SPECIAL ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE

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Au sommaire de ce numéro : Interview du sénateur Serge Vinçon, « redonner à notre défense les moyens d’agir » - Oussama Bin Laden : de la pureté à l’intolérance (Alain Rodier) - Attentas du 11 septembre : la piste saoudienne (Ali Laïda) - Les ONG de l’islamisme (Antoine Colonna) - Le grand jeu de l’Inter Services Intelligence (Philippe Raggi) - Afghanistan : la CIA en mal de sources humaines ? (Jean-Jacques Cécile) - La conception américaine des opérations spéciales (Eric Denécé) - Incident aérien entre la Chine et les Etas-Unis : troubler l’eau pour attaquer le poisson (Philippe Wodka-Gallien).
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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EAN13 : 9782296281004
Nombre de pages : 179
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RENSEIGNEMENT & OPÉRATIONS SPÉCIALES

(Ç)L'Harmattan,

2002

ISBN: 2-7475-2090-0

Centre Français

CCIF~ill de Recherche sur le Renseignement

RENSEIGNEMENT & OPÉRATIONS SPÉCIALES

L'HARMATTAN 5/7 rue de l'Ecole Polytechnique 75005 PARIS

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RENSEIGNEMENT & OPÉRATIONS SPÉCIALES SOMMAIRE N° 9 - NOVEMBRE 2001

Editorial
Eric Denécé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . « Redonner à notre défense les moyens d'agir» Interview du sénateur Serge Vinçon . . . . . . . . . . . . . . .
«

P Il p25

De la pureté à l'intolérance:

l'histoire d'Oussama

Bin Laden» Alain Rodier. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
« Attentats du 11 septembre:
Ali Laïdi «

p37

la piste saoudienne»

....................................

P 61 p69 p75

Les ONG de l'islamisme»

Antoine Colonna. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
« Le grand jeu de l'Inter Services Intelligence
Phili ppe Raggi

(ISI)>> ...............................

« Afghanistan: la CIA en mal de sources humaines? » Jean-Jacques Cécile. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
«

P 107 p 125

La conception américaine des opérations spéciales»
................................

Eric Denécé

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RENSEIGNEMENT

& OPÉRATIONS

SPÉCIALES

« Incident aérien entre la Chine et les Etats-Unis: troubler l'eau pour attraper le poisson» Philippe W odka-Gallien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . P 141

Actualité du renseignement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Colloques et conférences. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bibliographie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Abonnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

P 151

P 159
p 163

P 171

ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO

Jean-Jacques Cécile Ancien membre d'une unité spéciale et du renseignement militaire français. Journaliste indépendant, auteur d'ouvrages sur le renseignement et les opérations spéciales.

Antoine Colonna Journaliste spécialisé sur les questions de défense et de relations internationales. Rédacteur en chef de la lettre INTELLIGENCET E
SECURITE.

Eric Denécé Ancien analyste du renseignement. Docteur en science politique. Président du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R). Rédacteur en chef de RENSEIGNEMENT
& OPÉRATIONS SPÉCIALES.

Ali Laïdi Journaliste spécialisé sur les questions de terrorisme, de sécurité et d'intelligence économique. Collaborateur de plusieurs titres de la presse nationale et de la télévision publique.

Philippe Raggi Chercheur indépendant, spécialiste de la guerre d'Indochine et des questions de géostratégie. Collaborateur de nombreuses revues militaires.

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Alain Rodier Officier supérieur (ER), spécialiste du renseignement militaroindustriel. Il s'est intéressé à la situation en Afghanistan depuis le début des années 1980. Actuellement conférencier dans le domaine de l'évaluation des risques contemporains auprès de grands organismes institutionnels.

Serge Vinçon Sénateur du Cher, maire de St Amand-Montrond, vice-président du Sénat, président de l'Institut Diplomatie et Défense.

Philippe Wodka-Gallien Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, rédacteur en chef adjoint de la revue Enjeux Atlantiques, collaborateur d'Air
Zone Magazine.

EDITORIAL

Premiers enseignements du Il septembre 2001

Contrairement aux discours circonstanciés que nous offre la presse depuis trois mois, le Il septembre 2001 n'a rien d'une date charnière en matière d'événements internationaux. L'horreur et l'impact médiatique des attentats ne doit pas conduire à leur accorder une importance démesurée dans l'histoire du XXe siècle. C'est certes une date majeure dans la vie des Etats-Unis, qui influera sur les esprits comme sur la politique de sécurité nationale. Au-delà, ces événements sont le signe d'une probable montée en puissance des actes terroristes dans le monde. Mais le recul et l'objectivité permettent d'estimer qu'il s'agit d'un phénomène mineur au regard de la disparition de l'URSS et de la fin de l'affrontement Est-Ouest. La portée de cet acte barbare ne dépassera probablement pas celle de la guerre du Golfe ou des crises de l'ex -Yougoslavie. Au demeurant, ce type d'attentat n'a rien de nouveau ou d'exceptionnel. Tout au plus avons-nous envie de dire: ils ont osé! En effet, de telles actions terroristes étaient à craindre depuis longtemps, mais ne s'étaient jamais produites. Car il ne s'agit nullement d'opérations complexes ou technologiquement

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élaborées1 ; ces attaques-suicides auraient très bien pu avoir lieu dès le milieu des années 1970. Il importe de ne pas perdre de vue que cette opération était, somme toute, relativement simple à élaborer et réaliser; détourner des avions avec des couteaux est moins difficile que d'essayer de faire pénétrer armes et explosifs à travers les dispositifs de sécurité aéroportuaires. C'est en revanche le premier attentat réalisé en direct sous les yeux ébahis de l'opinion publique occidentale. Le type d'action choisi par Bin Laden correspond aux critères de l'émotion télévisuelle: synchronisation des événements, images-chocs, correspondances précises avec des scénarios de films catastrophes, etc. Une telle démarche ne relève pas du hasard, mais du choix délibéré de retourner contre l'Occident, en même temps que ses avions, l'une de ses armes les plus offensives: la télévision2. Il convient d'insister sur la dimension symbolique des attentats, davantage que sur le nombre de victimes.

Analyse de l'opération La réalisation des opérations coordonnées du Il septembre ne nécessite nullement les effectifs pléthoriques et les budgets astronomiques dont ont parlé la presse et certains commentateurs dans les semaines qui ont suivi les attentats. Pour le spécialiste des opérations clandestines, une telle action probablement envisagée de longue date, parmi d'autres options - ne représente pas de difficulté majeure; d'abord, parce que l'accès aux aéronefs sur les lignes intérieures américaines n'était quasiment pas contrôlé avant le Il septembre; ensuite, parce que le contrôle aérien du ciel
1 Les médias ont parlé, à tort, d'un «terrorisme de l'ère des NTIC ». Cela est totalement fantaisiste; le seul apport de la technologie, c'est l'utilisation des GSM sous les décombres, dans le quatrième avion et surtout I'hyper-diffusion médiatique grâce à internet. 2 Jean Cluzel, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques, « La tentation de Byzance », discours d'inauguration, 19 novembre 2001.

EDITORIAL.

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américain est beaucoup moins étroit que ce que nous connaissons en Europe. L'organisation d'une telle opération nécessite un renseignement de qualité, une planification simple mais rigoureuse, requérant probablement 8 à 12 voyages sur place pendant les mois précédant l'opération, afin de repérer les possibilités d'action et de vérifier la validité des schémas retenus. Elle peut-être conduite avec une équipe légère de 3 à 4 professionnels du renseignement1, sur une durée de 6 à 12 mois, pour un budget de l'ordre de 10 millions de francs. C'est là une somme dérisoire, à la portée de n'importe quel groupe terroriste ou narco-terroriste du Moyen-Orient, d'Europe ou d'Amérique latine, sans que le soutien d'un Etat soit indispensable. Encore s'agit-il là d'une estimation de membre d'un service secret, qui doit prévoir d'exfiltrer ses agents et ne laisser aucune trace. Or, il importe de ne pas perdre de vue que l'on a affaire à un mouvement terroriste, composé d'individus fermement convaincus de la cause pour laquelle ils luttent et prêts à se sacrifier pour elle; c'est-à-dire des hommes non payés, qui sont hébergés pour la plupart au sein de familles sympathisantes donc très difficilement décelables par les services de sécurité intérieure - voire installés de longue date avec leur propre famille dans le pays cible. Le recrutement des pilotes et des terroristes prêts à se sacrifier ne pose aucune difficulté, car ceux-ci sont sélectionnés pour une tâche précise et, en raison du cloisonnement qui caractérise ces opérations, n'ont pas nécessairement connaissance des autres actions parallèles. Ainsi, rien ne nous dit qu'il n'y ait pas eu 6, 8 voir 10 équipes prêtes à agir en même temps, certaines ayant joué de malchance, d'autres ayant été interceptées, d'autres encore ayant abandonné. En revanche, si l'opération ne comprenait que les quatre cellules opérationnelles dont nous avons connaissance, on peut estimer que les terroristes ont bénéficié d'une chance extraordinaire, ce

1

Sur le plan de la sécurité opérationnelle, il n'est nul besoin de plus
au risque de multiplier les fuites.

d'opérateurs,

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type d'opération étant par nature soumis à des aléas nombreux et imprévisibles. La formation des pilotes a été le volet le plus simple de l'opération. Il est même étonnant que n'ait pas été envisagé l'emploi d'ex-pilotes de ligne ou de chasse arabes gagnés à la cause des terroristes. Les terroristes n'avaient besoin de disposer que des connaissances relativement sommaires, ce qui recouvre tout de même la capacité à s'orienter au-dessus de Manhattan et celle d'amener un avion volant à 800 kmIh à percuter une cible avec le maximum d'efficacité1. A la différence d'une opération de service secret, une telle action se doit impérativement d'être secrète dans sa préparation, mais non dans son exécution. Une fois l'attentat commis, il n'est nul besoin d'en dissimuler l'origine, ce qui explique que traces et indices foisonnent et que les enquêteurs soient remontés assez vite vers les exécutants. Des hommes qui savent qu'ils vont mourir se préoccupent peu d'être discrets après la réalisation de l'opération.

Faillite du renseignement? Devant l'ampleur et l'horreur des attentats, la presse et l'opinion ont immédiatement cherché à désigner des responsables. Logiquement, les services de renseignement américains (NSA, CIA et FBI) ont été des boucs émissaires idéaux. Toutefois, pour que l'on puisse parler de faillite de renseignement, il faudrait que l'on dispose des preuves explicites de celle-ci, c'est-à-dire que nous devrions pouvoir consulter les notes de renseignement qui ont été remises à l'exécutif américain, afin de juger de leur pertinence. Il est trop facile de condamner des organisations - certes nullement infaillibles - qui ne peuvent se défendre pour des raisons de secret. Les informations existaient peut-être, mais n'ont pas été
Certains spécialistes estiment probable la présence d'un transpondeur dans l'une des tours, afin de faciliter le guidage final des aéronefs-suicide.
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prises en compte par un chef de service, à la CIA ou la MaisonBlanche - nous avons, en France, connu une telle situation lors de l'invasion allemande de 1940. S'il Y a eu faillite prouvée du renseignement, elle ne peut-être que globale car cela signifie qu'aucun allié des Etats-Unis - notamment Britanniques et Israéliens - n'a été capable de déceler les intentions des terroristes. Par ailleurs, n'oublions pas un élément fondamental: les terroristes moyen-orientaux ne sont pas des amateurs. Depuis 1948, ils ont acquis une expérience considérable à travers la lutte qui les oppose à Israël. S'ils ont réussi à survivre malgré les efforts déployés par les services européens, la CIA et le Mossad pour les éliminer, c'est qu'ils ont significativement amélioré leur professionnalisme. Ils ont acquis leur expérience sur le terrain aussi bien qu'auprès des services arabes, euxmêmes formés par l'ex-KGB soviétique. Ce sont donc des professionnels du renseignement et des opérations clandestines. Seuls les terroristes se sacrifiant sont des «illuminés », les cerveaux demeurant toujours en arrière. Les auteurs des attentats du Il septembre ont agi en fonction du système de sécurité américain qu'ils connaissent. C'est-àdire qu'ils se sont affranchis des moyens de communication modernes afin d'échapper à la surveillance de la puissante NSA. De plus, ces mouvements terroristes sont extrêmement vigilants quant à leur sécurité opérationnelle: ils se sont organisés en groupuscules cloisonnés, souvent fondés sur des critères ethniques, aux valeurs et à la langue spécifiques; ils ont un appareil de contre-espionnage paranoïaque et n'hésitent pas à tuer dix innocents plutôt que de laisser passer un coupable. Il est donc difficile de les pénétrer au plus haut niveau, là où sont décidées et planifiées les opérations. Si faillite américaine il y a, celle-ci réside probablement dans les lacunes du contrôle des minorités résidant sur son sol, susceptibles de servir de population support pour le terrorisme. C'est un domaine que les pays européens maîtrisent mieux. Toutefois, il demeure difficile de déceler des terroristes qui s'installent quelque part avec leurs familles, sous leur vrai nom,

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avec des vrais papiers en règle, en toute transparence, surtout s'ils sont Saoudiens. Ne peut-on donc rien faire contre ce type d'actions? Les spécialistes savent qu'il y a un nombre infime de cas de figure qu'il est impossible de résoudre, car la sécurité à 100% est une vue de l'esprit. Des parades existent toujours, mais la probabilité d'occurrence de certains événements est tellement faible qu'elle ne saurait justifier le coût qui caractérise les mesures de sécurité correspondantes. On ne peut pas mettre des missiles anti-aériens et des radars partout, ni mettre un policier derrière chaque citoyen.

Comment lutter efficacement contre le terrorisme? La lutte contre le terrorisme doit nécessairement prendre des formes multiples. Le renforcement des mesures de protection apparaît indispensable mais ne résoudra pas à lui seul le problème. C'est par le renseignement - intérieur et extérieur qu'il est possible de lutter efficacement contre ces mouvements, dans une guerre de l'ombre sans merci, en ayant conscience qu'il s'agit d'un travail de longue haleine, nécessitant des approches nouvelles et des moyens importants en matière d' Humint et de Sigint. En effet, rien n'est plus difficile que de lutter contre un mouvement qui n'a ni territoire, ni base arrière, qui fonctionne quasiment sans centre de commandement et qui est entièrement décentralisé: grâce à l'action d'Oussama Bin Laden et son organisation logistique AI-Qaeda, le terrorisme arabe est devenu une très puissante structure virtuelle. Rien à voir avec les cartels de la drogue de Colombie qui disposent tous d'une base territoriale. Or, nos Etats ne savent pas encore lutter contre de tels réseaux virtuels. Pour détruire un réseau comme celui de Bin Laden, il faut frapper simultanément plusieurs choses: - ses circuits financiers, en bloquant ses comptes et ses mouvements de fonds;

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- ses sources de revenus, notamment les «plantations» de drogue qui servent au financement de son organisation (l'Afghanistan est devenu un narco-Etat) ; - les rares centres névralgiques de l'organisation: PC, camps d'entraînement, résidence des décideurs, etc. - les Etats qui le soutiennent, si leur implication est avérée; - les quelques experts des opérations clandestines qui animent et structurent le mouvement; ces spécialistes - formés par les Russes ou les Arabes - sont le maillon essentiel du dispositif. Très souvent, ils sont connus et les services occidentaux disposent de dossiers les concernant. Cela ne veut pas dire qu'ils soient faciles à localiser, à suivre et à attraper. Une autre méthode de lutte consiste à provoquer dissensions et suspicion dans ces mouvements paranoïaques, afin de provoquer leur autodestructionl. C'est ce que font les Algériens contre les GIA ; mais cette décomposition est sanglante parce que les différentes factions - principalement les salafistes - tuent alors n'importe qui: femmes, enfants, vieillards. Il y a des milliers de morts chaque semaine en Algérie.

Les limites de la réaction américaine Personne ne saurait nier l'impact énorme qu'ont eu les attentats du Il décembre sur la société américaine, jusqu'alors particulièrement protégée de ce type d'action. Cependant il est grotesque de voir les Américains faire le parallèle avec Pearl Harbor et comparer le discours de Roosevelt de décembre 1941 avec celui de G. W. Bush du 20 septembre 2001. Ainsi, la réaction de Washington, compréhensible et légitime, prend des proportions démesurées, qui ne sont pas sans choquer les opinions publiques du monde entier: les Etats-Unis déclenchent une guerre pour 6000 morts, alors qu'ils n'ont jamais bougé pour l'Algérie, le Rwanda, le Cambodge ou l'ex-Yougoslavie. Qui se préoccupe aujourd'hui des milliers d'enfants qui
Le SDECE fut expert en la matière. Son intoxication du FLN durant la guelTe d'Algérie (appelée « blelÜte ») provoqua des purges sanglantes au sein de ce mouvement.
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