VOCABULAIRE GÉNÉRAL D'ENSEIGNEMENT SCIENTIFIQUE (VGES)

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Pour pouvoir suivre des cours de disciplines scientifiques et techniques dispensés dans une langue étrangère, il ne suffit pas que les étudiants en comprennent les termes spécialisés : il faut d'abord qu'ils comprennent le vocabulaire général de la langue.
D'où ce VGES, sélectionné à partir de discours de physique-chimie, de droit et d'économie au moyen de critères de fréquence, de répartition et d'utilisation, qui vient compléter la gamme des listes de mots non scientifiques.
Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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EAN13 : 9782296324459
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VOCABULAIRE D'ENSEIGNEMENT (VGES)

, , GENERAL SCIENTIFIQUE

s e, L

m a n t i q u e s

A collection Sémantiques est née du constat qu'il est devenu de plus en plus difficile pour les chercheurs en linguistique de faire paraître en librairie des ouvrages relativement pointus, leur science passant apparemment pour trop difficile et

leur lectorat trop restreint aux yeux des

«

grands

éditeurs »... alors même que leurs travaux souffrent énormément du manque de publicité, tant pour s'exposer à la critique de leurs pairs que pour être appréciés hors du premier cercle des spécialistes. Collection ouverte à toutes les recherches en cours, Sémantiques a pour but de faire connaître ce qui se passe dans les universités et les laboratoires dans les domaines qui sont les siens: linguistique générale et appliquée, confrontée à la psychologie, à la sociologie, au secteur de l'éducation-formation et aux industries de la langue.

Le rythme de parution adopté - un titre par mois permet la publication rapide de thèses, de mémoires et de recueils d'articles. Sémantiques s'adresse d'abord aux linguistes, mais son projet éditorial la destine plus largement aux chercheurs, formateurs et étudiants en sciences humaines, en littérature, en didactique et en pédagogie, ainsi qu'aux techniciens des langues et du langage, lexicographes, traducteurs, interprètes, orthophonistes...
Contact: Marc ARABYAN IUT deFontainebleau Route Forestière Hurtault F - 77300 FONTAINEBLEAU

@

L'Harmattan,

1997 -

ISBN: 2-7384-4558-6

«
SOU

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Mar

u
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Arabyan

s

»

direction

Lamria Chetouani

~

~

VOCABULAIRE D'ENSEIGNEMENT (VGES)

GENERAL SCIENTIFIQUE

Editions

L'Harmattan

L'Harmattan
MoNJ'RÉAL (Qc)

5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique F-75005 PARIS- FRANCE

Inc. 55 rue Saint-Jacques

- CANADA

H2Y lK9

Préface

C

E TRAVAILsait où il va et, méthodiquement, Examinant avec lucidité et pragmatisme en situation scolaire algérienne,

concrétisera l'usage Lamria

son objet. techChetouani. ni de mettre

du français

no-scientifique cerne d'abord en chantier concrètes.

ce qui ne convient pas à son propos: la didactique

il ne s'agit pour elle des situations linguistique

ni de prendre parti

dans le débat arabisation-bilinguisme, d'une science, ni d'analyser sur la politique

Ce triple refus, d'un engagement

à suivre, d'une psychologie cognitive spécifique et de l'exploration sociolinguistique d'une interaction scolaire, la conduisent à définir un objectif à la fois restreint et ambitieux:
«

établir

un vocabulaire

général

d'enseignement
gnement

scientifique (ou

VGES »), outil de base pour l'ensei-

oral des sciences en lycée algérien. de Georges Gougenheim lexical et son équipe trop axé sur la noen conversation et en de leur

Son constat sur le passé est clair: du côté du CREDIF1, le «français fondamental» apprentissage tion de minimum de base indispensable

de langue seconde, ni le VGOS d'André Phal trop exclusine proposent spécialisés, un tel outil pédagogique; trop centrés sur leurs particularités,

vement « scientifique» côté, les vocabulaires

n'ont jamais envisagé les multiples instruments lexicaux qui sont nécessaires à un professeur pour communiquer son savoir à la classe. Ce « VGES » doit donc comprendre un ensemble de termes «fonctionnels» pouvant répondre en même temps à une situation disciplinaires didactique, à plusieurs thématiques une adéquation Pour atteindre pris qu'il fallait 1 (allant de la physique au droit) et à a com-

au milieu algérien enseigné: cet objectif dans sa complexité, partir L. Chetouani non de théories mais de la pratique elle-même.

Centre de recherche et d'étude pour la diffusion du français, Ecole normale supérieure de Saint-Cloud.

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SCIENTIFIQUE

C'est pourquoi la première phase de l'enquête a consisté dans l'enregistrement de cours oraux donnés dans des lycées d'Algérie pendant les années cherche2. n'ayant seignement 1983-1985. Certes, cette phase pourtant déjà ancienne pas, la relation « date» la reElle ne l'annule pédagogique

guère changé par elle-même

en dix ans, du point de vue de l'enPar ailleurs, le dépouilled'une l'objectivité et l'exhaus-

des sciences en langue française. méticuleuse, ce qui garantit

ment du corpus et le comptage main extrêmement tivité du résultat.

des mots utilÎ$és ont été pratiqués

Cet énorme travail préliminaire,

qui a demandé plus

d'une année de patience, s'est doublé de classements et de trÎ$ méthodiques, sur critères statistiques (de fréquence, de répartition, d'« utilisation », de recherche des convergences, critères linguÎ$tiques sées permettent d'aboutir de comparaison de listes) et sur croiétale (des classes grammaticales). à une lÎ$te, empirique Ces procédures mais objectivement il représente

blie, de 811 termes pleins. Le résultat obtenu répond fort bien au projet initial: minimum lexical nécessaire à la relation maître-élève, différentes tion de l'oral et de l'écrit de disciplines saÎ$i à l'intersecet caractéristique

d'une langue seconde, dont les éléments ne sont pas supposés connus à l'avance. L'intérêt de cette liste - comme des exercices pédagogiques qui peuvent être imaginés à partir d'elle - réside dans le fait qu'elle n'est s'appuyant sur son expérience individ'une (Algérie, seconencore moins la mÎ$e en pratique pas l'invention d'une pédagogue

duelle au sein de sa spécialité, théorie de l'apprentÎ$sage, enquête méticuleuse daires, matières hors de ses lieux dagogiques

mais qu'elle se veut le résumé objectif d'une général d'autant (établissements

dans un milieu scolaire à lafois déterminé scientifiques, enseignement scientifique

milieu des années 80) et suffisamment surtout d'enregistrement,

oral) pour valoir les

plus que les ouvrages péen Algérie étaient

servant à l'enseignement

mêmes que ceux utilisés en France. Maurice Tournier CNRS, Paris

directeur de recherche,

2

La tltèse de Lamria Chetouani a été souterwe en 1988 à l'Université Paris

13 (directeur: PierreLerat, professeur à l'Université Paris 13).

1. La problématique
Ce n'est point pour comprendre les ballades de Goethe et les épopées de Longfellow que nous apprenons au lycée les langues étrangères; c'est pour être en état de connaltre et de suivre la vie scientifique sins. des peuples voiMichel Bréal, 1872.

1.1. Point de départ
1.1.1. Un travail d'ensemble parmi les multiples recherches Ce travail constitue une contribution aux recherches effectuées sur l'enseignement du français langue étrangère en général et sur celui des langues de spécialité au sein de l'institution scolaire en particulier.
En ce qui conceme les langues de spécialité, cette recherche trouve son origine dans la linguistique appliquée à l'enseignement des langues et se propose d'analyser linguistiquement les discours scientifiques de certaines disciplines dans les classes secondaires scientifiques. la difficulté de l'apprentissage scientifique et technique en langue étrangère a toujours été telle que depuis longtemps linguistes, pédagogues, psychologues, sociologues et concepteurs de méthodes en ont fait un objet majeur de leurs préoccupations. Ce travail fait donc partie d'un vaste courant de recherches finalisées. Pour ce qui concerne la pédagogie et donc dans un cadre plus restreint, cette étude se situe dans le sillage des travaux de lexicologie française non littéraire en particulier des travaux sur le droit de J.-L. Souriaux et P. lerat (1975), les mathématiques de M. Darot (1975), la technique de G. Vigner et A. Martin (1976), la géologie de J.-L. Descamps (1976), la politique de M.Tournier (1976), le football de R. Galisson (1978) et les travaux moins récents comme par exemple ceux effectués sur la mode d'A. J. Greimas (1948), la réclame de M. Galliot (1955), la médecine de B. Quemada (1955), les chemins de fer de J. Wexler(1950), l'aviation de L. Guilbert (1965), la politique et la société de J. Dubois (1962). Concernant le Vocabulaire des Institutions en Langue Française (VILF)en particulier, ce travail s'inscrit panni les études entreprises sous la direction de P. lerat qui ont en commun le même objet, à savoir l'étude du vocabulaire français d'un point de
vue lexicologique et sociolinguistique. Quelques cc l'étude sur la nomenclature des professions
)l, «

exemples à titre d'illustration: le vocabulaire de la formation

8
permanente
I),

VOCABULAIRE
«

GÉNÉRAL

D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

Le vocabulaire
des réalités

des relations
étrangères dans

de travail
le journal

dans

les entreprises

»,

« Les dénominations cabulaire Concernant d'autres les listes technique, qui termine des métiers

"Le Monde"

», « Le vo-

du cuir à Fès », etc. aux recherches ce travail en d'autres relève langues eVou portant sur sur et

sa contribution langues

que Je français,

de la recherche le vocabulaire usuelles dans

internationale scientifique la bibliographie

de fréquences, dont

l'enseignement les références

des langues, les plus

on trouvera

ce livre.

1.1.2. Un travail
Si notre nérale limites, entreprise

restreint
n'est pas isolée du français des visées et si elle s'apparente scientifique, à la problématique présente d'étude. plus gédes

de l'enseignement tant au niveau

elle n'en et du sujet

pas moins

que de l'objet

1.1.2.1.

Umitation des visées
étant issue des modèles de rendre proposés compte par la linguistique non pas de la langue mais d'un aspect générale, cette étude dans sa Au

T outen se définit constitution service

par sa volonté et dans

en général

son fonctionnement, des langues,

particulier

de celle-ci.

de l'enseignement

elle cherche dont

à opérer

un tri des matériaux et fait donc une

linguistiques description « les registres (et feront

parmi la multitude partielle et sélective

des éléments de la langue.

la langue

dispose

Comme de certaines
appliqué,

l'affirme langues
l'objet

R. Galisson de spécialité
de descriptions
I).

(1972), font
sé-

de discours

les plus productifs de la part du linguiste

de plus en plus)

lectives
« Linguiste

très différentes

des descriptions
appliqué peuvent

exhaustives
prospecter

du linguiste

et

linguiste

le même
résultats du système,

domaine, puisqu'il l'autre

Et il ajoute: sans perte
n'ont

inutile même un choix
vité est

d'énergie, objectif:

ils n'aboutissent l'un recherche dans

pas aux à énumérer

mêmes la totalité

pas le

à effectuer
I).

fonctionnel
favorisée

une perspective
nombreux choix

d'économie
qui ont conduit

et de rentabilité
à retenir:

La sélecti-

par de
l'aspect

-

non seulement de la langue

écrit

considéré

jusqu'à

une date

récente

une

« norme

I)

d'enseignement,

mais aussi l'aspect oral de la langue,

-

la langue scientifique
lement
la langue

par opposition
d'intérêt, dans

à la langue littéraire considérée
pédagogique précis

traditionnel-

comme

la plus digne

institutionnelle

un cadre

tion à la langue

de vulgarisation

et à la langue des spécialistes

(lycée) par entre eux,

opposi-

-

la langue étrangère

dans un contexte socio-économique

et géographique

miné (Algérie)par opposition à la langue maternelle
non influencé par les mêmes contraintes.

dans uncadre « naturel

déter»

LA PROBLÉMATIQUE

9

1.1.2.2. Um/tat/on de "objet Les études sur les langues de spécialité avec toutes leurs composantes lexicale (tennioologies. français \'\0\'\scientifique, etc.), syntaxique (phrases. discours, mots, etc.). stylistique (linguistique ou extralinguistique) sont multiples. On considère généralement la langue de spécialité comme un tout moooIithique et indécomposable et de ce fait, on préconise une approche multidimensionnelle. G. Vignier etA. Martin (1976) et P. Miclau(1982) font appel à un ensemble disparate de théories linguistiques: lexicologie. sémantique, syntaxe, grammaire générative et transformationnelle, psycholinguistique... Certaines études favorisent soit l'approche sémantico-syntaxique (J. L. Descamps, 1976) de la langue de spécialité, soit l'analyse pragmatique (M. Darot, 1975), soit l'analyse stylistique (Y. Gentilhomme, 1984). soit l'approche lexicale et textuelle (l'équipe de Saint-Cloud sur la lexicornétrie). soit "analyse conceptuelle (travaux de didactique des disciplines. Paris VII). Le présent travail ne se situe ni dans une perspective macro-linguistique ni dans une perspective de conceptualisation béhavioriste ni dans une perspective syntaxique. Sa nature ne le prédispose pas à s'engager dans de telles voies et le contraint à rester étranger à ces domaines. Son souci principal s'articule autour de la compétence lexicale dans la communication scientifique et de ce fait l'option pour l'aspect lexical et pédagogique semble la plus adéquate. E. Roulet (1973) a raison d'affirmer qu' « on ne peut se contenter dans les applications à l'enseignement des langues de grammaire de la phrase comme les grammaires traditionnelle. structurale et générative transformationnelle, il importe de développer rapidement des grammaires du texte du discours et plus généralement de la compétence de communication tt. D'ailleurs même si l'application des grammaires de la phrase était pertinente pour l'analyse. nous nous serions limitée volontairement à un seul aspect du système afin d'en faire une analyse plus ou moins profonde. De tous les aspects du système. le lexique semble être le plus important dans la mesure où ilse trouve être au carrefour des domaines majeurs de la linguistique et notamment de la lexicologie. la sé. mantique.la pragmatique. la grammaire du discours... 1.1.2.3. Um/tat/on du sujet A la restriction du domaine d'étude s'ajoute une restriction des orientations. Car si cette étude ne prétend pas couvrir l'ensemble des discours scientifiques de "ensei. gnement secondaire et si elle ne compte pas adopter toutes les méthodes linguistiques existantes. elle vise encore moins à traiter les problèmes autres que linguistiques. Les problèmes liés à la politique, à l'aspect soclo-économique ou culturel du pays bien qu'ils aient un impact sur l'enseignement, ne sauraient trouver ici leur ré-

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solution. l'arabisation De même, priation sée) soudre de Paris scientifique, le savoir relevant

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SCIENTIFIQUE

Il n'est pas de notre ressort ici par exemple
ou de plaider notre étude en faveur ne s'intéresse cognitive. les lecteurs analyses de tel ou tel statut pas directement

de statuer
du français aux

sur le bien-fondé
en Algérie. de l'appro-

de

problèmes du langage

du savoir

et de la conceptualisation

(dépendance Nous

et de la penles ré-

de la psychologie renvoyons

ne prétendons

pas non plus

ici. Nous

aux

recherches

de l'INRP

et de l'Université scientifique, l'éveil

VII où d'importantes

portant

sur la pensée

la motivation,
objectif, etc.,

la représentation

spontanée,

le comportement
encore. lexical avec

langagier,
élimination et

ont été réalisés

et se poursuivent

Nous nous restreignons
de tous les secteurs extralinguistiques suprasegmentaux plus que mules, moins Notre tions le langage

quant à nous au domaine purement
extrinsèques auxquels N'entrent s'ajoutent pas dans (gestes,

les aspects

sémiotiques les facteurs regards...) graphiques, compétence

du langage.

nos préoccupations sourires, schémas, pas de notre de traiter

de la communication formalisé Nous

mimiques, (tableaux,

non fordu

mathématique avons considéré

équations...). actuellement attention linguistiques portera

qu'il

n'était étude,

et dans comme

le cadre nous

de cette l'avons déjà

de ces questions. sur les manifestace qui est idéolo-

dit centralement de tout

du discours

à l'exclusion

ou presque

gique, extralinguistique

ou psychologique.

1.2. Organisation
1.2.1. Un travail

de la recherche,

sa singularité
personnelles
ccBilinguisme et interdisciplina-

qui répond à des préoccupations

Laprésente étude continue une recherche intitulée:
rité: analyse d'une langue de spécialité» travail sur l'enseignement de la physique
qui constate que le VGOS est inadéquat

(mémoire de DEA soutenu en 1983), un en français en Algérie. Travail descriptif à foumir un instrument adapté aux besoins

du public étudié en matière de français instrumental du fait de son origine purement écrite, de sa conception restrictive du champ des sciences et du parti-pris d'écarter le vocabulaire didactique qui est un vecteur indispensable. Ila été constaté par exemple qu'en dehors de certains tennes purement techniques et très spécialisés, il existe des mots qui échappent au Français Fondamental, au vocabulaire spécialisé et au vocabulaire général d'orientation scientifique. Ces termes sont du type flèche, caractéristique, introduction, pointillé, tiret (pour les noms), repérer, encadrer (pour les verbes), bon (adv.), étant donné, etc. (pour les expressions)...
corpus

Reprenant ces constatations et les développant, la présente recherche part d'un principal oral de physique qui s'élargit par la suite aux sciences juridiques et aux sciences économiques (elle ne fait donc pas de restriction du champ de recherche) et se propose de vérifier l'hypothèse que ces termes qui n'appartiennent ni

au vocabulaire général de la langue usuelle, ni au vocabulaire tronc commun des

lA

PROBLÉMATIQUE

11

sciences

(VGOS), ni au vocabulaire

spécifique au domaine scientifique étudié, relèen classe ou du vocabulaire pédagogique de ses énoncés.

vent du vocabulaire

de communication

puisque en classe, le professeur tie de ce vocabulaire de la pédagogie) transmission Qu'est-ce re. Fondés

en fait usage pour la transmission d'un vocabulaire

Nous devrions pouvoir arriver à la fin de cette étude à répertorier au moins une paret en faire une ébauche de base (spécifique à la ou du moins spécifique du point de vue de la communication

du savoir scientifique en milieu scolaire.

qu'un cc vocabulaire de base » ? Combien yen a-t-il en langue française ? sont les études effectuées sur des investigations en vue de l'établissement surtout, de ce vocabulaisont (Kâencore de de fréquences ces vocabulaires de la sténographie d'autres

Nombreuses

conçus à des fins très variées: sur le matériel d'orthographe pour la communication base (A. Pool).

les uns pour les besoins des sourds-muets ou de lecture graduée (Gougenheim)

ding), les autres pour le vocabulaire courante

(l'Abbé de l'Epée), d'autres (Henmon), scientifique

ou le vocabulaire

Si les objectifs varient d'une liste à une autre, la motivation qui a conduit à leur réalisation est presque pédagogiques. vail et d'usage toujours la même: ces listes sont prévues pour des applications de traEn fonction des objectifs assignés, on choisit les méthodes un vocabulaire spécialisé Chaque

de ces listes de mots. Il est bien évident qu'on ne procède pas de la du français s'adressant à étrangers et d'un vocabulaire seraient inefficaces.

même manière lorsqu'il "s'agit, par exemple de dégager parlé destiné aux débutants un public étranger déjà initié à la spécialité. l'objectif désiré, sinon ces dernières laire est approprié, en effet, à un usage

On n'utilise ces listes que pour atteindre type de vocabuIl digéet ne sert que pour cet usage.

spécifique

L'objectif visé par le présent travail ne diverge pas de celui de nos prédécesseurs. s'agit en fait d'un souci d'application pédagogique dans le cadre d'une approche pouvoir dégager un vocabulaire dactique du français langue étrangère. Pour ce qui est de la singularité, nous espérons nérai de communication langue étrangère. re adéquation Intermédiaire tion courante, scientifique, ment des sciences. entre le vocabulaire des sciences ccdures» et celui de la communicanotre vocabulaire pédagogique Cette recherche dans le domaine scientifique en français

s'inscrit donc dans la perspective

d'une meilleu-

du français instrumental

aux objectifs et à la situation de l'enseigne-

entre le français écrit et le français oral, entre le scientifique et le non entre la langue soutenue et le français standard, exactes que les sciences humaines, porte aussi bien Plus appardans le do-

touche aussi bien les sciences sur l'oral que l'écrit, concerne précisément, maine scientifique

aussi bien le scientifique que le non scientifique. afférent aux champs didactiques ce vocabulaire

il s'agit du vocabulaire

en Algérie. Détecté afin d'être enseigné,

tiendra donc à un univers lexical très particulier.

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D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

l'appréhension de ce vocabulaire ne peut avoir lieu sans le choix d'un corpus servant de point de départ à l'analyse. le corpus sera lui même conditionné par des dimensions socio-institutionnelles.

1.2.2. Origine socio-institutionnelle

de la recherche

les préoccupations nationales en matière scientifique, stimulent l'intérêt porté à l'enseignement des sciences en général et de la physique en particulier. Expliquons ce qui a motivé le choix de la physique, de l'enseignement secondaire et de la langue française.

1.2.2.1. Pourquoi la physique?
D'abord un intérêt général. Notre siècle est caractérisé par la science et la technologie, éléments déterminants de l'avenir de l'humanité, car ces derniers s'imposent à tous les niveaux et à tous les domaines. Etre de plain-pied dans l'ère électronique est, en effet, la visée de tous les pays quel que soit leur degré de développement.

Detouteslessciences,laphysique devenuelaplus « envahissante est

)). Partout,

quelle que soit la recherche que l'on poursuit, on trouve des appareils, des phénomènes de la physique. Si la physique possède une place privilégiée parmi les sciences, c'est parce que d'une part elle constitue un point de départ des sciences de la nature et d'autre part elle contribue à résoudre les problèmes matériels de la société. Son interaction avec la société s'explique par l'impact considérable qu'elle a sur la vie sociale. Ilsuffit de se rappeler l'efficacité de la relativité d'Einstein dans la synchronisation de l'accélérateur, de la physique des ondes dans la diffraction des électrons et des microscopes électroniques, de la mécanique quantique dans le fonctionnement des transistors, de la mécanique classique dans l'exploration de l'espace, les fusées, les satellites, etc., pour se rendre compte de son utilité. Son contact permanent avec les choses concrètes fait d'elle une science cohérente, expérimentale et omniprésente dans le cadre scolaire. Ensuite un intérêt de la physique pour elle-même. Si la physique est en partie expérimentale, elle est aussi une science théorique. Théorie et pratique sont solidaires et se prêtent une assistance mutuelle en ce sens que chacune appuie l'autre et que l'expérimental et le manuel sont inséparables du formel et des lois mathématiques. le regroupement de la construction du symbolisme opératoire, de l'automatisme du calcul et du raisonnement explicite la situe donc au carrefour de plusieurs sciences: les mathématiques, les sciences de la nature, la technique et la logique. Cette discipline constitue, selon J. Dauzat (Etiemble 1966; 11) un «point de départ de toutes les connaissances scientifiques», parce qu'elle étudie un monde« immanent à

l'universréel» dont elle extrait « par la mesure et le calcul un universautonome « de notions abstraites de l'ordre mathématique». J. Dauzat ne manque pas de
souligner aussi que la science physique permet la vérification et le raffinement de

))

lA

PROBLÉMATIQUE

13
l'étude non pas

"appareil conceptuel et ceci on recourant à une science plus abstraite qu'elle: la
mathématique. ccPuisque la physique est devenue au XXe siècle
«

de choses mais de mesures n, puisqu'elle ccconsiste tout en mesures, tables, graphiques et équations ", le linguiste peut supposer sans risquer gros que le vocabulaire de cette science comportera un certain nombre de mots concrets, un plus grand nombre de mots abstraits, beaucoup d'expressions relatives au calcul, à la mesure, aux rapports logiques: égalité, inégalité, comparaison Il (ibidem). la physique constitue en effet un champ d'investigation très riche et très complexe. Abstraite et concrète, théorique et pratique, explicite et implicite, elle repose sur une série d'oppositions qui font d'elle une science à la fois difficile et abordable en langue étrangère.
cc l'initiationau

discours des sciences physiques constitue une excellente propé-

deutique aux mathématiques et aux sciences de la nature. En effet, tout en accor-

dant une place importanteà la langue vernaculaire,la pratique de la physique impliquele recours inéluctableaux mathématiques,ce quisemble constituersa détermination spécifique ", explique A. Giacomi (1982; 319). la facilité relative de fapprentissage de cette science s'explique par son caractère concret et expérimental. la présentation rationnelle d'une loi physique est toujours suivie en séance de TP d'une vérification supplémentaire qui permet la consolidation de l'apprentissage - J. levy-leblond (Physique et mathématique, 1976; 4-8) et M. Paty (Modèle mathématique et réalité physique, 1978; 86-101) semblent d'accord sur ce point. Enfin un intérêt de la physique pour l'enseignement. la physique occupe un faible volume horaire dans l'enseignement secondaire mais sa place est capitale dans le processus de la sélection (5 heures par semaine pour la section Mathématiques et 2 heures par semaine pour la section lettres). Etant donné le coefficient élevé qui lui est attribué au baccalauréat, elle constitue un moyen d'accès essentiel à la formation universitaire. la primauté de la physique est due à la nécessité de promotion de la science et de la technique et de l'interaction de la science avec la société. l'université offre un large éventail de carrières pour la formation des cadres, la physique étant une science fondamentale pour beaucoup d'activités scientifiques et d'ingénierie. la physique s'impose donc en raison de son rôle utilitaire. La formation des élèves en matière scientifique les prépare à la vie active en fonction des besoins économiques du pays. les instructions officielles de l'enseignement secondaire (programme Physique- Mai1981)insistentsur le faitque ccle programme communiqué
à l'élève progressivement et de façon rationnelle aura pour but la formation de J'esprit scientifique par "observation des phénomènes expérimentaux et leur interprétation ainsi que l'acquisition d'une maturité leur permettant supérieures ment des sciences physiques dispensé d'entreprendre Il des études et de s'intégrer à la vie active, grâce à une synthèse de tout "enseigne-

lors des études secondaires.

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SCIENTIFIQUE

Dans le cadre général de connaissances des branches principales de cette science (mécanique, mouvements vibratoires et ondulatoires, acoustique, chaleur et physique moléculaire, électricité, optique, structure atomique...), on tentera de favoriser, d'après les directives pédagogiques de l'enseignement des sciences phy-

siques (1974-1975), cc moins l'acquisitionpar les élèves de nombreuses connaissances, que le développement de certaines attitudes de l'esprit: observation, mesure, vérification, réflexion, interprétation ~). Pour cela, ilfaudraitleur fairefaire des travaux de laboratoire et des travaux expérimentaux. Ainsi on pourra les familiariser avec les applications de la physique à la production modeme et développer chez eux la compétence d'imagination et de création technique. 1.2.2.2. Pourquoi l'enseignement secondaire? D'abord l'importance de l'enseignement en Algérie n'a pas besoin d'être démontré. Tout comme les instructions officielles, la Charte Nationale accorde la priorité aux sciences et à la technologie, sources de progrès et de développement social et économique. Mais évidemment ces facteurs ne peuvent être véhiculés que par l'enseignement à commencer par le cycle pré-universitaire. Politique et enseignement ont toujours été liés et bien entendu évolution économique entraîne mutation du système scolaire. L'examen de la situation de l'éducation scientifique montre qu'il existe effectivement une relation entre les institutions éducatives et la société qu'elle contribue à développer. Jusqu'aux années 70, les enseignements professionnels et techniques étaient destinés aux élèves ayant échoué dans l'enseignement général. En 1972, phase expérimentale de l'enseignement polytechnique: première applica-

tion de

(c

l'école fondamentale)) sur des ccclasses pilotes)) constituées des

meilleurs élèves du primaire; les programmes étant purement scientifiques et techniques avec introduction de la physique en première année. A partir de 1979, généralisation de l'école fondamentale: le but étant de faire de l'enseignement technologique un dispositif d'insertion des jeunes dans le système de production avec des objectifs pratiques de productivité. Il s'agit d'une expérience empruntée aux pays développés et notamment à l'U.R.S.S. mais avec une adaptation au milieu algérien (c'est-à-dire qu'on tient compte des conditions sociologiques, économiques, géographiques). L'école fondamentale et polytechnique (l'EFP) englobe le cycle primaire et le cycle moyen mais ne s'étale que sur 9 ans au lieu de 10 ans. Ce qui revient à dire qu'à la finde la scolarité obligatoire, les élèves atteignent l'âge de 15 ans. Dans le cycle terminal, la section de premier choix c'est la section technique, viennent ensuite celles des mathématiques et des sciences et enfin la section la plus défavorisée, celle des lettres.

lA

PROBLÉMATIQUE

15

La langue française introduite en 4e année de "école fondamentale et polytechnique (EFP) vise, selon les Directives générales pour l'élaboration des programmes de "EFP (oct. 76) les objectifs suivants :

1. «

Donner

l'occasion

à nos élèves de s'informersurce qui se passe à traversle

monde et d'être en contact avec les expériences des autres. 2. Leur permettre d'acquérir un moyen d'enrichissement notamment dans les domaines scientifiques et technologiques. 3. Les préparer à poursuivre éventuel/ement leurs études durant les étapes ultérieures en langue étrangère. I> le cycle secondaire assurant la continuité de ces objectifs pédagogiques est le plus exposé à subir des mutations profondes. l'état présent des contenus des programmes et des méthodes d'enseignement est le résultat de l'évolution conditionnée par les variations idéologiques et socio-économiques. la volonté dassujettir le système éducatif à l'appareil de production et de rentabiliser donc la formation a entraîné la réforme de l'enseignement dont le secondaire est d'importance capitale. Ensuite l'importance du cycle secondaire est indéniable. le cycle terminal en générai et la troisième année secondaire (Je AS) en particulier est une charnière importante du système scolaire. C'est un palier d'orientation et donc un seuil décisif de la vie professionnelle. Comme personne ne l'ignore, les études secondaires sanctionnées par le Bàccalauréat, ont de fortes attaches avec l'enseignement supérieur.lnversement, les études universitaires sont conditionnées par l'enseignement secondaire.
Un bon élève dans le cycle secondaire a plus de chance qu'un élève moyen d'accéder à l'université. le taux de réussite au Bac (1984) est de l'ordre de 20 %. Ceci explique l'écart énorme entre le nombre d'étudiants de première année universitaire (l'élite) et le nombre d'élèves des lycées en classes de terminale. le moment crucial de l'orientation. Parmi les facteurs La Je AS est donc pouvant avoir une incidence

sur l'orientation scolaire, la physique est déterminante. Mais la physique est.elle seulement une affaire scientifique? N'est-elle pas aussi un lieu de manifestation linguistique? Dans 50 % des classes scientifiques, l'enseignement de la physique est assuré en langue française. S'il est vrai que J'arabisation avance à grands pas, qu'elle a déjà favorisé "extinction des disciplines de sciences humaines en français et que dans quelques années, ce sera le tour de celui des sciences dites « exactes Il, il est vrai aussi qu'à l'université

le recours à la langue française est indispensable à la compréhension des cours, à la manipulation des appareils, à l'accès à la documentation, etc. Dans ces conditiomo, les faibles connaissances de la langue française acquises dans les cycles primaire et secondaire seront.elles suffisantes pour affronter convenablement un enseignement scientifique universitaire? Même à l'état actuel de l'enseignement, la langue française ne s'exerçant que sur un champ restreint, ne donne pas toutes les garanties de compréhension des messages scientifiques.

16
Enfin

VOCABULAIRE

GÉNÉRAL

D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

la problématique de la coexistence linguistique arabe français ne facilite pas les choses. Dans renseignement primaire, nous assistons à un recul progressif de la langue française: de la deuxième année Ouste après l'indépendance), elle passe à la troisième année (avant la mise en place de l'EFP) et aujourd'hui à la quatrième année scolaire (EFP). Dans le cycle secondaire,la moitié des classes (sections CIransitoires» ou bilingues) en font la langue des matières scientifiques tandis que t l'autre moitié (sections en langue nationale.
CI

-

nonnales

Il

ou arabisées) assure tous ses enseignement s

A un niveau supérieur, l'enseignement s'effectue soit en langue française, soit en langue nationale selon qu'il s'agit de filières scientifiques (toutes les sciences en générai et les sciences médicales et la technologie en particulier où aucune fonnation n'est assurée en langue nationale) ou de filières de sciences humaines ou sociales (sciences juridiques, sociales et littéraires, disciplines de seconde importance). Dans les deux cas cependant, l'usage de la langue française est indispensable au niveau de la postgraduation où les ouvrages font défaut en langue nationale. la langue française reste donc la langue de travail et la langue d'appoint. Ce rapide tour d'horizon montre que les étudiants arrivent à l'université avec des niveaux en langue française très hétérogènes. M. Aupècle (1979; 20) en distingue trois et propose un modèle d'apprentissage pour chacun d'eux, bien que le programme soit le même pour tous et que l'environnement linguistique des élèves soit identique (le milieu extra-scolaire est imprégné de la langue française qui intervient dans les médias et notamment dans les joumaux et les programmes de télévision). les instructions officielles de français définissent les objectifs de cet apprentissage suivant trois axes:
1.MaÎtrise

de l'outil linguistique (c'est-à-dire l'outil de communication);

2. Accès à des savoirs spécifiques; 3. Formation générale, épanouissement des élèves et ouverture sur le monde. le programme (IPN, 1974-1975) insiste sur le fait que CI l'élève doit être préparé à comprendre les messages de natures différentes (oral- écrit - iconique) ce qui suppose une maîtrise de l'outil dans toutes ses composantes (morphologiques,lexi-

cales et phonétiques) ».le souci principal consiste donc à

CI

donner l'aptitude à

s'exprimer oralement et par écrit c'est-à-dire mettre au service d'un besoin d'expression les mécanismes de la langue.. (IPN). Dans le programme de physique

(lPN, 1974-1975) aussi, le même souci d'expression est à signaler:
doit initier ses élèves à la rédaction correcte

CI

le professeur
à exprimer

d'un devoir, à apprendre

simplement, correctement et clairement les idées... » l'IPN attire l'attention sur le fait que CI la majorité des élèves possèdent un vocabulaire limité et non précis ».11 serait souhaitable, selon rlPN, CI que le professeur inscrive au tableau et explique éventuellement les mots non usuels et les termes techniques. Il saisira toutes les occasions, notamment dans les classes débutantes pour entraîner les élèves à l'expression orale et graphique, claire et correcte. Il ne doit pas perdre de vue que celle-ci est nécessaire à la communication». Nous voyons

LA PROBL~MATlaUE

17

qu'une

partie du temps impartià la physique est consacrée à l'apprentissage du

français. Ilva donc sans dire que la physique sans la langue ne passe pas et pour cette raison on assigne au professeur de physique la tâche de son homologue de français.
Telles sont les instructions officielles concernant l'apprentissage de la langue fran-

çaise.
Si l'accent est mis sur "aspect du langage (forme orale et écrite) qui intéresse la communication au sens large du mot, aucune directive pédagogique ne spécifie les moyens d'approche des langues de spécialité. L'enseignement terminologique est, en revanche, gnement supérieur et de la recherche scientifique me linguistique que posent les enseignements
et

conseillé. Le Ministre de renseiM. A. Brerhi, abordant le problèstipule:

scientifiques

Le problème de la langue, sans pour autant en sous-estimer l'importance, a relati-

vement un poids moins intense sauf peut-être en médecine. Vu le caractère universel du langage mathématique et technique, il ya à résoudre le problème de terminologie... C'est ainsi que l'enseignement de terminologie en langue étrangère est programmé avec une approche intégrée liant la langue au savoir d'une façon plus dynamique que la simple traduction ".

A notre avis, si cet enseignement
théorique, passent

terminologique semble suffisant d'un point de vue il ne l'est guère d'un point de vue pratique car les besoins langagiers dé-

de loin le cadre terminologique.

1.2.2.3. Pourquoi la langue française?
A la fois pour sa précarité et son utilité. L'arabisation est revendiquée au lendemain de "indépendance comme moyen de reconquête de l'identité nationale. Ce recouvrement de I!identité est un impératif primordial qui n'exclut cependant tien des langues étrangères. Il s'agit en fait d'une arabisation
et

pas le mainavec la

partielle qui fonctionne en complémentarité

langue étrangère» car il faut bien reconnaître qu'elle est loin d'être au point pour exprimer la science et la technologie. Le problème auquel se heurte l'apprenant est celui engendré par les barrières linguistiques. L'apprentissage scientifique ne résulte pas seulement de l'acquisition du savoir mais aussi de la langue qui le véhicule. Or en Algérie les deux langues qui prévalent sont ccétrangères» par rapport à la langue dialectale que parie l'élève à la maison. L'enseignement arabisé pose doublement le problème dans la mesure où il suscite un effort pour l'appropriation du savoir d'une part et d'autre part un besoin de transférer ce savoir en langue française à un certain moment du cursus scolaire. Afinde bien cerner les problèmes linguistiques en Algérie, il convient de définir le statut, la capacité d'expression et le projet d'avenir de chacune des deux langues dans le pays. langue nationale: langue de l'identité Au lendemain de l'indépendance, l'urgence d'adopter deux mesures importantes, l'algérianisation et l'arabisation, se ré-

-

18

VOCABULAIRE

GÉNÉRAL

D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

vélait liée à l'identité, à la souveraineté et à "indépendance nationale. Il ne s'agissait pas seulement de problème de langue affirme A. Miquel (préface du livre de G. Grandguillaume, la reconquête 1982), il s'agissait d'une question de personnalité par la colonisation et de culture napour

tionale. Selon lui, l'arabisation est le « premier impératif, condition nécessaire
d'une identité occukée, dévalorisée

".

La Charte Nationalepostule qu' « en retrouvant son propre équilibre à travers l'ex.
pression légitime, authentique et rationnellement outillée de son être national, "Algérie contribuera beaucoup mieux à enrichir la civilisation universelle tout en profi. tant à bon escient de ses efforts et expériences. le souci de réappropriation de la " langue est une sorte de défi à relever même dans des conditions assez difficiles. l'arabisation peut-elle se concrétiser sans poser de difficultés? réussisse. Trois types de pro. blèmes sont à dépasser afin que "arabisation

- le premier, local, se rapporte au déséquilibre causé par des grandes carences dans l'enseignement arabisé. Ces classes souffrent, en effet, de manque de moyens et de méthodes pédagogiques, sans parler de l'insuffisance du personnel enseignant faute de fonnation. - le deuxième, plus sérieux concerne la crise interne de la langue conséquente de l'essor extraordinaire des sciences et des techniques face auquel les grammairiens et les lexicographes arabes sont restés passifs. Il en résulte une capacité partielle de cette langue d'exprimer les sciences et la technologie vu le vocabulaire inadéquat dont elle dispose. - Le troisième problème, corollaire du précédent, est dû au fait que non seulement on n'a rien fait pour améliorer la langue et "adapter aux exigences de la vie moderne mais on a tout fait pour empêcher la modernisation lexicale, qui serait une profanation. On considère cette langue (langue du Coran et de la parole de Dieu) comme inviolable et incompatible avec la loi de l'évolution. Ce purisme farouche a eu pour résultat la stagnation de la langue et le retard en matière scientifique et technique qui croit au fil des siècles et qui devient très dangereux si on ne prend pas de mesures immédiates.

Quel avenir pour l'arabisation dans le pays?
s'épanouir et être au service des sciences

- Pour

que la langue arabe puisse il est indispensable

et de la technologie,

de redresser la situation. En faisant faire évoluer la langue en "enrichissant et en l'adaptant à la vie moderne, on parviendra sûrement à en faire un véritable moyen de travail et de réflexion. Mais cette tâche ne peut être accomplie par un seul pays. Tout le monde arabe en est concerné.

A. Zizi

(1984 ; 53) propose plusieurs solutions en vue de remédier à cette insuffisan« domaine le moins fortement structuré

ce du lexique,

". Elle prescrit le système lo-

gique de dérivation

en constatant

que le rapport signifiant I signifié est beaucoup

moins arbitraire que dans d'autres langues. La régularité morphologique de J'arabe devrait, selon elle, faciliter la création tenninologique. Quant aux procédés de com-

position et de siglaison, ils seront à proscrire car, selon elle,
par nature que l'on perde la conscience des composants

«

le système empêche
l'emprun~

". Concernant

lA

PROBLÉMATIQUE

19

elle pense qu'il est inévitable. ccD'ailleurs, dit-elle, en dehors des emprunts voulus,
décidés par les terminologies, des emprunts spontanés se font

l'. Dans

le domaine

non littéraire on peut en effet recourir à la création néologique même si celle-ci est inesthétique: l'essentiel c'est qu'elle soit pratique, commode et adaptée au XXe siècle. la coordination des efforts de recherche sur la langue arabe devrait aboutir à un résultat concret. La traduction a aussi un rôle à jouer dans le développement et le progrès de la langue. Mettant en relation l'avenir de l'arabisation et la connaissance des langues étrangères, A. Zizi déclare que seule la traduction permet la modernisation lexicale de l'arabe: ccPour enrichir une langue et créer des termes il faut être bilingue. Pour acclimater les notions étrangères en arabe, il faut que les spécialistes assimilent ces notions en langue d'origine. Pour mettre au point la langue arabe, pour réussir l'arabisation, le bilinguisme est nécessaire. Il S'il est urgent de revenir à l'arabisation, il faut aussi être réaliste. On ne peut, en effet, pas s'offrir le luxe d'arabiser et de se moderniser en même temps; ilfaut faire un choix: arabiser pour arabiser ou opter pour l'avenir économique qui exige un tribut à payer: celui du maintien de la langue étrangère. Sans sacrifier le développement économique et l'orientation scientifique, et sans s'empêcher de réinstaurer la langue de culture, l'Etat a su concilier les deux impératifs qui ne semblent pas être antagonistes dans leur application. Ilne suffit pas en effet, d'inscrire dans la constitution que l'arabe est la langue nationale pour effacer l'héritage colonial, grâce auquel précisément l'arabisation sera facilitée. la langue française, langue de la modernité Officiellement, la langue française n'a pas un statut clairement déterminé. Elle est désignée dans la Charte Nationale par l'expression cc langue étrangère ", par opposition à Il langue nationale ". ccla récupé~tion totale de la langue nationale et sa nécessaire adaptation à tous les besoins de la société n'excluent pas un ferme encouragement à l'acquisition des langues étrangères ". l'allusion à la langue française est exprimée vaguement: c'est une langue parmi

-

d'autres. Cependant ccferme encouragement Il exprime clairement qu'il s'agit de la
langue française puisqu'il n'a jamais été question de l'apprentissage langue dans le cursus scolaire. d'une autre

Un autre texte de la Charte Nationale donne d'autres qualifications à cette langue: cc Notre idéal le mieux compris est d'être pleinement nous-mêmes tout en nous ouvrant sur les autres et en maîtrisant en même temps notre langue dont la primauté est indiscutable, la connaissance de la langue de culture nous faciliterait la constante communication avec l'extérieur, c'est-à-dire avec les sciences et les techniques
modernes et l'esprit créateur dans sa dimension universelle la plus féconde

vers le syntagme ccles autres Ilse trahit la volonté d'opposer le Il nous ", le ccnousmêmes ", la langue de l'identité à la langue de l'altérité qui, à un niveau symbolique, fait référence au passé, à la colonisation. Cette dernière a, en effet, favorisé en Algérie un analphabétisme plus grand en arabe qu'en français.

". Atra-

20

VOCABULAIRE

GÉNÉRAL

D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

Ensuite la dénomination de cette langue évolue en devenant « langue de culture JJ, (( (( langue de communication avec l'extérieur I), langue des sciences et techniLa langue française est ainsi définie par rapport ques JJ et enfin l'esprit créateur
(( I).

aux autres langues étrangères, par rapport à la langue nationale et par rapport à ce qu'on attend d'elle (son rôle et ses fonctions). Officieusement, la langue française est revendiquée comme langue indispensable, langue à statut privilégié, langue d'accès à la civilisation. A travers les petits extraits relevés, se. dégage en filigrane l'importance de cette langue, importance
((
((

qui para-

l'Algérie opte pour le maintien du Français dont les premières prémisses sont a) rAlgérie veul se civiliser el s'ouvrir sur le monde moderne et b) or le français est une langue d'ouverture et de civilisaphrase la conclusion logique du syllogisme
I) I) ((

tion I). L'idée que le français constitue une condition essentielle d'accès aux valeurs civilisationnelles et d'ouverture sur le monde modeme dénote un temps de compromis. La désignation implicite du français prouve que les moyens linguisliques au service de la science et de la lechnologie sonl nombreux. Mais si le Français occupe une place incontestablemenl privilégiée, c'est grâce aux circonstances politicohistoriques. L'Anglais pourrait peut -être mieux jouer ce rôle, vu son prestige mesuré en termes de moyens économiques et de nombre de scientifiques et de techniciens l'ayanl pour langue matemelle. Mais le choix est porté sur la langue liée à la dimension hislorique du pays. Ce choix montre que l'on est toumé vers la rationalité et l'efficacité et non vers le passé el son conlentieux. En ce qui conceme l'enseignement, le Français occupe une faible part des études et les examens ne lui accordent pas une grande valeur (coefficient faible du français au bac lettres et pas de français du toul pour les bacs sciences et mathématiques). Cependant son importance se manifeste dans l'expression et la compréhension des énoncés scientifiques. Un élève qui ne maîtrise pas bien la langue a de faibles chances d'avoir de bonnes noies dans les matières scientifiques. La situation du français étanl définie, il convient à présent de s'inlerroger ficultés inhérentes à son enseignement. sur les dif-

A partir de réalités socio-économiques el politiques du pays, de la situation linguistique el des besoins du milieu étudié, on aboutit à une réflexion sur l'état acluel de l'enseignement du français. Il n'est en effet pas facile de traduire de façon concrète les ambitions formulées par les objectifs de l'état. Il faut s'interroger sur les meilleurs moyens dé rendre l'enseignement efficace. Donc loute étude sur l'enseignement de la langue française en Algérie suscite la prise en considération des fins assignées à cet enseignement. Il faut reconnaître que si cette langue joue un rôle dans les rapports de compréhension intemationale, les méthodes qu'elle utilise varient en fonction des objectifs pédagogiques et des types d'enseignement de chaque pays. En Algérie on accorde une attention particulière à l'aspect communicatif et informationnel de la langue. L'aspect culturel inhérent à la civilisation (au sens large du terme) est relégué en deuxième instance. Un va et vient entre la formation de l'esprit et la manipulation de l'outil linguistique ne va pas sans poser de problèmes plexes. L'accès au savoir spécialisé comet à la langue de spécialité qui le véhicule exige

LA PROBLËMATlQUE

21
(celle qui permet d'as-

des moyens favorisant l'acquisition

de la langue didactique

seoir convenablement la langue de spécialité) d'une part et la maîtrise du discours scientifique proprement dit d'autre part. Il semble pertinent de réfléchir à l'élaboration nels et à l'enseignement du type fonctionnel. Un enseignement fonctionnel est-il souhaitable? des outils pédagogiques opération-

Le « fonctionnel Il est considéré par H. Besse et R. Galisson (1980; 36) comme identique à « enseignement des langues spécialisées »),voire comme parasynonyme de scientifique, de technique et de spécialisé. le sens que lui donne le Dictionnaire Didactique des Langues (DOL) renvoie à une notion plus large et plus féconde que le terme « instrumental » avec quoi autrement il pourrait se confondre. En effet

fonctionnel,selon le DOL,peut aussi s'appliquer à des objectifsde type « touristique Il si on ne l'enferme pas dans l'acception institutionnelle qu'il a pu reprendre dans la lexie français fonctionnel; on peut même fort bien concevoir un enseigne-

". SelonL.Porcher, neapprochefonctionnelle u prenden lignede comptel'analyse du
public préalablement à l'action pédagogique et un enseignement fonctionnel repose nécessairement sur « une analyse des besoins du public,des caractéristiques de celui-ci, des conditions matérielles de la pédagogie (horaire, encadrement...), bref sur une connaissance du milieu de destination et en même temps un savoir à jour concernant la discipline à enseigner Il (L. Porcher, 1976; 7). Pourquoi un enseignement fonctionnel? Tout le monde reconnaît aujourd'hui que l'enseignement de la langue française présentait des carences en ce sens qu'il était complètement inadapté aux besoins du public et aux conditions dans lesquelles il se pratiquait. Opérer des changements tant sur le plan linguistique que sur le plan pédagogique est nécessaire. Le renouvellement méthodologique qui s'impose de toute urgence est lié au changement de plusieurs facteurs :

ment fonctionnel répondant

à des motivations instrumentales

- le public qui se modifie
les objectif la pratique linguistique

sans cesse avec le changement
vers une éducation à l'importance correspondant

du système éducatif,
techniciste,

du pays qui sont toumés

de l'arabisation,

la méthode d'enseignement
les stratégies d'apprentissage

qui se voit dépassée
et la motivation

actuellement,
qu'au-

qui ne sont plus les mêmes

trefois où la langue étrangère était considérée comme outil de communication et d'expression. Aujourd'hui l'accent étant mis davantage sur le domaine scientifique et technique, il importe de se servir d'un instrument pédagogique jouant un rôle novateur sur le plan méthodologique de J'enseignement du français. Cet instrument ne peut être qu'un « français fonctionnel Ilassurant le transport du savoir. La rénovation globale de l'enseignement du français langue étrangère se traduit par

un outil pédagogique nouveau portant plusieurs noms de baptême:

«

le français

instrumental ", « le français scientifique et technique ", « le français domanial ",

22
« langue

VOCABULAIRE

GENERAL

D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

de spécialité Il, cc français fonctionnel Il, cc discours scientifique )), cc langue )), « registre spécifique etc. Ilse définitpar oppositionau « français spécialisée
)),

général et représente un nouvel accent sur les domaines apparemment spécifiques à l'intérieur de la langue française: discours des sciences, des techniques,
)),

de l'économie, bref de tout ce qui n'est ni littéraire, ni cctouristique)) et il ccsert à quelque chose par rapport à la vie (L. Porcher, idem; 6). cc Le français fonction))

nel

))

doit donc être adapté

au public précis
))

qui rattend.1I

ne doit pas être confondu

avec cc le françaislangue étrangère conçu en général pour rendre service à n'importe quel public dans n'importe quelle situation d'apprentissage.

1.2.3. Aspects langagiers de la langue de spécialité
Les efforts actuellement entrepris dans le domaine de l'enseignement de la langue française, semblent essentiellement tenir compte du public et de la situation générale de transmission linguistique mais les buts paraissent être quelque peu négligés. L'objet de l'apprentissage des langues de spécialité n'est en effet, pas défini par les textes officiels. On préconise un enseignement tourné vers les besoins communicatifs au sens large sans pour autant spécifier les éléments linguistiques nécessaires à cette communication scientifique (excepté le domaine particulier de la terminologie). Nous reviendrons sur ce point au paragraphe consacré aux caractéristiques lexicales. cc Il ne suffit pas de remplacer "voici M. Thibaut" par "voici un bec Bensun" pour avoir mis en place une méthode d'enseignement du français scientifique)) (L. Porcher, idem; 9). Ilimporte de penser aux éléments appropriés à l'enseignement-apprentissage des langues de spécialité. Afinde pouvoir dégager ce matériel langagier, ilest nécessaire de décrire linguistiquement toutes les composantes des langues de spécialité. D'abord qu'est-œ que les langues de spécialité?
R. Galisson et D. Coste les définissent comme étant
cc

les langues utilisées dans les

situations de communication (orales ou écrites) qui impliquent la transmission d'une information relevant d'un champ d'expérience particulier)) (DDL, 1976; 511). Cette définition est différente de celle d'A. Phal (1968 ; 8) qui accorde aux langues de spécialité un sens plus étroit. Elles ne représentent, selon lui, qu'une catégorie de ca-

ractéristiques des langues scientifiques et techniques, cc celles qui permettent de distinguer les différentes sciences et techniques les unes des autres. Elles correspondent à un rôle statique de la langue, à sa fonction de désignation et portent sur une différence de contenu et de spécialisation du lexique (définition. terminologie. nomenclature, vocabulaire spécialisé de la science et technique considérée). Ces caractéristiques définissent ce qu'on appelle les langues de spécialité L'autre catégorie étant pour lui la langue scientifique générale, de rôle dynamique et que toutes les spécialités ont en commun. Selon cette conception, la langue scientifique et la langue de spécialité sont des composantes de la langue scientifique et techI).

nique.

LA PROBLÉMATIQUE

23

Ch. Bally (1951 ; 117), quant à lui, conçoit la langue de spécialité comme un en".11 dit semble de moyens d'expressions et la désigne par CI la langue scientifique que CIla langue scientifique n'existe nulle part sous sa forme la plus absolue, mais il ya une forme de langage qui reflète d'une façon constante l'activité purement intel.
lectuelle de la pensée: c'est la langue scientifique.lln assimile la langue scientifique avec la ter. à la langue de spécialité et il précise qu'elle ne doit pas être confondue minologie. Sur ce point il s'oppose à la définition d'A. Phal.

Pour notre part, nous nous allions plutôt avec la définition la plus récente et la plus large, celle du DDl et nous ajoutons que la langue de spécialité est une sous. langue de la langue tout entière. Elle se caractérise par un ensemble de ressources linguistiques et ne peut être assimilée à un style, à un registre ou à une tenninologie. la langue de spécialité est un ensemble complexe dont les principaux consti. tuants relèvent des aspects revue ses caractéristiques. symbolique, syntaxique et lexicologique. Passons en

1.2.3.1. Caractéristiques

extralinguistiques

En linguistique dite générale, F. de Saussure (ClG, 1972) définit la langue comme un système de signes. Cette définition peut-elle s'appliquer au mot CI langue Il dans CI langue de spécialité Il ? Apparemment oui puisque le mot CI signe Il pour désigner
les fonnes graphiques (lettres, chiffres, traits...), les formes visuelles, les fonnes s0nores, les symboles, etc. Mais en réalité le mot-signe n'a d'autres acceptions que celle du CI signe linguistique c'est-à-dire unité de langue. C'est, selon Saussure,
CI

", l'unité minimale de la phrase.
linguistiques proprement

Il

Or la langue de spécialité comporte entre les
cc

signes

dits, des unités

verses que R. Kocourek (1982 ; 72) désigne par
à-dire unités de fonne graphique

non linguistiques, d'origines diunités brachygraphiques Il c'est.
le

viatif ou idéographique. De ce fait nous pensons que le mot Il langue de spécialité Il renvoie beaucoup plus au CI langage Il
saussurienne.

concise. Cette concision est surtout d'ordre abrélangue dans
Il

qu'à la cc langue

Il

les unités brachygraphiques abréviatives sont généralement représentées par des lettres, exemples:

- 1t (le nombre pi), - P (la masse volumique = Rho) - Hg (le mercure), Ch (le chlore) - SI (le système international)
les unités

idéographiques

sont quant à elles constituées

de chiffres et de symboles

spéciaux, par exemple:

- chiffres: 2 (carré, puissance 2) - symboles tels que..J (racine carrée), % (pourcentage),
- lettre + chiffre =H20 (fonnule chimique de l'eau). - lettre + symboles spéciaux: Na+ (ion sodium).

00 (l'infini),

0

(degré)...

24

VOCABULAIRE

GÉNÉRAL

D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

Les lettres, les chiffres, les symboles, etc., qui constituent une partie intégrante des langues de spécialité, sont étrangers au domaine de la linguistique. Ce rapide coup d'œil nous permet néanmoins de mieux appréhender le domaine saisir les éléments qui sous-tendent les textes étudiés. 1.2.3.2. Caractéristiques morpho-syntaxiques linguistique et de

Ce domaine moins étudié dans la littérature existante que celui du lexique [signalons toutefois G. Vignier et A. Martin (1976), A. Phal (1978), R. Kocourek (1982)], constitue souvent un obstacle dans l'apprentissage des langues scientifiques et techniques. L'intérêt de se pencher sur ce domaine réside dans le fait qu'une langue de spécialité n'est pas seulement une affaire de lexique mais c'est aussi une affaire de relations des mots entre eux. La seule connaissance du lexique ne permet, en effet pas à l'élève de saisir le contenu scientifique d'un texte donné. Dans le chapitre consacré à l'étude de la syntaxe, G. Vignier et A. Martin (op. cit.) affirment qu'un petit nombre de constructions fondamentales suffit à organiser la totalité du savoir technique. On dit aussi qu'une langue de spécialité contient uniquement des structures syntaxiques appartenant à la langue commune mais en nombre très réduit. Selon cette hypothèse, il serait aisé de recenser ces structures et de les enseigner. En réalité la langue scientifique dispose de sa propre syntaxe et de ses propres caractéristiques morpho-syntaxiques puisés dans celles de la langue com-

mune. D'après A. Phal (1972; 84),

«

le français scientifique ne retient des moyens

morpho-syntaxiques qu'offre le système général de la langue que ceux qui peuvent servir le principe d'économie et la rigueur dans l'abstraction, qui sont ses deux caractéristiques principales: ces moyens sont donc moins variés et plus contraignants que ceux qu'utilise le français usuel». La rigueur et "économie sont en effet des caractéristiques essentielles scientifique et technique: divers phénomènes y contribuent. de la langue

En premier lieu, la phrase scientifique doit être claire et très explicite. La cohérence de l'expression suscite des moyens de jonction très variés (les conjonctions,les pronoms relatifs, les déterminants de toutes natures). Ilen résulte un nombre important de propositions coordonnées et subordonnées, des constructions incises... De ce point de vue, la phrase scientifique est plus élaborée que celle de la langue usuelle. La longueur moyenne de la phrase, remarque Kocourek (p. 52), se situe entre 28 et 29 mots (29 mots pour l'anglais; 28,S pour le russe). Plus l'information scientifique est complète, plus la phrase est longue et compliquée. Cette demière est généralement constituée par une ou plusieurs propositions qui se greffent à la principale par enchâssement, coordination, subordination ou juxtaposition. A la rigueur de la structuration logique s'ajoute la prédominance de la déclarative sur les autres formes de phrases. Cela montre l'importance de la fonction référentielle du langage et donc de son objectivité. La restriction du système verbal et l'emploi fréquent du présent de l'indicatif (ayant une valeur permanente et générale) et de la 3e personne du singulier (procédure impersonnelle), renforcent ce caractère de ri-

LA PROBLÉMATIQUE

25

gueur et en même temps, marquent le caractère économique du français des sciences et des techniques. En second lieu, un souci de concision poussée de la langue entraîne généralement une condensation.syntaxique des phrases scientifiques. la construction de phrases longues et tortueuses n'empêche pas, paradoxalement, de concentrer les énoncés.
«

De manière générale, la condensation syntaxique parait être liée à la tendance

suivante: exprimer le contenu spécialisé en des phrases sémantiquement chargées au maximum, sans en même temps dépasser certaines limites de longueur», précise R. Kocourek (op. cit.; 59). Les moyens syntaxiques les plus fréquemment utilisés en vue d'aboutir à la concentration des énoncés (c'est-à-dire pour exprimer le maximum de choses en ul1nombre restreint de mots) sont surtout:

-

La transformation lexicale: cette opération consiste à remplacer une phrase (ou
un groupe de mots) par un seul mot sémantiquement équivalent. Le résultat de cette opération appelée nominalisation, adjectivation ou pronominalisation, selon le cas, est la formation d'une unité lexicale (ou syntagme) syntaxique inférieur à celui de la phrase. qui se situe à un niveau

- La réduction de la phrase par ellipse, emploi des proposition infinitives, emploi de

formeparticipialeet de la voixpassive.
- La formation des lexies complexes

.

par dérivation et composition.

Ainsi, en exigeant rigueur, concision, limitation et cohérence, la syntaxe des langues de spécialité contribue à la construction des énoncés et à la production du

sens.
Quel est l'apport de la caractéristique lexicale?

1.2.3.3. Caractéristiques lexicales
La plupart des travaux sur les langues scientifiques s'intéressent au vocabulaire qui est, sans doute, le domaine le plus important du langage de spécialité. Dans la définition de ce lexique, on a tendance à réduire le champ d'investigation à la simple notion de « terminologie». Si cela semble « normal» pour le scientifique, cela l'est moins pour le linguiste et pour l'enseignant de la langue. Cette définition est en effet inadaptée ou plus exactement insuffisante. D'un point de vue pédagogique, l'enseignement terminologique n'a d'intérêt qu'accompagné de celui des autres aspects de la langue dans la mesure où il ne permet

pas de voir le fonctionnement de la langue dans sa réalité. Afin de faire acquérir la
compétence communicative, il importe d'enseigner la langue de spécialité dans toutes ses composantes et non pas se limiter à un aspect particulier se rapportant à

une nomenclature ou une terminologie. D'ailleurs les dictionnaires spécialisés pourraient très bien jouer ce rôle. A. Phal trouve inconcevable d'enseigner le vocabulai-

re indépendammentde la syntaxe; de même qu' « ilne faut pas ramener l'enseignement de la langue scientifique à l'enseignement d'une terminologie» (A. Phal,

1972;86).

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VOCABULAIRE

GËNËRAL

D'ENSEIGNEMENT

SCIENTIFIQUE

Aussi est~1 ilTÎportant de souligner

que dans une langue de spécialitéapparaissent

trois classes lexicales: la première, représentant le vocabulaire de base appartenant à la langue usuelle; la deuxième, correspondant à la langue scientifique généraie; la troisième afférente au lexique spécialisé ou vocabulaire technique. Dans l'expression scientifique, une grande proportion de mots appartenant à la langue commune interviennent et ceci dans n'importe quelle spécialité. Dans ce cas

à quelleclasse lexicalecorrespondce qu'on appelle ccterminologie

u?

Ch. Bally détermine la terminologie comme ensemble de termes étrangers à la langue commune et désignant les choses par leur côté impersonnel et objectif avec exactitude et précision. Ildit aussi que l'état d'esprit supposé par le terme technique se retrouve dans toutes les formes d'activités déterminées (langue administrative, termes de métiers, jargons).
La même conception est observée chez J. Dubois et al. (1973 ; 486) : cc la terminolo-

gie est un ensemble de termes, définis rigoureusement par lesquels [toute science] désigne les notions qui lui sont utiles u. R. Galisson et D. Coste donnent la même définition mais substituent au mot
«

no-

tions u les mots cc objets Il et cc concepts u ; la terminologie,pour eux, est ne de connaissances ou d'activitéshumaines u (DDL ; 559).

«

l'en-

semble des termes qui renvoient aux concepts ou aux objets afférents à un domaiA travers ces définitions, ilapparaît nettement que la terminologie relève de la troisième classe lexicale (signalée plus haut), celle du vocabulaire technique. Le mot ccterme )) dont ilest question dans les trois définitions signifie l'unité lexicale dont le sens est donné dans les textes mêmes de spécialité et qui est définie par les spécialistes eux-mêmes. Il semble important de signaler avec R. Kocourek que les termes (unités lexicales) ne représentent potentiellement, que certaines acceptions de l'aire sémantique de l'unité lexicale, à savoircelles qui sont définiespar les spécialistes dans les textes spécialisés et non par les lexicographes dans les dictionnaires généraux ») (p. 79). La valeur monosémique du terme dont parle L. Guilbert (1973; 10) n'est pas toujours vraie. Ilexiste en effet, des termes puisés dans le vocabulaire commun et qui prennent un sens particulier dans certaines spécialités. Pour cette raison les dictionnaires généraux ne rendent pas compte de toutes les acceptions mais seulement du sens ordinaire. De la même manière que les terminologies s'enrichissent de termes provenant de la langue usuelle, elles peuvent accroître leur stock en faisant des emprunts (aux disciplines voisines ou aux langues étrangères) ou en recourant à la création néologique. Demier point concemant la terminologie: ilexiste quelquefois des différences entre terminologie et nomenclature. Celle.ci (cc ensemble de noms qu'on donne d'une manière systématique aux objets relevant d'une activité donnée u, ex: nomenclature des pièces d'une voiture - J. Dubois et al., 1973 ; 340) est incluse dans la première en ce sens que la terminologie désigne des notions abstraites d'une science ainsi que les cc choses u concrètes. C'est aussi l'avis de M. Fuchs (in Ch. Bruneau,

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