//img.uscri.be/pth/9e72f75886115e1d14865174f6679d64da2845c3
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 17,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

TERMINOLOGIE ECONOMIQUE FRANÇAISE POUR LES PAYS EN TRANSITION

De
256 pages
Les " pays en transition " d'Asie, d'Europe Centrale et Orientale utilisent désormais des règles et des normes propres, jusqu'à présent, au fonctionnement des pays à économie de marché. Leurs récentes options impliquent la mise en place de nouveaux outils et de nouvelles méthodes économiques. Les opérateurs de ces pays doivent se familiariser avec une terminologie économique, financière, commerciale et juridique. Un groupe de chercheurs et d'universitaires présente une pédagogie originale de la terminologie économique française tout en tenant le plus grand compte des spécificités culturelles des pays abordés.
Voir plus Voir moins

r-I i

TERMINOLOGIE

ECONOMIQUE

FRHNÇH I SE POUR LES PRYS EN TRRNSITION

@ Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5548-4

SOUS LA DIRECTION GUY SCHULDERS

DE

TERMINOLOGIE
FRRNÇR
POUR

ECONOMIQUE
I SE

LES PRYS EN TRRNSITION
W.

RNDREFF

F. CHRRPIOT
C. 0 I CK I NSON

H. DIRRNI H. NEFFRTI R. RENRULT G.SRRRF F.SCHULDERS G.SCHULDERS K. SZYMKIEWICZ

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Des mêmes auteurs

ANDREFF Wladimir, Les multinationales globales, Coll. Repères, Éd. La Découverte, Paris 1996. ANDREFF Wladimir (sous la dir.), Le secteur public à l'Est- Restructuration industrielle etfinancière, Éd. L'Harmattan, Paris 1995. ANDREFF Wladimir, La crise des économies socialistes. La rupture d'un système, Presses Universitaires de Grenoble, 1993. ANDREFF Wladimir, "The Double Transition from Underdevelopment and from Socialism", Journal of Contemporary Asia, Manila, vol. 23, n04, 1993. SCHULDERS Guy, Turbulences chinoises, Éd. L'Harmattan, Paris 1989. SCHULDERS Guy, Développement: L'Harmattan, Paris 1991. Stratégies de l'urgence, Éd.

SCHULDERS Guy, Commerce international: La dynamique des rapports de forces, Éd. L'Harmattan, Paris 1992. SCHULDERS Guy, Terminologie économique française à l'intention des apprenants vietnamiens, Éd. L'Harmattan, Paris 1995. SZYMKIEWICZ Krystyna, "L'adaptation du secteur bancaire public polonais aux besoins de financement de la transition", in Le secteur public à l'Est, Restructuration industrielle et financière, sous la direction de W. ANDREFF, Éd. L'Harmattan, Paris 1995. SZYMKIEWICZ Krystyna, La restructuration du système bancaire en Pologne, (en coll. avec J.Y. MOISSERON), Le Courrier des Pays de l'Est, n0389, mai 1994.

SOMMR

I RE

Introduction
(Guy SCHULDERS)

9 19 45 59 71 83 95

Dossier n° 1- Transfonnation et transition
(Wladimir ANDREFF)

Dossier n° 2- La croissance slovaque
(Claire DICKINSON)

Dossier n° 3- Transfonnation et privatisation
(HoudaNEFFATl)

Dossier n° 4- La privatisation en République tchèque
(Claire DICKINSON)

Dossier n° 5- Privatisation et politique industrielle
(Houda NEFFATl)

Dossier n° 6- Le comportement des entreprises dans la transition hongroise
(Agnès RENAULT)

Dossier n° 7- L'industrie roumaine en transition
(Frédérique CHARPIOT)

107 121 135 147 161

Dossier n° 8- L'agriculture et l'agro-alimentaire en Hongrie
(Frédérique CHARPIOT)

Dossier n° 9- La restructuration de l'agriculture en Albanie
(Magdalena BREGASI)

Dossier nOlO-Monnaie et taux de change: le cas du rouble russe
(Hélène DIRANI)

Dossier n° 11- Secteur bancaire et besoins de financement de la transition: le cas de la Pologne
(Krystyna SZYMKIEWICZ)

Dossier n012- L'inflation en Ukraine
(Hélène DIRANI)

173 7

Dossier n013- Le rôle des investissements étrangers dans la transition vietnamienne
(Guy SCHULDERS)

187

Dossier n014- Le rôle du commerce extérieur dans la transition bulgare
(Agnès RENAULT)

199

Dossier n015- Les firmes multinationales au Laos
(Guillaume SARAF)

211 223

Dossier n016- Le rôle de l'aide internationale dans la transition économique: le cas du Cambodge
(Franck SCHULDERS)

Dossier n017- Les risques de dérapage d'une transition rapide: le cas de la Chine
(Guy SCHULDERS) Index alphabétique

237

249

8

l

TERMINOLOGIE ÉCONOMIQUE FRANÇAISE POUR LES PAYS EN TRANSITION

INTRODUCTION

Depuis la fin des années quatre-vingt, le centre de gravité mondial s'est déplacé, à un rythme inattendu, sous l'effet des transformations politiques accélérées qui ont caractérisé les pays socialistes. La nouvelle géopolitique mondiale qui en a découlé s'est construite sous l'effet de deux options fondamentales qui ont complèt~ment modifié le fonctionnement politique, économique et social des Etats concernés: celle de l'ouverture et celle de l'économie de marché. Ainsi qu'en témoignent les bouleversements économiques et sociaux qu'ont connus depuis moins de dix ans tous les pays socialistes de l'Europe Centrale et Orientale mais aussi les pays communistes de l'Asie, ces nouvelles orientations constituent un tremplin pour une croissance économique qui s'avère, en fait, très inégale. La remise en cause des grands réseaux commerciaux qui caractérisaient les relations économiques internationales depuis la deuxième Guerre mondiale a été précipitée par l'effondrement de l'appareil poWico-économique de l'ex-Union Soviétique et du Conseil d'Assistance Economique Mutuel que l'URSS animait depuis quatre décennies. Parmi les pays socialistes d'Asie, le Vietnam, le Laos et la Chine ont dû remplacer rapidement leurs anciens partenaires, qui souffraient d'une situation historique de blocage économique, en se tournant vers de nouveaux clients et fourmsseurs. Par ailleurs, le ralentissement de la croissance économique mondiale, qui a coïncidé avec les grandes turbulences politiques qu'ont connues les pays socialistes en cette fin des années quatre- vingt, a cumulé ses effets récessionnistes avec l'arrêt de l'aide soviétique, plongeant la plupart des anciennes démocraties populaires dans une situation économique généralement préoccupante. 9

Changements économiques et changements terminologiques. Il devient évident que le monde moderne ne permet plus à aucun pays de se recroqueviller au sein de micro-systèmes inefficaces et non rentables. La r~cherche d'un niveau de vie plus élevé pour les populations de tous les Etats recommande une baisse des coûts de production -telle celle qu'engendrent, en particulier, les économies d'échelle- et une utilisation plus efficace des facteurs de production. Or, les économies d'échelle, les prix compétitifs comme la recherche de marchés élargis requièrent une plus large ouverture économique et commerciale vis-à-vis des autres pays marchands. Simultanément, la pratique de l'économie ouverte et l'insertion qu'elle implique au sein des grands réseaux commerciaux mondiaux stimulent l'organisation d'appareils économiques compétitifs, l'utilisation judicieuse des facteurs de production nationaux, la recherche de techniques efficaces concernant non seulement la production, mais également la gestion, la distribution, la prospection de nouveaux clients ou la mercatique. A ce niveau, il est rapidement apparu aux économistes des pays socialistes d'Europe Centrale et Orientale comme à ceux du continent asiatique -à l'exception, pour l'instant, de la Corée du Nord- que l'entrée progressive dans le concert international des nations marchandes devenait concevable par l'adoption des normes productives, affinées depuis des décennies dans les économies soumises aux règles du marché. Or, celles-ci imposent rigueuI et rationalité dans la gestion économique des nations qui s'y réfèrent. A l'évidence, une telle mutation ne saurait être immédiate, et les pays socialistes entrent dans une phase de transition dont les rythmes et les séquences ne sont pas encore parfaitement codifiés. L'utilisation par les pays en transition de règles et de normes propres jusqu'à présent au fonctionnement des pays à économie capitaliste implique la mise en place de tout un arsenal de nouveaux outils monétaires, de nouveaux moyens de paiement, d'un système de change au vocabulaire spécifique et de nouveaux concepts théoriques. Ces outils procèdent de la dynamique économique de marché et mettent en œuvre les processus multiplicateurs; ils requièrent également de nouvelles méthodes de mesure et de vérification comptables qui prennent en compte les nouveaux concepts de l'équilibre macro-économique. Il convient en réalité d'élaborer une terminologie économique, financière, commerciale et juridique dont les équivalents peuvent ne pas exister dans les langues des États concernés. Parfois, des termes sont employés, tant dans les PECOI qu'en Chine, au Laos et au Vietnam, sans que leur signification ni leur portée ne soient clairement perçues ni totalement maîtrisées par leurs utilisateurs; l'exemple typique en la matière est le concept d'actionnarisation qui est souvent utilisé, principalement au Vietnam, de la manière la plus large comme synonyme de privatisation, voire de dénationalisation.

I PECQ = Pays d'Europe
10

Centrale

et Orientale

Un secteur pédagogique insuffisamment exploré. Il n'existe pas, pour l'heure, de méthode pédagogique qui enseigne aux économistes francophones des pays en transition ces concepts, nouveaux pour eux, ainsi que leur contenu économique. Comme nous l'avons fait dans notre ouvrage réalisé à l'intention des apprenants vietnamiens2, notre objectif est également ici de présenter une méthode pédagogique originale qui se démarque d'un enseignement du français des affaires, -dispensé avec grande compétence par nos collègues de français de spécialité-, sans toutefois nous orienter vers un cours de science économique ou d'économie politique. La méthode d'enseignement de la terminologie économique que nous suggérons est conçue de manière à permettre une pédagogie différenciée et flexible, adaptée autant que possible aux différents publics concernés: 1- Un enseignant pourra être amené à accueillir un auditoire d'apprenants ayant une activité économique ou financière dominante et possédant, en outre, de bonnes connaissances de français courant. Dans ce cas de figure, une attention particulière pourra, certes, être portée au perfectionnement du français, et des encouragements en ce sens pourront être formulés de manière répétée, si le professeur le juge utile, tout au long du cours dispensé. Cependant, l'esprit de l'enseignement consistera plutôt à proposer, en guise d'approfondissement des connaissances, une réflexion pratique et des débats thématiques adaptés au niveau de compétence linguistique et scientifique des apprenants. 2- Dans d'autres cas, l'enseignant se trouvera devant un auditoire d'apprenants ayant suivi une formation à dominante littéraire (interprètes, traducteurs ou professeurs de français), qui désireront approfondir leurs connaissances linguistiques ou enrichir leurs propres enseignements par une meilleure maîtrise des concepts et de la terminologie économIques. Il est clair, qu'un enseignement de Français, à quelque niveau qu'il se situe, doit toujours poursuivre un objectif réaliste et utilitaire: les élèves des écoles de commerce et les étudiants des. universités, futurs acteurs de la transition économique de leur pays, entendent, pour la grande majorité d'entre eux, utiliser leurs connaissances de français ailleurs que dans le seul domaine littéraire ou linguistique, et émettent le vœu d'accéder aux concepts de la terminologie économique dont leur pays, leur administration, leurs ministères, leurs banques, leurs entreprises, leurs partenaires, leurs clients et leurs fournisseurs auront désormais à se servir. Motivations et propositions. Puisque les différents pays en transition d'Europe et d'Asie, anciennement ou encore dirigés par des appareils politiques d'inspiration marxiste-léniniste, se sont engagés sur une voie originale de croissance et de développement, les économistes savent, comme nous l'avons évoqué pré2 TERMINOLOGIE ÉCONOMIQUE FRANÇAISE Éditions L'Harmattan, Paris 1995. à l'intention de,ç apprenants vietnamiens, Guy SCHULDERS,

Il

cédemment, que les orientations de leur pays sont désormais celles de l'ouverture et de l'économie de marché.3 Ils savent pertinemment que, dans cette perspective, ils seront amenés à utiliser des synergies économiques ou des procédures que nous manions en Occident depuis longtemps mais qui n'ont pas systématiquement cours dans leur pays, parce qu'elles ne relèvent pas de leur histoire, de leur mentalité, de leur langue, ou de leur culture. Ceci est ressenti, en particulier, par les économistes francophones nationaux (français langue Il ou français langue étrangère) ainsi que par les négociateurs français qui les côtoient. La proposition que nous formulons consiste: -à élaborer une pédagogie de la Terminologie Économique française à l'intention des apprenants francophones des pays en transition d'Europe Centrale et Orientale et d'Asie, adaptée au contexte spécifique de chaque pays; -à tenir le plus grand compte des spécificités interculturelles, mais aussi intraculturelles. Celles-ci amènent, en effet, les économistes et les cadres administratifs à agencer d'une manière originale les priorités nationales, ainsi que les réponses qu'ils apportent aux impératifs du développement durable incluant, à titre d'exemple, des coûts nouveaux et parfois élevés relatifs à l'écologie et à l'environnement. Il sera donc important, dans ce cas de figure, que les acteurs économiques de ces pays connaissent la signification des concepts socio-économiques auxquels se réfère l'économie de marché et ceux de l'environnement et de l'écologie. Mais à l'inverse, il apparaît non moins nécessaire de savoir dans quelle mesure les partenaires français, qui dénoncent parfois les règles qui gèrent les économies en transition, imposent eux-mêmes à leur propre processus productif des normes rigoureuses, respectueuses de l'environnement; -à proposer aux responsables administratifs, aux hommes d'affaires, aux gestionnaires et aux futurs cadres de ces pays une définition des concepts de base qui va bien au-delà de la simple recherche d'un terme équivalent dans leur langue courante ou dans leur pratique administrative. Si les outils économiques utilisés par les pays en transition relèvent désormais d'une certaine forme d'ouverture et d'économie de marché, la terminologie économique ne saurait être expliquée en utilisant le cadre d'une gestion antérieure qui procédait de démarches idéologiques ou répondait à des objectifs historiques difficilement compatibles. Les pays en transition d'Europe Centrale et Orientale, et encore davantage ceux du continent .asiatique, sont nombreux et très différents les uns des autres: une véritable mosaïque hétérogène de situations souvent inédites tant sur le plan historique, politique, économique, social qu'ethmque.

3 Dans le monde, seuls quatre pays importants restent encore dirigés sur la base de critères marxistesléninistes par des appareils politiques généralement autoritaires, le plus souvent placés sous le contrôle d'un parti communiste unique: Cuba (12 mns h), la Chine (1215 mns h), la Corée du Nord (25 mns h), le Vietnam (75 mns h). D'autres pays comme le Laos (4,6 mns h) ont un régime officiellement "populaire" et aspirent également à se développer en observant les règles de l'économie de marché. 12

Notre démarche consiste donc à rechercher, à partir de l'observation de la vie économique, sociale et administrative actuelle de chacun de ces pays, les concepts et éléments terminologiques dont la maîtrise est nécessaire pour apporter une réponse économique cohérente aux préoccupations de leur transition nationale. Les publics concernés et la méthode proposée. Les remarques précédentes montrent que nous nous adressons à plusieurs publics: -à un public de professionnels, administratifs, économistes, agents commerciaux, utilisant le français langue Il plutôt que le français langue étrangère; -a un public d'étudiants, de professeurs de français, d'interprètes, souhaitant connaître et utiliser le français économique en tant que langue étrangère; -nous savons aussi, combien les hommes d'affaires francophones des pays en transition, qui sont amenés à travailler davantage dans un environnement international, sont de plus en plus soucieux d'intégrer le français économique dans leur pratique. Ceci est évident dans les pays à forte tradition francophone (Roumanie, Pologne, Vietnam, Laos, Cambodge). Une méthode pédagogique relative à la transmission des concepts de terminologie économique française, dans le contexte ainsi défini, doit être édictée par l'environnement politique, économique et social actuel de chaque nation, qui fournit le cadre et détermine le support d'une telle pédagogie. Cette méthode relève ainsi d'une démarche pluridisciplinaire qui favorise les contacts et une collaboration étroite entre praticiens et collègues nationaux et français, exerçant leurs activités dans les domaines de l'économie ou au sein de disciplines connexes et complémentaires. Dans cet esprit, nous avons tenu le plus grand compte des avis et remarques des spécialistes français et étrangers francophones de la Communication lntercu/turelle, de la langue française de spécialité, de la langue et de la culture de chaque pays étudié. Nous avons écouté les conseils qu'ont bien voulu nous prodiguer les experts et chercheurs des organismes scientifiques travaillant sur les langues et civilisations des régions concernées. À la base de notre pédagogie, nous admettrons, que dans un contexte de changement systémique, toute traduction ne saurait être que très approximative, et qu'en matière de terminologie économique française, une explication claire, même succincte, vaut mieux qu'une recherche rapide, en langue nationale -ou parfois en anglais! - d'un équivalent qui s'avérera très souvent ambigu, inexact, mal adapté ou inexistant. Pour cette raison, et en attendant que les expériences de transition soient plus avancées et davantage intégrées dans les pratiques économiques nationales, nous estimons qu'il convient avant tout de préciser les concepts 13

économiques et leur contenu, plutôt que de proposer un lexique de termes correspondants qui, au demeurant, n'existeront peut-être pas dans les langues nationales officielles. À ce sujet, l'enseignement de type ancien selon la tradition, qui consiste à faire lire une phrase par l'apprenant, à l'arrêter sur un terme économique complexe, puis à lui en demander la traduction dans sa langue, pour ensuite continuer la lecture du texte, ne semble pas approprié à la pédagogie que nous proposons; celle-ci consiste, d'une manière systématique, à demander aux participants une explication en français ainsi que des précisions relatives au contexte de référence dans lequel se situe le concept évoqué. L'enseignant rectifiera ou complétera les réponses de l'apprenant. Par ailleurs, dans le cas des pays en transition du continent asiatique, des expériences récentes et des malentendus linguistiques, parfois à un haut niveau administratif, montrent que la perception et la traduction de concepts économiques par des professionnels originaires de ces pays et installés en Occident depuis de nombreuses années ne correspondent pas forcément à celles que proposeront leurs compatriotes qui sont actuellement aux affaires dans les pays dont ils proviennent: en schématisant, l'on pourrait dire que, le Vietnamien de Hanoi, son compatriote de HoChi-Minh- Ville et l'économiste français d'origine vietnamienne n'auront pas obligatoirement la même approche terminologique.4 À notre connaissance, et pour les raisons que nous venons d'évoquer, personne ne peut être certain, au moment où nous publions ce manuel, d'être en mesure de fournir une traduction convenable dans chacune des langues des pays concernés d'Europe Centrale et Orientale et d'Asie, de l'ensemble des concepts d'économie de marché. Les dossiers pédagogiques. Concrètement, nous diviserons la vie économique des pays des apprenants en dix-sept dossiers généraux. Ceux-ci fourniront une présentation globale, et si possible comparative, de l'environnement et du cadre de vie des ressortissants des différents pays en transition de l'Europe Centrale et Orientale et de l'Asie, ainsi qu'une base termina logique qui servira de support à notre pédagogie. Tous les dossiers seront présentés d'une manière quasi identique, permettant d'établir une cadence régulière, adaptée à un bon déroulement de l'enseignement. Au début de chacun d'entre eux seront introduites de brèves indications méthodologiques ayant pour objectif de situer le thème abordé dans la progression pédagogique que nous nous sommes imposée. 1- Ces indications seront suivies d'un texte principal de trois à cinq pages
4

C'est pour cette raison que nous avions décidé, après en avoir longuement débattu avec nos collègues étrangers en 1995, de ne pas adjoindre de lexique bilingue à la suite de notre manuel de terminologie économique française à l'intention des apprenants vietnamiens. 14

qui expliquera le problème que nous avons "ciblé", rencontré par l'un des pays en transition de manière caractéristique ou avec une particulière acuité. 2- Un second document (autre texte, graphique, tableau) fera suite au texte principal et pourra servir de base à un commentaire qui sera guidé par l'enseignant. À la suite de ces documents suivront: 3- une sélection de termes de français courant dont le niveau de difficulté pourra justifier une explication ou une clarification de la part du professeur ; 4- une sélection de termes ou de concepts économiques. Pour chaque document présenté, les termes courants seront expliqués ou/et rapprochés d'un ou de plusieurs synonymes ou approximations permettant une meilleure compréhe~sion du thème; les concepts économiques seront définis avec précision. Etant donné la flexibilité que nous avons souhaité conférer à ce type de pédagogie, et surtout vu la diversité des publics susceptibles d'être concernés, plusieurs définitions, généralement graduelles, pourront être présentées par les différents auteurs pour un même concept économique. Les apprenants pourront rappeler, discuter et comparer les diverses définitions rencontrées. 5- Des questions relatives au texte seront posées aux participants, et devront fournir l'occasion d'une participation collective ou individuelle, contrôlée et rythmée par le professeur en fonction de la provenance du public présent et du temps dont il dispose pour dispenser son cours. Un texte à trous sera également proposé aux participants. Les règles que nous nous sommes fixées pour la constitution de cet exercice peuvent ne pas coïncider avec celles que les professeurs de linguistique ou de français pour étrangers observent habituellement. L'objectif assigné relève en effet, non pas de la linguistique mais de la connaissance et du maniement corrects des concepts économiques. Pour chaque texte à trous nous avons empiriquement retenu seize possibilités, estimant, de manière pragmatique, que ce nombre était tout à fait compatible avec la longueur de l'exercice proposé. Les solutions des textes à trous sont présentées dans le désordre, dans un tableau placé à la suite du texte. Le participant exercera son choix parmi les seize possibilités offertes. En outre, ce même texte pourra fournir à l'enseignant l'occasion de présenter des explications et des concepts supplémentaires en fonction du t~mps dont il dispose, de l'origine professionnelle et du niveau de connaissance de français des participants. 6- Une courte présentation des orientations théoriques dont relève le thème "ciblé" sera proposée, ne recherchant en rien l'exhaustivité scientifique, mais visant avant tout: . à indiquer au lecteur étranger en quoi la théorie économique fournit des indications, explications ou solutions aux problèmes spécifiques 15

que rencontre son pays au cours de son processus de transition ou de transformation; . à avancer une réflexion critique concernant la crédibilité de la théorie économique existante face aux problèmes spécifiques de la transition, de la transformation ou de l'évolution des pays concernés. . le cas échéant, à restituer la pensée économique française vis-à-vis des problèmes, souvent inédits et insuffisamment étudiés, de la transition économique. Des discussions de fond pourront ensuite être induites par les explications apportées à la suite de l'exercice précédent, sur la base, par exemple, d'une réflexion liée au fonctionnement de la vie économique ou sociale dans le pays étudié (construction des infrastructures, planning familial, économie de marché, formation, législation du travail, etc.) 7- Dans certains dossiers, et pour quelques thèmes particuliers, des indications succinctes seront fournies pour relater, de manière comparative ou contrastée, les circonstances dans lesquelles le thème développé de manière principale à propos d'un pays particulier est "vécu" par les autres pays en transition. Ces indications pourront prendre la forme de textes, de graphiques ou de tableaux. Un tableau ou un texte, de contenu généralement plus théorique que les précédents, pourront être présentés en annexe. Le professeur décidera de l'opportunité de développer ce document durant l'intervention de groupe, ou de le donner à étudier aux participants, en partie ou dans sa totalité, sous forme d'un travail écrit, réalisé d'une manière qu'il indiquera, puis exposé et corrigé lors d'une séance ultérieure. Choix des thèmes, choix des pays Étant donné le nombre important des pays étudiés et des thèmes évoqués, nous avons choisi de rédiger ce livre de manière collective. La répartition des thèmes et des pays ciblés a été réalisée en fonction des centres d'intérêt des auteurs. Ceux-ci ont eu toute latitude dans la composition de leurs textes ou dans le choix des articles ou publications qui leur ont semblé les plus représentatifs des concepts qu'ils souhaitaient préciser. Une harmonisation de la présentation et de la démarche pédagogique leur a été demandée lors de la rédaction des différents chapitres. Ce même ensemble de dossiers peut s'adapter de manière souple à l'élaboration d'une pédagogie prévue pour une durée variable, comprise entre 15 et 45 heures: 1- 15 heures: enseignement de dix séances d'une heure et demie, à l'intention de participants dont l'origine professionnelle est principalement axée sur l'activité économique, commerciale ou financière, ayant de surcroît d'excellentes connaissances de français. Pour ce type de pédagogie, le premier texte peut être abordé en groupe, et les définitions ou explications fournies par les apprenants. Selon le choix fait par le professeur, le reste du dossier ou l'annexe qui lui est adjointe seront travaillés, de manière individuelle, pendant le cours ou 16

en dehors de la séance d'enseignement. 2. 30 heures (20 séances d'une heure et demie) : durée optimale pour un enseignement concernant des apprenants de formation économique, qui possèdent, de surcroît, des connaissances correctes de français courant. Une annexe ou un autre texte récent et significatif, choisi par l'enseignant dans le cadre du même thème, pourront être travaillés individuellement par les participants. 3. Session intensive de 30 heures (5 jours, 6 heures par jour ou 10 jours à raison de 3 heures quotidiennement) : cadre pédagogique très favorable à la préparation de boursiers ou stagiaires devant se rendre en France pour y poursuivre des études d'économie ou de gestion. 4. 45 heures (30 séances d'une heure et demie) : cette durée permet de travailler l'ensemble des textes proposés et autorise l'enseignant à s'attarder, au cas par cas, sur certains des concepts économiques ou théoriques. Elle peut être adaptée à un semestre ou à une année universitaire complète.

t~'::~"~~~~!,~~:!Ell~~~:!!.!i'!!:!:tai.~:".:n ~~~~ri:.W"" IMonnaie et taux de change: le cas du rouble rus
"~~~__'_'_~'w"~,~"""~~"",_"",,,,,,,,,'~"""..m~,...,..'

i

're et besoins de financement 'on : le cas de la en Ukraine rôle des investissements vietnamienne

de la

étrangers dans la tran-

rôle du commerce extérieur dans la transition

!Lesfirmes multinationales au Laos
...,,_,,_m"_"'_'~~'"~''''''~''m'''~'''~''''''_'''''''''''

ILe rôle de l'aide internationale dans la transition léconomique : le cas du Cambodge

17

Dans l'ensemble des pays en transition de l'Europe Centrale et Orientale et de l'Asie, les nouvelles orientations politiques adoptées par les Gouvernements respectifs depuis la fin des années quatre-vingt amènent les économistes à rechercher des voies, le plus souvent originales, pour organiser et promouvoir les processus nationaux de croissance et de développement. Ces processus relèvent de circonstances généralement inédites et aboutissent, le plus souvent, à des politiques économiques elles-mêmes sans précédent, rarement codifiées par la science économique traditionnelle, surtout en ce qui concerne leur rythme et leurs séquences. Ces processus économiques, couramment engendrés dans la turbulence, ont cependant plusieurs points communs: -le renoncement plus ou moins explicite ou avoué à un système politico-économique d'obédience marxiste-léniniste trop rigide et l'aspiration à un type de développement qui admet les orientations de l' économie de marché; -l'acceptation d'une croissance économique axée sur l'ouverture et le commerce international; -la recherche des avantages conférés par la régionalisation et la multinationa/isation des activités économiques. Les agents économiques de ces pays sont généralement disposés à s' informer des caractéristiques de l'économie de marché auprès de leurs actuels ou futurs partenaires occidentaux. Dans cet esprit, nous sommes convaincus que la connaissance du français économique sera le meilleur support des échanges économiques et qu'à leur tour, ceux-ci constitueront l'un des plus solides vecteurs de développement de la francophonie.

Guy SCHULDERS, mai 1997

18

DOSSIER n° 1 TRANSFORMA TION ET TRANSITION (Wladimir ANDREFF) Les pays d'Europe çentrale et orientale (PECO), les,pays de la Communauté des Etats Indépendants (CEl) et les Etats baltes sont engagés dans un changement systémique, dénommé transition ou transformation. Supposé les conduire vers l'économie de marché, ce changement est inachevé et comporte des coûts économiques et sociaux. L'objet de ce dossier est de présenter l'ensemble des principales composantes de la transformation systémique, détaillées dans les dossiers suivants, à savoir: désétatisation, libéralisation, réformes institutionnelles, stabilisation macro-économique, ouverture extérieure, réorientation des échanges vers l'Ouest, privatisation et restructuration. Et de proposer une première évaluation des résultats atteints. 1- LES TEXTES 1.1- Désétatisation et libéralisation. L'effondrement des régimes politiques communistes, entre 1989 et 1991, dans les PECQ et en URSS, a ~urpris les économies socialistes, administrées par économies socialistes

l'Etat et centralement planifiées, au moment même

où elles traversaient une grave crise économique ca-I fiées ractérisée par un ralentissement de la croissance économique, une chute de la productivité, une aggravation des pénuries, une forte inflation et une I pénuries
l.

centralementplani-

dette extérieure inquiétante.

!

Les nouveaux gouvernements qui se sont succédé au pouvoir dans ces pays (qu'ils soient libéraux, sociaux-démocrates ou néo-communistes) se sont lancés dans un changement de l'ancien système économique qui a été immédiatement qualifié par I les économistes libéraux de transition vers une éco-I transition demarché nomie de marché pleinement constituée; ou, com- ! économie me l'a écrit Vaclav Klaus, premier ministre de la Ré-I 19

publique tchèque, vers une économie de marché! régulée sans adjectif (ni sociale, ni régulée, ni mixte, etc.). mixte Ces économistes s'attendaient à une transition quasi instantanée symbolisée par les termes thérapie de thérapieechoc d choc au niveau de la politique économique et big bang pour ce qui concerne les réformes institution- bigbang
I

nelles.

Sept ans plus tard, la transition apparaît comme un I mation de l'économie planifiée en une économie où i privée le marché et la propriété privée des moyens de pro-I propriété duction et des capitaux ont un plus grand rôle, sans! être omniprésents, même dans les pays les plus omniprésents avancés dans la transition (Hongrie, République tchèque, Slovénie). Dans plusieurs pays de la CEI, cette mutation est encore à peine entamée en 1996. l mutation Ceci révèle que le changement de système se heurte I à des inerties et à des obstacles liés aux anciens inerties
I,

I

long processus, pour l'heure inachevé, de transfor-I

formatwn systemique, plutot que de transItton vers I hétérodoxes
I

comportements et aux anciennes structures de I comportements l'économie socialiste. Des économistes moins libé-I structures raux o~ hétérod~x~s préfère pt donc parler .d~ tranS-!libéraux

I

l'économie de marché, en raison de la longueur et transformation sysde la lenteur du processus de changement d'une! témique part, et d'autre part parce qu'il n'est plus parfaite-I ment assuré que l'issue de cette transformation soit I une économie de marché sans adjectif. Elle a toute \ chance d'être une économie mixte (Hongrie), une! économie mixte économie de capitalisme sauvage (Russie), une Icapitalisme sauvage
économie de marché avec autogestion
de marché à régulation

(Pologne),
étatique (Ré-I

autogestion
I

une économie

régulationétatique
I

publique tchèque, Slovénie).

Une première composante de la transformation est
la désétatisation de l'économie. Elle comporte tout

composante
I

Idésétatisation
I

d'abord le démantèlement a mIS fm a la plamfIcatIOn

des institutions et de l'or-I démantèlement Imperattve, a obJecttfs Iplanification Impe. .,

ganisation de l'ancienne économie planifiée, qui est prat~qu~m~nt achev.é.dan.sle~ pa~s el! tr~siti~n. <?nI formulés en quantités physiques. Les ministères sectoriels, organes d'administration
éC9nomique qui avaient tutelle sur les entreprises

Irative \
I

ministères sectoriels

d'Etat, ont été supprimés. "Le plan, c'est la loi", I vieille maxime stalinienne, n'est plus qu'un souve-I maxime nir. La production, l'approvisionnement et les livrai- ! 20

I entreprises d'État

sons ne sont plus planifiés, mais laissés au libre jeu

du marché; la désétatisation s'accompagne ainsi I

I

d'une libéralisation de l'économie: les agents sont i libéralisation
libres de produire, d'entreprendre les transactions I de leur choix (le commerce intérieur est libéralisé), I y compris hors des frontières nationales (libéralisa-I tion du commerce extérieur), la majorité des prix I sont libres, c'est-à-dire se forment selon la loi de i l'offre et de la demande, et ne sont plus fixés par I des autorités étatiques. La plupart des pénuries ont i disparu. La liberté d'entreprendre, de créer une en-I treprise privée, est encouragée et validée par la lé-I gislation. Désétatisation et libéralisation n'ont ce-I

p~ndant pas mis totalement fin à l'intervention de

I

l'Etat dans l'économie. Celui-ci continue à verser I des subventions (bien qu'en diminution), des pres-I tations sociales (en rapide augmentation pour cou-I vrir les coûts sociaux de la transition: licencie-llicenciements ments, chômage, pauvreté) et cherche, par une ré-I réforme fiscale forme fiscale, à augmenter ses prélèvements sur. l'économie -sans grande efficacité d'ailleurs, faute I d'une réelle administration fiscale (qui n'existait pas I dans l'ancien système). I Malgré l'encouragement aux activités privées et les I

programmes de privatisation (voir infra), le poids du secteur public reste important, et dans plusieurs! secteurpublic
I

pays en transition, il est largement prépondérant. III prépondérant y représente entre un tiers (République tchèque) et I

près de 90% (Bélarus) du produit intérieur brut, I tales. I
I

alors que le poids du secteur public est inférieur à I 20% dans toutes les économies de marché occiden- :

Les principales réformes institutionnelles qui sont intervenues dans les économies en transition visent I à recréer l'environnement économique favorable à i

la création d'entreprises de type capitaliste (sociétés! par actions, sociétés à responsabilité limitée, coopé- i
ratives privées, entreprises individuelles) et à assusoit effective et loyale, sans

i

rer que la concurrence

i loyale

quoi l'économie de marché soumise à des mono-! monopoles poles privés pourrait ne pas atteindre l'efficacité es-I comptée. : L'adoption de nouvelles lois sur les sociétés et de ! nouveaux codes de commerce va dans ce sens. ! 21

Elle est complétée pa~ la transformation des an-

ciennes entreprises d'Etat en sociétés par actions

i
I

(corporatisation selon le terme anglais fréquem-I corporatisation ment utilisé), les rendant similaires aux entreprises! publiques occidentales, et par la marchéisation (pour 'commercialisation' en anglais) de ces entre-, commercialisation prises, ce qui signifie qu'elles devront être gérées I comme des entreprises privées, réduisant leurs pertes éventuelles, couvrant leurs dépenses par leurs recettes et, si possible, dégageant un profit. En un mot, les entreprises doivent être soumises à une contrainte bud gétaire dure. Pour cela , les ban- contrainte budgétaire dure ques ne doivent plus ouvrir de crédits automatiques aux entreprises trop déficitaires, ni accumuler des créances douteuses et les créanciers doivent pou- créances douteuses voir engager une procédure de faillite. Une loi sur les faillites a été adoptée dans tous les pays en tran- faillite sition, mais n'a vraiment été appliquée à grande échelle qu'en Hongrie. Les comptes des entreprises doivent donc être transparents et tenus selon les règles des nouveaux plans comptables inspirés des pratiques occidentales. Une réglementation et une juridiction antitrust visent à garantir des comporte- jurUiicdon andtrust ments concurrentiels, avec un succès mitigé dans mitigé les PECQ, mais sans grands effets dans les pays de PEC~ CEI la CEI. Toutes ces réformes sont intervenues dans des économies déstabilisées, héritées de la crise des éco- déstabilisées nomies socialistes. Une tâche urgente était donc de mener une politique de stabilisation macro-écono- stabilisation macromique cherchant d'abord, selon les recommanda- économique tions habituelles du Fonds Monétaire International, Fonds Monétaire à ramener l'inflation à un taux (inférieur à 10-12% International par an), permettant aux agents économiques de formuler des anticipations fondées, voire rationnelles. anticipations fondées Une politique monétaire restreignant la masse de rationnelles monnaie en circulation est supposée atteindre ce but, accompagnée d'une politique d'austérité budgé- austérité taire, dans la mesure où les économies socialistes finançaient les déficits de leur budget d'État par l'émission de monnaie. La réduction de la taille du secteur public...en limitant les dotations et les subventions de l'Etat à ses entreprises, est aussi supposée agir dans ce sens. Un second objectif des politiques de stabilisation est 22
I

de rétablir les comptes extérieurs, en améliorant le I solde de la balance commerciale (en créant des ex-I cédents d'exportations sur les importations), de fa-I çon à réduire les paiements extérieurs et, autant que I possible, à diminuer le niveau de la dette extérieure du pays. Alors, l'économie étant stabilisée, selon les recommandations de la Banque mondiale, une politique de croissance économique pourrait faire, suite à la politique d'austérité, grâce à une amélio-I ration de l'efficacité et de la productivité d'une éco-I nomie assainie et où l'allocation des ressources se ' fait de plus en plus par le marché, éventuellement accompagnée d'une politique (industrielle) de re-I
I I !

lance des investissements (certains recevant le soutien de la Banque mondiale) ; elles est d'ailleurs engagée dans quelques PECQ, tels la Hongrie, la,

relance

Pologne et la Slovénie.
1.2- Stabilisation et transition

I

La politique de stabilisation a connu un succès par-I

tiel. Les taux d'inflation ont nettement chuté dans

taux d'inflation

les PECQ et les États baltes, beaucoup moins dans les pays de la CEI. Presque partout ils restent audessus de l'objectif assigné (taux à un chiffre), tout assigné simplement parce que l'inflation n'a pas qu'une ori~ gine monétaire: dans plusieurs pays les subventions étatiques perdurent, des rigidités de l'offre persis- rigidités del'offre tent, mais surtout les conflits autour de la répartition des revenus, entraînant des comportements d'indexation de ces revenus sur les prix, continuent indexation d'alimenter l'inflation. D'un autre côté, la reprise de I la croissance économique et des investissements, cr?issance éconoainsi que des progrès de la productivit~ sont enre- mlque gistrés dans la plupart des PECQ et des Etats baltes,
mais dans presque aucun pays de la CEI.

,
I

Cette reprise compense à peine, dans les PECQ, la chute de la production qu'a provoquée pendant trois I ou quatre ans l'austérité de la politique de stabilisation, chute qui n'a pas encore cessé dans la CEI. La conséquence de cette politique (à laquelle s'ajoutent les effets des restructurations) est la mon- i
!

23

tée très rapide du taux de chômage pendant la tran-

taux de chômage

sition et qui a toute probabilité de se maintenir élevé tant que toutes les transformations de l'appareil de production ne sont pas achevées. La reprise de la croissance n'a quasiment pas fait baisser le taux de chômage dans les PEC~, sauf en Pologne et en République tchèque. Après s'être améliorés au début de la transition, les soldes de la balance commerciale en devises se détériorent à nouveau dans tous les pays concernés, sauf en Russie. La libéralisation du commerce extérieur a entraîné une plus grande ouverture de ces ouverture pays aux échanges avec les pays occidentaux, soutenue par l'adoption de tarifs douaniers peu élevés par l'abandon de la quasi-totalité de leurs barrières à l'échange (quotas, licences d'importation et d'expor- quotas .
tation).

Mobilisant toutes leurs ressources et leurs stocks exportables, les entreprises des pays en transition ont réalisé une réorientation de leurs exportations (permettant de financer leurs importations) vers les marchés occidentaux pendant les deux premières années de la transition. Mais leurs produits se sont heurtés au protectionnisme pratiqué, sinon affiché, des économies de marché occidentales, et notamment de l'Union Européenne en ce qui concerne les produits sensibles et les produits agricoles. Or, deux années n'ont pas suffi pour changer profondément la spécialisation internationale des pays en transition et l'adapter à la demande mondiale et aux contours des protectionnismes existants. Il en est ainsi parce que la re-spécialisation des économies en transition dépend de la restructuration de leur production. Les stratégies de transition escomptaient qu'une rapide privatisation serait l'instrument de cette nécessaire restructuration de l'industrie et de l'agriculture. En fait, la privatisation n'a pas été rapide, sauf en Hongrie, en Estonie, en Russie, en République tchèque et, un temps, en Slovaquie; et la rapidité de la privatisation n'a pas nécessairement entraîné d'importantes restructurations. Tout dépend des méthodes de privatisation utilisées. Les petites privatisations sont un succès incontestable dans toute la zone.
24

protectionnisme affiché
produits sensibles

contours

restructuration

privatisation méthodes deprivatisation

En revanche, la privati sation des grandes entre-I prises s'est heurtée à de nombreux obstacles: ab-, sence d'une vraie économie de marché et notam-! ment d'un marché des capitaux (Bourse des valeurs) développé, insuffisance de l'épargne par rapport à l'ampleur des actifs à privatiser, comportement d'aversion pour le risque des épargnants, rareté des I aversion professionnels requis (courtiers, juristes d'affaires, fiscalistes, experts-comptables, audits), inflation trop forte, actifs physiques obsolètes en particulier, obsolètes dans l'industrie lourde, trop peu d'entrepreneurs po- !
,

!

tentiels.

Le bilan des grandes privatisations est donc moins I brillant. Les partisans des privatisations rapides, par i tout moyen, mettent en avant le cas de la Répu-I blique tchèqu~ où la très grande majorité (81%) des entreprises d'Etat, grandes et moyennes, a été trans-I férée sous la proprié~é d'agents ou d'entités écono-I miques distincts de l'Etat central. I . ) D'un autre côté, on ne peut omettre qu'aucune en-I treprise significative n'avait encore été vraiment pri-I vatisée, fin 1995, dans les programmes de privatisa- ) tion de pays tels que l'Arménie, l'Azerbaïdjan, j l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan. Par contre, la République tchèque, la Hongrie, l'Estonie, la Lituanie et la Russie ont déjà transféré , plus de la moitié de leur~ grandes entreprises à I d'autres propriétaires que l'Etat central. I Sur l'ensemble des cas de privatisation recensés!
I '
1
1 '

I

dans les pays en transition, seulement 6 204, soit l 13,1 % du total, ont été réalisés ear la vente des aC-j tifs des anciennes entreprises d'État. Il n'y a eu, enl outre, que 31 cas d'offre publique de vente sur lesl offrepubliquede

marchés boursiers émergents jusqu'à la mi-1995. Î vente
La faiblesse relative des privatisations par par vente est! privatisations

à l'origine des problèmes et des échecs qualitatifs de! vente
la privatisation. Ceci signifie que les quatre-cin-I quièmes des privatisations dans les PECO et la CEIl ont été réalisés par des méthodes" originales", oùl l'élément de vente est symbolique ou inexistant,! symbolique telles que la privatisation de masse, la reprisel privatisation e d

(rachat à un prix privilégié ou par remise gratuite dei masse
titres) de l'entreprise par ses salariés, par restitution

Irestitution
25