Des gens de résolution

De
« Des gens de résolution » aborde la question suivante : comment les Canadiens-Français de l’Ontario, femmes et hommes, ont-ils vécu la fin du Canada français ? La réponse se présente en trois temps. Dans le premier chapitre, les congrès patriotiques apportent une description de ce que représentait le Canada français avant 1960. Le deuxième texte décrit l’éclatement de la nation canadienne-française, comme en témoignent les États généraux du Canada français (1966-1969). Enfin, le troisième chapitre explore comment cette rupture a forcé la communauté franco-ontarienne à définir autrement sa culture, pendant qu’émergeait une nouvelle « identité franco-ontarienne ». / Ces trois textes ont d’abord paru séparément dans les « Cahiers Charlevoix. Études franco-ontariennes » (numéros 1, 2 et 3).
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EAN13 : 9782894234280
Nombre de pages : 236
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DESGENSDERÉSOLUTION: LEPASSAGEDU«CANADAFRANÇAIS» ÀL’«ONTARIOFRANÇAIS»
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Du même auteur
Les Jumelles Dionne et l’Ontario français (1934-1944),Sudbury, Prise de parole, « Ancrages », 2000, 246 p. (Dir.),Cartes de l’Ontario français ancien (avant 1764).Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, « Documents historiques » 83a, 1986, 24 p. Avec Matt BRAYet Ernie EPP(dir.),Un vaste et merveilleux pays. Histoire illustrée du nord de l’Ontario/ Thunder-Bay, . Sudbury ministère des Affaires du Nord de l’Ontario, 1985, xviii-205 p. (Dir.),Toponymes français de l’Ontario selon les cartes anciennes (avant 1764). Sudbury, Société historique du Nouvel-Ontario, « Documents historiques » 83, 1985, iii-85 p. La Colonisation française et canadienne du Nipissingue (1610-1920).North-Bay, Société historique du Nipissing, « Études historiques », 1980, 99 p.
GAÉTANGERVAIS
DESGENSDERÉSOLUTION: LEPASSAGEDU«CANADAFRANÇAIS» ÀL’«ONTARIOFRANÇAIS»
Collection Ancrages
Institut franco-ontarien / Prise de parole Sudbury, 2003
Données de catalogage avant publication (Canada) Gervais, Gaétan, 1944 Des gens de résolution : le passage du Canada français à l’Ontario français / Gaétan Gervais.
(Collection Ancrages) Publ. en collab. avec : Institut francoontarien de l’Université laurentienne. Comprend des réf. bibliogr. ISBN 2894231598
e 1. Canadiens français — Ontario — Histoire — 20 siècle. 2. Canadiens français — Histoire e — 20 siècle. 3. États généraux du Canada français. 4. Canadiens français — Ontario — Identité e ethnique. 5. Ontario — Conditions sociales — 20 siècle. I. Université laurentienne de Sudbury. Institut francoontarien II. Titre. III. Collection.
FC3100.5.G47 2003
305.811’40713
C20039048888
En distribution au Québec : Diffusion Prologue 1650, boul. LionelBertrand Boisbriand (QC) J7H 1N7 4504340306
L’Institut francoontarien a été fondé par un groupe de professeurs de l’Université Laurentienne afin de promouvoir la recherche, la publication et la documentation sur l’Ontario français. Il bénéficie de l’appui de l’Université Laurentienne.
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Photographie de l’auteur: MaryCatherine Taylor Conception de la couverture: Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Copyright © Ottawa, 2003 Éditions Prise de parole C.P. 550 Sudbury (Ontario) CANADA P3E 4R2
L’Institut francoontarien Université Laurentienne Chemin du lac Ramsey Sudbury (Ontario) CANADA P3E 2C6
ISBN 2894231598 ISBN 9782894234280 (Numérique)
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À la mémoire de mon père, Lionel Gervais (1922-1996)
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INTRODUCTION
Le 4 juin 1671, à Sault-Sainte-Marie, Simon-François Daumont, sieur de Saint-Lusson, officier des troupes, présidait une imposante cérémonie diplomatique. L’intendant Jean Talon l’avait envoyé prendre possession, au nom de la France, de toutes les terres entourant les lacs Huron et Supérieur jusqu’aux mers du Nord, de l’Ouest et du Sud. L’événement se déroula «avec tout l’appareil et l’esclat que le païs a pu souffrir», devant une quinzaine de tribus amérindiennes venues assister, avec plusieurs 1 Français, à ce grand déploiement . Un tel spectacle, deux ou trois siècles plus tard, n’aurait déparé ni une séance patriotique d’un Congrès de la langue française, ni un défilé patriotique de la Société Saint-Jean-Baptiste. Pour bonne mesure, la proclamation de 1671 fut lue «par trois fois et à haute voix et cri public». Saint-Lusson était loin de s’imaginer que, par cette triple insistance, il préfigurait en quelque sorte le futur entê-tement des communautés françaises. Elles ont dû, trois fois plutôt qu’une, défendre chaque aspect de leur droit de maintenir la présence française dans la région des Grands-Lacs. Le militaire appartenait à ceux que Talon, dans son rapport au ministre Colbert, le 10 octobre 1670, appelait des «gens de résolution». Les Français venaient, non plus en visiteurs, mais en occupants décidés à s’y établir. Leurs héritiers, ici, 2 furent les «Canadiens», devenus les «Canadiens-Français » et, plus ré-cemment, les «Franco-Ontariens». 1 Sur cet épisode, voir Léopold Lamontagne, «Daumont de Saint-Lusson, Simon-François», dansDictionnaire biographique du Canada,Volume premier /De l’an 1000 à 1700, [Québec], Presses de l’Université Laval, [c1966], p. 255-257; Marcel Trudel,Histoire de la Nouvelle-France IV: La Seigneurie de la Compagnie des Indes occidentales, 1663-1674, [Montréal], Fides, [c1997], p. 523-526. 2 Le nom Canadien-Français s’est écrit de différentes manières depuis un siècle et demi:
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L’histoire de la communauté franco-ontarienne commença en 1610 par l’arrivée d’Étienne Brûlé, le premier Français dans la région qui devint plus tard le Haut-Canada (l’Ontario). Après 1663, l’empire fran-çais s’étendit rapidement à la grandeur du continent. Les Pays d’en haut, comme on appelait la région des Grands-Lacs, constituaient un carre-four stratégique communiquant avec plusieurs grandes voies fluviales. Pour éviter la dispersion des trop rares colons, la colonisation fut interdite à l’ouest de Montréal. Dans cette zone réservée à la traite des fourrures, une seule exception fut autorisée, au fort Pontchartrain du Détroit, fondé en 1701. On entendait en faire la «capitale des Pays d’en haut». Ainsi, à l’époque de l’Amérique française, les Français furent nom-breux dans les Pays d’en haut, mais, en 1760, le seul foyer de peuplement dans les limites de la future province de l’Ontario se trouvait à l’Assomption-du-Détroit (aujourd’hui Windsor) et comptait au plus quelques centaines de personnes. En fait, la présence française sur le territoire de l’Ontario actuel prit la forme de missions, de postes de traite et de forts militaires. La Nouvelle-France a produit ici peu de colons. Durant le régime britannique qui suivit (1760-1867), les Canadiens menèrent une longue lutte pour obtenir la reconnaissance de leurs droits religieux, linguistiques et politiques. L’Acte de Québec (1774) leur ac-corda le droit de pratiquer la religion catholique, mais l’évêque de Québec attendit jusqu’en 1818 l’autorisation de créer des diocèses et jusqu’en 1844 l’établissement de la première province ecclésiastique dans les colo-nies britanniques. L’Église s’affranchissait ainsi de la tutelle gouverne-mentale qui avait jusqu’alors freiné son expansion. Au plan linguistique, plusieurs projets d’assimilation se succédèrent, mais ils subirent l’échec. En politique, l’Acte constitutionnel (1791) créa le Haut-Canada et le Bas-Canada, chacun avec une assemblée législative composée de députés élus, mais sans véritables pouvoirs avant les réformes libérales de 1849. Ironiquement, la reconnaissance des droits politiques des Canadiens coïncide avec l’avènement de la responsabilité ministérielle, alors qu’un
Canadien-Français, Canadien-français, Canadien français. Il y aurait donc des raisonshistoriques pour justifier Canadien-Français. Mais on doit aussi invoquer des raisonsgrammaticalespuisque le trait d’union entre Canadien et Français indiquel’unité lexicaledu terme Canadien-Français. Pour la même raison qu’un «sourd-muet» n’est pas un «sourd muet», un «Canadien-Français» n’est pas un «Canadien français». Une discussion de cette question se trouve dans une longue note au début de l’article suivant: Gaétan Gervais, «De Sagard à Lemieux: la contribution des religieux à la connaissance de l’Ontario français», dans Jean-Pierre Pichette (s.d.),L’Œuvre de Germain Lemieux, s.j. Bilan de l’ethnologie en Ontario français. Actes du colloque tenu à l’Université er de Sudbury les 31 octobre, 1 et 2 novembre 1991,Sudbury, Prise de parole/Centre franco-ontarien de folklore, «Ancrages», 1993, p. 57-58; voir aussi Gaétan Gervais, «Réflexion. Canadien-Français ou Franco-Ontarien?», dansFleur de trille. Regroupement des organismes du patrimoine franco-ontarien,10, décembre 1993, p. 3-5.
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