Questions de développement

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296321946
Nombre de pages : 208
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QUESTIONS DE DEVELOPPEMENT
NOUVELLES APPROCHES ENJEUX ET

@ L'Harmattan, 1996 ISBN: 2-7384-4417-2

Les Rendez- V ODSd'Archimède
collection dirigée par Nabil El Haggar Université des Sciences et Technologies de Lille

André Guichaoua Yves Goussault François-Régis Mahieu Philippe Hugon Anders Arfwedson Jean-François Médard Catherine Coquery- Vidrovitch Jacques Chonchol Tâm Quach-Langlet

QUESTIONS DE DEVELOPPEMENT
NOUVELLES APPROCHES ET ENJEUX

L'Hannattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

BIBLIOGRAPHIE Les crises politiques au Burundi et au Rwanda, 1993-1994, dir. A. Guichaoua, éd. Karthala, Université de Lille I, URA 363 CNRS, 1995, 790 p. Sciences sociales et développement, A. Guichaoua et Yves Goussault, éd. Armand Colin, collection Cursus Sociologie, 1993, 192 p. La crise d'août 1988 au Burundi, A. Guichaoua, J.P. Chrétien et G. Lejeune, éd. Afera, Cahiers du CRA, vol. 6, 1989, 208 p. L'ordre paysan des hautes terres centrales du Burundi et du Rwanda, A. Guichaoua, éd. L'Harmattan, collection Alternatives rurales, Destins paysans et politiques agraires en Afrique Centrale, vol. l, publication BIT, 1989,208 p. Les paysans et l'investissement-travail au Burundi et au Rwanda, A. Guichaoua, éd. BIT, 1987,200 p. Interventions éducatives et animation dans les développements agraires: Afrique et Amérique Latine, Yves Goussault, PUF, publication IEDES, 1971,260 p. Les fondements de la crise économique en Afrique: entre pression communautaire et marché international. F.R. Mahieu, L'Harmattan, 1990, 197 p. Logique déductive et théorie économique, F.R. Mahieu, L'Harmattan, 1989, 156 p. L'Afrique des incertitudes, P. Hugon, G. Pourcet, S. Quiers- Valette, PUF, collection Tiers-Monde, IEDES, 1995, 272 p.

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Crises de l'éducation en Afrique, dir. P. Hugon, dir. M. Gaud, dir. M. Penouil, Documentation Française, Afrique contemporaine, vol. 172, 1994,303 p.
L'Europe et le Tiers-Monde, dir. P. Hugon, PUF, TiersMonde, vol. 136, 1994, 240 p. L'économie de l'Afrique, P. Hugon, La Découverte, collection Repères 117, 1993, 128 p. Villes d'Afrique, dir. et intro. P. Hugon, R. Pourtier, G. Balandier, Documentation Française, Afrique contemporaine, vol. 168, 1993, 270 p. Economie du développement, P. Hugon, Dalloz, collection Mémentos Dalloz, 1989, 156 p. Les Tiers-Nations en mal d'industrie, dir. J. De Bandt, P. Hugon, Economica, 1988, 336 p. Perspectives économiques, dir P. Hugon, Documentation Française, Afrique contemporaine, vol. 146, 1988, 156 p. Vivre et survivre dans les villes africaines, P. Hugon, I. Deble, PUF, collection Tiers-Monde, IEDES, 1982, 320 p. Etats d'Afrique noire: formations, mécanismes et crises, dir. J.F. Médard, éd. Karthala, collection Hommes et Sociétés, 1992, 405 p. L'Ouest africain au temps des Français, colonisateurs et colonisés, 1860-1960, dir. C. Coquery- Vidrovitch, La Découverte, collection Textes à l'appui Histoire contemporaine, 1992, 460 p. L'Afrique noire de 1800 à nos jours, C. CoqueryVidrovitch, PUF, 3ème édition révisée, collection Nouvelle Clio, 1992, 480 p.

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Afrique noire: permanences et ruptures, dir. C. CoqueryVidrovitch, éd. L'Harmattan, 2ème édition révisée, 1993, 450 p. Histoire africaine du XXème siècle: sociétés, villes, cultures, C. Coquery- Vidrovitch, L'Harmattan, collection Afrique noire, 1993, 265 p. Histoire des villes d'Afrique noire des origines à la colonisation, C. Coquery- Vidrovitch, éd. Albin Michel, 1993,412 p. Les Africaine!)' : histoire des femmes d'Afrique noire du XIXème au XXème siècle, C. Coquery- Vidrovitch, éd. Desjonquères, 1994, 400 p. Paysans à venir: les sociétés rurales du Tiers-Monde, J. Chonchol, La Découverte, collection Cahiers libres, 1986, 300p. L'Amérique Latine et le latino-américanisme en France, 1. Chonchol, G. Martinière, éd. L'Harmattan, 1985, 332 p. Chili: de l'échec à l'espoir, J. Chonchol, T. Nallet, éd. Cerf, collection Pour quoi je vis, 180 p. Regard sur le Nord Viêtnam à la fin du XVIllème siècle, Tâm Quach Langlet, d'après la relation d'un voyage à la Capitale de Hai Thuong Lang Ong (Thuong Kinh Ky Su), Actes du Colloque sur les voyages asiatiques EFEOEHESS, sous presse en 1996 "Le phénomène urbain dans le Viêtnam traditionnel", Tâm Quach Langlet, in Les Cahiers d'Outre-Mer n° 184, octobre-décembre 1993, pp.419-441 "Le Viêtnam d'après 1945 à travers quelques romans français", Tâm Quach Langlet, in Rêver l'Asie, éd. EHESS Paris 1993, pp. 455-470. 8

Quand, il y a trois ans, nous avons proposé la mise en place de rencontres-débats autour de thèmes divers, le sourire sur les lèvres trahissait le sérieux que mes interlocuteurs se forçaient à témoigner à l'égard de ce projet. Il faut avouer que moi-même, bien qu'étant persuadé du sens, du fondement et de la nécessité de telles rencontres, je n'étais pas sûr de leur "faisabilité" et encore moins de l'avenir qu'elles pouvaient avoir. Les premières rencontres ayant eu lieu, nous avons voulu que les suivantes deviennent thématiques, que chaque thème soit traité en deux ans, sur une douzaine de rencontres. Depuis, cinq à six thèmes ponctuent les mardis soirs tout au long de l'année à l'amphithéâtre Archimède, qui est à l'origine du nom de ses rencontres et par conséquent de cette collection. La force et l'originalité des Rendez-Vous d'Archimède résident dans l'ouverture à un public relativement large, sans céder à une vulgarisation simplificatrice et réductrice. Bien au contraire, pour donner un sens véritable et une profondeur nécessaire à une réflexion de qualité autour des grandes questions contemporaines, scientifiques,artistiques, sociales et économiques, la rigueur des intervenants, universitaires, chercheurs et intellectuels s'ajoute à l'esprit volontairement placé dans une problématique de fond, conceptuel, philosophique, épistémologique où le"technique" n'est qu'occasionnellement présent. Cet espace de réflexion et de pensée se place en dehors de l'impitoyable logique utilitaire. Il a su s'imposer bon gré, mal gré, face à la culture dominante de la rentabilité loin de toute préoccupation spectaculaire et politique. Ce lieu d'affrontement des idées et d'échange des réflexions, tente de sortir les savoirs et les connaissances de l'appauvrissement culturel qui semble les ronger. C'est à dire qu'il s'impose comme lieu où la réflexion et l'érudition universelle se conjuguent à l'excellence, en dehors de l'efficacité technique, pour apporter un regard critique sur

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les savoirs, condition sine qua non pour une prise de recul nécessaire. C'est en ce sens que ces rendez-vous prétendent être un lieu d'épanouissement ouvert à ceux qui ont envie de prendre et d'apprendre, un espace où l'épanouissement est possible grâce à l'écoute, à l'échange et au débat. Les savoirs et les connaissances sont ainsi le centre d'une construction lente et complexe des rapports que l'on peut avoir au monde. Cet ouvrage collectif de la collection "Les RendezVous d'Archimède" est le premier d'une série que nous espérons longue. Je dois remercier les auteurs qui ont bien voulu s'associer à cette démarche dans son intégralité et tout particulièrement André Guichaoua qui a accepté la direction de cet ouvrage qui, je pense, mérite publication et diffusion afin qu'un public, toujours plus large que celui du mardi soir, puisse en bénéficier.

Nabil EL HAGGAR

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SOMMAIRE

SOMMAIRE
Introduction
1ère partie: Réflexion sur le développement : nouvelles approches Sciences sociales et développement par André Guichaoua et Yves Goussault
- La crise du développement - Premier bilan - La question du "marché" au centre des débats théoriques - La culture. "dimension oubliée" du développement - Conclusion p. 15

p. 25 p. 31 p. 37 p. 40 p.43 p.47 p. 49 p. 52 p. 54 p. 56 p. 58 p. 59 p.60

Sous-développement par François-Régis

et sous-développés Mahieu

- Un marché externe gigantesque - Des marchés internes évolutifs - Ingérence et révélation des préférences - Incitation et développement - Le savant face au développement - Conclusion: Qu'est-ce qu'un sousdéveloppé?

Universalisme et particularisme du développement par Philippe

en économie Hugon p. 63
p. 65 p. 65 p. 68

- Deux conceptions de l'économie du développement s'affrontent - Cette opposition radicale doit, selon nous. être nuancée - Dès lors le débat apparaît à l'intérieur même de l'économie

Peut-il y avoir développement par Anders Arfwedson
- Qu'est-ce que le développement?

sans culture?
p. 73 p. 75

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Hème partie:

Enjeux pour les sociétés du sud
p. 93 p. 95 p.103 p.109 p.1l5 p.1l8 p.123 p.127 p.132

Les démocraties africaines par Jean-François Médard
- Les transitions démocratiques: état des lieux - Les dynamiques de la transition démocratique - Les perspectives difficiles de la démocratisation Femmes africaines: ment par Catherine Histoire et DéveloppeCoquery- Vidrovitch

- Détérioration de la condition des femmes rurales - Migrations urbaines et femmes indépendantes - Femmes et politique - Femmes et modernité

Revaloriser les sociétés rurales du TiersMonde: condition inéluctable du développement par Jacques Chonchol
- La situation des populations rurales - Caractéristiques essentielles des sociétés rurales du Tiers-Monde - Que faire pour le développement du monde rural ?

p.147 p.150 p.155
p.161

Viêt-nam: éléments de réflexion pour le choix d'un modèle de développement par Tâm Quach-Langlet
- Le poids du passé face aux exigences du monde moderne - Développement dans un cadre naturel potentiellement riche mais qui demande une constante vigilance - Les clivages du milieu humain et économique - Un développement dans un contexte régional et international nouveau - Conclusion

p.167 p.170 p.l78 p.182 p.l92 p.202

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INTRODUCTION
PAR ANDRÉ GUICHAOUA

Introduction

Par André Guichaoua

Cet ouvrage regroupe une sélection d'articles reprenant les interventions effectuées par les auteurs lors d'un cycle de conférences organisé à l'Université des Sciences et Technologies de Lille au cours des années 1994 et 1995. Au travers de leur diversité, ces réflexions et exposés posent quelques unes des questions parmi les plus débattues sur l'actualité du développement, présentent les enjeux majeurs auxquels les pays du sud sont confrontés. La lecture de la plupart de ces articles pourra se prolonger par celle d'ouvrages qui les complètent. Avec ce cycle de conférences, nous avons d'abord voulu illustrer la vitalité d'un champ de recherche très insuffisamment couvert par les productions du milieu universitaire. Alors que, sous nos latitudes, les terrains de proximité semblent de plus en plus privilégiés, il nous semble que la dimension internationale, particulièrement lorsqu'il s'agit des trois continents du Sud, doit absolument être renforcée dans les centres d'intérêt des étudiants et universitaires. Plus largement, cet intérêt ne peut non plus se limiter aux seuls domaines habituellement couverts ou médiatisés: échanges marchands, conflits, pandémies, etc. Qu'il s'agisse des stratégies de reproduction immédiate de groupes ou régions, de la structuration des mouvements sociaux, de l'évolution accélérée des formes de sociabilité, des systèmes de valeurs, des identités culturelles, etc., la recherche sociale ne dispose pas (ou plus) aujourd'hui de points de repère précis, de moyens adéquats, d'ancrages 17

scientifiques forts: les défaillances tiennent autant à la faiblesse des communautés scientifiques qu'à l'absence de relais sociaux, à la déconnexion fréquente des chercheurs, à l'indigence ou l'inadéquation des dispositifs théoriques et méthodologiques. L'illusion de l'abondance et de l'apparente précision des statistiques internationales en matière de santé, d'emploi, d'équipements, de niveau de vie, de "densité institutionnelle", etc. laisse accroire que des dispositifs de collecte et d'analyse de données rigoureux et structurés existent. Or, si les efforts réalisés pour maintenir une couverture statistique minimale demeurent méritoires, les marges d'erreur des résultats et la distance par rapport aux réalités abordées sont généralement phénoménales. Quelle confiance peut-on accorder par exemple aux statistiques nationales du chômage transmises par les ministères du Travail à l'OIT qui publie ensuite ses annuaires statistiques internationaux? Dans de très nombreux pays du globe, et pas seulement africains où la débandade fonctionnelle atteint des records, ces ministères n'ont ni personnels spécialisés, ni budget de fonctionnement adéquat, ni moyens - ou volonté - de vérification de données purement formelles ou délibérément factices. Qui peut bien d'ailleurs se soucier de recenser des chômeurs selon les canons rigoureux de l'OIT dans des pays qui n'ont déjà pas les moyens de faire de simples dénombrements administratifs des populations, de tenir des registres d'état civil? Ou encore, en prenant le problème du point de vue des "usagers", quel peut bien être l'intérêt d'un chômeur à se faire enregistrer? Dans le même ordre d'idée, on ne peut pas ne pas souligner que le raffinement récent de l'indicateur de développement humain (IDH), élaboré par le PNUD et qui fait l'objet chaque année d'un Rapport mondial sur le développement humain, apparaît de ce point de vue quelque peu volontariste. 1
1 Il prend désormais en compte les disparités hommes/femmes et entre régions à l'intérieur de chaque pays. Ce volontarisme est cependant

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Par ailleurs, et plus fondamentalement, on peut se
demander si les connaissances ainsi produites ne se limitent

pas à mesurer des symptômes en occultant les causes à l'origine de ces constats apparents, les processus qui leur donnent corps. En outre, il est désormais patent que le terme "développement" s'avère trop général pour en rendre compte. L'acception anglaise de "development studies" fédère certes des préoccupations communes et un parti-pris interdisciplinaire qui ont toujours caractérisé ce domaine de réflexion, mais on ne peut plus parler aujourd'hui d'un champ de recherche unifié. Un effort de renouvellement des théories, un investissement accru sont indispensables pour garantir à terme la vitalité et le rayonnement des études sur les terrains "exotiques".
**** ***

Une première série d'articles aborde ces différentes questions: Où en sont les sciences sociales du "développement" (l'expression sciences sociales sur le développement serait ici plus adéquate) ? (André Guichaoua, Yves Goussault) . Comment se situer par rapport aux évolutions du "marché du développement", marché administré dont les "fonctionnaires-experts" ont jusqu'ici, et pour l'essentiel, défini l'offre et la demande en lieu et place des "sous-

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délibéré et relève d'une véritable stratégie pédagogique. En effet, beaucoup plus que le PIB/habitant sur lequel les populations ont l'impression de ne pas pouvoir peser (cours mondiaux des matières premières, fluctuations monétaires internationales, contraintes macroéconomiques nalionales), le classement du pays selon l'IDH peut faire l'objet de larges débats politiques. L' IDH repose sur des indicateurs de santé et d'éducation qui correspondent à des exigences fortes et tangibles des populations et qui se prètent à des comparaisons immédiates avec le sort des ressortissants des pays voisins.

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développés" ? (François-Régis Mabieu) Comment l"'économie du développement" peut-elle assimiler les avancées théoriques les plus récentes de la discipline en restant productive sur des terrains où les catégories et outils standard s'avèrent souvent insuffisants ou inadéquats? (Philippe Hugon) Quelle est la portée enfin des tentatives de renouvellement de la problématique du développement proposée par les organismes internationaux comme l'UNESCO en charge de l'actuelle Décennie mondiale du développement culturel? (Anders Arfwedson) Tout lecteur attentif relèvera des différences d'analyse entre les auteurs. Il se fera lui-même une opinion, mais il constatera l'effort fait pour résorber ce que Jacques Berque appelait une "maladie de la division du travail" sur les terrains exotiques2 : en finir avec le règne des experts chez qui" sont dissociées la compétence et la responsabilité", remédier à la défaillance théorique des praticiens et imposer le "luxe de la recherche théorique". Il en appelait alors - le propos est toujours d'actualité - à une "théorisation sur, dans, et par l'action" en rupture avec les "théorisations académiques" qui allieraient absence de responsabilité et de "compétence locale". La seconde série d'articles recouvre divers domaines qui tous correspondent à des enjeux majeurs auxquels sont confrontés les sociétés du sud. Tout d'abord la question des rapports entre développement et démocratie sera abordée par l'étude de Jean-François Médard qui présente un bilan critique des progrès de la démocratisation en Afrique. La question est d'importance: si, comme le dit l'auteur, "l'échec du développement, qui est aussi celui de l'Etat autoritaire, remet la démocratie à l'ordre du jour" au cours des années 80, les récentes "transitions démocratiques" peuvent-elles supporter l'absence de développement ?

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2 Pour une sociologie de l'assistance technique, in De l'impérialisnœ à la décolonisation, Paris, Éd. de Minuit, 1965, p. 440.

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