Fables

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Pour la comédie, la tragédie ou l'éloquence, toutes les places étaient déjà prises. La Fontaine ressuscite alors la fable, qui dormait depuis l'antiquité et le Moyen Âge. Un genre très humble mais qui lui offrait tout le théâtre de l'univers. Avec des animaux, il allait bâtir une comédie humaine immense et prodigieuse de délices et de cruauté, et réinventer, dirait-on, la langue française. Il parle déjà comme nous parlons aujourd'hui.



La Fontaine était un enfant, un sphinx, un farceur, un philosophe, un génie du langage. La légende de sa bonhomie distraite et paresseuse cache un sage oriental, un voluptueux, un sorcier, un enchanteur, un poète adorable. Rien n'égale, dans aucune littérature, la popularité de ses fables. Le lire et le relire, c'est retrouver le paradis sur terre.





Publié le : jeudi 29 novembre 2012
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EAN13 : 9782266225335
Nombre de pages : 139
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JEAN DE LA FONTAINE

FABLES

Choix établi et préfacé par Bruno Doucey

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PRÉFACE

Une cigale occupée à chanter pendant l’été implore en vain sa voisine de lui venir en aide à la mauvaise saison. Un corbeau installé sur un arbre, un fromage dans le bec, se fait duper par un renard beau parleur. Une grenouille, jalouse de la taille d’un bœuf, décide au péril de sa vie de se gonfler pour l’égaler. Un lion, prisonnier d’un filet, se voit tiré d’affaire par un rat, animal plus petit que lui. Un loup trop glouton se coince un os dans la gorge qu’une cigogne lui retire. Une tortue bat un lièvre à la course…

Décidément, les Fables de la Fontaine paraissent avoir été écrites pour les enfants. Cette impression est d’autant plus forte que le fabuliste est devenu, au fil des générations, le premier pourvoyeur de récitations ânonnées dans les écoles de France ; qu’on ne compte plus les éditions illustrées destinées au jeune public ; que l’industrie du dessin animé s’est emparée depuis longtemps de notre affable conteur. Et pourtant… Pourtant, les douze livres de fables que l’écrivain livre au public entre 1668 et 1694 n’étaient pas destinés à un lectorat juvénile. Jean de La Fontaine, né à Château-Thierry en 1621, écrit d’abord, comme le font tous les écrivains reconnus de l’époque, pour satisfaire ses protecteurs : Nicolas Fouquet, riche ministre des Finances, pour lequel il compose plusieurs poèmes : Adonis, Climène, puis Le Songe de Vaux qui célèbre des splendeurs du château Vaux-le-Vicomte ; Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans, belle-sœur de Louis XIV, qui fait de lui un « gentilhomme servant » ; Madame de La Sablière, qui tient l’un des salons littéraires les plus en vue de Paris. C’est à cette protectrice des arts et des lettres, objet d’une tendre amitié, que notre fabuliste adresse une partie de ses textes. Le neuvième livre des Fables s’ouvre ainsi sur un « Discours à Madame de la Sablière » dans lequel La Fontaine mêle habilement louanges, conversation galante et débat philosophique :

 

Iris, je vous louerais, il n’est que trop aisé ;

Mais vous avez cent fois notre encens refusé,

En cela peu semblable au reste des mortelles,

Qui veulent tous les jours des louanges nouvelles.

 

Notre auteur, ingénieux flatteur, serait-il semblable au renard de la fable ? La question mérite d’être posée, mais elle est naïve. Quelle chance a-t-on au XVIIe siècle de vivre de sa plume et de s’exprimer librement lorsqu’on naît dans une famille bourgeoise de Province et que l’on acquiert, comme ce fut le cas de La Fontaine, une charge administrative de « maître des eaux et forêts » ? Pas la moindre. Sous l’Ancien Régime, qui déplaît à son roi est réduit au silence ; qui le fustige est contraint à l’exil. Toute l’habileté de La Fontaine consiste à flatter pour railler, critiquer sans en avoir l’air, feindre l’éloge pour pratiquer le blâme. Que critique-t-il ? Eh bien, le roi lui-même, monarque autoritaire qui soumet tout un peuple à sa loi ; la justice du plus fort par laquelle le loup se croit autorisé à dévorer l’agneau ; la sottise des grands et des puissants ; la ruse des hypocrites et des coquins ; les hommages flatteurs auxquels se livrent les courtisans ; la soumission piteuse dans laquelle sont tenus les artistes ; l’attitude des imposteurs, des ingrats, des plagiaires, des avares, des charlatans et des vaniteux. À chaque fable une cible ? Oui, c’est un peu cela. De l’histoire qu’il intitule « Le coche et la mouche » (VII, 8), La Fontaine tire une leçon qui condamne les parasites ; « Le loup et la cigogne » (III, 9) épingle les ingrats ; « Le rat qui s’est retiré du monde » (VII, 3) se veut une satire de l’hypocrisie ; « L’huître et les plaideurs » (IX, 9) critique la convoitise ; « Les animaux malades de la peste » (VII, 1), fable dans laquelle le roi décrète qu’il faut trouver un coupable pour éradiquer le mal qui s’est abattu sur la gent animale, dénonce la manière dont on cherche un bouc émissaire. L’âne que l’on exécute parce qu’il a commis quelque péché de gourmandise, est la victime idéale. Pensez donc : celui qui broute l’herbe de son voisin sans y être autorisé ne peut être qu’un « maudit animal », un « pelé », « un galeux » qui mérite vingt fois la peine capitale. En criant « haro sur le baudet », le lion et le loup, qui sont les puissants de ce monde, ne désignent pas un coupable, mais le fabriquent. Pour preuve, ce fait incontestable : la sentence ne sera prononcée qu’après l’exécution ; le procès de l’âne n’est qu’un simulacre. En immolant une victime sacrificielle, la justice des animaux est le symbole d’un pouvoir fondé sur la violence, les arrestations arbitraires et la légalisation du crime. À cet égard, les Fables de la Fontaine ne sont pas des textes puérils qu’il convient de réserver aux écoliers ou aux grand-mères à la voix chevrotante : le sort fait aux Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, la situation des Noirs dans les pays où règne l’apartheid, la terreur qui s’exerce envers les homosexuels, les tziganes ou les femmes dans certaines régions du monde témoignent de la modernité d’un auteur qui a su mettre l’allégorie animalière au service de ses convictions.

À ce stade de la réflexion, le lecteur se demandera sans doute comment ces fables ont pu échapper à la censure royale et à la vindicte des condamnations aristocratiques. La réponse ne va pas de soi.

On remarquera d’abord que La Fontaine n’agit pas seul dans cette affaire. Derrière lui, toute une cohorte d’auteurs, de philosophes, de conteurs font du protégé de Madame de La Sablière l’héritier d’une longue tradition. L’alibi du fabuliste est infaillible puisqu’il remonte à l’Antiquité, en particulier au poète grec Ésope (VIe siècle avant J.-C.) et au latin Phèdre, né au début de l’ère chrétienne, qui composèrent plusieurs centaines de fables.

Par sa filiation, La Fontaine se soumet aux codes d’un genre établi dont il ne renouvelle pas la forme, mais qui trouve chez lui une subtilité rarement atteinte : celle de la fable, récit bref en vers ou en prose qui met fréquemment en scène des animaux personnifiés avec l’intention avouée de dégager un enseignement. L’écrivain s’en explique dans la préface de son premier recueil. L’apologue ou la fable (les deux termes sont synonymes) comportent généralement deux parties : le « corps », qui est l’histoire racontée, et « l’âme », qui est la leçon que l’on tire du récit. Par cette dimension didactique, l’écrivain masque la portée subversive de ses textes. Le procédé est d’autant plus efficace que l’auteur affiche clairement la mission éducative de son œuvre. Cette dernière s’ouvre sur une dédicace « À monseigneur le Dauphin » qui ne souffre d’aucune équivoque – « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. » – et s’achève sur un texte qui exalte la portée didactique de la fable :

 

Cette leçon sera la fin de ces ouvrages

Puisse-t-elle être utile aux siècles à venir !

Je la présente aux rois, je la propose aux sages :

Par où pourrais-je mieux finir ?

 

Ces déclarations pourraient être prises pour argent comptant si La Fontaine ne passait son temps à troubler les esprits. Dans la préface du premier recueil, l’écrivain explique que ses Fables « ne sont pas seulement morales » et qu’elles « donnent encore d’autres connaissances. Les propriétés des Animaux et leurs divers caractères y sont exprimés ». De fait, les Fables fourmillent de renseignements précis concernant le monde végétal et les cent vingt-cinq animaux qu’elles mettent en scène. Notre « maître des eaux et forêts » est-il pour autant le père de l’écologie moderne ? Faut-il voir en lui un naturaliste, comme le sera Buffon au XVIIIe siècle ? Loin s’en faut. Malgré l’étendue de ses connaissances, l’excellent peintre animalier qu’est La Fontaine a parfois commis des erreurs. Sans être entomologiste, chacun de nous sait qu’une cigale ne chante pas, qu’elle ne se nourrit pas de « grain », de « mouche ou de vermisseau », mais de la sève des arbres. Mieux encore : qu’elle ne saurait venir « crier famine / Chez la fourmi sa voisine » au cours de l’hiver puisqu’elle meurt à la fin de l’été.

Ces erreurs ne sont pas toujours imputables à l’état des connaissances scientifiques du XVIIe siècle. Si La Fontaine fabule, c’est qu’il est fabuliste ; s’il nous abuse, c’est qu’il a souvent craint d’être abusé. Regardons de plus près la première de ses Fables : la cigale chante, et ce chant est conforme à sa nature. Mais en voulant la faire danser à la mauvaise saison (« Et bien ! dansez maintenant », pérore sa voisine), l’écrivain en fait le symbole d’une activité humaine : celle du poète, du troubadour qui en appelle au bon cœur de ses mécènes. Après avoir offert sa mélodie estivale, l’artiste démuni subit les sarcasmes des Grands. Le voici réduit à la mendicité, à la gueuserie honnie, à la bohème moquée.

Le lecteur a-t-il remarqué que cette fable connue de tous ne comporte pas de moralité, que ce « corps » chemine sans « âme » ? Toute l’ambiguïté de La Fontaine est là, dans les rapports complexes et ambigus qui s’établissent entre morale et récit. S’agissant de « La cigale et la fourmi », l’explication est simple : l’écrivain laisse à son lecteur le soin de tirer lui-même une leçon de l’histoire. Chacun y voit alors ce qu’il lui plaît de voir : condamnation de l’insouciance, valorisation de l’épargne, refus de la mendicité au nom des valeurs du travail, dureté salutaire de la fourmi qui renonce à la charité chrétienne par grandeur d’âme (ne dit-on pas quelquefois qu’il faut faire le bonheur des autres malgré eux ?). La Fontaine n’est jamais là où on croit le trouver.

En vérité, les Fables sont minées par une ironie qui rend périlleuse toute interprétation hâtive. Ironie qui consiste à dire, par antiphrase, le contraire de ce que l’on pense ou de ce que l’on veut faire entendre. Ironie du sort, lorsqu’un soudain retournement de situation pousse le fabuliste à reconnaître, au terme d’une fable, que c’est « double plaisir de tromper le trompeur. » Un renard est pris alors qu’il croyait prendre (« Le coq et le renard », II, 15) ; deux pèlerins qui se querellent pour savoir qui mangera l’huître sont grugés par un troisième larron (« L’huître et les plaideurs », IX, 9) : rien n’est plus astucieux que ces renversements. Ils sont pour La Fontaine en butte à la censure une façon de brouiller les pistes et d’assurer, dans le théâtre du texte, le libre jeu de sa liberté.

Bruno DOUCEY

Nous reproduisons ici l’édition de 1692 pour les Livres I à XI, et de 1694 pour le Livre XII.

À
MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Je chante les héros dont Ésope est le père,

Troupe de qui l’histoire, encor que mensongère,

Contient des vérités qui servent de leçons.

Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons :

Ce qu’ils disent s’adresse à tous tant que nous sommes ;

Je me sers d’animaux pour instruire les hommes.

ILLUSTRE REJETON D’UN PRINCE aimé des cieux,

Sur qui le monde entier a maintenant les yeux,

Et qui faisant fléchir les plus superbes têtes,

Comptera désormais ses jours par ses conquêtes,

Quelque autre te dira d’une plus forte voix

Les faits de tes aïeux et les vertus des rois.

Je vais t’entretenir de moindres aventures,

Te tracer en ces vers de légères peintures ;

Et si de t’agréer je n’emporte le prix,

J’aurai du moins l’honneur de l’avoir entrepris.

LIVRE PREMIER

1

LA CIGALE ET LA FOURMI

 

La Cigale ayant chanté

Tout l’été,

Se trouva fort dépourvue

Quand la bise fut venue :

Pas un seul petit morceau

De mouche ou de vermisseau.

Elle alla crier famine

Chez la fourmi sa voisine,

La priant de lui prêter

Quelque grain pour subsister

Jusqu’à la saison nouvelle.

« Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l’oût, foi d’animal,

Intérêt et principal. »

La Fourmi n’est pas prêteuse :

C’est là son moindre défaut.

« Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-elle à cette emprunteuse.

– Nuit et jour à tout venant

Je chantois, ne vous déplaise.

– Vous chantiez ? j’en suis fort aise :

Eh bien ! dansez maintenant. »

2

LE CORBEAU ET LE RENARD

 

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenoit en son bec un fromage.

Maître Renard, par l’odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. »

À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le Renard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l’écoute :

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. »

Le Corbeau, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendroit plus.

3

LA GRENOUILLE QUI SE VEUT FAIRE
AUSSI GROSSE QUE LE BŒUF

 

Une Grenouille vit un Bœuf

Qui lui sembla de belle taille.

Elle, qui n’étoit pas grosse en tout comme un œuf,

Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,

Pour égaler l’animal en grosseur,

Disant : « Regardez bien, ma sœur ;

Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?

– Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?

– Vous n’en approchez point. » La chétive pécore

S’enfla si bien qu’elle creva.

 

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,

Tout petit prince a des ambassadeurs,

Tout marquis veut avoir des pages.

4

LES DEUX MULETS

 

Deux Mulets cheminoient, l’un d’avoine chargé,

L’autre portant l’argent de la gabelle.

Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,

N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.

Il marchoit d’un pas relevé,

Et faisoit sonner sa sonnette :

Quand l’ennemi se présentant,

Comme il en vouloit à l’argent,

Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,

Le saisit au frein et l’arrête.

Le Mulet, en se défendant,

Se sent percer de coups ; il gémit, il soupire.

« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avoit promis ?

Ce Mulet qui me suit du danger se retire ;

Et moi j’y tombe, et je péris !

– Ami, lui dit son camarade,

Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :

Si tu n’avois servi qu’un meunier, comme moi,

Tu ne serois pas si malade. »

5

LE LOUP ET LE CHIEN

 

Un Loup n’avoit que les os et la peau,

Tant les chiens faisoient bonne garde.

Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,

Gras, poli, qui s’étoit fourvoyé par mégarde.

L’attaquer, le mettre en quartiers,

Sire Loup l’eût fait volontiers ;

Mais il falloit livrer bataille,

Et le mâtin étoit de taille

À se défendre hardiment.

Le Loup donc l’aborde humblement,

Entre en propos, et lui fait compliment

Sur son embonpoint, qu’il admire.

« Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,

D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.

Quittez les bois, vous ferez bien :

Vos pareils y sont misérables,

Cancres, hères, et pauvres diables,

Dont la condition est de mourir de faim.

Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée ;

Tout à la pointe de l’épée.

Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »

Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?

– Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens

Portants bâtons, et mendiants ;

Flatter ceux du logis, à son maître complaire :

Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs de toutes les façons,

Os de poulets, os de pigeons,

Sans parler de mainte caresse. »

Le Loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.

« Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.

– Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas

Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?

– Il importe si bien que de tous vos repas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrois pas même à ce prix un trésor. »

Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

 

6

LA GÉNISSE, LA CHÈVRE, ET LA BREBIS,

EN SOCIÉTÉ AVEC LE LION

 

La Génisse, la Chèvre, et leur sœur la Brebis,

Avec un fier Lion, seigneur du voisinage,

Firent société, dit-on, au temps jadis,

Et mirent en commun le gain et le dommage.

Dans les lacs de la Chèvre un cerf se trouva pris.

Vers ses associés aussitôt elle envoie.

Eux venus, le Lion par ses ongles compta,

Et dit : « Nous sommes quatre à partager la proie. »

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