Comme une bouteille à la mer

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Quand enfant handicapée, on vous dit que vous pouvez traumatiser les autres à l’école, forcément vous cherchez à racheter ce fait d’être un Vilain Petit Canard. Vous réclamez le droit de vous faire aimer et surtout d’aimer, et vous échouez… Plus tard, vous vous mettez à écrire et vous vous connectez sur Internet. Vous y rencontrez des sites littéraires et un homme s’intéresse à vous. Ainsi Léa devient l’amie d’Armand, mais il la délaisse et sa famille l’oblige à abandonner son amitié avec elle devenue trop encombrante. Léa s’en défend en écrivant un journal à son ami, et elle comprend combien son image a affecté leurs relations, et qu’il faut compter sur soi-même plus que sur les autres pour exprimer le cygne qui est en soi si caché par le handicap et la fragilité de l’âme.
Publié le : vendredi 8 juin 2007
Lecture(s) : 183
EAN13 : 9782748197426
Nombre de pages : 273
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Comme une bouteille à la mer
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Béatrice Grangeat
Comme une bouteille à la mer
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.comISBN : 2-7481-9742-9 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748197426 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9743-7 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748197433 (livre numérique)
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.À la mémoire de mes parents.
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8 juin 2006
LES ANNÉES POLIO
Je me propose de te faire, mon ami, le survol de ma vie. Tu découvriras les rouages de mon comportement hors normes. Je ne sais ce que je gagnerai en échange. Peut-être quand même l’âme allégée du poids de mes échecs, et qui sait de mon sentiment de culpabilité. Commençons donc par une chaude journée de 1957… C’était en juin à Saint-Leu-la-Forêt. Une forte canicule plombait l’air. Je me promenais dans le jardin avec mon lapin en peluche sous le bras, mes cheveux bruns réunis en macarons, et des rêves plein la tête. Enfant sauvage, ces promenades devaient déjà façonner ma pensée de rêveuse.
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Comme une bouteille à la mer
Mais il faisait de plus en plus chaud. Prise d’une fatigue subite, je me suis assise sur les marches du perron. Alice s’est approchée. Ça va, Léa ? Comme je ne répondais pas, elle s’est assise à côté de moi. Elle a regardé ma mine défaite. Ma sœur a touché mon front brûlant. Je n’ai pas cillé. J’ai bobo tête, ai-je fini par dire. Elle m’a prise dans ses bras et m’a portée dans la chambre, puis déposée sur mon petit lit à barreaux. Maman, Léa est malade ! Il conviendrait de l’envoyer à l’hôpital pour des examens approfondis, a dit le docteur. Ne serait-ce pas la polio, a répondu ma mère ? Il y a beaucoup de cas en ce moment par ici. Oh, si je l’avais vaccinée… Le vaccin est au stade expérimental, madame. C’est pour cela que l’épidémie est si importante. Mais je ne crois pas que ce soit la polio. La fièvre et ses maux de tête violents me font plutôt penser à une méningite. Ma mère m’a souvent parlé de mes hallucinations. Je voyais le Père Noël et ses rennes passer devant moi. Dans mon délire, je voulais les embrasser. Je lui disais : « aide-moi !» Elle me prenait les bras pour suivre le mouvement imaginaire. Elle était gentille ma
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