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Ville cité et Antiquité

168 pages
La cité antique peut-elle encore, aujourd'hui, servir de modèle ? Alors que l'Europe se met en place progressivement, que la mondialisation devient chaque jour réelle, beaucoup de consciences se trouvent perturbées et réclament une plus grande proximité avec le pouvoir. La ville peut-elle constituer ce cadre ? C'est en effet en ville que se regroupe la majorité de la population mondiale; c'est donc en son sein que les débats doivent se dérouler. Cela suppose-t-il la disparition de l'Etat ou simplement une adaptation ?
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MidifrzrrlJnirzJS
Revue de l'association

Méditerranées

Publiée par le Centre d'Etudes Internationales sur la Romanité et avec le concours de la Faculté de Droit de La Rochelle N° 33

- 2002

\iillçz, eit~ çzttIntiquit~

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique 75005 Paris

L'illustration de couverture est extraite de l'Hypnerotomachia Poliphili (le songe de Poliphile) l, ouvrage de Francisco Colonna, écrit en 1467 et imprimé par le Vénitien Alde Manuce en 1499.
@L'Hannatlan,2003 ISBN: 2-7475-3669-6 ISSN : 1259 - 1874

1 Curieuse fantaisie allégorique, en un mélange de latin et d'italien (avec des passages en grec et en hébreu) ; l'ouvrage, illustré de belles gravures sur bois d'un artiste inconnu, est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs livres illustrés de la Renaissance.

Membre d'honneur: Guillaume CARDASCIA (professeur émérite d'Histoire Assas) Directeur de pubHcation : Jacques BOUINEAU (coordonnateur Caire) Comité de lecture:

du Droit - Université

Paris II -

de la fùière française de Droit de l'Université du

Hassan ABD ELHAMID (professeur d'Histoire et de Philosophie du Droit - Université Am Chams du Caire) Claude ANDRAULT (professeur d'Histoire de l'Art - Université de Poitiers) Ivan BILIARSKY (maître de conférences d'Histoire du Droit - Université de Varna)
Jean-Marie CARBASSE ' (professeur d'Histoire du Droit - Université de Montpellier I) Pierangelo CATALANO (professeur de Droit romain - Université La Sapienza de Rome) Jean-Marie DEMALDENT
(professeur de Sciences Politiques

- Université

Paris

X - Nanterre)

Jean

DURLIAT (professeur d'Histoire médiévale Mirail) Jean-Louis GAZZANIGA (prêtre, agrégé de Droit) Gérard GUYON
(professeur d'Histoire du Droit

- Université

de Toulouse-le-

- Université

Montesquieu

- Bordeaux

IV)

Andréas

HELMIS (professeur d'Histoire du Droit - Université d'Athènes) Sophie LAFONT (professeur à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes) Bernadette MENU (directeur de recherche au C.N.R.S - Montpellier) Cemil OKTAY (professeur de Sciences Politiques - Université d'Istanbul) Marie-Luce PAVIA (professeur de Droit Public - Université de Montpellier I)

Secrétaire de rédaction: Solange SEGALA
(maître de conférences Rochelle) d'Histoire du Droit

-

Université

de

La

poim~
Qui voudr8 voir tout Cfl qu'ont pu n8turfl, b'8rt flt Ifl cifll, 'Romfl, tfl viflnnfl voir: J'flntflnd~ ~'i1 Pflut t8 gr8ndflur concflvoir p8r Cfl qui n'fl~t qUfl t8 mortfl pflintQrfl. 'Romfl n'fl~t plu~ ; flt ~i 1'8rchitflcturfl QUfllqufl ombrfl flncorfl dfl 'Romfl f8it fflvoir, C'fl~t commfl un corp~ p8r m8giqufl ~8voir Tiré dfl nuit hor~ dfl ~8 ~épu1turfl.

bfl corp~ dfl 'Romfl fln cflntrfl fl~t dflV811é, et ~on fl~prit rfljoindrfl ~'fl~t 811é ~u gr8nd ~~prit d~ c~ttfl m8~~fl rondfl. M8i$ ~fl~ écrit~, qui ~ont lot Ifl plu~ bfl8U M81gré lfl t~mp~ 8rr8chflnt du tombfl8u, font ~on idol fl flrrflr p8rm i Ifl mondfl.

Joaehim krz$ (lntiquiti$

du J3rz//ag drz Romrz

~ommfjjr/Z
Jacques Bouineau
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
9

Éditorial.

Pierrangelo Catalano Initia Urbis Giovanni Lobrano Problèmes actuels de Droit à travers le Droit (public) romain Maria Pia Baccari Civitas Augescens Jacques Bouineau Ù mythe de Sparte Marie-Luce Pavia Pour une relecture méthodique de la leçon d'Aristote sur la cité comme forme poli~ue Hassan Abdelhamid L'autonomie locale en Egypte dans la logique de l'Etat moderne Varia Alexandra Philip Stéphan Introduction à l'étude des mécanismes judiciaires sous l'Ancien Empire égyptien

11 17 37 45

75 89

111

Comptes rertdus
1Tad.uctions .... ................. .. .............................. .. ............. .......... ........ ...... ....... ..

155
161

editori[jj

une plus grande harmonisation, d'autres souhaitent diversité, source de richesse. Parallèlement, la construction conduit à s'interroger faut-il sur les pouvoirs une autonomie exercés à l'intérieur relative, une administratifs:

O
A

N ENTENDDE PLUSEN PLUSDE VOIX, aujourd'hui, s'interroger découpages administratifs territoriaux en Europe: certains

sur les veulent

maintenir la européenne au

de ces découpages décentralisation, pendant restent

contraire un relais d'une autorité centrale? Ces débats vont nourrir longtemps encore la mise en place de la politique européenne. l'intérieur de ces débats, les arguments échangés

relativement convenus: on part de ce qui existe dans les différents pays et on songe à une harmonisation ou à une modélisation. C'est ainsi que les villes n'ayant plus depuis longtemps d'indépendance politique sur le territoire européen, on envisage peu qu'elles puissent jouer un rôle dans l'Europe de demain. Il convient donc de se poser la question de savoir si la ville peut être un Nous proposons de de la civilisation lieu de discussion, une cité au sens antique du terme. repartir des leçons de l'Antiquité et de l'observation méditerranéenne pour ouvrir quelques pistes de réflexion.

Le code de Justinien comporte une défmition juridico-religieuse de la ville: il s'agit de tout ce qui se trouve renfermé à l'intérieur des murs, sauf pour Rome où le terme s'applique aussi aux faubourgs et à la banlieue. C'est à l'intérieur de ces murs qu'est né le peuple romain, au sens juridique du terme (v. l'article de P. Catalano). La ville se présente donc, dans l'Antiquité romaine, comme le creuset dans lequel se sont organisés les pouvoirs publics. La civilisation méditerranéenne héritera de cette culture et, même si,

Jacques Bouineau

comme

nous

l'écrivions

à l'instant,

la ville n'existe

plus

de nos jours

de

manière autonome, il demeure, en Europe du sud, une culture liée à ce passé historique, que certains auteurs (tel G. Lobrano) n'hésitent pas à opposer purement et simplement à l'Etat tel qu'il a pu se développer dans le nord de l'Europe. Pour eux, les villes méditerranéennes en œuvre le contrat de société. Et c'est aussi anciennes ont inventé et mis à l'intérieur de ces villes que

s'est posée la question de la citoyenneté (comme le rappelle M. Pia Baccari). Forts de cette expérience, ne pourrait-on pas, aussi, se rattacher à une culture intellectuelle? présidant aux rapports les membres intellectuelle Dans les cités grecques, la philosophie politique sociaux a mis en avant l'idée d'intérêt commun à tous mais part à Sparte ailleurs. la logique Derrière le plus loin que nul

de la cité. Tel fut le cas partout, a été poussée

sacrifice austère tirer aujourd'hui

de tout un peuple à sa cité, quelles leçons pouvons-nous où, différence essentielle avec l'époque spartiate, l'individu

est devenu une réalité à part entière? A notre avis, Sparte peut aujourd'hui nous donner des idées pour faire de nos villes de véritables espaces de discussion, de création et de convivialité; à l'heure où l'on parle beaucoup de
« citoyenneté »,

il peut être utile de lancer le débat. D'autres (M.-L. Pavia)
du holisme à l'individualisme, à l'époque moderne, pour

partent

du passage

noter que la ville moderne ne peut plus ressembler à la cité antique, car les collectivités territoriales au sein de l'Etat deviennent identiques: il n'y a donc plus de place spécifique pour la ville au sens antique du terme. Du moins dans les premiers temps de la modernité; aujourd'hui et, encore une fois, en raison de la construction européenne, la question de la place de l'individu dans la ville et de la ville dans l'Etat se pose de manière leçons de l'Antiquité prennent toute leur actualité. D'autant regarde les choix opérés dans certains pays méditerranéens différente et les plus que si l'on (l'Egypte en

l'occurrence), on constate que la ville est aujourd'hui expressément reconnue comme une unité administrative, jouissant de la personnalité morale, alors que dans l'Antiquité la cité n'y existait pas. Toutefois, cela ne signifie pas que les villes contemporaines d'Egypte jouissent arriver, H. Abdelhamid imagine la disparition de l'autonomie locale. Pour y de l'Etat national. Ou du moins

la conciliation d'un pluralisme juridique (dans lequel des cités, au sens antique du terme, auraient leur mot à dire) avec un Etat moins centralisé.

Jacques

Bouineau

10

Initia

arbi~
d~ It) vill~

fi propO$ d~ 1{zJ;$~ne~jaridieo-r~/iSi~a$~

I. Déjinitionjuridico-religieuse

de la Ville Curbs)

dernier siècle de la République:

L
Paul
f(

A DEFINmONJURIDICO-REUGIEUSE E LAVILLE (urbs) nous est transmise D par la compilation de Justinien, à travers un texte du juriste classique Pomponius, qui rapporte l'opinion de Alfenus
f(

Varus,

juriste

du

D. 50,16,239,6

'Urbs' ab urbo appéUata

est: urbare est aratro deftnire. Et Varus ait urbum appeUari curvaturam aratri, f quod in urbe condenda adhiberi solet» (f(Le terme urbs, ville, tire son étymologie de celui urbo, qui signifie labourer à l'entour. Varus dit qu'on appelle urbwn la courbure tracée par le so.cde la charrue, dont on a coutume de se servir pour tracer D. 50,16,2
f(

les limites d'une ville à bâtir»

; trade H. Hulot) ; cf.

'Urbis' appeUatio muris, 'Romae' autem continentibus

aedificiisftnitur, quod latius patet» (voici une explication en suivant H. Hulot: La dénomination de ville s'entend de ce qui est renfermé dans les murs; mais la dénomination de Rome a un sens plus étendu, elle ne s'étend pas seulement aux édifices renfermés dans ses murs, mais aussi aux faubourgs et à tout ce qui est de sa banlieue »). Le rite religieux du droit augural, auquel est lié le concept d'urbs, est décrit par le très grand érudit, spécialiste -des choses divines et humaines, Marcus Terentius Varron (né à Rieti en 116 a. J.-C.), dans un passage du De

lingua Latina, dont je rapporte ici la traduction
Latium bien des fondateurs de cité suivaient

de J. Collart:

ccDans

le
dit,

le rite étrusque:

autrement

avec un attelage de bovins, un taureau et une vache, celle-ci sur la ligne intérieure, ils traçaient à la charrue un sillon d'enceinte (la religion leur enjoignait de le faire un jour d'auspices favorables) afin de se fortifier par fossé et muraille. Le trou d'où ils avaient enlevé la terre, ils l'appelaientfossa

Pierrangelo Catalano

(fossé), Derrière

et la terre

rejetée

à l'intérieur,

ils l'appelaient

murus tracé

(muraille). formait le

ces éléments,

le cercle

(orbis) qui se trouvait

commencement de la ville (urbis), et comme ce cercle était post murum (derrière la muraille) on l'appela le postmoerium: il marque la limite pour la prise des auspices autour de la ville. Des bornes, limites du pomerium, se dressent d'Aricie et autour de Rome. C'est pourquoi les cités dont l'enceinte

avait été tracée auparavant à la charrue, reçurent aussi le nom d'urbes (villes), mot formé sur orbis (pourtour) et sur uruum (araire). Pour la même raison, toutes nos colonies, dans les écrits d'autrefois, sont mentionnées comme urbes, du fait qu'elles avaient été fondées selon le même rite que Rome et, pour la même raison, une colonie fonde à son tour des urbes du fait qu'elle les place à l'intérieur d'un pomerium »1. du par C'est l'opération initiale de l'inauguratio de la ville: la délimitation lieu dont on demande à Iupiter (et à d'autres Dieux) l'approbation l'augurium. Voir aussi Plutarque, Rom. 9-11. Ovide, Fasti 4,812 ss.; en partie

différemment

II. La sainteté

des murs des Villes entre droit divin et droit hwnain

L'inviolabilité des murs de l'urbs se situe au commencement de Rome; voir encore un texte de Pomponius, D. 1,8, Il : «Si quis violaverit muros, capite punitur: sicuti si quis transcendet scalis admotis, ve~ alia qualibet ratione: nam cives Romanos alia, quam per portas, egredi non licet : cum Ulud hostile et abominandum sit : nam et Romulifrater Remus occisus traditur ob id, quod murum transcendere voluerit» (<< eux qui profanent les murs de la ville C sont punis de mort: par exemple, si quelqu'un saute par-dessus, après avoir approché des échelles ou de toute autre manière: en effet, les citoyens Romains ne doivent sortir que par les portes. En agir autrement, c'est faire une action abominable, et qui dénote un ennemi; car Rémus, frère de Romulus, n'a été tué, suivant l'histoire, que pour avoir voulu franchir les murs » ; trade H. Hulot). Masurius
1

Sabinus

avait précisé

que les murs

des

Varron, De lingua latina, V, 143: « Oppida condebant in Latio Etrusco ritu multi, id est iunctts bobus, tauro et uacca interiore, aratro circumagebant sulcum (hoe faciebw1t religionis causa die auspicato), ut fossa et muro essent munitL Terram unde exculpserant, fossam uocabant et introrsum iactam, murum Post ea qui flebat orbis, urbis principium: qui quod erat post murum, postmDerium dictum, eo usque auspicia urbana ftniuntur. Cippi pomeri stant et circum Ariciam et circum Romam. Quare et oppida quae prius erant circwnducta aratro ab orbe et uruo urbes : ideo coloniae nostrae omnes in litteris antiquis scrlbuntur urbis, quod item conditae ut Roma, et ideo coloniae et urbes conduntur, quod intra pomerium ponuntur J.

12

Initia Urbis

municipes
quoque

aussi

sont
esse

ccsaints

muros

sanctos,

)): voir Marcien D. 1,8,8,2 ccin municipiis Sabinum recte respondisse Cassius refert:

prohiberique oportere, ne quid in his immitteretur)) (cc Cassius rapporte que Sabin a répondu avec raison, que les murs des villes étoient saints, et qu'il falloit défendre qu'on n'appuyât
(apud
cccedunt

rien sur eux)); également les

trade H. Hulot);
cc autres

cf. Hermogenien
)).

D. 43,6,2, en ce qui concerne
Chez Ennius

lieux saints

Cic., De dive 1,48,107

= Annales

93 s. éd. Vahlen3), pour l'inauguration s'agit-il auguraux est

le langage fois quatre

augurai corps

est explicite à propos de l'auspicium saints d'oiseaux descendent

du rex Romulus

de caelo ter quattuor corpora sancta/ avium» (ccrois t
du ciel »). Peut-être aux signes le droit de sanctus de se rapportant sanctus dans

d'un emploi cc technique» (aves) de la volonté divine. Un emploi

cc technique»

augural

certainement donné par son utilisation comme synonyme de inauguratus, se rapportant aux templa, au pomerium (espace inauguré qui délimite l'urbs) et donc aux murs. Varron critiqua qui glossas scripserunt, qui considéraient comme sancta tous les templa, c'est-à-dire les loca inaugurata (mais le plus grand spécialiste, au XIXe siècle, du droit augural, le savant hollandais I. M. J. Valeton. voulait revenir à la doctrine pré-varronienne). Sanctus est un concept très difficile de l'ancien droit pontifical; Macrobe, Sat. 3,3,1 : cc inter decreta pontifieum hoc maxime quaeritur, socrum, quid profanum, quid sanctum, question quid religiosum» des pontifes la plus grande est [de défmïr] ce qui est sacré, voir quid ce qui

(cc Dans les décrets

est profane, ce qui est saint, ce qui est religieux ») (cf. Cicéron, De nat. deor. 3, 94 cc vos pontifiees »). Au 1ersiècle avant J.-C., le juriste Trebatius Testa réfléchissait sur cette difficulté: cc Sanctum est, ut idem Trebatius libro decimo religionum refert, interdum idem, quod socrum idemque quod religiosum, interdum aliud, hoc est nec socrum nec religiosum est)) (<<aint, comme dit Trebatius lui-même, dans S le livre X de la religion, c'est parfois ce qui est sacré et ce qui est religieux,
parfois ce n'est ni sacré ni religieux
))) (Macrobe, Sat. 3,3,5

=

Bremer

I,

p. 406). Sanctus pré-chrétienne droit reste un concept très difficile à l'époque impériale, aussi bien que chrétienne, parce que ce qui est ccsaint» se place entre le humain.
(ccen

divin et le droit

Les res sanctae

sont

considérées de Justinien

comme 2,1,10 :

quodammodo divini iuris
les Institutiones
cc Sanctae

quelque façon de droit divin ») aussi bien dans

de Gaius 2,8, que dans les Institutiones

quoque res, velut muri et portae, quodammodo divini iuris sunt» 13

Pierrangelo Catalano
(<<

Les choses
façon

saintes,

comme
» ;

les murs

et les portes

des villes,

sont

en

quelque

de droit divin

trade H. Hulot).

III. La Ville et le Peuple
Selon le ius élaboré par le collège sacerdotal des augures publici populi donnée par Jupiter à qui est ainsi nommé urbs et avec son Romani, la fondation de l'urbs Roma, avec l'approbation Romulus, précède la constitution du populus Romanus, précisément parce qu'il a un rapport certain

avec cette

fondateur. Le pastorum vulgus, dont les jumeaux Romulus et Rémus sont les duces, devient, à travers la fondation de l'urbs (Roma), un ensemble de cives, populus (Romanus). La terminologie d'Ovide (Fasti, 4, 806 SSe : « Ipse locus causas vatifacit : urbis origo/venit ... ») reflète la dogmatique juridique des documents sacerdotaux: d'abord omne pastorum vulgus sub gemino duce erat; puis le rex est indiqué leur approbation iaciunt fundamina par les aves; ensuite le rex demande aux Dieux et obtient augurio laeti pour la fondation de l'urbs et par conséquent

cives; enfin Rémus se demande:

... populus tutus erit ?

De même, tout au moins pour ce point, Ennius, Ann. 77-96 V. (voir supra) et 502 V.: «Augusto augurio postquam inclita condita Roma est» «(après que l'illustre Rome a été fondée grâce à un auguste augurium »), et Tite Live 1,6,4 - 1,7,1: «Ut di, quorum tutelae legerent, qui nomen novae urbi daret, qui conditam aux dieux protecteurs de ce lieu de désigner ea loca essent, imperio regeret» auguriis (<C'était celui qui

par des augures

donnerait son nom à la ville nouvelle, la fonderait et en aurait le gouvernement »); 1,12,4: «Iuppiter, tuis inquit [sc. Romulus] iussus avibus hie in Palatio prima urbis fundamenta ieci» (<<upiter, c'est sur la foi de tes J auspices que j'ai jeté ici sur le Palatin les premiers fondements de Rome ») ; 28,28, Il : «ne istuc Iuppiter optimus maximus sirit, urbem auspieato deis auctoribus in aetemum conditamfragili huie et mortali corpori aequalem esse ». En employant la terminologie juridique actuelle bien qu'inexacte, nous pourrions dire que la volonté divine (de Jupiter et des Dieux qui protègent les loca) autorise, par l'intermédiaire de Romulus, la « localisation» du populus

Romanus et le commencement
aetemum. l'empereur chrétien

de son « organisation juridique ». Et ceci in
Deo auctore de Justinien, (voir infra).

Il en est de même selon la constitution qui a codifié le ius Romanum

14

Initia Urbis

IV. Commencement de la Vine et croissance meliora auguria de Constantinople

de la Cité. Les

La jurisprudence laïque utilise le concept d'urbis initia (Gaius D. 1,2,1) évidemment lié à la définition juridique d'urbs (voir ~ 1 et 3). C'est à partir du concept d'initia urbis que se développe la théorie juridico-historique que nous trouvons chez Gaius, reprise par Justinien

(D. 1,2,1) : « Facturus legum vetustarum interpretationem necessaria prius ab
urbis initiis repetendum existimavi, non quia velim verbosos facere, sed quod in omnibus rebus animadverto id peifectum omnibus suis partibus constaret: et certe cuiusque principium est)) (cc J'ai cru, en commençant à interpréter devoir rappeler les commencements étendu, de la ville de Rome; à faire un commentaire commentarias esse, quod ex

rei potissima pars les lois anciennes, non que je cherche qu'en toute

mais c'est que j'ai remarqué

chose ce qui est parfait est composé de toutes ses parties: et la partie la plus ))). De façon anachronique, importante de chaque chose est le commencement nous pourrions dire que c'est une théorie tout à fait opposée à ce que l'on appelle ccreligion du progrès» et à l'évolutionnisme contemporain. Cette conceptions théorie juridico-historique augescens codifiées, (D.l,2,2; des initia urbis est à la base (qu'on trouve déjà chez Pomponius) des et de civitas

civitas amplianda: Codex de Justinien dans ce Colloque Lisons consuetudinem
principejuridique

respectivement, dans les Digesta C. 7,15,2). Voir la communication Maria Deo Pia Baccari: Civitas

et dans le présentée Le

par Madame

augescens.

de la croissance de la cité.

la constitution

auctore:

cc... debere

omnes

civitates

Romae sequi, quae caput est orbis terrarum,

non ipsam alias

civitates. Romam autem intellegendum est non solum veterem, sed etiam regiam nostram quae deo propitio cum melioribus condita est auguriis» (cc...toutes les villes doivent suivre la coutume de Rome, qui est la capitale de toutes les autres villes de l'empire, simplement
))

et que ce n'est

point

à Rome à se

conformer

aux coutumes

des villes particulières.

Or ce qui dit Salvius Julien, mais encore de notre

ne doit pas s'entendre

de Rome l'ancienne,

ville royale de Constantinople, qui, par la grâce de Dieu, a été fondée sous de plus heureux auspices [auguria] ; trade H. Hulot). Donc, selon la conception de Justinien, l'approbation divine donnée dans les formes de l'ancienne religion romaine (pré-chrétienne) n'est pas niée mais au contraire renforcée par la fondation de Constantinople accomplie, par le premier empereur chrétien, à la fois avec des rites pré-chrétiens et des 15

Pierrangelo Catalano

rites

chrétiens.

Les meliara

auguria

de Constantinople

expliquent

l'idée

juridique des « deux Rome» ou mieux de utraque Rama.
Pierrangelo CATAlANO (Professeur de Droit romain Université « La Sapienza» de Rome)

Bibliographie
P. CATALANO, Contributi aUo studio del diritto augurale, I, Torino, 1960; ID., «Aspetti spaziali del sistema giuridico-religioso romano. Mundus, templum, urbs, ager, Latium, Italia» in Aufstieg und Niedergang der Romischen Welt, Berlin-New York, 1978, pp. 440-553 ; ID., « Giustiniano» in Enciclopedia VirgUiana, vol. II, Roma, 1985, pp. 759 SSe ; ID.,
iustitia, Iustitia» in Enciclopedia d'introduction, Università e sistemi VirgUiana, vol. III, Roma, Seminari 21 avril 1993-2000
«
4(

Ius,

1987,

pp. 66 di studi

SSe Voir aussi delle Ricerche

Da Roma alla Terza Roma.

intemazionali (Consiglio
»,

storicL Documents

Nazionale

-

di Roma giuridici,

La Sapienza

Centro

per gli Studi pp. 49 SSe

su diritto romano

Materiali 2) Sassari,

2000,

16