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VOTRE ENFANT EST-IL INTELLECTUELLEMENT DOUE ?

De
263 pages
Pourquoi un enfant curieux de tout, rapide dans sa compréhension et ne demandant qu'à défier les difficultés, devient-il source de problèmes dans le système scolaire français ? ElsaGoïame-d'Eaubonne raconte le parcours difficile qu'elle a traversé avec son fils mais relate également des dizaines de témoignages de parents d'enfants intellectuellement doués dans son ouvrage. Par une synthèse claire et lucide, ce livre situe l'école et l'enfant intellectuellement doué dans son contexte actuel. Il donne également des conseils pour entretenir le capital santé tout en améliorant l'efficience intellectuelle et rassemble une pléiade de références utiles dans les pages de son guide pratique.
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VOTRE ENFANT EST-IL INTELLECTUELLEMENTDout?

Traité sur la précocité intellectuelle

En couverture: "Un homme et une femme" dessin de Sidney,5 ans

(Ç) L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5868-8

Merci à toi, Sidney, mon fils chéri, sans qui cet ouvrage n'existerait pas, à la complicité d'Alain, mon époux, aux enfants artistes qui ont illustré ce livre, aux familles qui ont bien voulu témoigner, et à tous eeux qui m'ont soutenu: Jany Berbigier, Rorenee Créneguy, Odile Juin, Brigitte Morcretfe, Bruno d'Eaubonne, Jean-Charles Terrassier, Xiogang Shao.

Alors que celui-cine témoignerani appétence,ni désir de recherche vers la connaissance de soi et du monde qui l'entoure,
Celui-là, animé d'un esprit original en perpétuel éveil, ne s'épanouira qu'en situation d'exploration constante
et accèdera à des états de conscience insoupçonnés.

Ainsi, la frontière de l'érudition peut selon l'essence de chacun, circonscrire l'absence de curiosité ou s'estomper à la lisière de l'incommensurable.

PREFACE

Comment pourrait-on aider les enfants "surdoués" à échouer?
Vous prenez un pays démocratique qui proclame haut et fort respecter les droits de l' homme et de l'enfant. Vous instituez un système éducatif bien rigide dans lequel la vie scolaire des enfants devra être totalement prédéterminée par leur date de naissance. Vous décrétez l'âge auquel tous les enfants doivent acquérir normalement et obligatoirement certaines connaissances et certaines compétences. Vous posez en principe que les enfants intellectuellement précoces n'existent pas et en conséquence que les tests d'intelligence n'ont aucune valeur puisqu'ils indiquent le contraire. Vous niez, bien entendu, la diversité des enfants. Tous sont égaux, donc identiques. Sur la base de cette démonstration d'une grande clarté, vous fustigez tous ceux qui s'entêtent à penser et à constater que la politique d'uniformité des rythmes, des méthodes, et des contenus pédagogiques,fait souffrir les lents comme les rapides.

Vous allégez encore un peu les programmes afin que chaque élève parvienne au Bac et chaque année lors des résultats vous vous. félicitez que le niveau monte. Si une enquête montre qu'au contraire le niveau a baissé en orthographe, en grammaire, en résolution de problèmes arithmétiques, eh bien, dites que c'est tant mieux, que nous n'avons plus les mêmes valeurs qu'autrefois, que nous sommes modernes et tournés vers l'avenir, nous! Et de toute façon qui pourra dire si nous amenons les élèves au niveau du Bac, ou bien le Bac au niveau des élèves! Vous interdisez à tout enfant précoce, sauf prendre de l'avance scolaire et menacez les enfants des pires catastrophes s'ils s'entêtent. l'enfant aura des difficultés, vous lui direz que (l qu'il n'est pas surdoué." le vôtre bien sûr, de parents des autres Plus tard, lorsque c'est bien la preuve

L'élitisme? vous êtes contre, bien sûr. Cependant arrangez-vous pour habiter dans un bon quartier, près d'une école de bon niveau, car sinon vous serez obligé de faire jouer vos relations pour que votre enfant soit accepté dans celle où on travaille sérieusement. Et pour bien verrouiller les dispositifs, vous interdisez toute information sur la précocité intellectuelle dans la formation des maîtres et des psychologues et vous rendez difficile ou même impossible l'application des rares mesures qui permettraient de la respecter quelque peu dans les écoles. Et malgré tous ces efforts, l'ascenceur C'est à n'y rien comprendre. social fonctionne mal.

Heureusement ce n'est pas en France que de telles aberrations seraient tolérées, n'est-ce-pas ?
Fort à propos, Elsa Goi"ame-d'Eaubonne a réuni des dizaines de témoignages qui permettront à chacun de constater la réalité de l'Education dans notre beau pays. A chacun d'en tirer les enseignements. Jean-Charles Terrassier

INTRODUCTION

"Les braves gens n'aiment pas que l'on prenne une autre route qu'eux" Georges Brassens

L'enfant intellectuellement doué ou intellectuellement précoce même lorsqu'il est reconnu comme tel représente encore aujourd'hui une énigme pour la plupart des enseignants: il penurbe parcequ'il ne cesse de poser des questions, il dérange car il est différent et comble du paradoxe, une fois sur deux, il se retrouve en situation d'échec scolaire! La précocité intellectuelle, caractéristique encore mal connue de l'enfance, n'évoque souvent que le synonyme d'un éveil intellectuel avant un âge déterminé pour la moyenne, une intelligence supérieure et à fortiori appelle l'image du bon élève. C'est la raison pour laquelle il est difficilement envisageable pour un grand nombre d'enseignants d'associer le profil de ce type d'enfant à celui d'un écolier peu performant et présentant de réels problèmes d'apprentissage. Ce qui à priori paraît paradoxal, n'est pourtant que le constat d'une réalité quotidienne dont il est urgent de prendre conscience. Il

Comme Janus, roi légendaire romain, l'enfant intellectuellement précoce est investi d'une étonnante sagacité et d'une individualité à l'aspect binaire. Ce Dieu romain capable d'avoir présent à ses yeux le temps à venir comme l'histoire ancienne, possédait cette double faculté qui l'a fait représenter avec deux visages sur les pièces de monnaie romaines. Cette dualité qui se retrouve chez l'enfant intellectuellement précoce, se définit par sa personnalité d'âge réel d'une part, celle de son âge mental d'autre part, lui pennettant ainsi de se projeter aussi bien dans le futur que dans le passé. A ce sujet Sophocle écrivait: "l'homme sage juge de l'avenir par le passé". Les missions d'éducation et d'instruction dans l'enseignement d'aujourd'hui représentent elles aussi une certaine fonne de dualité. L'éducation représente l'immense domaine se consacrant à la fonnation d'un jeune individu, à son développement culturel, intellectuel et physique. Les parents comme les enseignants sont des éducateurs. L'instruction évoque l'action d'instruire, d'enseigner et désigne l'ensemble de la culture et des connaissances acquises. A l'époque de la Gaule, l'éducation était assurée oralement par les druides et les poètes. Les Romains furent les précurseurs du système d'écoles publiques, mais réservaient leur fréquentation aux élites. Le Pater Familias, à Rome, au cours du premier siècle avant J.C. avait droit absolu sur ses enfants. Il pouvait décider de leur vie ou de leur mort. Au Moyen-Age, le père avait pouvoir de marier ses enfants selon son choix uniquement et les châtiments corporels sont restés longtemps en vigueur. Au cours de cette période, des universités comme la Sorbonne sont apparues et l'enseignement fut dispensé par l'Eglise. Si les lois de la Révolution française minimisent le rôle paternel, il n'en est pas moins vrai que le Code 12

Napoléonien dénigrera l'enfant jusqu'à le présenter comme un incapable qu'il faut protéger. Jusqu'à la révolution, l'éducation des filles. restera inexistante et il faudra attendre la IIIème République pour que s'installe le système scolaire actuel. Jules Ferry, ministre de l'Instruction Publique, instaure en 1880 l'enseignement primaire gratuit qui ne sera étendu au secondaire qu'en 1930. Pendant de nombreuses années, l'instruction fut destinée aux personnes fortunées qui seules pouvaient en bénéficier et pouvaient faire instruire leurs enfants. L'un des buts de l'instruction laïque au niveau national était de contribuer à la diminution du seuil de pauvreté, en permettant par la scolarité gratuite, d'accéder au privilège d'apprendre pour prétendre exercer un métier et pouvoir s'élever dans la société. Cette démarche moderne s'oppose avec les idées de Socrate qui méprisait les biens matériels, car il estimait qu'ils représentaient un obstacle pour qui désire se consacrer à la connaissance tout comme Descartes au XVIIème qui considérait que des carrières trop brillantes pouvaient représenter une entrave à l'élévation de l'individu. En 1924, une Charte des Droits de l'Enfant est adoptée par la Société des Nations, pour que soient protégés les mineurs. Enfin, tout récemment, en janvier 1990, la France approuvait avec 49 autres états, la Convention sur les droits de l'enfant. Elle ne fait pas que garantir la protection physique et morale, mais enfin et surtout, elle reconnaît à l'enfant la capacité d'être une personne à part entière pouvant agir de sa propre initiative. Les états conviennent qu'en matière éducative, l' enfant doit être favorisé dans l'épanouissement de sa personnalité, le développement de ses dons, de ses aptitudes mentales et physiques et ceci dans toute la mesure de ses potentialités (article 29 - Convention sur les droits de l'enfant). L'instruction et l'éducation d'un individu reflètent des paramètres d'une grande complexité, mais quel que soit le contexte, il s'avère primordial de ne pas négliger l'affectif (80). En 13

effet, si l'entourage famille/ école ne prodigue pas suffisamment d'affection à l'enfant, celui-ci risque de se replier sur luimême en glissant vers un sentiment d'incommunicabilité. L'affectivité qui exprime la conquête du soi est vitale à la construction de l'être humain. L'éducation d'un enfant passe par un détachement entre lui et ses parents c'est à dire réciproque, donc vers une autonomie. Cette prise de conscience peut s'affinner chez le très jeune enfant par une sensation d'anxiété, qui doit être adoucie par l'assurance d'une affectivité bien présente. Rousseau, livré à lui-même durant son enfance, sans mère et abandonné par son père, (aurait, dit-on, abandonné à son tour tous ses enfants), est l'un des premiers à mettre en valeur les relations d'ordre affectif entre parents et enfants, à l'instar de Montaigne deux siècles plus tôt qui critiquait vivement les parents trop affectueux. L'identité d'un enfant se construit à travers la relation qu'il développe avec les personnes qui l'entourent. Aussi, l'adulte se doit de ne pas négliger un aspect fondamental du statut de l'enfant qui est celui de le considérer comme un individu original sans vouloir imposer sa vérité comme unique En faisant preuve de modestie, il découvrira qu'il apprend de son enfant au moins autant que ce qu'il prétend pouvoir lui apporter. L'épanouissement de l'enfant peut être dangeureusement endommagé par des obstacles résultant d'un manque de confiance en lui-même. Aussi, le meilleur compromis que nous puissions instaurer entre lui et nous reposera sur une relation équilibrée elle-même basée sur la notion de confiance mutuelle. Il est essentiel qu'un enfant en bas-âge extériorise par ses actions les difficultés qu'il rencontre et les désirs qu'il veut communiquer. De son côté, l'adulte doit être en mesure de traduire la nature de ces actes et comprendre par exemple pourquoi un sentiment d'insatisfaction pousse l'enfant à agir de telle ou telle manière. L'agressivité s'avère le moyen le plus 14

efficace pour attirer l'attention immédiatement mais elle doit .au cours des années, trouver sa place dans l'affirmation de l'individu. Ne pas exprimer son opposition à une agressivité ne servirait qu'à encourager l'escalade de celle-ci. Réajuster l'attitude à adopter entre permissivité et autoritarisme paraît indispensable car l'une ou l'autre de ces deux extrêmes suscite le même malaise chez l'enfant: celui de ne plus savoir se situer. Ainsi le seuil fixé trop loin, ne permettra pas à l'enfant de détenniner ses limites car l'absence de repères peut faire naître une profonde anxiété provoquée par la peur de sa propre existence. A l'inverse, le manque de tolérance qui sanctionnerait par une punition toute défaillance à une morale définie, est à éviter; en effet, ce procédé amènerait l'enfant à ne fonctionner que sous la crainte, en réprimant ses sentiments et en l' empêchant d'exprimer ses peurs et ses joies. Une bienveillante fermeté sera donc la meilleure solution qui aidera l'enfant à s'affirmer en développant sa propre estime. Il faut lui apprendre à définir le moment où il ne doit pas franchir la ligne qui sépare bons sens de rebellion et l'amener à ce qu'il puisse déterminer lui-même ses limites. Il est primordial de lui inculquer le sens de la responsabilité en appliquant une discipline qui le respecte et en lui laissant la liberté de se responsabiliser par le choix conscient de ses actes. Le plus important reste de ne jamais faire usage de la force, car elle donne un modèle d'agressivité et lui laisse entrevoir la possibilité d'être lui-même violent (45). Le XXème siècle s'est montré riche en personnages plus ou moins célèbres qui ont participé à des recherches variées et originales sur l'enfance. De graves oppositions entre ces personnalités ont toutefois permis de faire progresser réactions et mentalités.

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En ce début de siècle, Pauline Kergomard (47) d'abord institutrice puis nommée à la direction pour l'inspection des salles d'asiles, s' attèle à une tâche bien lourde: celle de réformer l'institution. Dans le domaine éducatif, elle attire l'attention sur l'importance de la mixité en maternelle et sur le fait qu'éduquer est le terme en matière d'apprentissages plutôt que celui d'enseigner. Précurseur de la méthode des tests psychologiques, un français, Alfred Binet (4) observe l'évolution des enfants en milieu psychiatrique. En 1904, l'état lui demande de mettre au point une échelle destinée à évaluer les aptitudes de ces enfants. Il rencontre quelques adversaires qui n'y voient qu'une démarche de sélectivité. Cette échelle n'est pourtant qu'un moyen de mesurer l'intelligence de l'enfant inadapté pour qu'il puisse bénéficier d'une pédagogie appropriée. Sa méthode pennet de calculer l'âge mental de l'enfant. La notion de Q.I. n'apparaîtra qu'ultèrieurement. Quelques années plus tard, un psychologue suisse, Jean Piaget (61) (1896-1980), se spécialise dans l'apparition de la pensée intelligente et observe le mécanisme du langage chez l'enfant. Il publie en 1926 un ouvrage intitulé "la représentation du monde chez l'enfant". Pour mener à bien ses différentes études, il s'entoure des chercheurs les plus renommés (logiciens, mathématiciens) et entretient une longue correspondance avec Einstein. Piaget se prononce contre l'enseignement traditionnel, le cours magistral et la répétition. Il estime que dispensé de la sorte, l'enseignement s'identifie à une méthode clinique qui ne tient pas compte de l'individualité de chacun. Par contre il encourage les méthodes actives car selon lui, comprendre, c'est inventer ou reconstruire au travers de son propre vécu en imaginant sans cesse des situations d'apprentissage qui créeront les meilleures conditions dans l' appropriation du savoir. Un grand scientifique et linguiste égyptien, Caleb Gattegno (38) de quelques années cadet de Piaget, reproche à celui-ci 16

une analyse trop abstraite qui occulte totalement le côté affectif dans le regard porté sur les enfants. Parmi ses idées en matière de pédagogie, il développe celle du travail en petits groupes et attire l'attention sur l'importance des couleurs dans l'apprentissage de la lecture. Il est d'ailleurs persuadé que le fait de stimuler la vue permet de réaliser des progrès de bien meilleure qualité que si l'ouïe seule est prise en considération. Alina Szeminska (71), psychologue d 'origine polonaise, travaille en collaboration avec Piaget et après la seconde guerre mondiale, dirige un département de psychologie scolaire en Pologne. Pourtant, quand en 1952, paraît aux Etats-Unis "la génèse du nombre chez l'enfant", recherches qu'elle termine en 1935 avec Piaget, seule paraît la signature de ce dernier. La psychologue fait figure de victime face au phallocratisme dans le milieu intellectuel américain de cette époque. Arnold Gesell (41), né en 1880 aux Etats-Unis, utilise les techniques du cinéma pour réaliser ses recherches en psychologie. Il met au point les "baby-tests"(pour les enfants de moins de trois ans), en rappelant qu'il ne s'agit là que d'un support car l'intelligence est une notion extrêmement complexe qu'il est difficile de définir et encore plus délicat de mesurer. A partir de 1919, il entreprend 150 thèmes d'observation d'enfants d'âge pré-scolaire (de la naissance à 5 ans) ; tous ces tests portent sur la motricité, le langage, l'adaptation au milieu et les conclusions qu'il en dégage lui permettent de déterminer la norme, l'avance ou le retard d'un enfant par rapport à un groupe d'âge. Quelques années plus tard, les échelles d'évaluation de Gesell sont adaptées à la France par Odette Brunet (8) et Irène Lézine (52). Cette dernière, originaire de Russie, devient Directeur de Recherches au C.N.R.S. Elle révolutionne totalement la vie à l'intérieur des crèches: jusque là, ces endroits rappellent plus l'univers carcéral que celui d'accueil à la vie. Elle dénonce la pauvreté des lieux et des équipements ainsi que la dureté avec laquelle sont considérés parents et 17

enfants: ces derniers peuvent être attachés dans leurs lits, nourris de force et obligés de suivre un rythme commun à tous. Elle met tout en oeuvre pour former un personnel adéquat. A la même période, un instituteur de l'Ecole Normale, Célestin Freinet (35), tente une expérience d'enseignement différencié. Ses démarches sont influencées par les travaux de Piaget à Genève. Il propose une pédagogie dont le centre est l'imprimerie, car il estime qu'un enfant ne doit pas rester assis toute la journée dans une salle de classe. Il crée également un nouvel instrument pédagogique: le fichier scolaire que chaque élève peut consulter quand il le désire pour trouver des informations diverses sur un grand nombre de sujets. Tout à coup, l'adulte se rend compte du potentiel d'un enfant, qui n'a supporté jusque là que des adjectifs plutôt négatifs comme paresseux, insolent, peu enclin à l'effort. L'enfant se montre positif, ravi de découvrir de nouvelles choses, heureux de vivre. Malheureusement, Freinet se heurte à l'Education Nationale qui lui témoigne une attitude hostile. Il en est réduit à ne pouvoir développer ses idées novatrices que dans un établissement privé de Vence. Aujourd'hui son enseignement se trouve parfois dans la classe d'un établissement, un peu au hasard des démarches d'une institutrice, sans qu'un suivi soit assuré dans la ou les classes suivantes. En 1901, un médecin et pédagogue belge, Ovide Decroly (25), ouvre "L'école pour la vie, par la vie". Les centres d'intérêts des différents apprentissages trouvent leurs origines dans la vie quotidienne, notre environnement et la société en générale. De plus, l'adulte ne se trouve pas en situation d'autorité absolue, puisque la vie scolaire en communauté sera rythmée par l'entraide et l'autodiscipline. L'initiation à la lecture s'effectue par une méthode globale et est abordée par la fonction visuelle, avec la perception d'un ensemble et non pas d'éléments distincts les uns des autres. En Russie, Lev Vygotski (76), se fait connaître pour ses tra18

vaux sur le langage et la pensée, sujet très prisé dans les années 20. Il met au point une épreQve verbale dans le but de classer des objets. Il en résulte, une étude très complète sur la formation des concepts, dans tout milieu culturel et social, ainsi que toutes sortes de populations. Malheureusement, les grandes idées de ce chercheur et philosophe, qualifiées par le régime de "science bourgeoise", seront soigneuseusement rangées au fond d'un tiroir. Dans les années 20, aux Etats- Unis, un jeune homme que rien ne destinait à entreprendre un fulgurant parcours, John B. Watson (78), écrit et entreprend des recherches sur la résultante des comportements liée à l'influence de l'entourage, ainsi que sur une éducation modèle dont l'idée maîtresse est basée sur la mise en place de bonnes habitudes à acquérir au cours de l'enfance (mouvement appelé le "behaviorisme" du mot anglais behavior: façon de se comporter). C'est une éducation quelque peu dénuée d'amour entre parents et enfants, dont le courant éducatif se teinte d'ordre et d'hygiène. Un peu plus tard, à New-York, Burrhus F. Skinner (68), psychologue célèbre, utilise la théorie du behaviorisme et met en évidence le fait que l'individu sélectionne la façon dont il va se comporter en fonction de l'évènement vécu. Ainsi explique t-il sa vision du comportement en l'appliquant dans une méthode éducative; par exemple: un bon travail mérite récompense. En 1907, une femme italienne, la première à être honorée du titre de docteur en médecine, Maria Montessori (58), donne naissance à la première Maison des E.nfants, qui regroupe des enfants de milieux sociaux défavorisés dans le quartier San Lorenzo de Rome. Sa méthode est reconnue dans le monde entier et de nombreuses maisons du même genre s'ouvrent un peu partout. Ses conceptions sur les enfants arriérés sont bientôt mises en application et adaptées aux enfants normaux. Dans les deux cas la progression des écoliers donne des résultats spectaculaires.
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Edouard Claparède (16) dénonce déjà en 1920, le risque que prend l'école de ne vouloir s'intéresser qu'à la moyenne en oubliant tous les autres. Il estime que la structure de l' école telle qu'elle existe ne peut que répondre à une majorité fondée sur une moyenne et que les plus brillants risquent de s'y perdre par manque de stimulation. Pourtant, malgré des efforts réalisés dans le but de faire prendre conscience de la différence existante dans une même classe, ces études pédagogiques ne sont jamais passées sur le plan de la réalisation dans notre hexagone. Dans un même esprit, de grands maîtres comme le pédagogue suisse Adolphe Ferrière et l'italien Daniel Bovet (34) -prix Nobel de physiologie et de médecine en 1957- ont mis en place certaines méthodes pour que l'école devienne active. Ils remarquent en effet que si les enseignants se plaignent du comportement de leurs élèves c'est en grande partie parcequ'ils n'ont pas réalisé que ces enfants ne font que renvoyer l'image que le maître se fait d'eux. Ferrière et Bovet proposent une pédagogie différenciée par la mise en place d'un programme d'acquisition et d'un plan de travail indivuduel hebdomadaire et mensuel. Ainsi, le travail demandé sera effectué avec la garantie d'un rythme personnalisé sur des supports différents selon les goûts et les intérêts de chacun. Un best-seller, "Libres enfants de Summerhill", contribue à faire connaître mondialement un psychologue et pédagogue d'origine écossaise au parcours quelque peu chaotique: Alexander S. Neill (60). L'école de Summerhill qui ouvre ses portes en 1924 dénote un esprit où l'enseignement "doit respecter avant tout les désirs et les instincts" ; il estime que le rôle de l'adulte doit être celui d'accompagnateur et non pas de directeur. Son expérience reste néanmoins unique et Neill luimême la juge intransmissible. Après des études en psychiatrie et en psychanalyse, un américain, Benjamin Spock (70), choisit d'être un pédiatre dont la gentillesse envers les enfants sensibilise sa clientèle. Puis le 20

guide "Comment soigner et éduquer son enfant" va toucher plus de 25 millions de personnes en faisant prendre conscience aux parents de leurs aptitudes à pouvoir élever correctement leurs enfants. Après toute l'époque de Watson où l' éducation est marquée par une rigueur jusqu'à en devenir une froideur entre parents et enfants, Spock au contraire encourage l'affection et le respect de la personnalité. En accédant à la magistrature en 1931, Jean Chazal de Mauriac (12) porte toute son attention sur la protection de l'enfance en créant un organisme qui s'occupe d'enfants et adolescents abandonnés ou déficients, et soulève activement la question de l'intervention judiciaire vis à vis des mineurs délinquants. Il soutient ardemment en 1945 le texte sur la protection et les droits de l'enfant et s'illustre tout au long de sa vie, comme le défenseur de l'enfance en danger. A la même époque, en Pologne, un homme issu de la bourgeoisie, Janusz Korsczak (48), abandonne ses activités d'écrivain et d 'homme de médecine pour se consacrer aux enfants miséreux, son but étant de dresser, en dirigeant un orphelinat, les principaux critères éducatifs en vue de proposer une sorte de système de diagnostic pédagogique. Mais en 1942, il est déporté ainsi que les enfants de son orphelinat. Un français, René Zazzo (81) philosophe puis spécialiste de la psychologie de l'enfant, mène une lutte pour que celui-ci puisse avoir une égalité de chances, notamment à l'école. Il encourage vivement que le rôle du psychologue y soit développé. Il insiste également sur la façon d'utiliser les tests psychologiques qui ne doivent pas être compris comme un moyen de sélection mais comme des points de répère. Né au début du siècle, Serge Lebovici (50), un homme doté d'un esprit curieux et ouvert, installe à I'hôpital des enfants malades, malgré des conditions de fortune, une unité de psychothérapie. Dans les années 60, il conçoit une fonnule tout à fait novatrice en matière de psychiatrie: avec une équipe de jeunes psychologues, assistantes sociales et psychiatres, il 21

propose des soins à domicile ou ambulatoires et établit des contacts avec les écoles. Ses études se portent essentiellement sur les séquelles que peuvent entraîner le manque d'amour maternel chez l'enfant lors de son hospitalisation, à la suite de la séparation avec son milieu familial. Une autre célébrité française (dont la notoriété n'a pas dépassé nos frontières), Henri Wallon (77), pédagogue, médecin et psychologue, joue un rôle prépondérant dans les institutions universitaires. En effet, peu de temps après la fin de la deuxième guerre mondiale, il présente avec la collaboration de Paul Langevin, un projet de totale réforme de l' enseignement. Il s'attache à reconnaître que l'évolution individuelle est aussi bien associée à 1'histoire propre de chaque individu qu'à ses interférences avec le monde extérieur. Un ensemble d'idées brillantes qui ont été consciencieusement classées dans les archives de l'Education Nationale. D'origine basque, grand maître de la psychiatrie, Julian de Ajuriaguerra (1) a profondément été influencé par Wallon et Piaget. Il estime que chez l'enfant, aucune fonction ne se développe indépendamment des autres: ainsi il existe une interaction constante entre l'environnement dans lequel l'enfant se développe et l'évolution de son système neurophysiologique. Il met au point des méthodes de relaxation ainsi que des thérapies pour améliorer la psychomotricité. Une figure éminente de la psychologie française, Maurice Reuchlin (64) définit le rôle du psychologue comme celui qui est capable de repérer les aptitudes d'un individu. Il met en place la psychologie différencielle en observant que les moyens utilisés peuvent être variés: approche mentale, affective ou linguistique par exemple. En matière scolaire, il rappelle la nécessité d'un grand discernement lorsqu'il s'agit de reconnaître l'égalité de. chaque individu envers des droits civiques d'une part et l'égalité devant la capacité d'intégrer des notions cognitives d'autre part. Pour Maurice Reuchlin, les deux notions doivent rester bien distinctes l'une de l'autre. 22

Robert Debré (24) est un hommé de- science qui s'est dévoué toute sa vie à combattre les maladies infantiles. Il fait avancer d'une manière considérable les recherches sur la tuberculose, crée le premier sanatorium pour enfants, reprend des travaux inachevés sur la méningite cérébro-spinale, la scarlatine et bien d'autres encore. Il a su prouver l'importance d'une relation étroite entre des troubles moteurs et affectifs. Cet homme admirable, qui après plus de cinq décénnies de travail intense, déclarait à la fin de sa vie qu'il ayait encore quelque chose à dire. Vers les années 70, Roger Caillois (9), philosophe et écrivain français, réalise des études sur les jeux et préconise une relation tout à fait originale entre l'activité ludique à proprement dite et la façon dont elle est distribuée. L'essence même du jeu se présente comme un paradoxe puisque des efforts toujours plus importants ne restent pourtant qu'intrinsèquement inutiles. Mondialement connue Françoise Dolto (29) (1908-1988), neuropsychiatre et psychanalyste, a vulgarisé sa science quant à l'écoute qu'elle a toujours su témoigner envers les enfants. La plus innovatrice des psychanalistes français, affirme qu'une éducation déséquilibrée engendre des troubles mentaux et physiques chez l'enfant. Sa spécificité lui a valu le qualificatif de "médecin de l'éducation". Bruno Bettelheim (3) qui fut directeur de l'Ecole orthogénique de l'université de Chicago pendant une trentaine d'années, se donne la mort en 1990, aux Etats-Unis. Il s'est essentiellement consacré aux enfants autistes. Il a voulu expliquer, en étant souvent incompris, que malgré les meilleures intentions que pensait prodiguer le milieu familial à un enfant ou un adolescent, ces derniers pouvaient être victimes de forces destructrices internes. Pierre Mâle (54), un psychiatre né avec le siècle, se tourne avec passion vers les problèmes de l'adolescence. Il compatit à la morosité ressentie par les jeunes de notre époque et c'est 23

par une écoute sincère, un dialogue à la portée de son patient qu'il réussira à faire admettre l'indéniable nécessité des consultations spécialisées pour enfaQts et adolescents en proie à des difficultés. Il n'est pas toujours aisé pour les parents de faire la part, quand il s'agit de leurs enfants, de ce qui est normal et de ce qui ne l'est pas. Siefgried et Thérèse Engelman (32), tous deux spécialisés dans le domaine de l'enfance, ont su expliciter de façon rassurante et rationnelle que les troubles de l' enfant ne sont pas toujours liés à des problèmes d'ordre organique, mais sont très souvent d'origine affective. Chargés d'études à l'Institut de Recherches sur les enfants particulièrement doués dans l'Etat de l'Illinois aux U.S.A., ils se spécialisent dans la période pré-scolaire; ils mettent également au point des programmes scolaires pour enfants défavorisés, mentalement retardés et sourds ainsi que différents tests et méthodes d'enseignement pré-scolaire qui ont suscité de vives réactions: ils estiment qu'il est néfaste de pousser un enfant peu doué à l'étude bien qu'il soit souhaitable de l'aider le mieux possible dans le développement de toutes ses possibilités; par contre, si un enfant montre dès son plus jeune âge des dispositions remarquables, il serait injuste de ne pas lui permettre de les développer dans la mesure de ses talents. Marguerite Gentzbittel (40), celle que l'on nomme "Madame le proviseur", pennet, grâce à son humour et ses propos directs, de faire découvrir aux parents les autres facettes de leurs enfants. Philippe Meirieu (55) professeur en Sciences de l'Education à l'Université Lumière-Lyon 2, évoque les grands thèmes de la réflexion pédagogique. Mais il les éclaire grâce à la force d'une instrumentation pratique et à la densité de sa personnalité humaniste. Il recentre les objectifs en préconisant un assouplissement du fonctionnement scolaire et une redéfinition de la transmission du savoir. Après avoir mené une carrière de comédienne, de professeur 24

de théâtre aux Etats-Unis et des études en communicatIon, Cécile Loupan (53) se consacre à l'univers captivant des apprentissages précoces chez les enfants en précisant bien qu'il ne s'agit pas de forcer l' e~fant mais d'éveiller son intelligence et de développer ses dons. Le professeur Rémi Chauvin (11) a suscité, lors de la parution de son livre en 1975, un intérêt appréciable sur la question des enfants surdoués, qui a su trouver son prolongement auprès de Jean-Charles Terrassier* (73) psychologue de notoriété internationale et spécialiste en matière de précocité intellectuelle depuis plus de vingt-cinq ans. J.C. Terrassier souhaiterait que notre pays comprenne le double enjeu que représente une scolarité équilibrée pour les enfants intellectuellement doués: leur épanouissement d'une part et d'autre part la découverte de talents pour le bienfait de la planète. Au cours de la conférence mondiale sur l'éducation pour tous en mars 1990, le Prince Hassan de Jordanie reconnaissait également que "l'épanouissement de l'être humain est le noyau du développement économique et social". Ainsi, depuis plus d'un siècle, le sujet de l'enfant et de l'adolescent a été largement exploré. Il en est ressorti de nombreuses études, déroutantes, passionnantes, ambitieuses, généreuses. La question de l'anormalité a souvent été à l'origine des recherches (A. Binet, M. Montessori, O. Decroly), pour arriver au stade du normal; mais on s'est très peu préoccupé des inadaptés de l'autre extrême, c'est à dire des enfants intellectuellement doués. On a voulu à force de conclusions, créer une image type de l'enfant nonnal, sans plus se soucier de sa diversité, ce qui aboutit aujourd'hui à une synthèse simpliste, applicable à une masse d'enfants, en oubliant l'essentiel: les différences de chaque individu contribuent non seulement à enrichir le groupe mais nous rappellent qu'il est primordial de respecter la nature de chacun.
*Président de l' ANPEIP : Association Nationale Pour les Enfants Intellectuellement Précoces. 25

Cet ouvrage n'aborde pas la précocité intellectuelle en termes médicaux ou obscurs. Il dépeint avec simplicité la personnalité originale des enfants intellectuell~ment doués et rapporte le quotidien d'un certain nombre d'entre eux. Que les témoignages recueillis dans ce livre permettent aux familles qui se sentent isolées par la différence de leurs enfants, de mieux cerner chaque cas de précocité intellectuelle et les aident à acquérir la confiance nécessaire pour agir de façon urgente et concrète. Puissent ces illustrations, teintées de craintes, de questions multiples et de joies intenses, aboutir à la sensibilisation de l'opinion publique ainsi qu'à une prise de conscience rapide et authentique auprès de l'Education Nationale. Les parents ainsi que tous les intervenants du domaine de l'enfance doivent pouvoir bénéficier d'informations spécifiques. D'autre part, des formations pédagogiques et psychologiques s'imposent à tous les éducateurs, pour qu'ils puissent dispenser sans plus tarder une aide et un accompagnement efficaces aux enfants intellectuellements précoces. Ne pas avoir sa place pour exister, n'est-il pas le pire
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affront que l'on puisse porter à la liberté de l'homme?

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CHAPITRE

I

DECELER LA PRECOCITE INTELLECTUELLE CHEZ L'ENFANT
"Il faut suivre sa pente, mais en la remontant" André Gide (44)

L'intelligence inquiète car elle force à repousser les limites établies, à se poser des questions et devoir y répondre. La pene de repères est à la source de bien des incenitudes ; pourtant se souvenir que chaque chose en ce monde est reliée à une autre, autoriserait une attitude plus sage face à la relativité de nos valeurs et permettrait une plus large tolérance. L'atmosphère qui entoure le thème de la précocité intellectuelle reste lourde de préjugés et d'idées préconçues. Une prise de conscience paraît indispensable quant à une réalité qui se transforme le plus souvent en problème tant pour ces enfants que pour leurs parents. Le terme de "surdoué" (6/11/19/20/42/49/56/72/73) évoque encore aujourd'hui dans de nombreux esprits, des dispositions géniales dans lesquelles l'enfant serait né, qui lui permettraient de tout entreprendre avec succès, sans effon ni vécu, un peu comme un "superman" miniature doté de science infuse. L'opinion erronée qui en découle porte un imponant préjudice aux intéressés. Cependant il semble que l'état d'esprit évolue aujourd'hui vers une attitude moins agressive. Ainsi, le surdoué bénéficie d'une image et d'une appellation plus modérées. Le tenne d'enfant "intellectuellement 27

doué ou intellectuellement précoce" se révèle plus rasSurant car débarrassée d'un complexe de supériorité angoissant. Jean-Charles Terrassier trouve que le tenne de précoce. est plus adapté car il gomme la nécessité de la perfonnance d'enfants dont on attend que l'exploit. L'enfant intellectuellement précoce n'est pas un enfant prodige. Il possède un esprit vif, très curieux et mobile, des aptitudes de logique et de synthèse plus développées que la norme de son groupe d'âge. Ces enfants restent néanmoins des êtres incompris, jalousés, dérangeants, à qui les structures d'enseignement traditionnel ne sont pas en mesure de proposer un milieu suffisamment stimulant. Laisser en friche des aptitudes exceptionnelles revient à ne pas respecter un individu dans sa différence et peut provoquer de graves perturbations. Ainsi, l'enfant éprouvera un sentiment d'abandon de la part de son entourage, qu'il traduira soit par des migraines, des maux d'estomac ou plus encore, par une dérive vers la délinquance jusqu'au risque de sombrer dans une dépression neurasthénique aboutissant parfois sur l 'horreur: le suicide. Parents et enseignants doivent se rendre suffisamment disponibles pour décoder la valeur des mots et des états d'âme. Toute manifestation importante dans la transformation d'un comportement doit immédiatement attirer l'attention. Ainsi un enfant désemparé se dévalorise car il a l'impression de ne plus être aimé. L'enfant dépressif peut contraster des périodes de profonde insatisfaction avec des épisodes d'excitation exprimant ainsi une grande agitation intérieure. Il est essentiel de comprendre que les réactions de l'enfant varieront considérablement selon la manière dont il aura été soutenu ou ignoré dans sa différence. Les parents s'aperçoivent plus ou moins tôt dans la vie de leur enfant que celui-ci possède des capacités intellectuelles en décalage positif par rapport à la moyenne. La perception de cet état de fait est liée à de nombreux paramètres. Cependant il est souvent plus facile de déceler une précocité intellectuelle chez un enfant extraverti qui fera part de sa curiosité débordante et (ou) de son anxiété par rapport aux questions existentielles, que chez un enfant introverti qui 28