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Avons-nous besoin de nous former aux histoires de vie en formation ?

De
294 pages
Ce numéro questionne le besoin de formation nécessaire à la mise en œuvre de la démarche des Histoires de vie en formation. Il propose un retour sur expérience à partir de sa pratique dans différents cadres d'exercice. Y ont été invités ses principaux pionniers Gaston Pineau, Pierre Dominicé, Guy de Villers et des acteurs actuels. Tous s'avèrent ouvreurs de chemin d'une professionnalisation émergente, organisant son activité dans le respect d'une charte (posée par l'Association internationale des histoires de vie en formation) et en accompagnement réflexif permanent.
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ÉDITORIAL AVONS-NOUS BESOIN DE NOUS FORMER AUXHISTOIRES DE VIE EN FORMATION? e La démarche des histoires de vie est entrée en Sciences humaines à la fin du XIX siècle. Tout d’abord en sociologie (École de Chicago), puis en Sciences de l’éducation avec des visées formatives voire auto-formatives. De la Sociologie aux Sciences de l’éducation, en passant ensuite par la Psychologie, cette démarche est depuis peu sortie des sentiers scientifiques pour se retrouver banalisée, voire vulgarisée (Rosenvallon). Quasiment toute personne a les capacités de raconter, de se raconter. Pour autant,pouvoirne signifie pas vouloirencore moins et devoir(Lani-Bayle). Dans notre société biographique (Delory-Momberger), cette démarche semble se développer à tout va en lui accordant toutes sortes d’effets, sinon bénéfiques, tout au moins sans danger. Le récit de soi est aujourd’hui une démarche préconisée, avec effet automatique attendu, qui est censée faire du bien alerte Martine Lani-Bayle. Les nouveaux outils mis à notre disposition peuvent, en effet, faciliter la démarche dans sa mise en œuvre. Toutefois, ils débordent sur d’autres dangers non négligeables que les nouveaux professionnels du domaine, qui pour beaucoup s’auto-déclarent compétents, voire experts, ne mesurent pas nécessairement d’entrée de jeu – souvent par manque de formation. La mise en récit d’une vie, même apparemment sans « histoire », n’est jamais neutre, ni pour le narrateur ni pour le recueilleur et les effets produits ne sont pas systématiquement au rendez-vous, encore moins là où on les attendait (Lani-Bayle). Pour baliser éthiquement et déontologiquement cette démarche, une charte fut élaborée dès les années 80 : celle de l’ASIHVIF (Association internationale des histoires de vie en formation). Document de référence et toujours d’actualité, elle est présentée dans son intégralité en fin de numéro. Un des éléments majeurs de celle-ci préconise que tout praticien-chercheur souhaitant travailler avec
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CHEMINS DE FORMATION au fil du temps
cette démarche doit avoir au préalable expérimenté, sur lui-même et sur les autres, cette démarche en co-construction. Gaston Pineau, Pierre Dominicé et Guy de Villlers, initiateurs de cette charte et par-là même de cette pratique en France au début des années 80 nous rappellent ainsi les fondamentaux de la démarche dans ce numéro qui prend ainsi une dimension toute particulière, au regard de la rétrospective proposée. En effet, trente ans après avoir introduit cette notion d’histoire de vie dans notre pays, ils nous proposent l’évolution de leur réflexion sur cette démarche et sur la nécessité de s’y former. Martine Lani-Bayle ouvre la thématique du dossier en abordant la question fondamentale de la formation et de la professionnalisation qui doit être antérieure à toute mise en usage de la démarche des histoires de vie, quel qu’en soit le motif ou le moteur. Et pour répondre à cette nécessité éthique, tout en ouvrant vers la mise en œuvre de tels projets à titre professionnel, elle présente comment l’Université de Nantes a ouvert, depuis 2001, un DU histoires de vie en formation (DUHIVIF) qui forme à un tel usage (plaquette du diplôme présentée en fin de revue). À l’instar de ce qui s’est mis en place à Nantes, Catherine Schmutz-Brun a créé une formation continue de « recueilleuses et recueilleurs » de récits de vie à l’université de Fribourgen Suisse. Son texte revisite l’émergence des histoires de vie en formation avec l’institutionnalisation de séminaires et offres de formation, notamment dans sa contrée. Après cette introduction à la thématique du dossier, Gaston Pineau propose une grande rétrospective en explicitant les modes d’apprentissage initiés par trente ans de recherche-formation. Il explicite comment il est passé de l’autoformation dans les années 80 à la co-formation dans les années 90 et enfin, à la socio formation avec la création et le développement d’une collection « histoires de vie et formation ». Ensuite, Pierre Dominicé se focalise sur les fondements herméneutiques qui valident les pratiques de récits de vie proposées en formation et Guy de Villers interroge le concept d’identité, en lien avec la nécessaire transformation de soi engagée lors de la rédaction de ce type de récit. Il propose ensuite d’identifier les compétences que requiert l’accompagnement d’un processus de narration de soi, en suivant le découpage des grandes fonctions du récit tel qu’analysé par Greimas. Les histoires de vie donnent lieu à une réflexion sur les opportunités rencontrées dans l’existence, qu’elles aient été saisies, différées, ignorées ou manquées, nous dit Emmanuel Nal. LeKairos, qui conceptualise l’occasion dans la culture hellénique mais désigne aussi un « fil de la trame », peut servir d’instrument de lecture pour éclairer davantage ce que nous sommes et sommes devenus, car ce qui fait pour nous événement nous renseigne sur nos aspirations profondes et le sens dont nous sommes en quête.
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ÉDITORIAL Marie-Anne MALLET
La première partie de cette revue est ainsi principalement consacrée aux origines, aux évolutions et au cadre éthique de la démarche. La seconde partie se tourne vers les enjeux heuristiques de la question posée dans la thématique du dossier. Jean-Yves Robin part du postulat que se comprendre soi-même pour accueillir l’autre serait l’enjeu d’une formation à la recherche. À cette fin, il souligne qu’il importe que le chercheur soit en mesure de répondre à la question : qu’est-ce que je fais de ce que je sais de ce que je suis, lorsque j’invite un sujet à investir une posture autobiographique ? Dans cette continuité réflexive, Félicie Boulard aborde les formations, les qualifications et les compétences qui sont à développer et/ou à travailler face au recueil des histoires de vie en formation, dans l’intérêt du narrataire (celui qui recueille) et du narrateur. Ainsi, la démarche, la posture, le cadre dans son fond, sa forme, sa fonctionnalité par l’exemple d’un travail universitaire, y sont abordés pour une meilleure « compréhension » de la formation professionnelle à cette démarche de travail qui s’appuie sur un échange partagé dans un objectif « biographique » d’un parcours de vie. Youen Cariou, quant à lui, effectue un retour sur sa pratique et ses recherches et développe un questionnement autour de la pertinence de la démarche des histoires de vie en formation et de la nécessité supposée d’une formation pour pratiquer. La professionnalisation du monde enseignant est un domaine privilégié où la démarche des histoires de vie est connue et reconnue et donc mise en œuvre, comme le développent Bruno Hubert ou Agnès Guillot. Le premier s’intéresse à la prise en compte de la parole singulière en contexte de formation, qu’il s’agisse d’enfants dans le cadre de l’école ou d’adultes en chemin de professionnalisation ; la seconde propose une monographie sur l’installation d’une professeure des écoles sur son premier poste et vise à exposer en quoi cette orientation de recherche implique nécessairement une formation de qualité chez le chercheur, tant dans la conduite des entretiens que dans le travail interprétatif qui suit. Mariant technique et éthique, sérendipité et appui théorique, les compétences construites autorisent la compréhension des dimensions identitaires étudiées. La rubrique « en pratique » de la revue consacre une large part aux diverses mises en œuvre de la démarche dans des contextes institutionnels ou culturels différents par des personnes formées à cette pratique. Si l’outil n’a jamais fait l’ouvrier, le récit ne fait pas le recueilleur. Catherine Schmutz-Brun explicite comment, dans le cadre du diplôme de recueilleur proposé en Suisse, il s’agit de former des praticiens qui accompagnent le cheminement de l’autre vers la mise en forme de son histoire. Mais si l’outil est le moyen d’accéder à cette dimension formatrice et à la prise en main de sa vie, il faut connaître ses réalisations et ses mises en applications dans les différents contextes concernés. En écho avec ce qui se fait à Fribourg, Marie-Anne Mallet et Michel Bouchet présentent les contours et les enjeux du module dit « d’implication » qui se déroule dans le cadre du diplôme nantais. Puis Pauline Roy montre, par quelques exemples vécus, comment la formation au recueil de récits de vie donne des repères précieux pour mener un cheminement réflexif sur ce
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