10 ans de chemins...

Publié par

Numéro spécial : 10 ans de chemins... Depuis le printemps 2001, la revue Chemins de formation est apparue dans le paysage des sciences humaines via les sciences de l'éducation : une gageure dont l'enjeu fut et reste difficile à tenir en ces temps troublés autant que saturés. Et, comme l'époque est aux anniversaires, nous n'avons pas résister à fêter ces 10 ans qui, de plus, inaugurent un tournant dans la production de ce magazine...
Publié le : mardi 1 novembre 2011
Lecture(s) : 0
EAN13 : 9782296500914
Nombre de pages : 176
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
CHEMINS DE FORMATION au fil du temps…
Une identité en chemin…
ChemIns de formatIon au il du temps... ISSN 0760-0070 – ISBN 978-2-36085-007-5
ÉdIté par Téraèdre 48, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie 75004 Paris – Tél. 01 48 04 09 26
Avec le soutIen de
Université Catholique de l’Ouest B.P. 808 – 49008 Angers Cedex 01
Université de Nantes – Université permanente 2 bis, boulevard Léon Bureau BP 96228 – 44262 Nantes Cedex Tél. : 02 51 25 07 25 – Fax : 02 51 25 07 20
DIrectIon scIentIique de la publIcatIon
Martine Lani-Bayle www.lanibayle.com
Bertrand Bergier bertrand.bergier@uco.fr
ComIté de rédactIon DépartementSHS, UCO, Angers ÉquipeTransform’, CREN, Nantes
CrédIts IllustratIons
Couverture, illustrations et photographies : D.R.
COMIté SCIEntIFIQUE
Mesdames et messIeurs les professeurs
De l’unIversIté de Nantes Régis Antoine (lettres),Daniel Briolet (1933-2003),Philippe Forest(lettres),Olga Galatanu(linguistique).
Au plan natIonal, en scIences de l’éducatIon Jacques Ardoino, Françoise Cros, Nelly Leselbaum, Philippe Meirieu, Gaston PineauetAndré de Peretti.
Au plan natIonal, en dehors des scIences de l’éducatIon Monique Astié(biologie végétale),Boris Cyrulnik(neurologie,psychiatrie, éthologie clinique),Albert Jacquard (humanistique et génétique des populations),DavidLeBreton(sociologie),Jean-LouisLeMoigne(sciences des systèmes),Jacques Lévine(psychanalyse),Edgar Morin(sociologie) et Jacques Nimier(mathématiques et psychologie clinique).
Au plan InternatIonal Mireille Cifali(psychologie et sciences de l’éducation, Genève, Suisse), Olga Czerniawska(théorie de l’éducation,Lodz,Pologne),Guy De Villers(psychanalyse,Louvain,Belgique),Pierre Dominicé(sciences de l’éducation, Genève, Suisse),Ettore Gelpi(1933-2002),Meirecele Caliope Leitinho(sciences de l’éducation,Ceara,Brésil),Ewa Marynowicz-Hetka(pédagogie sociale, Lodz, Pologne),Jacques Rhéaume(sciences de la communication, Montréal,Québec),Makoto Suemoto(sciences de l’éducation,Kobe,Japon), Fabio Vasconcelos (géographie, Fortaleza, Brésil) etAndré Vidricaire(sciences de l’éduction, Montréal, Québec).
TABLE DES MATIÈRES
ÉdItorIal Martine Lani-Bayle.............................................. 5
1 – ÉCRïTURES EN CHEMïN
La puIssance du souvenIr dans l’écrIture Pierre Bergounioux .............................................. 13
2 – MÉANDRES D’ÉDUCATïON
L’applIcatIon de la théorIe de l’éducatIon tout au long de la vIe dans les recherches bIographIques Jozef Kargul..................................................... 18
3 – PRATïQUES D’HïSTOïRES DE VïE
Le non-dIt dans les hIstoIres de vIe… aux rIsques de l’émotIon Martine Lani-Bayle............................................. 23
Apprendre de la vIlle : à l’IntersectIon de l’espace et du temps PHilippe Meirieu................................................. 28
4 – RÉCïTS DE FORMATïON
WIlhelm MeIster, de Goethe, un personnage entre récIt d’expérIence et récIt de formatIon Marie-CHristine hibault....................36....................
5 – LES SAVOïRS DE RÉSïSTANCE
ÉthIque, scIence de l’homme et éducatIon Boris Cyrulnik et Edgar Morin.................................. 47
6 – LES ÉCRïTURES DE SOï
De soI à autruI : quel récIt pour les « sans vIe » ? PHilippe Forest..................................................58
TenIr un journal, une manIère de vIvre PHilippe Lejeune ................................................. 64
7 – CARNETS DE BORD
Le journal d’ItInérance aujourd’huI René Barbier.................................................... 70
ÉcrIre le terraIn Martin de la Soudière............................................ 78
8 – LES BASCULES DE LA VïE
Événements marquants des bascules dans l’unIvers de l’écrIt Danielle Desmarais............................................... 86
Bascules de la vIe et auto-formatIons InItIatIques Gaston Pineau .................................................. 93
9 – LA TRANSMïSSïON ïNTERGÉNÉRATïONNELLE
Le dIalogue IntergénératIonnel André de Peretti.................................................. 99
La transmIssIon IntergénératIonnelle à travers la génératIvIté Ronald Müller106 .................................................
10/11 – LA DÉMARCHE CLïNïQUE EN ÉDUCATïON ET RECHERCHE
De la clInIque en scIences de l’éducatIon Jacques Ardoino................................................13
ClInIque ratIonnelle et clInIque relatIonnelle Jean-Yves Robin120 ...............................................
12/13 – LA PENSÉE COMPLEXE EN RECHERCHE ET EN PRATïQUE
ComplexIté de la formatIon et de la recherche Jean Clenet.................................................... 127
PIerre Bayle (1647-1706) : tolérance et raIson GerHardt Stenger............................................... 142
14 – ESTïME DE SOï ET FORMATïON
L’éprouvé de soI : un socle pour l’estIme de soI Jacques illion................................................. 148
15 – LE RÉCïT DE VïE : OBJECTïFS ET EFFETS…
HIstoIre de vIe, l’arc quI relIe la France et le Japon Makoto Suemoto............................................... 156
MoI, au hasard, par exemple Jean Rouaud..................................................159
La constructIon du sens autour de raconter ou de « ne veut pas raconter » Dai Matsumoto................................................ 170
ÉDITORIAL
DEûîŝ E îEŝ , une nouvelle revue-papier – la présente –, est apparue discrètement dans le paysage des Sciences humainesviales Sciences de l’éducation : une gageur dont l’enjeu fut et reste diïcile à tenir en ces temps troublés autant que saturés. Èt, comme l’époque est aux anniversaires, nous n’avons pas résisté à fêter ces 10 ans qui, de plus, inaugurent un tournant dans la production de ce magazine. 10 ans, quand il s’agit d’un mariage, ce sont les noces d’étain; un an,les noces de coton : aussi la présente parution signe-t-elle un nouveau tissage tramant étain et coton, en une vaste fresque dont le motif chamarré reste à venir.
PETïTE HïSTOïRE D’UNE CRÉATïON
Au début, il s’agissait simplement, si nous pouvons dire, de proposer à parution des textes intéressants voire nova-teurs,rares,et qui,sinon,n’auraient jamais été connaissables. Leur production-même était induite par ces circonstances car les premiers numéros, c’était leur objectif, exposent la transcription de présentations-discussions parlées lors de séminaires ou journées d’étude et donc, modulées par les circonstances et interactivités de leur mise à jour. Puis peu à peu,la revue s’est détachée de ces bases.Èn voilà les objec-
Numéro dédié au peuple japonais et au Japon
« L’anniversaire coupe l’âge précédent du nouveau,c’est-à-dire l’avant de l’après. » CHîŝîá Eŝô
tifs de départ, avec leurs éventuels inéchissement-modi-cation au l du temps. Cette revue s’est d’emblée voulue diFérentepar dié-rents aspects, tenant tant à la forme, ce qui n’est que rare-ment recherché dans le domaine scientique, qu’au fond bien sÛr mais aussi à la façon.La formeest travaillée pour être attrayante,agréable à tenir autant qu’à compulser,esthé-tique par la mise en page et les illustrations.Le fonda les mêmes objectifs, qui traite de la compréhension des situa-tions de formation tout au long de la vie, dans leur com-posante singulière autant que contextuelle, dynamique et historique. Il aborde de concert combien le récit autant que l’écriture contribuent à cette formation qu’ils expriment.La façonenn, en tout cas au début, s’appliquait à partir d’un événement,de rencontres,pour fournir la trame d’un dossier le plus direct possible, s’étant rééchi en se faisant. Celui-ci s’appuyait donc, autant que possible, sur des transcriptions dialoguantes prises sur le vif et retravaillées avec leurs auteurs. Il sollicitait alors en écho les réactivités des participants de ces aventures collectives. Mais et de plus en plus, le champ de diusion autant que la reconnaissance de la revue allant croissants, certains dossiers plus fondamentaux ont été réa-lisés à partir d’appels à contributionslargement diusés. Ce
5
Chemins de formation au fil du temps…
qui,évolution des exigences des parutions imposant,consti-tue maintenant le cœur de cette publication. Èt explique que la constitution des numéros soit inégale, compte-tenu, pour chacune, de circonstances contingentes et de retours très variables et non prévisibles. Cette revue se veut lieu d’échanges interactifs :le dossier est suivi d’une rubrique « Autrement » où s’expriment des points de vue variés,en dehors de la thématique du moment; d’une rubrique « envie de dire »,ouverte tant à des coups de cœur qu’à des coups de gueule; de « lectures-découvertes » ayant pour objectif de déclencher des appétits de lire variés, tant scientiques que littéraires; et, tant qu’il en paraissait deux numéros par an,d’informations puisant dans l’actualité connue des membres de l’équipe de rédaction – rubrique arrêtée car perdant son sens quand la revue devint annuelle. Objectif général :créer un espace multiple et croisé d’écritures authentiques, vivantes et engagées. Cette revue se veut toujours ouverte :tant aux lecteurs, et pour ce faire elle s’eorce à une lisibilité la plus large possible; qu’aux auteurs, des plus illustres aux anonymes, étudiants ou non, invités à transférer leur écriture de l’ex-pression à l’impression; qu’à la transversalité interdiscipli-naire; et à l’interculturalité : le comité scientique (cf.plus loin) en témoigne. Cette revue s’est voulue d’abord bi-annuelle :un numéro au printemps, un à l’automne, même si les diïcultés de l’édition ont fait que le printemps s’est rapproché parfois de l’été, et l’automne de l’hiver. Èlle est devenue annuelle à partir de l’automne 2003 (n°6). De fait, les numéros ont alors gagné en volume au point, pour certains, d’être trans-formés en numéros doubles. Èlle a changé d’éditeur à partir du numéro 10 – ce qui a permis sa survie – pour être reprise sur leur proposition par les éditions Téraèdre (Paris).
6
Puis le comité de rédaction, largement local, totalement bénévole et en surcharge complète, et sa direction, ont à nouveau tiré la sonnette d’alarme n 2010, et après, donc malgré, la reconnaissance par l’AÈRÈS dans la rubrique « Interfaces »,en disant : on arrête,les forces sont totalement épuisées, il n’est plus possible de continuer dans ces condi-tions. Alors l’éditeur, ne l’entendant pas de cette oreille et fréquentant l’équipe angevine, leur a proposé de prendre la main pour assurer la continuité de l’entreprise. Un accord a été conclu, qui associe maintenant trois laboratoires, celui de Nantes à l’origine de cette création fêtant ses dix ans, et deux laboratoires angevins,sous l’égide de deux têtes signant cet édito.À cette occasion,le comité scientique bénéciera d’une deuxième actualisation,an d’assurer la représentati-vité et l’investissement de tous.
PETïT BïLAN DES NUMÉROS 1 À 1213 (à savoIr les 11 premIers)
Lorsque l’AÈRÈS a répertorié les revues en Sciences de l’éducation pour les classer en fonction de celle apportant des points (puisque nous sommes des producteurs obligés à points, maintenant, et non pas considérés en fonction de l’intérêt ou de la créativité de nos œuvres), un descriptifdeCHemins de formationa été envoyé, non par pour une quelconque reconnaissance à laquelle le revue ne prétendait pas, n’étant pas réalisée dans cet objectif et donc, n’étant pas assujettie aux canons attendus,mais pour informer les auto-rités en la matière de son existence. À cette occasion, a été réalisé un bilan dont nous livrons ici quelques résultats : Nous relevons un total de223 auteurs diFérents,dont 51 ont produit plusieurs textes : - 175 français : la moitié de la région (dont 18 de l’équipe des rédacteursTransform’, soit moins de 10% du total), la moitié du reste de la France.
-48 étrangers (soit 21 % du total des auteurs) : . 11 du Québec (dont une représente une équipe de 11) . 18 du Brésil . 4 de Belgique . 4 du Japon . 4 de Pologne . 3 de Suisse . 1 des États-Unis . 1 de Roumanie . 1 d’Italie . 1 d’Inde Ces 223 auteurs se répartissent ainsi : - 108 universitaires, soit environ la moitié ; - 27 étudiants-professionnels et 44 étudiants en formation initiale soit 71, environ 1/3, de tous horizons ; - 44 professionnels non étudiants. - Letotal des articles est de 352, dont 50 pour la rubrique initialement appelée « tribune libre », devenue « coups de cœur » dès le numéro 2 puis « envie de dire » à partir du 3. -326 ouvragesont été présentés dans la rubrique devenue « lectures-découvertes ». Conséquence inattendue : la revue a été reconnue dans la rubrique « Interfaces »¹. Ceci non pour avoir démérité par rapport aux critères demandés pour une reconnais-sance totale, mais pour insérer dans le dossier une place aux professionnels, considérés comme en soi « non scien-tiques ». Èt intégrer suite au dossier des rubriques plus, disons libres. Les chasser serait revenu à intégrer possible-ment la noble rubrique qualiante : cela aurait été aller à l’envers voire en contradiction de nos objectifs initiaux mais aussi, à notre sens, des objectifs de notre discipline qui ne peut se déconnecter des savoirs issus directement de l’exer-cice professionnel au cœur de nos occupations.La question ne s’est donc pas posée. D’autant que nous n’avions jamais
Éditorial
pris le moindre engagement auprès de nos auteurs, de leur apporter un point en les publiant : d’ailleurs au moment de la création de la revue, ce système n’était pas encore en place. Du coup, nous recevons des propositions de textes « gratuitement », parfois absentes de ce formatage exigé maintenant,et seul leur « intérêt » guide le choix de l’équipe d’experts.Cela nous évite,notons-le,d’être assaillis de textes n’ayant d’autre objectif que d’apporter un point à leur auteur (s’ils leur en apportent,pourquoi pas,mais cela n’est pas l’at-tente principale). Pour autant nous ne bradons aucunement la qualité de ce qui est retenu,après double lecture contradictorielle (une personne dans le champ traité, une plus en dehors voire candide), proposons souvent des réécritures (l’ensemble, quoique devant se montrer scientiquement et humaine-ment viable,doit êtrelisiblemême pour des non spécialistes) voire des ajouts de fond.Une interactivité entre le comité de lecture et de rédaction, et les auteurs, se met en route pour chaque article potentiel. Publier ne s’invente pas, c’est un acte social qui ne peut se faire de façon isolée.
ORïGïNE ET CONSTïTUTïON DE CE NUMÉRO SPÉCïAL
S’il s’agit,pour cette revue n’ayant que tardivement béné-cié d’un diuseur et jamais promotionnée directement par son équipe de base, d’une dite « petite édition », au demeu-rant et faute d’être toujours « reconnue » par les équipes en place,elle est « connue » pour avoir petit à petit conquis une place. Les soutiens budgétaires étant légers et l’investisse-ment important, certains numéros anciens sont épuisés et une réédition n’est pas (encore) envisageable.Or ils sont tous un peu demandés. Aussi avons-nous eu l’idée de produire ce numéro spécial pour marquer cet anniversaire – tenir (au moins) 10 ans et dans de telles conditions, c’est déjà un beau score! –, en proposant un à deux articles par numéro.
7
Chemins de formation au fil du temps…
Non pas seulement parmi ceux qui ne sont plus disponibles chez l’éditeur,mais chez tous,pour donner une idée générale du panel traité – toutes les années, tous les numéros ayant compté, même si ce fut diversement. Mais pour les premiers, construits comme je l’ai dit à partir d’événements vivants,à savoir séminaires ou journées d’études et colloques publics, le choix de textes ne fut pas facile,car tous se répondant ou s’articulant les uns les autres, ils n’étaient pas isolables de l’ensemble. Or pour une ques-tion de place de ce numéro spécial, nous ne pouvions réser-ver trop de pages à chaque numéro.Aussi le critère de choix des textes présents ici a-t-il été largement inéchi par de telles caractéristiques,indépendantes de leur contenu.Sans, non plus, que la représentativité de l’article soit en lien avec celle du dossier dans son ensemble, ni que son intérêt ou son auteur soit estimés diérents des autres de quelque façon que ce soit. Quelques clichés, donc, issus de chaque numéro, parlant avant tout pour eux-mêmes. Èt pour la palette inédite qui ressortira de cet assemblage improbable et que la couverture illustrera, faite d’unpatcHworkregrou-pant toutes les précédentes. Car, jointe à l’intérêt des textes, nous avons d’emblée été sensibles dès le début à l’association écritures/images ou graphisme,et tant que la place le permettait,tous les articles ont été agrémentés de photos ou illustrations : soit en lien direct avec le thème traités, soit en lien avec une ligne gra-phique adoptée pour l’ensemble du dossier. Parfois les auteurs proposaient des images choisies par eux, rarement il faut le dire et cela a fait partie des dés, et non des moindres, de la rédaction, de piocher dans ses propres archives et trouver des illustrations cohérentes pour tous. Ajoutons que chaque couverture,qui avait le privilège de la couleur, disposait, fÛt-ce en trace, de la marque d’un élé-ment humain.
8
Passons-les maintenant rapidement en revue, indiquant au passage le choix de l’article redoublé en ces pages.Celui-ci sera réédité tel quel, en indiquant bien entendu la date et l’emplacement de la publication d’origine.Nombre d’auteurs, témoignant d’une pensée toujours enmarche,auraient souhaité modier, préciser, bref enrichir leur contribution. Pour des raisons matérielles et d’organisation, cela n’a pas été possible. 1.LE EîE ûô,rouge,(printemps 2001) a porté surl’écriture en cheminet ses rapports avec la vie,viala for-mation.Trois écrivains sont venus partager leur expérience avec un public d’amateurs cherchant à être éclairé : Pierre Michon; Philippe Forest; Jean-Claude Snyders.Une place virtuelle a été réservée dans la revue à Charles Juliet,empêché, Patrick Rambaud et Pierre Bergounioux,rencontrés peu de temps avant.Ont suivi des réactions et variations sur le thème de l’écriture : que nous enseignent donc des témoignages sur ce que l’on peut attendre de l’écriture,sur ce que l’on peut faire d’elle – tout autant qu’elle nous fait ? Nous avons retenu ici le texte de Pierre Bergounioux, les autres n’étant pas isolables de la journée d’études dans laquelle ils ont été produits, écrivain que l’on retrouve à d’autres reprises et qui nourrit souvent nos réexions. 2. LE EûXîE ûô, jaune, (automne 2001) nous emmène en Pologne à Łódź comme en témoigne la couver-ture, pour une rencontre croisée entre deux équipes sur les « méandres d’éducation »,approche comparée des parcours de vie et de formation conçus comme développement non linéaires d’une invention de soi, dans une Èurope qui se cherche. Ce qui ne nous empêchera pas de faire une petite visite au Brésil. Là aussi, le cHoix était diIcile au regard du colloque nous ayant réunis en Pologne. Nous avons élu le texte de Jozef, qui nous donne une idée de la conception de l’éducation tout au long de la vie dans ce pays.
3. LE ôîŝîE ûô, vert, (printemps 2002) traite despratiques d’« histoires de vie »,croisant des témoignages de praticiens-chercheurs,praticiens non-chercheurs,et par-ticipants : les histoires de vie dont on commence à parler de plus en plus, ça se fait comment, pourquoi, et ça fait quoi? Èt non,ça n’est pas si simple,il ne suït pas de lire,de s’infor-mer, pour s’autoriser à cette pratique dans la vie, attention! Dans ces pages il sera aussi question,notamment,d’« éthique et de barbarie », despleen(du professeur des écoles) et de complexité ; au l des pages nous croisons également François Bon, Philippe Meirieu, et retournons au Brésil. Le comité de lecture a cHoisi de reprendre le texte de la fondatrice de la revue, Martine Lani-Bayle, car la tHématique de l’émotion, autant que du non-dit, continue de n’être que peu prise en compte dans les Histoires de vie et pourtant…; y est joint, pour ce numéro, l’article de PHilippe Meirieu, Hors dossier mais traitant d’un sujet restant fortement d’actualité, sinon prémonitoire. Le connaissant ainsi que sa récente bifurcation de parcours, personne ne s’en étonnera. 4.LE ûô ,bleu,(automne 2002),de ligne picturale maritime,aborde et situe les« récits de formation »dans leur contexte philosophique et expérientiel. Reprenant les dires d’un séminaire nantais de juin 2001,il se risque à interroger l’histoire et questionner les origines,légendaires et oubliées. Mais est-ce le récit comme chef d’œuvre qui aura le n mot de l’histoire? A moins que celle-ci ne se niche dans une correspondance intergénérationnelle,remontant aux sources œdipiennes… CHoix diIcile encore, nous avons pris option pour un texte de Marie-CHristinehibault qui retrace bien la tonalité d’ensemble du dossier. 5. LE ûô , violet, (printemps 2003), reprend les propos d’un séminaire sur les« savoirs de résistance »lors des Rencontres2000à Nantes.ématique neuve,tant séduisante
Éditorial
qu’interloquante, nous faisons le point sur ce que résister ou résilier voudrait dire,en terme de rapport au savoir et à la (sur) vie.Des signatures connues dans ce numéro : Boris Cyrulnik, Albert Jacquard,Èdgar Morin…,des penseurs;mais aussi des victimes qui ont sur faire conance à notre équipe. Là à nouveau, un dossier dans lequel les textes se répondent et s’articulent. Alors, nous avons cHoisi la transcription d’une confé-rence publique et conjointe de Boris Cyrulnik et Edgar Morin, pour notre plus grand plaisir. 6. LE ûô  arc-en-ciel, (automne 2003), ose la question des« écritures de soi »: entre science et littérature? Celle-ci fut débattue lors d’un séminaire à Nantes les 14 et 15 juin 2002 en présence d’une équipe québécoise et sous le regard pertinent, notamment de Philippe Lejeune et de l’écrivain-boucher Franck Ribault. Mais la revue, dèle à sa ligne éditoriale, ira au-delà des propos échangés lors de ces deux jours en nous invitant vers d’autres horizons réexifs, allant jusqu’aux rivages du pays du Soleil levant. De ce orilège seront présents en ces pages anniversaires deux auteurs que nous retrouvons dans plusieurs de nos numéros, pour partager dès que possibles nos cHemins réexifs, PHilippe Forest et PHilippe Lejeune. 7. LE ûô  (automne 2004), inaugurant le passage de la revue à un rythme annuel,porte son savoir sur son dos. Èt montre comment celui-ci voyage et avance en s’écrivant. L’importancedu journal de bord et du carnet de voyage, en formation comme en recherche, y est déclinée tant par des chercheurs renommés d’horizons diérents que par des étudiants et praticiens, rassemblant ainsi des points de vue divers qui font sortir de l’ombre une activité au potentiel souvent inexploré. Sur un tel tHème, c’est René Barbier qui aura les Honneurs de ce retour, avec Martin de la Soudière dont la participation nous avait fort intéressés.
9
Chemins de formation au fil du temps…
8.LE ûô  (automne 2005) porte sur« les bascules de la vie ». Dans le langage courant, le mot « bascule » est souvent utilisé pour signier ces irréversibles passages que rien ne laissait entrevoir. « Ce jour-là, ma vie a basculé » en est le constat. Pour autant ces moments cruciaux, s’ils sont dits ainsi, sont peu pensés sous ce terme que le chercheur utilise rarement. Èn sciences humaines, cela veut-il dire quelque chose, « les bascules de la vie »? Èt pourquoi ce choix? C’est ce que nous avons voulu questionner ici. Nous parlerons ainsi de ces bascules qui nous bousculent,ce qu’elles sont et ce qu’elles nous font,ce que nous enseignent les expé-riences extrêmes les plus radicales comme les plus banales… Pour mettre à l’Honneur des Québécois avec lesquels nous avons pas mal travaillé et écHangé et souvent présents dans la revue, pour ces bascules nous remettons le couvert avec Danièle Desmarais, mais aussi Gaston Pineau le maître, sinon ès bascules, en tout cas ès Histoires vitales. 9.LE ûô  (automne 2006) porte sur« la transmis-sion intergénérationnelle ».Si nous nous soucions de trans-mission,est-ce suIsantpour que l’autre reçoive – et alors, que reçoit-il? –,est-ce nécessaire, même, pour qu’il reçoive? Ce qui se transmet, en fait, ne serait-ce pas ce que l’on ne transmet pas, ce que l’on ne veut pas transmettre? Qui mieux qu’André de Peretti pour incarner, au nom de tous, le tHème de l’intergénérationnel ? 10.LE ûô - (automne 2007) ouvre une nouvelle page pour la revue qui avec lui,change d’éditeur. Il porte sur la « démarche clinique » en éducation et recherche. Transversale mais dénuéeen soide prétention thérapeutique, la démarche clinique s’intéresse au sujet (apprenant comme enseignant) dans sa globalité et son histoire.Ainsi interroge-t-elle directement les valeurs et nalités de l’acte éducatif à une époque où l’obsession d’objectivité et les attraits de la virtualité tentent,plus que jamais,de désincarner le rapport
10
au savoir. Dès lors, et si elle continue de susciter réserves voire rejets, elle occupe malgré tout une place non négli-geable dans les pratiques éducatives comme en recherche et son développement actuel dans ces divers secteurs, objet de ce numéro, montre tant sa vitalité que sa pertinence. Nous avions circonscrit ce numéro aux auteurs cliniciens émar-geant préférentiellement en Sciences de l’éducation : alors à tout seigneur tout Honneur, place ici à l’inaugural Jacques Ardoino. 11. LE ûô - (automne 2008) porte sur« la pensée complexe en formation et en recherche ». Il s’est donné pour projet de présenter clairement les enjeux de la pensée complexe qui, si elle provoque l’enthousiasme dans de nombreux points du Globe, en Amérique du sud par exemple, suscite parfois en France dans les secteurs disci-plinaires de la méance. L’originalité de ce dossier a été de réunir tant les réexions théoriques autour de la pensée complexe pour mieux en saisir les fondements (sans s’adresser directement à ses auteurs principaux, déjà largement publiés, mais déjà à des e e métabolisation de 2 ,voire 3 génération); que les pratiques pédagogiques,professionnelles et décisionnelles qui en sont issues ; ainsi que les recherches qui s’y réfèrent et en concré-tisent les avancées. Dès lors, il ne s’est pas seulement agi de proposer, à l’instar de la formulation d’Èdgar Morin, une « réforme de la pensée », mais de montrer en quoi celle-ci contribue, de concert et réciproquement, à une réforme des recherches autant que des pratiques et des actions décision-nelles qui nécessitent, de plus en plus, la prise en compte croisée de tous les secteurs du savoir. Là, ayant cHoisi pour ce dossier de ne pas faire appel aux grands fondateurs, nous avons pris option ici pour un successeur repré-sentatif et pertinent en nos terres, parmi d’autres Jean Clenet. Ce sera, ici, le texte le plus long qui aura été retenu, donc un seul pour ce gros numéro.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.