Vie et mort de Michael Faraday

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Le domaine des sciences a vu naitre des hommes et des femmes qui ont permis au mot «génie» de se faire comprendre : Galilée, Newton, Einstein et… Michael Faraday. Pourtant, rien n'avait prédestiné ce britannique, fils de forgeron, à devenir au XIXe siècle le chimiste, physicien et expérimentateur génial qu'il fut. Sa personnalité nourrie par les aventures que son existence a traversées fait de son parcours l'un des plus fascinants de l'histoire des sciences.
Publié le : jeudi 15 octobre 2015
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EAN13 : 9782336393698
Nombre de pages : 272
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Historiques
Julien Pinol
série Travaux
V ie e t mor t de M ic ha el Fa r a d ay Phy sic ie n e t c h i m i s t e a n g l a i s (179118 67 )
Historiques
Travaux
Vie et mort de Michael Faraday Physicien et chimiste anglais (1791-1867)
Historiques Dirigée par Bruno Péquignot et Vincent Laniol La collection « Historiques » a pour vocation de présenter les recherches les plus récentes en sciences historiques. La collection est ouverte à la diversité des thèmes d'étude et des périodes historiques. Elle comprend trois séries : la première s’intitulant « travaux » est ouverte aux études respectant une démarche scientifique (l’accent est particulièrement mis sur la recherche universitaire) tandis que la deuxième intitulée « sources » a pour objectif d’éditer des témoignages de contemporains relatifs à des événements d’ampleur historique ou de publier tout texte dont la diffusion enrichira le corpus documentaire de l’historien ; enfin, la troisième, « essais », accueille des textes ayant une forte dimension historique sans pour autant relever d’une démarche académique. Série Travaux Murielle PERRIER,Utopie et libertinage au siècle des Lumières. Une allégorie de la liberté, 2015. Welleda MULLER,Les stalles, siège du corps, 2015. Jean-Claude COLBUS et Brigitte HÉBERT (dir.),Approches critiques du plaisir (1450-1750), 2015. Jean-Claude COLBUS et Brigitte HÉBERT (dir.),De la satisfaction des besoins vitaux aux plaisirs des sens, aux délices de l’esprit et aux égarements de l’âme (1450-1750), 2015. Maxime RENARD,L’Héritage du jacobinisme, 2015. Christian BÉGIN,Tocqueville et ses amis(2 tomes), 2015. Christian FEUCHER,Buchoz-Hilton.Ennemi-bouffon de Louis-Philippe, 2015. Bernard CAILLOT,Lafayette. De l’Auvergne à l’Amérique, 1757-1784, 2015. Yann GUERRIN,La France après Napoléon, 2014. Émilienne LEROUX,Histoire d’une ville et de ses habitants, Nantes. De 1914 à 1939,Tome II, 2014. Émilienne LEROUX,Histoire d’une ville et de ses habitants, Nantes. Des origines à 1914,Tome I, 2014. Eric AGBESSI,Ce qu’en disait le Sud. La loi sur les droits civiques de 1964 : perspectives et arguments des opposants au projet,2014.
Julien Pinol
Vie et mort de Michael Faraday Physicien et chimiste anglais (1791-1867)
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06866-4 EAN : 9782343068664
PREFACE ET REMERCIEMENTS
 Le contenu étudié d’une vie, dense au point parfois de vous bouleverser, ne se résume évidemment pas à la lecture d’un ouvrage, de 250 comme de 600 pages. Il n’empêche, dans le cadre réduit que la publication implique, vous pardonnerez à ce récit de n’avoir pu tout inclure de la vie de ce physicien incroyablement prolifique.  Relater la vie et l’œuvre de Michael Faraday, en constituer un livre en langue française aujourd’hui, peut nous rendre outrageusement fier et suffisant. En effet, aucun ouvrage en français lui étant consacré ne figure dans les rayons des librairies en ce moment. En élaborer un nous fait ainsi croire que l’on s’est rendu utile. Quelle bienveillance posthume !  Le travail que voici n’aurait pu se réaliser sans les possibilités mises à disposition par différentes universités et sociétés. Une aussi grande reconnaissance doit, bien entendu, être rendue aux livres entrepris et publiés précédemment que la bibliographie en fin d’ouvrage énumère en partie. J’ai mené à bien ce livre grâce aux bénéfices que rendent, chaque jour à leurs visiteurs, les bibliothèques universitaires et municipales ainsi que les différents services d’archives.  Seule une brute oublierait de remercier également pour leurs diverses contributions : Marie Blatin, Elena Bovay-Ivashchenko, Martine Dethurens et Jacqueline Dubedout.
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CHAPITRE PREMIER
 Un faible brouillard s’accrochait au pavé de la rue. Un léger vent le poussait, donnant par moment l’impression de le faire disparaître. Une tranquillité matinale, pour ne pas dire une quiétude, régnait sans discontinuité dans le quartier londonien d’Hampton Cour. Le charme paisible du silence y vadrouillait entre les rives et les jardins même à l’heure des promenades. Les quartiers populaires, ceux particulièrement de l’East End où l’on ne s’embarrassait pas trop souvent de distinguer meurtres et suicides, semblaient bien loin ; davantage qu’ils ne le sont réellement.  À l’intérieur de l’une de ces confortables maisons, la lourde chaise tenait Michael Faraday assis devant la fenêtre qui donnait sur le petit jardin qui séparait la vie intérieure de la rue. Une partie de la pièce plongeait dans une semi-obscurité, qu’aucune lueur prochaine ne promettait de pouvoir perturber.  Le vieil homme avait tout juste dit bonjour au jeune invité qui s’était présenté à lui. Les cinq minutes s’étaient ainsi passées sans qu’aucun mot ne sortit de sa bouche. Il secoua un peu la tête, détourna son regard pour le fixer en direction de son visiteur avec un stupide sentiment d’effort. Celui-ci, attendri, composa sa face juvénile d’un mélange d’admiration et de compassion  Chacun s’était fabriqué son Faraday. Mais pour celui qui ne l’avait encore jamais rencontré, ou pour celui qui ne l’avait connu que bien longtemps auparavant, il était difficile de croire que la personne devant lui qui s’agrippait à son fauteuil, le visage couronné de cheveux gris, correspondait bien à celui qui était l’objet de son adoration. S’il appartenait à ce genre d’homme d’être si différent des autres, l’allure de celui-ci en trahirait incontestablement le cas. Il n’en était rien ; son apparence répondait tout à fait aux conditions de la vieillesse, en contraste total avec celles de la jeunesse. Elle convenait à la description de ces personnes âgées dont le visage masque les humeurs.  Abandonnant le songe de la condition humaine et de ses malédictions, le jeunâbre se demandait ce que son hôte devait penser exactement des allusions qu’on lui avait faites au sujet de son enfance, celles qui entouraient les premiers pas du savant d’un sombre mystère. Il se hasarda à demander quelques éclaircissements.
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 « Ah !... le bon vieux temps » n’était pas l’expression qu’utiliserait spontanément le vieux Michael en pensant à sa plus jeune enfance… le bon vieux temps, il l’aurait laissé à d’autres. Abstraction faite de sa santé, qui à l’heure où débute ce récit, lui faisait défaut, qui penserait en effet que le célèbre Michael était issu d’une famille mieux pourvue d’esprit et d’amour que de richesse matérielle. Le cadre familial qui l’a vu apprendre à marcher et grandir fait aujourd’hui partie de l’adoration que la simple évocation de son histoire occasionne immanquablement.  La période qui connut la naissance de Michael Faraday, caractérisée en partie par une foi en l’homme et en sa perfectibilité, fut loin d’être la moins agitée. L’Europe occidentale se voyait être secouée par les conséquences de la révolution française. Prête à commencer, la rivalité militaire entre la France et l’Autriche allait s’étendre une année plus tard jusqu’à l’Espagne et l’Angleterre, laquelle se savait quelque peu isolée de ses voisins par la Guerre d’indépendance américaine.  Le jugement hâtif des révolutions condamna plus d’un à la guillotine à Paris entre 1791 et 1794. La science perdit sur l’échafaud l’un de ses plus grands représentants : Antoine De Lavoisier, guillotiné le 8 mai 1794 en tant  1 que fermier général enrichi. Son sort, décidé en même temps que celui de tous les fermiers généraux, s’apparente à celui d’un criminel. Rassurez-vous, la vedette de notre récit connut heureusement une tout autre fin.  La science expérimentale, la chimie en tête, venait de mettre à l’écart le modèle aristotélicien des éléments (au nombre de quatre) et la théorie des forces mystérieuses que la nature mettait en œuvre. Un ensemble unifié d’unités (le mètre, le kilogramme) tout juste adopté, en accompagnait les prolongements. De l’autre côté de l’Atlantique, là où, en avril 1790, plusieurs milliers de personnes suivirent le cortège funèbre de Benjamin Franklin, une nouvelle nation fraîche d’une première constitution avait finit par naître. Enfin, l’année 1791, l’année même de la naissance de Michael Faraday, ne peut-être évoquée sans mentionner le corps que l’on amenait le 6 décembre dans l‘après-midi dans la fosse commune du cimetière Saint-Marx à Vienne : celui de Wolfgang Amadeus Mozart.  La plus ancienne trace de la lignée qui engendra Michael Faraday se trouve dans le registre de Bolton-le-Sands (Lancashire),West Coast of England. A cette époque, les différentes activités des Faraday reposaient sur le rythme de la vie saisonnière. Au plus loin que remonte l’arbre généalogique du célèbre savant, nous trouvons un certain William Faraday qui, le 11 août 1683, épousa Elizabeth Gardner. Deux enfants au moins sont nés de cette union. Le premier, Richard, né en 1684, voyagea vers le petit village de Clapham dans le comté du Yorkshire, au nord de l’Angleterre. Une fois marié, dix de ses enfants survécurent. Ces réussites couvrent une période de vingt-deux ans à partir de 1708. Bien après le début de la série, un certain Robert vit le
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jour en 1724. Quelque trente années plus tard, il maria Elizabeth Dean. Le couple de paysans vécut à Clapham dans la propriété qu’ils avaient héritée. Trois filles et sept garçons y sont nés. Le troisième, James, le père de notre future étoile de la science, respira la première fois en 1761.  Les fils de Robert Faraday exercèrent le métier d’artisan. Ni cordonnier, ni épicier, ce fut forgeron que devint James après avoir été apprenti. Comme ses frères, il ne pouvait toutefois prétendre à intégrer lamiddle classrurale. Tout au plus, espérait-il un jour atteindre lalower middle, celle des employés et des petits fonctionnaires, auxquels la distinction avec la classe la plus inférieure tenait à coeur. C’est dans la chapelle de son église que James rencontra sa bien-aimée. Ce fut Margaret Hastwell, issue d’une famille de fermiers dans le comté de Westmorland au nord de l’Angleterre. Ils se marièrent le onzième jour de juin 1786. Naquit moins d’une année plus tard Elizabeth puis, en 1788, un nouveau Robert, en mémoire de l’autre qui venait de mourir à l’âge raisonnable de 58 ans en 1786.  1791 à peine commencée, la jeune famille déménagea à 320 kilomètres de Clapham, au centre de Newington Butts, petit village rural aux abords sud de Londres, aujourd’hui une zone de l’arrondissement londonien de Southwark. Ils partirent en emportant ce qu’ils purent emporter. Une fois arrivés, l’installation se fit rapidement.  Quelques mois plus tard, sur son lit, qu’éclairait un décor de bougies, Margaret mit au monde son troisième enfant. Ce petit matin du 22 septembre, la paire Faraday choisit le nom du nouveau-né : Michael. Le premier de leurs fils portait le nom du père de James, il était donc tout naturel que le deuxième portât celui du père de Margaret.  Déménager revenait pour James Faraday à choisir le meilleur cadre pour son travail. Ainsi espérait-il de Newington le meilleur. Espérance un temps ; par la suite déception. Le revenu qu’il tirait de son métier rendait la situation critique. Un nouveau projet de déménagement se renforça. Durant la saison 1794-1795 ce fut fait, en bordure nord du centre de Londres, à Gilbert Street. Les circonstances qui entourent le nouveau déplacement, à peine une année plus tard, au centre de Londres, dans le quartier de Marylebone, restent obscures. Nous connaissons en revanche le lieu précis, près de Manchester Square, où la famille vécut : Jacob’s Well Mews à Charles Street, dont la gare aujourd’hui la plus proche est la station de métro Bond Street. Les chambres se situaient à l’étage d’un relais de routiers au dessus des écuries. Le quatrième enfant de Margaret et de James, une fille, y naquit en 1802.  Comme d’autres s’exilaient, chargeaient les mers pour atteindre d’autres contrées ou continents, cette pérégrination des classes populaires était occasionnée par le besoin de travail. Devenant bientôt l’élément le plus brillant de l’industrialisation de la société européenne, cet exode vers les métropoles signifiait également l’éloignement, si ce n’est la perte de grands-parents, d’une famille plus nombreuse et unie géographiquement. Depuis 1791, l’année de leur départ, n’ayant d’autre choix que la maman pour
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