Le chevalier de Bellerive

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Le chevalier de Bellerive a cherché à se distinguer dans les Lettres durant toute sa vie avant de finir en prison, fou. Presque tous ses écrits sont restés à l'état de manuscrit. Le destin du chevalier met en lumière les difficultés d'un auteur à trouver des mécènes et à éviter la censure. A partir d'une étude de ses manuscrits, ce livre lève un voile sur l'existence d'un auteur et d'une œuvre qui n'a pas connu la postérité. Une « bohême littéraire » ressurgit à l'ombre du siècle de Louis XIV.
Publié le : samedi 15 août 2015
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EAN13 : 9782336388748
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« pauvres diables » décrits par Voltaire. Cet ancien ofîcier
espagnols, avant de înir en prison, fou. Sa grande œuvre
Le destin du chevalier et de ses œuvres met en lumière les difîcultés d’un auteur à trouver des mécènes, à achever son œuvre et à éviter une censure qui empêcherait son
de ses manuscrits, ce livre lève un voile sur l’existence d’un auteur ainsi que sur l’écriture d’une œuvre qui n’a pas connu la même postérité que celle de Saint-Simon. Une « bohême littéraire » ressurgit, à l’ombre du Siècle de Louis XIV…
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Chemins de la Mémoire
FadiELHAGE
Lechevalier de Bellerive
e Un pauvre diable au XVIII siècle
e Série XVIII siècle
Lechevalier de Bellerive e Un pauvre diable au XVIII siècle
Chemins de la Mémoire Fondée par Alain Forest, cette collection est consacrée à la publication de travaux de recherche, essentiellement universitaires, dans le domaine de l’histoire en général. Relancée en 2011, elle se décline désormais par séries (chronologiques, thématiques en fonction d’approches disciplinaires spécifiques). Depuis 2013, cette collection centrée sur l’espace européen s’ouvre à d’autres aires géographiques. Derniers titres parus : PAUQUET (Alain),L’exil français de Don Carlos, Infant d’Espagne (1839-1846),2015. SARINDAR-FONTAINE(François),Jeanne d’Arc, une mission inachevée,2015. LOUIS (Abel A.),Marchands et négociants de couleur à Saint-Pierre de 1777 à 1830 : milieux socioprofessionnels, fortune et mode de vie, Tome 1 et 2,2014. e PREUX(Bernard),siècle en Franche-Comté,Enfance abandonnée au XVIII 2014. EMMANUELLI(Francois-Xavier),Un village de la basse-provence durancienne : Sénas 1600 – 1960,2014. NAGY(Laurent),La royauté à l’épreuve du passé de la Révolution (1816-1820). L’expérience d’une monarchie représentative dans une France postrévolutionnaire, 2014. GOSSEJean), (Albert : Roland FurieuxLe surprenant manuscrit de Lyon (1607),2014. FOLLAIN(Antoine),Blaison Barisel, le pire officier du duc de Lorraine,2014. LARRAN (Francis),Pisistrate à contretemps.Itinéraires anachroniques d’un tyran athénien,2014. MANGOLTE(Pierre-André),La guerre des brevets, d'Edison aux frères Wright, 2014.Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent.La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
FadiEHàgé
CéVàîéR é BééRîVé e Un pauvre diable au XVIII siècle
L’HarmaTan
Du même auteur
Histoire des maréchaux de France à l’époque moderne, Paris, Nouveau Monde/DMPA, 2012.(Prix d’histoire militaire 2011)
Le maréchal de Villars, l’infatigable bonheur, Paris, Belin, Portraits, 2012.
Le maréchal Abraham Fabert (1599-1662), Chamalières, Lemme Edit, 2015.
© L’HarmaTan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris hTp://www.harmaTan.fr diFusion.harmaTan@wanadoo.fr harmaTan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06943-2 EAN : 9782343069432
Remerciements
Les origines de cet ouvrage remontent à l’année 2009 quand, au moment où j’achevais la rédaction de ma thèse, le professeur Jean Chagniot m’a évoqué l’existence des manuscrits du chevalier de Bellerive. CeĴe indication archivistique m’a incité à les parcourir avant de les étudier plus profondément. Aussi est-ce pour cela qu’il est la première personne que je tiens à remercier. Trois ans plus tard, Myriam Tsimbidy m’a donné l’occasion de présenter une communication sur le chevalier de Bellerive pour un colloque qui s’est tenu à Rouen en 2013. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à étudier en détail l’œuvre de Bellerive, ainsi que son destin. Je lui exprime donc toute ma gratititude pour m’avoir donné l’occasion de présenter les prémices de mes recherches. Je tiens également à remercier Clément Oury, Olivier Poncet et Maxence Hermant pour leurs conseils, ainsi que Dénes Harai. Enn, je tiens à exprimer toute mon aection pour ma femme, Blandine Cuvelier-El Hage, qui a eu la patience et l’amour nécessaires, tant pour écouter mes interminables discussions autour du chevalier de Bellerive que pour la mise en forme de ce livre qui a la chance de voir le jour grâce aux éditions l’HarmaĴan.
INTRODUCTION
er Le 1 janvier 1770, au château de Vincennes, là où avaient été notamment emprisonnés pour un temps Diderot et Mirabeau père, s’éteignit un détenu octogénaire. Il s’appelait Jules Alexis Bernard, chevalier de Bellerive. Ce personnage est aujourd’hui principalement connu de nom par les lecteurs 1 de Robert Darnton et d’ArleĴe Farge , ne serait-ce que pour la mention de son arrestation « pour mauvais propos contre le roi, Madame de Pompadour et les ministres ». Le 16 avril 1749, il fut arrêté puis enfermé deux jours plus tard à la Bastille pour avoir récité chez le perruquier Gaujoux, à Paris, un écrit contre Louis XV, ses ministres, la paix d’Aix-la-Chapelle, ses 2 mœurs et son manque de foi religieuse . Il avait également voulu diuser un pamphlet contre le roi, intituléLes Trois 3 sœurs. Le, dont il fut parfois soupçonné d’être l’auteur 26 janvier 1757, il fut transféré au donjon de Vincennes sur un 1. La publication partielle des archives de la Bastille a permis la diusion d’extraits du registre d’écrou dans lequelgurait Bellerive, de même que le recensement des manuscrits qu’il détenait. Les allusions les plus ré-centes au chevalier apparaissent dans les ouvrages de Robert Darnton Bohême liĴéraire et révolution(Paris, Gallimard, 2010, p. 123),Poetry and the police(London-Cambridge, Belknap, 2010, p. 50), et dans son article « La France, ton café fout le camp ! » (in Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 100, décembre 1993, p. 21), où la même citation est sollicitée à titre e d’exemple, dansDire et mal dire au XVIII siècled’ArleĴe Farge (Paris, Le Seuil, 1992, p. 235-236), qui ne fait ni plus ni moins que n’avait fait Darn-ton, et dans leMalplaquetd’André Corvisier (Paris, Économica, 1997, p. 10). Ce dernier évoque les manuscrits consacrés au duc de Vendôme (dé-signé à tort comme maréchal de France), mais aucun de ces trois auteurs n’a fait le lien entre ces détails respectifs. Nous avons quant à nous utilisé l’Histoire du duc de Vendômeet l’Histoire des dernières campagnespour notre Histoire des maréchaux de France à l’époque moderne(Paris, Nouveau Mon-de/DMPA, 2012) et notre biographie du maréchal de Villars (Le Maréchal de Villars. L’infatigable bonheur, Paris, Belin, 2012). 2. Voir annexe 20. 3. Joseph-Marie Brossais du Perray,Remarques historiques sur la Bas-tille, Londres, 1783, p. 135.
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4 ordre de Louis XV écrit la veille . Il y mourut. Apparemment, il était sujet à des troubles mentaux, ayant écrit des leĴres incohérentes durant son emprisonnement. Cet état psychique 5 aurait motivé sa longue détention . Il écrivait et recopiait constamment, si bien qu’on trouva des manuscrits dans la 6 doublure d’un de ses vêtements . Hormis ceĴe référence, il est peu mentionné. Rares furent les rapprochements entre ceĴe note de registre et le vaste ensemble manuscrit qu’il laissa à sa mort, parfois mentionné par certains e auteurs dès le dernier quart du XVIII siècle. En 1774, les manuscrits dont il était l’auteur ou qu’il avait seulement en sa possession tels que les « plusieurs malles de papiers de feu M. 7 le duc de Vendôme », constituaient des « matériaux précieux 8 et uniques en leur genre », dont on dénonça l’abandon et l’inéluctable destruction par négligence :
« Le dépôt de la Bastille contient plusieurs malles de papiers de feu M. le duc de Vendôme, qui concernent son histoire
4. BnF, Arsenal, Manuscrit 11949, fol. 229 r° (voir annexe 23);Archi-ves de la Bastille, recueillies et publiées par François Ravaisson-Mol-lien, Paris, Durand et Pedone-Lauriel, 1884, XVI, p. 19. Une coquille indique « 1767 » dans ce recueil. 5. Paul d’Estrée, « Les Papiers du duc de Vendôme »,in La Correspon-dance historique et archéologique, Paris, Fontemoing, 1903, X, p. 174. 6. Le 14 août 1756, on trouva « dans un seul habit du chevalier de Belle-rive, entre la doublure et l’étoe, le tout bien recousu, soit dans les plus, soit dans les manches de la veste, [des] papiers (…) qui (…) paraissent des copies des leĴres qu’il vous [Berryer, lieutenant général de police] a écrites, ou à M. le comte d’Argenson, et des époques, anecdotes et remarques » (Archives de la Bastille, ouvrage cité, 1884, XVI, p. 21). 7. La première mention de ces papiers apparaît dans le procès-ver-bal d’ouverture des scellés apposés sur les papiers de Bellerive, sai-sis lors de son arrestation (voir annexe 22). 8. Brossais du Perray,Remarques historiques sur la Bastille, ouvrage cité, p. 135. Il est possible que l’importance accordée aux papiers du duc de Vendôme (notamment sa correspondance) avait pu faire croire que Bellerive tenait des secrets d’État, expliquant peut-être sa détention perpétuelle.
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et celle des guerres d’Espagne, d’Italie et de Flandres : ces papiers furent saisis sur sonls naturel qui étoit son légataire, lequel étant soupçonné d’avoir composé la brochure intitulée les trois Marie, fut renfermé d’abord à la Bastille et transféré dans la suite à Vincennes, où il est mort. Ces papiers sont dans un lieu humide, ils ne tarderont pas à être pourris ou rongés des vers, s’ils ne le sont déjà ; et la postérité sera privée 9 de ces matériaux précieux et uniques en leur genre . »
L’inventaire dressé le 24 mai 1787 avant dépôt à la Bibliothèque du roi renseigne précisément sur la teneur de l’ensemble. Parmi les liasses de documents se trouvaient des écrits plus ou moins complets de Bellerive :
« Mémoires du chevalier de Bellerive, ouHistoire du duc de Vendôme, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, divisée en quatre parties. La première partie renferme l’éducation du duc de Vendôme, ses premières campagnes, et la guerre de Catalogne où il commanda depuis 1695, jusqu’à la paix de Ryswick, en 1697 ; la deuxième, la guerre d’Italie depuis 1702 jusqu’en juillet 1706 ; la troisième, la guerre de Flandres depuis le mois d’août 1706 jusqu’à lan de 1709 ; la quatrième, la guerre d’Espagne depuis le mois d’août 1710 jusqu’à la mort du duc de Vendôme, arrivée le 11 juin 1712.
9.Ibidem. Cet opuscule avait été traduit en anglais dès 1780 (Brossais du Perray,Historical remarks and anecdotes on the castle of the Bastille, translated from the French published in 1774, London, Cadell et Conant, 1780, p. 26). Charpentier résuma la teneur de ce recueil dans saBastille dévoilée en 1789: « CeĴe brochure nous apprend encore qu’il y avoit à la Bastille plusieurs malles pleines de papiers du célèbre duc de Ven-dôme ; que ces papiers contiennent son histoire et celles des guerres d’Espagne, d’Italie et de Flandres où il a commandé ; que ses papiers furent saisis sur sonls naturel, qui étoit son légataire, soupçonné d’avoir composé une brochure intitulée :les trois Maillys, ce qu’on supposoit signierles trois Maries; qu’il fut renfermé à la Bastille et de là à Vincennes, où il mourut ; que ces papiers très intéressans étoient dans un lieu humide, et seroient bientôt perdus ou inlisibles (sic) si on ne les en tiroit. » (Louis-Pierre-Manuel Charpentier,La Bastille dévoi-lée. Deuxième livraison, Paris, Desenne, 1789, p. 77).
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