//img.uscri.be/pth/40d4661e64e4c10a14664cd3d79a74db0e073e50
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 18,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Apprendre à lire en français langue seconde

De
302 pages
Comment des élèves peuvent-ils apprendre à lire à l'école au moyen d'une langue qu'ils ne maîtrisent pas encore ? Cette recherche part d'un champ d'expérience bien réel - les élèves étrangers nouvellement arrivés et parfois même les jeunes natifs de milieux allophones - qui reste en friche en l'absence d'un questionnement linguistique appliqué à ces situations pédagogiques inédites. Face à un déficit de formation des enseignants et une pénurie d'outils, cet ouvrage souhaite être un apport.
Voir plus Voir moins
Apprendre à lire en français langue seconde
Jean-Charles Rafoni
@ L’Harmattan, 2007 5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http:/Iwww.lihrairieharlnattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl @wanadoo.fr 9782296038868 EAN : 9782296038868
Illustration de couverture : Pascaline Ja
Sommaire
Page de titre Page de Copyright Dedicace INTRODUCTION 1ère PARTIE - L’acquisition d’une langue seconde : approches didactiques et sociolinguistiques I - LA NOTION DE FRANÇAIS LANGUE SECONDE ETAT DES LIEUX BIBLIOGRAPHIQUE II - LE FRANÇAIS LANGUE SECONDE EN CLIN : ETAT DES LIEUX INSTITUTIONNEL III - LE FRANÇAIS LANGUE SECONDE EN CLIN : LES PARADOXES DE L’ACQUISITION EN MILIEU ENDOLINGUE IV - LA NOTION DE FRANÇAIS LANGUE DE SCOLARISATION
2ème PARTIE - L’entrée dans l’écrit : les approches linguistiques et cognitivistes mises à l’épreuve I - LA MAITRISE DE L’ECRIT EN LANGUE D’ORIGINE II - LE ROLE DU CONTEXTE FAMILIAL, CULTUREL ET SOCIAL III - L’APPORT DE LA LINGUISTIQUE GENERALE A L’APPRENTISSAGE DE LA LECTURE IV - UNE RECHERCHE CONJOINTE EN LINGUISTIQUE ET EN PSYCHOLOGIE COGNITIVE V - LES EXPERIENCES ET LES APPLICATIONS PEDAGOGIQUES VI - LE SYSTEME ORTHOGRAPHIQUE ET LA DIDACTIQUE DE L’ECRIT VII - LES PROCEDURES COGNITIVES DANS L’APPRENTISSAGE 3ème PARTIE - Vers un modèle didactique d’apprentissage de la lecture en langue seconde I - UN RECENTRAGE DIDACTIQUE SUR LES CARACTERISTIQUES DE LA LANGUE II - LES ILLUSIONS METHODOLOGIQUES EN FRANÇAIS LANGUE SECONDE III - DES ACQUISITIONS ORALES POUR
APPRENDRE A LIRE IV - APPRENDRE A LIRE : QUELLES PROCEDURES METHODOLOGIQUES INITIALES ? CONCLUSION : - VERS UN MODELE DIDACTIQUE D’APPRENTISSAGE DE LA LECTURE
GLOSSAIRE DES PRINCIPALES NOTIONS BIBLIOGRAPHIE
A mon fils Pierre.
A Inès, Elena, Malick, Zakaria, Itièle et tous les autres... sans ui cet ouvra e n’aurait u voir le our.
INTRODUCTION
En France, chez certains enfants, l’apprentissage de la lecture relève du paradoxe : comment des élèves peuvent-ils apprendre à lire à l’école au moyen d’une langue qu’ils ne maîtrisent pas encore ? Nous verrons que cette recherche part d’un champ d’expérience bien réel (les élèves étrangers nouvellement arrivés, et parfois même des jeunes élèves natifs de milieux allophones) mais qui reste en friche en l’absence d’un questionnement linguistique appliqué à des démarches pédagogiques toujours inédites. C’est en effet dans un contexte de déficit de formation des enseignants et de pénurie d’outils que ce travail peut non seulement traiter une réalité désertée par les pédagogues, mais aussi prétendre à des applications directes sur la didactique de la lecture (notamment lorsqu’elle vise des publics d’élèves en difficulté). Bien des égarements ont conduit aujourd’hui à faire l’impasse sur tout recentrage linguistique dans les démarches d’apprentissage de la lecture. On a cherché, et on cherche encore, à aborder cette entrée difficile mais inaugurale dans l’écritpar le biais d’éléments extérieurs àlalangue: “l’intérêt des contenus”, “la dimension utile et fonctionnelle”, “la référence au vécu”, “l’injonction à diversifier les genres”, “la convocation réitérée du plaisir, du ludique, de l’appétit de lire”... Pour faire bref, “trouver psychologiquement du sens” suffirait à faire lire. Cela permet sans doute de prendre de la hauteur mais dispense du même coup de s’atteler à un obstacle majeur : l’obligation pour lire de comprendreaussi et simultanémentla structure de la langue. C’est bien là l’objet de cet ouvrage et les élèves dont le français n’est pas la langue maternelle vont nous être d’un grand secours. Ne disposant en effet ni des références culturelles ni des formes de la langue que les manuels de CP se sont couramment appropriées, ils vont nous obliger à faire table rase et à repéreren amont de l’apprentissageles premières démarches métalinguistiques qui précèdent et accompagnent l’entrée dans l’appréhension de la langue écrite.
La recherche bibliographique est aisée dans le domaine de l’a rentissa e de la lecture. Les auteurs
de référence sont connus (cognitivistes, pédagogues, linguistes) ; les grands débats et invectives également... La recherche est déjà plus complexe lorsqu’il s’agit des modes d’acquisition d’une langue étrangère en milieu endolingue. Le “français langue seconde” est un concept qui, encore aujourd’hui, s’efforce d’acquérir un début de légitimité. Mais le croisement “lecture / non-francophones” n’a pas encore réellement soulevé d’intérêt bibliographique. Les ouvrages sont rares et les travaux souvent peu convaincants. Les différentes notions seront donc abordées ici à travers les champs disciplinaires habituels et les auteurs convoqués pour éclaircir certaines questions méthodologiques qui nous paraissent fondamentales.
Le profil des élèves (âge, langue maternelle, scolarisation antérieure, bilinguisme...) est-il déterminant - et à quel titre - pour l’entrée dans l’apprentissage de la lecture en français ? Les supports et contenus de lecture doivent-ils être spécifiques pour ces élèves ? Comment s’appuyer sur les formes orales d’un français langue seconde en cours d’acquisition ? Peut-on utiliser pour des élèves non-francophones les mêmes procédures métalinguistiques qui président à toute entrée dans l’apprentissage de la lecture au CP ? Quelles sont les différentes étapes requises et en quoi diffèrent-elles en durée ou par nature de celles observées chez les élèves natifs monolingues ? Comment dès lors mettre en place un cadre spécifique d’apprentissage ? Quels sont enfin les recentrages théoriques nécessaires ? Valident-ils ou invalident-ils la recherche contemporaine ? On verra d’ailleurs apparaître tout au long de cet ouvrage certains concepts qui ont été forgés pour rendre compte de pratiques que nous avons découvertes sur le terrain. Cette terminologie traduit simplement une réalité expérimentale que nous ne pouvons ni négliger ni passer sous silence.
Enfin, au-delà même de l’éclairage porté sur la situation des élèves non-francophones, ce travail a l’ambition de refonder, du point de vue psycholinguistique,l’apprentissage initial de la lecture en général.Nous faisons nôtre le principe selon lequel tout apprenti lecteur est un apprenti linguiste. C’est bien cette hypothèse qui est au coeur de notre démarche pédagogique et qui nous semble apte à réhabiliter, à travers le dialo ue et le eu sur la lan ue,
ce lien fondamental entre l’oral et l’écrit.
Les classes d’initiation (CLIN) qui regroupent à l’école élémentaire des élèves non-francophones sont à cet égard d’extraordinaires laboratoires de recherche. Elles nous permettent de sortir indemnes de ces fausses querelles, faux débats et fausses contradictions (global/syllabique, sens/code, etc.) qui perdurent à l’Education nationale et empoisonnent l’enseignement depuis plus de 30 ans. Ces élèves qui ne savent rien de l’écrit nous auront donc appris quelque chose : comme dans tous les faits de langue — et l’apprentissage de la lecture en est un - l’ enfant ne se réduit pas aux volontés d’un pédagogue. L’implicite du lien entretenu avec la parole y est constant. Puisse leur expérience servir de modèle à l’ensemble des élèves natifs et plus particulièrement à ceux qui restent en difficulté dans les classes ordinaires !