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Sahara - Paléomilieux et peuplement préhistorique au paléistocène supérieur

456 pages
L'objectif de cet ouvrage est de confronter les derniers résultats dans le domaine de l'évolution paléoclimatique, paléoécologique et paléolithique du Sahara et de ses environs, principalement sur les rapports spécifiques qu'ont entretenus les populations paléolithiques avec leurs milieux. Les rapports géographiques sont complétés ici par une série de documents destinés à rendre compte des travaux du symposium
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SAHARA
Paléomilieux et Peuplement Préhistorique au Pléistocène Supérieur Palaeoenvironments and Prehistoric Populations in the Upper Pleistocene

@ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-6086-0

Sous la direction de

Thierry TILLET

SAHARA
Paléomilieux et Peuplement Préhistorique au Pléistocène Supérieur Palaeoenvironments and Prehistoric Populations in the Upper Pleistocene

Préfacedu Professeur Théodore MONOD

La plupart des figures présentées dans cet ouvrage ont été reprises par Patrick PENTSCH du laboratoire de dessin et de cartographie de l'UFR de géographie d'Aix-Marseille I

L'Harmattan
5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55. rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

1ère de couverture:

Tassili n'A.üers et pointe atérienne Maquettiste: Henri Delord

SOMMAIRE CONTENTS
Préface du Professeur Théodore Monod 9 11 15 19 21

Liste des participants Participants list Introduction Sahara nord-occidental North-Western Sahara

El Aioun

-

Tindouf

A. Salih, J. Onrubia-Pintado & M. Noçairi Saoura - Ahnet - Nord Erg Chech Saoura - Ahnet - Erg Chech North Y. Callot & Th. Tillet Débats Debates Sahara sud-occidental South-Western Sahara Bassin sénégalo- mauritanien Senegalo- Mauritanian Basin Ch. Barbey (Mauritanie), A. Camara & B. Duboscq (Sénégal) Bassin de Taoudenni Taoudenni Basin A. Morel, Th. Tillet, G. Poupeau & M. Raimbault Débats Debates Sahara centro-septentrional Northern-Central Sahara Bas Sahara septentrional & Grand Erg Oriental Lower North Sahara & Great Eastern Erg J.L. Ballais &A. Heddouche

37

53

65 67

101

125 137 139

5

Hamada El-Hamra - Oubari - Murzouk RE. Barich & J. Grunert Débats Debates Sahara centro-méridional Southern-Central Sahara Hoggar - Tassili P. Rognon & A. Heddouche Aïr - Ténéré - Djado - Kawar R. Baurnhauer, A. Morel & Th. Tillet Tibesti H. Hagedorn Cuvette tchadienne Central Chadian Lacustrine Area A. Durand Débats Debates Sahara oriental Estern Sahara Libyan Desert Désert libyque F. Wendorf, A.E. Close & R. Schild Darfur B. Gabriel & S. Kropelin Vallée du Nil Nile Valley P.M. Verrneersch, E. Paulissen & Ph. Van Peer Débats Debates

165

201 211 213 229 267

277

293 311 313 339

349

375

6

Synthèses Subsidiary

annexes Synthesis

391

Fiabilité des datations" absolues" pour le Pléistocène supérieur des milieux désertiques ou semi-arides Fiability of "absolute" dates for the Upper Pleistocene of desert and semi-arid environments 393 M. Fontugne Peuplement du Sahara au Pléistocène supérieur: le point de vue paleoanthropologique Populations of the Sahara in the Upper Pleistocene: the paleoanthropological standpoint 409 O. Dutour Les vers de terre au Sahara: leur intérêt pour l'étude des paléoclimats du Sahara Earthworms in the Sahara: a contribution to the study of paleoclimates in the Sahara 423 S.I. Ghabbour Conclusions générales General Conclusions 427

7

PREFACE
L'abbaye de Solignac (Haute Vienne) hébergeait du 13 au 15 juin 1991, un important symposium intitulé: "Paléomilieux et Peuplement préhistoriques sahariens au Pléistocène supérieur" qui devait réunir une cinquantaine de participants. C'est à l'initiative du Professeur Thierry Tillet, spécialiste bien connu de la Préhistoire saharienne, et plus particulièrement des industries à pointes pédonculées de type atérien, qu'étaient dus à la fois le projet et l'organisation de cette mémorable réunion. Il faut insister ici sur le fait que les participants disposaient de l'importante documentation constituée par 13 rapports régionaux, totalisant 258 pages, rassemblés sous une couverture représentant, en couleur, la bordure sud du Tassili et une pointe atérienne de l'Adrar Bous. Chaque exposé régional se trouvant illustré d'un, voire de plusieurs croquis géographiques et d'une bibliographie, on imaginera, sans peine, l'importance de f' effort fourni pour l'établissement d'une si riche et précieuse synthèse. Ces rapports "géographiques" se verront complétés par une série de documents destinés à rendre compte des travaux du symposium lui-même. Il s'agira, d'abord, d'un résumé des discussions ayant concerné les 4 thèmes suivants: fiabilité des datations - paléoenvironnements - préhistoire paléoclimats. Viennent ensuite, en synthèse générale ou en annexe, trois rapports spécialisés, consacrés aux sujets suivants: * "Synthèse sur les changements dans les paléoenvironnements en relation avec l'évolution, paléoclimatique du Sahara" de Pierre Rognon. Nul n'était plus qualifié que Pierre Rognon, dont chacun connaît l'ouvrage classique: "Biographie d'un désert" (1989) pour nous rappeler, en quelques pages, l'essentiel des problèmes que pose, à la fois dans l'espace et dans le temps, I'histoire de la climatologie saharienne. Si l'opposition demeure fondamentale entre les paramètres astronomiques et les faits géographiques, l'auteur n'hésitera pas à nous décrire toute la complexité de l'histoire climatique du Sahara, avec l'influence des glaciations boréales, l'éventualité d'une opposition "transversale" ayant fait du Sahara oriental un domaine largement autonome quant à son hyper-aridité, retard entre l'inscription d'un climat dans les sédiments océaniques et la situation continentale, décalages possibles entre les zones d'alimentation de certains aquifères et les résurgences très éloignées de ceux-ci. * "Fiabilité des datations "absolues" pour le Pléistocène supérieur des milieux désertiques ou semi-arides" de Michel Fontugne, texte attirant l'attention surles incertitudes d'origines diverses s'attachant actuellement aux 9

méthodes actuelles de datation. Une comparaison attentive des résultats obtenus sur des séquences d'origine homogène d'une part comme le perfectionnement à attendre dans les techniques employées doivent laisser espérer de nouvelles améliorations dans le degré de précision des datations. * "Peuplement du Sahara au Pléistocène supérieur: le point de vue paléanthropologique" de Olivier Dutour, faisant le point sur les modalités de l'évolution humaine en Afrique au nord de l'Equateur pour les cent derniers millénaires. Les indications qui précèdent suffiront à montrer toute l'importance des matériaux publiés ici et, par conséquent, l'évident succès scientifique du symposium de Solignac, dont la préparation, la tenue, enfin la publication des résultats auront exigé, de la part de son organisateur, un travail, à n'en pas douter, considérable. Le présent volume restera, pour les géologues du Quaternaire, les historiens du climat et les préhistoriens du Sahara un ouvrage de base.

Théodore

Monod

Novembre 1992

10

LISTE DES PARTICIPANTS PARTICIPANTS LIST
P

=Participant;

0

=Observateur

BAL LAIS Jean-Louis: UER Sciences géographiques Université d'Aix-Marseille II, 29 avenue Robert-Schuman 13621- Aix-en-Provence Cedex, France. P BARAKAT Hala Nayel : 15 rue Gusto Gervasoti, app. 258 38100 - Grenoble, France. P BARICH Barbara: Dipatimento Sc. Stor. Arch. Antr. Université de Rome "La Sapienza", Via Palestro 63, 00199 - Rome, Italie. P BAUMHAUER Roland: Geographisches Institut, Universitiit Würzburg Am Hubland, D-8700 - Würzburg, Allemagne. P

BECHET C. : C.N.R.S., U.R.A.26O, 74 rue Pasteur
69007

- Lyon,

France.O et Sciences

BERNARD-ALLEE Philippe: Faculté des Lettres Humaines, Université de Limoges, 39E rue Camille Guérin 87036 - Limoges Cedex, France. 0 BOURRETTE Jean-Jacques: 30320 - Bezouce, France. 0 22 rue des Rocailles

CALLOT Yann : Département de Géographie, Université de Tours 3 rue des Tanneurs, 37041 - Tours Cedex, France. P CAMARA Abdoulaye CARRE Jean: : Musée de Goré, Dakar, Sénégal. P

918 rue du Camp des Indiens, 45160 - Olivet, France.O

CHANARD Elise: Institut de Paléontologie Humaine 1 rue René Panhard, 75013 - Paris, France. 0 CLOSE Angela E.: Dept. of Anthropology, University of Washington Box 353100, Seattle, WA 98195-3100, USA. P

Il

COULIBALI Nafogo : Institut des Sciences Humaines, B.P.159 Bamako, Mali. 0 DELORD Henri: 46 avenue Reberteau, 60260 - Lamorlaye, France. 0

DELORD Michèle: 46 avenue Reberteau, 60260 - Lamorlaye, France. 0 DEMAS G. : Laboratoire lMAGEO-CNRS, 191 rue Saint Jacques 75005 - Paris, France. 0 DUBOSCQ Bertrand: C.A.R.M.E., 21 avenue Gustave Eiffel 33260 - La Teste de Buch, France. P DUT OUR Alain: Département de Géographie, Université de Tours 3 rue des Tanneurs, 37041 - Tours Cedex, France. P DUTOUR Olivier: Laboratoire d'Anthropologie biologique Faculté de Médecine, 27 BI Jean Moulin 13385 - Marseille Cedex 5, France. P FONTUGNE Michel: Centre des Faibles radioactivités Lab. Mixte C.N.R.S.-C.E.A., Domaine du C.N.R.S. Avenue de la Terrasse, B.P.l, 91190 - Gif-sur-Yvette, France. P FRINGANT Claude: 05300 - Ribiers, France. 0

GABRIEL Baldur: Geographisches Institut, Universitat Würzburg Am Hubland, D-8700 - Würzburg, Allemagne. P GAUTHIER Yves: Laboratoire de Spectrométrie, B.P.87 38402 - Saint Martin d'Hères, France. 0 GRUNERT Yorg : Institut für Geographie, Meckenheimer Allee 166 5300 - Bonn l, Allemagne. P HEISTERMANN Ch.: Geographisches Institut, UniversiUit Würzburg Am Hubland, 8700 - Würzburg, Allemagne. 0 LAFRANCE Amina Roselyne: LG2 (Case 422), Faculté des Sciences et Techniques de St Jérôme, 13397 - Marseille Cedex 13, France. P LEROUX Marcel: C.N.R.S., URA 260, 74 rue Pasteur 69007 - Lyon, France. P

12

MAGNANT Jean-Pierre: Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux B.P.I0l, 33405 - Talence Cedex, France. 0 MASSA Dominique: 6 rue Jean Jacques Rousseau 92150 - Suresnes, France. 0 MICHEL Pierre: Professeur émérite, UFR de Géographie 3 rue de l'Argonne, 67083 - Strasbourg Cedex, France. P MONOD Théodore: Professeur honoraire au Muséum National d'Histoire Naturelle, Laboratoire d'Ichtyologie, 43 rue Cuvier 75005 - Paris, France. P MOREL Alain: Institut de Géographie, Université J. Fourier 17 rue Maurice Gignoux, 38031 - Grenoble Cedex, France. P MOREL Michèle: 16rue Hector Berlioz, 38420 - Domène, France. 0

N'GABA- W AYE Adoum : Archaologisches Institut Vor-und FrUhgeschichte Afrikas, Johnsallee 35 2 Hamburg 13, Allemagne. P OUAMMOU Aberrahmane : Laboratoire de Géographie Physique Université de Nancy II, 23 boulevard Albert 1er, B.P.33-97 54015 - Nancy Cedex, France. 0 PETIT Florence: 3 rue Suzanne Lacorre, Lotissement du Roussillon 87000 - Limoges, France. 0 POTTIER POTTIER François: Françoise: 16 boulevard Berthelot, 13200 - Arles, France.O 16 boulevard Berthelot, 13200 - Arles, France. 0

RAIMBAULT Michel: LAPMO, URA 164 du CNRS Université d'Aix-Marseille I, 29 avenue Robert Schuman 13621 - Aix-en-Provence, France.P ROGNON Pierre: Laboratoire de Géodynamique des Milieux Continentaux, Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), 4 place Jussieu 75252 - Paris Cedex 05, France. P ROLANDO Christiane: IMGP, Case 461 Faculté des Sciences et Techniques de St Jérôme, Rue Henri Poincaré 13397 - Marseille Cedex 13, France. P

13

SALIR Abdallah: lAPMO, Université d'Aix-Marseille I 29 avenue Robert Schuman, 13621- Aix-en-Provence, France. P SERVANT Michel: O.R.S.T.O.M., 70-74 route d'Aulnay 93143 - Bondy, France. P SERVANT-VILDARY Simone: Laboratoire de Géologie, Muséum
National d'Histoire Naturelle, 43 rue Buffon, 75005

- Paris,

France. P

SIMONIN André: Laboratoire IMAGEO-CNRS, 191 rue SaintJacques 75005 - Paris, France. P SP AGNOLI Ninon : Saint-Aventin, 31110 - Luchon, France. 0 SPONROLZ Barbara: Centre de Géomorphologie du CNRS

rue des Tilleuls, 14000 - Caen, France. P
THINON Michel: IMEP, Faculté des Sciences et Techniques de St Jérôme, Case 461, Rue Henri Poincaré
13397

- Marseille

Cedex 13, France. P

TILLET
Universitaire,

Thierry:

Université

B.P. 47, 38040

- Grenoble

Pierre Mendès-France,
Cedex 9

Domaine

et LAPMO, URA 164 du CNRS, France. P VERMEERSCH Pierre Marie: Laboratorium voor Prehistorie, Instituut voor Aardwetenschappen, Katholieke Universiteit Leuven Redingenstraat 16 bis, 3000 - Leuven, Belgique. P WENDORF Fred: Dept. of Anthropology, Southern Methodist University, PO BOX 750 336, Dallas, TX 75275-0336, USA. P

14

INTRODUCTION

Le symposium "Paléomilieux et Peuplement préhistoriques sahariens au Pléistocène supérieur", qui s'est déroulé à Solignac près de Limoges, du 13 au 15juin 1991, a été la dernière manifestation scientifique du Groupe de travail sur "les hommes et les déserts" puisque le groupement dont il dépendait - le Programme International de Corrélation Géologique (PICG) n° 252, intitulé "Evolution passée et future des déserts" et présidé par Nicole Petit-Maire - devait disparaître fin 1992. C'est à la suite du colloque de Djerba (Tunisie), organisé par Nicole Petit-Maire en 1989, dans le cadre de ce même PICG, que Jean-Louis Ballais et moi-même avons pris la décision de provoquer deux rencontres scientifiques autour du thème des déserts et des hommes: Jean-Louis Ballais proposant une première rencontre, à Aix-en-Provence, en juin 1990, sur l'Holocène et moi-même une seconde, à l'abbaye de Solignac, en juin 1991, sur le Pléistocène supérieur. L'austérité des lieux - le thème du symposium l'imposait - a contraint la cinquantaine de participants à une vie presque monacale, puisque salle de travail, intendance et hébergement se trouvaient dans l'abbaye même. L'ensemble de la communauté des chercheurs concernés se réunissait pour

,

les séances de travail (de 8 h à 12 h puis de 14 h à 18 h) et pour les repas;
tout un chacun reprenait ensuite sa cellule pour la nuit où se poursuivaient parfois, dans l'isolement, réflexion et préparation des séances du lendemain. L'objectif de ce symposium était de confronter les derniers résultats dans le domaine de l'évolution paléoclimatique, paléoécologique et paléolithique du Sahara et de ses bordures, principalement sur les rapports spécifiques qu'ont entretenus les populations paléolithiques avec leurs milieux. Pour ce faire, l'ensemble saharien avait été divisé en cinq sousensembles, faisant chacun l'objet de plusieurs synthèses préparées par des spécialistes quaternaristes et paléolithiciens. L'ensemble des participants avait pris connaissance des synthèses avant la date prévue pour les assises du symposium, de façon à ce que les séances soient réservées aux débats et non à leur présentation.

15

Les trois jours du symposium étaient divisés en six demi-journées de 4 h placées, chacune, sous l'autorité d'un Président de séance et les synthèses d'un même grand secteur saharien (Sahara nord-occidental, Sahara sud-occidental, Sahara centro-septentrional, Sahara centro-méridional et Sahara oriental) faisaient l'objet d'une critique détaillée par des contradicteurs. Pour chaque demi-journée, les débats devaient porter: 1) sur la fiabilité et la représentativité des datations; 2) sur les paléoenvironnements ; 3) sur les industries préhistoriques; 4) sur les paléoclimats et la paléomorphogénèse. Le temps de discussion pour chaque débat était décidé en début de séance par son Président, en fonction de l'importance des sujets à débattre au cours de la demi-journée. La dernière demi-journée était réservée à une synthèse des débats. Enfin, ces journées de travail ont été suivies d'une excursion de quatre jours en Charente et en Dordogne, pour visiter les gisements et sites les plus importants de la Préhistoire du Sud-Ouest français: Fontéchevade, La Chaise, La Quina, Le Fourneau du Diable, Pont d'Ambon, Rouffignac, Le Moustier, La Ferrassie, Laugerie Haute, L'Abri Pataud, Les Combarelles, Font de Gaume, Cap Blanc, Lascaux et le musée des Eyzies... J'ai essayé de réunir les meilleurs spécialistes sur le sujet et même si des divergences demeuraient encore en fin de symposium - on ne pouvait espérer obtenir l'unanimité sur tous les points - je pense que nous avons quand même réussi à définir les grandes lignes d'une problématique globale permettant d'élaborer pour l'avenir, des dynamiques de recherche pour répondre à certaines des questions que nous nous sommes posées et pour lesquelles nous n'avons pu trouver de réponse satisfaisante. Le symposium terminé, je me proposais d'en publier les conclusions dans le courant de l'année suivante, mais je m'aperçus vite que j'avais été trop optimiste car, même si les synthèses avaient été rédigées avant le symposium, il a fallu plus de six mois pour qu'elles soient étudiées par le comité de lecture créé après la réunion, que les corrections demandées soient apportées par les intéressés et que le tout me soit renvoyé. D'autre part, la transcription des quinze bandes magnétiques totalisant 24 h de débat a été effectuée par des personnes ayant simultanément d'autres tâches à assumer, ce qui a considérablement allongé la durée du travail. Pour finir, ma mutation à l'Université Pierre Mendès-France de Grenoble et la soutenance de ma thèse d'Etat m'ont contraint à abandonner, pour un temps, les travaux concernant le symposium.

16

Il me reste à espérer que la qualité de cette publication fasse oublier son retard. Enfin je voudrais terminer ces quelques lignes d'introduction en remerciant toutes les personnes qui ont contribué au bon déroulement du symposium et à la préparation de cette publication: Tout d'abord le Professeur Théodore Monod pour avoir bien voulu accepter de présider ce symposium. Ensuite les 40 collègues dont l'intervention, soit sous forme de préparation à l'ensemble des travaux, soit sous forme de participation à la rédaction des synthèses, a permis d'effectuer une réelle avancée dans le domaine qui est le nôtre et également les 20 observateurs qui ont suivi les discussions. Florence Petit qui s'est chargée de l'enregistrement des communications, Nadine Delage de la traduction simultanée (AnglaisIFrançais) des discussions pour/de nos collègues anglophones. L'organisation du symposium n'a pas été non plus chose facile et je remercie Madame S. Fidant pour le travail d'organisation matérielle, de recherches de crédits et de réception des participants, qu'elle a toujours assuré avec la bonne humeur qui la caractérise. Jacqueline Percherancier et Jean-Louis Ballais qui ont effectué les transcriptions des enregistrements et, pour le second, contribué à la mise au propre des figures. Marie-Blanche Mishoe qui a revu les textes en anglais. Alain Morel qui a accepté de relire les épreuves. Ce symposium a été financé par (dans l'ordre alphabétique) : -l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) ; -la Société COGEMA de Limoges; -la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) du Limousin; -la DRED (Ministère de I'Education Nationale) ; - la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Limoges; 17

- le Ministère de la Coopération;

-l"'Observatoire
- l'Université

du Sahara" (Ministère des Affaires Etrangères);

-la Compagnie Française des Pétroles: Total ; de Limoges.

Thierry

Tillet

18

SAHARA NORD - OCCIDENTAL NORTH-WESTERNSAHARA

PIca 252 : EVOLUTION PASSEE Er FUTURE DES DESERTS
groupe de travail: les hommes et les déserts symposium de Solignac - France (13-15juin 1991): "PALEOMILlEUX ET PEUPLEMENT PREHISTORIQUES SAHARIENS AU PLEISTOCENE SUPERIEUR" IGCP 252: PAST AND FUTURE EVOLUTION OF DESERTS working-group: Men and the deserts symposium of Solignac - France (13-15june 1991): "PALAEOENVIRONMENTS AND PREHISTORIC POPULATIONS OF THE SAHARA IN THE UPPER PLEISTOCENE"

EL AIOUN

-

TINDOUF
& M. Noçairi

par/by

A. Salih, J. Onrubia-Pintado

Résumé: La situation géographique privilégiée des bassins de Laayoune et de Tindouf au centre des influences océaniques, atlasiques et sahariennes, a favorisé le règne d'un climat modéré, tolérant une occupation humaine continue. L'examen des données bioclimatiques actuelles qui nous ont servi de repère pour comprendre les paléoclimats, montre que le Sahara occidental nord-atlantique a toujours conservé un minimum d'humidité durant les arides pléistocènes. Les "crises climatiques" survenues au "Soltanien supérieur" et qui ont affecté les populations atériennes du Sahara central et nordoccidental, n'avaient pas les mêmes conséquences sur les Atériens de l'ouest. La proximité du littoral d'une part, et l'écoulement montagneux alimentant oueds et dayas d'autre part, ont assuré leur survie et celle des nouveaux migrants fuyant l'aridité à l'est. Cette migration hypothétique ne concernerait que les populations atériennes du Sahara nord-occidental. Ces dernières auraient alors longé la vallée du Draâ vers la Seguiet el-Hamra et le littoral. Abstract: The privileged geographic situation of the Laayoune and Tindouf basins, between oceanic, atlasic and saharan influences, has favoured a moderate climate that tolerated a continuity of human occupation. The examination of new bioclimatic data - our reference to understand paleoclimates - shows that the western and northern-atlantic Sahara has always conserved a minimum of humidity throughout the arid Pleistocene. The "climatic crisis" which took place in Upper Soltanian times and which 21

have affected the Aterian populations of the central and north-western Sahara, did not have the same impact on the Aterians of the West. The proximity to the atlantic coast on the one hand, and the mountain flow supplying oueds and dayas on the other, assured their survival and the living to the new migrants fleeing from aridity. This hypothetic migration would only have concerned the Aterian population of the north-western Sahara. These populations have probably migrated along the Draâ valley towards tbe Seguiet el-Hamra and the atlantic coast.

Canaries

. . . . .. . . . . . . . .. . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . .. . . . . . ... . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . .. . . .

Fig. 1 .

Géologie et structure du Sahara nord-occidental (d'après Schiffers, 1973) Geology and structure of the North-Western Sahara (adapted from Schiffers, 1973)

22

Introduction L'absence, jusqu'à présent, de recherches dans le domaine saharien nord-atlantique et sud atlasique, nous laisse indécis sur la manière d'aborder la préhistoire de la région. Dresser un bilan de recherches qui n'ont été faites ni complètement, ni d'une façon continue, demeure téméraire et hasardeux. Cette partie du grand désert africain est restée à l'écart des activités scientifiques qui se sont développées dans les secteurs nord-occidental, central et méridional. Le terme de Sahara nord-atlantique désigne la bande des terres qui s'étend en latitude de l'embouchure de l'oued Noun (29° N) jusqu'à l'oued Kraâ (24° N). Le cadre géographique de cette note comprend les zones délimitées au sud par Raâs Boujdour (Cap Bojador, 26° N) et au nord par l'oued Draâ (28° SN), zone qui est délimitée à l'est par le cinquième degré de longitude W. C'est-à-dire le territoire occupé grosso modo par la dépression de la Seguiet el-Hamra et le bassin de Tindouf. On peut également lui fixer des limites bioclimatiques en utilisant les données fournies par J. Dubief (1963), R. Capot-Rey (1953), P. Quézel (1965), G.Conrad (1969), J. Schramm (1969) et Ch. Toupet (1973). D'après cette littérature, le domaine qui fait l'objet de cet article, est délimité au nord nord-est par la limite nord des palmeraies ou l'isohyète de 100 mm, et au sud sud-est par la limite de la zone saharo-steppique ou l'isohyète de 50 mm qui constitue l'aire de transition entre la steppe et le vrai désert. Les travaux concernant la géologie du Quaternaire et les cultures préhistoriques au Sahara occidental atlantique sont très rares. Les premières recherches ont été entamées, dans le secteur sud, à la fin du siècle dernier et au début de ce siècle par O. Lenz (1882), F. Quiroga (1886), C. Deperet (1912) et Font y Sergué (1911). Ces études précoces et incomplètes ont été poursuivies des années plus tard par des chercheurs espagnols, en particulier: E. et F. Hernandez Pacheco (1949) et M. Alia Medina (1949) qui ont parcouru la région. D'autres recherches ultérieures ont porté surtout sur le littoral atlantique et le secteur situé entre l'embouchure du Draâ et Raâs Tarfaya. Elles étaient réalisées par un groupe de géologues et géographes dont G. Choubert, F. Joly, M. Gigout, J. Marçais, J. Margat et R. Raynal (Choubert & ci., 1956) suivies des travaux relativement récents de L. Ortlieb (1979). Par ailleurs, parmi les préhistoriens qui ont contribué à faire connaître la préhistoire de ce territoire, citons: J. Santa OlalIa (1944), F. Jorda Cerda (1955), M. Reine (1961) et P. Biberson (1963 ; 1968). Cependant, l'essentiel des travaux récents portent sur l'Holocène et le Néolithique, et ont été effectués par N. Petit-Maire, au cours de cinq missions pluridisciplinaires (géologie, paléontologie, paléoanthropologie et palynologie). Enfin, D. Grébénart (1972) a signalé la présence de plusieurs sites néolithiques et épipaléolithiques dans les environs de Tarfaya. Il est à noter que la majorité des études programmées et systématiques a été conduite sur le rivage atlantique et ne concerne que les derniers 10 000 ans. En 23

revanche, l'exploration préhistorique et géologique du bassin de Tindouf est restée pendant longtemps soumise aux observations de quelques chercheurs en mission de reconnaissance. En effet, les informations peu précises que nous possédons sur la Préhistoire de la région sont fondées uniquement sur les récoltes hâtives effectuées par des méharistes en déplacement. Parmi ces ramassages, il y a ceux qui parviennent à l'I.F.A.N., mais qui ne sont suivis d'aucun compte rendu ni publication. I. Le cadre géographique Les particularités physiques et géographiques du Sahara occidental atlantique se résument en trois aspects morphologiques: les Hamadas, une plate-forme côtière datée du Moghrébien, des dunes vives et des sebkhas. Les dépôts sédimentaires constituant les Hamadas sont disposés en strates horizontales avec une légère inclinaison vers l'intérieur de la dépression de la Seguiet el-Hamra. Les formations géologiques sont d'âge secondaire et tertiaire. A l'ouest, le long de la ligne du rivage une formation gréso-calcaire taillée en falaise surmonte les sédiments marneux d'âge crétacé. Cette formation est recouverte par des accumulations fluviatiles, des regs, des dunes post-moghrébiennes et par d'autres formations superficielles plioquaternaires attribuées au Moghrébien (Alia Medina, 1949; Schramm, 1969; Ortlieb, 1979 ; Noçairi, 1991). Par ailleurs, on sait qu'une importante controverse scientifique a opposé certains spécialistes à propos de son âge stratigraphique. Pour des auteurs comme M. Gigout (1960) et P. Biberson (1961), il est d'âge pliocène. En revanche, pour G. Choubert et ses collaborateurs (1956), le Moghrébien représente la première transgression pléistocène (G. Beaudet, 1968). Cependant, la partie de ce Sahara qui intéresse notre travail, est constituée de deux dépressions: celle de Laâyoune Seguiet el-Hamra à l'ouest et du bassin de Tindouf qui prolonge naturellement la précédente à l'est. 1) La Seguiet el-Hamra Géographes et géologues sont d'accord sur le fait que la profonde vallée principale de la Seguiet el-Hamra est probablement un fossé tectonique datant du Paléozoïque. Ce bassin, long de 400 km sur une superficie de 65.825 km2 est particulièrement dominé par un relief peu accidenté. Il est limité au nord par la Hamada d'EI-Gaâda et au sud par la Hamada d'EIHadeb. La vallée est serpentée par le plus grand oued du Sahara occidental atlantique, sans compter, bien entendu, les oueds Chbeika et Draâ au nord. Depuis l'amont jusqu'à l'aval, il traverse toute une région caractérisée par la planité du paysage. Alimenté en amont par les écoulements provenant de la Hamada du Drnâ, les puits de l'Farsia, et les affluents qui collectent les eaux des plateaux environnants, l'oued Seguiet el-Hamra représente le réseau le 24

plus important de la région. Il synthétise les traits les plus typiques du système hydrographique de ce pays aride (Alia Medina, 1949). 2) Le bassin de Tindouf Au centre, il est occupé. par la Hamada du Draâ. La dépression de Tindouf est caractérisée par une orientation de type atlasique. D'après Alia Medina (1949), elle se présente sous forme d'un anté-fossé de l'Anti-Atlas précambrien. Cette région constitue le domaine des "Krebs" et du matériau dur. La variété des paysages est attestée par des vallons profonds, des dépressions ovalaires et des regs (Schramm, 1969). II. Le peuplement Laayoune et de Tindouf pléistocène supérieur des bassins de

Cette période récente du Quaternaire correspond dans la chronologie préhistorique au Paléolithique moyen. Au Sahara, nombreux sont les auteurs qui désignent les industries post-acheuléenne et anté-atérienne par le terme de "Levalloisien". En dépit de la multiplicité des recherches au Sahara, et particulièrement dans ses parties centrales et méridionales, le Moustérien comme il a été défini en Europe occidentale, n'existe pas ou n'a pas encore été trouvé. L'absence de datations absolues et de toute sorte de repère chronologique, nous oblige à faire le point sur les stations signalées dans une perspective principalement typologique. La typologie demeure encore le critère le plus opérant dans le but de dater un outillage, surtout lorsque les autres critères font défaut. La littérature préhistorique concernant l'industrie étiquetée de "Levalloisien", n'est pas assez précise pour qu'on puisse situer cette industrie dans une phase chronologique. La seule donnée dont on dispose concernant cet outillage, c'est qu'il "se caractérise par des grands éclats, souvent subfoliacés, des bifaces et des hachereaux très réduits, parfaitement finis. Lames brutes, grands racloirs, nucléus levallois y abondent" (Hugot, 1967, p.533). Aucune étude importante n'a été consacrée à ce type d'industrie, appelée souvent aussi "industrie levalloisienne de tradition acheuléenne". Sa présence a été signalée entre autres par R. Vernet (1983) dans l'Adrar de Mauritanie, ainsi que par N. Petit-Maire (1982) en Libye occidentale, où il serait postérieur aux plus hauts niveaux lacustres et correspondrait à la période régressive, ce qui le situerait vers 90 000 ans B.P. (Petit-Maire, 1986, p.63). Au Sahara nord-occidental, H. Alimen et J.Chavaillon (1955) ont recueilli dans les environs de Beni Abbès une industrie analogue façonnée exclusivement dans de la meulière et qui semble être attribuée au Gamblien (Soltanien). A l'ouest, dans le domaine sud-atlasique et au Sahara nord-atlantique, les récoltes sont également d'ordre indicatif mais ne manquent pas d'intérêt. 2S

En 1951, M. Antoine a découvert la station dite "levalloisienne" de Guelmime. Elle fut exploitée par Antoine et Biberson en 1953, puis au cours de la même année par J. Roche (Antoine & Biberson, 1953, p.20). Par ailleurs, et située plus à l'est, R.Lafanechère (1952) a signalé la station "levalloisienne" de Tissint dans le Jbel Bani. Plus au sud, dans le secteur Tindouf/Seguiet el-Hamm, nous devons nous contenter des notes anciennes d'Almagro (1946) et autres. En effet, quatre sites seulement ont été cités par Almagro dans son inventaire: Laayoune, Laghzira, Lameseide et Izik. Ils sont décrits comme un ensemble "levalloiso-moustérien" qui rappellerait le Moustérien européen de tradition acheuléenne. A Tindouf, les renseignements dont on dispose sont fragmentaires. La présence du Paléolithique moyen dans cette contrée est attestée, mais nous manquons de données fiables. R. Mauny, dans sa carte des gisements paléolithiques (1952, p.463), indique la présence du Paléolithique inférieur et moyen, sans nommer l'Atérien. De plus, il y a de fortes chances pour qu'une partie des ensembles lithiques signalés sous l'étiquette d'Acheuléen final ou supérieur appartienne au Paléolithique moyen (Mauny, 1952). Ainsi, à partir de ces maigres indications, nous essayons de rassembler les données qui sont susceptibles de nous éclairer sur le début du Paléolithique moyen saharien. Cependant, la reconnaissance de cet assemblage comme faciès levallois (Camps, 1974), "intermédiaire" (Hugot, 1967) ou Moustérien de tradition acheuléenne, tel que l'entend F. Bordes (1968), ne pose plus de problèmes. En revanche, l'industrie qui fait suite à ce faciès et qui précède l'Atérien est restée moins nette, voire hypothétique. Elle fut souvent qualifiée d'''industrie à substrat moustéroïde". Les principaux sites ayant donné lieu à publications sont la station d'Aouzergui dans le coude du Draâ (Lafanechère, 1952), et deux sites du Sahara nord-atlantique, Timelson et Uidmadkor (Jorda Cerda, 1955). Ces deux derniers gisements ont fourni un outillage formé par des éléments industriels moustériens, notamment les pointes et les racloirs qui sont obtenus selon le procédé levallois. Il est certain qu'on ne peut pas classer avec certitude ces industries dans un cadre chronologique quelconque, mais néanmoins on sait qu'elles appartiennent au Paléolithique moyen et auraient pu être attribuées à un faciès moustérien saharien. Certes, les faits stratigraphiques sont absents, mais les critères typologiques pour distinguer le Moustérien sont présents. D'ailleurs le premier site qu'on peut considérer comme appartenant au Moustérien saharien a été découvert et décrit par A. Rodrigue (1987). Il est situé dans la région d'AkkalTata, non loin de la vallée du Draâ. La station d'Akka a livré une industrie entièrement façonnée dans le quartzite. D'après l'auteur elle se présenterait comme le gisement type d'un faciès saharien du Moustérien, caractérisé par l'emploi de la méthode "kombewa" et par la présence d'un matériel lourd sous forme d'éclats et de hachereaux. Récemment, l'un de nous (M.N.) a signalé la découverte, dans le bassin de Tarfaya, d'un abri sous-roche riche en industrie qui pourrait être attribuée, selon ses premières remarques, au Moustérien. Finalement, le 26

véritable hiatus entre l'Acheuléen et l'Atérien au Sahara dont parlait HJ, Hugot (1967, p,534), semble se combler au moins dans cette région, Nous tenons cependant à souligner que le début du Paléolithique moyen, représenté par l'industrie dite "levalloisienne", n'est pas daté, Les recherches de P. Biberson (1965) en Mauritanie et celles de N. Petit-Maire (1982)en Libye, ont fourni des données qui permettent de rapporter cet outillage au début de l'humide Pléistocène supérieur (Biberson, 1968 ; PetitMaire, 1986). Pour ce qui est de l'Atérien, on dispose actuellement de bien meilleures données, surtout pour ce qui est des franges nord-occidentale, centrale et méridionale du Sahara. En revanche, la partie occidentale qui nous intéresse n'a pas encore révélé ses richesses. Pour Tindouf et ses environs, nos connaissances sont limitées aux renseignements rapportés principalement par des méharistes. Ils ont signalé la présence de l'Atérien et effectué des ramassages de surface qui n'étaient suivis, ni de description, ni de publication. Dans sa contribution à l'inventaire préhistorique du Sahara occidental, H. Bessac (1953) a mentionné quelques pièces pédonculées parmi ses récoltes aux environs de Tindouf et à la hauteur de la Seguiet elHamra. Cette dernière contrée aussi, n'a été prospectée que d'une façon partielle. Si on a recensé plus de 191 sites atériens pour tout le Sahara, la vallée de la Seguiet el-Hamra n'y a contribué que par 17 stations, concentrées essentiellement sur les rives de l'oued et son embouchure. Ces gisements ont été dénombrés, localisés et décrits sommairement par Almagro (1946). Mais, il faut souligner que peu de recherches ont été conduites dans tout le Sahara occidental. La répartition des sites montre un ensemble individualisé autour du cours de la Seguiet el-Hamra et ses affluents. Un coup d'oeil sur la carte établie par Almagro (1946, p.94), corrobore cet état des faits qui ne sont liés en vérité qu'aux itinéraires de l'auteur et à la situation particulière de la dite vallée. Cette dernière a sürement exercé une certaine attraction sur les populations préhistoriques. Les zones restées vides ne le sont pas réellement puisqu'elles n'ont pas été prospectées. Par ailleurs, de toutes les stations présumées appartenir à l'Atérien, une .seulement a été étudiée (Tukatel-Nakhla). La découverte du site et le ramassage ont été effectués par R. Balbin Behrmannet J. Sanz-Aranda vers les années 1973-74. Le décompte et l'étude techno-typologique a été effectué par l'un de nous (Salih, 1990) à Madrid dans le cadre d'un travail de thèse. L'industrie est caractérisée par sa patine et son éolisation accusée. La patine dite "du désert" est d'une teinte jaune foncé. Deux catégories de roches ont été employées inégalement: le quartzite et le silex. La technique utilisée pour la mise en forme de l'outillage est le débitage levallois. L'indice levallois technique est de 40,16 %. L'indice de facettage est fort (50 %). La typologie est dominée par les racloirs (34,89 %), les grattoirs (21,35 %), ainsi que les encoches et denticulés. Les pièces pédonculées sont relativement bien représentées (9,37 %). Le calcul des groupes caractéristiques a montré que le groupe atérien (29,68 %) occupe la place intermédiaire entre le groupe moustérien (35,41 %) et le groupe paléolithique supérieur (23,43 %). Ceci 27

explique que l'Atérien de Tukat el-Nakhla renferme et les formes classiques du Paléolithique moyen et les formes évoluées, ce qui le classe parmi l'Atérien typique. III. L' Atérien paléoclimatique du Sahara nord-atlantique dans son cadre

Les éléments nécessaires pour comprendre l'évolution de la civilisation atérienne dans cette partie du Sahara font défaut. L'absence quasi-totale d'indications autres que celles de l'outillage entrave lourdement notre tentative. Nous ne disposons d'aucune date concernant cette période, ni d'indications sur les conditions climatiques de l'époque, ni sur les faunes et les flores de la région. Nous sommes donc contraints d'émettre des hypothèses en attendant la relance des travaux dans ce secteur du Sahara. Le Bassin tchadien qui a servi en quelque sorte de trame pour ce genre d'études est situé dans la zone sahélienne, loin dans l'espace et trop différent pour nous servir de référence; quoique théoriquement, il semble y avoir une certaine homogénéité paléoclimatique dans tout le Sahara. Les variations climatiques auraient des répercussions à travers toutes les divisions géographiques du désert. D'ailleurs, la phase humide qui est intervenue entre 40 et 20 ka B.P. a affecté le Sahara en général. Les données exploitées par Th. Tillet (1989) vont dans ce sens. L'aride inter-ghazalien du Bassin tchadien, qui a duré de 35 à 30 ka B.P. a été synchrone de la disparition de l'Atérien du Sahara nord-occidental (Till et, 1989). Les modifications climatiques qui se sont succédées dans le Sahara au cours du Pléistocène supérieur, et les alternances humide-aride n'ont pas épargné la zone occidentale atlantique. Il faut admettre qu'il existe certainement des variations à l'échelle régionale, mais en général, les phénomènes climatiques parvenus sont communs à tout le Sahara. Cette hypothèse est confirmée par les apports de la géomorphologie. En effet, les quaternaristes travaillant au Sahara central ont montré qu'il était possible de distinguer au moins trois terrasses alluviales dans les lits des oueds sahariens. Dans la zone médiane et supérieure de la Seguiet el-Hamra, M. Alia Medina (1949) a distingué aussi trois terrasses quaternaires dont la T3 "debe coincidir con los tiempos de la glaciacion de Würm" (Alia Medina, 1949, p.1l8). Ainsi, l'existence de ces trois terrasses alluviales au Sahara central comme au Sahara occidental nordatlantique, montre qu'au moins trois cycles d'érosion fluviatile liés à des pluviaux, alternant avec des périodes d'aridité se sont succédés au Sahara en général. Les recherches pluridisciplinaires qui ont été réalisées dans les secteurs septentrional et méridional du Sahara ont abouti à la même conclusion concernant le début de l'Atérien. En effet, d'après ces résultats, il débute aussi bien au nord qu'au sud, dès le 40ème millénaire avec l'arrivée de la grande phase humide du Quaternaire récent (Alimen, 1981 ; 1987 ; Tillet, 1983 ; 1989). Les datations radiochronologiques obtenues pour 28

l'Atérien du Maghreb lui donnent une ancienneté de quarante millénaires (Camps, 1973 ; 1974 ; Camps & al., 1974). Mais, si l'expansion de l'Atérien à travers le Sahara s'est faite à partir du Maghreb, il faut admettre que le 40ème millénaire n'est sans doute pas la date la plus ancienne qui puisse être envisagée pour le début de l'Atérien (Balout & Roubet, 1980). Son apparition au Sahara paraît démontrée autour de cette date, mais au Maghreb, son détachement de la souche moustérienne est beaucoup plus ancien qu'on ne le pensait. Il faudrait de nombreuses datations absolues avec des méthodes dépassant les limites du 14C,avant de conclure sur la date de l'apparition de l'Atérien. Il est vrai que la connaissance des relations entre la présence humaine et la succession des paléoclimats s'est précisée pour les derniers 40 000 ans. Les travaux de H. AHmen (1955), J. Chavaillon ; (1964), N.Chavaillon. (1974), F. Beucher. (1976) & G. Conrad. (1969) au Sahara nord-occidental, ceux de N. Petit-Maire., Riser J & al. (1983) au nord du Mali et ceux de Th. Tillet. (1989), dans la zone sahéliènne, ont montré que "les variations climatiques sont synchrones, de la limite sud du Maghreb à la boucle du Niger. L'Humide du Pléistocène supérieur débute partout à 40 000 B.P. Un épisode aride lui succède à partir de 20 000 à 18 000 B.P." (H.Alimen, 1987 : 223). Cette vue d'ensemble, proposée par H. Alimen sur les fluctuations climatiques à travers le Sahara, ne concerne pas le littoral du Sahara occidental nord-atlantique, en raison de l'influence océanique à laquelle il est soumis. L'absence de travaux liés à la sédimentologie et à la palynologie, nous privent d'enseignements précieux pour caractériser les paléoclimats du secteur de Tindouf et de la grande partie de la Seguiet el-Hamra. On peut signaler postérieurement à cette contribution, la soutenance de la thèse de Ouammou A. : "Evolution morphologique récente du bas plateau de Tiznit (Maroc)" (Nancy II), qui apporte des informations intéressantes concernant ces paléoclimats (NDLR). La situation particulière de cette partie du Sahara a fait qu'elle est restée à l'écart de l'intérêt général que les chercheurs portent sur les "vrais" déserts. Par conséquent, on ne peut la qualifier, de "vrai désert", d'une part à cause de l'influence atlantique, soulignée notamment par EM. van Zinderen Bakker & J. Maley (1979), et d'autre part à cause du domaine montagneux qui le limite au nord. Ces deux auteurs rapportent qu'au Quaternaire récent, les zones désertiques au sud de l'Atlas étaient occupées par des lacs qui, grâce à l'écoulement montagneux, ont persisté plus longtemps. Pour sa part, Rognon (1967) souligne aussi l'importance de l'humidité et des pluies à l'époque "atérienne". D'ailleurs, au Sahara nordoccidental, la phase saourienne qui correspond à l'Atérienprésente un épisode de sédimentation lacustre et de dépôts travertineux à la sortie des sources abondantes des monts d'Ougarta (Chavaillon, 1964 : 193). D'après Charnley & al (in: Bakker & Maley, 1979: 87), la zone désertique au nord du 20QN était humide à la différence du sud où le climat était plus aride.

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Conclusions De ces données, nous pouvons déduire que durant les Humides pléistocènes, le Sahara occidental nord-atlantique était mieux arrosé que celui qui s'étend sur ses frontières orientales. Il a certainement connu une occupation humaine continue depuis le Paléolithique inférieur, comme en témoignent les vestiges d'industries. Le dépeuplement qu'ont connu les zones sahariennes à partir de 20 000 ans B.P., n'a pas, à notre sens, affecté le secteur atlantique du Sahara. La crise climatique intervenue après cette date et la disparition de la civilisation atérienne du Sahara méridional (Tillet, 1989) et du Sahara nord-occidental (Alimen, 1981), n'avait pas un grand impact sur les Atériens de l'ouest. Au contraire, le Sahara occidental nord-atlantique, au lieu de se dépeupler, est devenu une "zone refuge" et un lieu de migration pour les groupes atériens fuyant l'aridité. L'hypothèse avancée par Th. Tillet (1989) d'une migration longeant le littoral atlantique en direction du Sénégal, semble possible en ce qui concerne les populations atériennes du Sahara central et sud-occidental. En revanche, celles du Sahara nord-occidental auraient pu longer la vallée du Draâ et la zone sud-atlassique pour atteindre la Seguiet-el-Hamra et le littoral atlantique. Ces vallées de grands oueds et leurs affluents étaient des couloirs de végétation et ont dftjouer au Quaternaire un rôle essentiel dans les déplacements humains (Conrad, 19(9). Nous sommes toujours, bien entendu, en pleine hypothèse. Il est fort possible aussi qu'une ancienne migration se soit effectuée le long de la côte de l'Océan depuis la Méseta atlantique. Nous avons soumis à une comparaison les ensembles atériens d'EI-Khenzira couche A de la grotte Il d'EI-Khenzira (fouille A. Ruhlmann, 1936), et celui de Tukat-el-Nakhla. Ils présentent de grandes affinités. Leur différence se traduit en particulier dans la proportion des éclats levallois bruts dont le nombre est très faible à Nukat-el-Nakhla (Salih, 1990). La même référence à EI-Khenzira a été faite par M. Almagro (1946 : 133) pour corréler ses récoltes atériennes de l'embouchure de la Seguiet-el-Hamra. S'ajoute enfin, la situation géographique du Sahara occidental nordatlantique, à l'angle d'un cadre jouissant d'un climat clément favorisé par l'Océan à l'ouest, et d'un écoulement montagneux alimentant d'une façon continue oueds et dayas. Cet avantage géographique a certainement joué un rôle primordial et décisif dans le peuplement humain et animal de cette frange occidentale du Sahara durant le Pléistocène supérieur. De plus, "il est rare qu'un littoral... ne soit pas lié à une occupation humaine; la mer, sorce de nutrition inépuisable et bon repère géographique, a également guidé nombre de migrations. Nous pouvions donc nous attendre à trouver le long de la côte saharienne, (...) les traces d'un peuplement jusqu'à ce jour ignoré" (PetitMaire, 1979 : 69).

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M. Noçairi Faculté des Sciences, Université Cadi Ayyad, Marrakech

36

PICG 252 : EVOLUTION PASSEE Er FUTURE DES DESERTS groupe de travail: les.hommes et les déserts symposium de Solignac - France (13-15juin 1991): "PALEOMILIEUX Er PEUPLEMENT PREHISTORIQUES SAHARIENS AU PLEISTOCENE SUPERIEUR" IGCP 252: PAST AND FUTURE EVOLUTION OF DESERTS working-group: Men and the deserts symposium of Solignac - France (l3-15june 1991): "PALAEOENVIRONMENTS AND PREHISTORIC POPULATIONS OF THE SAHARA IN THE UPPER PLEISTOCENE"

SAOURA - AHNET - NORD ERG CHECH GRAND ERG OCCIDENT AL SAOURA . AHNET - ERG CHECH NORTH GREAT WESTERN ERG
parlby

Y. Callot & Th. Tillet

Résumé: Le Pléistocène supérieur du Grand Erg Occidental reste peu connu en l'absence de datations. L'étude géomorphologique montre que la structure éolienne de l'erg était déjà en place et qu'un important creusement hydroéolien y formait de vastes dépressions fermées. Le réseau hydrographique était très proche de l'actuel. Une série d'oueds en provenance de l'Atlas saharien s'infiltraient en arrivant dans l'aire totalement dépourvue d'écoulements de l'erg et de sa marge nord appelée "Mechfar". L'ensemble est révélateur d'une tendance aride marquée interrompue par une ou plusieurs phases humides à paléolacs très développés. Abridged English Version

The Quaternary of Nord- Western part of Sahara is known essentially in Saoura valley (Ali men, 1952; Chavaillon, 1964 ; Conrad, 1969), except 37

in Saharian Atlas piemont. studied by P. Estorges (1959-61 ; 1965 ; 1969). Holocene was studied by Y. Callot (1984; 1987 ; 1991a; 1991b). but Upper Pleistocene is much less known, datings being missing. Geomorphological study allows the reconstitution of palaeoenvironments of the area. I. The Oued Saoura alluvial deposits and the Saourian The Saoura Upper Pleistocene terrace (Saourian terrace) was carefully examined by H. AHmen (1957), J. Chavaillon (1964) and G. Conrad (1969). In Southern Beni Abbès, it reaches 20 to 25 m of elevation and is composed with fluvio-wind sans and grey-green sandy marls. It diseapears after Foum el-Kheneg. The Saourian sedimentation follows on an important erosion in the oldest deposits. sometimes until the ante-quaternary substratum. The Saourian is divided by J. Chavaillon (1964) in Saourians I. II, III, IV and V (fig.2). The set begins from before 40.000 years B.P. under a semi-arid climate (Saourian I) with deposits which are sometimes swampy as it is proved by the presence of a lignite layer and peat sands in Bou Hadid. Its age is successively >38,000 years B.P. (1-1761) and >39.900 years B.P. (11787). It continues under a subarid climate with dune overhangs which form dams in the valley. Under Saourian II, numerous lakes formed behind the dune bars that partly blocked the valley. Under Saourian III. the climate becomes even more arid with a level of wind blown sand at its base. and then alternating fluvio-wind sands and clearly wind blown sand. Under Saourian IV. there is essentially a period of lake sedimentation in which these are made with sandy limestones dated 30,300 +- 1.500 to 1,300 years B.P. (1-1994) in Foum Tamtert. calcareous-sandstoned crusts dated 22,500 +- 5,000 years B.P. (1-2554) in Foum Seïda. and calcareoussandstoned crusts too dated 19.800 +- 3.700 years B.P. (1-2374) (always in Foum Tamtert. Then we have the return of a climate at most subarid. at least half-arid. Saourian V corresponds to the return of a clearly arid climate with a wind sedimentation but with insertions of sandy limestones with molluscs dated 16,300 +- 3.500 years B.P. (1-1651) in Anefid and which indicates an end to this aridity. The deposits of wind sands are crowned by a calcareous-sandstone crust called "Gô" and dated 14,500 years B.P. (1-1991) in Eidir. Pollin analysis oflignite and Bou Hadid's peat sands (Beucher. 1976) show a mainly grassy vegetation of steppic and aquatic nature. Flora. examined at different levels of the Saourian set. shows a climate, that is initially humid -or rather semi-arid - (Bou Hadid) and then varies between subarid and hyper-aridity. 38

II. Bottoms of ponds in Erg Chech interdune holes and cardium lumachelles and ostracodes in "Pays-Bas" in Ahnet In Erg Chech North, carbonate deposits linkedwith a layer system with charophytes and ostracodes, occupy small ponds in erg interdune bottoms. In Gara-Azzel-Matti, lumachelles with cardium and ostracodes alternate with foluns and small clayed layers whose appearance and thickness indicate a durability of the lake and quiet waters (Conrad, 1969). This humid phase in these very southern regions of the basins first was dated by 14C,between 38,000 and 18,000 years B.P. in Ahnet, and between 24,000 and 18,000 years B.P. in Erg Chech (Conrad, 1969), which is in contradiction with Saoura data as the recharging of layers cannot be explicated any more from Saourian Il. New dates, this given by the desequilibrium of uranium (Th/V) and .carred out on the same deposits (Causse & al., 1988) contest these 14C dates. Indeed, four measures in Kadda in Erg Chech and eleven measures in Gara-Azzel-Matti in Ahnet, have given data between 100,000 and 80,000 years B.P. This means a considerable againg of these formations. III. Chronological position of Aterian in Saoura

The Aterian penetration in North-Western Sahara dates back to the beginning of Saourian sedimentation thanks to the climate first half-arid, next subarid. Later aterian people seem to give up the region when the aridity of Saourian III arrives. But would the hemamian features probably contemporary with Saourian IV and consequently with Aterian developed of Southern Sahara not be a relic of Aterian in North-Western Sahara? These observations about the evolution of Aterian in this northern region of Sahara, closely related with the observations about the climatic and floristic environment of Saourian, shows that Aterian was asahelian civilisation once again it accepted a subarid climate (Saourians I, II and may be IV) and gave up its territory at the time of a hyper-arid pulsation as in Saourian III and may be in Saourian V too. Between Saoura in the West and Mzab plateau in the East, the area can be divided into three parts: 1) the Saharian Atlas range; 2) the hamadas (desert plateaus) of Saharian Atlas southern piedmont eroded in theirnorthern part by great wadis coming from mountains, in their southern part by hydroaeolian closed depressions of the Mechfar country (Callot, 1988 ; 1991a) ; 3) the erg itself, where dunes cover the whole surface. 39

IV. The Great Western Erg evolution The ageof the erg cannot be given with precision, as there are no datings and remains of an older erg. Yet, a previous erg aeolian structure can be found at many scales by the study of location of hydroaeolian closed depressions, situated between the dunes. The size of these depressions shows that theirformation began long before the Upper Pleistocene: - hydroaeolian depressions dug in the erg bedrock forms a vast (200 km diameter) contoured aeolian structure which came into being as early as the Plio-Pleistocene, for it is fossilized by the hamadian crust; - at kilometric scale, deflation "cauldrons" dug in deep sands of the NorthEastern part of the erg contains old sandstone levels showing that the cauldrons existed as early as Upper Pleistocene (Callot, unpublished). The erg existed therefore since the beginning of Pleistocene, with possible but unknown periods of retraction or fixation by a vegetal cover. Its forms were, at least in some areas, the same as now. The lack of prehistoric remains in the erg shows that climatic conditions were already rather dry. V. The hydrographie system

The water drainage runs from North to South. All the Saharian Atlas waters are drained towards Sahara by large cluses giving into the main valleys crossing the hamadas. During the Upper Pleistocene, these valleys had periods of coarse deposits terraces. The last one (Soltanian ?) is 3 to 8 meters high, several kilometers wide, but the Saourian stages cannot be found in its mainly coarse material. During all the Upper Pleistocene, there was the same opposition than now between a drained northern part of the area, and a southern part without flow.ln the North, a main alluviation stage of sandy obstruction occured in the Arbaouat cluse, near El-Abiodh-Sidi-Cheikh. It covers clay beds with peat layers which gave three dates of 30,820 + 1,650 - 1,370 years B.P., 27,330 + 1,050 - 930 years B.P. and 24,650 + 740 - 680 years B.P. (Fontugne, C.F.R.-C.N.R.S., Gif-sur-Yvette). In the southern part, in the Mechfar and the Erg, Pleistocene evolution was very different. If there were no water flows at any time, hydroaeolian depressions were very remarkable palaeolakes sites, filled by the rise of the hamadian water table. Their interest is limited by the aeolian erosion which destroyed nearly all the lacustrine deposits and by the lack of dates. Nevertheless, in some places in the Mechfar, hard lacustrine sediments (carbonates and gypsum) end with a limestone bed with Cyprideis ostracods, located higher than the Holocene deposits. They indicate a main lacustrine stage of Upper Pleistocene. Y. Quinif (C.E.R.A.K., Faculté Polytechnique de Mons) made Uffh datings 40

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Site atérien

Fig. 1 :

Carte générale de la région étudiée avec répartition des sites atériens connus. General map of the region studied with distribution of Atérian sites known.

41

of these limestones which gave ages of 208,000 + 14,300 - 13,000 years B.P. and 147,000 + 21,000 - 17,700 years B.P. The erosion of nearly all this Cyprideis limestones is the indication of predominently dry periods since their deposits. At least, the older deposits of the Holocene rainy period, around 11,000 to 10,000 years B.P., were dated from shells of high lacustrine deposits. The question of a beginning of this rainy period at the end of the Upper Pleistocene can be asked. J. Les alluvions de l'oued Saoura et le Saourien

La terrasse du Pléistocène supérieur de la Saoura (terrasse saourienne) aétéparticulièrementétudiéeparH.Alimen (1957), J. Chavaillon (1964) et G. Conrad (1969). Au sud de Beni Abbès, elle atteint 20 à 25 m de puissance et est composée de sables fluvio-éoliens et de marnes sableuses gris-vert. Elle disparaît après le Foum el-Kheneg et les raisons en seraient d'après G. Conrad (1969, p.267), la dichotomie de son cours au sud du Foum, l'éloignement du Grand Erg Occidental qui l'alimentait en grande partie en matériel sableux et enfin l'aridité croissante du climat au-dessous du 28e parallèle. La sédimentation saourienne fait suite à une érosion importante dans les dépôts plus anciens, parfois jusqu'au substratum anté-quaternaire. Le Saourien est divisé par J. Chavaillon (1964) en Saouriens I, Il, III, IV et V (fig. 2). La série débute dès avant 40 000 ans B.P. sous un climat semi-aride (Saourien I) avec des dépôts parfois marécageux comme le prouve la présence d'un banc ligniteux et de sables tourbeux à Bou Hadid dont l'âge est successivement >38 000 ans B.P. (1-1761) et >39 900 ans B.P. (11787). Elle se poursuit sous un climat subaride avec des avancées dunaires formant barrages dans la vallée. Nous arrivons au Saourien II où se créent de nombreux lacs derrière les cordons dunaires barrant par endroits la vallée. Nous avons alors des alternances de calcaires lacustres, de deux niveaux marneux fossilifères datées à El Ouata de 33 900 +- 1 900 ans B.P. (DF-143, T-428 : sur coquilles de limnées) et de 32 700 +- 1 700 ans B.P. (DF-143, T -429 : Ibid.). Au Saourien III le climat devient encore plus aride avec, à sa base un niveau de sables éoliens, puis l'alternance de sables fluvio-éoliens et de sables franchement éoliens. Le Saourien IV est marqué par une sédimentation lacustre composée de calcaires sableux datés de 30 300 +- 1 500 à 1 300 ans B.P. (1-1994) au Foum Tamtert, de croûtes calcaréo-gréseuses datées de 22 500 +- 5 000 ans B.P. (1-2554) au Foum Seïda et aussi de croûtes calcaréo-gréseuses datées 42

de 19 800 +- 3 700 ans B.P. (1-2374) toujours au Foum Tamtert. Nous avons alors le retour d'un climat au moins semi-aride, au plus subaride. Le Saourien V correspond au retour d'un climat franchement aride avec une sédimentation éolienne mais avec des intercalations de calcaires sableux à mollusques datées de 16300 +- 3500 ans B.P. (1-1651) à Anefid, indiquant une ponctuation de cette aridité. Les dépôts de sables éoliens sont couronnés par une croftte calcaréogréseuse dénommée le "Gô" et datée de 14500 ans B.P. (1-1991) à Eidir. L'analyse pollinique du lignite et des sables tourbeux de Bou Hadid (Beucher F., 1976), indique une végétation herbeuse dominante, à caractères steppiques (composées, graminées. et chenopodiacées), et à caractères aquatiques (typhacées, potamogétonacées et cypéracées), mais aussi une flore arborescente mineure - 5 à 6 % - composée de Tilia, Quercus, Alnus et surtout SaUse. La flore, étudiée à différents niveaux de la série saourienne milite bien en faveur d'un climat d'abord humide - ou plutôt semi-aride (Bou Hadid) puis alternant entre la subaridité et l'hyper-aridité. Cette succession de phases subarides puis hyper-arides, correspond bien aux chronologies climatiques du Sahara méridional et en particulier à celle du Bassin tchadien. Dans la vallée du Guir et dans les Monts d'Ougarta, les dépôts du Pléistocène supérieur sont tout à fait semblables à ceux de la Saoura, mais avec des niveaux à cailloutis interstratifiés dans le Saourien II. Ils contiennent, in situ, au Kheneg et Tlaïa - Monts d'Ougarta - une industrie atérienne (Chavaillon J. & N., 1957a et b et 1962). J. Chavaillon précise (1964, p.243) que cette culture a pu débuter à la fin de la phase de creusement du Saourien et s'achever au Saourien II. Cela se conçoit si l'on

admet avec H. Alimen (1976) que la sédimentation saourienne a commencé
sous une "phase humide" -nous dirions plutôt semi-aride. Nous avons donc là, une occupation atérienne aussi ancienne qu'au Maghreb. C'est certainement aussi au début du Saourien que correspond un cône d'épandage à Beni-Abbès dans lequel N. Chavaillon a découvert un atelier de taille à débitage levallois (Chavaillon J.,I964, p.I98). Sur un palier d'érosion du Saourien III, N. Chavaillon a découvert à Hemama, près de Béni-Abbès, une industrie moustéroïde à débitage levallois à laquelle elle donne le nom d'''Hémamien'' (Chavaillon N., 1964). N. et J. Chavaillon ne considèrent pas cette industrie comme atérienne pour des raisons d'ordre technologique et typologique qui ne nous semblent pas suffisantes pour l'en exclure. Quoiqu'il en soit, sa position sur un palier du Saourien III, laisse présager que sa position d'origine était soit ce Saourien III, soit plutôt le Saourien IV. Cette industrie serait alors contemporaine de l'Atérien évolué du Sahara méridional et du Maroc septentrional.

43

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Fig. 2:

Courbe paléoclimatique du Sahara nord-occidental 1989) : A =hyper-aride, SA sub ou semi-aride.

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(Tillet,

Palaeoclimatic curve of the North-Western
1989): A = hyper-arid, SA = sub or semi-arid.

Sahara

(Tillet,

44

II. Les fonds de mares dans les creux interdunaires l'Erg Chech et les lumachelles à cardium et ostracodes "Pays..Bas" de l'Ahnet

de du

Dans le nord de l'Erg Chech, des dépôts carbonatés, liés à un régime de nappe, à charophytes et ostracodes, occupent de petites mares dans les fonds interdunaires de l'erg. A la Gara-Azzel-Matti, des lumachelles à cardium et ostracodes alternent avec des faluns et des petits bancs argileux dont l'allure et l'épaisseur des dépôts indiquent une pérennité du lac et des eaux calmes (Conrad G., 1969)~ Cette phase humide, dans ces régions. très méridionales du bassin, fut d'abord datée par 14C,entre 38 000 et 18000 ans B.P. dans l'Ahnet et entre 24000 et 18000 ans B.P. dans l'Erg Chech (Conrad G., 1969), ce qui est en contradiction avec les données de la Saoura, la recharge des nappes ne s'expliquant plus à partir du Saourien II. Ces dates 14Csont contestées par de nouvelles, livrées cette fois par le déséquilibre de l'uranium (Th/V) et effectuées sur les mêmes dépôts (Causse C. & al" 1988). En effet, quatre mesures à Kadda dans l'Erg Chech et onze mesures à la Gara-Azzel-Matti dans l'Ahnet, ont donné des dates comprises entre 100 000 et 80 000 ans B.P., donc un vieillissement considérable de ces formations. Les raisons de cette contradiction résideraient dans une légère pollution en 14Crésistant aux prétraitements classiques (Causse C. & al., 1988, p.I464), D'après les auteurs, "plusieurs causes sont possibles: recristallisation d'aragonite en elle-même dans les milieux suffisamment riches en magnésium pour empêcher l'inversion en calcite, échange isotopique avec le CO2 atmosphérique pour les gisements exposés à l'air, production in situ de 14Cà , . partu d e' 13C et 170 par Ies neutrons secon daues ID Ults par Ie rayonnement ' d ' cosmique et/ou par le rayonnement alpha de l'uranium ou du thorium", Comme le soulignent C. Causse, G. Conrad, J.C. Fontes, F. Gasse, E. Gibert et A. Kassir (1988, p.l464), la dernière grande période humide anté-holocène remonte à 100 000-80 000 ans B.P. dans ces régions et ainsi le caractère aride du climat au cours de la fin du Pléistocène supérieur est probable. Cette aridité accrue dans l'Erg Chech, l'Ahnet et aussi certainement le Tanezrouft, renforcée par l'absence d'écoulements allogènes, expliquerait l'absence d'installations atériennes dans ces régions.
.

III. Position

chronologique

de l'Atérien

dans la Saoura

Dans la Saoura, la chronologie climatique du Pléistocène supérieur (fig, 2) est en parfait synchronisme avec. celle du bassin du Tchad. La végétation était relativement abondante le long des oueds mais le caractère psammophile d'un bon nombre d'espèces repérées dans le lignite de base de 4S