André de Peretti

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André de Peretti continue de transmettre avec humour et mots choisis un message d'optimisme contagieux, mais raisonnable, tant aux générations ayant suivi la sienne qu'aux jeunes d'aujourd'hui, à qui il propose de surfer avec ruse sur la complexité du monde. Sont rassemblés ici certains apports majeurs de son oeuvre pédagogique, joints à des témoignages qui rendent hommage non seulement au pédagogue, mais à l'homme.
Publié le : dimanche 1 mai 2011
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EAN13 : 9782296461772
Nombre de pages : 256
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André dePeretti
Pédagogue d’exceptionHistoiredeVieetFormation
Collection dirigée parGaston Pineau
avec la collaboration deBernadetteCourtois, PierreDominicé,
Guy Jobert,Gérard Mlékuz,André Vidricaire etGuy de Villers
Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la
formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler "histoire
de vie" et "formation".Elle comporte deux volets correspondant aux deux
versants, diurne et nocturne, du trajet anthropologique.
Le volet Formation s'ouvre aux chercheurs sur la formation s'inspirant
des nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des histoires de
vie.Le volet Histoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe des
acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme et en
sens.
Dernièresparutions
Volet: Histoire de vie
YvesNIGER, La roue du hamster, 2010.
Jean-PierreWEYLAND, L’imparfait du subjectif, 2010.
SAPHIRAX, Mémoires d’une fille paumée, 2010.
Anne-MariePIFFAUT, Les secrets de Lina, Persévérance,2010.
MauriceANDRE, Récit de vie d'un marin, 2010.
MaryvonneCAILLAUX,Comme des orpailleurs.De la misère à
la pauvreté, les relations comme chemins de libération, 2010.
MartineLANI-BAYLE etMarie-AnneMALLET (dir.),
Evénements et formation de la personne,Tome 3, 2010.
ORÉLIA, Le prix du silence, 2009.
FrançoisCHAPUT, Profession : chercheur d’emploi. Parcours
cahoteux d’un « emploi-zoneur » , 2009.
PaulSECHTER, Venez nous chercher.Deux petites filles juives
dans la tourmente nazie, 2009.
MoniqueBLOCQUAUX, La Vie sans toit, 2009.
ChristianMONTEMONT etYonida,CurriculumEvitæ. Une
écriture biographique accompagnée, 2009.
Jean-PierreMILAN,Aviateur sans moteur, 2008.
RogerBOLZONI, Vivre debout malgré la maladie et le handicap,
2008.MartineLani-Bayle(dir.)
AvecPhilippeMontaireauetCaroleBuffa-Potente
André de Peretti
Pédagogue d’exception
Regards croisés sur l’homme
aux mille et unrebondissements© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54946-3
EAN : 9782296549463Dialog’âges
1par HenriqueBeltrão, pourAndré dePeretti
Tout se passecomme si lesétudiants n’existaient pas.
Où sont les petits élèves ?Vous mechoquez
de parlerd’éducation sans leur présence.
André dePeretti
(lors duCercle réflexif deNantes, le 26 mai 2010,cf. pp. 31-40)
Oùsontlesétudiants?
Eveillons-leschez nous.
Que sentent les enseignants ?
Rêvons ensemble –toujours !
La réciprocité fait rimer
parmi nous
etcheminer dans la diversité,
lucidement fous.
Dénouons les liensattachants
pour nous réunir en partageant.
Errons loinde l’isolement…
Rappelons-nous les retrouvailles plaisantes.
Laissons tomberdans l’oubli
les réticences faceà l’inouï.
Les générations se suivent mais ne se rassemblent pas
–quand on ne reconnaît pascetau-delà
qui vit maintenant,après,autrefois…
Noscertitudescaduquent, nos questions nous éduquent.
Cueillir l’hier, semer l’aujourd’hui,apprivoiser l’avenir.
Aimer la vie –maintenant et ici.
Vivre le délice du doute éternel
dialoguantaucœurdes jardins
dece poétiquechemin
2de "l’éphémèreessentiel ".
1
Doctorant poète et homme de radio,Fortaleza,Brésil.
2Reprised’uneexpressiondeMartine Lani-Bayle.
5Àl’écoute de nos voixau fil du temps
3parHenriqueBeltrão, pourMartineLani-Bayle
L’âgechange leséchanges.
Les syllabeschantent leur langage.
Ouvrons lebagage des mots-valise.
Prenons les risques que l’ondivise.
Vivons labeauté et le danger du partage.
Pénétrons nos zones de turbulence,
tousenceintsdedoutesetd’interrogations
qui nous habitent depuis l’enfance et l’adolescence.
"De nos jours,de mon temps",depuis toujours nous ledisons…
Lesenfants, les jeunes, les vieux viventdans l’étrangeté.
On sera unautre, on l’est maintenant, oubliantce qu’onaété…
Depuis nos renaissances, effacées nosanciennes présences.
Ecoutons l’inquiétude –sansâge –chez nous.
Dansonsau rythmedes pas qui s’envolentenchantés
vers lebal kaléidoscopiquede la dysharmonie de la diversité.
Laissonscouler les sablierschangeants depuis toujours.
La raison ne s’accorde pasà la foliedu temps :
ce que nous pensons rimeavecce que nous sentons.
Lachronologie n’obéit pasdu toutaux grands.
Lecœur nourrit lesapprentissages pour debon.
Chacun incarne le temps –mais de passage.
Achaque geste, ouvrir lecheminà toutâge.
Laisserapparaître, vouloir transmettre
ce qu’ona ledroitetle plaisird’être.
3
Ecrit lors d’une conférence de Martine Lani-Bayle sur les adolescents,
«Prise de risques: espace entre violence et parole », à Olonne-sur-Mer,
le 25 mai 2010, veille de la rencontreavecAndré dePeretti.
6Préambule
«Est-ce que vous dormez ? »
4MartineLani-Bayle
«Pensezà l’avenir !
L’avenirdans les yeux.»
André dePeretti
Quand j’évoqueAndré dePeretti, j’aicoutumede dire que
je l’ai connu avant d’être née. Ce n’est ni un effet de style, ni un
plaidoyer pour l’intergénérationnel. Mais un constat. Un simple
constat. Mon père, en effet, a rencontré André de Peretti pendant
son long parcours de captivité en Allemagne durant la Seconde
guerre mondiale, et il en a été profondément marqué –dès lors,
moi aussi: l’histoire remonte donc bien, me concernant, à
quelques années avant ma naissance. Car derrière mon père,
Andréa toujours été là, depuis cette époque qui a assombri le
monde. André comme souvenir de survie. Une figure de proue,
vive et avenante, invitante. Un inlassable sourire qui donne, en
5toutescirconstances, espoir .
Il est bien difficile de capturer André de Peretti sur des lignes de
papier même pour lui rendre hommage, tant il est vivant, pétillant,
pluriel: je ne sais par quelle entréecommencer,comment parvenir
4 Professeure en Sciences de l’éducation à l’Université de Nantes,
ère
www.lanibayle.com et 1 génération, selon le découpage retenu par la
suite,celle des enfants d ’André…
5
Introduction d’un article paru dans la rubrique (Re)découverte du
numéro de janvier 2011 de Cultures et Société : «André de Peretti, ce
Grand Aîné, notre tuteurà tous…». On y trouvera, outre l’histoire de
notre rencontre,celle de nos quelquesaventurescommunes.
76à rendrecompteavec des mots dece que l’homme faiteta fait , de
ce qu’il nous faitet qui nous le rend indispensable.
Et qui fait ce qui en rend la découverte interminable aussi,
caractéristiqu e qu’il cultiveen nous lançant à chaque intervention
dans une aventure à 1001 rebondissements, à savoir comme le
conte, sans fin, chacun relançant une suite. Pour autant, nous
n’avons pas attendu ses proches 101 ans pour réunir, dans cet
ouvrage, des témoignages de quelques-uns parmi les innombrables
qu’il aura marqués, tant nous étions impatien ts de lui offrir c e
bouquet que nous avons souhaité coloré, tel l’arc-en-ciel de ses
multiples messages.Alors c’est à l’homme jeune de seulement 95
printemps que nous le destinons, rendez-vous étant pris pour les
années suivantes.
CarAndré dePeretti necesse, en s’appuyant sur le passé, de nous
inviter, toutes générations confondues, à l’avenir –comme la
phrase mise ici en exergue le souligne – , plus justement à
7«apprivoiser » l’avenir . Et ce message, il le renouvelle avec une
ardeur et une énergie jamais défaillantes. Lui, pour s’y maintenir,
n’a pas besoin de piqûres de rappel. Nous, si. Et comment y
parvenir ? «Il y a des portes pour passer, nous dit-il, plutôt que
des murs à cogner etje crois qu’il faut qu’on reste dans
l’enthousiasme,dans la fierté. » (2007: 123).
Enthousiasme, voilà un mot fréquent dans son vocabulaire. En
effet André de Peretti détient un art de la mise en mots peu
fréquent, usant de formules inhabituelles parfois unbrin baroques
et toujours alertantes et stimulantes. Et il joue malicieusement
avec elles. Car l’humour est pour lui une vertu principale et
salutaire, indispensable, un humour «bien tempéré » précise-t-il
toutefois,comme leclavier musicalbachien.Telle est sa partition.
Ces mots-moteurs, il les a glanés tout au long de sa vie et de son
parcours, qui seront rappelés plus loin en ces pages. Il en a créé
aussi. Des mots qui ne sont pas vains ni isolés, car il ne se
6
Pour découvrir son parcours de vie, voirannexe 1, p. 247.
7 Cf. Apprivoiser l’avenir pour et avec les jeunes. Entretiens
intergénérationnels avec André de Peretti, Lani-Bayle Martine et Texier
François, 2007,Paris:Mare etMartin.
8contente pas de les dire, il les vit et les montre, il les agit et les
agite, il les tisse en textes qui prendront vie à leur tour tant ils
seront évocateurs, en nous, dece qui est nécessaireà la vie.
Enciter parmi les plus récurrents suffiraà donner une idée de son
énergétique principale, celle qu’il nous communique sans relâche.
Etcomme le véritable ordre n’est qu’un tempsdu féconddésordre,
présentons-lesen suivant l’aléaalphabétique quiévitera lecognitif
autant que l’affectif ou le catégoriel et permettra, à chacun, d’y
inventer sa propre logique ; et en colonne, pour laisser le vid e
générer sur la droite ainsi dégagée des associations, tant
personnelles que sociales:
affût,
ami,
ardeur,
audace,
baroqu e
biologisation,
blason,
colibri,
complexité,
confiance,
créativité,
devenir,
diversification,
enthousiasme,
humour,
inouï,
interstices,
inversion,
malin,
(non) négativité,
optimisme,
9oser,
panthère,
paradoxe,
réciprocité,
rencontre,
responsabilisation,
ruse,
solidarité,
surf,
variété,
vigilance,

Chacun pourra apprécier dans cette liste ce qui fait partie de son
propre vocabulaire, pour valider son taux de perettisation. Plus
sérieusement, si l’on s’imaginait face à une tâche d’écriture avec
consigne de produire un texte articulant, avec cohérence autant
que pertinence (plus un brin d’impertinence), ces différents mots,
onaurait une idée desavancées réflexives majeures proposées par
André de Peretti. Tâche salutaire à prescrire à chacun, et pas
8seulement dans le mondede l’éducation oude la formation .
Dans l’ouvrage collectif qui va suivre, nous avons réuni des
témoignages de personnes de notre équipe ou apparentées, toutes
ayant été marquées à un titre ou un autre par l’œuvre autant que la
personne d ’André de Peretti. Afin de rendre hommage à son
immense talent et ses qualitéscommunicatives et positivantes. «J e
ne cacherai pas, écrit celui-ci en dernières lignes de son imposant
9ouvrage Energétique personnelle et sociale , que j’entretiens des
réserves d’optimisme. Pourquoi pas? L’optimisme, l’espoir ne
sont-ils pas au cœur de toute méthode et de toute solidarité, donc
8
J’ai proposé la liste dans des groupes d’écriture que j’anime à
l’Université permanente de Nantes, pour valider cette idée… nous en
dégusterons plus loin l’effetdansces pages (partieIII, pp. 225-237).
9L’Harmattan1999.
10de toute cohérence et de toute survie ?Et l’humour n’est-il pas la
démarche d’une complexité saisie qui se dénoue en conscience,
d’une lucidité qui s’affine en tendresse, d’une vigueur qui
s’infléchit ou s’inverse en délicatesse ? Peut-être serait-il temps
d’y souscrire. » (1999: 416).
Au-delà de son vocabulaire, si nous le découvrons maintenant à
travers ses nombreux ouvrages (cf.annexes 2), nousaurons accès
à uneautre forme de diversité dans les formulations des réflexions
qu’il nous propose, allant de l’ouvrage pédagogique et
ingéniérique fourmillant d’histoires et autres anecdotes, avec des
indications souvent assez précises et illustrées sur comment faire
en situation,à l’ouvrage plus théorique voireardu (cf. par exemple
1999 op. cit.),proche de l’essai philosophique. Mais André de
Peretti ne s’est pas cantonné dans ce domaine, celui dont nous
traiterons surtout icicompte-tenu de notre spécialité en éducation.
Ilaaussi produit une œuvre littéraire spirituelleet religieuse (ilest
un catholique engagé), historique (essentiellement sur le Maroc),
mais également lyrique et poétique… Homme aux multiples
facettes et sources d’intérêt enchevêtrées, homme ouvert et
visionnaire.
«Avec la Mondialisation et ses paradoxes, n’entrons-nous pas,
anticipe-t-il, dans l’ère des interactions, des disparités et des
décloisonnements généralisés, plus que dans celle du
"dépérissement de l’Etat" qui procède, néanmoins, d’une
hypothèse analogue sur l’évolution des systèmes sociaux ?[…]
Nous allons droitement vers une civilisation des informations et
des communications de plus en plus accélérées etsimultanées
mises à la disposition de plus en plus instantanée d’individus de
plus en plus libres et paradoxalement dialogiquement reliés !Bien
ou mal ? », questionne-t-il encoreaprèsceconstat poséà la fin du
siècle dernier et qui s’avère plus que vrai aujourd’hui, une
décennie plus tard (1999: pp. 414-415).
Résolument optimiste par choix,préconisant des actes résistants
mais modestes, à fond plus qu’à l’extrême, goutte à goutte mais
ardents, André de Perettidélivre, en direction des jeunes, un
message d’espoir applicable à tous:«Il faut se dire "Oui! Il y a
beaucoup dechosesà faire, oui, il ya des tas de gens malheureux
11et il faut qu’on crée une économie constructive, il faut qu’on crée
des solidarités, il faut donner des possibilités,ce qui supposeaussi
des idées, des recherches, desardeurs, des risques, ehbien, on vit
avec!» (1997: 119). Et cela nécessite d’être toujoursà l’affût,
toujours inventif,créatif.Rusé.Et responsable.
Parmi ses champs multiples, ce sont donc ses principaux
apports pédagogiquesque nous retiendrons surtout ences pages et
qui nous feront réagir, chacun en lien avec ses découvertes et
expériences propres. Et à les parcourir, cesapports, on se prend à
rêver: ah, si seulement ses préconisations avaient été plus
efficacement écoutées, ne serait-ce que concernant l’épineuse
question de l’évaluation, un des chevaux de bataille favoris
d’André de Peretti, le stérile et avorté débat à ce propos, qui a
pointé son nez en cette fin d’année 2010, vite étouffé, n’aurait
même paseu lieud’être.
Si seulement… mais qu’attend -on ???
10«Vous dormez? », a demandé André le 26 mai 2010 à son
auditoire, pourtant attentif et subjugué, mais qu’il estimait un peu
passif à son goût. Puissent ces pages, puissent ses propres pages
dont il n’a pas été avare, nous réveiller: à l’orée d’un siècle, que
dis-je,d’un millénaire nouveau, il serait temps !
_ _ _ _ _
MERCIà toutes les personnes
qui ont participéavec enthousiasme et rapiditéàcette démarcheainsi
qu’aux transcripteurs et correcteurs, tout particulièrement
PhilippeJean Hesse et Carole Buffa-Potente, Hélène du Rusquec, Christiane
Gomez-Dupuis etIsidoreLeBorgne.
10Voir pp. 31-40.
12Présentation
11 12PhilippeMontaireau etCaroleBuffa-Potente
Ce projet d’ouvrage, à l’initiative de Martine Lani-Bayle
après suggestion de Gaston Pineau, est né de concert avec la
programmation d’une journée en hommage à André de Peretti
prévueàNantes le 25 mai 2011.
Dans un temps restreint et à son insu, nous avons sollicité, dans
notre entourage, ceux que nous savions en lien, à un moment
donné, de près ou de loin,avecAndré dePeretti.Aussiavons-nous
imaginé croiser des regards singuliers de pairs, disciples,
étudiants, membres de sa famille, amis… sans dessein
d’exhaustivité.Eneffet, comment convier toutescelles et ceux qui
lui sont chers, toutes celles et ceux pour qui il a compt é
personnellement, professionnellement, intellectuellement? Nous
espérons néanmoins que nul ne sera froissé de ne pas avoir ét é
sollicité, d’autant que le bouche à oreille a aussi opéré. Ce livre
s’estdoncconstruitavecdes personnes qu’ilconnaîtbien,d’autres
moins, certaines pas du tout, et c’est grâce à un travail collectif
que s’est mailléecettechaîne decompagnonnage.
La lecture des textes subjectifs agrémentés de photos de c e
13«novateur et homme de communication » ici réunis se décline
en trois temps.
11
Formateur au GRETA des Deux-Sèvres, doctorant en Sciences de
l’éducation.
12
MII en Sciences de l’éducation (2010) ; intervenante vacataire en
analyse de pratique professionnelleauprès de travailleurs sociaux.
13
A.Husti,Changements dans le monde de l’éducation,CRDP 1996 p.6,
èmeouvrage-hommageà l’occasion du 80 anniversaired’AndrédePeretti.
13B La première partie vise à mieux connaître et comprendre le
pédagogue dans sa singularité, sa globalité et sa complexité,
d’abord à travers un entretien qu’il nous a accordé à Paris fin
janvier 2011. Puis un séminaire récent dans le cadre des cercles
réflexifs sur l’éducation à Nantes est une invitation à le voir à
l’œuvre (Martine Lani-Bayle et Marie Poupard). Enfin, ses
«idées-leviers » détaillées par François Muller, ses outils et
techniques tels que le blason (Fabienne Cote et Louis Basco), le
bestiaire (Raphaëlle Lavenant), permettent de mesurer sesapports
divers et variés dans lechampde l’éducationetde la formation.
BUn deuxième point,avec la poésiecomme ouverture,convoque
des témoignages générationnels classés par ordre chronologique.
Des apprenants, des disciples, des pairs et amis, révèlent leur
rencontre marquante avec André de Peretti pour lui dire leur
gratitude, mais aussi pour nous faire partager ce qu’ils ont pu
s’approprier grâce à ce «promoteur infatigable de laco-formation
et de la responsabilisation de l’apprenant dans sa propre démarche
14d’apprentissage. »
èm eD’abord la plus jeune ou 4 génération est celle des collégiens,
lycéens et étudiants (Ophélie Boulard, cinq collégiens et Marie
Poupard). Puis nous lirons les témoignages de professionnels du
èm eprimaire à l’université, également en recherche,dans la 3
génération (Françoise Ménard, Philippe Montaireau, Renaud
Hétier, Raphaëlle Lavenant, François Texier, Fabienne Cote et
Louis Basco). Pascal Galvani, Mohammed Melyani, François
èm eMuller, Alfredo Pena-Vega, de la 2 génération,présentent
ensuite comment ils s’appuient sur la posture inspirante d’André
èr edePeretti,chercheur et formateur.La 1 générationavecFlorence
de Peretti, l’aînée de ses filles au nom de tous les siens, Martine
Lani-Bayle, Philippe Meirieu, Dominique Relat, raconte à leur
suite l’homme au -delà des mots.Enfin la génération« "O"comme
Origine », celle des pairs toujours en recherche, comme Jacques
Ardoino, Denise Bénaquin, Jean-Louis Le Moigne, Edgar Morin,
Gaston Pineau, Armen Tarpinian, témoigne de ses liens profonds
et fondateursavecAndré dePeretti.
14
Champy etEtévé,Dictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la
èm eformation(3 édition),Nathan 2005, p.718.
14Notons que les auteurs des générations de 2 à « "O" comme
Origine » ont simplement étéclassés par ordrealphabétique.
B Dans un dernier temps des étudiants de l’Université
permanente de Nantes, connaissant peu ou pas André de Peretti,
ont produit un florilège faisant naître, en le réinventant, l’idée de
l’hommeà partirde quelques mots pérettiniens.
Si un de nos objectifs encetteaventure de recueil a été de
surprendre André de Peretti lors de sa venue à Nantes le 25 mai
2011 en lui remettant ce livre-hommage, nous avons eu, à travers
cette démarche, le désir de faire découvrir ou re-découvrir cet
intellectuel au brillant parcours. Un pédagogue d’exception, un
Homme d’exception,avec un fort engagement de la réflexion dans
l’action et réciproquement…: que nous soyons enseignant,
formateur, chercheur, parent, décideur, politique…, écoutons-l e
encor e,encoreetencore,aujourd’hui plus que jamais !
1980
151985
16Partie I:VARIATIONSPÉDAGOGIQUES
1. Unhommeporteurd’avenirdansl’action (19)
CaroleBuffa-Potente etPhilippeMontaireau
2. Lepédagogueàl’œuvre (31)
MartineLani-Bayle etMariePoupard
3. Thèmes et variations pérettiniennes (41)
3.1.Quelques « idées-leviers »,FrançoisMuller (41)
3.2.Leblason,LouisBasco etFabienneCote (69)
3.3.Lebestiaire germinatif,RaphaëlleLavenant (75)
1729 janvier2011
181. Unhommeporteurd’avenirdansl’action
15CaroleBuffa-Potente etPhilippeMontaireau
Quelques lignes, quelques lignes seulement pour un si
long trajet: un pari audacieux pour tenter de saisir la prestanc e
pédagogique d’André de Peretti à travers un entretien qu’il a bien
16voulu nousaccorder .
Unmomentdeformationchargéd’émotions
17Lors d’un regroupement Transform’ fin octobre 2010, Martine
Lani-Bayle propose d’associer ceux qui le souhaitent à un projet
d’ouvrage coordonné en hommage àAndré de Peretti. Malgré les
délais serrés, regards et sourires échangés rapidement sont
suffisants pour imaginer l’enthousiasme qui est le nôtre. Sans trop
réfléchir à notre légitimité, nous qui le connaissons assez peu,
peut-être n’aurions-nous pas osé nous engager danscetteaventur e
sanscecercle réflexif de mai 2010àNantes (cf.article suivant de
Martine Lani-Bayle et Marie Poupard). En effet, pour avoir eu la
chance d’y participer, nous savons qu’André de Peretti est
abordable, humain, malgré son brillant parcours quelque peu
inhibant, alors… mettant provisoirement de côté nos inquiétudes
légitimes pour entendre nos émotions, notre envie d’aller voir de
plus près cet homme qui nous avait fascinés prend rapidement le
dessus.Nousconvenonsd’unrendez-vousavec lui.
Une question nous taraude: pourquoiavons-nous si peu, trop peu,
croisé sesécritsà l’universitédans lecadrede nosétudes ?
15Présentés notes 11 et 12 p. 13.
16
Le samedi 29 janvier 2011à son domicile parisien.
17Séminaire doctoral deMartineLani-Bayle.
19Nous sommes trois à vivre cette expédition parisienne, une
18professeure des écoles en CLIS (Raphaëlle Lavenant –articles
pp. 75-77 et 101-107) et nous-mêmes, formateursd’adultes.
Ensemble, solidaires, devant la grande porte cochère de son
domicile dont le nom de la rue est chargé de sens– celle d’un
précurseur de la Révolution et de l’éducation tout au long de la
vie,dont la deviseétaitdéjàcelle d’apprendreàapprendre –, nous
sommes probablement aussi tendus les uns que les autres. Les
mots ne sont pas utiles entre nous pour le réaliser: nous veillonsà
ne pas nouscommuniquer notre inexorableappréhension.
André dePeretti nousattend ; sonaccueilchaleureux nous permet
de nous détendre rapidement, puis il nous invite autour d’une
grande table, celle-là même qui fut témoin de la discussion du
conseil du trône pendant les événements marocains où il jouera un
19rôledécisif,comme il nous le fait revivre pendant l’entretien.
Exit nos bonnes résolutions, nous qui souhaitions trouver un
équilibre entre le laisser s’exprimer le plus possible, tout en
veillant à ne pas l’importuner en restant trop longtemps. Mais à
plusieurs reprises, il nous précisera être«bavard »: nous
échangerons finalement pendantcinq heures en oubliant l’horloge
–«mon temps est sans limite», dira-t-il – , et nous voyagerons
avec lui en revivant des éléments forts de son histoire. Trèsalert e
et fringant, saculture générale, sa mémoire des dates, sa réflexion
à travers sesconvictions nous impressionnent.
Ilavait envie de se livrer, nous désirions l’écouter.
Aussi, il s’avéradifficilede partir…
Ce n’est qu’endébutde soirée que n ous nous serrons fermement et
longuement la main, tous trois ravis, émus de cette rencontre
humaine, dece grand moment de formation.
18
La Classe d’inclusion scolaire a pour vocation d’accueillir des élèves
en situation de handicap dans des écoles primaires ordinaires.
19 André de Peretti. Rencontres et compagnonnages franco-marocains,
entretien avec Gaston Pineau, ouvrage à paraître chez L’Harmattanen
même temps quecelui-ci.
20Desvaleursancréesdepuisl’enfance
au rythme de rencontres marquantes et multiples
André dePeretti est un homme intègre toujours en phaseavec son
savoir, son savoir-faire et son savoir-être, sonaction et ses valeurs
éthiques et chrétiennes. Pour lui, « tout se tient et tout est
important[…] Il faut être à l’écoute de soi […] Ily a une écout e
dece qui peut sourcer en nous, que nous pouvonscontrarier quand
nous voulons trop l’immédiateté logique. Il faut laisser de la
souplesse, se redonner de la souplesse. »
Suiteau divorce de ses parents, il estcontraint de quitter son pays
natal à l’âge de onze ans, pour aller vivre chez une grande tante,
puis chez une tante et un oncle en France. Il restera très attaché à
ses racines marocaines, à ses amis, à des personnalités, comme le
roiMohamedV,auprès desquelles il jouera un rôlecrucial par son
combat en faveur de l’indépendanceduMaroc.
Cetexil l’amèneàcôtoyer un milieu intellectuelet artistique, mais
il est aussi proche de l’entreprise et du monde ouvrier. L’attention
qu’il porte à la personne humaine sonne très tôt comme une
évidence et s’inscrit dans une réelle ouverture aux autres, au
monde, à la vie. Étant attaché à créer une ambiance, un esprit
d’ouverturedans lescollègesetles lycées, il s’investitauprèsde la
jeunessechrétienne. Il trouve la chaleur humaine sans fard qui lui
sied auprès des familles ouvrières. Avec émotion, il se remémore
« l’accueil extraordinaire » de ces enfants et de ces parents
miséreux: «Il fallait voir les conditions extrêmement
malheureuses de l’époque. On a oublié, c’était inimaginable […]
Je ne me séparerai jamais de la classe ouvrière. Je me sentais lié
même si, en même temps, j’étais lié par ma familleau monde non
seulementbourgeois, maisaristocratique. »
Libre, il ne se sent appartenir à aucune caste et s’approprie la
devise de sa branche familiale Par pari refertur, généralement
traduite par «on rend la pareille». Mais, au-delà de
l’interprétation paternelle conforme à la traduction classique, il
l’entend, quant à lui, comme «l’égal est rendu à l’égal, ni
personne au-dessus, ni personne en dessous ». C’est là un bel
exemple d’individuation d’une devise collective, affirmant les
valeursd’un sujet quiainsi sedésassujettit, se fonde.
21Malgré les difficultés qu’il rencontrera, il ne perdra jamais sa joie
de vivre qui engendre un réel optimisme à toute épreuve, à
l’exception d’une période de creux d’un an après sa captivité. Il
retrouvera son énergie, son humour, auprès de sa mère et d’amis
au Maroc. Notamment l’humour juif qu’il cultive et dont il
apprécie particulièrement la subtilité qui le caractérise :
«L’humour a de multiples aspects mais un premier aspect, c’est
d’inverser les situations. […] Le texte prend un éclairage,
c’est-àdire que l’humour met en jeu le contexte,alors que notre tendance
est toujoursà garder le texte età ne pas le faire sortir.»
Sa vie est parsemée de rencontres diverses et variées et elles ont,
dans une importante mesure, fait sa vie, comme il l’écrit dans Le
20sens du sens . Ainsi, il croise des intellectuels, des poètes, des
philosophes, des hommes politiques, avec de véritables et
prestigieuses amitiés comme Teilhard de Chardin, Albert Camus,
Louis Massignon, Edgar Faure, Max Pagès, Carl Rogers, Edgar
Morin… mais aussi d’innombrables lectureshétéroclites qui le
nourrissent dans sa vie intellectuelle, professionnelle, existentielle,
dans le sens où ces différentes personnes lui inspirent « le refus
des choses mécaniques, habituelles, d’une doxalancinante d’idées
reçues. Non, on reçoit des idées accompagnées, elles nous
accompagnent et nous les accompagnons mais elles ne sont pas
des idées que l’on prendenbloc », explique-t-il.
Les décennies traversées par André de Peretti sont probablement
celles qui ontconnu les plus profondes mutations tant sur les plans
culturels que sur les plans sociaux, économiques et elles
s’inscrivent dans un monde de plus en plus complexe.Cependant,
son histoire semble se dérouler tel un fil. Les moments vécus
restent très présents malgré les années mais il reste en phaseavec
son époque entouré de sa femme qu’il admire et qui joue un rôle
important dans sa vie d’homme, ainsi que de leurs enfants et
petits-enfants dont ilconnaît lecheminement singulier par-delà les
frontières.
Mais, s’il s’est toujours montré bien dans son époque au gré des
évolutions, il saitaussi êtreen décalage,àcontre-courant.
20A paraître.
22Unparcourséclectiqueetatypique…
Elève brillant passionné de mathématiques, de lettres, de
philosophie, il fait le choix, tout en restant attaché à son
inclination littéraire, de poursuivre ses étudesàPolytechnique.
Aussi, il donne ses premierscours de littérature encaptivité grâc e
à sa culture générale, son désir d’apprendre à travers les lectures,
son envie de transmettre: «la joie de connaître et le plaisir
d’enseigner » resteront son plaidoyer.
A la faveur de ces qualités, il va être sollicité après-guerre, sans
titre spécifique, pour mettre en œuvre des enseignements de
psychologie et d’esthétiquedestinés aux cadres desmanufactures
de l’Etat. Là encore, il se forme grâce à l’approfondissement
d’auteurs, dechercheurs,età l’observation sur le terrain.Lorsqu’il
enseigne les lettres et la philosophie en mathématiques spéciales,
ilallie sciences humaines et sciences exactes.
Comme pour valider son expérience, il mène une thèse de doctorat
assez tardivement, Du changement à l’inertie, reprise aujourd’hui
sous le titr e Energétique personnelle et sociale. Au moment de la
soutenance, il opte pour une posture de biais pour pouvoir voir et
le jury et le public. Cette attitude traduit à la fois son côt é
respectueux de l’autre et son côté transgressif, à contre-courant,
dialogique révélatrice de sa personnalité.
En effet, comme il était formateur sans titre officiel, il devient
docteur ès lettres et sciences humaines sans statut de chercheur à
proprement parler et il tient à faire des recherches différentes des
21travaux universitaires habituels. Il cultive la sérendipit é et li e
l’abstraitauconcret.
Pour lui, il est essentiel de «mettre de l’inattendu» et pour cela,
se souvient de son ami Carl Rogers qui l’a beaucoup inspiré tout
au long de son œuvre. Quand il dirigeait le département de
psychosociologie de l’éducation à l’Institut National de la
RecherchePédagogique:«Je disais,à la vingtaine dechercheurs,
à chaque fois qu’ils me présentaient leur thème: "il faut que vous
ajoutiez une variable qui n’a rien à voir avec votre projet, parce
quec’est peut-être elle qui feraapparaître quelquechose". »
21Découverte inattendue, ouvertureà la surprise.
23Il sait butinerçà et là,au gré de ses lectures, de ses rencontres ; à
travers les disciplines, les champs théoriques; accueillant en
souplesse ce qu’il découvre, s’adaptant et adaptant son trajet à la
complexité du monde: tout ceci participe d’un élément clé de sa
métis dechercheur.
Lorsqu’il rencontreCarlRogers, grâceàMaxPagès qui était un de
ses étudiants aux Etats-Unis, ils deviendront novateurs en
développant la psychologie humaniste en France. Dans le même
sens, il est psychosociologue et,comme le souligne Ardoino dans
Penser l’hétérogène, ils sont aussi psychosociologues parce qu e
cliniciens mais par ailleurs, psychologues sociaux et
anthropologues grâce à leurs diverses activités et intérêts
disciplinaires: sociologie, psychologie, économie, sciences de
l’organisation… et ceci, pas nécessairement contre l’institution.
En effet, «ça me paraissait naturel de coopérer avec les
fonctionnaires à condition qu’effectivement, nous conservions
notre souplesse de recherche et d’autonomie, qu’on ne nous d ise
pas ce qu’on doit trouver, qu’on nous dise ce qu’on voudrait
explorer. » Pour André de Peretti, l’administration permet
d’organiser les structures, de créer et d’entretenir une dynamique
de mouvements où les différentsacteurs ne sont pas dépossédés de
leur créativité ; ceci en opposition à la bureaucratie qu’il place du
côté des inerties, des freins, des entropies.
Aussi son intelligence, sa malice, font la différence et lui
permettent d’aller où il le souhaite précisément,mais avec les
intéressés: «si vous attaquez l’administration quelle qu’elle soit,
ils vont réagir en se défendant, vousallez la maintenir dansce que
vous voudriez qu’ellechange ; c’est en rusant, en trouvantce petit
obstacle, cette réalité, ce petit trou de souris, que vous alle z
permettre que des gens se déplacent.» On comprend qu’il se
considèrecomme «unanalyseurd’interstices »…
… pour une pédagogie innovante
Le lien entre théorie et pratique sonne juste le concernant et est
probant. En effet, il nous fait partager son vécu d’hier, porteur
d’espoir, qu’il a pu expérimenter lui-même en tant que professeur,
formateur, directeur, chercheur, conseiller ministériel, avec des
24actions concrètes sur le terrain d’aujourd’hui –ce qu’il constate
encore par lui-même lorsd’interventions.
Comme il l’a largement argumenté à travers ses écrits et lors de
conférences, André de Peretti préconise une organisation
tripartite: «Donc un, l’organisation matérielle, deux,
l’organisation des rôles et trois, l’organisation du temps et des
fractions,autour de la question: qu’est-ce qu’on fait ? »
Plus que l’évaluation récurrente actuelle, il est favorable à
l’autoévaluation à propos de laquelle il existe « des quantités de
solutions », pour peu que l’on soit imaginatif, car «la scienc e
procède, découle,à partir des erreurs », précise-t-il.
Nous le voyons,André dePeretti est débordantd’idées novatrices,
toujours attaché à associer l’apprenant dans sa formation, à lui
donner un rôle pour le responsabiliser et l’impliquer, afin qu’il
s’en sente acteur. En parallèle, parce qu’ils sont liés, il convie
l’enseignantà réfléchirà sa postureetà l’adapter, pour quechacun
puisse trouver sa place,apprendreet s’épanouir.
Sa posture invite l’apprenant à s’auto -former en bannissant la
compétition «apprends pour toi et pour lesautres, par toi et par les
22autres,avec lesautres. »
Comme il le rappelle au cours de l’entretien en se référant à
Teilhard de Chardin: « tout ce qui monte converge, il faut aider
chacun à monter dans ses propres valeurs », dans le sens où il ne
s’agit pas de convertir les personnes mais de lessoutenir. Il
chercheà favoriser uneascension mutuelle etconjointe.
Il pense nécessaire d’alterner judicieusement apports théoriques et
mise au travail, grâce à une préparation minutieuse que le
formateur est capable d’ajuster à son public.Il doit pourcela fair e
preuved’imagination,decréation.
Par le passé, etlorsqu’il intervient encore aujourd’hui lors de
conférences, il parle sans notes, mais il garde toujoursà proximit é
un petitcarnet dans lequel ila noté en lettres microscopiques, qu e
lui seul peut lire, une kyrielle de mots essentiels qu’il craint
d’oublier[cf. la photo decouverture].
22DePeretti, 2001, p.116.
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