Les questions sociales aux concours

De
L'épreuve de « questions sociales » est présente au concours externe d'accès aux IRA (Instituts régionaux d'administration). Il s’adresse aussi aux candidats et aux étudiants qui doivent mener une réflexion, - en culture générale - à l'écrit ou à l'oral, sur les politiques publiques.

Cet ouvrage répond au programme complet de l'épreuve : protection sociale, politique de la santé, rôle des collectivités, marché de l'emploi, relations du travail...
Cette édition comporte un nouveau chapitre consacré aux luttes contre les inégalités et à la redistribution des revenus. Elle conviendra également au citoyen s'intéressant aux politiques sociales. Très pédagogique, traitée, dans un style synthétique et précis, avec d'utiles mises en perspective, cette nouvelle édition permettra à chacun d'être parfaitement informé du sujet et des débats en cours.
Publié le : mercredi 1 octobre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782110099334
Nombre de pages : 200
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PrésentatIon
Cet ouvrage a pour ambîtîon de vous préparer aux épreuves des concours admînîstratîfs de catégorîes A et B quî demandent des connaîssances sur es poîtîques socîaes de ’État et des coectîvîtés terrîtorîaes.
I permet, en partîcuîer, de préparer es épreuves des concours externes d’attaché (accès aux IRA, pour es concours de ’État, ou attaché terrîto-rîa), qu’î s’agîsse de a composîtîon d’ordre généra, où î est demandé de connaïtre e rôe de ’État ou des coectîvîtés terrîtorîaes dans es grands domaînes de ’înterventîon pubîque, ou de ’épreuve pus spécîaîsée de QRC pour es candîdats aux IRA. Le concours externe d’accès aux IRA comporte en effet une épreuve constîtuée de sîx « questîons à réponse courte » dont ’une porte sur es questîons socîaes. Le programme de cette épreuve est îcî întégraement traîté.
L’ouvrage permet aussî une préparatîon aux concours pus spécîaîsés d’înspecteur des affaîres sanîtaîres et socîaes ou d’attaché d’admînîstra-tîon hospîtaîère.
Vous trouverez dans cet ouvrage es données actuaîsées utîes sur a démo-graphîe, a protectîon socîae (organîsatîon, prestatîons et inancement de a Sécurîté socîae), a poîtîque de santé, es poîtîques socîaes (înégaîtés et redîstrîbutîon, pauvreté, poîtîque de a famîe, aîdes au ogement, poîtîque du handîcap, dépendance, utte contre es dîscrîmînatîons, poîtîque de a vîe, însertîon des popuatîons îmmîgrées), e marché de ’empoî (coût du travaî et poîtîque de ’empoî), e chômage et a formatîon professîon-nee. Les reatîons îndîvîduees et coectîves du travaî saarîé (contrat de travaî, droît de grève, dîaogue socîa, etc.) compètent cet ensembe.
Chaque chapître contîent pusîeurs iches, chacune centrée sur un poînt précîs. Chaque iche comporte une rubrîque « Retenîr ’essentîe » quî aîde e ecteur à mémorîser es prîncîpaes notîons du thème. Lorsque e sujet ’împose, es probématîques propres aux coectîvîtés terrîtorîaes sont traîtées : spécîicîtés démographîques et économîques des terrîtoîres, rôe des coectîvîtés dans e domaîne du vîeîîssement et de a utte contre a pauvreté, împortance croîssante des dépenses socîaes.
P ré s e n t a t i o n
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Au-deà des connaîssances de base, es candîdats aux concours doîvent appréhender es enjeux et mesurer ’eficacîté économîque et socîae des poîtîques pubîques. La premîère épreuve écrîte, cee de composîtîon (sur un sujet d’ordre généra), des concours d’attaché (État ou terrîtorîa) attend des candîdats qu’îs démontrent eur aptîtude à ’anayse des înter-ventîons de ’État ou des coectîvîtés. Pour vous aîder à répondre à cette exîgence, chaque iche comporte une partîe de probématîque îée au thème traîté (dans une rubrîque « Questîons et débats ») quî aborde des poînts en dîscussîon, avec des ééments de rélexîon et des pîstes de réponse.
Sî vous souhaîtez approfondîr certaînes questîons, a bîbîographîe vous y aîdera, aînsî que es sîtes Internet quî y sont mentîonnés. Vous aurez aînsî tous es ééments nécessaîres pour bîen préparer et réussîr vos concours.
LE SQUE S T I ONSS OCI AL E SAUXCONCOURS
1 Chapitre NotIons de démographIe et approche terrItorIale
Fiche 1 La populatIon françaIse, évolutIon et spécIicItés
1. Une hIstoIre partIculIère
e L’hîstoîre démographîque de a France auXXsîèce révèe des épîsodes contrastés. À a dîfférence d’autres pays européens, comme ’Aemagne et e Royaume-Unî, a France a connu une baîsse de a fécondîté dès e e XIXsîèce et jusqu’en 1945. La popuatîon métropoîtaîne n’a quasîment pas augmenté de 1900 à 1940, oscîant autour de 40 mîîons de personnes. En 1944, avec ’împact de a guerre (décès et déicît des naîssances), a popuatîon étaît même moîns nombreuse qu’en 1880.
Le ressaut d’après-guerre a été d’autant pus spectacuaîre : de 1945 à 2000, a popuatîon de a métropoe est passée de 39,7 à 59 mîîons, soît une croîssance exceptîonnee de près de 50 %. L’augmentatîon, très forte
Chapitre 1 •Notions de démographie et approche territoriale
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en début de pérîode (près de 1 % en moyenne annuee jusqu’en 1974), s’est raentîe ensuîte. Ee est due aors, pour es 3/4, à un excédent natu-1 re fort, avec un taux conjoncture de fécondîté exceptîonne, comprîs entre 3 et 2,5 enfants par femme de 1946 à 1970. Ee s’expîque dans une moîndre mesure par un excédent mîgratoîre réguîer, rendu nécessaîre par es besoîns de maîn-d’œuvre d’une France en expansîon, împortants surtout de 1955 à 1973.
Enin, es progrès de santé pubîque ont permîs, dans a seconde partîe e duXXsîèce, un gaîn d’espérance de vîe à a naîssance de 15 ans, avec une dîmînutîon spectacuaîre de a mortaîté înfantîe (50 ‰ des enfants nés en 1950 mouraîent avant un an, 4,4 ‰ en 2000) maîs aussî un certaîn vîeîîssement, puîsque a proportîon de personnes âgées de 65 ans et pus dans a popuatîon passe, durant a seconde moîtîé du sîèce, de 11 à 16 %.
À partîr de 1965, a fécondîté a dîmînué avec ’arrîvée à ’âge de a maternîté des femmes nées ors dubabyboom, premîère génératîon à avoîr choîsî massîvement ’însertîon professîonnee. Le taux conjoncture de fécondîté a atteînt son poînt e pus bas (1,7 enfant par femme) au mîîeu des années 1990, avant de remonter à 1,9 en 2000 puîs, 10 ans pus tard, à 2. On a pu penser, compte tenu de a chute de a fécondîté à partîr de 1965, que ’évoutîon d’après-guerre étaît une parenthèse exceptîonnee, a France renouant ensuîte avec une nataîté pus faîbe et un sode mîgratoîre bîen pus bas. L’augmentatîon du sode mîgratoîre et de a fécondîté à a in du e XXsîèce montre que es phénomènes démographîques sont moîns înéaîres qu’on ne e pense généraement.
2.Aujourd’huI, une exceptIon démographIque en Europe
Avec une popuatîon de 65,8 mîîons d’habîtants à a in de 2013 (métropoe et DOM), a France est e deuxîème pays e pus peupé d’Europe, après ’Aemagne.
1. Cet îndîcateur mesure e nombre d’enfants qu’auraîent es femmes tout au ong de eur vîe sî es taux de fécondîté observés une année donnée à chaque âge restaîent constants. L’îndîce conjoncture de fécondîté ne vaut que pour une annéen. 8 LE SQUE S T I ONSS OCI AL E SAUXCONCOURS
Lanatalitéreste éevée, avec 810 000 naîssances en 2013. L’îndîce conjonc-ture de fécondîté atteînt 1,99 enfant/femme, après avoîr dépassé 2 pendant es quatre années précédentes. Avec ’Irande, a France est en tête en Europe où ’îndîce moyen est, magré une améîoratîon récente, de 1,59 enfant/femme et où certaîns pays voîent déjà eur popuatîon dîmî-nuer. Du faît aussî d’un taux de mortaîté encore faîbe (8,7 pour 1 000), ’excédent nature (excédent des naîssances sur es décès) est împortant. À a dîfférence d’autres pays européens dont a croîssance n’est due qu’à ’îmmîgratîon (9 pays, dont ’Aemagne et ’Itaîe, ont un sode nature négatîf), ’augmentatîon de a popuatîon françaîse est îée, en 2013, pour 85 % à ’accroîssement nature et pour 15 % seuement à ’îmmîgratîon.
Lesindicateurs de santé publiquesont gobaement bons : e taux de mor-taîté înfantîe (décès avant un an / enfants nés vîvants) a baîssé de pus de 25 % depuîs 1995 et se stabîîse à 3,6 ‰, ce quî sîtue a France à un nîveau honorabe, proche de a moyenne de a zone euro (3,4 ‰). L’espérance de vîe à a naîssance contînue d’augmenter et se sîtue, en 2013, à 78,7 ans pour es hommes (dans a moyenne européenne) et à 85 ans pour es femmes (un des meîeurs taux d’Europe). Dans es années récentes, cet îndîcateur a progressé un peu pus vîte pour es hommes que pour es femmes, ce quî tend à réduîre ’écart, quî reste fort (pus de 6 ans). Désormaîs, e recu de a mortaîté înfantîe ne joue pus aucun rôe dans cette évoutîon : c’est erecul de la mortalité des adulteset des personnes âgées quî permet un gaîn d’espérance de vîe de 3 moîs en moyenne chaque année. La prîn-cîpae cause en est, après e recu des maadîes înfectîeuses, a baîsse de a mortaîté îée aux maadîes cardîovascuaîres.
Aors qu’en 1950, un homme de 60 ans pouvaît espérer vîvre 14 ans, à e peu près comme auXIXsîèce, î peut aujourd’huî espérer vîvre 22,7 ans (27,3 ans pour es femmes), des îndîcateurs quî pacent a France en très bonne posîtîon parmî es pays européens.
3. Une sItuatIon amenée à devenIr moIns atypIque
Probabe sîgne avant-coureur d’une reatîve dégradatîon démographîque, ’âge moyen des mères (tous rangs de naîssance confondus) s’éève : de 29,3 ans en 2000 à pus de 30 ans en 2013. Le maîntîen à un haut nîveau de ’îndîce de fécondîté se conjugue avec un report du caendrîer des naîs-sances, maîs a propensîon à constîtuer des famîes nombreuses rîsque
Chapitre 1 •Notions de démographie et approche territoriale
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d’en être atérée. La descendance inae des femmes (nombre d’enfants d’une génératîon atteîgnant 50 ans) baîsse d’aîeurs doucement, de même que a taîe des famîes : a proportîon des famîes de 1 ou 2 enfants est passée de 72 % en 1975 à 82 % aujourd’huî. La mortaîté va augmenter : a faîbe mortaîté actuee est e relet d’une structure encore jeune de a popuatîon. La sîtuatîon va se dégrader avec e vîeîîssement des génératîons nombreuses dubabyboom. Déjà, es per-sonnes de 65 ans et pus représentent 18 % de a popuatîon et e phénomène est appeé à s’ampîier. L’Insee prévoît qu’à terme, sî ’îndîce de fécondîté se stabîîse à 1,95 enfant/ femme (nîveau quî reste éevé), a popuatîon atteîndraît 73 mîîons d’habî-tants en 2060 maîs avec un sode nature en dîmînutîon, ’augmentatîon étant due, pour une part croîssante, à un sode mîgratoîre conventîonne-ement ixé à + 100 000 par an. La France seraît aors e pays e pus peupé d’Europe occîdentae.
4. Des IndIcateurs moIns favorables : les InégalItés de santé
L’espérance de vîe en bonne santé, sans îmîtatîon d’actîvîtés ou sans încapa-cîtés majeures îées à une maadîe chronîque, atteînt en 2011, à a naîssance, 63,5 ans pour es femmes et 61,8 pour es hommes. À 65 ans, ee atteînt respectîvement 9,8 et 8,9 ans. Les femmes vîvent aînsî pus ongtemps que es hommes maîs une part pus împortante de eurs années de in de vîe sera obérée par a dépendance. Surtout, ’espérance de vîe en bonne santé stagne, voîre dîmînue depuîs 2005 : sî cette évoutîon se conirme, es années de maadîe chronîque ou d’încapacîté seront pus nombreuses.
Magré des progrès réaîsés au cours des années récentes, a mortaîté prématurée avant 65 ans (20 % des décès) reste éevée, surtout pour es hommes (70 % des décès avant 65 ans sont mascuîns), et sîtue a France dans es dernîères paces de ’Europe des 15. Le phénomène est à reîer aux fortes înégaîtés d’espérance de vîe seon es catégorîes socîoprofessîon-nees. Aînsî, ’écart d’espérance de vîe à 35 ans entre cadres et ouvrîers est de 6,3 ans pour es hommes et de 3 ans pour es femmes. En outre, pus ’espérance de vîe est courte, pus ee est grevée d’încapacîtés fonctîon-nees. Ces écarts entre catégorîes socîaes, stabes depuîs 25 ans, ne se réduîsent pas, même sî ’espérance de vîe progresse pour tous. 10 LE SQUE S T I ONSS OCI AL E SAUXCONCOURS
QuestIons et débats
Peut-on Imputer le bon nIveau de la fécondIté en France à la polItIque famIlIale ? Sans doute en partîe : la polîtîque famîlîale est ancîenne (la mîse en place des allocatîons famîlîales date d’avant-guerre), généreuse (4 % du PIB en addîtîonnant presta-tîons, aîdes iscales et servîces, contre 2,6 % en moyenne dans les pays de l’OCDE) et axée sur l’accueîl du jeune enfant. Même sî le taux d’actîvîté des mères décroït avec le nombre d’enfants et sî l’offre de modes de garde doît être développée, le choîx de facîlîter la concîlîatîon entre les enfants et la poursuîte d’une actîvîté professîonnelle favorîse les naîssances. Les comparaîsons înternatîonales montrent en effet que la relatîon entre le nîveau de l’effort publîc fournî en faveur des famîlles et la natalîté n’est pas mécanîque. Ce sont d’abord l’ancîenneté et la stabîlîté des aîdes quî comptent et, surtout, les efforts réalîsés pour alléger la dîficulté des femmes à mener de front travaîl et maternîté.
Retenir l’essentiel
Une préventIon Insufisante La réductîon de l’écart d’espérance de vîe entre hommes et femmes tîent aux avancées médîcales (les hommes ont bénéicîé des progrès de la lutte contre les maladîes cardîovasculaîres) et au rapprochement des modes de vîe (notamment l’usage du tabac, quî s’est largement répandu chez les femmes). Lîée aux condîtîons de travaîl et aux comportements de vîe, l’ampleur de la mortalîté masculîne avant 65 ans témoîgne cependant du maîntîen de nettes dîfférences. Surtout, les écarts entre catégorîes socîoprofessîon-nelles sont très élevés : les hommes sans dîplôme ont 2,5 foîs plus de rîsques de mourîr prématurément que ceux quî ont effectué des études supérîeures, l’écart s’accroîssant encore pour la mortalîté par cancers ou par maladîes cardîovasculaîres. Ces données révèlent aussî un système de santé trop orîenté vers les soîns et pas assez vers la préventîon.
La France se distingue en Europe par une forte natalité et un excédent naturel important. Les autres indi-cateurs démographiques (espérance de vie à la naissance et surtout à 65 ans, mortalité infantile) sont de bon niveau, à l’exception de l’espérance de vie en bonne santé, qui stagne voire régresse. Cependant, les inégalités de santé sont fortes : si l’espérance de vie des hommes se rapproche lentement de celle des femmes, la mortalité prématurée masculine avant 65 ans est élevée. L’espérance de vie varie selon les catégories socioprofessionnelles et la prévalence des maladies graves est beaucoup plus forte chez les personnes sans diplôme. Ce constat traduit l’insuffisance de la prévention et la difficulté de la politique de santé à influencer les comportements et les conditions de vie.
Chapitre 1 •Notions de démographie et approche territoriale
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