Madagascar 1895

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296309555
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Collection Madagascar

« Repères pour et l'Océan Indien»

Collection Repères pour Madagascar et l'Océan indien
- BEAUJARD Philippe, Mythe et Société à Madagascar (Tanala de l'Ikongo), 1991 - BLANCHY -DAUREL Sophie, La vie quotidienne à Mayotte, 1990 - CHAPUIS Edouard, Prison pour un expert. De Madagascar et La Réunion à Paris, une vérité interdite, 1993 - COHEN-BESSY Annick, Le livre de rakotovao (1843-1906), volume I, 1991 - DEFOE Daniel, Madagascar au Ie journal de Robert Drury, 1992. - GUEUNIER N 1., Les chemins de l'Islam à Madagascar, 1994

- KOERNER

Francis,

Madagascar.

Colonisation

française

et na-

tionalisme malgache, XXème siècle, 1994. -PARA TIAN Rajadran, La République de l'lIe Maurice dans le sillage de la décolonisation, 1994 - RABEMANANJARA Raymond William, Rendez-vous au Capricorne, 1990 - RABETAHKA Roger, Réforme fiscale et révolution socialiste à Madagascar, 1990 - RAJOELINA Patrick, RA.MELET Alain, Madagascar, la Grande !le, 1989 - RANDRIAMBELOMA Ginette, Rencontre des sœurs Brontë en terre malgache, 1989 - RA V ALOSON Jaona, Transition démocratique à Madagascar, 1994 - RAZAFY -ANDRIAMIHAINGO Suzanne R, Le Rova d'Anta-

nanarivo. Colline sacrée des souverains de Madagascar, 1989

Raymond William RABEMANANJARA

MADAGASCAR 1895 DOCUMENTS POLITIQUES

& DIPLOMATIQUES

Préface : Prince Albert RAKOTO RA TSlMAMANGA Postface : Baron Hugues Jean de DIANOUX

Éditions L'HARMATTAN 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

DU MEME AUTEUR ŒUVRES PRINCIP ALES

La Vérité sur l'Affaire Malgache, 1947 Histoire de la Nation Malgache, 1952 Madagascar sous la Rénovation Malgache, 1953 (traduit par les Éditions de Moscou) Rendez-vous au Capricorne, roman, édition malgache, 1962 (édition de l'Harmattan 1990) Manifeste pour la HèmeRépublique, 1972
Le Culte des Ancêtres, 1986 La Sociabilité Malgache, 1986 Les Chemins de la Mémoire, 1987

Manifeste pour Madagascar, 1988
Chronique 1991 d'une

la

IIIème République

de

saIson carcérale en Lémurie, 1995

Rakoto, essai biographique,

@ L'Harmattan, ISBN:

1996

2-7384-3686-2

PRÉFACE

«

Le

patriotisme,

a

écrit

FUSTEL

DE

COULANGES, est une vertu, l'Histoire est une science, il ne faut pas confondre ». Cette pensée, mise, ici, en exergue s/ applique - à n/ en pas douter - au présent ouvrage de Raymond William RABEMANANJARA quit une fois de plus, manifeste, avec talent l'art de conjuguer un patriotisme jaloux avec l'extrême rigueur, l'objectivité et l'honnêteté intellectuelle que requiert l'esprit scientifique. Même au seuil du Troisième millénaire, vouloir évoquer le passé n'est pas une entreprise sans risque. Il faut un long temps, peut-être, pour effacer les haines et les ressentiments. Les relations entre l'Allemagne et la France - en particulier - nous en fournissent un exemple: l'oubli est diffici!e au niveau des individus comme à celui des Etats. Mais rien n'est impossible dès lors que le courage et la clairvoyance des politiques s'affirment pour vouloir une ère de paix et de concorde par une ferme volonté de réconciliation et de coopération. C'est le système, aujourd'hui, de l'Union Européenne, dont on peut discuter le protocole, mais dont personne n'en nie le bien-fondé. 5

L'auteur présente des documents. Ils sont irréfutables. Ils établissent les conditions dans lesquelles les faits se sont déroulés. Pour MADAGASCAR, l'année 1895 fut une année terrible. Elle marque la phase décisive d'un vieux processus qui ne sera pas un aboutissement. L'indépendance perdue sera recouvrée 64 ans après. N on sans drame: l'intermède de 1947 fut - on le sait -le dernier sursaut du colonialisme retardataire. Quoi qu'il en soit, la commémoration du centenaire d'un événement majeur dans l'Histoire de Madagascar doit nous offrir une leçon: celle que Francis ROSENSTIEL nous rappelle, à son tour: «Un peuple sans mémoire perd toute dignité et n'est pas porteur d'avenir». Cet ouvrage - modeste dans sa dimension, mais substantiel dans son contenu est précisément une invitation à retrouver notre mémoire, dans la mesure où l'oubli a pu effacer - dans notre cœur et dans notre esprit - le souvenir des sacrifices endurés par les nôtres. Et c'est justice à rendre au noble peuple malgache, selon le mot généreux du Général de GAULLE, illustre figure de cette FRANCE missionnaire de la fraternité.
Albert Rakoto RATSIMAMANGA* de l'Institut de France et de l'Académie Malgache

. Ancien

Ambassadeur

à Paris, Bonn, Moscou et Pékin. 6

«

Le Patriotisme est une vertu, l'Histoire

est une science, il ne faut pas confondre»

Fustel de COULANGES

INTRODUCTION

La colonisation est un fait de l'Histoire. C'est comme tel qu'il convient de l'étudier et de la comprendre. La mission de l'Histoire, en tant que science sociale, est précisément d'en expliquer les origines et les causes. Les bases établies sur des données sûres et vérifiées, il s'agit ensuite d'en suivre le développement jusqu'aux conséquences non moins fondées et reconnues. Le colonialisme européen du Xlxème siècle ne saurait donc échapper à une telle analyse appuyée sur des faits précis et concordants. En substance,/ de quoi s'agit-il? Depuis le XYlème siècle, les Etats de l'Occident - face à l'essor du commerce et de l'industrie - avaient voulu s'assurer des sources de matières premières et, dans le même temps, des débouchés pour leurs produits manufacturés. Ajoutons à cela quant aux Anglais - la maîtrise des mers. C'est ce qu'il est convenu d'appeler le PACTE colonial.
~
~} ~

9

L'aventure coloniale à Madagascar qui s'est déroulée - dans ses phases fortes - dans la seconde moitié du XIxème siècle, est une des manifestations du colonialisme, unaniment dénoncé, aujourd'hui, par la pensée politique contemporaine. Si l'on se réfère aux documents et aux écrits de l'époque, elle fut présentée comme une conquête. Cet aveu ne gênait personne: on osait franchement appeler un chat, un chaf. On ne se réfugiait pas derrière des euphémismes pour édulcorer ce qui était purement et simplement un acte d'agression... La conquête de Madagascar fut ainsi une initiative longtemps réfléchie, organisée avec détermination et ouvertement préméditée. Si quelques Chancelleries avaient émis des réserves - dictées du reste par la défense de leurs seuls intérêts commerciaux la

conscience universelle» ne s'est point émue, comme elle le sera - beaucoup plus tard, dans
«

un autre contexte géo-politique, à l'égard du génocide en Arménie, en Bosnie ou au Rwanda. Cette conquête qui - toutes choses égales peut être comparée à l'agression du fascisme contre l'Ethiopie, en 1935, fut un acte de guerre. Elle ne fut pas pour autant, une :eromenade

militaire. Ce fut un véritable calvaire

*.

Certes, il

y eut les difficultés du climat. Mais il eut surtout

. HARDY, Georges
Levrault, 1935.

au XIXe .. Généralet Xxe siècles Le Editions calvaire Reibell -

-

La politique coloniale et le partage de la Terre Albin Michel, Paris 1937. de Madagascar - Editions Berger-

10

- et avant tout - la Résistance nationale. Le général Galliéni qui avait mis au point et en

œuvre sa stratégie de

«

l'ethnicité

»

pour diviser

et régner a eu - au moins - le mérite de reconnaître le courage de ses adversaires. Ceuxci étaient qualifiés: de rebelles et d'insurgés. Comme on parlera - plus tard - de rébellion et d'insurrection. Si Galliéni qui était un brave - de l'autre côté de la rivière - pouvait ressusciter en cette fin du XXe siècle, il reconnaîtrait qu'un peuple qui ne s'est pas abandonné et qui a résisté contre vents et marées, est un peuple immortel.
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Et c'est aussi un fait de l'Histoire que Madagascar a recouvré son indépendance et sa souveraineté. L'événement date de 1960. L'acte unilatéral d'annexion du 6 août 1896 fut déclaré caduc par l'ex-colonisateur lui-même. Comment cela s'est-il passé? Comment la conquête coloniale considérée comme irréversible dans ses conséquences a-t-elle pu être démentie par les circonstances? En cela, il n'y a aucun mystère. Les rapports de force ont changé, les peuples ont évolué, nourris par les valeurs qui assurent vie et 11

dignité. La nation malgache a su naviguer à travers les écueils et les obstacles. En dépit des erreurs commises par les siens, elle a fait front avec sa longue patience légendaire. En quoi, elle a dû son salut.

~ ~ :.~

Mais il est aussi clair que l'avenir ne sera pas nécessairement un lendemain qui chante. Si l'on n'y prend pas garde, les fautes d'aujourd'hui constitueront des handicaps difficiles qui risqueront de porter gravement atteinte aux libertés fondamentales et à l'indépendance elle-même, qui est la première des libertés. Ainsi le devoir de vigilance s'impose. Une bataille avait été perdue en 1895. Des souffrances ont été endurées, des difficultés ont été surmontées, des victoires acquises. Mais des crises nous menacent: nous sommes dans un monde qui bouge, où les enjeux ont désormais un caractère planétaire. Si l'on veut le progrès et l'épanouissement, il n'y a pas de place pour l'indifférence ou l'angélisme. Au moment où nous commémorons le centenaire de 1895, quelle meilleure volonté pourrions-nou~ exprimer que celle de faire de cette Grande Ile - la Terre sacrée de nos 12

Ancêtres - une véritable Terre de rencontre et d'amitié où le contrat social est respecté par tous et pour tous. Où la prospérité est partagée et le droit à la vie assuré dans la solidarité!

13

HISTOIRE DE LA NATION MALGACHE

LA POLITIQUE

EXTÉRIEURE

DE LA NATION MALGACHE

1. La France dans la diplomatie II. Madagascar

malgache

et l'Angleterre

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