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RELATIONS PACIFIQUES ET POLÉMIQUES EN MÉDITERRANÉE

187 pages
Depuis qu’elle constitue le fossé naturel de dialogues entre plusieurs civilisations, la mer Méditerranée se présente comme le champ clos favori des affrontements. Nous proposons ici quelques pistes de réflexions à partir des relations commerciales, diversement appréciées face au dogme chrétien ou musulman. Nous verrons aussi que les modèles antiques peuvent servir des causes militaires, soit de manière directe, avec Napoléon par exemple, soit de manière indirecte dans l’élaboration de textes juridiques et nous avons retenus celle de la République sœur romaine. Notre but est de permettre, dans les débats contemporains, de se rappeler comment la civilisation méditerranéenne a vécu les défis qui se dressent aujourd’hui encore devant nous.
Voir plus Voir moins

MidifrzrranirzJ5
Revue de l'association Méditerranées Publiée par le Centre d'Etudes Internationales sur la Romanité et avec le concours de la Faculté de Droit de La Rochene N° 32

-

2002

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1

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Çlt polflmiquÇls

M fld it Çlffa n flÇl

L'Harmattan 5-7, me de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

L'illustration de couverture est extraite de l'Hypnerotomachia Po liphili (le songe de Poliphile) l, ouvrage de Francisco Colonna, écrit en 1467 et imprimé par le Vénitien Alde Manuce en 1499.
@ L'Harmattan, 2002 ISBN: 2-7475-2763-8 ISSN : 1259 - 1874

1

Curieuse fantaisie allégorique, en un mélange de latin et d'italien (avec des passages en grec et en hébreu) ; l'ouvrage, illustré de belles gravures sur bois d'un artiste inconnu, est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs livres illustrés de la Renaissance.

Membres d'honneur: Guillaume CARDASCIA (professeur émérite d'Histoire Assas)
Directeur

du Droit - Université

Paris II -

de publication: Jacques BOUINEAU (Coordonnateur de rIDAI. Responsable Droit de l'Université du Caire) de lecture

de la filière française

de

Comité

ABD ELHAMID (professeur d'Histoire et de Philosophie du Droit - Université Ain Chams du Caire) Claude ANDRAULT (professeur d'Histoire de l'Art - Université de Poitiers) Ivan BILIARSKY (maître de conférences d'Histoire du Droit - Université de Varna) Jean-Marie CARBASSE (professeur d'Histoire du Droit - Université de Montpellier I) Pierangelo CATALANO (professeur de Droit romain Université La Sapienza de Rome) Jean-Marie DEMALDENT (professeur de Sciences Politiques - Université Paris X - Nanterre) Jean DURLIAT (professeur d'Histoire médiévale - Université de Toulouse-IeMirail) Jean-Louis GAZZANIGA (prêtre, agrégé de Droit) Gérard GUYON (professeur d'Histoire du Droit - Université Montesquieu - Bordeaux IV) Andréas HELMIS (professeur d'Histoire du Droit - Université d'Athènes) Sophie LAFONT (professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes) Bemadette MENU (directeur de recherche au C.N.R.S - Montpellier) Cemil OKTAY (professeur de Sciences Politiques - Université d'Istanbul) Marie-Luce PAVIA (professeur de Droit Public - Université de Montpellier I) Secrétaire de rédaction: Solange SEGALA (maître de conférences

Hassan

d'Histoire du Droit

- Université

de La Rochelle)

~oir dlZ batai//IZ

b~ choc avait iti tr~~ rud~. b~~ tribun~ et 1~~c~nturion~, ral1iant 1~~cohort~~, 1iumai~nt ~ncor dan~ t'air où vibrai~nt l~ur~ voiX fort~~ ba chal~ur du carnag~ ~t ~~~ &cr~~ parfum~. <f)'unqzil morn~, comptant l~ur~ compagnon~ difunt~, b~~ ~oldat~ r~gardai~nt, comm~ d~~ f~ui11~~mort~~, c(lu loin tourbil1onn~r 1~~arch~r~ d~ phraort~~ ; et la ~u~ur coulait d~ l~ur~ vi~ag~~ brun~. C~~t alor~ qu'apparut, tout hiri~~i d~ fl~ch~~, Roug~ du fluX v~rm~i1 d~ ~~~ bl~~~ur~~ fraîch~~, ~ou~ la pourpr~ flottant~ ~t l'airain rutilant, c(lu fraca~ d~~ buccin~ qui ~onnai~nt I~ur~ fanfar~~, ~up~rb~, maîtri~ant ~on ch~val qui ~'~ffar~, ~ur I~ ci~I ~nflammi, l' Imp.er8tor~anglant. Jo~i-Mari~ d~ 1i~r~dia, b.e$ frophi.e$.

~omméJjr{Z
Jacques Bouineau
Éditorial. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
9

Maria Youni Grecs et Romains dans la province romaine de Macédoine Hassan Abdelhamid Politique, Droit et Commerce dans la civilisation musulmane Constantinos G. Pitsakis Un cas particulier d'activité commerciale dans la Méditerranée byzantine: les monastères armateurs Jean-Marie Demaldent Le commerce ottoman au "siècle d'or" : comparaison ottomanes et du "mercantilisme" occidental Jacques Bouineau La guerre dans Le voyage du jeune Anacharsis de l'abbé Jean-Jacques Barthélemy

13

27

63

des conceptions 89

115

Jacques Bouineau L'Antiquité dans la constitution romaine du 20 mars 1798
Jacques Saint-Pierre La vision de l'Antiquité dans le Mémorial de Sainte-Hélène Wagdi Sabete Compte rendu

133
163

181

editorial

T

OUTES

LES RELATIONS NE SONT-ELLES

PAS PACIFIQUES

ou

polémiques,

singulièrement

en Méditerranée?

L'objet du présent

volume de notre

collection risque donc bien d'apparaître comme un simple complément à plusieurs travaux antérieurs, ce qu'il est en effet pour partie. Nous avons voulu ici revenir sur deux thèmes qui ont fait l'objet, l'un de notre

colloque de Malte en 2000 autour de l'idée de

« guerre

et paix », l'autre de

notre colloque de La Rochelle en 2001 sur le thème du commerce, pour préciser certains éclairages qui n'avaient pas pu l'être dans nos livraisons précédentes Dans commerciales présentation avoir dans chrétienne, (n028, 29 et 30/31). les relations pacifiques, nous mettons en regard les pratiques de l'orient méditerranéen. Hassan Abd EI-Hamid fait une des implications politiques et juridiques que le commerce peut la dans civilisation laquelle musulmane. le commerce, Contrairement et généralement à la civilisation avec tout contact

l'argent, soulève de profondes difficultés, les liens sont simples en islam, car la civilisation pré-islamique était commerçante et le changement de culte n'a pas modifié ce qui avait cours antérieurement. Les réseaux étaient si bien organisés dans le monde musulman qu'on peut parler de véritable marché commun ce qui, à l'époque où apparut le nouveau culte, n'était pas si fréquent. Et pourtant, le droit commercial n'existe pas en tant que tel en islam; ou peut-être, justement, parce que ce type de relations est trop familier pour que l'on prenne la peine de le doter de normes à user spécifiques. On va en règle générale au plus simple et l'on cherche rapides et peu contraignantes. de procédures

9

Jacques Bouineau

La réalité est évidemment a fortiori hommes pour d'Eglise ces institutions peuvent-ils

toute autre dans l'empire byzantin que sont les monastères. Tout d'abord être armateurs?

chrétien, des des

Comment à cause

contraintes matérielles liées à rapprovisionnement des monastères de l'Athos. Mais cela ne suffit monastères athonites puissent d'impôts, commercer. Certes mais le commerce

et à l'accès, dans le cas pas à expliquer que ces exempte interdit les bateaux aux moines.

l'empereur

est théoriquement

Entre des impératifs contradictoires, pouvaient posséder de petits bateaux productions exceptions, de véritables ajouter sur les trajets religieuses le monastère excédentaires de l'Athos
«

on finit par s'entendre: les moines et on devait limiter le commerce aux et à celles eurent qui étaient l'autorisation destinées de posséder doivent du ciel à

rapprovisionnement
certains bateaux

de la

sainte

montagne ». Mais d'exemptions
et, au XVIIèmesiècle, les prêtres afin d'attirer la protection certaines Au demeurant,

en

monastères

athonites ordinaires, d'un statut

de commerce des frères.

une prière aux litanies maritimes byzantines jouirent ottoman,

institutions

spécial de tout temps, par exemple d'une civilisation qui allie une

de Sainte-Catherine

du mont Sinaï. nous disposons

Avec l'empire

réalité méditerranéenne héritée d'un passé chrétien, byzantin, et une société islamique. Dans cet empire marchand, les villes, nées dans l'antiquité, continuent à abriter une intense activité commerciale. Il est délicat de savoir quelle est la composition exacte de la catégorie des marchands; ces derniers ne ressemblent pas, à coup sûr, à leurs homologues occidentaux, parce que l'empire ne ressemble pas aux constructions politiques qui lui sont contemporaines en Occident. La Sublime Porte est en effet un empire cosmopolite romaine l'Occident et de nature a vu se détruire militaire l'empire et conquérante. romain, Il hérite de la culture propre: là où de ses villes, orientale, mais porte la marque de son dynamisme et donc le réseau

l'empire byzantin a survécu en tant que construction politique unie sous l'administration du sultan; là où le commerce se fait, en Occident, au sein de villes parfois autonomes, voire indépendantes, il se développe ici dans un monde administratif ensemble contrôlé. pacifiques, nous avons tenu à présenter littéraire un à la guerre dans sa dimension et dans A côté de ces relations de textes consacrés empirique. aspect est illustré tout d'abord par ce succès de librairie que en Grèce au Nème à plusieurs siècle avant notre ère. reprises pendant la a été publié sa dimension

Le premier On sait 10 que

fut Le voyage du jeune Anacharsis cet ouvrage

Editorial

Révolution

française

et qu'il a joué un grand rôle dans le développement

de

l'idéologie révolutionnaire. L'abbé Jean-Jacques Barthélemy a mis en scène son héros dans la Grèce telle qu'un homme de la fin du XVIIIèmesiècle pouvait se la représenter; les batailles narrées dans l'ouvrage, sans que l'on sache d'ailleurs très bien si le héros y a assisté ou s'il se les est fait raconter, sont reprises des auteurs anciens, Thucydide ou Plutarque essentiellement. Si l'on suit la manière dont raisonne présence d'une présentation l'abbé Barthélemy, très traditionnelle on s'aperçoit que l'on est en par l'opposition des bons

héros aux mauvais hommes de guerre. A partir de cette vision très manichéenne, le lecteur peut aisément comprendre seul la nature de l'ordre politique convenable qui doit régner à la surface de la terre, ce qui permet à l'auteur de donner quelques coups de griffes à la société de son temps, qu'il soit possible d'affirmer que l'ouvrage soit un traité d'utopie. L'utilisation homme d'action. de l'Antiquité dans Le Mémorial de Sainte-Hélène aussi d'une vision littéraire, même si l'ouvrage présente sans

participe

son héros comme un

C'est par l'identification

qui est faite entre lui et les héros de

l'Antiquité que l'on se trouve en présence d'une description littéraire. Napoléon empereur utilise l'Antiquité pour fonder son œuvre, Napoléon à Sainte- Hélène se plonge dans la lecture des Anciens pour juger son œuvre et méditer sur sa vie. Homme de guerre, Napoléon estime que les Anciens sont à l'origine de l'art de la guerre. Au premier rang d'entre eux: Alexandre César. Ce qui ne signifie nullement que les références à l'antiquité romaine à l'antiquité grecque sont traitées impériale à parité: car la dimension convient à sa largeur de vues. Il va même jusqu'à et et

Napoléon préfère Rome à la Grèce, par l'histoire grecque.

douter de l'authenticité

des faits rapportés

Le second aspect est emprunté d'abord aux relations entre Romains et Grecs dans la Macédoine antique. Conquise par les Romains, la province de Macédoine ne devient pas pour autant intégralement romaine: les Macédoniens peuvent en effet demeurer citoyens de leur pays et les cités conservent leur statut antérieur à la conquête. Ce qui va hâter le processus de fusion entre les diverses populations n'est pas dû principalement aux normes juridiques, mais aux réalités humaines: romaines Thraces hellénisés, les villes, Macédoniens avec lesquelles rencontrent des populations dans les grandes

ils vont naturellement

se mêler. En revanche,

à la campagne,

les Romains sont moins nombreux. Néanmoins, une étude des noms de famille permet de conclure que les mariages mixtes sont de plus en plus fréquents.

11

Jacques Bouineau

Les emprunts constituent eux

faits à l'Antiquité aussi

dans la constitution institutionnel

romaine d'une

de 1798 conquête.

l'aboutissement

Intervenus en Italie pour des raisons économiques (piller les richesses de Rome) et idéologiques (évincer le pape), les Français profitent d'un événement insignifiant fait beaucoup pour entrer en action. Le régime qu'ils mettent de la constitution en place sera en française de l'an III plus une transplantation

qu'une véritable remise en vigueur des dispositions de Droit public romain. Cela se voit, par exemple dans le droit de guerre: dans l'Antiquité, les comices votaient la guerre et le sénat sœur, s'occupait de la mener; dans la du constitution de cette république ce sont les consuls qui disposent

droit de déclarer la guerre, ce qui ressemble à la pratique du Directoire français, où le même pouvoir était dévolu aux Directeurs. On se trouve en effet en présence d'une conquête France, et la fête de la Fédération Français rappelle grand prêtre. militaire et idéologique de la part de la qui se déroule à Rome après l'arrivée des dont Robespierre avait été le

la fête de l'Etre Suprême,

Jacques

BOUINEAU

12

6r/ZeJ5 /Zt 1(omainJ5

danJ5/a pror;ine/Z romain/Z d/ZMaeidoin/Z

divers

L

A SOCIETEDE LAMACEDOINE ROMAINE présente un exemple extraordinaire de cosmopolitisme dans le monde ancien. De tous les aspects du cosmopolitisme qui parlent divers, nous dans cette province romaine, des langues nous différentes proposons de faire habitée par des peuples des d'origine droits et observations diverse, et appliquent quelques

coutumes essentielles

concemant

la coexistence culturelle la bataille

de ces populations

ainsi que l'interaction vie publique. Vingt ans après Paul-Emile Macédoine

aussi bien dans le domaine

privé que dans la où l'armée de la de

de Pydna en 168 av. J.-C.,

l'emporta sur Persée, le dernier roi des Macédoniens, devient une provincia romana, la première de la partie orientale

l'État romain. Le statut de cette nouvelle province sénatoriale a été déterminé par la lex provinciae, une lex data élaborée par Paul-Emile en concert avec un comité constitué par des membres du sénat 1.

Tite Live 45,32,7 : Leges Macedoniae dedit cum tanta cura, ut non hostibus victis, sed sociis bene meritis dare videretur, et quas ne usus quidem Longo tempore, qui unus est legum corrector, experiendo argueret; ibid 45,17,30-32 ; Plutarque, Paul-Emile 28,6 ;

Pausanias, 7,10,7. Voir F. Papazoglou, « Quelques aspects de l'histoire de la province de Macédoine », Aufstieg und Niedergangderromischer Weil, T. II. Prinzipat, 7,1 (1979),
p. 305. 13

Maria Youni

L'organisation

administrative
de la province appartenait au gouvemeur romain,

L'administration

normalement un proconsul de mandat annuel, qui était muni de pouvoirs législatifs et judiciaires. Il siégeait à son praetorium situé dans la capitale de la province, où il exerçait siégeant ses attributions au conventus, en matière administrative, pénale et civile; à des jours ses attributions fixes, il se rendait aux cités principales pour y exercer

le lieu destiné à ce but. Le gouvemeur (legati) ainsi que par (quaestor provinciae) locaux des cités les

était assisté par des envoyés de l'administration centrale des jeunes membres de l'aristocratie locale; un trésorier était chargé des questions financières. Les magistrats

n'étaient compétents que pour des affaires moins importantes2. Le sénatus-consulte constructif de l'an 167 avo J.-C.

déclarait

Macédoniens libres, ce qui leur accordait le droit de maintenir l'organisation politique de leurs cités ainsi que leurs lois et d'élire leurs propres magistratures: creantes atteint d'origine. habentes urbes easdem romaine, agrosque utentes legibus suis, annuos libres ou esclaves, sont n'a pas été de leur ville des pérégrins, privées, magistratus3. par la conquête Vis-à-vis Le statut du droit des personnes,

pas plus que la citoyenneté les Macédoniens

romain,

soumis au droit public romain, ils appliquent

mais au niveau de leurs transactions

leurs lois ancestrales.

Les cités
Comme tout l'Orient grec, la Macédoine était organisée en cités depuis ce nombre sera cités conservent du peuple, appelée

l'antiquité. Pendant le principat sont attestées 86 cités; réduit presque à la moitié après Dioclétien4. Ces anciennes leurs institutions politiques du passé, surtout l'assemblée

tantôt dèmos, tantôt ekklèsia ou polis, ainsi que la boulè et les magistrats (archontes, politarchai, agoranomoi)5 dont les plus importants sont les politarques. La cité la plus importante pendant
»

l'époque romaine

est Thessalonique,

qui a mérité les titres de
2 3 4
5 J. Gaudemet, F. Papazoglou, 1988, p. 439. Sur les fonctions pp. 334-5.

«

capitale

et de «métropole». En 42 avo J.-C. elle
Paris, 1955, p. 228. (BCH Supplément voir J. Gaudemet, 16), Paris, op. cit.,

Les institutions

de l'antiquité,

Tite Live, 45,29,4. Les villes de Macédoine de ces organes à l'époque romaine l'époque romaine

pendant

14

Grecs et Romains dans la province romaine de Macédoine est devenue et au cité milieu les plus Héraclée libre, du

civitas
3e siècle importantes

libera6, elle

ce qui a reçu

l'excluait le titre il faut nombre

de honorifique

la

contribution de colonia. Béroia, de villes le

fiscale, Amphipolis,

Parmi les cités

de la province, Edesse octroie des colons à un ayant

mentionner limité

des Lyncestes, le pouvoir romain

et Styberra

en Pélagonie.

Par ailleurs,
statut de colonie

et y fait

installer

la civitas

romana. Parmi la ville
Philippi,

les

coloniae

romaines

les

plus
Dion,

importantes
créée vers

sont

Kassandrée,

dominante républicains après Julia

de la Chalcidique7,

43 ou 42 av. J.-C.,

fondée d'un noyau

de vétérans
Toutes signifie

qui y ont trouvé refuge après la défaite des colons sont arrivés peu
la dénomination comme leur Auguste portent, qu'elles sur leurs monnaies,

en 42 av. J.-C. et Pella, où les premiers
ce qui considéraient

l'an 30 av. J.-C.8. Augusta,

fondateur; nombre
le jurisconsulte oppidum statut

c'était donc à son époque qu'elles ont dû accueillir de colons romains.
Paul comme Seules les trois premières possédant pendant Vespasien Il. le ius italicum9: l'ère d'Auguste10

le plus grand par
son le qu'à

sont mentionnées
il paraît et elle

époque Pella avait perdu ce privilège. La ville de Stobi
civium Romanorum sous de municipium

est mentionnée

comme

a acquis

La population
La population de la Macédoine romaine est loin d'être homogène. D'une il Y a les habitants autochtones, parmi lesquels les Macédoniens ne

part,

constituent que la majorité; la partie orientale de la province est habitée en grand nombre par une population d'origine thrace, comme l'indiquent les anthroponymes. Nous savons avec certitude que cette population est déjà

6

Pline 4,36. Sur l'histoire de Thessalonique pendant l'époque romaine voir I. Touratsoglou, Die Münzstâtte von Thessaloniki in der romischen Kaiserzeit (32/1 v. Chr. bis 268 n. Chr.), Berlin - New York 1988. Le statut de cité libre était aussi accordé à Amphipolis ainsi qu'à Skotoussa, une ville du reste non attestée par les sources (Pline 4,38 et 4,35). D. Feissel -M. Sève, « La Chalcidique
)),

7

vue par Charles

Avezou (avril-mai

1914). Notes de
« La

voyage et inscriptions 8
9 10 Il population Digeste

BCH 103 (1979), pp. 312-13, n° 60. Pour une étude de la population des quatre colonies romaines voir F. Papazoglou,
des colonies romaines de Macédoine
)),

ZivaAntica40

(1990), pp. 111-24. sous

50,15,8,8. Le droit latin et les cités romaines de la province de Macédoine
)),

Pline 4,34. Sur les oppida voir CH. Saumagne, l'Empire, Paris, 1965. F. Papazoglou,
«

Quelques

aspects

de l'histoire

op. cit.,

pp. 360-61. 15

Maria Youni

hellénisée à l'époque romaine, bien que nous ne disposions pas, jusqu'à présent, d'études spécifiques sur le degré de cette hellénisation. Il faut en outre faire Macédoine, administrative conservé assimilation mention spéciale de la partie occidentale qui est occupée par l'Illyrie: malgré à la Macédoine, tout ce de la population jusqu'au sa temps propre pendant temps de la province de son appartenance l'lliyrie et aucune a

de Dioclétien, physionomie

n'est attestée. qui comprend par la présence d'une peut appartenir à romains

D'autre part, dans cette mosaïque multiculturelle, ailleurs des Juifs, attestés surtout à Thessalonique, population d'origine romaine est importante. Celle-ci plusieurs catégories: il s'agit de magistrats établis en Macédoine provenance italienne;

et de fonctionnaires

pendant la durée de leurs fonctions; de colons de de commerçants, negotiatores; de vétérans installés

sur la partie de l'ager publicus qui leur a été concédée; enfin, d'affranchis de citoyens romains ayant obtenu la citoyenneté par l'affranchissement selon le droit romain. Les Grecs les désignent comme kolânes, transcription grecque du mot latin coloni, « résidents étrangers» (paroikountes xénoi)12 ou
«

Romains possédant de la terre
Les habitants

»

(enkektèménoi rômaioi)13.
sont presque exclusivement des Grecs, varie selon ou de Or on est mixte ; sa composition

de la campagne

tandis que dans les villes la population

qu'il s'agit de villes grecques, habitées en principe par des Grecs, colonies romaines, peuplées principalement par des colons Romains. constate que les deux ensembles de la population

ne sont pas bien clos:

comme le montrent les témoignages épigraphiques, les Grecs ne sont pas rares à l'intérieur des colonies romaines; de même, plusieurs sources nous font connaître des citoyens romains habitant les cités pérégrinesl4. est de C'est dans les grandes villes grecques que la population romaine plus marquée. Plusieurs sources provenant de Thessalonique témoignent la présence d'un pourcentage significatif de Romains, dont la plupart

étaient

12

Par ex. M.B. Hatzopoulos

- L.D. Loukopoulou,
colI.

Recherches
« Mélétèmata

sur les marches
»

orientales

des Téménides
13

I-ll (Anthémonte-Kalindoia),

Il, T. 1, Athènes,

1992,

pp. 44-8, n° Al = SEG 42 (1992), n° 558. L. Gounaropoulou - M.B. Hatzopoulos, Emyparpéç Ka'C'(J) aKeSovlaç A: E1ClypatpÉÇ epoiaç, M B Athènes, 1998 (= Inscriptions de Béroia) ; pp. 159-60, n° 59. Sur la présence des
commerçants romains voir M.B. Hatzopoulos

- L.D.

Loukopoulou,

op. cit., T. 1, pp.

48,

52, 83 et T. II (Athènes, 14

1996), pp. 347-57. l'empire romain voir J. Gaudemet, op. cit., de la Macédoine sous les Romains voir op. cit.

Sur les types différents de cités dans pp. 331-35. Sur les cités et l'étendue F. Papazoglou, Les villes de Macédoine...,

16

Grecs et Romains dans la province romaine de Macédoine

des commerçants.

Les Romains

de Thessalonique

se rassemblaient

autour

d'un corps appelé conventus civium Romanorum; la version grecque de ce terme, hoi sympragmateuomenoi rômaioil5, met l'accent sur le fait que ces Romains agissent en concert avec les autorités de la polis. Ce collège apparaît dans plusieurs villes où il joue effectivement un rôle actif à côté des organes politiques, puisqu'il se réunit avec la boulè et l'assemblée du peuple pour décider sur l'attribution d'honneurs à des individusl6. Un exemple de la présence importante de ce collège de Romains nous

est fourni par un décret de la ville d'Anthémonte, datant de vers l'an 40 avo J.-C., qui nous informe que l'assemblée du peuple a décidé de rendre des honneurs à un politarque en lui faisant ériger une statue dorée. Le nom de ce politarque n'a pas été conservé; en revanche, nous sommes informés qu'il a veillé à toutes les affaires de la cité et à la sécurité des étrangers domiciliés dans la villel7. Ces étrangers, désignés par le terme paroikountes xénoi, sont sans doute des commerçants romains et le fait qu'ils sont mentionnés pied d'égalité avec les citoyens est significatif de leur rôle dans la cité. sur un

Les sources
Pour connaître romaine, qui s'étend les institutions et la société macédonienne de l'époque du 2e siècle avo J.-C. jusqu'au 4e siècle apr. J.-C., nous en langue nous sont Elles

nous fondons essentiellement sur des inscriptions, formulées grecque ou latine. Parmi les centaines d'inscriptions qui parvenues, proviennent sanctuaires celles en langue des cités de la campagne; grecque mais constituent depuis on rencontre la grande l'antiquité aussi grecques fondées

majorité. des

et des grands inscriptions

15

A.D. Rizakis,

« H KOtVo'trrta 'troy o'\)~paYÂ,a'te,\)oÂ,évrov Pro~atrov Otl1 MaKeôovla », Ancient Macedonia 4

'tl1Ç SeooaÂ,t(3tKl1Ç Kat 11 prol1atK1l
(1986), pp. 511-24. Sur les

OtKOVOl1tK1l ôtetOÔOOl1

negotiatores dans l'Orient hellénique, Paris, 1919.

grec voir J. Hatzfeld,

Les trafiquants

Italiens

dans

l'Orient 2

16

G. Velenis, « L'\)~1tpay~a'te'\)o~evotPro~aiot oe ~ta véa emypacpTt'tl1ÇSeooaÂ,ovlK:11ç, Tekmèria »
(1996), pp. 8-15. Sur les autres cités macédoniennes voir M.N. Tod,
((

Macedonia.

Inscriptions», The Annual of the British School at Athens 23 (1918/9), p. 83 n° 13; ((Quelques aspects de l'histoire de la province de Macédoine», op. cit., F. Papazoglou, pp. 365-67. Sur le conventus civium Romanorum de la cité d'Akanthos, M.B. Hatzopoulos, Bulletin Epigraphique 1989, n° 466. Sur les enkektèmenoi Rômaioi de Béroia, A. Tataki, Ancient Beroea. Prosopography and Society (Mélétèmata 8), Athènes, 1988. Sur les sympragmateuomenoi Rômaioi de Styberra, F. Papazoglou, Les stèles
((

éphébiques 17
&acpaÂ1jaç.

de Stuberra

», Chiron 18 (1988), pp. 233-70. 1. 8-11 : trpoevo1jB1Jccôv-cfjçtr6£mv Kai -cfjç -ccôvtrapozKovvr:mvçÉvmv -

SEG 42 (1992) , n° 558,

17

Maria

Youni

grecques

provenant

des

colonies

romaines.

A leur

tour,

les

textes de

épigraphiques

qui proviennent

des colonies

romaines

sont, dans la plupart un nombre ce sont des latines,

des cas, rédigés en latin;

or les villes grecques

ont aussi une contribution

textes latins. Il est pourtant intéressant de noter que dans significatif d'inscriptions qui sont rédigées en langue grecque, Romains qui sont mentionnés ou honorés. Parmi

les inscriptions

d'ailleurs, on peut signaler parfois des Grecs qui s'expriment en latin. A côté de ces textes épigraphiques, en outre, nous retrouvons un petit nombre d'inscriptions bilingues, de provenance diverse, dont les auteurs sont aussi bien des Romains que des Grecs. Les sources épigraphiques portant

sur des personnes

d'origine grecque

sont en principe de nature différente de celles mentionnant des Romains. Ce sont surtout les inscriptions honorifiques qui se réfèrent à des Romains; dans celles-ci nous retrouvons le plus souvent la série d'offices qu'un certain magistrat sur a remplis (cursus honorum). Quant aux textes qui nous renseignent les actes d'affranchissement qui en constituent Les maîtres qui affranchissent des habitants de la campagne consacrent leurs esclaves sont où se trouvent les ce sont les Dans cette les Grecs, ce sont

l'exemple le plus commun. des gens simples, souvent temples auxquels les maîtres

les esclaves en les affranchissant.

Parmi les centaines d'inscriptions de la Macédoine romaine, inscriptions funéraires qui sont le plus abondamment conservées.

foule de monuments funéraires, des plus luxueux aux plus simples, la représentation des Grecs et des Romains est égale, bien que la nature des monuments diffère: ce sont des stèles funéraires de la population, qui est pour la plupart grecque; mais aussi sarcophages bien simples pour la masse pour l'aristocratie romaine, romaine, parfois, ce sont des parmi les et

pour l'aristocratie grecque sous influence familiaux, plus ou moins élaborés. des inscriptions le nom latin
av. J.-C.,

Dans le corpus anthroponymes romaine
datant du 2e

grecques d'une

apparaît

grecs,

personne
Lucius

qui a la citoyenneté
Ferranius, fils de Caius,

de naissance.

Dans un exemple provenant
le Romain

de la cité de Kalindoia

-

1

er

siècle

fait la dédicace d'un autel à Hermès18; son lien avec Hermès, dieu du commerce, suggère qu'il s'agit d'un de ces commerçants romains, qui nous sont connus à-dire d'ajouter
18

par d'autres

sources.

Dans les textes de la conquête la mention

«

haute

époque

», c'est-

des deux premiers

siècles après

romaine,

il est courant Un

au nom de ces personnes

de leur origine romaine.

SEG

42 (1992),

n° 585

: AevKloç f/JeppâVloç ra£ov

viôç 'EpJ1fjl.

18