Mémentos LMD. La note de synthèse - 11e édition

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L'épreuve sur dossier est une épreuve traditionnelle dans tous les concours administratifs et judiciaires ; elle revêt diverses appellations : note de synthèse, note administrative, rapport, circulaire, instruction... Malgré ces dénominations diverses, les caractères généraux de ces exercices sont quasiment similaires (sauf la présentation formelle) et leur objectif est commun : vous faire lire vite et bien, puis écrire... vite et bien.
Le même traitement méthodologique peut être appliqué à l'ensemble de ces épreuves.

L'objectif de la note de synthèse est la rédaction d'un document « froid et impersonnel » de 4 à 6 pages à partir d'un dossier comportant plusieurs textes sur un même sujet.

Ce livre vous décrit pas à pas la méthode pour démonter le dossier qui vous est donné, puis construire la note de synthèse et l'illustre de plusieurs exemples. Tout au long de cette méthode, l'auteur dévoile, en outre, le comportement et les attentes du correcteur face à votre note de synthèse ; en connaissant ce qu'il attend de vous et quels sont ses principes de notation, vous saurez ainsi valoriser au mieux votre travail.


- Étudiants des principaux cursus universitaires

- Étudiants des Instituts d'études politiques

- Étudiants qui préparent l'entrée dans un CRFPA ou à l'ENM

- Candidats aux concours de catégorie A de la Fonction publique


Michel Deyra, docteur en droit, est Maître de conférences à la Faculté de droit de Clermont-Ferrand et Directeur des relations internationales de l'IPAG de l'Université d'Auvergne.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782297015523
Nombre de pages : 256
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2 CHAPITRE L es objectifs poursuivis
L’importance accordée à cette épreuve, au vu de son coefficient dans les concours, se justifie par cinq séries de considérations : l’utilité professionnelle, la dimension « culture générale », un test d’intelligence, le contrôle de la maîtrise de l’écriture et le moyen de sélection qu’elle constitue.
1L’UTILITÉ
La note doit être utile à son destinataire, et en cela c’est une épreuve « profession-nelle » qui correspond à des besoins pratiques. En effet, le résumé d’un rapport, d’un article, d’un ouvrage fait (ou peut faire) partie du travail quotidien des fonctionnaires, de même que la rédaction d’une lettre à un administré, d’une note à un supérieur, d’une directive aux subordonnés.
Il convient de se souvenir que la note de synthèse –a fortiorila note administrative et le rapport – correspond à une mise en situation professionnelle qui distingue cette épreuve d’un simple exercice académique. Il faut substituer au rapport académique « copie d’examen-étudiant-professeur », le rapport administratif « note-fonctionnaire-destinataire » qui est celui de la réalité du concours.
Il est donc indispensable de lire attentivement le sujet, d’apporter tous les éléments de réponse souhaités, mais seulement ceux-ci, de savoir que l’analyse sert à découvrir les idées, la synthèse à les relier. Il s’agit d’un véritable contrôle de l’aptitude à la fonction.
2LA CULTURE GÉNÉRALE
La note de synthèse constitue un test de culture générale même s’il ne s’agit ni d’une dis-sertation de culture générale, ni d’une dissertation juridique, ni d’une explication de texte.
La note, contrairement à la dissertation, n’exige pas de connaissances particulières préalables puisque les documents permettant de la rédiger sont fournis dans le dossier avec l’énoncé du sujet. Les convictions et les connaissances personnelles du candidat ne sont pas ici sollicitées.
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MÉMENTOS LMD – LA NOTE DE SYNTHÈSE
Mais une bonne culture générale, juridique et administrative est nécessaire : il est sou-haitable de connaître les auteurs, leurs idées, l’organisation constitutionnelle de la France, le vocabulaire juridique, la hiérarchie des normes, les mécanismes de l’Union européenne, les phénomènes de société, l’actualité politique, économique et sociale (ce sont presque toujours des thèmes d’actualité qui déterminent les sujets de syn-thèse), etc. Les erreurs sur le fond ou les lacunes sont dans cette épreuve impardonnables et ne sont donc pas pardonnées.
3L’INTELLIGENCE
La note de synthèse se présente également comme un test d’intelligence : la démarche méthodologique de la synthèse correspond à la « lecture-analyse » qui en réalité comprend cinq phases principales : répondre à la demande : lecture très attentive du sujet (cf. Chapitre 9) qui fixe toujours la nature du document demandé, le thème, le destinataire éventuel, les instructions sollicitées ; repérer l’essentiel :une vue d’ensemble que l’on aura en faisant un vol de par reconnaissance du dossier (cf.;Chapitre 10) ilrepuorgerfnroamitno(cf.Chapitre 13). Autour d’un relevé d’idées qui ne doit pas correspondre à un brouillon scolaire ; ordonner :c’est tout le problème du choix du plan (cf.Chapitres 14 et 15) révéla-teur indiscutable d’une pensée structurée et d’un esprit de synthèse ; reformuler :c’est-à-dire ne pas paraphraser mais faire une « écriture sur une écri-ture », dire les choses autrement et justement, tout en gardant une unité de ton indispensable avec moins de temps, moins de place, et moins de compétences que les auteurs des différents documents du dossier. L’intelligence, dans le cadre de la note de synthèse, c’est donc à la fois la capacité de compréhension, l’aptitude à dégager le fil conducteur du dossier, le sens de l’analyse pour repérer l’essentiel et de la synthèse pour ordonner les choix opérés. L’intelligence dans une synthèse, c’est comprendre et exposer les rapports que les idées entretiennent entre elles, que ces rapports soient d’opposition, d’équivalence ou de complémentarité.
4LA MAÎTRISE DE L’ÉCRITURE
La note de synthèse permet de vérifier la maîtrise de l’écriture. Après la phase de « lec-ture-analyse », il y a celle de « l’écriture-synthèse ». Elle doit être conçue pour informer vite et bien :
CHAPITRE2 –Les objectifs poursuivis
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viet:ce doit être une rédaction sobre mais qui se suffit à elle-même et qui permet en quelques lignes de dégager les points essentiels d’une question : il faut joindre la précision à la concision (cf.Chapitre 3) ; bein:parce qu’elle doit donner au destinataire les outils pour être informé, com-prendre et éventuellement décider. Plus un document est court, plus il doit être irré-prochable : pas d’oubli ni de confusion ni d’ambiguïté.
LA SÉLECTION 5
Enfin, rappelons que c’est un moyen de sélection – efficace et pertinent – par rapport aux épreuves dites techniques. En effet dans les épreuves techniques, les épreuves de savoir comme le droit constitutionnel, le droit administratif ou les finances publiques, la majorité des notes gravite généralement autour de la moyenne : il y a peu de très basses notes car il y a un programme à réviser et il est rare qu’un candidat – sérieux – dans un concours administratif fasse des impasses ; peu de très bonnes notes car ces épreuves sont corrigées par des « techniciens » (professeurs, juristes, magistrats) qui utilisent rarement le haut de l’échelle de notation. En revanche, dans l’épreuve de note de synthèse, l’écart entre les notes est beaucoup plus grand : souvent éliminatoires pour les candidats qui découvrent l’épreuve le jour du concours, parfois très élevées pour ceux qui se sont entraînés et ont compris les règles du jeu par ailleurs, avec une double correction (obligatoire dans les concours de catégories A), l’harmonisation des notes se traduit souvent par une tendance à utiliser toute l’échelle de notations, et à amplifier les bonnes notes et accentuer les mauvaises. Afin de vérifier que les objectifs poursuivis sont bien atteints par le candidat, tout correcteur (consciencieux) procède généralement à trois phases de contrôle : – survol de la copie pour vérifier la présentation (copie au propre), la lisibilité et la concision et l’achèvement de la copie ; – lecture rapide pour dégager les idées essentielles et la logique de la démonstration à travers les intitulés des parties, voire des sous-parties ; – une lecture critique pour évaluer le niveau d’informations délivré par la note, la fidé-lité aux idées du dossier, l’exhaustivité, l’exactitude sur un plan juridique (le cas échéant), la correction de la forme (style, ponctuation, orthographe). Le plus souvent, la lecture critique ne fait que confirmer l’impression qui s’est dégagée dans les deux premières phases, surtout si cette impression est négative.
EN PRATIQUE
 Pour une épreuve sur dossier, mieux vaut ne rien connaître du thème mais tout comprendre que tout connaître et ne rien comprendre. • L’esprit de synthèse consiste à rassembler ce qui est dispersé et opposer ce qui est contraire, pour agencer le tout de façon structurée et logique.
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