Enjeux de la médiatisation à l’université. Représentations dans la pratique professorale

De
«Enjeux de la médiatisation à l’université» s’intéresse à la façon dont l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) en milieu universitaire révolutionnent l’enseignement. L’ouvrage s’interroge, plus particulièrement, à la place qu’occupent les TIC à l’université et à leur contribution à la redéfinition des pratiques éducatives.
Les cinq chapitres de l’ouvrage cherchent à éclairer comment les TIC obligent les professeurs à se resituer : à remettre en question leur rôle, voire leur contribution et leurs visées.
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Enjeux de la médiatisation à l’université
Représentations dans la pratique professorale
JULIEBOISSONNEAULT
Prise deparole Épistémè
Enjeux de lamédiatisationà l’université.
Représentationsdans la pratique professorale
Enjeux de lamédiatisationà l’université.
Représentationsdans la pratique professorale
J B
  Éditions Prise de parole Sudbury 2009
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Boissonneault, Julie, 1963-Enjeux de la médiatisation à l’université : représentations dans la pratique professorale / Julie Boissonneault. (Épistémè) Comprend des références bibliographiques. ISBN 978-2-89423-210-1 1. Nouvelles technologies de l’information et de la communication en éducation. 2. Pédagogie universitaire — Aspect social. 3. Enseignement à distance. 4. Technologie éducative. 5. Professeurs (Enseignement supérieur) — Attitudes. I. Titre. II. Collection : Epistémè (Prise de parole (Firme)) LB2395.7.B64 2008 378.1’734 C2008-904136-4
Distribution au Québec : Diffusion Prologue • 1650, boul. Lionel-Bertrand • Boisbriand (QC) J7H 1N7 • 450-434-0306
Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole Priseappuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture deparolefrançaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, le Patrimoine canadien (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
La collection «Épistémè» publie des études savantes en sciences humaines d’auteurs de la francophonie canadienne.
Conception graphique et mise en pages : Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada.
Copyright © Ottawa, 2009 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2 http://pdp.recf.ca
ISBN 978-2-89423-210-1 ISBN 978-2-89423-320-7 (Numérique)
remerciements
et ouvrage n’aurait pu être sans l’appui et la généreuse contri-C bution de plusieurs personnes. Au risque d’en oublier, je nomme les évaluateurs anonymes, les membres de l’équipe de Prise de parole et mon collègue, Simon Laflamme, qui m’ont accompagnée dans cette production. Je tiens à les en remercier. Je suis aussi redevable à l’Université Laurentienne de son appui financier dans le cadre du Fonds de recherche — programme de publication.
7
introduction
epuis de nombreuses années, l’intégration des technologies D de l’information et de la communication (TIC) fait l’objet d’études diverses dans le milieu scolaire, variant de leur utilisation comme outil pédagogique en salle de classe à leur influence sur l’enseignement et sur l’apprentissage. Si les TIC se sont taillé une place dans les pratiques pédagogiques à l’élémentaire et au secon-daire, la question a été tout autre à l’échelle universitaire. Serait-ce qu’on s’est davantage préoccupé du volet technologique que de la question pédagogique ? Il y a lieu de s’en préoccuper. L’intégration et la gestion des TIC qui ont fait irruption en milieu universitaire constituent déjà un défi de taille, qui se corse du fait même que le changement qu’elles suscitent subit lui-même de constantes et 1rapides transformations . Outre le fait que les TIC peuvent per-mettre un nouveau regard sur l’enseignement et l’apprentissage, les universitaires seraient aux prises avec une rupture paradig-matique ébranlant les assises mêmes de l’apprentissage et, par ricochet, celles de l’enseignement.
Le développement exponentiel des technologies se produit au moment même où nous disposons d’une nouvelle compréhension de l’apprentissage et une telle révolution technologique détient la possibilité de changer
1 D. Dubé et L. Milot, « Enjeux pédagogiques et administratifs de l’intégration des TIC à l’université », dans T. Karsenti et F. Larose (dir.),Les TIC… au cœur des pédagogies universitaires. Diversité des enjeux pédagogiques et administratifs, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 2001, p. 19-29.
8
e n j e u xd el am é d i a t i s a t i o nàlu n i v e r s i t é
radicalement le monde scolaire, le monde du travail et la culture. En réalité, cette révolution entraîne la nouvelle compréhension de l’apprentissage et le système scolaire conventionnel dans un champ d’opposition et d’affrontement. En effet, la découverte, entendue dans le sens d’une augmentation du pouvoir personnel des êtres humains d’une manière spontanée, indépendante et coopérative, dans un contexte dénué de coercition, constitue l’essence même des nouveaux réseaux électroniques 2 multimédia, qui sont intégrateurs et universels .
Le milieu universitaire ne peut rester exempt de la révolution provoquée par les TIC. C’est dans cette optique que je m’y suis intéressée. Deux études antérieures m’y ont menée, la première portant sur l’usage de la vidéoconférence interactive auprès d’étudiants de deuxième cycle universitaire, la seconde traitant 3de la mesure de l’efficacité des nouveaux médias d’apprentissage . Dans cette dernière, la question de l’efficacité me semblait déplacée de son enjeu réel en ce que les médias sont aussi effi-caces que les individus qui s’en servent. Comme le soulignent de plus en plus de nombreux joueurs de la scène éducationnelle, même la meilleure technologie ne peut bonifier un mauvais enseignement. Ces études ont permis d’entrevoir la percée d’une nouvelle perspective suscitée par les TIC face à l’apprentissage de la part des étudiants et d’une nouvelle façon de voir l’enseignement de la part des professeurs. Mais pour qu’il y ait nouvelles pers-pectives, encore faut-il qu’il y ait changement d’attitude. Or, y a-t-il réellement changement d’attitude face à l’acte d’enseigner et à celui d’apprendre à l’université ? C’est à ces questions que je tente de répondre dans ce qui suit.
2 o J. Abbott, « To Be Intelligent »,Educational Leadership,6, 1997,vol. 54, n p. 10; traduit par J. Tardif,Intégrer les nouvelles technologies de l’information. Quel cadre pédagogique ?Paris, ESF Éditeur, 1998, p. 11. 3 Ces deux études — J. Boissonneault, C. Ives-Bigeau et C. Le Coz (1998), et J. Boissonneault et C. Le Coz (1999) — ont été présentées au Bureau des techno-logies d’apprentissage, Ressources humaines Canada.
i n t r o d u c t i o n
9
Révolution médiatique : une redéfinition du savoir, du temps et de l’espace La question de l’émergence des TIC est d’autant plus d’actua-lité qu’elle se pose alors même que s’opère une nouvelle contextualisation de l’enseignement et de l’apprentissage en rapport avec le savoir. Le rôle des joueurs étant appelé à être repensé, la problématique gravite à la fois autour de la présence des TIC sur la scène universitaire et des représentations que se font les professeurs de l’apprentissage et de l’enseignement. Comme les nouveaux médias de communication et d’accès à l’information ouvrent des portes jusqu’ici fermées, ou tout au plus peu accessibles, il est important d’examiner de plus près les phénomènes de la médiatisation à l’université afin d’y voir plus clair. La formation à distance est le cadre idéal pour ce faire, cette dernière étant hautement tributaire des médias. Au début des années 1960, Marshall McLuhan avançait que les médias changeraient l’ordre des choses en modifiant notre façon d’envisager le monde. Leur présence même créerait un nouvel environnement, lequel restructurerait l’ancien. Les changements qui en résulteraient seraient non seulement de l’ordre des habitudes de vie, mais résideraient également dans les façons de penser et les valeurs. Par les médias, nous serions appelés à voir la réalité d’une nouvelle façon, donc à connaître un nouveau paradigme. Il est évident, plus de 40 ans plus tard, que l’émergence des 4 TIC change la dynamique sociale et même la bouscule . Nous sommes ainsi passés de l’ère de la radiophonie à celle de la télé-vision et du cinéma à grande diffusion, puis à celle de l’informa-tisation. La venue de la numérisation de l’informatique a permis la création de réseaux à une échelle inimaginable il y a de cela à peine quelques décennies. Ce qui était alors perçu comme futuriste et même prophétique fait désormais partie du quotidien. Les TIC prennent de plus en plus de place dans nos vies, et ce, sur les plans tant personnel que professionnel. Un regard rapide
4 M. Cartier,Le nouveau monde des infostructures, Montréal, Fides, 1997.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.