif-pvungufu est formé sur la même racine que le verbe upvun~ diminuer. {mpb} s'emploie dans les autres cas, lorsqu'il n'existe pas de terme apparenté faisant apparaître .la continue: mpbawa, branche; mpbumpbu, coeur, etc

XIV

CONVENTIONS DE CITATION UTILlS~ESDANS LE LEXIQUE

I Mode de citation des nominaux
1) les noms

Compte-tenu du fonctionnement du système nominal, c'est-à-dire de l'existence d'un système de Classes grammaticales où se ran.gent les noms et qui sont manifestées par des marques d'accord, il est Clair que l'appartenance de Classe de chaque nOm doit être explicite, de même que la Classe O'Ùsefortne le pluriel (ce qui revient à l'appartenance de genre), et que l'indication mentionnée pour le pluriel doit être choisie de façon à ne pas laisser d'ambiguïté sur la forme de ce dernier; ainsi, en l'absence de systématicité, les changements susceptibles de se produire. à l'initiale du radical sous l'effet de l'alternanceconsonanÏique doivent-ils être indiqués9. Les noms appartenant à des genres à deux termes sop.tdQnnés munis de leur préfixe singulier; quand cela suffit à indiquer la formation .du pluriel et donc le genre, c'est-à-dire les deux Classes en opposition de. nombre auxquelles appartient le nom, seul le préfixe pluriel suivi d'un tiret figure après le nom entre parenthèses (l'ensemble des préfixes est rappellé dans le tableau d-après): personne: mndru (wa-) : le pluriel est indiqué par le préfixe wa-, on en déduit l'appartenance au genre 1/2, m-/wa-; le pl. est donc wandru mai1l: mhono (mi-): genre 3/4 m-/mi-: pl. mihono lit : itranda (zi-) : genre.7/8 i-/zi-; pl. zitranda sein: bele (ma-) : genre 5/60o-/ma-; pl. mabele cerveau: uwengwe (nyi-) : genre II/lOa u-/nyi-; pl. nyiwengwe Lorsque le radical est à initiale vocalique, la voyelle du préfixe s'efface généralement; la parenthèse peut ne contenir que la consonne, ou inçlure la première voyelle du thème, ou mentionner le nom dans son entier, selon le cas: outil: shombo (z-): genre 7/8shi-/zi-; le pluriel est donc zombo moment: wakati (ny-) : la formation du pluriel montre que ce mot appartient au genre l1/lOa, u-/nyi-; la voyelle [i] du préfixe chute et le pluriel 'est nyakati (el. IDa). enfant: mwana (wana) : le pluriel est d<mné intégralement car la coalescence des voyelles [a] dupréf. et du thème n'est pas d'évidence

9 L'alternance consonantique est un processus de modification morphophonologique de l'initiale lexicale qui se traduit par. un renforcement de celle-ci en el. 5 (préf. 0°_)et 9/10 (préf. N-) (voir ci-après &:Esquisse grammaticale)

xv

Lorsque préfixes singulier et pluriel sont identiques, c'est-à-dire que la forme du nom au pluriel ne diffère pas de celle du singulier (genre 9/10), seul un tiret figure dans la parenthèse: chèvre: mbuzi (-) : le pluriel est identique au singulier: mbuzi religion: dini (-) : pl. identique au sing.: dini Lorsque se produit l'alternance consonantique, c'est-à-dire que le passage du singulier au pluriel entraîne une modification de l'initiale du thème ou radical, la forme plurielle est donnée intégralement: pierre:bwe (mawe): genre 5/6 (comparer avec bele, ci-dessus) chat: paha (mapvaha): genre 5/6 langue: ulime (ndime): genre 11/10 Je fais de même dans tous les cas où il eût été diffiQile de trouver une symbolisation claire pour le pluriel: sabre: upanga (mpanga): genre 11/10: le pluriel ne serait pas aisément déductible de l'indication N- ou mEn l'absence d'autre indication, le pluriel rentre dans le mode général, c'est-à-dire qu'il est identique au singulier, à la différence du préfixe, bien entendu: place publique: bangwe (ma-): pl. mabangwe, etc Lorsque deux formations plurielles ont été relevées, elles figurent en principe toutes deux dans la parenthèse, selon les conventions exposées: langue: ulime (nyi-, ndime): genre lI/IDa &:: 0: les pluriels IDa nyilime 1 et 10 ndime (ce dernier présentant un renforcement de l'initiale dû à l'alternance) sont également attestés, sans spécialisation ou différentiation sémantique notable. bouilloire: birika (ma- &:: ): pluriel en cl. 6 mabirika ou 10 birikal0 moment: wakati (ny-, ma-): pluriel formé en el. 10a,nyakati, ou 6 makati Lorsque l'on a affaire à un nom n'entrant pas dans une opposition de nombre (nom appartenant à un genre à une classe), pour éviter toute incertitude, la classe d'appartenance est expressément mentionnée après le nom par son numéro, même si celle-ci serait aisément déductible de la forme isolée: eau: madji (cl.6) arabe (langue) : shiarabu (cI.7) égoïsme: unafsia (cl. 11)

10 L'intégration dans le genre 5/6 peut indiquer ici un augmentatif (grande bouilloire)

XVI

2) les noms composés

Les noms composés, en principe liés par un trait d'unionll,sont cités de la même façon que les noms simples: la forme plurielle est indiquée par la mention entre parenthèses du ou des préfixes pluriels des éléments sujets à variation selon les conventions exposées ci-dessus, ou du ou des termes dans leur intégralité. Les noms composés peuvent être constitués d'un nom et d'un adjectif qui lui est accordé en classe; dans ce cas, les deux .préfixessont mentionnés; le préfixe pluriel de l'adjectif sera le plus souvent identique à celui du nom: adulte (grand-marié): mndru-mdzima (wa-wa-) : le pluriel est donc wandru-wadzima (mndru: personne; -dzima, adjectif, entier, un) femme: mndru-mshe (wa-wa-): le pluriel est donc wandru-washe (-she, adjectif, féminin, femelle) Les noms composés peuvent aussi être constitués de deux noms juxtaposés; ce cas est très fréquent avec mwana ou son diminutif, mna, enfant, fils de, qui, en composition, a une valeur diminutive; si chacun des deux noms forme son propre pluriel selon le genre auquel il appartient, la parenthèse contiendra les deux indications selon les conventions données: jeune homme: mna-idjana (wana-zi-) : le deuxième terme, idjana, qui peut d'ailleurs s'employer seul dans le même sens, appartient au genre 7/8; le pluriel est donc wana-zidjana cabri:mna-mbuzi (wana- -) : mbuzi chèvre appartient au genre 9/10, dont le pl. est identique au singulier: on a donc au pluriel wana-mbuzi (à noter que le pluriel pourrait ici être symbolisé par la simple mention wa-) Si le deuxième élément ne varie pas en nombre, son pluriel n'apparaît pas dans la parenthèse; le nom composé est alors traité comme un nom simple; cela se produit lorsque le nom venant en seconde position est en fonction de complément, le premier élément étant un substantif d'origine verbale, par exemple mwendza, celui qui a, qui aime, mra, celui qui lance12: ardent (à la tâche) (pers.): mwendza djitihadi (we -)i pl.: wendza djitihadi (djitihadi, d. 9/10, effort: mwendza djitihadi, "qui a l'effort ") maudit (un): mwendza shonga (we -) (shonga, cl. 7/8, poÏ$se,malchance; mwendza shonga, "qui a la malchance") conseiller: mra-ndrazi (wa-) (ndrazi, d. 9/10, conseil; mra-ndrazi, "qui
lance les conseils "13)

11 Toutefois, en l'absence de règles rigoureuses, l'emploi du trait d'union n'est pas systématique 12 Le sens du verbe hura dépend en fait du complément 13 Lorsque le nom en fonction de complément appartient au genre 9/10, du fait de l'identité de préfixe entre ces deux classes, on ne peut en fait déterminer s'il est en el. 9 ou 10 ni à fortiori s'il varie en nombre

XVII

Les noms composés peuvent également être constitués de deux noms liés par la particule d'annexion de nature verbale -a qui s'accorde en classe avec le premier (préfixes pronominaux, voir le tableau ci-dessous & l'Esquisse grammaticale); le préfixe introduisant cette particule est donc modifié le cas échéant au pluriel selon l'accord de classe, le deuxième terme restant invariable; seuls les éléments modifiés sont repris dans la parenthèse: école coranique: paya la shio (mapvayaya -): paya/mapvaya, pièce, appartient au genre 5/6 avec alternance consonantique; le pluriel montre donc le préf. pronominal de cl. 6, ya; par contre, le terme introduit shio n'est pas modifié: mapvaya ya shio (shio, cl. 7/8, livre: paya la shio, "pièce du livre") Toutefois, lorsque le préfixe pronominal supporté par la particule se trouve identique à celui du singulier, ce quise produit dans les classes 1 & 2 (humains) dont les préfixes pronominaux sont semblables avec wa dans les deux cas, aucune indication autre que celle du pluriel du premier élément ne figure: agressif (pers.):mndru wa nkodo (wa..): les préfixes pronominaux sing. & pl. sont ici identiques et le pluriel est wandru wankodo (nkodo, cl. 9/10, combat:mndru wa nkodo, "personnede combat") Il peut se faire que la marque d'accord portée par la particule -a ait disparu et que la voyelle [a] vienne se substituer à la voyelle finale du premier mot; cela est particulièrement fréquent, et souvent lexicalisé, avec les termes de parenté, employés avec des marques possessives; dans ce cas également, seul le préfixe nominal initial est modifié au pluriel: mère:mdzadze (wa-); ma mère:mdzadze wa hangu > mdzadza hangu employé (un): mndru wa hazi > mndrwa hazi (wa-) Lorsque le premier noma pour finale la voyelle [a], cette construction d'annexion n'est plus du tout apparente; c'est le cas notamment dans les termes spécifiques des classes d'âge, formés sur le diminutif mrta; pour la formation du pluriel, ces noms, bien que composés, s'apparentent complètement à des noms simples: adolescent (non grand-marié): mna-mdji(wa-), crase de +mwana wa mdji, enfant du village; le pluriel est wana-mdji Lorsque le lexique propose plusieurs noms, qu'ils soient. simples ou composés, si ceux-ci appartiennent au même genre etqu'il ne se produit pas de changement particulier, le préfixe du pluriel est factorisé pour tous les noms qui précèdent l'indication: adaptation: mzwezo, mlolano (mi-):on comprend que le pluriel est dans les deux cas en cl. 4 à préf. mi-, soit mizwezo,milolano

XV III

agressif (pers.) : mndnl wa nkodo, mvamizi (wa-): dans les deux cas, le pluriel est en.cl...2, avec préfixe wa-: wandnt wa nkodo,.wavamizi, la forme de la particule d'annexioJ\ du nom composé n'étant pas modifiée DéU\S cas contraire, chaque nom est muni de l'indication de son pluriel: le allée :ndzia (-) ; itsoo(zi-) ; 500 (ma-) chétif. pamba (mapvamba) ; mna-nyarizi (wa-)
3) Les adjectifs

Du fait qu'ils peuvent être accordés en toutes classes (par définition), les adjectifs sont donnés sous .leur forme lexicale (radical du lOOtsans préfixe) précédée d'un tiret qui indique qu'en énoncé ils doivent être munis d'un préfixe de classe (celui du nom qui les régit): gentil, bon: -ema: par ex., mwana mwema, un gentil enfant (cU); wana wema, de gentils enfants (cL2); itranda shema, un bon lit (cl.7); zitranda zema, de bons lits (cI.S);mbuzi ndjema, de bonnes cflèvres (ci. 10); etc grand, important: -huu: par ex., mndru mhuu, une personne importante (cL1); wandru wahuu, des personnes importantes (cI.2); daho }{UU, ne u grande maison (cL5); mbuzi nkuu, de grandes chèvres (ci. 10); etc Pour les adjectifs subissant l'alternance consonantique, la forme de citation retient la continue à l'initiale lexicale: ainsi, important figure sous -huu, malgré l'accord de ci. 5 k1.lu et 9/10 nkuu; de même, longfigure sous -le (ci. 5 de, 9/10 nde), etc Les préfixes adjectivaux, peu différents des nominaux, figurent dans le tableau ci-dessous; toutefois, les formes accordées des adjectifs ne sont pas toujours prévisibles, ou. du moins, aisément déductibles, de la forme radicale, en raison du jeu de l'alternance consonantique: quelques exemples d'adjectifsaiternants sont donnés id, mais on se reportera à l'Esquisse grammaticale pour identifier, pour chacun et à chaque classe, la forme idoine. Certains adjectifs sont presqu'exclusivement employé!! avec des humains: par souci d'accessibilité, j'ai pris le parti de les donner directement avec les

préfixes d'accord des classes l .& 2 (comme des noms), même s'ils peuvent
apparaitreaussisous leur forme radicale, donnée pourle même ou un autre sens; lorsqu'ils répondent à une glose substantivale, l'indication 'pers.' OU 'un' pour personne figure alors dans l'entrée française: gros (pers.): mnene (wa-) à côté de gros;-nene gentil (pers.) : mwema (wema); à CÔté gentil: -ema de Pour la même raison, les termes désignant des membres de nationalités ou d'ethnies sont considérés comme des noms, même si leur catégorie grammaticale réelle en shingazidja peut être discutée: an joua nais (pers.) : mndzuani (wa-) allemand (un) :.mdatshi (wa-)

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Les numéraux qui s'accordent sont donnés d'une part avec un tiret, ce qui rappelle qu'ils s'accordent lorsqu'ils qualifient des noms, et d'autre part accordés en classe 10 (ou 9, ici indiscernables), qui est leur forme dans le comput (indiquée par comput. dans la glose française): cinq (...) : -tsanu: par ex. wandru watsanu, cinq personnes (ci. 2) cinq (comput) : ntsanu (ci. 10) trois (...) : -raru: par ex. zitranda ziraru, trois lits trois (comput.) : ndraru (ci. 10)14 Les "adjectifs" invariables, qui ne prennent pas de préfixe de classe, sont caractérisés par l'absence de tiret et la mention inv. (pour invariables): égal (à) : sawa (na) (inv.) clair: dhwahiri (inv.) différent: tafauti (inv.) C'est le cas de quelques numéraux: sept: nfukare (inv.)
4) les démonstratifs

Les démonstratifs sont donnés comme les adjectifs, sous leur forme radicale précédée d'un tiret: ce...ci: -nu; ce...là: -la ce...ci (dont on a parlé) :-0 Toutefois, les formes accordées des démonstratifs aux classes locatives, qui rendent l'expression du lieu et parfois du temps, figurent naturellement sous les entrées correspondantes du français, avec l'indication de la classe: ici:hunu (ci. 17), pvanu, yapvo (ci. 16) là: pvala, (ci. 16) ; là-bas: yiho (el. 17) et alors, maintenant: pvanu, yapvo (ci. 16) J'ai procédé de même pour les humains, c'est-à-dire pour les formes des classes 1 & 2, du fait de leur fréquence d'emploi: celui-ci: oyi, uwo (ci. 1) celles-là: wala (ci. 2) Les formes accordées des démonstratifs des trois séries sont reprises dans le tableau ci-après.

14 Adjectif à alternance initiale

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II Mode de citation dés verbes La forme de citation des verbes est celle de l'infinitif; celui-dest caractérisé par le préfixe dont la formé canonique est hu-, ainsi que par le suffixe -a, les verbes d'emprunt à l'arabe ou au français ayant en finale une voyelle fixe {i, u, e}. La forme du préfixe connaît dés allomorphes entre lesquels elle est dans certains c.as sujette .à variation (voir Esquisse grammaticale); j'ai retenu ici de façon systématique: manger: hula < hu-I-a ; boire: hunwa < hu-nw-a ; mourir: hufa < hu-f-a construire: huunda < hu-und-a ; créer: huumba < hu-umb-a - pour les radicaux à initiale vocalique sauf lu] : hw-: aller :hwenda. <hu-end-a ; rejoindre: hwangaria < hu-angari-a ; voir: hwona < hu-on-a - pour les autres radicaux: u-: donner: unika < hu-nik-a ; cacher: udziha < hu-dzih-a ; rester :ubaki < hu-baki ; penser: ufikiri < hu-fikiri ; comprendre: ufahamu < hu-fahamu ; arroser: urozi < hu-rozi Les formes conjuguées s'obtiennent en remplaçant le préfixe et le suffixe de l'infinitif par les morphèmes adéquats; la construction d'un certain nombre de formes verbales ést détaillée dans la grammaire, quelques modèles parmi les plus fréquents sont repris ici en anneJÇe. J~ souligne que les radicaux brefs présentent quelques particularités de conjugaison, notamment qu'ils sont munis à certains temps d'une syllabe supplémentaire. A l'accompli (passé) et au négatif de l'aoriste (habituel négatif, ne jamais...), les verbes issus de radicaux brefs et monosyllabiques ont uné voyelle finale ou suffixielle dont le timbre est particulier: pour les radicaux brefs, cetté voyelle peut être vue comme imprévisible; pour les radicaux monosyllabiques, il s'agit soit d'une voyellé .en harmonie vocaliqué avec la voyelle radicale (copiant le timbre de celle-ci), soit de [a]16; dans ces deux cas, cette voyelle, que l'on représente structurellement par I-v I, est donnée dans le lexique éntre parenthèses après le verbe: radicaux brefs: mourir: huta (u); on a donc hafu, il/elle est mort/e manger: hula (i); on a donc tsili, j'ai mangé venir: hudja (a); on a donc ye kadja, il/elle ne vient jamais

- pour

les radicaux bréfs et ceux à initiale lu]: hu_15:

15 Les radicaux brefs sont les verbes dont le radical n'est constitué que d'une consonne (parfois d'une voyelle) 16 Quelques cas particuliers sont exposés dans la grammaire.

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radicaux monosyllabiques: aller: hwenda (e); on a donc waende, ils/elles sont allés/es plonger: uduba (u); on a donc wo kwadubu, ils/elles ne plongent jamais enterrer: udziha (i); on a donc ridzihi, nous avons enterré monter: uhea (a); on a donc wahea, ils/elles sont montés/es ouvrir: ubua (a); on a donc habua, il/elle a ouvert gratter: ukua (a, u); on a dOnc wakua, ou wakuu, ils/elles on/gratté Cette même procédure est suivie dans le cas où le verbe présente un complément: admirer: hwona (0) adjabu ("voir une merveille") Certaines gloses comprennent l'infixe du réfléchi -dji-; celui-ci n'entre pas en ligne de compte dans l'appréciation de la longueur du radical du verbe:
affoler (5'): udjidjusa (a) muo ("se lever le coeur") < udjusa (a), soulever (qqch)

Je rappelle que le verbe ukaya, être, est défectif au présent et à l'aoriste où il est remplacé par des tournures non-verbales (voir ci-après & Esquisse grammaticale) III Autres modes de citation a) gloses commençant par la particule d'annexion -a (parfois na, avec) Certaines gloses shingazidja sont introduites par la particule d'annexion -a; il s'agit généralement d'un nom, et cette tournure rend souvent un adjectif français: bénin: -a mafitsi ("... de futilités") dangereux: -a khatwari ("... de danger") caillouteux, stérile (d'une terre): -a urale

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On devine que la particule porte l'indice de elasse du nom qualifié: une terre stérile ardhwi ya urale (a.ccord el. 9) Souvent équivalent à cette tournure, est l'emploi, plus rare toutefois, de na, avec, pour introduire le nom: amer: ... na nyongo ("avec amertume") b) vêrbes au relatif Il arrive l'infinitif: nécessitent est indiqué que. des verbes sOient cités à une forme autre que celle de il s'agit alors de formes relatives, passé ou présent, qui l'indice d'accord de elassedu nom sujet (préf. pronorninal), ce qui par le tiret:
par le morphèmé -a qui se substitue au

préfixe d'infinitif: passé: -apvira (de upvira, passer): owakati wapvira, le temps (qui est) passé (accord el. 11) excédent: -abaki (de ubaki, rester): shahula shabaki, de la nourriture qui est restée (accord el. 7)17 - le relatif présent est caractérisé par la marque -0, qui vient après le suffixe -a régulier; ce mode de citation est plus rare que le précédent: concerner(qui -): -husianao (de uhusiana, concerner)

- le

relatif passé est caractérisé

17 La séquence préf.pro-nom. + a est identique aux formes de la particule d'annexion: comparer owakati wapvira et owakati wa amani, le temps de la paix; shahula shabaki & eshahula sha hao, leur nourriture ("tle eux") Toutefois, dans le cas des formes verbales relatives, on lie l'élément -a au mot suivant

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REMARQUES SUR LES TRADUCTIONS

Même si, dans l'ensemble, les gloses ressortissent à des catégories grammaticales comparables, le génie du shingazidja et celui du français sont, on le devine, trop différents pour permettre à tout coup des calques ou des traductions offrant une similarité terme à terme. On est donc .amené à quelques aménagements, dont je donne à présent des exemples. Je n'ai pas cherché à inclure des termes évidemment empruntés au français dès lors que la forme shingazidja n'offre pas de spécificité; ainsi, pour les noms de pays, je n'ai retenu que Zanzibar, Ungudja, Portugal, Ureno, France, Farantsa, etc; on ne trouvera donc ni Côte d'Ivoire, ni Belgique, etc Notons enfin que le shingazidja, bien que fréquemment pourvu de termes spécifiques, parait manquer parfois de génériques; cela amène à proposer d'étendre l'utilisation de certains termes à portée restreinte.
1) entrées françaises

Les termes français polysémiques sont explicités par tout moyen qui a paru lever l'ambiguïté ou préciser suffisamment le sens: synonyme, complément, indication de catégorie grammaticale (verbe, nom ou emploi nominalisé, indiqué par un article ou la mention pers. pour personne); une liste des abréviations est située ci~après: bête (animal)"# bête {idiot) abattre (arbre)"# abattre (boeufs) langue (idiome) "# langue (organe) bavard (un) : l'article indique qu'il s'agit d'un nom connu (pers.) : la mention personne spécifie qu'il s'agit d'un nom On peut trouver aussi une restriction sémantique du terme français, dont la traduction shingazidja proposée est plus spécifique: adolescence: ushababi "#adolescence (classe d'âge): una-mdji; l'emploi absolu correspond à la valeur la plus fréquente du terme en français, soit période de la vie, l'autre sens correspondant à la réalité grandcomorienne traditionnelle des classes d'âge ou grades abécédaire (arabe):kurwasa (-); il s'agit en fait d'un recueil de sourates coraniques utilisé pour l'apprentissage de la lectUre abjurer (foi); ukafiriha; le sens précis est "devenir païen "18 fi est courant que soient proposées pour une même entrée plusieurs gloses shingazidja (sans prétendre toutefois à l'exhaustivité): elles ont paru soit
18 On reconnaît d'ailleurs ici le mot frocafre, issu lui-même de l'arabe

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strictement équivalentes soit également possibles; l'usage ou l'expérience permettra à l'utilisateur, le cas échéant, de déceler les différences de champ sémantique et d'emploi, parfois de niveau de langue, qu'il n'était pas toujours possible de préciser ici, et partant de déterminer le mot le plus adéquat à chaque situation. Pour faciliter la consultation, ont été introduites comme entrées quelques expressions courantes du français, qui figurent sous le mot (ou les mots) qui a semblé le plus à même de les évoquer, ainsi que des termes synonymes ou quasi-synonymes - ce qui explique que des mots shingazidja puissent figurer à plusieurs reprises: demander à Dieu sa bénédiction figure sous bénédiction système capitaliste figure sous capitaliste tout de suite figure à sa place alphabétique et sous suite trace, marque, indice, signe, etc, sont rendus par le même mot, alama, mais constituent chacun une entrée Lorsque les catégories grammaticales ne se correspondent pas, celle du terme shingazidja est indiquée au moyen d'une précision de l'entrée française: beau (être -): udjisa (a) : il s'agit en shingazidja d'un verbe capituler (être vaincu): ushindwa : il s'agit du passif de ushinda, vaincre Les indications de construction des verbes se situent dans le même esprit: elles se réfèrent à la glose shingazidja; ainsi des verbes transitifs obligatoires, souvent des dérivés causatifs, qui s'opposent à des formes nondérivées (primaires), lesquelles ne peuvent avoir d'objet externe et que j'assimile ici à des intransitifs: pencher (fr.) : uwesa: verbe à objet obligatoire (cf. froje penche la table) pencher (intr.): uweha: en shingazidja, ce verbe a pour sujet un patient et n'admet pas d'objet externe19; il correspond dans ce cas aux emplois intransitifs ou moyens du français (la table penche) accoucher (intr.): uzaya; en shingazidja, ce verbe a toujours pour sujet la patiente (parfois le père), et se distingue de uzalisa, accoucher (qqun), faire accoucher,dont le sujet est extérieur (sage-femme)20 Lorsque la traduction shingazidja implique plu~ieUJ:'stermes, si cela a paru nécessaire, ceux-ci sont explicités par un mot-à-mot entre guillemets, à la suite de l'entrée française; cela permet de mieux cerner le sens de l'expression shingazidja:
19 Mais, on dit tsiwehe eshehitswa, j'ai penché la tête ou j'ai la tête penchée 20 uzaya peut aussi avoir pour objet mwana, enfant: uzaya mwana, accoucherd'un enfant, mettre au monde un enfant

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