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MAGHAN JAN

De
188 pages
Cet ouvrage, en édition bilingue, constitue la suite des Récits épiques des chasseurs bamanan du Mali. Il est consacré à quatre récits de chasse d'une très grande richesse poétique, chantés par Ndugacè Samakè, prestigieux musicien des chasseurs bamanan du Maasina, lors de veillées de la confrérie des chasseurs qui rassemble des chasseurs de toutes ethnies et de toutes origines sociales.
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Maghan Jan
et autres récits
des chasseurs du Mali@ L'Harmattan, 1999
ISBN: 2-7384-8105-1Maghan Jan
et autres récits
des chasseurs du Mali
de NdL/gacè San1akè
Textes bilingues
Transcription et traduction
de Annik Thoyer
L'Harmattan Inc.L'Harmattan
55, rue Saint-Jacques
5-7, rue de l'École Polytechnique
Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK975005 Paris - FRANCEPhoto de couverture: Ndugacè Samakè et Nyankôro SamakèParus à L'Hannattan :
Récits épiques des chasseurs bamanan du Mali
(1995)
Le riche et le pauvre et autres contes bamanan du Mali
(1997)Al/ pel/pIe l11alien,Introduction
Le présent ouvrage constitue le second volume des Récits épiques
des chasseurs ba111anandu Mali, publié en 1995 aux éditions
L'Hannattan, en hOlnmage à Mamadu lara, musicien des chasseurs
(dollsojeli) du Wasulu.
Il est consacré à quatre épopées de chasseurs. (dol1so111aalla),
recueillies par Lasana Dukure2 en 1971, à Diri (cercle de Kèe
Maasina), auprès de Ndugacè Salnakè, célèbre lnusicien des
chasseurs du Maasina3.
Ce volulne se veut, COlmnele précédent, une contribution à la
connaissance de la confrérie des chasseurs (dol1soton)qui rassemble
des chasseurs de toutes ethnies et de toutes origines sociales. Dans
ces pages, nous ne referons pas la brève description de la confrérie
des chasseurs que le lecteur voudra bien trouver dans l'introduction
du premier volume.
Les chasseurs initiés, soumis au respect d'un culte, de règles et de
rites ancestraux, sont liés entre eux par la fraternité et la solidarité. A
la fois membres d'une société ésotérique, magiciens, contre-sorciers,
devins et tradipraticiens, ils sont auréolés d'un prestige particulier
dans la société rurale. Admirés et redoutés, ils font partie des
individus « supérieurs» qui peuvent capter, concentrer plus d'énergie
que d'autres.
Détenteurs des secrets de la brousse inculte, de ses habitants
visibles et invisibles, des secrets des métamorphoses, les héros de la
chasse sont censés détenir un courage et une force exceptionnels, une
résistance peu commune. Leurs pouvoirs magico-religieux leur
1 Ces textes publiés en 1978, en un volunle (le troisième), ont été revus, cOlTigés
(quelques passages de traduction) et partiellement modifiés (introduction) pour la
présente édition. Nous prévoyons un autre volume comprenant, entre autres, une
réédition d'un récit de forgerons de Seyidu Kamara, musicien des chasseurs du
Wasulu et chantre du Kama (société d'initiation).
2 Lasana Dukure, chercheur de l'Institut des Sciences Humaines du Mali, a mené
une enquête sur la vie de Nd~19acè Samakè dont nous reproduisons ici l'essentiel.
3 Les Bamanan agriculteurs qui pratiquent aussi la chasse sont traditionnellement
dans cette région, avec les Boso pêcheurs, en minorité parmi les Fula éleveurs.
11pennettent de se risquer à détruire la vie et d'affronter la force
vengeresse du gibier abattu.
Loin du village, seul dans la savane, le grand chasseur, assisté de
ses objets sacrés, endure les souffrances de l'ascèse, il excelle dans
l'art d'attendre, de se dissimuler et de se concentrer pour abattre d'un
coup foudroyant4 les anilnaux les plus dangereux, les mauvais génies
ou les sorciers. L'aventure cynégétique mène le chasseur d'épreuve
en épreuve, toujours plus avant sur les sentiers de la connaissance.
Quand ses exploits sont chantés à son retour au village par le
lnusicien des chasseurs, sa renolnlnée sera gravée dans la mémoire
sacrée de la confrérie des chasseurs.
Le musicien des chasseurs
Grand spécialiste de la Inusique, des traditions, de l'histoire de la
confrérie et de ses membres illustres, le musicien des chasseurs
(donsojeli ou donsonkollifola5) guide les chasseurs dans le monde
occulte de la chasse, les accolnpagne de ses chants (chants de
louange, chants rituels, chants exécutés pour la danse et récits
épiques). Le musicien des chasseurs choisit librement sa vocation, il
n'est pas un griot6 Ueli) dont le savoir est transmis par la naissance de
père en fils.
Il instruit les chasseurs durant l'initiation et par la suite jusqu'à ce
qu'ils deviennent de grands chasseurs. Le musicien des chasseurs
anime toutes les cérémonies de la confrérie où il invoque les
puissances religieuses, les ancêtres des chasseurs'. Maître d'une
parole agissante, il stimule avant la chasse les chasseurs en les
4
Camara S., « Chasseurs mal1denka », in Chasseurs et Guerriers, Paris, Editions
Dapper, 1998, p. 131-159.
5
« Joueur de luth de chasseurs ». Le Donsonkoni est une sorte de harpe-luth
composée d'une grosse calebasse recouverte de peau d'antilope, d'un manche courbe où
sont fIXées six cordes avec un bruiteur au bout du manche.
6
Les jeli, «griots », font partie des nyalnakala, castes endogames des artisans et
des artistes, traditionnellement différenciées des horon, «hommes libres ou
nobles» et jon, « captifs ».
7 Grands initiés, les musiciens des chasseurs pratiquent, comme les chasseurs, la
magie, la divination et la médecine traditiolU1elle.
12provoquant, puis après la chasse, chante la gloire de ceux qui ont
rapporté du gibier.
Issu d'une famille d'hommes libres ou nobles (horon),
Ntàkàràlacè Samakè, dit Ndugacè Samakè, est né en 1931 à Diri où
il habite toujours. Tous ses ancêtres étaient chasseurs, et l'un d'eux,
Faa Samakè quitta Ntèntu. au nord-est du Wasulu, pour s'installer
dans la région de Diri. Le père de Ndugacè Samakè, Koorà Samakè,
était chasseur et chanteur du culte de Nya (puissance religieuse).
Ndugacè Samakè est cultivateur. Quand il choisit de devenir
musicien des chasseurs, il dut subir de sa famille une vive pression
destinée à le faire renoncer à ce choix. U n'eut point de maître parmi
les musiciens des chasseurs. Etant d'une famille de chasseurs, son
apprentissage a commencé en assistant aux veillées, puis comme
chasseur membre de la confrérie des chasseurs de Diri.
Après avoir entendu un jour un musicien des chasseurs nommé
Fabori, il l'imita et se fabriqua un donsonkoni «harpe-luth de
chasseurs ». Autodidacte, il se constitue un répertoire à l'écoute des
musiciens de passage et devient un musicien des chasseurs apprécié.
Il est appelé à l'occasion des cérémonies de chasseurs de Diri et de
bien d'autres villages de la région. Son élève Nyankàrà Samakè qui
l'accompagne en jouant du 1}arinya8, « racleur », est un ami
d'enfance. Ndugacè Samakè possède encore un fusil, mais il ne
chasse plus depuis qu'il est devenu musicien des chasseurs.
Les récits épiques des chasseurs
Les récits ou épopées des chasseurs (donsomaana) sont chantés
par Ndugacè Samakè qui s'accompagne au donsonkoni et par son
élève 9jouant du T)arinya. Us relatent un épisode majeur de la vie de
8Ngarinya : racleur tubulaire en métal, fendu sur toute sa longueur, garni de stries.
9 Nyankàrà Samakè, élève de Ndugacè Samakè, ne ponctue pas le récit, comme le
font en général les élèves de musiciens des chasseurs en répondant: naamu!
« oui! » à chaque fin de vers du musicien, d'où leur appellation: naamunamina,
«celui qui répond oui!» Nyankàrà Samakè se met en retrait, chante plus
doucement que son maître.
13quatre chasseurs défunts, inoubliables. Ces quatre héros ont lutté10
sur un plan magique avec un être de la brousse: un animal (Maghan
Jan, Misiba), des génies (Bilisi Ngàni), un chasseur-sorcier
(Bolinyana). Le passage s'opère entre les règnes humain et animal
(l'antilope-cheval se transformant en femme, le chasseur-magicien en
aigle, le chasseur-sorcier en buffle). Trois récits commencent avant
la naissance du chasseur (Maghan Jan, Bilisi Ngèni, Bolinyana) ;
avant d'illustrer le thème central, ils nous parlent de ses origines, de
sa naissance exceptionnelle, son éducation, son apprentissage de la
chasse. Un récit (Misiba) introduit le héros déjà âgé dans l'intrigue
proprement dite.
Le héros du premier récit (Maghan Jan) est l'héritier inespéré de
parents peuls, promis aux puissances religieuses. Celui-ci passe son
enfance chez les Bamanan et fait preuve d'un tempérament fort,
effronté et indépendant avant de devenir un maître chasseur célèbre.
Le père de Maghan Jan, lucide, demande à ses élèves de ne jamais le
trahir. Le thème développé est le mariage du maître chasseur avec
10,l'antilope-cheval transformée en femme pour échapper à la mort.
Le chasseur ne doit révéler à personne le secret de son origine, sous
peine de mort. La mère de Maghan Jan tente sans y parvenir de le
dissuader d'épouser une femme-animal. Malgré les interrogations
incessantes de l'entourage, le maître chasseur ne révèle pas son
secret, il se marie et a trois enfants. La trahison de ses élèves qui
réussissent par des procédés magiques à percer le secret met un
terme tragique à l'alliance du chasseur et de la femme-animal et
entraîne la reprise de la chasse. La femme-animal est tuée par le
chasseur qui lui-même meurt en avalant l'oeil du gibier.
Le récit de Misiba s'ouvre par la décision des animaux
d'ensorceler le vieux chasseur redoutable qui n'écoute pas les
10L'antilope-cheval est un animal au nyanza (flux vital, force maléfique ou
vengeresse) redoutable. Dans ce récit, le mariage avec le chasseur est pour l'animal un
moyen de défense. Ce thème est à rapprocher du mariage du chasseur avec une
épouse-animal, où le motif de la métamorphose (animal transformé en femme)
traduit la vengeance des animaux. Le chasseur trop adroit devient un danger pour
la faune qui se voit menacée. Cf. Sirankomi. Thoyer A., Récits épiques des
chasseurs bamanan du Mali, T.I, Paris, L'Harmattan, 1995, p. 27-98.
14conseils de sa femme, lorsqu'elle tente de le mettre en garde contre
les anilnaux. Ceux-ci sont conduits par la biche-cochon qui fait
apparaître magiquement un fusil et tire sur Misiba en le blessant
Alors que les animaux le croient mort, le chasseur est soigné au
village; il reste trois mois sans chasser. A son retour en brousse, le
buffle solitaire réussit à le tuer. Misiba est enterré par trois animaux,
l'hyène, le vautour et l'oryctérope12.
Le merveilleux est présent dès le début du récit de Bilisi Ngôni où
cet enfant prodige parle dans le ventre de sa mère tout au long de la
grossesse de celle-ci. A dix mois de grossesse, il annonce le jour de
sa naissance et demande à son père d'aller tuer le buffle solitaire pour
la nouvelle accouchée. Bilisi Ngôni naît adulte, parle et Inarche. Il a
huit jours lorsqu'il devient le chef des incirconcis. Il manifeste une
très grande autonomie par rapport à la société et possède les pouvoirs
exceptionnels des grands initiés. Bilisi Ngôni devient chasseur,
s'attaque au bois des génies « qu'il est interdit d'abattre» et force les
génies à cultiver. Ses parents deviennent riches.
L'introduction du dernier récit (Bolinyana)13est à rapprocher de
celle du premier. Les parents de Bolinyana sont comme ceux de
Maghan Jan restés vingt-sept ans sans enfants. Leur fils unique,
dédié aux puissances religieuses, naît à un an de grossesse. Il
apprend tout seul à chasser, emprunte sans autorisation le fusil de
son père qu'il utilise contre les villageois et les animaux domestiques
avant de devenir, très jeune, un grand chasseur d'animaux sauvages.
Pour sa mère, Bolinyana va chasser le buffle solitaire, terreur de la
région, qui en fait se révèle être un chasseur-sorcier. Et c'est
l'affrontement entre Bolinyana, le maître chasseur-magicien et
Cèwari, le chasseur-sorcier-buffle. Le père de Bolinyana et trente de
ses élèves qui l'aident sont tués par le buffle. Conseillé par sa mère,
Bolinyana réussit, grâce aux remèdes ~agiques donnés par son
oncle, à se métamorphoser en aigle blanchard, tuer le buffle et faire
12
Cf. le motif de l'entelTementdu chasseur par l'hyène, le vautour et l'oI)'ctérope,
dans le récit de Banjugu, Thoyer A., 1995, p. 99-129.
13 On trouve une autre version de ce récit, cf. Cissé Y.T., La confrérie des
chasseurs Malinké et Balnbara, Paris, Nouvelles du Sud, 1994, p. 177-289.
15revivre son père et ses élèves.
Malheureusement, le lecteur ne peut percevoir toute la dimension
« artistique» des récits épiques de Ndugacè Samakè où la voix, la
musique et la participation des chasseurs à la veillée par des coups
de sifflet, de fusil et des danses font le poème au même titre que le
texte.
On retrouve les différents Inodes poétiques propres aux récits de
chasseurs: le récit proprelnent dit, les proverbes d'éloge et le chant.
Tout au long du récit, Ndugacè Samakè utilise sa voix
ren1arquablernent claire et chantante cornlne un instrulnent de
lTIusique.Le débit des proverbes d'éloge, paroles consacrées de la
chasse, reste bien moins accéléré que chez les musiciens des
chasseurs du Wasulu que nous avons entendus. Enfin la musique
instrumentale accompagnant les chants tient une place moins
importante que chez les autres musiciens. Ici c'est le chant qui ouvre
le récit, alors que le plus souvent ce sont les proverbes d'éloge qui
l'ouvrent et le chant qui le fenne.
16Note sur la présentation des textes
Afin de respecter à l'écrit le rythme de l'oral, nous avons été à la
ligne chaque fois que le chanteur marquait une pause dans la voix.
La transcription, réaliséel grâce à l'aide de Mamadu Bagayôkô..
Lasana Dukure, Denba Jal0, Mamadu Jara, Shèki Omar Mara..
Birahima Sangare, Burama Sumaoro, Mohamèd Tabure, Alimami
Yatara, est conforme à l'orthographe utilisée dans le livre de lecture
intitulé Kalalljè ni Sèbèllni, Paris, Nathan, 1987 (e : comme dans bl~,
è : lait, à : rnQrt,u : genou, c : tiers, j : dialecte, I): sing, gh : god).
Nous avons noté certaines variantes du bamanan de la région de
Diri.
Région de Diri Bamanan standard
ki (connectif de la construction ka
associative)
ki (morphème prédicatif, hortatif ka
affirmatif)
ki (morphème de l'infinitif) ka
kini prédicatif, prohibitif) kana
mini (morphème valeur mana
hypothétique et temporelle)
kun (marque du passé) tun
bi (morphème prédicatif, affirmatif) bè
di, Ii (particule bivalente de
élément à valeur de focalisation)
dagè (antilope-cheval) dajè
jodà (dresser)
na (mère) ba
lara (postposition)
Pour d'autres variantes qui apparaissent parfois dans les textes
sous la forme du parler de Bamako (bamanan standard), nous avons
I It'Dans le cadre d'une thèse de Doctorat de 3ème cycle, intitulée Récits épiques de
chasseurs bambara", Université de Paris III. Sorbonne Nouvelle, 1976.
17choisi de restituer cette forme pour faciliter la lecture.
bèn (tomber) bin
dogodoko (cacher)
doolu (cinq) duuru
guliya (être dur) gèlèya
mè (morphème prédicatif, ma
accoInpli négatif)
Iniso (feInlne) muso
ni (pronom personnel) ne
sèkèrè (rejoindre) sègèrè
sogosoko (viande)
ce (casser) ci
wulè (brousse déserte et lointaine) wula
wulo (engendrer) wolo
Nous avons opté pour une traduction fidèle au style, à l'oralité des
textes. Pour certains passages, différents sens et commentaires nous
ont été donnés par différents chasseurs. Aussi la traduction proposée
ici n'est qu'une interprétation.
18I
Maghan Jan"Dansa sogofagalalu bi taa a di fuladen Maghan ma
Kosala,
Maghan Jan \j'a kè kiribi sànga \je!
Donso sunaanajugu bi taa a di fuladen Maghan Jan
ma Kosala,
Maghan Jan \j'o kè kiribi songo 'le!"
Ka Maghan ni \Nula!
Maghan ma tua \je Pènda, fa tua Hamadi,'le
u bora Pondoli.
Hamadi nana ki na Pènda don,
san mugan ni wolonwula,
a ma dà konobara la,
kàna ma \je,
a kamana gwanna, a dabali banna!
A taara moriw sègèrè,
u 'l'a fin ni k'a waalo.
Foyi ma \je wolodenko la.
A taara laturudalaw sègèrè,
u 'l'a kaaro k'a \jèrèkè,
U 'l'a ci k'u sigi ni k'a filè,
u ma fèn \je a na wolodenko la.
A kamana gwanna,
fo Hamadi bololafèn banna!
Hamadi nana \Nuli,
a y'i do ki taa jigin Kosala Maghan kan.
Maghan kun \je dugutigi Kosalakaw bolo la.'le
Hali 0 kèra tuma min na...
Ko a ni minnaalamunyu, a ni kàngelamunyu!
A ni kungerenci ni n\jègerenci!
"Donso sunaanajugu bi taa a di fuladen Maghan Jan
ma Kosala,
Maghan Jan \j'a kè kiribi sànge \je!"
Pènda nana a dèmèdèmè,
ki taa jigin, a ni Hamadi bè n\juan fè,
u taara jigin Kosala Maghan korà ka so,
Maghan kàràba kun \je dugutigi 'le.
A taara jigin ka Maghan kan.
A nan'i kan to,
20

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