Réussir le mémoire des écoles de commerce

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Le mémoire est une obligation pour obtenir le grade de master.
C’est dire que ce livre s’adresse aux étudiants des écoles de commerce, mais également à ceux des universités, qui souhaitent s’investir dans ce travail de recherche et le réussir.
Synthétique et pragmatique, ce livre est un guide à suivre pas à pas. Pour cela, les auteurs développent les 7 étapes suivantes :
• Quel est l’intérêt d’un mémoire de fin d’étude ? Ce chapitre insiste sur la nécessité absolue de « savoir écrire » en exploitant un thème particulier laissé au choix de l’étudiant qui apprendra, par ailleurs, à s’auto-gérer ;
• En quoi consiste la recherche en gestion ? Le lecteur y trouvera les éléments de base de la recherche en sciences de gestion ;
• Qu’appelle-t-on méthodologie ? Les auteurs développent les spécificités de la méthodologie en exposant les différents paradigmes pour se focaliser ensuite sur la méthode hypothético-déductive ;
• Comment affiner sa problématique ? Les étapes clés du mémoire sont clarifiées en définissant ce que sont sujet de recherche et problématique et en exposant les objectifs du mémoire ;
• Comment faire une revue de la littérature ?
• De quels outils dispose l’étudiant ? C’est la description des outils qualitatifs, des outils quantitatifs, du quali-quanti et du quanti-quali ;
• Comment finaliser et maximiser son mémoire ? Les auteurs proposent des formats de présentation des résultats obtenus par l’étudiant et de ses conclusions. Ils abordent également le plagiat et donnent des conseils pour réussir sa soutenance.
Au total, un guide plein de conseils et d’exemples suivis tout au long de l’ouvrage pour se donner les meilleures chances de réussir son mémoire.
Adilson Borges, docteur HDR, est professeur de marketing à Reims Management School, et responsable du PhDUniversa et du pôle de recherche Value & Persuasion et de l’International Retailing Center à RMS. Il est, par ailleurs, vice-président des programmes pour l’Academy of Marketing Science.
Catherine Karyotis, docteur HDR, est professeur en banque et finance de marché à Reims Management School, et coordonnatrice des enseignements de méthodologie de la recherche à Sup de Co.
Publié le : samedi 1 décembre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782297030762
Nombre de pages : 128
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Quel est l’intérêt de rédiger un mémoire de fin d’étude ?
Chapitre 1
Le mémoire en École de commerce est un travail de fin de cursus et, dans certains cas, le seul tra vail de conceptualisation d’envergure que l’étudiant aura à mener individuellement. L’écriture fait partie intégrante de la formation nécessaire aux futurs managers dans un environnement désor mais mouvementé. Les résultats et les conclusions du mémoire permettent à l’étudiant d’exercer ses capacités de synthèse et de présentation. De plus, le mémoire permet d’apprendre à identifier correctement une problématique nouvelle et savoir y répondre, ce qui est fondamental dans un environnement hyperconcurrentiel où les modes de management sont en évolution constante.
1Le mémoire en Écoles de commerce Le mémoire est un travail defin de cursus, un travail personnel d’envergure pour mettre en valeur des connaissances acquises ou à acquérir et les présenter de manière scientifique pour démontrer ses capacités intellectuelles. C’est un exercice deconceptualisation. Il est à prendre, non comme la fin de quelque chose, mais comme unejonctionentre le cursus étudiant et l’entrée dans la vie active. L’étudiant est intéressé par un champ de recherche et une thématique particulière, il tendra ensuite vers une problématique. Le mémoire est une «dissertation scientifique» (Aktouf, 1987). L’auteur parle dedissertationparce que le sujet doit être précis, démontrant une connaissance préalable du sujet certes, mais également à l’issue du processus de recherche, des connaissances suffisantes pour aborder en profondeur ce sujet pour, ensuite, soumettre des idées originales, per sonnelles mais démontrées. Il qualifie ladite dissertation descientifiqueparce l’exercice s’inscrit dans des démarches et des normes scientifiques correctement appliquées au sujet choisi par l’étudiant. Celuici doit, par ail leurs, faire preuve de rigueur en présentant une méthodologie précise. Dans un mémoire, tout doit être démontré ; nul ne peut affirmer sans démonstration.
G 16 RÉUSSIRLEMÉMOIREDESÉCOLESDECOMMERCE Un mémoire n’est pas une histoire ou un récit : il s’agit d’analyser, d’argumenter et de démontrer pour ensuite passer aux recommandations ou aux propositions. L’étudiant doit comprendre les élé ments étudiés dans la littérature et observés sur le terrain, le mémoire n’est donc pas un simple compte rendu. Enfin, le mémoire ne peut s’arrêter à une simple description, celleci est certes néces saire mais pas suffisante. Les observations doivent être analysées et mesurées afin d’être interprétées.
2Pourquoi écrire ? «Essayez d’écrire et vous verrez que vous disposez de plus d’atouts que vous ne le pensez » (Romelaer, 2002). La mondialisation et la globalisation, aidées par le développement des nouvelles technologies, ont transformé l’univers des entreprises et des organisations en le rendant de plus en plus complexe. Face à ces évolutions, les étudiants, futurs managers, doivent se préparer à être réactifs et à prendre conscience des tensions présentes dans le monde. Aujourd’hui, les examens se généralisent sous la forme de QCM, empêchantde factode mesurer les capacités rédactionnelles des étudiants. Or, comme l’indique Michel (2002), «le manager du vingt et unième siècle doit prouver ses aptitudes à rédiger un dossier de synthèse sur un sujet donné, mais également révéler son sens de l’organisation et son potentiel de créativité intellec tuelle. Le mémoire n’est plus un achèvement mais une ouverture. Il devient un outil de modélisa tion grâce auquel lesmanagers auront acquis lescapacités d’agir intelligemment sur le sys tème hypercomplexe». Audelà de la démonstration des capacités de rédaction et de conceptualisation, l’exercice d’écri ture scientifique permet une interactivité entre les cours théoriques abordés dans le cursus et le monde des organisations. Le mémoire est alors un « pont » entre la théorie et la pratique pour approfondir un thème particulier qui, la plupart du temps, est celui dans lequel le futur diplômé peut s’engager. L’écriture permet de retranscrire une réflexion en une forme lisible pour autrui.
Chapitre 1 •?Quel est l’intérêt de rédiger un mémoire de fin d’étude
L’interactivité est schématisée comme suit :
Finalité de l’étudiant
Réalité des pratiques
Sources : Lecas 2006
Projet de recherche
Modèle théorique
Problèmes posés par les pratiques
Intervention
Étudiant
Terrain
17 G
Connaissances Outils
Réponses aux problèmes
Bachelard, dansLa formation de l’esprit scientifiqueen 1938, écrit que «avant tout, il faut savoir poser les problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’euxmêmes… Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique». L’étudiant a une finalité (exemple : parfaire un domaine d’activité dans lequel il souhaite s’enga ger) au sein de laquelle s’insère son projet de recherche. Mais les sciences de gestion s’inscrivent dans une réalité qui est celle du monde des organisations. Il va donc tenter de mettre en parallèle ses aspirations et les problèmes posés par les pratiques, pour ensuite replacer ce projet de recherche dans un modèle ou un courant de pensée théorique. Ledit modèle est ensuite confronté à la réalité du terrain. Armé de connaissances et d’outils d’étude, l’étudiant apporte des solutions aux pro blèmes soulevés dans le cadre de son projet de recherche. Dans une interview réalisée par la RevueGérer et Comprendreen mars 2003, Bertrand Collomb, président du Groupe Lafarge, questionne : «La science, c’est quoi ?» et répond «C’est regarder la réalité et essayer de comprendre les ressorts qui soustendent et expliquent aujourd’hui cette réalité. On voit une pomme qui tombe et on essaie de comprendre la gravitation. La "science" du management, si tant est qu’il y ait une science du management, c’est la même chose. Cela ne consiste pas à dire ce qu’il faut faire. Cela consiste à observer des phénomènes et à se demander ce qui se passe, à trouver une grille de lecture, donc à prendre du recul. La différence avec la gra vitation, c’est que, sauf si vous la recevez sur la tête, vous n’êtes pas acteur par rapport à la pomme. Vous la regardez et vous êtes parfaitement détendu pour vous dire : pourquoi tombet elle ? En management, vous êtes normalement acteur, donc vous avez des interprétations au pre mier degré si vous ne faites pas attention. La science du management vous permet d’aller audelà, de prendre du recul et de dire : "Qu’estce qui se passe. Comment se litil ? Comment cela se décritil ?" ».
G 18 RÉUSSIRLEMÉMOIREDESÉCOLESDECOMMERCE Dans un mémoire, le raisonnement est identique. On demande à l’étudiantd’argumenter eu égard aux sources scientifiques sur lesquelles il a fondé sa réflexion et ce de façon cohérente et compréhensible tant pour ses correcteurs que pour tout lecteur non averti.
3L’autogestion de l’étudiant Audelà des capacités scientifiques et conceptuelles de l’étudiant, il est également évalué, dans ce mémoire de fin d’étude, sur sa capacité às’autogérer. L’étudiant est, tout au long du processus, assisté par un superviseur ou un directeur de mémoire, mais décide luimême du timing sur une longue période. À cette fin, les écoles et les universités attribuent très tôt dans la démarche de recherche un super viseur et l’étudiant gère luimême les relations avec ledit superviseur. Aussi l’étudiant maîtrisetil, dans les deadlines rendues obligatoires par le règlement, son cursus de recherche. Lorsqu’il a choisi son sujet, il gère l’ensemble des relations tant avec son superviseur qu’avec ses relations extérieures (professeurs autres que le superviseur, collaborateurs d’entreprises pour des entretiens éventuels…). Il détermine luimême sa méthode et sa méthodologie qu’il suivra jusqu’au bout. Il maîtrise également, dans les limites acceptables par la communauté scientifique, la présentation écrite du mémoire ainsi que la présentation orale et la confrontation avec le jury lors de la soute nance. Grâce à cetravail de conceptualisationet de réflexion mené sur une période longue, l’étudiant pourra «devenir un bon manager car il saura trouver rapidement des problématiques éclairant les situations les plus complexes, mettre en œuvre les méthodologies propres à les valider et il susci tera par son avance conceptuelle une vision partagée des problèmes quotidiens» (Michel 2002). Quatre phases principales sont alors à gérer dans le processus de recherche : 1. Choix d’un thème de prédilection et élaboration d’uneproblématique grâce à l’exploration (entretiens auprès de professionnels, lectures d’articles académiques, consultations des ensei gnantschercheurs du domaine étudié…). 2. Formulation deshypothèseset choix argumenté d’une méthodologie en ayant testé au préa lable les outils quant à leur utilité et faisabilité. 3. Enclenchement de larecherche terrainen vue de tester les hypothèses et d’élaborer les résul tats de la recherche. 4. Rédaction du mémoire et préparation de lasoutenance. Afin de maximiser le travail, l’étudiant est invité à établir unrétroplanningen accord avec son superviseur. Nous présentons ciaprès les principales étapes qui aident l’étudiant à gérer son travail et son temps.
Chapitre 1 •Quel est l’intérêt de rédiger un mémoire de fin d’étude ?
Opportunités
Enquêtes exploratoires
Planning de travail
Source : Kalika 2007
Algorithme du mémoire
Objectifs
Thème d’étude
Question de recherche Problématique
Cadre de l’étude
Compétences
Hypothèses
Méthodologie
Collecte des données
Traitement des données
Analyse des résultats
Rédaction
Soutenance
Compétences
Recherche documentaire
G 19
Validation du superviseur
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