Exos LMD - Note de synthèse - 6 dossiers de textes avec corrigés entièrement rédigés - 4e édition

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Ce livre d’exercices corrigés permet un entraînement à l’épreuve de synthèse présente aujourd'hui dans tous les concours de la fonction publique. Il vous met en situation d’appliquer la méthode de lecture-analyse et d’écriture synthèse pour surmonter la contrainte du temps (3 ou 4 heures) et de l’espace (4 à 5 pages) qui font toute la difficulté de cet exercice.

Vous pourrez ainsi vous tester sur 6 dossiers qui constituent d’excellents outils d’entraînement, et dont les thèmes portent sur des problématiques de la société contemporaine.

En fin d’ouvrage, vous trouverez l’analyse de l’intérêt pédagogique de chacun des sujets dans l’apprentissage et la maîtrise de la méthode.



– Étudiants des principaux cursus universitaires

– Étudiants des instituts d’études politiques (IEP) et des IPAG

– Étudiants au CRFPA et candidats à l’ENM

– Candidats aux concours de la fonction publique



Michel Deyra, docteur en droit, est directeur honoraire de l’IPAG de Clermont-Ferrand Fabienne Ferrer, est maître de conférences, associée, école de droit, université d’Auvergne.
Publié le : samedi 15 août 2015
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EAN13 : 9782297049702
Nombre de pages : 282
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L’égalité des chances en matière scolaire
Exercice 1
Sur la base du dossier cijoint, et en 5/6 pages maximum, rédigez une note de syn thèse sur le thème de « la laïcité ».
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Égalité des chances ou école démocratique ?, n°Égalité des467 – Dossier « chances ou école démocratique ? », Richard Étienne et Philippe Watrelot, novembre2008, Cahiers pédagogiques.
«École», Maryline Baumard,: l’échec du modèle français d’égalité des chances Le Monde, 11février 2010.
« Les oubliés de l’égalité des chances, Participation, pluralité, assimilation… ou repli ? », Yazid Sabeg et Laurence Méhaignerie, Institut Montaigne, janvier 2004, extrait.
« Égalité des chances à l’école: mythe ou réalité»,? Imagine ton futur 22novembre 2010, Extrait.
« Pourquoi l’école française estelle si inégalitaire ? », extrait,Alternatives Économiques, Horssérie n° 088, février 2011.
« Les paradoxes de l’égalité des chances », extrait,L’école des chances. Qu’estce qu’une école juste ?, François Dubet, Seuil, coll. République des idées, 2004.
AssembléeNationale,Rapportdinformationsurlesécolesdeladeuxièmechance et l’accès à l’emploi, 18 mars 2009, extrait.
Codedeléducation,extrait.
DOCUMENT9 :lagÉsedétis,ceanchwww.eduscol.education.fr
DOCUMENT10 : Circulaire n° 2010099 du 8 juillet 2010, Bulletin officiel n°29 du 22juillet 2010.
Exos LMD – Note de synthèse 10
DOCUMENT 1
Égalité des chances ou école démocratique ? Par Richard Étienne et Philippe Watrelot
Les mots sont des pièges. L’égalité des chances est inscrite au cœur des valeurs démocratiques mais c’est une expression ambiguë, slogan politique justifiant la méritocratie et « label » appliqué à des actions disparates et sans cohérence. Elle se fonde sur un libéralisme prônant l’individualisme et niant les déterminismes sociaux à l’œuvre qui transforment les victimes en coupables. Dans cette perspective le bilan de la massification est à faire. François Dubet et Vincent Troger nous rappellent e que le mythe égalitaire s’effondre, se parcellise à la fin duxxsiècle. Denis Meuret avance le paradoxe d’une école américaine finalement plus juste que la nôtre. Avec l’égalité des chances, on avait inventé un slogan mobilisateur qui permettait de sauver la face : l’élitisme républicain rejoint l’organisation de la classe et de l’établissement voulue par l’église puis par le lycée napoléonien. Il y aurait un bâton de maréchal dans chaque giberne et un bicorne d’académicien dans chaque cartable. Pierre Merle nous aide à comprendre que la réalité est plus complexe et que la démocra-tisation s’accompagne de la persistance d’inégalités fortes. Si des pays comme la Finlande (Paul Robert) et la Corée trustent les meilleurs taux de réussite à Pisa et dans la croissance économique, comment expliquer que l’Allemagne soit si traumatisée par ses résultats scolaires et si fière de son économie ? Dans cette première partie, Françoise Lorcerie donne une autre clé de lecture en s’intéressant aux inégalités qui frappent les élèves immigrés : autant de chances de réussite scolaire mais avec une expérience sociale de l’école souvent dégradée et un fort sentiment d’injustice. L’égalité des chances apparaît dès lors comme un mythe peu mobilisateur et finalement assez éloigné des défis de l’école contemporaine, même si Francis Danvers en fait le« pire des systèmes à l’exception de tous les autres ». L’idéal de justice d’une école démocratique a une autre densité comme l’établissent les contributions de Jean-Michel Wavelet, Laurent Ott et Laurent Carcelès.
Pourtant, ce slogan, quoique discutable, peut être mobilisateur et fournir un « label » pour de nombreux dispositifs. Philippe Watrelot nous entraîne dans les arcanes d’une politique éducative de la ville. Régis Guyon explore la contribution d’une politique scolaire qui ne peut se réduire à des acquisitions linguistiques pour les élèves nouvellement arrivés en France. Il existe encore bien d’autres pistes, comme celle de l’enseignement scientifique dont les enjeux sont présentés par Mostafa Fourar, (ou, sur notre site, par la question des filles et des sciences) ; l’expérience du risque et de la confrontation de chacun avec ses peurs premières racontée par Bernard Hoarau. L’enseignement supérieur lui-même, dans ses deux versants, le pôle compétitif des classes prépara-toires analysé par Pascal Combemale et celui, apparemment plus démocratique, du diplôme d’accès aux études universitaires développé par Anne-Catherine Oudart, se met à vouloir compenser les inégalités liées au lieu de naissance et à toutes sortes de déterminants. Il faut reconnaître que le recul est encore insuffisant pour apprécier le progrès démocratique de tous ces efforts. La moindre des choses est de les saluer, sans renoncer au fameuxd’inventaire »« droit .
Exercice 1 •L’égalité des chances en matière scolaire 11
L’égalité c’est surtout la réalité quotidienne de la classe, si on ne s’y enferme pas. Le rendez-vous social se joue de plus en plus sur la réussite scolaire initiale mais aussi sur la capacité à s’intégrer dans une société aux exigences plus cachées que visibles. Patrice Bride nous livre des exemples de pratiques citoyennes qui illustrent l’insuffisance d’un slogan individualiste et antagoniste au regard des valeurs de fraternité et de solidarité d’une école républicaine et démocratique. Sylvain Connac confirme le propos en décrivant une nouvelle posture pédagogique fondée sur l’autonomie de tous les élèves. L’école démocratique ne laisse plus l’enseignant seul et confronté à la difficulté attribuée aux élèves ; c’est ce que nous donne à voir une équipe de Segpa (section d’enseignement général professionnel adapté) présentée par Catherine Benhamou. Pour Jean-Michel Zakhartchouk c’est l’action en classe, le regard porté sur les élèves, déjà évoqués fortement par Françoise Carraud, qui deviennent un guide d’action et s’étendent aux parents qu’il convient d’associer au maximum dans l’effort de décodage de l’école, du sens des savoirs scolaires mais aussi de leur rôle essentiel dans la transmission de la culture, véritable fondement du projet de vivre ensemble. Et Geneviève Zoia éclaire les comportements, les jeux sociaux d’évitement et d’enfermement que constatent les chercheurs en éducation : l’école démocratique se heurte de plein fouet à une urbanisation ségrégative qui confirme la voie étroite et ardue d’une marche vers une mixité« tenable »mais aussi durable et équitable. Depuis la Guyane, Laurent Schmidt reprend une situation particulière pour nous montrer le long chemin à parcourir avant de parvenir à l’égalité, qui passe par l’accueil de la diversité des élèves. Peut-être faut-il préférer au concept ambigu d’égalité des chances celui d’égalité effective d’accès à l’éducation, à la formation, à la culture et à la qualification ? Choisir la réussite de tous plutôt que la seule méritocratie. Se mettre dans cette perspective nécessite de réfléchir aux conditions de la réelle démocratisation du système éducatif, de promouvoir le travail souvent méconnu des ensei-gnants et des équipes qui s’efforcent, au quotidien, de rendre l’école un peu plus égalitaire. Tout en sachant aussi que l’action de l’école est freinée par les inégalités fortes existant dans la société. Il ne suffit pas de changer l’école pour changer la société…
DOCUMENT 2
« École : l’échec du modèle français d’égalité des chances » Maryline Baumard
En matière d’éducation les apparences sont parfois trompeuses. Les récentes discussions sur l’ouverture sociale des grandes écoles – via un quota imposé de 30 % de boursiers – ne contribuent pas forcément àfaireavancerl’égalité des chances. En détournant le regard, elles feraient mêmeoublierque le système éducatif français est un des plus inéquitable de l’OCDE ; qu’au fil d’une
Exos LMD – Note de synthèse 12
scolarité, les inégalités entre les classes sociales se creusent et que sur ces dix dernières années les enfants les plus défavorisés n’y acquièrent plus le socle minimum. DansLes Places et les chances(un livre à paraître le 11 février, au Seuil), le sociologue François Dubet interroge le modèle français qui consiste à panser ici ou là les plaies de l’inégalité, plutôt que de penser une société plus égalitaire. À ses yeux, il existe en effet deux grandes conceptions de la justice sociale. La première passe par l’égalité des places, la seconde par l’égalité des chances. L’égalité des places vise à réduire les inégalités de revenus, de conditions de vie entre les cadres et les ouvriers. L’égalité des chances maintient, elle, intacte le cadre social mais tente de donner des chances de mobilité aux plus méritants des classes défavorisés. Au fil de son argumentaire, le sociologue observe que les initiatives qui permettent d’offrir un ascenseur social à une toute petite frange des « mal-nés » – tels les conventions Sciences Po, les cordées de la réussite dans les grandes écoles – autorisent en fait à laisser sur le bord de la route le gros des troupes. Ce que ne démentent pas les dernières statistiques. Sur dix fils de cadre entrés au collège en 1995, huit étaient encore étudiants dix ans après et un seul avait arrêté ses études sans avoir obtenu le bac. Sur dix enfants d’ouvriers en revanche, trois sont dans le supérieur quand la moitié a quitté le système sans le bac.
Au fil du temps, l’école devient de plus en plus inégalitaire. Les acquis en lecture des élèves de CM2 analysés sur vingt ans montrent que le score des enfants d’ouvriers a été divisé par deux entre 1997 et 2007. Alors que celui des fils de cadres a légèrement progressé.
Or ces difficultés-là irradient dans toutes les disciplines, y compris les mathématiques, où un libellé mal compris devient un problème raté. Une aide individuelle a bien été instaurée – idée chère à Nicolas Sarkozy - et les programmes du primaire recentrés sur les fondamentaux, mais dans le même temps l’école primaire est passée à quatre jours par semaine. Ce qui affecte les enfants aux savoirs les plus fragiles.
Au cours d’une scolarité, les inégalités se creusent. Mises en place en 1982, dépoussiérées plusieurs fois depuis, rebaptisées ambition-réussite en 2006, les zones d’éducation prioritaires – pensées pour« donner plus à ceux qui ont moins »- sont en faillite. Dans les 254 collèges ambition-réussite (soit les plus difficiles), remplis aux trois quarts par des enfants d’ouvriers ou d’inactifs, un quart n’y maîtrise pas les compétences de base en français à l’arrivée et un sur deux à la sortie, selon les données de la dernière livraison de l’état de l’école.
« Les inégalités s’accroissent au fil des études parce qu’elles sont cumulatives », regrette la chercheuse Marie Duru-Bella. L’ouverture de la carte scolaire, qui permet à quelques-uns de choisir leur établissement, déstabilise un peu plus les collèges à l’équilibre déjà très instable. Selon une étude de la direction de l’enseignement scolaire faite à la rentrée 2008, 73 % de ces254 collèges avaient perdu des élèves.
Les inégalités sociales sont plus fortes que chez nos voisins.France, un lycéen de milieu« En défavorisé a deux fois moins de chances d’entrer dans l’enseignement supérieur que s’il avait grandi en Espagne ou un Irlande », précise Éric Charbonnier, le responsable, pour la France, de l’étude de l’OCDE baptisée Pisa.« Ici un lycéen a déjà 4,3 fois plus de risques d’être en échec à 15 ans s’il est issu d’un milieu social défavorisé que s’il fait partie des classes supérieures. La moyenne des pays de l’OCDE est de trois fois », rappelle le chercheur.
L’égalité des chances aurait-elle failli ? De ces bilans ne se prévalent ni la droite ni la gauche. Depuis quelque temps, les cartes se brouillent, d’ailleurs. Et à deux ans de l’échéance présidentielle,
Exercice 1 •L’égalité des chances en matière scolaire 13
le débat ne se pose plus dans les termes habituels.Comme le rappelle François Dubet,« la droite porte aux nues l’égalité des chances, la gauche est comme tétanisée :(…)elle n’a rien à lui proposer ».Un constat qui autorise le chercheur à interpeller directement la gauche, estimant que« l’égalité des places pourrait constituer l’un des éléments de sa reconstruction idéologique ».
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