RELATION MÈRE ENFANT

Publié par

Dans le cadre de la contribution des ONG à l'année internationale de la famille, l'association Médicale Baha'ie a consacré une journée d'étude pluridisciplinaire à la relation dont découle toute vie humaine : celle entre la mère et l'enfant. Alors que s'accumulent les preuves scientifiques pour démontrer que cette relation s'instaure dès la vie intra-utérine, les écrits bahà'ie attirent notre attention sur le rôle déterminant de la mère dans le transfert d'une richesse spirituelle sur le comportement du futur citoyen. Le bien-être de la société dont dépend celui de chaque individu est tributaire de ce savoir-vivre.
Publié le : mardi 1 juin 1999
Lecture(s) : 223
Tags :
EAN13 : 9782296388475
Nombre de pages : 128
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Relation

Mère

- Enfant

~ L'Harmattan, 1999 ISBN: 2-7384-7884-0

Association

Médicale

Bahâ'ie

Relation
SOLU f£ parrainage

Mère - Enfant
du Profetitieur J.-C. JUIF

VIle journée d'étude francophone

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris .. FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Sommaire
Introduction Prole.Jdeur Jean-George.J Juif

............

11 13 22

Réflexions
MaJatn£

d'une mère de famille
- Sabéran

.....

Lerfa Me.Jbah

Annexe: Nature et fonction.
MaJatn£ Lerfa Me.Jbah

.......................

- Sabéran
mère-fœtus

Sensorialité

fœtale et relation
ReLœr

............
de l'enfant. .. .. ...

29
41 49 55 67

Prole.Jdeur Jean-Pœrre

La mère et les trouhles psychosomatiques
Docteur Foad Saberan

I.:allaitement : un geste naturel en voie de disparition.
Madatn£ Marœ-Odik Zimtn£rmann

Le statut juridique du fœtus et les droits de l'enfant.
MaUre Simon Van Patn£L

La place du père dans la relation
Madatn£ Geneviève Faddm

mère-enfant

.........

La dimension

spirituelle

des relations

mère-enfant

77

Docteur Farhan YazJani

I.:haptonomie, neuf mois de préparation.
Une maman 'lui vœnt d'accoucher

. . . . . . . . . . . .. 107
113

Annexe
HiAorique

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
et aperçu de Laloi bahd:i£

Photo de la couverture: Sculpture originale de Thierry Hamy

Avant-PropOJ
Le petit de l'homme est à sa naissance l'être le plus vulnérable de la création. Sans l'intervention de son entourage et en particulier celle de sa mère, il serait rapidement éliminé; il vit dans une dépendance totale. Alors que la plupart des mammifères, à la naissance, sont capables de se diriger vers leur mère et de téter, lui ne peut se nourrir seul, ni se mouvoir, ni se protéger. Pourtant cet être fragile va, durant sa vie, évoluer d'une manière remarquable vers l'autonomie et l'acquisition de sa propre personnalité. Alors à son tour il sera à même d'influencer son environnement. Les facteurs qui vont marquer ce développement sont multiples. Il en est un cependant qui va jouer un rôle primordial: le lien privilégié qu'il entretient avec celle qui l'a porté dans ses entrailles pendant neuf mois, et qui se poursuit encore longtemps, pour forger sa personnalité et son devenir.
L'association médicale baha'fe a voulu que ce 7ecolloque qu'elle organise soit consacré aux relations que le fœtus puis le nouveau-né et plus tard l'enfant entretiennent avec leur mère. Elle remercie la faculté de médecine de Strasbourg d'avoir bien voulu mettre un amphithéâtre à la disposition des participants. Elle remercie également tous les intervenants, en particulier le Professeur Jean-Georges Juif: sans qui cette réunion n'aurait pas eu lieu, ainsi que le Professeur Jean-Pierre Relier, dont les travaux sur les perceptions sensorielles du fœtus font autorité dans le monde scientifique.

Strasbourg, le 16 octobre 1993 Aziz Charles Mesbah (pédiatre) Président de l'Association médicale bahâ'i (1993-1994)

IntroiJuction
Professeur J.-G. Juif Strasbourg
La véritable naissance n'est pas l'e~trée officielle dans le monde à l'instant où se termine la gestation. En réalité la vie de chaque petit d'homme commence dès la conception, au moment de la réunion de l'ovule et du spermatozoïde, première minute de la vie d'un être nouveau dont une partie de l'histoire à venir est déjà inscrite dans le programme génétique présent dans les chromosomes. Cette conception uniciste que Robert Debré fut un des premiers à défendre a été très féconde puisqu'elle a permis la promotion de la Biologie du Développement avec des avancées considérables dans tous les domaines allant de la morphogénèse à la biologie moléculaire. Elle a permis aussi de resserrer les liens entre obstétriciens et néonatologistes et de réunir dans le cadre de la fœtologie toutes les spécialités qui étudient les divers aspects du développement. Mais, à côté de la pure technicité, le grand mérite de J.- P. Relier a été de s'intéresser depuis longtemps à la sensorialité du fœtus et aux relations très intimes qui le lient à sa mère. Mais si le fœtus n'est pas à considérer comme un être humain

Il

potentiel, mais plutôt comme un être en perpétuel devenir, il faut s'interroger sur ses droits, dans la droite ligne d'une extension des droits de l'enfant dont la charte a été adoptée, il y a peu, par la. communauté internationale. La naissance officielle a cependant le mérite de marquer une étape dans l'élargissement de l'environnement du jeune enfant. Si la mère, surtout si elle allaite, conserve la première place, un autre acteur intervient, le père, dont le rôle très important est tragiquement souligné, lorsqu'il est absent, comme par exemple dans les familles monoparentales. Les quatre premières années sont très importantes pour l'avenir de chaque petit d'homme, marquées par l'achèvement à 98 % du système nerveux. C'est aussi la période où se forme le tempérament, le caractère et où se façonne progressivement l'empreinte culturelle. Pour Lorentz, l'homme qui n'a pas reçu le message transmis de génération en génération est un être amnésique dont chacun connaît la difficulté d'exister. Ce sont aussi les parents qui les premiers, par leur exemple et par la parole, font prendre conscience au jeune enfant de la dimension spirituelle de l'homme et lui donnent le désir d'approfondir ses connaissances en ce domaine. Ces différents aspects du développement du très jeune enfant seront traités tout au long de cette journée organisée par l'organisation médicale baha'ie dont le but est d'aborder l'être humain dans sa globalité et d'envisager son développement harmonieux. Nul doute que les différentes interventions centrées sur une période clé de la vie n y contribuent grandement.

12

Réflexions d'une mère de famille
Madame
Ef14eignante

Leïla MESBAH

- SABERAN

- Bioi.!

/ Chail!eJ

Même si la parole d'une mère, dans une journée d'étude sur la relation mère-enfant, semble à l'évidence avoir sa place, pour une simple mère, il n'est pas aisé de parler en même temps, et même avant, de doctes docteurs, hommes et femmes de science, de médecine et de loi. D'ailleurs, je ne suis pas présentée comme mère de quatre filles, mais comme enseignante, ayant les qualifications qu'il faut; c'est une garantie de "sérieux", comme le dit le Pro Relier, à la page 71 de son livreCaimeravantqll'if nal.JJe.Comme l'astronome turc dans Le petit Prince, il me faut endosser l'habit occidental, objectif et neutre, pour mieux me faire entendre. Pourtant s'il n'existe pas de diplôme de mère de famille, tel que le préconisait, il y a quelques années, pour l'année de l'enfant, l'italienne Cornelia Quarti, (PrOfe<Mlon: Parmu, Ed. Stock), le fait de devenir mère est bien l'école, que dis-je, l'université où j'ai le plus appris, exception faite de mon cheminement spirituel au sein de la Foi baha'ie ! Le titre de mon sujet, "Réflexions d'une mère de famille", aussi modeste soit-il, est tellement ouvert, mon expérience de mère m'a tellement enrichie, que je me sentirais presque capable de disserter, sauf, sans doute, "du statut juridique du fœtus", de tous les sujets à l'affiche: de la relation mèrefœtus à l'allaitement; du rôle du père à la dimension spirituelle que la mère établit avec son enfant, sans parler de la pathologie à laquelle je suis confrontée dans l'exercice de mes fonctions d'enseignante. Mais je laisse aux spécialistes le soin de développer ces thèmes, avide de participer aux discussions qui suivront leurs exposés. Sous le label "enseignante", avec ce titre fourre-tout, "Réflexions d'une mère de famille baha'ie", ajouterai-je, je semble être désignée d'avance pour

13

me faire ici l'écho

des doléances

de myriades

de mères: nourri-

- comment
ture,

la mère de famille sommeil, veille, hygiène,

est aux prises avec k quotidien: soins, jeux, éveil, études... écrasantes, n'est pas assuré

- quelles sont ses charge.! et ses responsabilités frustrées et insatisfaites, lorsque le partenariat assume tout, toute seule.

ses attentes et qu'elle

- pourquoi elle se trouve coincée entre !a. re!a.tion possessive de l'amour fusion et la relation conflictuelle de l'amour nourricier. Mais j'ai choisi de faire une entrée moins terre à terre, et tout aussi concrète, apportant à ces trois points, k quotidi.m, 0 chargM, k re!a.tiollll£' une dimension plus spirituelle, en leur donnant l'éclairage qui leur faisait défaut, la transcendance. La relation mère-enfant, je veux la penser à travers des concepts universels et mythiques: -!a. condcience du temp.1 qui dans le quotidien projette l'avenir et assure les fondations; et l'attente inscrit l'histoire,

qui - !a. notion deJerlli.ce transcende
dans un acte d'amour;

les corvées en plaisir et don de soi
en Vie.

- k JellJ

de !a. llie qui transforme

la survie

La cOlUcience {Ju temprJ
Le temps qui passe est une notion chère tant aux poètes (ô temp.1dwperiJd ton IIOt... ,. Sow k pont Mirabeau couk !a. Seme... donne l'heure... je demeure...J qu'aux philosophes: le thème de la permanence, de l'immuable, de la continuité, de la rupture, du sens de l'histoire, de l'évolution sont des concepts philosophiques qui pourraient paraître éloignés des préoccupations d'une mère de famille. Et pourtant la femme enceinte, mieux que quiconque, est confrontée à la conscience du temps dans cette attente de 9 mois qui transforme son corps et qui est scandée par des étapes décisives (Comm£!a. lliee.!t knte et comm£ l'e.JpéranceMt llioknte! dirait ici Apollinaire) La conscience du temps, c'est dans sa chair que la mère gestante la vit; ce n'est plus un concept, ce n'est plus un état d'âme, c'est la réalité de l'avant et de l'après: avant et après la nouvelle de la conception, dans son sein, d'un être vivant; avant

14

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.