L'essentiel de la culture générale - 5e édition

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Vaste domaine que la culture générale ! Elle fait l’objet d’une épreuve redoutée par les candidats qui doivent la passer.
C’est pourquoi l’auteur a retenu les 20 thèmes fondamentaux, incontournables, qui constituent les principales sources d’inspiration des sujets d’examen. S’intéresser à ces sujets permettra à l’étudiant d’initier un travail de préparation efficace de ses épreuves de culture générale.
Chaque thème est traité de manière identique : après une définition des termes, l’auteur a choisi d’aborder chaque notion à travers le prisme d’un questionnement simple, afin de mieux en éclairer l’actualité. Cette approche aide le lecteur à s’approprier pleinement les notions abordées et à les inscrire dans une problématique personnelle, cohérente et raisonnablement originale.
Il ne s’agit pas de se substituer à la réflexion de l’étudiant en lui offrant un raisonnement « clé en main » mais, au contraire, de lui proposer pour chaque thème une démarche itérative qui ouvre sur des interrogations supplémentaires. Cette démarche rend le candidat intelligent et pas seulement savant.
Jean-Philippe Cavaillé est diplômé de l’IEP de Paris, de l’ESSEC et titulaire d’un DEA en droit social de l’université Paris II Panthéon-Assas. Ancien moniteur en droit privé et chargé d’enseignement dans plusieurs établissements, il prépare les étudiants aux concours.
Publié le : samedi 1 mars 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782297037938
Nombre de pages : 230
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1. déîNItIoNs
Thème 1 L’individu
Il est possible de définir l’individu comme un être asocial et apolitique qui possède par nature des droits inaliénables. Ces droits naturels puisent leur effectivité dans la mise en œuvre de normes positives, comme le préambule de la constitution de 1946 ou la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789. On compte parmi ces droits de plusieurs générations : le droit à la sécurité, à la liberté, à la propriété, les droits politiques, économiques et sociaux… L’individu constitue donc l’une des visions modernes de l’Homme, certes ethnocentrée mais trop souvent réduite à l’individualisme.
L’individualisme est, quant à lui, une théorie qui privilégie l’individu en tant que valeur suprême au niveau politique, social et moral. Il s’oppose ainsi à l’holisme qui pose le primat des valeurs et intérêts du groupe sur l’individu.
L’individualisme démocratique et libéral a hissé l’individu au rang de valeur su prême et de fondement même des valeurs morales. Il s’agit d’une notion histori quement et politiquement située : selon Tocqueville (De la démocratie en Améri que), l’individualisme proviendrait de l’égalisation des conditions démocratiques qui aurait remis en cause l’holisme des sociétés traditionnelles. Tocqueville voit dans chaque être une détermination liée à son environnement. Dans les sociétés aristocratiques en effet, «tous les citoyens sont placés à un poste fixe, les uns au dessus des autres. Il en résulte encore que chacun d’entre eux aperçoit toujours plus haut que lui un homme dont la protection lui est nécessaire, et plus bas, il en découvre un autre dont il peut demander le secours».
L’individualisme implique l’autonomie individuelle face aux institutions sociales et politiques : la famille, l’Église, la caste… la plupart des courants de pensée individualistes, en particulier libéraux, considèrent ainsi l’individu comme seule référence en déniant toute autonomie véritable aux collectivités, quelle que soit leur nature (nation, peuple, société…). Cette affirmation est supposée garantir la différenciation d’un individu par rapport à un autre et le respect de sa singularité, de ses caractéristiques propres et de ses droits. Seuls les intérêts des autres indi vidus avec lesquels il interagit directement ou indirectement sont pris en compte dans les choix de l’individu et non les intérêts purement collectifs. L’agrégation des intérêts individuels se base sur un contrat social, qui ne peut avoir pour effet de subordonner des fins individuelles à des fins collectives. L’individualisme libé
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L’essentiel de la culture générale
ral se réfère également au principe kantien qui impose que l’individu ne soit pas considéré comme un moyen mais comme une fin en soi.
L’individualisme doit être distingué de l’humanisme : l’humanisme est un mouve ment européen de la Renaissance et une philosophie, qui place l’être humain et les valeurs humaines au centre de la pensée. Ce mouvement se caractérise par un rapprochement avec la philosophie antique. Dans une acception plus moderne et plus large, l’humanisme désigne toute prise de position qui place l’homme, sa défense et son développement au centre de ses préoccupations. Enfin, l’in dividualisme doit être distingué du personnalisme qui définit l’homme comme un individu raisonnable, conscient et responsable de ses actes, mû par sa faculté d’agir selon la morale universelle.
2. ProblématIqUes
Qu’estce que le communautarisme ? Le communautarisme peut se définir comme la volonté de valoriser de manière exclusive des critères individuels différenciant, en les présentant comme constitu tifs de l’identité sociale des individus. Le concept de communautarisme comporte une dimension péjorative, ostraciste, car il exclut les individus ne présentant pas les critères retenus. Au début des années 1980, à partir d’une critique de la théo rie politique de John Rawls, certains philosophes, dits « communautariens » se sont réappropriés l’idéal communautaire en affirmant que l’individu n’existait pas indépendamment de ses appartenances religieuses, culturelles, ethniques ou sociales. Les politiques sociales actuelles qui tendent à agir en fonction de carac téristiques spécifiques (sexe, âge, handicap…) s’inscrivent dans cette philosophie, au risque de ne définir l’individu qu’à travers son adéquation à des critères en niant sa singularité. Le communautarisme doit être clairement distingué du mot anglais « communita rianism » dont il est la transposition littérale impropre. Le mot anglais renvoie en effet à un courant (dont le principal représentant est Amitai Etzioni) qui cherche à valoriser la communauté sur les individus qui la composent, en opposant aux souhaits individuels la nécessité de remplir des obligations envers la collectivité. Dans son usage actuel le plus courant, le mot « communauté » évoque des col lectivités historiques ou culturelles, telles qu’entendues dans les débats sur les minorités ou le communautarisme. Sous l’Ancien régime, le mot communauté désignait l’ensemble des personnes morales de droit public dont les statuts résultaient généralement d’une ordon nance royale ou de lettres patentes. Ce terme concernait aussi bien l’organisation religieuse (communautés religieuses), les pouvoirs administratifs (communauté
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de la Noblesse), locaux (communautés d’habitants, des villes, provinciales), les activités professionnelles (communautés de métier), éducatives (communau tés des collèges), les relations entre particuliers (communauté matrimoniale, devoisinage). Actuellement, ce type d’organisation communautaire a été remplacé majoritairement par le système associatif, les corps ou les ordres. Elle conserve cependant un sens juridique et administratif précis, par exemple pour les copro priétés, les associations, les communes, les professions organisées en ordre, les corps de la Fonction publique, les familles, les congrégations religieuses. Les doutes concernant le communautarisme présents dans la politique française font écho à la remise en cause des politiques d’intégration de pays enclins à pren 17 dre en compte les revendications identitaires : par exemple, aux ÉtatsUnis, la politique d’« affirmative action » n’a pas empêché la ghettoïsation et l’affron tement intercommunautaire ; au cours des années 1960, l’accent a été mis sur la différence, d’autant plus qu’elle était revendiquée par des groupes marginalisés : Noirs, homosexuels, femmes, Amérindiens. Actuellement, au « melting pot » est désormais préféré le « salad bowl », dans lequel les « ingrédients » ne se fondent pas mais coexistent à partir de leurs différences. Les récents débats sur l’ouverture d’une mosquée non loin de « ground zero » montrent cependant que les tensions entre communautés restent présentes. De même, en GrandeBretagne, la découverte que les attentats perpétrés à Lon dres le 7 juillet 2005 étaient le fait non de terroristes étrangers mais de jeunes Anglais élevés sur le sol britannique a provoqué une remise en cause profonde du modèle multiculturel britannique. Le Premier ministre Tony Blair a en particulier mis fin à la politique du « Londonistan » (consistant à offrir l’asile aux idéologues islamistes radicaux dans l’espoir que ceuxci exerceraient une influence favorable sur les jeunes musulmans tentés par le recours à la violence) en bannissant, incar cérant ou extradant les idéologues les plus intégristes. Enfin, l’assassinat du réali sateur Theo Van Gogh aux PaysBas et la menace de mort pesant sur Ayaan Hirsi Ali, ancienne députée néerlandaise d’origine somalienne, conduisent à remettre en question la réussite du modèle multiculturaliste néerlandais. Quels sont les rapports de l’individualisme et du communautarisme ? Développé aux ÉtatsUnis et au Canada depuis la fin des années soixantedix, le communautarisme conçoit la société comme un ensemble de « communautés » ou de « minorités » juxtaposées, chacune vivant selon ses valeurs et ses normes propres, au nom d’une conception de la tolérance fondée sur le relativisme cultu rel radical, et chacune revendiquant des droits et privilèges propres. Les réali sations les mieux connues de ce mouvement sont la discrimination positive (et l’« affirmative action » américaine) et le « politiquement correct » (« Political Correctness »).
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