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ApPRENDRE À PARLER
À L'ÉCOLE MATERNELLE

@L'Hannatlan,2003 ISBN: 2-7475-3904-0

Sylvie PETIT, institutrice d'école maternelle Christian LAROCHE, rééducateur RASED

ApPRENDRE À PARLER À L'ÉCOLE MATERNELLE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

Mille remerciements à Charlette Petit, Dominique Brunson et Jacqueline Hergat

INTRODUCTION

La question de la maîtrise de la langue orale traverse l'école de manière non uniforme, et particulièrement l'école maternelle où elle constitue une matière à part entière et une compétence transversale. C'est une question nouvelle à récole, tout au plus est-elle posée avec intensité depuis 30 ans. Si les pédagogies actives ou institutionnelles s'en sont toujours souciées, particulièrement dans l'intention de permettre l'expression orale personnelle, c'est un livre de L. Lentin (1974) qui articule à cette époque le savoir parler comme fondement du savoir lire, et qui se propose de définir certaines des conditions d'apprentissage de ce savoir parler. Depuis quelques années, les publications éventuellement très techniques sur le sujet ne manquent pas. C'est un terrain dans lequel chacun s'exerce à travailler: le lexique, la syntaxe, la prise de parole, la politesse. C'est aussi un terrain sur lequel chacun bute. Nous aussi, depuis de nombreuses années, soit en tant qu'institutrice dans les classes de Toutpetits, soit en tant que rééducateur avec des groupes de langage, nous tâtonnions. Force a été de constater notamment lors d'évaluations en début de moyenne et grande section, que des enfants qui entraient dans le langage à deux ans et demi pouvaient ensuite malgré trois d'école n'accroître que très peu leurs compétences lexicales et syntaxiques. De cet outil qui structure la psyché, la pensée, la relation sociale, la position dans le groupe, du tiers à la moitié des enfants de 7 ans en sont en grande partie démunis (dans les écoles des Réseaux d'éducation prioritaires). Il

S'exprime alors un souci d'enrayer ce véritable fléau qu'est l' « insécurité linguistique» (A Bentolila, Le propre de l'homme, Plon, 2000 ). Les nouvelles 1.0. sur la langue orale ainsi que l'exigence d'une évaluation diagnostique en la matière en témoignent. Mais jusqu'à maintenant, l'école ne permet pas aux enfants d'apprendre à parler, elle perfectionne ceux qui savent selon les trois cercles ainsi décrits par A. Bentolila : 1er cercle: ceux qui parlent avec le maître et se perfectionnent (1/3) 2ème cercle: ceux qui écoutent sans parler et n'apprennent pas à parler (1/3) 3ème cercle: ceux qui sont ailleurs (1/3) Durant de nombreuses années, quand les I.O. insistent sur l'objectif de maîtrise de la langue orale pour chaque enfant, elles le font en ignorant que les enseignants ne savent pas comment s'y prendre (le texte du 21/10/99, paru au BOEN, le reconnaît en cherchant comment y remédier). L'objet de notre écrit est, de rendre compte d'une expérience professionnelle innovante et performante en terme d'acquisition de savoir et de savoir-faire (avoir les mots pour le dire et savoir comment le dire ). Nous avons proposé grâce à l'existence d'un poste qualitatif (poste Z.E.P.), un appre.ntissage systématique, dans un cadre où importe la parole de l'enfant. Nous avons pensé qu'il était nécessaire de faire de cette affaire l'affaire de toute l'école, de l'inscrire dans la continuité du temps (d'année en année) et dans la continuité des personnes. Il s'agissait de travailler quotidiennement l'acquisition de la langue orale avec des enfants de grande section (reconnus après évaluation en septembre comme en ayant le plus besoin), dans de petits groupes (5-6 enfants) animés par l'enseignante en fonction sur le poste ZEP. Chaque groupe était réuni une demi-heure. Au départ nous avons travaillé 12