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Mon cri vers le Ciel

De
286 pages
Vous qui allez lire ce livre. Préparez votre cœur à vivre avec cet être les difficultés de sa vie. Et quoi qu’il arrive dans votre propre existence, pensez que la vie a un sens, garder au cœur confiance et foi. La vie de cet être a été dure, elle a tout rencontré, tout vécu l’abandon, le handicape de son enfant, la violence ... Parce qu’elle ne savait pas, elle a avancé, en aveugle. Vous qui ouvrez vos cœurs, en lisant, vous penserez certainement que la vie est injuste, difficile, terrible pour beaucoup. Comment un être de 13 ans peut-il en arriver à vouloir cesser de vivre. 13 ans, début de l’adolescence et déjà une telle souffrance qu’on ne peut envisager d’autre issue que la fin. L’auteur n’a écrit cette autobiographie que dans un seul but « aider, aider chacun à ouvrir ses yeux et ses oreilles pour voir et entendre le meilleur … les signes ».
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Depuis que l’on me le demande, je vais l'écrire ce livre. Il faut que je le fasse, je n’ai jamais baissé les bras. Je ne vais pas commencer maintenant.
Il me reste encore une bataille à livrer : témoigner. Témoigner auprès de tous ceux en proie au désespoir, tous ceux qui ne voient plus le bout du tunnel, tous ceux qui ont peur.
Je ne suis pas plus sage que vous. Je ne suis qu’une femme qui, modestement, a commencé à accéder à une certaine paix et compréhension de l’existence.
Il est temps pour moi de remonter le fil de ma vie. Vous allez m’accompagner dans ma rétrospective et découvrir au fil des pages les multiples raisons pour lesquelles j’aurais pu ne jamais écrire ces lignes.
Si aujourd’hui j’ai la force d’écrire, c’est que
Mon cri vers le ciel
a été entendu et n’aura pas été inutile.
PROLOGUE
Depuis le temps que mes amies me disent« tu dois écrire le livre de ta vie, si nous n'étions pas près de toi pour nous rendre compte de ce que tu vis, nous ne pourrions pas le croire ».
Oui mais ? Écrire un livre ! Comment faire ? En ai-je les capacités moi qui suis bourrée de complexes ?
Cela ne m’a jamais effleuré. Pauvre Michou qui accumule les catastrophes, les chagrins, les ennuis, les combats, les opérations... tout cela s’enchaîne avec une rapidité déconcertante.
Pourtant, je sais que dans la vie, je n’ai rien à perdre, je n’ai plus rien... plus d’enfant, plus de mari, plus de parents, plus de famille, plus de travail, plus de maison.
Je ne citerai pas les noms des médecins qui ont manqué d’humanité envers ma fille et moi-même.
Je ne citerai pas non plus les noms des avocats et notaires qui ont bafoué ce si beau mot qu’est le DROIT.
Par respect et décence pour eux, même s’ils n’en ont pas eu pour moi, je les laisse dans le confort de l’anonymat.
Pourquoi ont-ils croisé ma route ? Etait-ce un hasard ? Mais ne dit-on pas que « le hasard est le chemin que Dieu emprunte quand il veut voyager incognito ». Ce hasard a voulu qu’en quelque temps, quatre médecins différents, m’aient dit la même chose“ vous devriez écrire un livre, pas pour vous puisque vous connaissez votre vie, mais pour les autres, pour qu’ils sachent que si on veut, on peut, la preuve... vous”.
Si le résultat de mon combat peut donner du courage à quelques personnes, les aider à comprendre, à accepter cette vie, parfois si difficile, je serai sûre alors, de ne pas avoir vécu tout cela pour rien.
C’est peut-être cela le but de ma vie, comprendre et essayer d’aider les autres sur leur chemin, faire connaître mes expériences, mes recherches et mon combat pour arriver à cette paix intérieure. Ne plus en vouloir à son destin, parce qu'on ne le comprend pas. Se battre toujours, se battre sans jamais s’avouer vaincu. Mais parfois aussi, accepter de déposer les armes, de lâcher-prise.
Voilà, je me lance, je ne sais toujours pas, comment je commence ? Peut-être par le début, c’est-à-dire, mon enfance c’est simple finalement suivons la logique.
Chapitre 1
Mes parents
Papa était dans la Marine. Lors de ma naissance à Toulon, il était absent, retenu en mer, dans un sous-marin. Etait-ce un présage à ces absences répétées durant ma jeunesse ?
Maman, 20 ans, se retrouve seule avec deux enfants, ma sœur ainée et moi. Heureusement, ma grand-mère maternelle est présente et prend en charge les trois filles, maman, ma sœur et moi.
Je dis, « prend en charge », parce que Maman n’a jamais manifesté d’instinct maternel. Elle n’était absolument pas prête pour ces maternités et préférait aller jouer à la marelle avec les petites voisines, en tenant sa main en l’air pour que l’on remarque son alliance.
Malgré tout je l’ai toujours appelée « Maman » et aujourd’hui encore, c’est ainsi que je m’adresse à elle en prière.
Mes parents se sont rencontrés à la chorale de l’église. Ils chantaient magnifiquement tous les deux.
Mon grand-père maternel, décédé jeune dans un accident de travail avait été ténor à l’opéra de Toulon. Maman avait hérité de ce don et chantait depuis sa petite enfance. Elle avait une très belle voix, avec une excellente diction, ce qui est assez rare pour une soprano.
Ma grand-mère qui avait 20 ans de moins que son mari, s’est retrouvée à 29 ans, seule avec trois filles. Les deux siennes et une plus âgée, issue d’un premier mariage de
mon grand-père. Ce ne fût pas drôle tous les jours, sa vie durant, elle a été amoureuse de son mari, l’a toujours pleuré et n’a jamais voulu qu’un autre homme entre dans son cœur et dans sa vie.
Maman aînée des deux filles, beaucoup plus attachée à son père qu’à sa mère, avait 8 ans quand ce dernier a quitté cette terre. Son enfance meurtrie par cet abandon brutal, elle est entrée en rébellion contre sa mère et toutes les personnes qui l’entouraient.
Prenait-on le temps, à cette époque, d’écouter un enfant en souffrance ? Les psychiatres, psychanalystes étaient-ils consultés comme de nos jours ? Ma grand-mère sans revenu avec trois enfants, travaillait beaucoup. Les aides actuelles n’existaient pas.
Labeur et restrictions étaient le pain quotidien.
Pour Papa, ce fut différent. Enfant unique, ses parents divorcent alors qu’il n’a que 6 ans, sa maman le prend avec elle, refait sa vie. Deux demi-frères viennent au monde, issus de cette nouvelle union.
Sa mère, pour je ne sais quelle raison, sombre dans l’alcoolisme. Son second mari la met dehors gardant ses deux fils. Bien qu’ayant de bonnes relations avec son beau-fils- il ne souhaite pas le garder. Papa, alors âgé de 14 ans, retourne contre son gré chez son père, qu’il ne connaît pas. Ce dernier, qui avait refait sa vie ne voulait pas le reprendre. Son fils unique revenant chez lui le dérangeait. Papa aimait l’école, c’était un bon élève. A la demande expresse de son père, il abandonne ses études et s’engage dans la Marine à 17 ans.
Lorsqu’il rencontre Maman il a 19 ans, elle 17. Il avait été parmi les premiers petits chanteurs à la Croix de Bois de Paris. Il était donc logique, qu’ils se rencontrent en chantant. De cette passion commune aurait dû naître une merveilleuse harmonie.
Durant trois mois, ils se virent aux répétitions, puis sortirent ensemble pendant un mois. Au bout de ce mois, l’épouse d’un haut gradé de la Marine à Toulon, chez qui ma grand-mère travaillait comme cuisinière depuis de longues années, fit appeler Papa (A cette époque, 1939, les gradés de la marine et leur conjoint avaient autorité morale sur leurs hommes) et lui dit “vous sortez avec Françoise, c’est une jeune fille bien, cela ne se fait pas, vous devez vous marier ?”. Et voilà aussitôt dit, aussitôt fait, un mois
après, mes parents étaient mariés. Mélange de précipitation et de respect des bonnes mœurs…
La même année, sept mois seulement après le mariage, ma sœur aînée, Jeanne, vint au monde. Tout s’enchaine alors très vite pour ces jeunes parents, pas encore « adultes » au sens de la Loi.
Mon père étant souvent en mer, ma mère et ma sœur vivent chez ma grand-mère. C’est elle qui assume les responsabilités familiales, en lieu et place de Maman, toujours absente.
Tel est le contexte familial dans lequel ma petite âme choisit de faire son entrée. Du moins ce que j’en sais.
Chapitre 2
Début de ma vie
Maintenant je vais parler de moi. J’espère pouvoir le faire. Le chagrin immense de la perte de mon enfant et ce qui s’est passé ensuite, m’a fait non pas oublier -ce n’est pas possible-, mais occulter en partie mon enfance si douloureuse.
Pas occulté complètement. Bien des faits restent ancrés dans ma mémoire, ils ont fait souffrir aussi mon corps. Mais on ne peut tout garder à vif. Alors, on cache le plus ancien, pour continuer de vivre, de se battre avec le présent. J’ai toujours dit, même toute petite :
Je me battrai tant que j’aurai un souffle de vie, je me battrai jusqu’au bout, pour savoir. Savoir jusqu’où tout cela peut aller, jusqu’où je pourrai tenir ? Par curiosité aussi, pour connaître ce qu’il y aura après tous ces chagrins ? Est-il possible qu’un jour cela s’arrête ? Que je connaisse autre chose que le combat ? De toute façon je ferai tout pour tenir je m’en donnerai les moyens. Je ne savais pas encore comment ? Ce que je savais c’est que je le ferai.
Je suis née au début du mois de janvier 1942, à l’hôpital des armées de Toulon, je n’ai jamais su l’heure exacte.
De ma toute petite enfance, je ne sais pas grand-chose, sinon que je n’étais pas une grosse mangeuse. Ma mère, pour me faire manger, me pinçait le nez violemment.
Tout ce que ma mère daignait préparer était une bouillie infâme, plus simple et meilleur marché qu’une bonne purée de légumes. Sans aucun respect pour les rythmes