Tite-Live HISTOIRE ROMAINE - lci-110 (Edition augmentée)

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Ce volume contient les oeuvres de TIte Live soit la totalité de l'Histoire Romaine qui est arrivée jusqu'à nous. Traduction sous la direction de M. Nisard, 1839.


AVIS DES ÉDITEURS

NOTICE SUR TITE-LIVE.

PRÉFACE

LIVRE I - Des origines lointaines à la fin de la royauté (jusqu’en 509 av. J.-C.)

LIVRE II - Les débuts de la République (509 à 468 av. J.-C.)

LIVRE III - Les décemvirats (468 à 446 av. J.-C.)

LIVRE IV - La croissance des pouvoirs de la plèbe (445 à 404 av. J.-C.)

LIVRE V - La prise de Véies et sac de Rome par les Gaulois (403 à 390 av. J.-C.)

LIVRE VI - Reconstruction de Rome et victoires de la plèbe (389 à 367 av. J.-C.)

LIVRE VII - Guerres latines et samnites (366 à 342 av. J.-C.)

LIVRE VIII - Guerres latines et samnites (341 à 322 av. J.-C.)

LIVRE IX - Guerres samnites et guerres étrusques (321 à 304 av. J.-C.)

LIVRE X - Guerres samnites et guerres italiques (303 à 293 av. J.-C.)

PERIOCHAE - LIVRES XI à XX (292 à 219 av. J.-C.)

LIVRE XXI - (219 à 218 av. J.-C.)

LIVRE XXII - (217 à 216 av. J.-C.)

LIVRE XXIII - (216 à 215 av. J.-C.)

LIVRE XXIV - (215 à 213 av. J.-C.)

LIVRE XXV - (212 av. J.-C.)

LIVRE XXVI - (211 à 210 av. J.-C.)

LIVRE XXVII - (210 à 207 av. J.-C.)

LIVRE XXVIII - (207 à 205 av. J.-C.)

LIVRE XXIX - (205 à 204 av. J.-C.)

LIVRE XXX - (203 à 201 av. J.-C.)

LIVRE XXXI - (201 à 199 av. J.-C.)

LIVRE XXXII - (199 à 197 av. J.-C.)

LIVRE XXXIII - (197 à 195 av. J.-C.)

LIVRE XXXIV - (195 à 193 av. J.-C.)

LIVRE XXXV - (193 à 192 av. J.-C.)

LIVRE XXXVI - (192 à 191 av. J.-C.)

LIVRE XXXVII - (190 à 189 av. J.-C.)

LIVRE XXXVIII - (189 à 187 av. J.-C.)

LIVRE XXXIX - (187 à 183 av. J.-C.)

LIVRE XL - (182 à 179 av. J.-C.)

LIVRE XLI - (178 à 174 av. J.-C.)

LIVRE XLII - (173 à 171 av. J.-C.)

LIVRE XLIII - (171 à 169 av. J.-C.)

LIVRE XLIV - (169 à 168 av. J.-C.)

LIVRE XLV - (168 à 167 av. J.-C.)

PERIOCHAE - LIVRES LXVI à CXLII

Publié le : jeudi 7 avril 2016
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EAN13 : 9782918042372
Nombre de pages : 1341
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TITE-LIVE
HISTOIRE ROMAINE lci-110

 

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VERSION

 

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MENTIONS

 

© 2016 lci-eBooks, pour ce livre numérique, à l’exclusion du contenu appartenant au domaine public ou placé sous licence libre.

ISBN : 978-2-918042-37-2

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SOURCES

 

Wikisource, d’après le texte de la Bibliotheca Classica Selecta, où les mentions suivantes sont présentes :  Oeuvres de Tite-Live (Histoire romaine) avec la traduction en français publiée sous la direction de M. Nisard, Tome I, Paris, 1864, p. 1-54. La traduction de M. Nisard a toutefois été légèrement modifiée. On a notamment modernisé l’orthographe, adapté les noms propres aux usages actuels et introduit les divisions modernes en paragraphes.

— Les periochae, sont issus en partie de Wikisource, en partie du site de Philippe Remacle, en partie de livres de la bibliothèque Google Livres.

— L’avis des éditeurs et la notice sur Tite-Live sont issus de livres numérisés présents sur Google Livres.

 

— Couverture : Illustration de l’édition vénitienne de 1520. Imprimeur : Giovanni Andrea Vavassore. Rijksmuseum Amsterdam.

— Page de titre : Bibliothek des allgemeinen und praktischen Wissens. Bd. 5 (1905), Abriß der Weltliteratur, Seite 50. (Bibliothèque de l’éducation et des connaissances pratiques. Vol. 5, (1905), la démolition de la littérature mondiale, à la page 50.) Wikimedia commons

— Image pré-sommaire : 1525 - 1570. Editeur, Ferando Bertelli. Rijksmuseum Amsterdam.

 

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LISTE DES LIVRES

TITUS LIVIUS (-59 – 17)

img3.pngAVIS DES ÉDITEURS

img3.pngNOTICE SUR TITE-LIVE.

img3.pngPRÉFACE

img3.pngLIVRE I - Des origines lointaines à la fin de la royauté (jusqu’en 509 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE II - Les débuts de la République (509 à 468 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE III - Les décemvirats (468 à 446 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE IV - La croissance des pouvoirs de la plèbe (445 à 404 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE V - La prise de Véies et sac de Rome par les Gaulois (403 à 390 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE VI - Reconstruction de Rome et victoires de la plèbe (389 à 367 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE VII - Guerres latines et samnites (366 à 342 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE VIII - Guerres latines et samnites (341 à 322 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE IX - Guerres samnites et guerres étrusques (321 à 304 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE X - Guerres samnites et guerres italiques (303 à 293 av. J.-C.)

img3.pngPERIOCHAE - LIVRES XI à XX (292 à 219 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXI - (219 à 218 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXII - (217 à 216 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXIII - (216 à 215 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXIV - (215 à 213 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXV - (212 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXVI - (211 à 210 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXVII - (210 à 207 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXVIII - (207 à 205 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXIX - (205 à 204 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXX - (203 à 201 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXI - (201 à 199 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXII - (199 à 197 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXIII - (197 à 195 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXIV - (195 à 193 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXV - (193 à 192 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXVI - (192 à 191 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXVII - (190 à 189 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXVIII - (189 à 187 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XXXIX - (187 à 183 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XL - (182 à 179 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XLI - (178 à 174 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XLII - (173 à 171 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XLIII - (171 à 169 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XLIV - (169 à 168 av. J.-C.)

img3.pngLIVRE XLV - (168 à 167 av. J.-C.)

img3.pngPERIOCHAE - LIVRES LXVI à CXLII

PAGINATION

Ce volume contient 891 936 mots et 2 601 pages

1. AVIS DES ÉDITEURS : 3 pages

2. NOTICE SUR TITE-LIVE : 5 pages

3. PRÉFACE : 2 pages

4. LIVRE I  (jusqu’en 509 av. J.-C.) : 110 pages

5. LIVRE II (509 à 468 av. J.-C.) : 89 pages

6. LIVRE III (468 à 446 av. J.-C.) : 96 pages

7. LIVRE IV (445 à 404 av. J.-C.) : 80 pages

8. LIVRE V (403 à 390 av. J.-C.) : 77 pages

9. LIVRE VI (389 à 367 av. J.-C.) : 60 pages

10. LIVRE VII (366 à 342 av. J.-C.) : 61 pages

11. LIVRE VIII (341 à 322 av. J.-C.) : 61 pages

12. LIVRE IX (321 à 304 av. J.-C.) : 80 pages

13. LIVRE X (303 à 293 av. J.-C.) : 74 pages

14. PERIOCHAE - LIVRES XI à XX (292 à 219 av. J.-C.) : 14 pages

15. LIVRE XXI - (219 à 218 av. J.-C.) : 77 pages

16. LIVRE XXII - (217 à 216 av. J.-C.) : 80 pages

17. LIVRE XXIII - (216 à 215 av. J.-C.) : 69 pages

18. LIVRE XXIV - (215 à 213 av. J.-C.) : 66 pages

19. LIVRE XXV - (212 av. J.-C.) : 66 pages

20. LIVRE XXVI - (211 à 210 av. J.-C.) : 75 pages

21. LIVRE XXVII - (210 à 207 av. J.-C.) : 77 pages

22. LIVRE XXVIII - (207 à 205 av. J.-C.) : 74 pages

23. LIVRE XXIX - (205 à 204 av. J.-C.) : 57 pages

24. LIVRE XXX - (203 à 201 av. J.-C.) : 64 pages

25. LIVRE XXXI - (201 à 199 av. J.-C.) : 63 pages

26. LIVRE XXXII - (199 à 197 av. J.-C.) : 54 pages

27. LIVRE XXXIII - (197 à 195 av. J.-C.) : 57 pages

28. LIVRE XXXIV - (195 à 193 av. J.-C.) : 75 pages

29. LIVRE XXXV - (193 à 192 av. J.-C.) : 65 pages

30. LIVRE XXXVI - (192 à 191 av. J.-C.) : 55 pages

31. LIVRE XXXVII - (190 à 189 av. J.-C.) : 73 pages

32. LIVRE XXXVIII - (189 à 187 av. J.-C.) : 76 pages

33. LIVRE XXXIX - (187 à 183 av. J.-C.) : 73 pages

34. LIVRE XL - (182 à 179 av. J.-C.) : 72 pages

35. LIVRE XLI - (178 à 174 av. J.-C.) : 36 pages

36. LIVRE XLII - (173 à 171 av. J.-C.) : 80 pages

37. LIVRE XLIII - (171 à 169 av. J.-C.) : 29 pages

38. LIVRE XLIV - (169 à 168 av. J.-C.) : 60 pages

39. LIVRE XLV - (168 à 167 av. J.-C.) : 63 pages

40. PERIOCHAE - LIVRES LXVI à CXLII : 119 pages

HISTOIRE ROMAINE

Publiée sous la direction de M. NISARD

 

1839, Dubochet et Compagnie.

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AVIS DES ÉDITEURS

3 pages

Cette traduction est l’ouvrage de plusieurs mains. A l’époque où nous vivons, il n’est personne qui, remplissant d’ailleurs toutes les conditions de savoir et de talent qu’exige une œuvre de ce genre, soit assez libre de l’emploi de son temps pour se dévouer pendant plusieurs années à traduire un auteur aussi volumineux que Tite-Live. On sait de plus le peu de réputation littéraire que le public y attache; et ce n’est pas une des moindres contradictions de ce temps, que plus il est devenu nécessaire d’y populariser les traductions des auteurs anciens, plus le temps manque pour les entreprendre, et moins la tâche en est appréciée.

Il n’y a qu’un moyen de mener à fin une traduction nouvelle de Tite-Live, c’est d’en charger plusieurs personnes. C’est ce qui a été fait pour celle-ci. Du reste, la distribution de ce grand travail n’a pas été arbitraire. Parmi plusieurs traducteurs, tous également versés dans la latinité, chacun a pris la portion de l’ouvrage qu’il avait étudiée particulièrement, soit par goût, soit pour en avoir fait, comme professeur, le sujet de son enseignement. Il en est résulté une traduction sans langueur et sans passages sacrifiés, où ce qui n’eût été dans une traduction faite par une seule main qu’un de ces morceaux de répit, pour ainsi parler, où l’auteur se serait cru le droit de se relâcher, est devenu, dans une traduction partagée entre plusieurs personnes, un morceau de choix, où l’auteur a redoublé d’efforts et de soins.

Si nous ne craignions rien tant que de paraître rechercher le paradoxe, surtout dans un avertissement qui doit être pour nous une affaire de conscience, nous dirions qu’il nous semble même qu’une traduction qui est l’œuvre de plusieurs peut avoir plus de vivacité et de naturel qu’une traduction faite par un seul, chacun terminant sa tâche avant que la lassitude se soit fait sentir. Toutefois, c’est à deux conditions : l’une, que toutes ces mains soient également habiles; l’autre, que cette diversité n’empêche pas l’unité, sans laquelle une œuvre de ce genre, quel que fût d’ailleurs le talent particulier de chaque collaborateur, ne serait pas supportable.

Cette unité est précisément l’œuvre de la direction. C’est à elle qu’il appartient de veiller à ce que les mêmes mots, surtout lorsque ces mots sont des formules, soit religieuses, soit politiques, soient traduits de la même manière ; à ce que les mêmes tours, quand ils sont rappelés par les mêmes idées et les mêmes circonstances, soient exprimés en français par des formes identiques; a ce que les disparates inévitables que pourraient offrir tous ces fragments de traduction, soient effacées d’une main ferme et sûre, qui ne laisse que les qualités par où l’ouvrage de plusieurs est un ; enfin, a ce que ce soit partout, et autant qu’il est permis à une traduction, la même langue, une langue rapide, ferme, élégante, qui permette au moins d’entrevoir les belles formes d’un historien du siècle d’Auguste.

Nos lecteurs apprécieront si les efforts qui ont été faits par la direction pour mettre en lumière, au profit de l’unité de l’ouvrage, le talent particulier de chaque traducteur, ont été aussi heureux qu’ils ont été consciencieux et soutenus.

Quant aux notes{i}, notre Tite-Live offrira un travail entièrement nouveau, non-seulement si on le compare aux traductions qui ont précédé la nôtre, mais encore eu égard aux habitudes que nous avons suivies jusqu’à présent.

Indépendamment des notes, en très-petit nombre, qui ont été empruntées aux éditions antérieures, et qui sont en quelque sorte du domaine public de la science, notre commentaire s’est enrichi : 1° d’une réfutation des principales critiques dirigées par Niehbur, ses devanciers et ses imitateurs, contre l’authenticité de l’histoire de Rome ; 2° de la reproduction presque intégrale des savantes dissertations de Lachmann sur les sources auxquelles a puisé Tite-Live ; 5° de citations nombreuses empruntées aux admirables réflexions que les décades de Tite-Live ont suggérées à Machiavel et à Montesquieu, ces commentateurs de génie d’un écrivain de génie ; 4° des passages où nos plus grands poètes ont demandé des inspirations au plus grand historien de Rome ; 5° d’un extrait d’une dissertation inédite sur le passage des Alpes par Annibal{1} ; 6° enfin d’une chronologie de Tite-Live, où l’on s’est efforcé de résoudre toutes les difficultés que la supputation des temps peut présenter dans cet écrivain. Cette partie de notre publication demandait une main accréditée. M. Lebas, membre de l’académie des Inscriptions et Belles-Lettres, a bien voulu s’en charger.

Il n’est besoin que de peu de mots pour nous justifier d’avoir donné cette étendue aux notes dans le Tite-Live, en ayant été très-sobres dans les volumes précédents. La vraie et unique raison, c’est que Tite-Live étant et devant être longtemps encore, dût la science des Niebuhr faire des progrès en sagacité et en audace conjecturales, le fondement même de l’histoire de la république romaine, il nous a paru que nous rendrions un véritable service à ceux qui étudient ou qui enseignent cette histoire en publiant un travail qui, outre les notes ordinaires, renferme à la fois les sources de Tite-Live, c’est-à-dire l’indication de tous les auteurs où il a pu puiser, et par lesquels on le peut compléter ou modifier, la chronologie des chefs de la république romaine, des éclaircissements sur l’un des plus grands événements de son histoire, enfin quelques-uns des traits les plus profonds d’un commentaire qui jette sur les faits les plus considérables de l’histoire romaine des lumières bien autrement sûres que les prétendues vues synthétiques de quelques critiques modernes. Notre traduction est pour tous les lecteurs : nos notes sont pour ceux qui étudient particulièrement et l’histoire politique et l’histoire littéraire.

 

NOTICE SUR TITE-LIVE.

5 pages

On ne sait presque rien de la vie de Tite-Live. Il naquit à Padone, l’an de Rome 69, cinquante-huit ans avant l’ère chrétienne. Il eut, dit-on, deux fils et quatre filles ; mais on réduit plus généralement à deux le nombre de ses enfants, une fille et un fils. Quintilien nous apprend que Tite-Live avait écrit pour ce fils un petit traité des études de la jeunesse, dans lequel il lui recommandait surtout la lecture de Demosthène et de Cicéron. On y lisait aussi cette petite anecdote. qu’un maître de rhétorique de son temps, grand ennemi de la clarté dans le discours, ne s’attachait qu’à la proscrire dans ceux de ses élèves, et les obligeait à retoucher leurs compositions jusqu’à ce qu’elles fussent devenues parfaitement obscures. Il leur disait alors: « Voilà qui est bien mieux maintenant ; je n’y entends rien moi-même. » Quant à la fille de Tite-Live, elle épousa un rhéteur, nommé Magius, dont les auditeurs furent quelque temps assez nombreux, mais qu’on allait entendre, nous dit Sénèque le rhéteur, plutôt à cause de la célébrité du beau-père que du talent du gendre.

Tite-Live, ambitionnant plus d’un genre de gloire, avait, au rapport de Sénèque le philosophe, composé des ouvrages philosophiques et des dialogues qui appartenaient autant à la philosophie qu’à l’histoire. Mais son plus grand ouvrage est l’Histoire romaine, en cent quarante ou cent quarante-deux livres, qui, montrant Rome à son berceau, ne s’arrêtait qu’à la mort de Drusus, et embrassait les annales de sept cent quarante-trois années. Plusieurs passages de cette œuvre immense ont fait conjecturer qu’il y avait employé tout le temps qui s’écoula depuis la bataille d’Actium jusqu’à la mort de Drusus, c’est-à-dire environ vingt et un ans. Il en publiait les parties principales à mesure qu’il les avait achevées, et il les lisait, dit-on, à Auguste. Mais cette déférence pour l’empereur ne fit jamais fléchir l’impartialité de l’historien. Dans ce que nous possédons de son ouvrage, Auguste, nommé en deux endroits seulement, l’est avec une sobriété de louanges qui contraste avec les basses flatteries des écrivains contemporains. Loin de cacher son admiration pour les plus grands ennemis de la maison des Césars, Tite-Live louait hautement Brutus, Cassius et surtout Pompée, au point qu’Auguste l’appelait en plaisantant le Pompéien. Honorant cette indépendance, le prince avait confié à Tite-Live l’éducation du jeune Claude, depuis empereur, qui, à l’exemple et d’après le conseil de son maître, avait, non sans quelque succès, entrepris d’écrire l’histoire.

Tite-Live recueillit de son vivant des témoignages extraordinaires d’admiration. Pline-le-Jeune rapporte, dans une de ses lettres, qu’un Espagnol, après la lecture de ses écrits, fit le voyage, alors très-pénible et très-long, de Cadix à Rome, uniquement pour voir cet historien, et s’en retourna dès qu’il l’eut vu. « C’était sans doute quelque chose de merveilleux, dit à ce sujet saint Jérôme, qu’un étranger, entrant dans une ville telle que Rome, y cherchât autre chose que Rome même.» Mais ce fameux docteur de l’église chrétienne a lui-même altéré le merveilleux de ce fait, en le rendant commun à plus d’un contemporain de Tite-Live, et en disant que plusieurs personnages considérables de l’Espagne et des Gaules entreprirent le voyage de Rome dans le même but que l’Espagnol.

À ce peu de faits se borne ce que l’on connaît de Tite-Live. Après la mort d’Auguste, il retourna à Padoue, et y mourut à l’âge de soixante-seize ans, l’an de Rome 770, la quatrième année du règne de Tibère, et le même jour, a-t-on dit, qu’Ovide mourut à Tomes. Théodore de Bèze a composé sur ce synchronisme, qui n’est nullement prouvé, une élégie latine où sa muse éplorée donnait des larmes à un rapprochement de dates probablement imaginaires. La mémoire de Tite-Live est restée chère aux Padouans. Ils crurent, en 1413, avoir retrouvé son tombeau, et, quelques années après, en 1451, ils firent, non sans douleur, présent de son bras droit à Alphonse V, roi d’Aragon, qui l’avait fait demander par l’entremise d’Antoine de Païenne, célèbre par sa passion pour les lettres latines. Ce prince mourut avant d’avoir érigé à l’historien le monument où il voulait en déposer les restes. L’hôtel-de-ville de Padoue semble élevé à la gloire de Tite-Live, tant il est plein de son image et de son nom. On y voit son mausolée, œuvre considérable, accompagné d’inscriptions et surmonté d’un très-ancien buste de marbre de cet historien. Ailleurs, au-dessus d’une des portes, est une autre statue en pierre qui le représente tenant un livre ouvert.

De la grande histoire de Tite-Live, il ne nous est parvenu que trente-cinq livres, c’est-à-dire à peine la quatrième partie; plusieurs de ces livres même ne sont pas entiers. Le désir de retrouver tout l’ouvrage a été l’occasion de recherches, de voyages et de négociations importantes, dont l’histoire n’est pas sans intérêt. Les premières éditions de Tite-Live, de la fin du quinzième siècle et du commencement du seizième, ne contiennent que la première, la troisième et la quatrième décade, ou série de dix livres; division adoptée, à ce qu’il paraît, par l’historien lui-même. Suivant le père Niceron, deux livres furent retrouvés et publiés, en 1518, par Ulric de Hutten, à qui l’on doit Pline, Quintilien et Ammien Marcellin. Pétrarque, aussi célèbre parmi les savants, pour sa connaissance et son amour de l’antiquité, qu’il l’est, dans le monde, pour ses sonnets à Laure, n’épargna rien, ni correspondance, ni voyages, ni argent, pour retrouver au moins la seconde décade; mais tous ses efforts furent inutiles. On découvrit depuis, dans la bibliothèque de Mayence, une partie des troisième et trentième livres, et ce qui manquait au quarantième. Les cinq derniers furent trouvés, en 1551, dans l’abbaye de Saint-Gall, en Suisse, par Simon Grynée, l’ami de Luther et de Mélanchton. Enfin, le père Horrion, jésuite, retrouva, parmi les manuscrits de la bibliothèque de Bamberg, la première partie du troisième et du trentième livre, et il les publia deux ans après.

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