Madagascar 1991-1994

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Publié le : samedi 1 janvier 1994
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EAN13 : 9782296291683
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CAHIER rvo 1

MADAGASCAR 1991-1994

L'Océan Indien à L'Harmattan (parutions récentes)

André ORfOLLANO,Les ilUtitutions judiciaires à Madagascar et dépendances (1896-1945), 2 tomes. Jean-Georges Prosper, L'lle Maurice au sommet de la vagu.e économique francophone, 198 p. Jaona RAVALOSON,Transition démocratique à Madagascar, préfacé par Albert Zafy, 176 p. Jean-Claude WIU..AME,Gouvernance et Pouvoir. Essai sur trois trajectoires africaines (Madagascar, Somalie, Zaïre), Cahiers Africains, n° 7-8, 204 p.

Collection "Repères pour Madagascar et l'Océan indien"

-

BEAUJARD Philippe. Mythe et Société à Madagascar
1991. Sophie, La vie quotidienne à

(TanaJa de l'lkongo).

- BLANCHY -DAUREL Mayotte, 1990.

- CHAPUIS Edouard. Prison pour un expert. De M adagas.. car et La Réunion à Paris, une vérité interdite, 1993. ( - COHEN-BESSY Annick. Le livre de rakorovao 184319(6), volume I. 1991. DEFOE Daniel. Madagascar
1992.

ou le journal

de Robert

D~ury,

- RABEMANANJARA Raymond William. Rendez..vous
au Capricorne, 1990. - RABETAFIKA Roger. Réforme fiscale et révolution socialiste à Madagascar, 1990. RAJOELINA Patrick. RAMELET Alain, Madagascar,
'la Grande lie, 1989.

- RANDRIAMBELOMA Ginette~ Rencontre des sœurs Brontë en terre 11I/llgache,1989.

-

RAZAFY -ANDRIAMIHAINGO Suzanne R.. Le Rova d'Antananarivo. Colline sacrée des souverains de Madagascar, 1989.

Textes coordonnés par FERDINAND DELERIS

MADAGASCAR

1991-1994

Dans l'œil du cyclone

EDITIONS L'HARMATTAN 5-1, rue de l'Ecole-Polytechnique 15005 Paris

@ L'HARMAl1AN,

1994 ISBN: 2-7384-2648-4

SOMMAIRE

- Avant-propos
Cartes de Madagascar. ... .. ... ... ... .. .... ... ... ...
6 et

7
10



La Marche de la Liberté »..- Journée du 10 aoOt 1991 :: parAimé~vAUMANANA
par Raymond DELVAL

..

Il

- Le Fédéralisme,fonne nouvelle de l'ethnicité

41
67
81

-

La Constitution

de la 1110 République. par Eric DupoNt

....................

De la Constitution.
par

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
Thierry ANDRIANTSOA

-

Situation économique de Madagascar
par Blandine
La vanille

89
111

ANDRIAMBOWw-Nwo

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..

par F.erdinand

DÉLÉRIs

- Forêt et reboisement... .. .... ... ..
par Alphonse

... ... ... ...

.... ... 123 137

RAKOTOMANAMPISON

- Le Tourismeà Madagascar
par Sata RAJOHARISON

5

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Toliara (Tulear)

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AVANT-PROPOS

Les Editions L'Harmattan m'ont demandé, à la fin de l'année. dernière, de leur prêter mon concours en vue de l' élaboration et de la publication d'un Cahier relatif à la situation politique et économique de la Grande-lIe. En donnant mon acceptation, j'ai indiqué que mon intention était de donner la parole à des malgaches ou à des « malgachisants » ayant vécu à Madagascar et ayant l'expérience du terrain. Les thèmes seraient suggérés mais les auteurs bénéficieraient d'une totale liberté d'expression, toute polémique étant cependant exclue. Le lecteur trouvera leurs contributions respectives dans les pages qui suivent. Qu'il me soit cependant pennis d'effectuer quelques brefs commentaires. Le journaliste Aimé RAVALIMANANA nous raconte sa journée du 10 août 1991 au cours de laquelle environ 700 000 ou 800 000 manifestants entreprirent une marche pacifique de Tananarive au Palais Présidentiel de Mavoloha pour demander au Président Ratsiraka de se retirer. Ils furent sauvagement repollfssés. Blessé par balle, Aimé Ravalimanana dut être hospitalisé et finalement évacué sur la Réunion. Il s'agit là d'un document irréfutable qui fait justice des allégations de Ratsiraka et de ses partisans sur le caractère anodin de la répression. Vice-Président de l'Académie des Sciences d 'Outre-Mer, Raymond DELVAL, un vieux zanatany(l), traite de l'épineuse
(1) Zanatany : se dit de tout étranger, né ou pas à Madagascar mais y ayant longtemps vécu. 7

question du Fédéralisme. Fonne nouvelle de l'ethnicité s'interroge-t-il avec prudence, se refusant à prononcer ouvertement le mot de tribalisme. En conclusion, il s'inquiète toutefois d'un possible « effritement de l'unité nationale à moins que les organismes centraux n'arrivent à imposer leur autorité ».

Le politologue Eric DUPONT emploie un langage plus direct. Après avoir noté que la nouvelle constitution crée effectivement un Etat de droit, il regrette qu'elle ait institué un régim.eparlementaire peu compatible avec l'effort de redressement à entreprendre. Il regrette également les dispositions récemment arrêtées en matière.de décentralisation. fi souligne enfin les dérives qui perturbent d'ores et déjà le bon fonctionnement des institutions. A cet égard,. il est à souhaiter que l'esprit du Fihavanana(2)qui a inspiré les constituants souffie à nouveau sur le pays. Le problème constitutionnelrevêt une une telle importance qu'il est apparu utile de publier, à la suite de l'étude d'Eric Dupont, les notes qui nous ont été adressées par Monsieur Thierry ANDRIANTSOA et qui nous sont parvenues après la mise sous presse de l'ensemble du cahier. Elles confirment l'opinion d'Eric Dupont en ce qui concerne les risques d'instabilité institutionnelle,l'insuffisance des dispositions arrêtées en matière de décentralisation et d'hannonisation des développements .régionaux.Elles en diffèrent s'agissant de la crainte de l'instauration d'un « Gouvernement des Juges ». Thierry Andriantsoa a procédé par ailleurs à d'intéressantes analyses sur quelques points particuliers. Madame Blandine ANDRIAMBOLOLO-NIVOa dressé un tableau sans complaisance de la situation économique. Elle a, par ailleurs, évoqué les mesures de redressement envisagées dont plusieurs sont déjà mises en œuvre. Précisons que depuis la rédaction de son étude, les relations ont été renouées avec le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Malheureusementle franc malgache flotte et le prix du riz s'est envolé.
(2) Fihavanana : sentiment de parenté et de solidarité existant (ou supposé) entte tous les malgaches. 8

J'ai moi-même abordé le problème de la vanille. Mon objectif était de mettre en lumière les avantages que Madagascar a tiré de l'organisation du marché de ce produit tant qu'elle a correctement fonctionné. n était aussi de monlIer ses limites et son échec dès lors que le réalisme, la rigueur et la solidaritén'ont plus été au rendez-vous. Ancien Directeur des Eaux-et-Forêts, Alphonse RAKOTOMANAMPISON,s'est penché sur le problème de la forêt et du reboisement. n a établi un inventaire remarquablede précision. Il a aussi, et ce n'est pas moins important, tiré la sonnette d'alarme. La destruction de la forêt entratne une rapide et irréversible dégradation des sols. S'il n'y est pas mis un tenne, le pire est à prévoir et il sera en tout cas inutile de parler de développement. Le publiciste Sata RAJOHARISONévoque les possibilités d'un tourisme encore balbutiant. Il donnera au lecteur l'envie de se rendre à Madagascar. fi souligne aussi les risques et les dangers d'un tourisme de masse mettant brusquement ell rapport le luxe et la misère. Il prodigue quelques conseils. Puisse-t-il être entendu!
Que soient vivement remerciés tous ceux et celles qui ont bien voulu participer à l'aventure qu'a constitué la rédaction de ce cahier. Que soit également remerciée Madame Lucile Ramanandraibé sans-les encouragements et le concours de laquelle il n'aurait certainement pas vu le jour.
Ferdinand DÉLÉRIs 30 mai 1994

9

CART E ETHNIQUE NOUVELLE (1958 )
Abrèvialion.
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Source: Hubert Deschamps, Histoire de Madagascar, 1961. 10

LA MARCHE DE LA LIBERTÉ
(La journée du 10 août 1991)
parAimé~VAUMANANA Journaliste

« La marche de la libené » du 10 a06t 1991 constitue, en quelque sone, un tournant décisif dans le processus de démocratisation à Madagascar. Mais l'on ne saurait épuiser le sens profond d'un tel évél1ement dans la limite d'un petit article comme celui-ci. Toutefois, nous sou11aitons que cette petite rétrospective puisse contribuer, tant soit peu, à une meilleure compréhension de la journée du 10 a06t 1991 : un samedi noir taché de sang... Dans quel contexte faudrait-il placer « la marche de la liberté» ? Quels en étaient les objectifs? Comment s'est déroulé le conège sous la conduite des leaders du Mouvement Populaire de 1991 ? Comment cette marche pacifique s'est-elle

transfonnée en incident malheureux, voire en tragédie? Peuton maintenant connaître le nombre exact de victimes? Comment avait-on réagi, au niveau national et au niveau international, face à cette tragédie? Et quelles conséquences celle-ci a eu sur la situation politique et socio-économique de Madagascar? C'est à toutes ces questions que nous essaierons, avec nos limites évidemment, d'apporter une esquisse de réponse, en tant que victime même de la tragédie.

.

LE CONTEXTE Le vent de la libéralisation et de la démocratisation qui avait déjà soufflé un peu partout dans le monde socialiste, commenIl

çait aussi à gagner du terrain à Madagascar en 1989. Le Président Didier Ratsiraka, lui-même, au cours de ses tournées de propagande électorale pour les présidentielles anticipées de septmois,avaitpromisque la « censure» serait supprimée s'il était réélu Président de la Républiqueet que Madagascarprocéderait davantage à la libéralisation politique, au-delà du Front National pour la Défense de la Révolution (FNDR), pièce justificative de l'existence pendant quatorze ans de l'apartheid politique à Madagascar, car n'avaient droit à se présenter aux élections que les candidats appartenant aux partis membres du FNDR ou proposés par eux.

1) Des élections contestées

Sa stratégie d'anticiper les élections présidentielles de sept mois lui avait permis de battre officiellement avec 62,62 % des suffrages exprimés ses trois concurrents de l'Alliance Démocratique qui s'était constituée le 2 janvier 1989 ; ces concurrents étaient Manandafy, Marojama Razanabahiny et Monja Jaona. Réélu Président, Ratsiraka avait levé la censure sous la pression des bailleurs de fonds et confonnément à sa promesse. Le multipartisme avait aussi été adopté par la suite, avee'la promulgation de la loi 89-028 du 20 décembre 1989, article 8 et de l'ordonnance 90-001 du début mars 1990. Mais au lendeinain même de la proclamation officielle des résultats des présidentielles, ceux-ci avaient été vivement contestés avant tout par les trois candidats « malheureux '» de l'Alliance Démocratique, dont les partis membres étaient le MFM, le VONJY,le MONIMA-K et le Monima Socialiste de Tsihozony Maharanga. L'atmosphère fut assez tendue dans la capitale Malagasy. Ce fut la visite du Pape Jean-Paul II à Madagascar (28 avril-lor Mai 1989) qui modéra l'opposition riaissanteet bloqua les manifestations.

12

2) Naissance de la Plate-Forme de l'Opposition Le problème relatif aux résultats des élections présidentielles n'était pas pour autant résolu. Le Comité National d'Observation des Elections, comme les partis de l'Opposition, dénoncèrent les fraudes électorales et les pressions exercées dans les milieux ruraux au cours de ces élections. D'après les éléments chiffrés ressortant de ces obselVations et publiés le 4 août 1989, Ratsiraka n'aurait pas obtenu 62,62 % des voix mais tout au plus 48,83 %. Autrement dit, il n'aurait pas dû être réélu! Un certain mécontentement gagna davantage du terrain. Et la libéralisation politique de la fin 1989-début 1990 ne fit qu'augmenter le nombre de partis politiques allergiques au régime ratsirakien. Il est vrai .que des partis comme le Monima-K du vieux Monja Jaona et le Vonjy du docteur Razanabahiny Marojama rejoignirent le front pro-Ratsiraka pour constituer ensemble le Mouvement pour le Soutien du S<xJialisme Malagasy (MMSM). Mais nombreux aussi furent ceux qui se regroupèrent pour constituer la Plate-Forme de l'Opposition, entre autres le MFM de. Manandafy qui ne milita plus « pour le pouvoir prolétarien» mais « pour le développement de Madagascar», l'UNDD du Professeur Zafy Albert (ou Union Nationale pour le Développement et la Démocratie) ainsi que l'AKFM-Renouveau du Pasteur Andriamanjato Richard qui se sépara de l'AKFM-KDRSM pro-Ratsiraka. Les partis d'opposition n'attendaient que la promulgation de la loi sur le multipartisme pour se constituer légalement et exprimer publiquement la soif du peuple profond.

3) Organisation des Concertations Nationales et naissance des Forces Vives

En effet, malgré la levée de la censure et la libéralisation

politique,le règne sans partagedu « Roi Didier» (Ratsiraka)
pesait de plus belle sur la vie nationale. Les gens en avaient assez de la gabegie, du népotisme, de la terreur, de l'insécurité, de la démagogie, des mensonges institutionnalisés, du 'despo13

tisme, de la misère, des épidémies, de la cormption, de la vie dégradée et dégradante... Devant le phénomène de décadence et de dictature, une soif de changement et de renouveau se faisait sentir profondément au sein de la majorité silencieuse. Et cette soif fut exprimée publiquement par l'intennédiaire de la PlateFonne de l'Opposition, de différents comités comme celui de la Défense des droits de l 'homme et le CNOE (Comité National d'Observation des Elections-Education des Citoyens), ou par l'intermédiaire du FFKM (Conseil Œcuménique des Eglises Chrétiennes à Madagascar). Pour sa part, depuis sa création en 1980, le FFKM n'avait cessé d'encourager les chrétiens et les hommes de bonne volonté à être les témoins authentiques de la vérité et de la justice au sein de la société malagasy. Le thème de son premier Congrès national de 1982, à Antsirabé, avait été choisi dans ce sens: « Les chrétiens face au redressement de la Nation. » Et dans cette perspective également, le FFKM avait pris, en mai 1989, l'initiative de lancer un appel à l'endroit des partis politiques pour qu'ils trouvent « un terrain d'entente et de réconciliation en ce qui concerne le désaccord relatif aux résultats des présidentielles du 12 mars 1989 ». Comme le désir de changement et de transparence se faisait sentir davantage, les Chefs des Eglises-membres du FFKM avaient émis un message particulier en septembre 1989, lors de la onzième réunion du Comité Central du FFKM. Ils avaient souligné, en effet, la nécessité de réunir toutes les Forces Vives (Hery Velona) de la Nation (partie gouvernementale, opposition, société civile, associations diverses...), en vue du redressement national. Dans son « Message de la Pentecôte 1990 », le Bureau Central du FFKM avait encore rappelé le souhait des
Chefs d'Eglises d'organiser une réuIÙon des Forces Vives. Et...,

finalement, ces derniers prirent une décision ferme en faveur d'une telle réunion, dans leur lettre du 12 juin 1990. D'où l'organisation des deux Concertations Nationales du 16 au 20 août et du 5 au 9 décembre 1990, avec le slogan « Faites monter ce peuple» (Exode 33, 1-2), afin de chercher ensemble, dans un esprit de dialogue, les voies et moyens adéquats pour
mI redressement effectif et réaliste de la vie nationale malagasy.

14

Contrairement à l'enthousiasme de la plupart des Forces vives, la partie gouvernementale (MMSM) et Ratsiraka luimême avaient décliné l'invitation du FFKM. Des chancelleries y étaient pour quelque chose, dont celle de la France, arguant que « les réformes entreprises par le régime» ratsirakien allaient dans le bon sens... Au terme de la Concertation Nationale II (5-9 décembre I~O), afm de garder son rÔle réconciliateur, le FFKM s'était limité à encourager les parties' prenantes à chercher, dans la non-violence, les moyens socio-politiques qui pourraient contribuer à l'application des motions adoptées au cours des « Concertations Nationales I et II » : - changement de Constitution et instauration d'un Etat de droit authentique dans une TF6îisièmeRépublique; - changement de code électoral ; - réfonne de la politique éducative; -libéralisation économique plus juste et plus équitable; - changement de l'équipe dirigeante... ; - assainissement de la gestion publique; - respect des droits de l'homme, de la liberté d'expression etd 'entreprise; - instauration d'organes de contrôle de l'Etat; - séparation des pouvoirs judiciaire, exécutif et législatif; - optimisation des ressources hUmaines et naturelles... Les « Forces Vives », avec la connotation que l'on connaît o.'ensemble des opposants au régime Ratsiraka), étaient nées avec les deux Concertations Nationales organisées par le FFKM. Deux structures avaient été créées dès la Concertation Nationale I pour bien différencier le rÔle des Eglises qui ont pour mission d'éveiller les co~nsciences et les responsabilités qui appartiennent aux laïcs: a) Le Conseil National des Forces Vives (CNFV), composé de; quatre-vingt organisations laïques représentant l'ensemble de la société (seize partis politiques, syndicats des travailleurs, groupements pastoraux, organisations socio-professionnelles, associations, corporations, etc.), sous la direction du Comité 15

Pennanent des Forces Vives (CPFV) qui avait élu le Professeur Albert,Zafy comme Président, Martre Francisque Ravony comme Premier Vice-Président et devenu lui-même Président Fondateur du Département Politique des Forces Vives en 1991. b) Le Conseil Œcuménique sur la Vie Nationale (COVN ou FIEFIP) regroupant plus d'une cinquantaine d'organisations confessionnelles (scouts, associations paroissiales, etc.) et ayant :\\m statut d'obselVateur actif au sein du CPFV.

4) Le Mouvement Populaire avant le 10 août 1991
Suite à l'encouragement du FFKM de « Faire monter la Nation» de manière effective et réaliste, et dans la nonviolence, les « Forces Vives» s'efforcèrent d'entamer une négociation avec. le pouvoir socialiste pour obtenir une Conférence Nationale Souveraine. Mais le régime Ratsiraka, ne voulant pas changer la Constitution de 1975 devenue caduque face aux aspirations démocratiques de plus en plus puissantes, leur opposa une fin de non-recevoir catégorique. Détenninées à aller de l'avant, les Forces Vives lancèrent un ultimatum affirmant que différentes actions seraient entreprises au cas où le pouvoir en place ne leur donnerait aucune réponse satisfaisante. Pour sa part, Ratsiraka se contenta d'annoncer le « toilettage» de la Constitution de 1975 et donna l'ordre aux députés d'œuvrer en ce sens. Cela était inacceptable aux yeux des Forces Vives.

Ce'fut ainsi que la première manifestationeut lieu le 1 mai
Gr

1991. Les revendications revêtirent d'emblée un caractère politique ayant pour objet: l'abrogation de la Constitution de 1975, la. .mise en place d'un Gouvernement neutre de Transition, l'organisation d'une Conférence Nationale Souveraine pour l'avènement d'une véritable démocratie, l'élaboration d'un nouveau code électoral... Le Mouvement pacifique de 1991 naquit et s'amplifia au long des jours et des mois, jusqu'à l'organisation de la « marche de la liberté» du 10 aoOt 1991. On peut distinguer trois étapes: 16

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