PROCHE-ORIENT : LES IMPASSES

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Au sommaire : les attentats aux États-Unis décryptés à l’aide de quelques mots-clés. · Intolérance, racisme, Israël : le sens des mots, le poids des idéologies nationalistes · Les Amériques du Sud au Nord · Regards sur l’Afrique · Voyages pour la paix · Le Proche-Orient, les impasses · La Palestine, les Chrétiens et la paix· Les séquelles d’une crise : système d’obnubilation et blocage au Liban · Aux sources de la paix : le Jourdain, au cœur du conflit israélo-arabe · Le travail des ONG en sortie de crise : l’exemple du Secours Catholique.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296275331
Nombre de pages : 136
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1~t D.oD

LE JOURNAL DE LA PAIX
REVUE TRIMESTRIELLE FONDÉE EN 1951 DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: René COSTE RÉDACTEUR EN CHEF: François MABILLE

COMITÉ DE RÉDACTION
Henri BAUER,Henri DEROUET, Cyril MUSILA,Florence SsRÉRÉo

Revue de Pax Christi France section française du Mouvement international catholique pour la paix
prix "éducation à la paix" de l'Unesco en 1983 prix "peace messenger" des Nations Unies en 1987 58, avenue de Breteuil - 7507 Paris. Tel: 01 44490636

Prix de l'abonnement:

200 F / Prix au numéro: 60F
sur la Paix

Publié avec le concours du Centre de Recherche Institut Catholique
L'HarmaUan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE L'Harmattan
.

de Paris
Hongrie L'Harmattan Italia Via Bava, 37 102]4 Torino ITALIE

Hargitau. 3
J026 Budapest

HONGRIE

~ L'Harmattan, 2001 ISBN: 2-7475-1772-1

SOMMAIRE

.Éditorial:

Mise à nu

p.4

Pour bouleversants qu'ils soient, les attentats commis sur le sol américain ont une logique. Se contenter de dénoncer leur caractère criminel ou "irrationnel" est insuffisant pour qui veut comprendre certains des enjeux actuels des relations internationales François Mabille

.Actua-décryptage
Les attentats aux États-Unis décryptés à l'aide de quelques mots-clés

p. 8

p. 14 Intolérance, racisme, Israël: le sens des mots, le poids des idéologies nationalistes Hervé Schaeffer Les Amériques du Sud au Nord p.20 Henri Bauer p.26 Cyril Musila 2

.Chroniques

Regard sur l' Afrique

Voyages pour la paix

p.36 Albert Samuel
p.40 Mgr Sabbah

Dossier Le Proche-Orient: les impasses La Palestine, les Chrétiens et la paix

.

Les séquelles d'une crise: système d'obnubilation et blocage au Liban. Le deuil de la guerre est-il possible? Matthieu Ollagnon Aux sources de la paix: le Jourdain, au cœur du contentieux israélo-arabe Gaël Bodret Témoignage p.100 Le travail des ONG en sortie de crise: l'exemple du Secours catholique Marie-Hélène Doumer

.

.Brèves

p. 125

"Cela s'appelle "Au-delà de l'éphémère" ... Faire une revue trimestrielle de l'actualité internationale exige régulièrement qu'on se pose une question: que retenir? Elle s'accompagne d'une interrogation plus radicale: qu'est-ce qui a été important? Interrogation qui incite à se demander ce qu'est un événement. Albert Samuel

.Revue des livres

p.130

3

Éditorial Mise à nu Imaginable, mais non prévu: voilà ce qui résume le sentiment qui prévaut après les attaques suicides aériennes contre les États-Unis. Certes, les images du drame font dans un premier temps évoquer l'insensé, l'inimaginable, l'irrationnel. Mais il s'agit là d'un trompe-l'oeil: "la catastrophe est ainsi, non un accident du réel mais un désastre de sa représentation: intervenant lorsque celle-ci, craquant soudain sous les coups habituellement discrets et inoffensifs de la réalité, se trouve corifrontée à ce qu'elle escomptait avoir rendu non réel pour l'avoir provisoirement rendu invisible. Ainsi la mort ou la maladie mortelle... Ainsi aussi toute chose au monde, dès lors qu'elle est ressentie comme absolument indésirable et par conséquent reléguée au rayon des éventualités exclues (donc non véritablement éventuelles)" (Clément Rosset, L'objet singulier, Éditions de Minuit, 1985) Les faits et leurs interprétations Les faits: l'avion détourné en France il a déjà quelques années, qui devait viser Paris et n'a jamais redécoller de

Marseille, devait - aurait dû - être un signal d'alarme.
L'intention était déjà là, de dépasser le seuil habituel et tragique du terrorisme et de changer d'échelle. Les faits toujours, lorsqu'en mars 1993, en Inde, une vague d'attentats ravage Bombay, faisant 317 morts et plus de 1200 blessés. Bien d'autres exemples ont été rappelés dans la presse. L'interprétation: nombreux sont les spécialistes qui, depuis la fin de la guerre froide, attirent l'attention sur les 4

risques du terrorisme nucléaire, ou chimique, ou encore du cyber-terrorisme et dénoncent la myopie occidentale focalisée sur les enjeux de défense et oubliant les nouveaux aspects de la sécurité. Aux États-Unis même, la "Rand" célèbre "Think Tank", a publié ces dernières années plusieurs études très pointues sur le terrorisme, pointant les risques nouveaux encourus dans un contexte de "désordre international". La logique criminelle était donc connue. Logique criminelle certes, et non irrationalité, mais comment faut-il qualifier la logique politique qui prévaut depuis au moins une décennie chez les Occidentaux? Il ne s'agit pas d'excuser la première par la seconde et encore moins de verser dans l' antiaméricanisme, mais bien de réaliser que la montée des frustrations, des problèmes politiques non réglés (Proche-Orient, Caucase, etc.), a favorisé l'accumulation du ressentiment, de la haine ou du désespoir, autant de terreaux du terrorisme, alors même que la représentation politique de maintes sociétés non occidentales était en crise et que de nombreux pays étaient tiraillés entre leur appartenance culturelle et leurs alliances politiques et militaires. Parallèlement, la dénonciation en Occident des dérives de la mondialisation, l'anti-américanisme, parfois primaire, qui stigmatise globalement la "malbouffe", les multinationales, les OGM; la montée en puissance de la dimension contestataire des ONGet associations locales, traduisent en Europe et aux États-Unis ['existence de frustrations qui pour ne pas être semblables, expriment néanmoins le rejet des représentants politiques actuels ainsi qu'une critique du déficit démocratique à la fois de nos politiques étrangères et des politiques mises en place par les institutions internationales (Banque mondiale, FMInotamment).
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Le coût humain de la mondialisation J Réfléchissant sur le "coût humain de la mondialisation JI, le sociologue Zygmunt Bauman reconnaissait deux figures contemporaines, jumelles et opposées, au sein des relations internationales: celle du touriste d'une part et celle du vagabond de l'autre. Mais une troisième figure était laissée dans l'ombre, à la périphérie, et Bauman pour la définir reprenait les terrrzesde l'anthropologue polonais W J. Burzta: "Les anciennes périphéries suivent clairement leur propre voie, sans se préoccuper de ce que les postmodernistes peuvent en .dire. Et ces derniers sont perdus quand ils sont confrontés aux réalités de l'islam militant, à la laideur des bidonvilles de Mexico, voire aux Noirs squattant une maison éventrée du South Bronx. Voilà des périphéries immenses, dont on ne sait pas très bien que faire ... Sous lafine pellicule des symboles, des marques et des services mondiaux, bouillonne le chaudron de l'inconnu - de ce qui ne nous intéresse pas particulièrement, de ce sur quoi nous n'avons pas grand chose à dire L'inconnu, désonnais, a pris le visage d'aviateurs-kamikazes.
JI.

Les transformations des relations internationales A s'être beaucoup consacrés à la guerre économique d'un côté, et à un remake de la guerre froide de l'autre, perceptible dans la mise en place de l'équipe Bush, les États-Unis connaissent un drame national dont les effets demeureront traumatisants comme purent l'être, naguère, ceux de Pearl Harbor. Cet effroi, si l'on en croit les premières réactions internationales, dépasse le sol américain. L' "hyperpuissance" américaine est désormais mise à nu et le jeu de cartes international se redistribue. Le risque évident est dans
1 Le coût humain de la mondialisation. Paris: Hachette, 1999. 6

l'inéquation probable de la réponse: celle-ci menace d'être exclusivement militaire quand elle devrait être aussi, voire prioritairement, politique. Les conséquences sur la vie politique nord-américaine risquent d'être nombreuses: remises en cause des services de renseignement, mutation accélérée dans la perception des priorités stratégiques; regard critique à porter également sur les conditions même de la mise en œuvre de la politique étrangère américaine, perçue par les uns comme "autiste" à l'égard des autres pays, ou incapable de trancher entre les multiples pressions et intérêts nationaux pour d'autres. Enfm, comme dans le passé, un probable débat s'ouvrira autour de la thèse du "déclin américain". Au niveau européen, plusieurs conséquences sont également prévisibles: un risque de découplage existe entre les pays qui feront du "suivisme" à l'égard des États-Unis et ceux qui entendront exercer une coopération loyale mais autour d'objectifs très ciblés. La mise en œuvre d'une défense européenne ne peut, par ailleurs, qu'être directement concernée par les événements américains. Enfin, troi-

sième tendance, les ONG qui réclament depuis des années
plus de transparence dans l'élaboration de la politique étrangère des démocraties, vont augmenter leur pression. Au niveau international, Robert Kaplan pourrait bientôt faire figure de prophète, en ayant dénoncé, en 1994, "the coming anarchy", autrement dit un chaos de l'ordre social et politique dans de nombreux pays.
François MABILLE

18 septembre 2001

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Actua-décryptage Les attentats contre les États-Unis ont été suivis de multiples commentaires, souvent contradictoires et bien hâtifs. Le glossaire, et extraits d'analyses qui suivent, rappellent quelques clés de lecture des relations internationales contemporaines. On constatera qu'ils relativisent aussi le caractère imprévisible des derniers événements. "Crise" : elle "désigne une situation où l'équilibre se trouve rompu entre deux ou plusieurs États, ou une situation où la stabilité du système international dans son ensemble est mise en cause". (Source: Dictionnaire des relations internationales. Sous la direction de Pascal Boniface. Paris: Hatier 1996.) "Terrorisme" : "le terrorisme est un préalable ou un substitut à la guerre. Lorsqu'il est interne à un pays, il peut annoncer la guerilla ou la guerre civile comme c'est le cas en Algérie. Lorsqu'il est international, il représente en général une stratégie indirecte de pression subtile dirigée contre certains États dans des périodes où la guerre n'est pas possible (guerre froide" et où la paix est refusée (conflit israélo-palestinien". . (Source: Dictionnaire des relations internationales. Sous la direction de Pascal Boniface. Paris: Hatier 1996.) "Terrorisme d'État international" : "Il s'agit là d'une stratégie indirecte destinée à faire pression sur les pays occidentaux, sans aller jusqu'au risque de guerre et en réduisant au maximum toute possibilité d'identification. Les groupes écrans terroristes sont ou furent souvent formés dans certains pays (Pakistan, Sud-Liban, Libye, Iran) 8

ou durant les guerres d'Afghanistan, du Liban et, récemment de Bosnie. Ils disposent, au-delà des liens avec certains États, d'une réelle autonomie et de logiques propres. Par ailleurs, ils peuvent passer des accords de groupes à groupes" . (Source: Dictionnaire des relations internationales. Sous la direction de Pascal Boniface. Paris: Hatier 1996.) Terrorisme et répudiation du dialogue "Le "terrorisme" réalise aussi un clivage très net entre ceux qui lui donnent des qualifications très différentes: la grenade jetée par un "guérillero" est un attentat terroriste; les bombardements aériens sur des villes se voient refuser le qualificatif de "terrorisme d'État". Le terrorisme, pour l'Occident, c'est la guerre des autres, celle du monde "non civilisé" . Le terrorisme, est en réalité l'arme des faibles et des oubliés, comme le montre la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale, quand il n'est pas utilisé, de manière occulte, par les États et les services spéciaux, ce que font tout les États, quelques qu'ils soient, lorsqu'ils en ont les moyens. Il est le fruit de la disproportion des forces et de la différence de nature des parties en conflit, alors que la dialogue a été répudié et que toute solution négociée a été écartée, précisément en raison de l'inégalité des forces qui s'opposent dans un."désordre établi". (Source: Relations internationales droit et mondialisation. Un monde à sens unique. Robert Charvin. L'Harmattan.voir aussi Revue de livres) Les déficits de la démocratie américaine "Une grande nation comme les États-Unis peut-elle se pré9

tendre démocratique lorsqu'au cours de ce siècle, CIA, Pentagone et Maison Blanche ont soutenu ou installé des dictatures souvent sanguinaires? De Cuba au Cambodge, d'Haïti à l'Iran, on ne compte plus les interventions du "gendarme de la planète". Celle qui remplace Allende au Chili en 1973 et le débarquement à Grenade en 1983 sont sans doute les plus mémorables. Batista, Strossner, Duvalier, Somoza, Trujillo, Pinochet: ces tyrans n'ont guerre été des parangons de la première démocratie du monde! "

(Source: Comprendre le .xyëmesiècle - Construire le
XXIème.Albert Samuel. Chronique Revue des livres) sociale. - Voir aussi

.

Les États-Unis, "Empire du milieu" "Incontestablement, l'alliance privilégiée conclue en 1945 avec l'Arabie Saoudite puis l' instrumentalisation des moudjahidin d'Afghanistan ont servi la grande stratégie de l'Amérique: endiguement de l'URSSet de l'Iran; contrepoids à l'Inde par le Pakistan; stabilisation des approvisionnements en pétrole; etc. Mais elles ont engendré des effets secondaires pervers, notamment pour les populations concernées. Le champ libre laissé à l'Arabie Saoudite depuis les années 70 dans le financement très généreux du prosélytisme sunnite et des réseaux fondamentalistes d'autre part ; le soutien apporté aux moudjahidin puis, au milieu des années 1990, aux talibans d'Afghanistan, unifiés, armés et instrumentalisés par le Pakistan pour maîtriser les destinées de son voisin d'autre part, sont les deux matrices d'où sont sortis bien des maux, à commencer par le régime taliban lui-même, salué par Washington comme "un événement positif' (septembre 1996) certes non reconnu officiellement, mais jamais condamné frontale10

ment non plus, en dépit des atrocités commises et de ses conceptions sociales qu'on n'ose qualifier de médiévales. Le retour des "Afghans", ces combattants musulmans volontaires venus de toutes les régions arabes pour lutter contre les Russes, dans leurs pays, joint aux évolutions démographiques et sociales de ces mêmes pays et à l' argent des réseaux saoudiens, ont encouragé la vague islamiste des années 1980 à 1990, notamment en Algérie et en Égypte. Ces mêmes facteurs sont à l'origine des réseaux terroristes sunnites disparates qui ont fini par frapper les pays occidentaux et se retourner contre les États-Unis euxmêmes: l'attentant au World Trade Center, le 26 février 1993 ; l'attentat contre les forces américaines à Khobar (Arabie Saoudite), le 25 juin 1996 ; la même année, la tentative d'assassinat du président Moubarak à Addis-Abeba ; les attentats contre des civils en Algérie par les GIAtout au long de la décennie; contre des touristes à Louxor (17 novembre 1997) ou encore contre es ambassades américaines à Nairobi et Dar es-Salam le 7 août 1998 (autour de 250 morts). Ces trois dernières atrocités sont directement le fait du réseau terroriste d'Oussama Ben Laden, ancien combattant et agent recruteur de la CIA et des services saoudiens pour l'Afghanistan, qui a retourné sa violence contre l'Occident, et que les talibans protègent encore. Ainsi, la "bienveillance" de l'empire se change parfois en violences, en souffrances, en létalité, et l'idée d'un empire "bénin" ne saurait faire oublier les coûts induits par le maintien de l'ordre ni ses effets secondaires. Chez les victimes de ces effets secondaires, comme chez les peuples qui aspirent à plus de liberté, de mouvement (Inde, Iran, Chine, etc.) il y a donc peu de chances que la thèse de la bienveillance soit bien reçue. En un mot, l'idée d'un empire du milieu est incontestablement stabilisateur, et cette 11

stabilité est un bien collectif pour l'humanité; mais sa "bienveillance" souffre vraiment de trop d'exceptions pour être comprise autrement que comme une distinction historique schématique avec les hordes dominatrices de Gengis Khan" . (Source; L'empire du milieu. Les États-Unis et le monde depuis la fin de la guerre froide. Pierre Melandri. Justin Vaïsse. Éditions Odile Jacob. 2001) Les nouvelles entités dangereuses "Fort divers, les acteurs dangereux du chaos mondial n'en ont pas moins des caractéristiques communes: - Déterritorialisation, ou implantation dans des zones inaccessibles. - Absence, le plus souvent, de tout sponsorship d'État, ce qui les rend plus imprévisibles et incontrôlables encore.

- Nature

hybride, pour part "politique", pour part crimi-

nelle. - Capacité de mutation ultrarapide en fonction du paradigme dollar, désormais crucial. - Approche pragmatique, tendant à prouver le mouvement en marchant (...) - Capacités meurtrières énormes, par rapport au terrorisme de la guerre froide, lui, symbolique le plus souvent. Ainsi, la secte Aum avait pour objectif avoué de provoquer 40 000 ou 50 00 morts dans le métro de Tokyo en avril 1995". (Source; Dictionnaire technique et critique des nouvelles menaces. Sous la direction de Xavier Raufer. Puf - 1998)
.

Psychologie du guerrier Dans "Psychanalyse du guerrier" (Paris, Hachette), Claude Barrois explique les sources de la dynamique guerrière par 12

la "violence fondamentale", "l'impératif de la discipline", la "puissance du groupe d'appartenance" et enfm par "l'organisation sacrificielle" ainsi présentée: le guerrier, en faisant acte d'allégeance à sa collectivité, se voit assigné une place et des rôles précis dans l'organisation sacrificielle qui règle le fonctionnement des groupes humains organisés. L'intérêt collectif prime l'individuel, et la survie du groupe est plus précieuse que la vie de ses membres. Le guerrier est à la fois désigné et sacrifié potentieL Il assume totalement, au nom de la protection des idéaux du pouvoir et de la masse des citoyens, ce double rôle de victime réelle et émissaire. Certains guerriers sont d'ailleurs conscient de ce destin de victime sacrifiée". (Source: Sciences Humaines, n041, juillet 94. Lire aussi Les séquelles d'une crise: système d'obnubilation et blocage au Liban. Le deuil de la guerre est-il possible? dans notre Dossier). Stratégie "Une guerre menée par un faible contre un fort est, par définition, dangereuse. Tant que le différentiel des forces n'est pas tel qu'il induise une situation totalement désespérée, elle présente peu de difficultés autres que tactiques; c'est-à-dire le moyen d'infliger le maximum de pertes à l'ennemi sans s'exposer soi-même en rase campagne. En revanche, la guerre que mène le fort contre le faible est difficile à concevoir pour cette raison même. (...) La différence éthique qui préside à leur affrontement constitue une autre raison pour laquelle, avec le temps, le faible et le fort finissent par se ressembler au point de s'intervertir. La nécessité ne connaissant pas de limites, le faible est tenté d'exploiter au maximum les moyens les plus sournois, les atrocités les plus ignobles, sans compromettre ses 13

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