Pour un modèle scientifique du système scolaire

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296326521
Nombre de pages : 94
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POUR UN MODÈLE SCIENTIFIQUE DU SYSTÈME SCOLAIRE

Ecole: un anneau étrange, presque magique

à Angélique

@ L'Harmattan, 1996 ISBN: 2-7384-4682-5

Flavio BONIFACIO

POUR UN MODÈLE SCIENTIFIQUE DU SYSTÈME SCOLAIRE

Ecole: un anneau étrange, presque maglque

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'Hannattan INC 55, rue Saint Jacques

Montréal(Qc) - Canada H2Y

Autres ouvrages publiés par l'Auteur
I nuovi insegnanti della scuola dell 'obbligo in Inchiesta, n. 32, Marzo-Aprile 1978 La scuola tra sistema politico e società civile F. Angeli, Milano 1981 L 'analisi dei dati prodotti con questionario Nuovi strumenti, Anno I, n. 4, Torino, 1981 Archivi dati survey: un punto di vista tecnico CSI Piemonte Notizie, n. 7, Torino 1982 Un 'esperienza di aggiornamento nella scuola, Stampatori, Torino, 1983 Progetto survey, CSI Piemonte Notizie, n. 8, Torino, 1983 Archivi dati survey: prima realizzazione, CSI Piemonte Notizie, n. 13, Torino, 1985 Atteggiamento didattico, selezione nella scuola e differenze di fronte ail 'istruzione F. Angeli, Milano 1987 Usi quotidiani della statistica: tre esempi CSI Piemonte notizie, n. 27, 1992 Misure di qualità nella scuola Sisifo, Ottobre 1992 A Comparison of archives held by three host computers On Line review, Oxford" Vol. 16, N. 4, 1992 Equità della scuola. Un modello per la simulazione dei sistema scolastico. Quaderni di Sociologia,Torino, VolI. XXXVIII-XXXIX, N. 9,1994-1995 TLO-Targeting Labour Offer, SEUGI '95, Proceedings of the thirteenth SAS @ European Users' Group

International, Stockolm 30 May - 2 June

INTRODUCTION
Ce livre décrit le mécanisme spécifique par lequel le système scolaire dans les sociétés occidentales peut entraver ou favoriser certains groupes sociaux par rapport à d'autres. Il se compose de trois parties: la première -Deux Histoires de vie- raconte l'expérience scolaire de deux individus qui ont la même origine sociale modeste. Leur réussite (à travers des parcours différents et en dépit de leur origine sociale) témoigne de l'importance des circonstances particulières dans les itinéraires scolaires. Les expériences personnelles paraissent présenter des différences considérables entre les écoliers/étudiants. Elles se mêlent à des différenciations préexistantes, enracinées dans les caractéristiques sociales des individus, qui constituent les prémisses de leurs destinées scolaires. La deuxième partie -Ecole: un anneau étrange, presque magique- se borne à présenter une situation scoiaire où ces prémisses existent. Si on estime que dans un système scolaire, il existe une morphologie des cours permettant la subdivision des destinées scolaires suivant les caractéristiques sociales, alors le système produira inégalité et différents degrés de réussite. On démontrera que le système scolaire tel qu'il est structuré dans les sociétés occidentales engendre des inégalités, même si les modifications, introduites presque partout dès l'après-guerre, ont tendance à les réduire. La troisième partie -Tentatives de répondre à certaines questions épistémologiques- est née d'une critique qui a été faite à une première version de la deuxième partie de ce livre. En défiant le bon sens de la majorité des sociologues de tradition européenne, l'auteur soutient dans cette dernière partie, la nécessité de considérer la recherche sociologique comme une recherche scientifique tout court. Il n'est pas vrai qu'en étendant à la sociologie la méthode de la recherche scientifique, on en accentue le caractère positif plutôt que le côté critique. 7

Il Y a deux façons de lire le texte. La première consiste à lire les trois parties comme s'il s'agissait de trois essais indépendants.

Le premier essai est en réalité un récit et doit être lu comme tel: en faisant attention à sa structure comme à ses éléments narratifs. Chaque élément de la narration est particulier, au point de caractériser l'expérience racontée de façon univoque. Ce qui est propre à l'une des deux expériences scolaires racontées, ne l'est pas pour l'autre. Il y a là une généralisation implicite: les « n » expériences qu'on peut raconter pourraient toutes être différentes les unes des autres. On ne peut donc construire un modèle tiré de cette réalité qu'au prix d'une perte de précision considérable. Le deuxième essai développe et corrobore ses propres hypothèses selon la méthode scientifique la plus traditionnelle. Le problème trouve son illustration à travers une symbolique empruntée à la représentation des systèmes dynamiques. On a mis au point un modèle avec un système d'équations (système de machines) qui sont décrites, dans leur comportement dynamique, avec les instruments traditionnels de l'analyse mathématique. D'abord on teste les équations de façon empirique avec des mesures spécialement conçues à cet effet: on démontre qu'elles peuvent reproduire la réalité de façon suffisamment précise. Ensuite on réalise des expériences qui illustrent les capacités de prévision du modèle et en fournissent une représentation graphique. Le modèle et les résultats présentés sont cohérents avec les prémisses et les hypothèses de départ: soit ils dérivent de façon déterministe (modérée par la probabilité) de ces mêmes prémisses et hypothèses, soit ils y sont contenus comme des conséquences nécessaires (dans le sens probabiliste). Le troisième essai illustre un point de vue sur la façon dont on devrait opérer dans le domaine scientifique. Les opinions exprimées ne sont pas nouvelles, mais relèvent en bonne partie de ce que l'auteur connait de la pensée de K. R. Popper. Cet essai constitue en grande partie une sorte d'exégèse de cette pensée, fidèlement rapportée dans les notes en bas de pages. Il en ressort que 8

plus de formalisme ne veut pas dire plus de positivisme et d'objectivité, ou plus de Vérité, mais, une plus grande latitude pour falsifier les théories; le formalisme conviendrait donc mieux à la méthode scientifique. Cet essai a pour objet de justifier, par tous moyens, les méthodes utilisées dans la deuxième partie. Pour l'auteur, il doit aussi susciter la curiosité des spécialistes des sciences humaines pour les sciences physiques et la pensée de K. R. Popper. La deuxième façon de lire ces trois essais est de les lire d'un seul trait comme s'il s'agissait d'un seul discours. On pourrait en reconstruire le sens global ainsi: le premier essai nous avertit qu'on ne peut pas considérer la réalité de façon trop simple pas plus qu'on ne peut la décrire de façon exhaustive et en détail à partir d'un modèle. Pour dépasser le modèle, c'est le langage du discours qui fonctionne le mieux. A condition toutefois qu'il s'agisse de littérature (conte, roman ou autre) et de bonne littérature. Le deuxième essai pose la nécessité de toujours construire des modèles pour avoir au moins une idée "moyenne" de la réalité, idée qui ne sera jamais qu'approximative. Il nous dit que nous devons avoir recours à des instruments adaptés à la formalisation, l'analyse mathématique en premier lieu. Le troisième essai invite les sociologues à penser que, puisque le langage scientifique le plus approprié est pour l'instant celui des physiciens, il n'est pas utile d'en inventer d'autres. Tout cela devrait servir à démontrer, non seulement le bienfondé des propositions relatives à l'analyse de l'école, mais aussi que la connaissance sociologique doit utiliser les méthodes de la science, que pour ce faire il est nécessaire de formaliser des propositions et que la connaissance sociologique n'a pas pour tâche d'accéder à tout niveau de complexité. En effet, des représentations trop détaillées de la réalité ne peuvent être ni formalisées, ni contrôlées, ni même falsifiées. La sociologie, en tant que science sociale, doit rendre les cho9

ses faciles, simplifier la réalité, et non pas la compliquer avec des représentations irréfutables, métaphysiques et incompréhensibles.

Remerciements. L'auteur exprime sa gratitude à Raymond Boudon pour son encouragement à son travail. Il remercie également Laura Colombo et Cécile Veyrinaud pour leur aide dans la rédaction française du texte.

I PARTIE

- Deux histoires

de vie

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