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Titre
Chroniques de l'Arbre-Monde
3
Titre Stéphane Bacquey
Chroniques de l'Arbre-Monde
Fable première : Benjamin
Roman fantastique
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-01454-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304014549 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-01455-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304014556 (livre numérique)
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Chroniques de l’Arbre MondeFable première : Benjamin .
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Assise sur la plus haute branche de l’Arbre Monde, Alahynn regardait mourir le soleil sur la lande bretonne. La brise qui soufflait ce soir-là lui faisait battre légèrement des ailes pour gar-der son équilibre. Au loin, elle devinait le bruit des vagues se brisant sur les falaises. Dans quel-ques minutes quand le dernier des rayons du soleil aurait disparu derrière l’horizon, elle don-nerait le signal de l’éveil. Ce rituel, elle l’avait accompli des milliers de fois depuis sa sacralisa-tion de prêtresse du petit peuple. En tant que telle, elle devait réveiller son peuple endormi par les rayons du soleil, à l’aide de son Lok’raïn (flûte taillée dans le bois de l’Arbre Monde) qui avait le pouvoir de réveiller ceux de ses compa-gnons qui s’étaient endormis dans le monde des humains. Soufflant de toutes ses forces, Ala-hynn sortit les notes sacrées en s’envolant d’un battement d’ailes pour survoler la forêt de Bro-céliande. Ses trilles réveillèrent les Sylves et les Trolls à travers les profondes grottes du sous-sol, s’immiscèrent dans les troncs des arbres dans lesquels dormaient les Elfes et les Fées, pénétrèrent les sous-sols des maisons pour tirer
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Chroniques de l’Arbre-Monde
les Gnomes de leur torpeur. Quand l’humanité s’endormait, le petit peuple s’éveillait, et ce, de-puis que l’Arbre Monde veillait sur toutes les créatures vivant sur cette terre. Benjamin, Benjamin, réveille-toi, re-garde… Benjamin ouvrit les yeux. Pendant quelques secondes confuses, sa mémoire se perdit entre les souvenirs désagréables de ses derniers jours, l’enterrement, la tristesse, les pleurs de sa mère… puis ses yeux aperçurent d’étranges ro-chers dressés vers le ciel sur le bord de la route. Cela faisait des heures qu’ils roulaient tous les deux. Ils étaient partis tôt le matin de la région parisienne. Sa mère avait pris la meilleure déci-sion possible. Après la mort de son papa, Ben-jamin et sa mère avaient eu une douloureuse discussion qu’il n’avait compris qu’à moitié. Maman n’avait plus d’argent, pour vivre il fallait retourner chez papi Roger et mamie Yvonne, là-bas, loin de chez eux, en Bretagne. La maison était assez grande, il y avait de la place pour eux deux et puis maman aurait moins de mal à trouver du travail qu’à Paris, elle qui n’avait ja-mais travaillé. Et puis surtout, à Paris, il y avait trop de souvenirs douloureux, trop de choses qui faisaient penser à papa. C’est le menhir de Kerloas. Quand j’étais petite fille, je venais jouer là avec mes amis. Il
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