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Publications de l'Université de Saint-Etienne relatives aux XVIe et XVIIe siècles ; n°1 ; vol.3, pg 69-72

de BULLETIN_DE_L-ASSOCIATION_D-ETUDE_SUR_L-HUMANISME-_LA_REFORME_ET_LA_RENAISSANCE

Historiques Historiques Historiques
série Travaux série Travaux
Émilienne LEROUXHistoire d’une ville et de ses habitants
Nantes
Des origines à 1914 Histoire d’une ville
Ville-pont, ville-port, Nantes s’est voulue et se veut encore large aux vents de et de ses habitants l’esprit comme aux vents de la mer. Ses habitants, souvent malmenés par l’Histoire,
ont toujours « collé » à elle : aucun courant d’idées, aucun progrès technique, ne les Nantesont laissés indiférents. Les traces de leur passage se déchifrent, çà et là, dans les
monuments de son vieux et dense noyau, mais on les rencontre aussi le long des rues
et des quais, dans les maisons, les entrepôts, les chantiers, les usines, les magasins : Tome I
« Nantes », cela veut dire « les Nantais ».
eMais le destin des Nantais, d’abord confondu jusqu’au XVI siècle avec celui de la Des origines à 1914
Bretagne, est devenu, depuis lors, le destin de la France. Pas de grands événements,
tant politiques qu’économiques ou sociaux, qui n’aient eu leurs répercussions dans
notre ville depuis 1532. Quel bon moyen, pour réviser l’histoire de France, que de la
redécouvrir autour de nous – souvent si proche encore ! – et d’en saisir le sens, afn
d’insérer aujourd’hui notre action dans le droit fl du temps.

Émilienne Leroux, née en 1918 à Vertou, dans la banlieue nantaise, a fait
ses études à l’École Normale d’Institutrice de Nantes de 1934 à 1937, puis
à Rennes et à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Nommée
professeur d’histoire et de géographie en 1941, elle retrouve d’abord son
ancienne École primaire supérieure, puis elle entre comme professeur à l’École
Normale d’Institutrice de Nantes en 1945 où elle exercera jusqu’à sa retraite.
Elle devient inspecteur professeur après avoir passé le concours de l’Inspection
départementale de l’Éducation nationale en 1956.
Émilienne Leroux est considérée comme une spécialiste de l’histoire de Nantes, et son premier tome
consacré à cette ville, Nantes, Histoire d’une ville et de ses habitants des origines à 1914, aux
éditions Le Livre Ouvert en 1976, a obtenu le prix Alfred Gernoux de l’académie de Bretagne. En
1985 elle fait paraître aux éditions Arts - Cultures - Loisirs le second tome, de 1914 à 1939. Elle est
décédée en mars 1990 alors qu’elle travaillait sur le troisième tome qui devait clore la série.
Préface de Jean PHILIPPOT
Collection « Historiques » Préface à une réédition de Michel VERRET
dirigée par Bruno Péquignot et Denis Rolland
Illustration de couverture :
eMascaron de façade d’un immeuble d’armateur du XVIII siècle
© C. Leroux
37 € Historiques
ISBN : 978-2-343-03838-4 Travaux
Histoire d’une ville et de ses habitants - Nantes
Émilienne LEROUX
Tome I Des origines à 1914






























Histoire d’une ville
et de ses habitants
Nantes































Historiques
Dirigée par Bruno Péquignot et Denis Rolland


La collection « Historiques » a pour vocation de présenter les recherches
les plus récentes en sciences historiques. La collection est ouverte à la
diversité des thèmes d'étude et des périodes historiques.
Elle comprend trois séries : la première s’intitulant « travaux » est
ouverte aux études respectant une démarche scientifique (l’accent est
particulièrement mis sur la recherche universitaire) tandis que la deuxième
intitulée « sources » a pour objectif d’éditer des témoignages de
contemporains relatifs à des événements d’ampleur historique ou de publier
tout texte dont la diffusion enrichira le corpus documentaire de l’historien ;
enfin, la troisième, « essais », accueille des textes ayant une forte dimension
historique sans pour autant relever d’une démarche académique.

Série Travaux

Annie BLETON-RUGET, La Bresse bourguignonne. Les dynamiques
e ed’un territoire. XVIII -XXI siècle, 2014.
Jean-Michel PARIS, L’Humanitaire (1841), Naissance d’une presse
anarchiste ?, 2014.
Sébastien ÉVRARD, L’or de Napoléon. Sa stratégie patrimoniale
(1806-1814), 2014.
Eva PATZELT, Un haut fonctionnaire est-allemand aux prises avec
l'intelligentsia (1963-1989), 2014.
Edouard BARATON, De Gaulle ou l’hypothèque française sur le
Canada, 2013.
Anne METENIER, Liberté pour les Noirs ! La résistance des
Africains-Américains à la ségrégation et à l’esclavage (1619-1865),
2013.
Emma LOWNDES, Récits de femmes pendant la guerre
francoprussienne (1870-1871), 2013.
Lise Brossard-Gabastou, Auguste Salzmann (1824-1872), Pionnier de
la photographie et de l’archéologie au Proche-Orient, 2013.
Michel FERLET, Les testaments des rois français, L’art de
transmettre le pouvoir, 2013.
Jean-Yves CHAUVET, L’usage des maisons lorraines. Familles et
e emaisons paysannes de la fin du XVII au milieu du XX siècle, 2013.
André POLARD, Ecrire l’histoire de l’épilepsie, 2012.
Émilienne LEROUX






















Histoire d’une ville
et de ses habitants
Nantes

Tome I
Des origines à 1914

Préface de Jean PHILIPPOT
Préface à une réédition de Michel VERRET






















































































































































































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03838-4
EAN : 9782343038384


















à Alfred Gernoux
qui connaissait si bien le passé nantais,
et qui m’a appris à l’aimer.


PRÉFACE


Connaître l’histoire de Nantes, c’est aussi la comprendre et peut-être aussi,
c’est du moins notre vœu, avoir le désir d’y participer. Notre collègue,
E. Leroux, a retracé avec clarté, bonheur, beaucoup d’intelligence les
vicissitudes de la vie nantaise, en historienne qui comprend et s’efforce
d’expliquer l’événement. Pour ma part, ce livre m’a très vivement intéressé
et je crois qu’il peut et doit ouvrir les yeux des concitoyens qui le liront.
Ce livre plaît d’abord parce que l’histoire de Nantes n’est jamais détachée
d’une histoire générale dont elle est l’image et l’écho, très souvent original.
Mais comment apercevoir cette originalité sans se référer à l’histoire de la
France, de Paris en particulier, dont nous sommes de plus en plus proches au
fil des temps.
Cet ouvrage, sans aucune prétention scientifique, nous dit son auteur, est
pourtant très sérieusement préparé aux meilleurs sources, et pour la période
récente, aux sources d’archives, ce qui nous vaut de l’inédit, nous apprend
bien des choses et j’en suis certain, encore ignorées de bien des Nantais.
L’origine de nos grands établissements scolaires, de notre magnifique Jardin
des Plantes et de ses magnolias, le développement de la ville, de ses plus
beaux monuments, de son commerce, de ses industries, de son port, rien
n’échappe à une curiosité féminine, pas même les costumes prévus pour les
baignades de 1914, et cette curiosité vagabonde rend son travail très vivant.
Mais cette histoire de Nantes contient aussi une étude sérieuse, très
judicieuse, des hommes et des grands événements nantais. Guépin et
Brunellière obtiennent une large place qui tient, on le sent, à la sympathie de
l’auteur pour des hommes de cœur et d’action ; même un Gaston Veil, plus
discutable, a droit à quelques lignes. Les récits des grandes luttes politiques
et sociales nantaises apportent une bonne lumière sur le comportement de
notre cité, un comportement assez versatile, parfois anarchisant, toujours
animé, qu’il s’agisse de la grande révolution de 89, de l’Empire, de l’affaire
Dreyfus, du conflit avec l’Église après la loi de séparation. L’histoire des
conflits ouvriers au siècle dernier présente un très grand intérêt.
Je souhaite à ce travail toute l’attention qu’il mérite et un plein succès, car
c’est une lecture enrichissante.

Jean PHILIPPOT
Agrégé d’histoire et géographie.
Ancien Maire de Nantes à la Libération.


PRÉFACE À UNE RÉÉDITION


Histoire d’une ville et de ses habitants : Nantes

Ce livre publié par Émilienne LEROUX il y a trente ans, à l’honneur des
éditions ACL, disparues depuis, lui-même de longtemps épuisé, pourquoi le
rééditer aujourd’hui, quand l’histoire savante de Nantes l’a depuis enrichi ou
dépassé sur bien des points ?

Histoire savante ne s’écrit pas ou plus dans les majuscules d’une Histoire
Sainte, en prétention d’effacer ou délégitimer toutes autres. Elle se sait, en sa
différence propre et son autonomie, une des histoires possibles de toutes
celles qui se racontent en autant de récits.
Récits de ce qu’on a rêvé ou seulement imaginé : contes, fictions,
romans…
Récits de ce qu’on a vécu, vu, entendu, pensé en sa vie : souvenirs,
mémoires, reportages…
Récits de ce qui s’est passé dans la suite des vies sur les traces d’un passé
traversé en autant d’Aujourd’hui devenus Le Grand Hier…

L’histoire de Nantes ici comme un de ces récits là, suspendu à la voix qui
le raconte. Où l’on entendra toujours le souffle qui la soutient, dans « l’air de
son temps », comme on dit si joliment.
Ici, voix de femme, rare en ce genre de récit. Car la femme fait bien la
moitié de l’Histoire qui se fait : à deux genres certes. Mais c’est pour
l’essentiel l’autre genre qui la raconte, tout au moins dans l’écriture. Où le
privilège masculin sera quasi monopole jusqu’à ce que l’école apprenne à
lire et écrire à tout le monde, si le monde le permet. Et quel espace ouvert à
la voix de chacun, chacune dans la page blanche…
Émilienne LEROUX donc, comme une de ces voix neuves. En cette
originalité de vouloir dire dans la suite des jours la vie de tous les jours. Et
quel appui ce sera pour elle, dès que le jour se donnera le journal. Au
quotidien les nouvelles, comme on disait d’abord des légumes du printemps,
ici de l’écrit du matin. Le jour dans la fraîcheur du jour. Où le regard, par la
photo ne sera pas moins convoqué que l’entretien pour la voix. Et c’est d’un
coup, en cet enlacement, l’entrée dans l’histoire notée, avant même d’être
racontée, de toute une vie in-entendue et in-vue jusque là dans l’édition
masculine, aux Almanachs près : la mode et la cuisine, les jeux et les sports,
les crimes et les procès, les histoires drôles ou tristes, le feuilleton où le
roman s’effeuille. Et les images de tout cela en gravures, cartes postales et
caricatures dont on trouvera florilège dans le livre. Bref, tout le panoramique
d’une histoire élargie, où la culture d’une époque se donne dans le
foisonnement de ses exposants : première totalisation de l’information, où
Alain CROIX peut voir comme un appel à l’histoire totale, qui fait
aujourd’hui l’idéal de l’histoire savante.

Dans l’éventail des journaux d’une époque – Émilienne LEROUX se garde
de n’en lire qu’un seul – la découverte aussi des contradictions entre les
visions du monde qui les animent, écho des contradictions vécues, agies,
pensées entre les intérêts sociaux qui s’opposent dans l’époque jusqu’aux
conflits les plus incandescents – l’auteure n’a garde non plus de les minorer
ou de les édulcorer. Haines et bêtises saisissantes de l’intégrisme ecclésial au
long du siècle, de l’antisémitisme à partir de l’affaire Dreyfus, de
l’antisocialisme dès que la question sociale s’impose à l’actualité :
mouvements ouvriers grévistes, actions directes anarchistes, le jour en ses
passions.

Où l’historienne, qui les entendra toutes ne pourra se situer comme telle
qu’en les dépassant et les relativisant des conditions de leur époque, par
l’exercice du jugement critique propre à la raison historique – sachant que
cette raison est elle-même un point de vue, à supposer qu’elle n’en eût
qu’un.
Émilienne LEROUX ne cache pas le sien.
Républicain, de la tradition des Lumières, que l’école laïque enseigna et
enseigne encore. Emilienne fut une grande enseignante.
Communiste aussi, car cette militante laïque fut aussi militante
communiste, par cette solidarité avec les luttes ouvrières si ardentes en
Basse-Loire et par ce rêve d’époque du partage universel des avoirs,
pouvoirs, savoirs, valoirs et faire-valoirs, dont le drapeau rouge fut alors le
symbole.

Fil rouge de ce livre bleu / blanc / rouge. Et de toutes autres couleurs. Car
n’y manquent ni le bleu du ciel, ni le vert des bois, ni le gris clair des
fleuves, Erdre et Loire, Loire et Sèvre, et Vertou même en ses miroirs, où
Emilienne passa son enfance et forma son sens artiste.

Femme de cœur, dont nous fûmes les hôtes en son foyer fraternel : Marcel
aussi, le maître du crayon de couleur et des vitrines enchantées, Annie et
Claude leurs enfants en leurs jardins, que nous aimons tous honorer de cette
réédition, pour une des Mémoires de la ville aussi.


Michel VERRET
Professeur de sociologie à l'université de Nantes et directeur du LERSO,
Laboratoire d'études et de recherches sociologiques sur la classe ouvrière.
Le 15 Mars 2014.