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Drogue et criminalité

De
262 pages
Concevoir la question des drogues illicites en dehors de leur contexte criminel est difficile. Certaines questions reviennent immanquablement: prendre de la drogue pousse-t-il vraiment à la délinquance? Existe-t-il des drogues aux propriétés criminogènes ? Pourquoi un toxicomane se tourne-t-il vers la criminalité ? Quelles sont les meilleures façons d’intervenir auprès des personnes qui ont de graves problèmes de consommation?
Cette troisième édition présente la relation complexe entre drogue et criminalité, évitant les énoncés sommaires qui voudraient que l’usage de substances psychoactives mène nécessairement au crime. Elle met ainsi en lumière les contextes politiques et légaux liés aux drogues et fait une synthèse exceptionnelle des résultats de la recherche des vingt dernières années. Les auteurs rendent compte de l’importance accrue qu’on accorde désormais aux usagers de drogues illicites ainsi qu’aux personnes dépendantes et ils décrivent les différentes formes d’aide qui leur sont proposées.
Serge Brochu, Ph. D. psychologie, est professeur titulaire à l’École de criminologie de l’Université de Montréal et président honoraire de la Société internationale de criminologie de même que président de l’Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ). Il est chercheur régulier au Groupe de recherche et intervention sur les substances psychoactives-Québec (RISQ) et au Centre international de criminologie comparée (CICC). Il est le directeur scientifique de l’Institut universitaire sur les dépendances (IUD).
Natacha Brunelle, Ph.D. criminologie, est professeure titulaire au Département de psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les trajectoires d'usage de drogues et les problématiques associées. Elle est chercheuse régulière au RISQ, au CICC, ainsi qu’à IUD.
Chantal Plourde, Ph.D. criminologie, est professeure titulaire au Département de psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheuse régulière au RISQ et au CICC. Elle dirige également l’antenne UQTR du CICC.
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Les Presses de l’Université de Montréal
DROG UE ET CRIMINALITÉ
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Serge Brochu, Natacha Brunelle et Chantal Plourde
DROG UE ET CRIMINALITÉ
Une relation complexe
Troisième édition revue et augmentée
Les Presses de l’Université de Montréal
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Brochu, Serge  Drogue et criminalité : une relation complexe e   édition revue et augmentée.  (Paramètres)  Édition originale : .  Comprend des références bibliographiques.   ----  . Toxicomanie et criminalité. . Criminels - Usage des drogues. . Drogues et criminalité.I. Brunelle, Natacha, - . II. Plourde, Chantal, - . III Titre. IV. Collection : Paramètres. .B  .’ --
Mise en pages : Folio infographie
 (papier) : ----  (PDF) : ----  (ePub) : ----
e Dépôt légal :  trimestre  Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
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Remerciements
Nous tenons à remercier nos assistants de recherche, Isabelle Bastrash, Marie-Ève Bédard-Nadeau, Geneviève Garceau, Vanessa Lapierre, Catherine Patenaude, Alison Pellerin, Alexandra Richard et Michaël Sam Tion pour leur travail de recherche documentaire, de classement biblio-r graphique et de mise en pages. Merci au D Didier Jutras-Aswad pour sa lecture attentive du chapitre  portant sur les effets des drogues et pour ses précieux commentaires. Des remerciements sont également adressés au Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), ainsi qu’aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour les subventions octroyées qui nous ont permis de mener plusieurs études sur lesquelles s’appuie le contenu de ce livre. Enfin, merci à la Chaire de recherche du Canada sur les trajectoires d’usage de drogues et les problématiques associées de l’Université du Québec à Trois-Rivières pour avoir financé la majeure partie du travail d’édition de ce livre.
Introduction
L’idée selon laquelle l’usage de drogues peut affecter négativement son consommateur et le pousser vers la criminalité n’est pas nouvelle. Est-elle valide pour autant ? Ce livre adopte une perspective pragmatique et emprunte la lorgnette scientifique afin de mieux saisir les relations qui existent entre drogue et criminalité. Notre intérêt de recherche porte spécifiquement sur le développement de ces relations, mais, avant d’entrer dans le vif du sujet, nous exposerons les éléments qui permettent de bien comprendre les trajectoires de consommation pouvant mener à l’adoption de conduites criminelles et vice versa. Nous terminerons cet exercice sur une note positive en abordant la question des fins de trajectoires qui lient drogue et criminalité et celle de l’efficacité des services d’aide pour les personnes toxicomanes judiciarisées. Un champ de recherche tel que celui des drogues et des questions criminelles repose avant tout sur la manière de le concevoir et de l’aborder, laquelle n’est certes pas totalement dénuée d’intérêts personnels ou corpo-ratistes (Szabo, ). La science, faut-il le rappeler, se forge dans un contexte économique et sociopolitique où les rapports de pouvoir influencent les objets d’étude de même que les connaissances. Il faut savoir que plus de la moitié des publications scientifiques portant sur le thème des drogues et des questions criminelles sont produites aux États-Unis. La connaissance actuelle s’abreuve de recherches américaines et il s’agit là d’un rapport d’influence incontestable dans le monde scientifique. Ce pays est pourtant atypique dans sa façon de gérer la consommation de drogues de ses citoyens et malgré des actions de légalisation du cannabis dans certains États, il continue d’exercer un contrôle rigide sur les consommateurs. D’un côté, il
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emprisonne ces derniers par milliers alors que, d’un autre côté, il hésite à légiférer sur un contrôle des armes à feu. Les relations entre drogue et criminalité sont certainement influencées par ce contexte social. La recherche produite chez nos voisins du Sud se fait dans un environnement répressif ; les participants aux études portant sur les drogues illicites sont très souvent des personnes privées de liberté (incarcération, traitement fortement suggéré par le système carcéral…). Ainsi, les résultats des études portant sur les liens entre drogue et criminalité sont certainement valides pour cet environnement répressif où les armes à feu circulent relativement librement ; mais le sont-ils dans d’autres contextes ? Rappelons que la science n’est jamaispure,qu’elle se construit dans un contexte sociohisto-rique donné qui influence la perception des objets d’étude et des résultats obtenus ; en ce sens, la science est tout simplementhumaine. Pour ces raisons, la troisième édition de ce livre s’appuie encore plus fortement qu’auparavant sur des études menées en sol canadien afin de fournir un portrait de la réalité d’ici.
Les substances psychoactives illicites au Canada
Le Canada adopte actuellement une position composite face aux drogues illicites et à leurs usagers. Les lois promulguées ainsi que les actions du gouvernement fédéral au cours de la dernière décennie, sur des relents moralisateurs, ont clairement mené à une répression accrue et à un accès plus laborieux aux substances, de même qu’à des contextes d’usage poten-tiellement dangereux. Les politiques semblent reposer sur la prémisse que les drogues constituent des produits diaboliques pouvant ensorceler les esprits chétifs qui s’adonnent à la délectation de plaisirs hédonistes et ainsi causer le désordre social. Pour les partisans de cette position idéologique, les consommateurs s’inscrivent eux-mêmes en marge de la société par leur déviance, sinon par leur délinquance, et rien ne sert de tenter de normaliser les rapports que nous entretenons avec eux. Par ailleurs, les Canadiens ont bien compris que l’incarcération ne résout pas les problèmes des personnes toxicomanes et qu’il est préférable de proposer à ceux qui en ont besoin un traitement approprié. L’offre de traitement est généralement bien acceptée au Canada, même si de nom-breux citoyens préfèrent voir les services aux personnes toxicomanes se donner à une bonne distance de leur domicile. Pour plusieurs, le gros