Sport et civilisation

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296319677
Nombre de pages : 128
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SPORT ET CIVILISATION
Histoire et critique d'un phénomène social de masse

Collection "Espaces et Temps du Sport" dirigée par Pierre Arnaud
Le phénomène sportif a envahi la planète. Il participe
de tous les problèmes de société, qu'ils soient politiques,
,

éducatifs, sociaux, culturels, juridiques ou démographiques. Mais l'unité apparente du sport cache mal une diversité aussi réelle que troublante: si le sport s'est diffusé dans le temps et dans l'espace, s'il est devenu un instrument d'acculturation des peuples, il est aussi marqué par des singularités locales, régionales, nationales. Le sport n'est pas éternel ni d'une essence transhistorique, il porte la marque des temps et des lieux de sa pratique. C'est bien ce que suggèrent les nombreuses analyses dont il est l'objet dans cette collection qui ouvre un nouveau terrain d'aventures pour les sciences sociales.

Ouvrages parus Joël Guibert, Joueurs de boules en pays nantais. Double charge avec talon, 1994.
- David Belden,L'alpinismeunjeu ?, 1994.

- Pierre Arnaud (éd.), Les origines du sport ouvrier en Europe, 1994. - Thierry Terret, Naissance et développement de la natation sportive, 1994. - Philippe Gaboriau, Le Tour de France et le vélo. Histoire sociale d'une épopée contemporaine, 1995. - Michel Bouet, Signification du sport, 1995 - Pierre Arnaud et Thierry Terret, Histoire du sport féminin, 1996, 2 tomes - André Benoît, Le sport colonial, 1996
@ Éditions L 'Harmattan, 1996 ISBN: 2-7384-4292-7

Michel CAILLA T

SPORT ET CIVILISA TION
Histoire et critique d'un phénomène social de masse

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2¥ lK9

Principales publications de l'auteur:

- Le sport en miettes, Orléans, Coopérative d'édition populaire, 1981.
- L'Empire football, Paris, Études et documentation
internationales,

1982 (en collaboration avec Michel Beaulieu et Jean-Marie Brohm). - Les dessous de l'Olympisme, Paris, La Découverte, 1984 (en collaboration avec Jean-Marie Brohm). - L'Idéologie du sport en France, Montreuil, Éditions de la Passion, 1989. Ainsi que diverses contributions et articles pour des journaux et revues: Le Monde, Le Monde Diplomatique, Les Cahiers de l'UNESCO.

Chaque mot suivi d'un astérisque (*) est défini dans le glossaire.

AVANT -PROPOS

Des centaines de millions de pratiquants, de spectateurs et de téléspectateurs, des milliers d'heures d'antenne de radio et de télévision, le sport rythme la vie quotidienne de la planète entière. Phénomène social de masse, il reste tout à la fois omniprésent et méconnu. Omniprésent tant sont disséqués les gestes, commentées les performances, révélées les joies et les peines des athlètes petits ou grands; méconnu tant reste hésitante, confidentielle, occultée et censurée l'analyse de l'institution sportive*, de son origine, de son évolution, de ses valeurs et de ses fonctions politiques, économiques, idéologiques. Premier spectacle du monde - et de très loin -, le sport fait beaucoup parler dans les villes et les villages. On en retient la petite histoire, les exploits fabuleux, les résultats sensationnels ou catastrophiques, les records inaccessibles et toujours battus, on en connaît l'écume, le visible superficiel et on en ignore l'essentiel, le caché, le non-dit. On s'attarde sur son humanisme, son message d'amour, sa mission pacificatrice mais on en devine aussi les imperfections sans souhaiter pour autant le mettre en question, de peur sans doute de briser un beau rêve. A-t'-il toujours existé? N'est-il pas, aujourd'hui comme hier, totalement soumis à des intérêts politiques et financiers? Les entreprises et la télévision, bailleurs de fonds, n'imposent-elles pas leur volonté au pouvoir sportif? Etait-il neutre d'aller à Berlin en 1936, en Argentine en 1978, à Moscou en 1980 ? Quelle signification faut-il donner aux mobilisations chauvines des supporters, à la diffusion massive de l'idéologie de la compétition éternelle, du rendement maximum, du classement permanent? Pourquoi la violence, le dopage, les tricheries? Ces maux, proclame le chœur unanime des laudateurs, ne sont que les perversions d'un idéal. Pour les sportifs qui entraînent rarement leur

esprit critique et ne mettent jamais en question le sens de leur pratique, cette explication est suffisante et rassurante : le sport était pur à l'origine mais il a été détourné de ses buts initiaux. Inutile dès lors de s'interroger sur cette origine et sur ces finalités, et de se demander, par exemple, si l'immense édifice n'est pas bâti sur une énorme tromperie, le mythe de la sportivité. Pour les non-sportifs - élite mondaine qui ne se mêle pas des jeux de la plèbe et masse indifférente aux joutes musculaires - le sport n'est pas, contrairement à l'éducation, l'armée, la famille ou la religion, un fait de société digne de réflexion. Gigantesque machine à fabriquer du consensus, capable de nous imposer sans mal ses idoles et ses positivités illusoires, le sport reste un point aveugle, une terre intouchable parce qu'impensée.

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LA SPORTIVISATION

DE LA PLANÈTE

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