Bacchanale et balles perdues

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La pendule indique 17 heures 30. Fin de journée pour les ouvriers. Le calendrier se trouvant dans le bureau du con du petit chef indique que nous sommes vendredi. L'ouvrier n'a plus qu'à attendre deux jours pour retourner à l'usine. Marcel, lui, est à l'ajustage de pignons. Pignons que nous retrouvons dans les distributeurs de papiers hygiéniques. Il s'emmerde huit heures par jour, afin que ses contemporains le soit le moins possible. Marcel pose sa blouse sur le dossier usé de sa chaise verte. Cette semaine il ne la met pas dans son sac Monoprix, il ne la juge pas sale. Il passe un blouson de toile bon marché de couleur ocre. Les bras ballants et le pantalon usé il se dirige vers la pointeuse. Cette machine symbolise la réussite d'une s
Publié le : vendredi 10 juin 2011
Lecture(s) : 125
EAN13 : 9782304022483
Nombre de pages : 129
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Titre
Bacchanale et balles perdues
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Titre Stéphane Puille
Bacchanale et balles perdues
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02248-3 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304022483 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02249-0 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304022490 (livre numérique)
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CHAPITRE1
La pendule indique 17 heures 30. Fin de journée pour les ouvriers. Le calendrier se trou-vant dans le bureau du con de petit chef indique que nous sommes vendredi. L’ouvrier n’a plus qu’à attendre deux jours pour retourner à l’usine. Marcel, lui, est à l’ajustage de pignons. Pignons que nous retrouvons dans les distribu-teurs de papiers hygiéniques. Il s’emmerde huit heures par jour, afin que ses contemporains le soit le moins possible. Marcel pose sa blouse sur le dossier usé de sa chaise verte. Cette se-maine il ne la met pas dans son sac Monoprix, il ne la juge pas sale. Il passe un blouson de toile bon marché de couleur ocre. Les bras ballants et le pantalon usé il se dirige vers la pointeuse. Cette machine symbolise la réussite d’une socié-té, elle montre bien l’ambition des hommes. Bande de cons. Clic-clac l’affaire est dans le sac, bonsoir Clara ! Le voilà dehors prend à gauche direction le métro. Depuis 17 ans du lundi au vendredi c’est ainsi. 17 ans de misère 17 ans de connerie, et de l’infini sur le tout. Il ne se presse
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pas malgré la fraîcheur de cette fin d’après-midi d’octobre. Il a le pas nonchalant de ces gens qui ne sortent de nulle part et qui retournent d’où ils viennent. Il se dirige vers la station de bus situé à trois rues de là. Le voilà devant l’échoppe de la fleuriste. Cela fait partie de ses petits plaisirs quotidiens ; voir la fleuriste et mourir pourrait être son leitmotiv ! Il faut dire qu’elle est belle la fleuriste, toujours bien mise, elle. Marcel a conversé avec elle quelques fois, comme ça, juste pour dire… Très souvent après ces quelques minutes d’échange, il continuait son chemin le souvenir content et l’âme en fête. Il savait que le soir venu ses rêves serait plus doux que d’habitude. A tel point que le soir de ses entrevues il se hâtait de fuir, oui, sa femme et ses gosses pour rejoindre les bras de Mor-phée afin d’effeuiller la marguerite avec sa jolie fleuriste. Aujourd’hui est un bon jour, Marcel entrevoit son Amérique à lui. Va-t-il oser un bonjour audible ou timidement opinera-t-il du chef ? Dans ce cas il esquissera un petit sourire à peine visible, timide. Il ne doit pas réfléchir trop longtemps à ce qu’il doit faire sinon ça sera raté pour aujourd’hui. Alors il redevient le che-val fougueux qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être ! Bonjour m’dame comment allez-vous ? Marcel, malgré son envie d’éviter le banal ne parvint pas à prononcer autre chose. Moult fois
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