PRATIQUES SPORTIVES ET RESISTANCE AU VIEILLISSEMENT

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L'analyse porte sur les pratiques physiques et sportives des retraités, femmes et hommes de toutes conditions sociales. Cependant, l'investissement dans des exercices physiques a un double sens : résister au vieillissement mais aussi avoir une conscience accrue de ses pertes. L'objectif de la recherche a donc été de comprendre quelles étaient les valeurs réelles que les retraités, dans leurs diversités, accordaient à leurs pratiques sportives.
Publié le : samedi 1 avril 2000
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EAN13 : 9782296409774
Nombre de pages : 240
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PRATIQUES SPORTIVES ET RÉSISTANCE AU VIEILLISSEMENT

Collection Logiques Sociales fondée par Dominique Desjeux et dirigée par Bruno Péquignot
En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection Logiques Sociales entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques.

Dernières parutions
Howard S. BECKER, Propos sur l'art, 1999. Jacques GUILLOU, Louis MOREAU de BELLAING, Misère et pauvreté, 1999. Sabine JARROT, Le vampire dans la littérature du XIXe siècle, 1999. Claude GIRAUD, L'intelligibilité du social, 1999. C. CLAIRIS, D. COSTAOUEC, J.B. COYOS (coord.), Langues régionales de France, 1999. Bertrand MASQUELIER, Pour une anthropologie de l'interlocution, 1999. Guy TAPIE, Les architectes: mutations d'une profession, 1999. A. GIRÉ, A. BÉRAUD, P. DÉCHAMPS, Les ingénieurs. Identités en questions, 2000. Philippe ALONZO, Femmes et salariat, 2000. Jean-Luc METZGER, Entre utopie et résignation: la réforme permanente d'un service public, 2000.

Raymonde FEILLET

PRATIQUES SPORTIVES ET RÉSISTANCE AU VIEILLISSEMENT

Préface de Joffte Dumazedier

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

@ L'Harmattan, 2000 ISBN: 2-1384-9035-2

PREFACE

Voici une expression nouvelle de la culture sportive dans ses effets sur la résistance des personnes âgées au processus naturel du vieillissement et sur la communication entre les générations dans les pratiques corporelles. Cette culture sportive ainsi conçue donne un sens rénové aux pratiques d'éducation physique et sportive et d'activités physiques et sportives d'aujourd'hui, à tous les âges de la vie, dans la perspective actuelle d'une autoformation mutuelle du premier au troisième âge. Mais cette résistance au vieillissement et cette communication inter-âge par les pratiques corporelles ne sont pas sans ambiguïtés. Elles peuvent être perverties par des illusions et des malentendus. Il est nécessaire de mieux connaître leurs bienfaits et leurs méfaits, afm que les intéressés sachent mieux accroître les premiers et réduire les derniers. C'est ce que peut permettre l'observation de Raymonde Feillet, les résultats d'une longue expérience de professeur d'Education Physique et Sportive dans l'aide à la résistance au vieillissement avec la collaboration des jeunes éducateurs sportifs. Son travail de recherche selon les règles rigoureuses de la méthode sociologique, fait bien apparaître les variations de ces résultats positifs et négatifs pour les hommes ou les femmes appartenant au milieu rural ou urbain, aux classes favorisées ou défavorisées. Les découvertes de Raymonde Feillet peuvent apparaître comme un bon exemple de « ce qui s'apprend en EPS » selon la formule d'un congrès national qui a rassemblé à l'université de Créteil en 1996, environ 700 professeurs d'EPS.

On peut aussi y voir un aspect très moderne de ce que le sociologue allemand Norbert Elias a appelé le «processus civilisateur à long terme du loisir par le sport» dans son livre paru (avec Eric Dunning) « sport and leisure and civilization process» (1986)1.En effet, en France depuis les années 80 (INSEE 1985), la durée du temps libre (temps de loisir à 90%) est devenue plus longue que le temps de travail de la population active. Les soirées libres sont plus étendues, les fms de semaine de travail se sont allongées à deux jours, les fins d'années de travail sont passées de 12jours de vacances à cinq semaines, enfin la fin de vie hors travail s'est allongée pour deux raisons: l'espérance de vie ne cesse de croître (plus de 75 ans pour les hommes plus de 80 ans pour les femmes), le temps de la retraite payée a été avancée de 65 ans à 60 ou à 55 ans. Le poids scandaleux de plus de 3 millions de chômeurs a redonné une actualité au mouvement séculaire de la réduction du temps de travail pour réduire ce chômage. Donc la durée du temps libéré, en particulier à la fin de la vie de travail risque encore d'augmenter. Aussi le problème posé par Raymonde Feillet a des chances de gagner encore en importance dans les prochaines années. Développer la résistance aux violences du vieillissement naturel et améliorer la communication entre les différents âges de la vie seront des opérations de plus en plus familières aux activités physiques et sportives et à l'Education Physique et Sportive.

Joffre Dumazedier avril 1997

Itraduit en 1994 sous un titre plus général: « sport et civilisation» (Fayard) 8

INTRODUCTION

Il semble que tous les discours sur le corps soient "secrètement hantés par les questions de mort, de vieillesse et de laideur... la laideur serait la marque de la mortalité; menaçante pour la vie, elle se nourrit de la vie même"2. Il faut alors imposer des normes esthétiques pour s'opposer au travail destructeur du temps. Ces normes révèlent aussi un paradoxe: elles accentuent la conscience de vieillir. Les normes «sportives» semblent aussi renforcer la conscience des pertes. Les discours des sportifs de plus de cinquante ans révèlent cette ambiguïté: continuer à être performant et en même temps être renvoyé directement à ses pertes à travers le déclin de ses performances et aussi à travers la douleur. Si le corps a des limites, chez le sportif les limites corporelles se font plus précises et informent sur le vieillissement du corps. Les valeurs corporelles promues par les médias exacerbent la conscience des défaillances. Tous les magazines sur la santé, tous les magazines sur le sport, la presse hédoniste en général, prônent le nouvel idéal du corps; il est bronzé, musclé, souple, puissant, efficace, jeune... Ces nouvelles normes n'imposent-elles pas à l'Education Physique et Sportive de chercher sa légitimité au-delà des anciennes querelles d'écoles sur les rapports entre la théorie et la pratique? Aujourd'hui, des questions nouvelles sont apparues. Une véritable culture sportive voit le jour et donne un autre sens aux activités sportives comme à l'Education Physique. Les
2BOREL.F (1992) Le vêtement incarné. Les métamorphoses du corps. CaImanLévy. Paris.

apprentissages par les exercices du corps dépassent de plus en plus les bienfaits physiques pour se centrer sur une culture plus complète qui permet l'accès à des connaissances, des attitudes, des valeurs tant sociales qu'individuelles. Les manières de pratiquer le sport sont plurielles et témoignent de motivations diversifiées. La pratique sportive a un rôle dans la socialisation de l'enfant, mais aussi une fonction « équilibrante» dans le rapport aux autres disciplines. Le terrain sportif est un lieu d'expression de soi mais aussi un lieu de « mobilisation de ses ressources bioénergétiques et bioinformationnelles» et en même temps permet «l'acquisition de connaissances et la construction de savoirs». Aujourd'hui, en tant que pratique sociale et/ou pratique scolaire, le sport et la santé sont indissociables. Une des grandes préoccupations de l'Education Nationale porte sur la sensibilisation aux problèmes de santé. La création d'un « comité d'environnement social» dans les établissements scolaires, impulsée par les Recteurs, les Inspecteurs d'Académie et leurs conseillers techniques (médecins, infIrmières, assistantes sociales, proviseurs), participe de la politique de prévention en matière de santé. Des actions d'information sont alors menées sur les dangers du tabac, de l'alcool, des drogues et de la violence. L'Education Physique et Sportive devient alors le moyen privilégié pour développer chez chaque élève une attitude préventive face à ces fléaux. Cette question par la prise en compte en EPS de l'objectif: « donner aux élèves connaissances et savoirs leur permettant de gérer leur vie physique à tous les âges de la vie », peut être pleine de confusions, de malentendus, d'illusions verbales. Dans un article portant sur « la gestion de la vie physique», G.Cogérino3 souligne que « les manières de concevoir la GSVP sont nombreuses et diversifiées... les différentes conceptions ne se préoccupent pas en réalité du même objet». Tantôt la pratique physique met l'accent sur la prévention et la sécurité, mais aussi sur la relation et l'insertion, sur la maîtrise de soi, sur l'hygiène de vie, sur la performance.

3COGERINO.G

(1995) Gestion de sa vie physique. Revue EPS n0251

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On s'interroge alors sur les contenus d'enseignement et les méthodes: quoi enseigner et comment pour que le sport soit un vecteur de santé sachant que les activités sportives peuvent tout aussi bien devenir traumatisantes tant au plan physique qu'au plan psychologique et social. C'est par exemple le cas de sportifs de haut niveau qui doivent abandonner après une blessure, se sentant incapables de revenir à leur meilleur niveau et qui fTagilisés par cette rupture, écartés par l'institution sportive, montrent des comportements d'égarements, de déviance, d'inadaptation sociale. Quoi dire de l'utilisation de benzodiazépines ou autres produits dopants à des fms de performance? Si le sport est néanmoins régulièrement présenté comme un outil de prévention de la santé, comment enseigner l'Education Physique et Sportive pour qu'elle soit véritablement facteur de santé et d'intégration sociale. Comment faire pour que chacun se l'approprie comme facteur de prévention du vieillissement mais aussi pour que chaque individu puisse tout au long de sa vie, poursuivre à travers le sport sa recherche d'excellence corporelle et sociale? Nous abordons cette culture à travers les pratiques de différents âges de la vie. Pourquoi aborder la culture sportive à travers le vieillissement? On s'aperçoit aujourd'hui que les exercices sportifs sont de plus en plus répandus parmi les personnes âgées, femmes et hommes de toutes conditions sociales. Pourquoi actuellement des agriculteurs de plus de 60 ans, que rien ne prédisposait à faire du sport, infiltrent-ils les lieux sportifs? Il semble que ces exercices de plus en plus variés visent tous à résister mieux au processus de vieillissement qui affecte le visage, la silhouette, le geste, la performance du corps. Des personnes ayant eu un rapport à des gestes utilitaires, modifient au moment de la retraite leur rapport au corps. En même temps, des sensations de dégradation obligent d'anciens sportifs à cesser toute pratique. Le discours médical sur la santé et les pratiques sportives après 60 ans témoigne aussi d'incertitudes. Après 60 ans, la pratique sportive est cernée « d'interdits ». Il y aurait « un âge» où le sport serait nuisible. Pour continuer une activité compétitive ou pour débuter dans un sport, il faut « pour des raisons de sécurité », consulter une multitudes de Il

« spécialistes ». IJes dangers du sport sont ici exacerbés. En même temps, tout une partie du discours médical véhicule l'image d'un sport « bienfaiteur» pour la santé. I.Japratique sportive permet non seulement d'entretenir l'existant mais peut aussi l'améliorer. Or c'est un des terrains actuels de l'EPS où règne peut-être le plus de malentendus, le plus d'espérances et le plus de désillusions. Gérer sa vie physique à différents âges de la vie ne se réduit pas à une construction rationnelle des apprentissages moteurs. Si les investissements physiques sont sous-tendus par des représentations du corps qui guident les personnes vers telles ou telles pratiques, ceux-ci ont un double sens. En effet, des conséquences néfastes s'opposent parfois à la perception des bénéfices retirés par ces pratiques physiques et sportives. Le terrain sportif devient aussi un lieu privilégié de rencontres entre générations. En effet, le club sportif voit se côtoyer des sportifs de tous âges. Dans certains sports, où le classement témoigne d'un niveau de compétences sportives (tennis, golf... ), il n'est pas rare de voir se confronter des adversaires de plus de 60 ans et de moins de 20 ans. Les groupes de randonnée pédestre et de cyclotourisme témoignent aussi de ce brassage entre les générations. On peut s'interroger sur la résistance au vieillissement quand l'ancien sportif affronte un jeune sportif dans une relation compétitive. Est-il rassuré sur son état physique ou au contraire ce face à face le renvoie-t-il à ses pertes? D'autres retraités, qui commencent une pratique sportive à 60 ans, se retrouvent face à des éducateurs sportifs. Ces derniers doivent les aider à mieux résister au vieillissement. Comment ces nouveaux pratiquants vivent-ils ce face à face avec un jeune sportif? Proposer des activités physiques et sportives aux retraités ne semble pas au départ aller de soi. Ces éducateurs sportifs stagiaires du Brevet d'Etat d'Educateur Sportif option: activités physiques pour tous, ne s'attendaient pas avant l'entrée en formation, devoir se confronter à la personne âgée. I../ejeune sportif qui choisit une formation d'éducateur sportif projette le plus souvent d'initier et d'entraîner des jeunes dans une spécialité sportive. L'éducation sportive des retraités paraît dévalorisée. L'engagement dans la 12

performance paraît à priori éloigner les jeunes des vieux. Cependant les modalités de l'examen dans l' épreuve de pédagogie, peuvent les obliger à encadrer des activités physiques et sportives aux retraités. Ne voulant pas prendre le risque de «l'inconnu », ils acceptent d'intervenir durant leur stage en situation, auprès de ce public. Comment ces jeunes sportifs vivent-ils cette conftontation ? Quelles représentations ont-ils de leur rôle? Ces nouveaux rapports entre générations qui pourraient participer de la solidarité, révèlent au contraire souvent une relation problématique. Les motivations des jeunes éducateurs sportifs peuvent-elles coïncider avec les attentes des retraités? Ce sont des questions que notre livre se propose d'éclairer. Nous nous appuierons sur notre longue expérience de professeur d'EPS dans la formation de ces Educateurs Sportifs au Ministère de la Jeunesse et des Sports. Promouvoir les activités physiques des retraités et former les cadres dans ce domaine, quand on a essentiellement enseigné l'EPS en milieu scolaire et qu'on est propulsé dans cette nouvelle mission sans autre formation préalable, nécessite de porter un autre regard sur les pratiques, sur le public mais aussi sur soi. Auss~ cette expérience a fait l'objet d'une réflexion de cinq années à l'Université de Paris V, sous la direction de Georges Vigarello et la participation active de Joffre DumazedÏer. Cette thèse a été soutenue avec succès devant un jury composé de G.Vigarello, J.Dumazedier, CH.Pociello, J.S Morvan, G.Vaucher. Nous avons pu ainsi conftonter les principales études réalisées sur ces sujets, en France et à l'étranger et les observations d'une trentaine de personnes de plus de 55 ans et de jeunes sportifs qui pour certains, se trouvent un peu surpris d'intervenir auprès de ces pratiquants. Cet objet d'étude est constitué d'une part, de retraités pratiquant des activités physiques et sportives, et d'autre part d'animateurs, sorte de "transmetteurs" d'activités physiques et sportives auprès des retraités4, et se propose d'éclairer les représentations corporelles que les uns et les autres ont du
4Détail de l'échantillon en annexe

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vieillissement. Dans le champ social, les pratiques sportives participent de cette volonté de rester jeune. Il s'agit alors de montrer comment s'articulent ce désir de jeunesse avec d'une part, les impératifs de performance pour les pratiquants engagés dans la compétition et d'autre part, les attitudes des animateurs pour ceux qui pratiquent la gymnastique du 3ème âge. Le DEA a été l'occasion de..cibler les pratiquants sportifs qu'il fallait interroger. Deux grandes catégories sont apparues: les retraités des nouvelles couches moyennes qui poursuivaient leur pratique antérieure et les retraités de milieu rural qui débutaient une pratique au moment de la retraite. Parmi les anciens sportifs il faut distinguer ceux qui continuent à être engagés dans la compétition et / ou dans une logique de dressage du corps et ceux engagés dans une logique de protection. En outre, même si les anciens sportifs des nouvelles couches moyennes sont surtout des hommes, il était nécessaire d'interroger des femmes, afm de révéler ce qui différencie les représentations que les femmes sportives et les hommes sportifs ont de leur vieillissement. Le choix de ces pratiquants et des activités sportives s'est effectué à deux niveaux, répertorier les activités sportives .où il y avait un grand nombre de retraités, doublé de la connaissance des activités, des responsables de club, des retraités eux-mêmes. Concernant les nouveaux pratiquants, le recrutement s'est opéré par l'intermédiaire des animateurs et animatrices. Le nombre croissant de demandes d'animation corporelle de la part des retraités a conduit à des questions et à en chercher les causes. Ces nouveaux pratiquants se trouvent presque essentiellement dans les séances de gymnastique du 3ème âge dite encore "gymnastique douce". Cette pratique est presque essentiellement investie par les femmes. Très peu d'hommes fréquentent ces séances d'où l'intérêt de les interroger pour tenter de connaître leurs attentes. Le choix des éducateurs sportifs s'est fait à travers l'encadrement des stages de formation du Brevet d'Etat d'Educateur Sportif. 15 animateurs sportifs ont été interrogés L'observation de ces sujets s'est doublée d'entretiens en profondeur sur leur histoire de vie. 14

CHAPITRE I

CE QU'ON

SAIT SUR lE VIEilliSSEMENT

RESISTER AU VIEILLISSEMENT: MYTHE OU REALITE? On est loin de tout savoir sur le processus de vieillissement. De tout temps, des médecins ont cherché à intervenir sur ce processus. Des élixirs de toutes sortes, tentent de nous faire croire à une possibilité réelle de ralentir le vieillissement. On en sait davantage sur l'action des exercices physiques comme facteur d'accélération du vieillissement, comme par exemple les sports de plein air qui favorisent les rides, mais au~si l'entraînement intensif et précoce qui conduit' à des traumatismes ostéo-articulaires irréversibles, sans oublier l'accès à une pratique performante après cinquante ans qui augmente les risques cardio-vasculaires. Pourtant les exercices physiques sont aussi perçus comme facteur de prévention du vieillissement, notamment lorsqu'ils sont modérés, liés aux régimes et à toute une hygiène de vie. Ainsi, « l'inactivité est perçue comme un facteur essentiel de vieillissement... le mouvement est le plus efficace régénérateur du corps, il faut craindre dix fois plus les excès de repos que les excès de dépense énergétique »5.La vieillesse n'est alors plus une fatalité. Le temps laissé libre par la cessation de l'activité professionnelle peut être mis à profit pour lutter contre le vieillissement. Que nous apprennent les autres travaux? On observe aujourd'hui une prolongation de l'âge moyen. Les retraités ou préretraités ne veulent plus être considérés comme des "vieux". La personne de 70 ans en 1990 ne ressemble pas à celle du même âge en 1950. Aujourd'hui on peut être âgé sans être vieux,
5proposd'un médecin cité par GAULtIER, X (1988) "La deuxième carrière". Seuil, Paris.

c'est du reste le rêve de chacun. Mais à quel âge est-on vieux ? P.Bourdelais6, souligne que « réexaminer l'éternel problème de l'âge censé indiquer le début de la vieillesse, serait vain et illusoire». La question n'est pas nouvelle. Cet auteur précise que cette question s'est déjà posée à la fin du XIXème siècle. Si les "premières retraites" marquaient l'entrée en vieillesse, aujourd'hu~ les personnes qui commencent leur retraite, ont une espérance de 25 ans de vie. Un sondage?, révèle que huit retraités sur dix interrogés sont des gens "satisfaits" pour qui la retraite donne des possibilités de "liberté", de "repos". La retraite est un temps qui permet de s'investir dans des activités diverses, même si souligne Xavier Gaullier, «le bilan des loisirs du 3ème âge apparaît faible alors qu'en réalité les activités se multiplient de plus en plus ». Ce qui est clair c'est que la retraite ne correspond plus à « l'entrée en vieillesse» et que les 25 ans de vie après la retraite ne sont pas « l'anti-chambre de la mort». Cependant, la manière de vivre sa retraite et son vieillissement est à resituer dans le choix ou l'obligation du moment de la retraite. Depuis les années 80, le chômage a modifié le paysage idyllique de la retraite. Il semble qu'il faille repenser l'image de la retraite dans le rapport à l'évolution du travail. Un document sur l'état de la France, souligne que «la montée du tertiaire s'accompagne de la montée d'abstraction entraînant une perte relationnelle et une sociabilité en baisse »8. Les nouvelles technologies tels que micro-ordinateurs et télématique génèrent autant l'exclusion que l'intégration. Dans ces conditions, le quinquagénaire est souvent moins diplômé, mieux payé et surtout moins productif. En 1985, 32% des salariés âgés de 55 à 59 ans ont été mis sur la touche alors qu'en 1981, 80% des hommes du même âge étaient encore en activité. Actuellement, des individus de 55, 56 ans sont poussés à des loisirs forcés. Ces sujets sont en même temps propulsés chez les "vieux". Pour ceux-là, l'amusement c'est bien, mais avoir une activité utile c'est mieux, «pour ces retraités là, le plus sûr moyen de recevoir
~OURDELAIS, P (1993) "L'âge de la vieillesse". O.Jacob Paris. ?paru dans Notre Temps (mai, 1990), magazine des retraités. 8 L'état de la France en 1989. Découverte. 18

l'estime des autres, d'être valorisé, est encore le travail »9.Ainsi, un des facteurs dominants producteur de dévalorisation, de représentation négative, est d'abord la mise à la retraite anticipée. On peut s'interroger sur la manière dont ces retraités vivent cette double expulsion: du statut d'adulte, de la vie active. En effet, la retraite semble représenter l'entrée dans la catégorie du 3ème âge, du retraité, de la personne âgée ou du vieux. On quitte défmitivement celle de l'adulte avec toutes les caractéristiques qui s'y rattachent. J.Dumazedier souligne aussi que ce type de retraite induit d'emblée une représentation négative. On pourrait la faire évoluer vers une représentation plus positive si "on passait d'une société de travail à une société de non-travail, on passerait d'une retraite mise à l'écart à une retraite loisir"lO.Cette dualité dans la conjoncture du travail produit un double vieillissement, subi ou choisi. Les loisirs forcés qui représentent une forme d'exclusion professionnelle se doublent d'une exclusion sociale. En effet, le temps de loisir se vit dans le rapport aux autres temps sociaux. Ce temps de loisir est profitable quand il est vécu comme un temps de compensation dans le rapport au temps professionnel, c'est à dire aux obligations. Si ce temps de loisir représente une contrainte, une liberté imposée, il ne joue plus son rôle. Ce temps qui aurait pu être « libérateur », devient pesant et responsable d'un sentiment de dépréciation de soi. Le choix de la retraite semble être déterminant dans le rapport à son vieillissement. La sensation de maîtriser ses décisions de cessation d'activité a un impact direct sur la manière de vivre son âge après la retraite. La retraite n'est pas une étape uniforme. On peut parler de trois types de retraite. La retraite objective, institutionnelle, prévue, qui dans la majorité des cas se situe autour de 60 ans. On peut toutefois préciser que même choisie, elle nécessite une préparation au sens où la retraite reste une rupture dans l'histoire professionnelle et personnelle, « la capacité à négocier ce tournant important qu'est le passage de la vie active à la retraite dépend largement de la
9GUILLEMARD, l<>OUMAZEDIE~

AM (1986) "Le déclin du social" Put: Paris.
J. (1963) "Vieillesse et vieillissement". Revue Esprit n05.

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capacité à utiliser ce temps dont la gestion est laissée à l'initiative de l'individu »11.Une retraite subjective qui ne correspond pas à une réalité sociale mais à une représentation liée à l'âge. C'est par exemple le cas de femmes au foyer qui ne vivent pas une retraite réelle mais qui prennent à leur compte la retraite de leur mari. Une retraite qui se situerait entre ces deux dernières et qui correspondrait à des loisirs forcés pour des personnes n'ayant pas atteint la soixantaine. La perception de son âge et de son vieillissement est à resituer dans ces différentes manières de vivre la retraite. La retraite "mort sociale", la retraite "loisir", la retraite "imaginaire", peuvent influer sur la représentation de soi. Or, en saisissant les pratiques sportives faites uniquement sur le temps de loisir, on peut éclairer le sens que les individus donnent au vieillissement. Depuis une dizaine d'années et plus précisément depuis 1985, on observe une extension des pratiques corporelles des retraités. Toutes les études récentes sur les retraités font état de rengagement de ceux-ci dans les pratiques sportives. Ainsi, Joffre Dumazedier12fait état de ce nouvel engouement pour les pratiques du Temps Libre, «cette expérience d'un temps libre dominant au 3ème âge peut nous permettre de mieux approfondir le sens des activités volontaires de loisir pour la réalisation de soi-même ». L'âge de la retraite devient enfm le moment où, libéré des contraintes professionnelles, l'individu peut s'adonner à des activités librement choisies. La retraite représente une inversion des temps sociaux, avec des contraintes professionnelles qui s'estompent totalement, des contraintes familiales qui diminuent et un temps pour soi qui progresse fortement. C'est sur ce temps là que le vieillissement prend tout son sens. C'est ce temps de loisir qui permet de lutter contre le vieillissement mais aussi qui renvoie à son vieillissement.
llATTIAS-DONFUT, C. (1989) In PAILLAT, P. Passage de la vie active à la retraite. PUF, Paris. 12DUMAZEDIER, J. (1988) La révolution culturelle du temps libre 1968 1988, Méridiens Klincksieck, Paris. 20

P.Paillat montre le rôle des diverses pratiques au moment du passage de la vie active à la retraite. Ces activités ne sont pas « vides de sens» comme on veut parfois nous le faire croire. Ces pratiques donnent un nouveau rythme à l'existence et en même temps participent de nouveaux modèles relationnels, de nouveHes formes de connaissances. Les activités sportives occupent une place privilégiée, "tout ce qui concerne le corps prend de la valeur: les soins personnels, la diététique, la «forme», les activités sportives... en dix ans, le nombre des pratiquants a été multiplié par deux pour l'ensemble de la population et par cinq pour les personnes âgées. Actuellement 20% parmi les 60-69 ans font de la gymnastique, du footing et dujogging"13. Les retraités investissent les lieux de pratiques au même titre que les plus jeunes. Non seulement la retraite n'est pas un temps de repos mais la pratique sportive bouleverse les attitudes et les investissements physiques, ceci à tous les âges et quelles que soient les conditions. de vie des acteurs. La pratique sportive des retraités fait partie d'un nouveau mode de vie. Les médias diffusent largement la nouvelle image du retraité "branché", il est actif: dynamique et participe à la vie sociale. L'image du sport dans notre société avec les valeurs qu'il véhicule concourt à ce nouvel engouement des retraités refusant d'être classés parmi les vieux. Ceux-ci entretiennent un nouveau rapport à leur corps: la résistance au vieillissement. De nombreux sondages et recherches éclairent l'évolution quantitative du nombre des retraités sportifs. L'étude menée par le laboratoire de sociologie de l'INSEp14 révèle qu'en 1965, 3% des retraités déclaraient pratiquer une activité sportive, chifIres donnés par l'INSEE, or en 1985, 53,8% des retraités déclarent pratiquer une activité physique et sportive, sachant que la marche et la bicyclette comme moyen de locomotion s'inscrivent comme une pratique volontairement physique ou sportive. Si on s'en tient aux pratiques sportives reconnues comme telles, les données INSEE
13GAULLIER,X. (1988), ib. 14METOUDI.M, LOUVEAU.C, IRLINGER.P. (1989) Les pratiques sportives des Français. INSEP, Paris.

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concernant la pratique de la gymnastique et des sports des retraités

font état d'une moyenne d'environ de 12% de pratiquants de gymnastique entre 60 et 79 ans. D'autres activités comme la natation, la marche et le cyclotourisme, semblent aussi intéresser environ 8% des retraités. Mais au-delà des chiffres, au-delà de l'évolution quantitative de la pratique sportive des retraités, ce sont toutes les modifications qualitatives, toutes les recherches personnelles qui participent du même refus de vieillir qui m'interpellent et induisent ce travail. La gymnastique, les activités faites en groupe, les pratiques individualisées faites de manière indépendante, participent de la même volonté de résister au vieillissement. On s'aperçoit aujourd'hui que certains retraités réservent leur temps de loisir au corps. Certains retraités sportifs sont licenciés et engagés dans la compétition. Ceux-ci après 60 ans sont peu nombreux et sont en majorité des hommes. Ce sont des anciens sportifs, qui continuent leur pratique soit sous le même mode, soit en changeant de modalité, soit s'orientant vers une activité sportive qu'ils jugent moins traumatisante pour les articulations. On les trouve par exemple dans le tennis, le golf, le cyclisme. Cette recherche s'intéresse spécifiquement à ces personnes, femmes et hommes, qui se soucient davantage de leur corps que les autres. Les demandes d'investissements corporels: soins esthétiques, diététique, thalassothérapie, pratiques physiques et sportives.... .progressent fortement. Toutes ces demandes à objectif corporel participent, au-delà de la santé, de la demande de "mieux-être", « le marché de cette santé consommée propose toujours plus... .une expression nouvelle dit clairement cette attente, «mieux-être »... l'effacement des grands systèmes de signification renforcent cette importance de la conscience corporelle: mieux s'éprouver,
accroître le registre des sensibilités, ne pas vieillir»
16.

ISLespersonnes âgées, INSEE (1990) coll "contours et caractères" n02 16y]:GARELLO, G. (1994) "Mieux-être ou ne pas être" article paru dans le Nouvel Observateur "Le triomphe du corps" Les collections hors série n021 22

Avoir la santé ne suffit alors plus. Le sport et le corps dans la société d'aujourd'hui s'inscrivent dans des pratiques consommatoires et génèrent un certain type de comportement. Au nom du "mieuxêtre", on s'autorise toutes sortes d'investissements corporels. On ne se culpabilise pas de dépenser de l'argent dans des pratiques souvent onéreuses. Au contraire, l'argent mis dans les soins du corps témoigne de comportements responsables, autonomes dans le maintien de sa santé ou plus, dans le «top» de sa forme. Comportements hautement valorisés dans notre société actuelle. La consommation et à fortiori la consommation du corps s'inscrivent dans le présent. C'est l'ici et le maintenant qui comptent. La consommation du corps promeut le temps présent et peut conduire les plus de 60 ans à se figerimaginairement dans la jeunesse et dans la beauté. Il s'agit alors de se soustraire au cours du temps, de nier sa propre histoire. Les pratiques devraient alors participer du refus du changement du corps, le vieillissement physique étant un signe de l'écoulement du temps. Le sentiment qu'on peut changer le corps, sentiment de toute puissance sur son corps, est renforcé par l'ensemble de la presse hédoniste, quelle que soit la population ciblée. Ces magazines proposent des silhouettes idéales, des peaux lisses, des jambes, des ventres musclés, sans le moindre signe de graisse, certifiant que chacun peut s'identifier à ce corps s'il trouve la pratique qui lui correspond. t,a pratique extrême révélant la volonté de modification du corps est la chirurgie esthétique. Cette pratique permet, dans l'imaginaire, de réparer l'irréparable. Changer de peau procure le sentiment de pouvoir effacer le souvenir. Mais paradoxalement, ces publicités centrent les lecteurs sur les marques du temps. Les rides en tant qu'élément visible du vieillissement, observable par le sujet lui-même et surtout par les autres, sont le signe qu'on rejette avec le plus de force. D'autant plus que les rides sont aussi une modification corporelle sur laquelle les magazines hédonistes se focalisent. Aussi naît l'espoir et en même temps l'illusion que l'apparence suffit à triompher du temps. A travers la maîtrise du

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corps, pointe la maîtrise du temps. Une manière de dire qu'on se croit immortel c'est de travailler son apparence. L'accès au bien-être requiert un effort permanent et ne nécessite pas de se rendre dans un espace spécifique. Le souci du corps témoigne d'un engagement physique individuel dans chaque geste de la vie quotidienne. On sent que la santé et la forme demandent de plus en plus d'exigences. "Avoir la forme" demande de plus en plus d'effort et d'initiative. On utilise alors des témoignages tenus pour exemplaires. C'est par exemple le cas d'une émission télévisée intitulée "la vie commence à 60 ans"17,qui avait pour thèmes la santé, la forme, la mémoire. On interroge une femme de 62 ans, chirurgien, qui "a eu des coups durs" et pourtant elle "va de mieux en mieux". Ici l'expérience et donc l'âge, quelle que soit l'histoire, sont un avantage. On prend volontairement une femme qui a eu une vie difficile. Elle a été paralysée, presque aveugle et elle "repart" : il faut être résolument optimiste, "se servir des malheurs pour en faire des bonheurs". Le témoignage doit favoriser l'identification de l'auditeur à cette femme donnée comme idéale. Apprendre à lutter, apprendre à réagir devient le meilleur des remèdes. On apprend que l'âge chronologique n'a pas de réalité, 'je ne pense pas à l'âge... pas d'importance, c'est l'âge que l'on se donne qui est important". On véhicule un imaginaire de maîtrise du corps dont le but est de modifier les représentations corporelles .liées à l'âge: 'je fais du parachutisme, du ski, du vol à voile, de l'escalade... j'aime les sensations fortes, j'aime la vie... ft. La volonté de dédramatiser est évidente et accentuée quand cette femme "d'expérience" affnme que la vraie jeunesse c'est le bonheur: elle-même a été 'jeune, riche et belle et elle était malheureuse". Elle confirme que "le bonheur est le plus beau des lifting". Le message est clair, l'âge est une donnée théorique, qui décontextualisée n'a aucun sens. Les valeurs d'un vieillissement positif portent sur la responsabilité individuelle de son vieillissement, la prise en charge de l'individu par lui-même. Le
17émission programmée par FR3 en janvier 1989 avec la participation de Notre Temps et de Radio Bleue

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choix porte résolument sur le maintien du bonheur. Les pratiques à risques ne sont pas les seules à développer pour atteindre le bonheur. L'engagement dans l'aide humanitaire, "s'occuper de clochards, aller en Ethiopie"... contribue à se sentir heureux. On met l'accent sur l'initiative et sur l'engagement personnel, peu importe l'objet. Au cas où cette femme exemplaire ne serait pas un modèle identificatoire pour le plus grand nombre, l'accent est mis sur des propositions d'exercices physiques "anti-rouille", à faire régulièrement chez soi: "avec des bottins! donc pas de mauvaises excuses pour ne pas faire". Chaque personne est ainsi sensibilisée et responsabilisée. Chaque consigne doit développer l'initiative de l'auditeur: « si vous êtes très très fort, vous pouvez en mettre deux l'un sur l'autre! ». L'animateur incite à la performance individuelle. Bien que les exercices paraissent simples et éloignés des exploits sportifs, chacun a la possibilité de les complexifier et ainsi de s'engager dans une morale de l'effort, procédure unique pour résister au changement physique. Cette attention inquiète au corps est rendue possible avec l'avènement des «pratiques de loisir autrefois inexistantes ou

interdites et

devenues facteur

d'équilibre

existentiel»18.

J.Dumazedier distingue l'individualisme décrit par G.Lipovetski19de «l'émergence du sujet social porteur d'une personnalisation plus grande de l'institution et d'une expression légitime en dehors d'elle ». Dans ce contexte, l'attention au corps tend à développer un imaginaire de maîtrise de soi, de maîtrise de son vieillissement visible à travers les pratiques sportives. La distinction entre les pratiques de santé et les pratiques de compétition devient floue. Les pratiquants, quel que soit leur âge peuvent passer d'une pratique à une autre à l'intérieur même d'une fédération et surtout grâce à l'extension des lieux de pratiques. Cette éclosion de pratiques corporelles "individualisées" s'insèrent dans des lieux quotidiens.

18DUMAZEDIER, J (1993). Temps libre et modernité. Mélanges en l'honneur de Joffie Dumazedier, dirigé par G,Pronovost. C,Attias-Donfut. N. Pr~sse de l'université du QUEBEC, L'Harmattan. l~IPOVETSKl,G. (1983) L'ère du vide, Gallimard, Paris. 25

J.Defrance2° souligne que l'activité physique se développe plus vite hors des clubs. Aujourd'hui l'attention au corps est permise en dehors de toute structure. Ceci favorise la pratique des plus âgés qui hésitent à se licencier dans un club. On peut s'interroger sur la centration sur le corps chez le sujet âgé. «La centration sur le corps est source d'ambivalence chez le sujet âgé: si des modifications corporelles touchent des "lieux" porteurs d'identité, il peut s'ensuivre une véritable blessure narcissique, au demeurant, "sentir son corps", témoigne d'une affirmation de vie »21. Ce paradoxe fait partie intégrante de la pratique sportive. Cette ambivalence entre le mieux-être et la souffrance traverse les engagements corporels et semble exacerbée chez le sujet âgé.

2°Article "La demande d'activités sportives: tendances actuelles" dans ETUDES et Réflexions CNFPT (1991) N°lO 21LEONARD, MC. (1984). "Le corps âgé", in "Le corps âgé et ses ressources". Gérontologie et Société n029 26

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