Se nourrir au Sahel

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Publié le : samedi 1 juillet 1989
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EAN13 : 9782296221123
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SE NOURRIR AU SAHEL L'alimentation au Tchad 1937-1939

«POUR MIEUX CONNAÎTRE LE TCHAD»

Le but de cette nouvelle collection est de contribuer à l'édification du Tchad moderne en permettant aux Tchadiens de mieux connaître leur pays dans toute sa diversité et sa richesse. Nous comptons publier des travaux inédits, des documents d'archives, des traductions françaises d'ouvrages étrangers et réimprimer des textes devenus introuvables. Nous resterons ouverts à toute suggestion émanant de nos lecteurs. Prochaines publications: Sadinaly Kraton. La chefferie chez les Ngama. Claude Durand. Les redevances coutumières et les ressources des chefS traditionnels dans la Colonie française du Tchad (19041957). Jean Malva!. Ma pratique médicale au Tchad (1926-1928).

POUR MIEUX

CONNAÎTRE LE TCHAD

PAUL CRÉAC'H

SE NOURRIR AU SAHEL
L'alimentation au Tchad 1937-1939

Publié avec le concours du C.N.R.S. et de la Mission Française de Coopération au Tchad

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

La publication du présent ouvrage a été proposée à l'Association POUR MIEUX CONNAÎTRE LE TCHAD par Claude Arditi et Joseph Tubiana avec l'assentiment du professeur Paul Créac'h qui en a assuré la révision.

LISTE DES MOTS-CLÉS Sahel - Tchad

Agriculture - Alimentation - Chasse - Cueillette - Disette Élevage - Pêche - Repas Arabes - Bidio - BilaIa - Dadio - DangaIeat - Diongor HadjeraI - Kenga - Kotoko - YaInas

@ L'Harmattan, 1993 ISBN: 2-7384-0792-7

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Présenté de façon plus moderne, le présent ouvrage est une édition révisée de la thèse de l'auteur soutenue en 1941 [14]. Afin de lui conserver sa qualité de témoignage relatif à une époque bien déterminée, aucune modification n'a été apportée aux termes géographiques et aucune allusion n'est faite aux progrès réalisés depuis dans l'ensemble des domaines étudiés. * A l'occasion de la réédition du texte primitif, de nombreuses corrections d'ordre linguistique et la rénovation de la présentation typographique se sont avérées nécessaires. Le professeur Joseph Tubiana, qui a effectué de multiples missions scientifiques en Éthiopie, au Soudan et au Tchad, et qui a publié d'abondants comptes rendus de ses recherches au cours de sa longue carrière de professeur à l'École Nationale des Langues Orientales, de fondateur et directeur du Laboratoire de Recherches Peiresc du CNRS, et aussi de Directeur du Département d'Afrique Blanche au Musée de l'Homme, a bien voulu très amicalement se charger de cette lourde tâche. L'auteur l'en remercie très vivement et tient à exprimer toute sa profonde reconnaissance à son éminent et érudit collègue. Ses remerciements vont également à M. Claude Arditi, qui a joué un rôle non négligeable dans cette réédition. Il n'oublie pas le personnel qui a éffectué avec compétence la composition du nouveau texte. Bordeaux, novembre 1992 P. C.

Avant-Propos de l'édition de 1941

Le problème de l'alimentation des autochtones est l'un de ceux qui préoccupe le plus les puissances coloniales. La question de son insuffisance a été traitée en un mémoire présenté à l'Académie des Sciences Coloniales par MM. Calmette et Roubaud [6], à la suite duquel des vœux ont été émis par cette Académie tendant à ce que soient développées les cultures vivrières, que soient améliorés les procédés de pêche et de préparation des poissons, enfin que l'élevage soit encouragé au maximum et que la diffusion de tous les moyens susceptibles d'accroître les productions alimentaires soit largement assurée par les services administratifs sous l'instigation des différents services techniques compétents. Le mémoire de MM. Calmette et Roubaud, les vœux de l'Académie des Sciences Coloniales ont retenu tout particulièrement l'attention de M. le Ministre des Colonies qui, le 4 avril 1925, donnait une « Instruction relative à l'ÉtUde Hygiénique de la ration alimentaire des Populations indigènes ». Partout, en toutes nos possessions, cet appel a été entendu, les services responsables se sont mis au travail. Régimes et rations ont été étudiés parallèlement aux besoins des populations, de nouveaux vœux ont été émis, des résultats très encourageants obtenus. Il est impossible de citer ici tous les chercheurs qui ont apporté leur large contribution à la connaissance toujours plus approfondie de l'alimentation sous les latitudes équatoriales et tropicales. Grâce à eux s'améliorera le sort des populations autoch-

tones et le compte rendu du

2e

Congrès International de l'Ali-

mentation organisé par la Société Scientifique d'Hygiène Alimentaire publié sous le titre: La Science de l'Alimentation (Paris, 1937) [38] montre combien leurs études ont été poussées, et combien les résultats obtenus sont encourageants. 7

Personnellement, nous avons essayé au cours d'une campagne de trente-deux mois au Tchad, tontrée demeurée longtemps mystérieuse et qui doit son nom au grand lac d'Afrique centrale, d'apporter notre contribution à l'étude de l'alimentation de ces régions. Semblable étude peut s'effectuer en deux stades. Le premier, stade préliminaire, consiste à dresser un inventaire des aliments de base faisant l'objet de cultures ou résultant de l'élevage, des aliments de complément cultivés, et enfin des aliments de remplacement. _ Il consiste aussi à recueillir et étudier botaniquement un copieux échantillonnage des plantes cultivées et des plantes sauvages alimentaires. A cette partie, nous avons rattaché une étude de la question agricole qui met en relief la somme de travail que doit fournir l'autochtone pour assurer sa subsistance et celle, qui tend à prendre de plus en plus d'imponance, de la préparation domestique des mets. La nature d'un aliment, le fait de le consommer cru ou cuit, d'y ajourer tel ou tel condiment, la durée de la cuisson, la manière dont s'est effectuée cette cuisson sont autant de facteurs qu'il est nécessaire de connaître lorsque l'on veut sortir du cadre de l'unique étude du rendement énergétique d'une ration. Ces observations préliminaires peuvent utilement orienter les recherches à poursuivre, tant sur le plan chimique que physiologique. Il impone en effet de mieux connaître la composition des aliments, leur possible déficience en éléments indispensables et l'amplitude d'une éventuelle altération de certains de ces derniers au cours de la préparation domestique des mets. Des tests de digestibilité et d'utilisation métabolique des composants du régime alimentaire doivent enfin venir confirmer les résultats analytiques et témoigner du niveau de son aptitude à satisfaire les besoins physiologiques. Pareille entreprise demande de longues investigations. Pendant notre séjour au Tchad, nous avons profité de tous les instants de répit que nous laissaient nos fonctions de Pharmacien du Territoire, pour les faire progresser le plus possible. Nous avons ainsi parcouru, le cahier de notes en mains, tantôt en camion automobile, tantôt et sunout à dos de chameau, à cheval, et même à pied, une zone qui s'étend entre le lIe et le 14e parallèle Nord, et du 14e au 1ge méridien Est. Notes et croquis glanés au cours de ces pérégrinations forment l'essentiel de ce travail qui, malgré tous nos effons et la 8

multiplicité des renseignements recueillis, n'a guère dépassé le stade de l'inventaire des ressources alimentaires et de leur utilisation. De nombreuses données quantitatives recueillies sur le terrain ou obtenues au laboratoire de Fort-Lamy viennent néanmoins étoffer cet inventaire. Sous sa forme actuelle, ce travail pourra utilement, pensonsnous, servir de base à des recherches plus approfondies dont nous avons esquissé le schéma, mais qui demanderont la mise en œuvre de moyens beaucoup plus importants que ceux dont nous avons pu disposer.

9

INTRODUCTION

Le pays du Tchad

LES TERRAINS Une rapide description préliminaire des contrées étudiées, assez

exactement situées de 11°45' à 13°30' de latitude N et 14°45'
à 19°15' de longitude E, paraît nécessaire à une meilleure compréhension de l'exposé des recherches qui y furent poursuivies. Explorées pour la première fois par Barth [2] et [3], ces contrées peuvent se diviser en deux grandes régions: les bassins des lacs Tchad et Fitri, d'une part, et la région montagneuse de Mongo, d'autre part. LEs BASSINS LACTCHADET DU LACFITRI DU Le bassin du lac Tchad Zone d'expansion du delta du Chari, c'est une plaine alluvionnaire uniforme, à Mimosées, Balanites aegyptiaca et Hyphaene thébaïca. En amont et à la base du delta le terrain est argileux en majeure partie, c'est le « naga» des Arabes. A travers ces argiles plus ou moins sablonneuses, le Chari a émis des bras remis en eau par les pluies ou par la crue du fleuve. Certains de ces bras sont actuellement morts, c'est-à-dire sans communication ni avec le fleuve ni avec le lac, sauf par-

fois au maximum de la crue; on les appelle des « bahr ».
Dans la plaine se trouvent aussi de très faibles dépressions d'étendue très variable où s'accumule l'eau des pluies, et où peut venir s'infiltrer l'eau de la crue du Chari. Le fond de ces 11

bahr et de ces dépressions est formé d'une terre noire riche en éléments organiques: c'est le « berbéré » qui est cultivé lorsque l'eau de surface a disparu. Enfin, une zone très sablonneuse commence à cinquante kilomètre au nord de Fort-Lamy et s'étend jusqu'au lac: c'est le « goz » (sable mêlé de plus ou moins d'argile). Vers l'Est et le Nord, des bancs de sables recouvrent le pays sur de grandes étendues aux alentours de Skiddadda, Massagueit, Bokoro, Aouni. Si le sable trop fin n'est pas propice aux cultures, le sable suffisamment argileux, le naga et le berbéré sont fertiles et cultivés un peu partout. Le bassin du lac Fitri Ce lac d'étendue restreinte est alimenté par les eaux du Batha et des ouadis (sortes de torrents périodiques) descendant de la région montagneuse de Mongo. Son plus grand diamètre, variable selon la saison, est en moyenne de 35 kilomètres, mais en saison de pluies, une vaste zone marécageuse l'entoure. Une fois libérée de l'inondation cette zone se montre en majeure partie formée de berbéré qui passe latéralement à des formations plus sablonneuses au fur et à mesure que l'on s'éloigne du lac, de quelque côté que ce SOlt.
LA RÉGION MONTAGNEUSEDE MONGO

A l'Est des immenses plaines de la zone précédente dont seuls les rochers de Hadjer-el-Hamis, au bord S.S.E. du lac Tchad, et de Moïto à près de 200 km à l'E.N.E. de Fort-Lamy, viennent rompre la monotonie, le paysage devient montagneux dans la région de Mongo. Le long de la route de Bokoro à Mongo, les premiers reliefs apparaissent avant Boullong et s'élèvent modérément à mesure que l'on se dirige vers l'Est où la zone montagneuse dépasse très largement les contrées faisant l'objet de la présente étude. Les montagnes sont constituées de roches éruptives qui se décomposent lentement en donnant naissance à des formations latéritiques assez fertiles. Plus au Nord, en allant de Mongo vers le lac Fitri, le terrain devient rapidement une plaine sablonneuse et peu fertile d'où émergent quelques amas rocheux espacés à Azy, Diaya et El Birni. 12

Vers le Sud, en pays Kenga, de petites montagnes s'élèvent au -dessus d'une plaine fertile où les surfaces recouvertes d'argile gris-jaunâtre plus ou moins sablonneuse l'emportent largement sur celles de latérite. Dans toute cette région au profil montagneux, les grandes inondations qui noient partiellement les bassins du lac Tchad et du lac Fitri sont inconnues. De ce fait les terres noires n'apparaissent qu'en de rares points et sur des surfaces restreintes.
LE CLIMAT

Le climat est du type continental soudanien. Les Arabes de la région de Fort-Lamy distinguent cinq saisons. En règle générale, les premières tornades isolées font leur apparition au cours du mois de mai et marquent le début de la saison rishâsh. Elles sont très espacées jusqu'au milieu du mois de juillet, où commence la véritable saison des pluies (saison khar1f) qui durera jusqu'au milieu du mois de septembre. Il y aura encore quelques torn~des brèves faibles et isolées jusqu'à la mi-octobre (extrême limite) et ce sera le début de la saison darat. Environ deux mois plus tard, vers la mi-décembre, le rafraîchissement surtout nocturne de la température annonce le commencement de la saison shitâ. Les températures diurnes sont alors très supportables et le demeurent jusqu'au début du mois de mars où commencent les grosses chaleurs de la saison sêf Celle-ci dure jusqu'à l'apparition des premières tornades de la saison rishâsh et le cycle recommence. Mieux qu'un long exposé, un tableau succinct rend compte des conditions météorologiques locales. LE RÉGIME HYDROGRAPHIQUE Il sera étudié tout spécialement dans les chapitres traitant de l'eau d'alimentation.
LA POPULATION

Entre le 13e et le 12e parallèles se situe approximativement la délimitation entre les races du Nord de type et d'imprégnation arabes et les races noires du Sud: Bilala et Hadjeraï vers 13

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l'Est, Kotoko, Moundang, Banana, Sara vers l'Ouest et le Sud-Ouest. Bien évidemment il y eut - et il s'en produit encore - de nombreux métissages et interpénétrations, mais au point de vue des habitudes alimentaires on peut schématiquement distinguer quatre grands groupes dans la région étudiée: Arabes, Bilala, Hadjeraï, Kotoko. Le groupe acabe Il comprend les tribus sédentaires aux alentours de Fort-Lamy, de couleur noire et aux cheveux crépus, mais aux traits souvent assez fins (Salamat). En remontant vers le Nord, le pourcentage d'individus à peau cuivrée augmente. Les précipitations atmosphériques étant moins fréquentes, on rencontre des tribus semi-nomades ayant des villages fixes pour la saison des pluies et vivant en des campements ou férik situés soit près d'une mare, soit à proximité de puits, durant la saison sèche (Ouled Abou-Issé ; Dagana). Enfin, encore plus au Nord mais sans toutefois atteindre la région désertique, on ne trouve plus que des campements d'Arabes nomades, au teint plus clair, très clair même, chez les Ouled Rachid en particulier, et aux cheveux lisses (Ouled Rachid; Ouled Hamid). Tous ces Arabes sont islamisés et représentent l'élément « évolué ». Ils avaient encore assez récemment leurs esclaves, achetés ou razziés parmi les tribus noires sédentaires avoisinantes, et ils jouissent auprès de celles-ci d'un grand prestige. Les Arabes, avec leurs troupeaux de moutons, de bœufs et de chameaux, se sont infiltrés partout. Le groupe bila1a Il peuple la région du lac Fitri. Il est formé d'éléments d'origines différentes mais tous consomment les mêmes aliments qu'ils accommodent de la même façon. Les Bilala, plus nombreux, habitent une large zone tout autour du lac Fitri, les Madago sont à l'Est avec El Birni comme capitale, et, encore plus à l'Est, on rencontre les Diongor AbouTelfane. Les Kouka se sont établis à l'Ouest, et au Nord-Ouest du lac. Tous sont islamisés, agriculteurs et éleveurs. 16

Le groupe dit «Hadjeraï» « Hadjeraï » signifie en arabe « montagnard ». Les Hadjeraï sont donc les habitants de toute cette région montagneuse qui s'étend depuis Boullong à l'Ouest jusqu'à Oum-Hadjer à l'Est, c'est-à-dire au-delà de nos itinéraires. Là, de nombreuses tribus se sont réfugiées pour fuir les razzias des Ouaddaïens, des Baguirmiens, des Arabes et même des Bilala. Ces populations noires diffèrent d'une tribu à l'autre par leurs caractères anthropologiques, leur dialecte, leurs coutumes. Rassemblés dans une même aire géographiquement limitée, tous disposent ici encore des mêmes ressources alimentaires qu'ils ont appris, par voisinage, à utiliser de façon analogue. La principale tribu est celle des Kenga; viennent ensuite par ordre d'importance les Dadio, les Bidio, les Dangaléat et les Diongor Abou-Telfane. Les Kotoko Ce sont des tribus de pêcheurs vivant le long du Chari, de Fort-Lamy au lac Tchad et le long des rives du Logone, jusqu'à une centaine de kilomètres environ en amont du confluent du Logone et du Chari. Il semble, d'après les dialectes, qu'il y ait deux groupes kotoko (qui peut-être à l'origine n'en formaient qu'un seul). Ceux du Nord avec Goulfeï comme capitale et ceux du Sud groupés autour de Kousseri, Logone Birni et Logone Gana. Ayant ainsi pris un bref contact avec le pays et ses habitants, nous étudierons l'alimentation de chacun des quatre groupes de populations que nous avons établis et qui correspondent à quatre types de régimes assez différents.

17

PREMIÈRE PARTIE

L'alimentation

des Arabes

Les Arabes nomades du nord de la région considérée vivent surtout des produits de leurs troupeaux; ils achètent cependant du mil aux sédentaires du sud ou encore échangent ce mil contre des têtes de bétail, des journées de location de bœufs ou de chameaux porteurs, etc. Ils se procurent aussi des dattes à l'oasis de Paya. Plus au sud, les Arabes semi-nomades et sédentaires ont, au contraire, des plantations qu'ils exploitent en même temps qu'ils s'adonnent à l'élevage. S'ils consomment les mêmes mets sous la même appellation, ils font une plus large part aux aliments hydrocarbonés. C'est leur alimentation que nous allons étudier tout spécialement en trois temps. D'abord un aperçu agricole de la question nous montrera les efforts que doit produire le cultivateur pour se procurer des aliments, ensuite nous étudierons la façon de les préparer et enfin les quantités consommées journellement.

19

CHAPITRE

PREMIER

L'aliment végétal de base'

les mils

La grande masse de l'humanité fonde encore sa subsistance sur les céréales. A l'Est, c'est le riz; dans le bassin méditerranéen et chez les peuples qui en sont émigrés, c'est le blé. En la majeure partie de l'Afrique tropicale et équatoriale, c'est surtout le mil dont la zone de croissance commence au sud saharien; sa limite australe coïncide pratiquement avec l'apparition de la forêt. Elle englobe donc le Tchad.

LES DIFFÉRENTS LE GENRE SORGHUM Le sorgho d'hivernage

GENRES DE MILS CULTIVÉS

C'est le doura ou «krougnagna» des Arabes (Sorghum Durra). Les grains en sont habituellement rouges ou blancs, cette dernière variété étant de beaucoup la plus prisée. Le gros mil de saison fraîche C'est Ie «massakoua» (Sorghum vulgare et Sorghum cernuum) dont nous avons pu recueillir une cinquantaine d'exemplaires de variétés différentes, tous pourvus de noms par les agriculteurs qui les reconnaissent aisément d'après leur aspect exténeur. 20

Classification

la classification locale1. PRINCIPE Les épis peuvent être au sommet d'une tige
droite (Sorghum vulgare) ou courbée vers le sommet (Sorghum cernuum) ; dans ce cas les Arabes en font précéder le nom de la désignation «am kiné-djiré» qui indique justement le « coude» de la tige. . Nous avons d'abord divisé les 'épis en trois types (fig. 2).

Nous en avons établi une classification provisoire inspirée de

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breux et nettement plus détachés de l'axe de l'épi. Le deuxième caractère différentiel est la couleur des glumes et le troisième réside dans la présence d'un prolongement apiculé des glumelles, long de 0,5 à 7 mm. Le quatrième est la couleur des grains. Le Sorghum vulgare à tige droite est le plus abondamment cultivé. Le Sorghum cernuum à tige coudée est sans doute une variété du précédent. C'est l'am kiné-djiré des Arabes que nous désignerons par les lettres a.k. d. dans le tableau ci-après.

1. Notre collection d'épis de mil a été remise à Monsieur le Professeur A. Chevalier, professeur au Muséum d'Histoire NatureJle de Paris, Directeur du Laboratoire
d'Agronomie Coloniale et spécialiste de la région du Chari

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une mission scientifique en 1902-1904 [9]. 21

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En fait, on rencontre ici une grande partie des variétés déjà décrites mais avec la seule différence de la courbure de la tige un peu avant l'épi.
LE GENRE PENNISETUM

On l'appelle encore « mil roseau» ou « mil chandelle ». Il en existe au Tchad de très nombreuses variétés se différenciant par les caractères morphologiques, mais aussi par la couleur des grains. Ceux-ci peuvent être blancs, violet-gris, ou en général gris. La teinte grise, elle-même, peut être jaunâtre ou bleutée. Les différentes variétés de mil chandelle ou doukhoun des Arabes ont été rapportées à Pennisetum typhoideum Rich. PROCÉDÉS DE CULTURE ET DE RÉCOLTE
LE SORGHUM DURRA (<<KROUGNAGNA »)

Il est planté vers la mi-juin lorsque le régime des pluies commence à s'établir. Voici les différents travaux que nécessite cette culture. Droits de propriété et choix du terrain En règle générale règne actUellement chez les sédentaires et

semi-nomades le principe que « la brousse est à celui qui la cultive dans les limites du territoire implicitement accordé à chaque village ». La répartition des terrains entre villageois semble par ailleurs obéir à des règles assez complexes. C'est ainsi que parmi les terrains cultivables, le chef de village possède en principe ceux qui sont le plus rapprochés du village. Les Arabes sédentaires ayant peu ou pas de domestiques (des « captifs », disent-ils en souvenir de l'ancien temps), choisissent et cultivent eux-mêmes leurs terrains. Si le chef de village a une réelle autorité et s'il est respecté, il peut posséder des terrains qu'il laisse exploiter par d'autres Arabes de condition inférieure ou meskines moyennant une redevance en nature. Le travail des champs est uniquement réservé aux hommes et aux adolescents: les femmes et les enfants n'y prennent pas part. Les cases étant groupées selon les liens de parenté ou les affmités des occupants, les hommes se réunissent par petites fractions correspondantes et décident d'exploiter tel ou tel terrain. Celui-ci doit être argileux ou argilo-sableux, sans toutefois une grande proportion de sable (naga) et doit en saison sèche être 26

craquelé par la chaleur, ce qui indique qu'il est perméable. S'il n'est pas craquelé, la récolte viendrait plus difficilement. Il doit aussi être situé en un endroit ni marécageux, ni inondé, et cette condition très importante limite énormément en certaines contrées l'étendue des terres cultivables. L'emplacement de la future culture étant repéré, il s'agit de procéder à son aménagement qui demande un minimum de travail et consiste uniquement en un déboisement ou un débroussaillement rendus faciles par la faible densité des arbres et buissons. Il n'est jamais fait usage d'un quelconque amendement du sol. Déboisement et débroussaillement L'Arabe y procédera de deux manières. S'il ne doit abattre que des arbustres épineux (les Mimosées forment la presque totalité des arbres du Moyen Tchad) au tronc de faible diamètre, il se servira de la hache ou {as (6, fig. 3), mais s'il doit s'attaquer à des arbres dont le tronc est plus volumineux, il allumera à la base un foyer et l'entretiendra jusqu'à ce que l'arbre tombe. Ille laissera dessécher, ce qui ne tardera guère puisque le déboisement et le débroussaillement s'effectuent en saison rishâsh pendant laquelle les tornades sont encore très espacées, et brûlera sur place le tronc abattu. Il n'en recueillera pas les cendres pour les éparpiller comme engrais, quoiqu'il reconnaisse qu'à l'emplacement où un arbre a brûlé, «le mil vient plus haut et plus gros quelques années plus tard ». Parfois, le cultivateur ne débroussaillera pas et replantera du mil à l'emplacement même de sa plantation de la précédente saison des pluies, s'il a l'impression que le sol n'est pas épuisé. Pendant trois années, aux alentours de Fort-Lamy, du mil a été cultivé à la même place et il est certain que cet emplacement avait été et sera encore ensemencé. Le rendement a paru faible mais cependant assez satisfaisant. Très certainement, l'absence d'engrais azotés se trouve partiellement compensée par l'apport des pluies d'orage qui approvisionnent le sol en composés azotés formés dans l'atmosphère sous l'effet des éclairs, et aussi peut-être par la prolifération dans le sol de bactéries fixatrices d'azote. Semailles Elles ont lieu dès les premières pluies importantes et suivent les opérations précédemment décrites. Le terrain n'est jamais 27

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Fig. 3 . Instruments aratoIres 1. Zaraya - Houe à manche droit. 2. Kourgas - Houe spéciale aux Bidio (p. 197). Employée pour le sarclage. Les mauvaises herbes étant arrachées sont mises en tas à l'aide de la partie opposée au fer. Celle-ci est garnie d'un lacis de cordelettes en cuir attachées au manche de l'instrument et à son prolongement. 2 bis. - Le fer d'une kourgas. 3. Gafgal - Poinçons à repiquer en bois durci. L'un d'eux est muni d'une pointe de fer. 4. Kadanka - Houe à manche recourbé. 5. Moudgaga - Fléau en bois, d'une seule pièce. 6. Fas - Hache.

28

labouré, parce que l'expérience montre que le mil vient très bien sans cela et aussi parce que ce terrain est presque partout si compact qu'il faudrait, pour mener à bien le labourage de grandes étendues, disposer de puissants engins motorisés. L'agriculteur se sert d'une kadanka (4, fig. 3) ou d'une zaraya (1, fig. 3), la préférence allant à la kadanka, pour érafler la terre sur une faible profondeur (3 à 4 centimètres environ) et sur une étendue de 15 cm de diamètre. Dans le premier cas, il saisit le manche à deux mains et se penche vers le sol qu'il travaille, mais, chose curieuse, il ne plie pas les genoux. Dans le deuxième cas, il est debout et saisit le manche de la zaraya comme celui d'une pelle. Une première éraflure étant faite au sol, il fait un pas en avant, en creuse une autre et ainsi de suite en allant droit devant lui sur toute la longueur de l'espace à cultiver. Ce sera la première rangée (on ne peut pas ici parler de sillon) de mil. Une deuxième rangée parallèle viendra s'ajouter à une distance d'un pas de la précédente, puis une troisième, etc. sur toute l'étendue du champ, étendue proportionnelle au nombre de bras, à la vigueur et au courage des cultivateurs. Le sol étant ainsi préparé, l'Arabe revient à son point de départ, avec un sac de cuir ou une calebasse contenant les grains de mil à semer. Il en prend trois à cinq, se penche légèrement, les laisse tomber à l'endroit où le sol a été gratté, se redresse

et à l'aide de son pied nu recouvre de terre les grains « pour
que les oiseaux et les fourmis ne les trouvent pas ». Quand tout le champ est ensemencé, il n'y a plus qu'à attendre la germination qui se produit trois à quatre jours après la pluie suivante, si elle est suffisante pour détremper le sol, ou dans ce délai immédiat s'il est déjà suffisamment humide. Très fréquemment, vu l'irrégularité du régime des pluies au début de la saison pluvieuse, le mil commence à germer puis meurt de sécheresse, et les semailles doivent être recommencées une, et même, avons-nous vu, deux fois. Sarclage Les précipitations atmosphériques étant suffisantes, le mil croît. En même temps le terrain est envahi principalement par des graminées de différents genres qu'il faut éliminer. Un premier sarclage a lieu, toujours à l'aide de la kadanka, et les mauvaises herbes arrachées sont laissées sur place. Il est du reste remarquable que les graminées sauvages se développent moins bien dans une plantation qu'en brousse. Ce premier sarclage a lieu 29

quand la tige de mil atteint 70 cm environ. Il peut être ultérieurement suivi d'un second si le besoin s'en fait sentir. Ce sont là les seuls soins culturaux proprement dits que nécessite la plantation depuis les semailles jusqu'à la maturation. L'une des raisons pour lesquelles l'Arabe cultive le même emplacement plusieurs années de rang, est qu'il n'a plus à le déboiser les années suivantes et que le sarclage est bien moins pénible, les mauvaises herbes y repoussant en bien moindre abondance . Protection contre les déprédateurs SAUTERELLES Contre un vol de sauterelles qui arrive audessus d'une plantation et fait mine de s'y abattre, il n'y a qu'une solution, c'est de faire le plus de bruit possible en criant, tapant dans les mains, frappant l'un contre l'autre des fragments de calebasses ou battant des sortes de tambours qui rythment les danses, le tout en invoquant Allah et en espérant que les déprédateurs iront s'abattre sur les champs des voisins. Ces moyens sont du reste efficaces, car il est avéré que les sauterelles détestent le bruit et l'agitation. Mais si la plantation est vaste, sa protection n'en est que plus difficile et assez illusoire. Là où un vol de sauterelles s'est posé, là où des nuées de larves sont passées, les épis sont dévorés, les feuilles déchiquetées, la récolte et perdue. Les Arabes ignorent tOut de la lutte anti-acridienne et n'essaient jamais de détruire les larves. Si les vols de sauterelles sont trop nombreux ils couchent les tiges de mil dès que l'épi est suffisamment développé et les grains assez gros, puis laissent la maturation se terminer ainsi. La récolte est moins belle, mais c'est un moyen de la préserver car les sauterelles sont moins attirées par des tiges couchées à terre que par des tiges dressées. Il existe, au sujet des sauterelles, une curieuse légende. Par suite d'un don surnaturel se transmettant de père en fils, un Arabe de la région d'Ati serait le « Père des sauterelles ». Illes nourrirait de viande en un endroit reculé où personne n'a le droit de pénétrer et, le moment venu, leur donnerait la liberté de s'envoler. Il aurait alors la faculté de les diriger vers tel ou tel endroit; aussi les paysans cherchent-ils à assurer leurs plantations contre ce fléau et lui prodiguent-ils des dons. Voici encore quelques années, le « Père des sauterelles» était craint et avait 30

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