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C'est fou ce qu'on peut faire au CDI

De
249 pages
Le collectif "Vivre le CDI" est composé de documentalistes et de professeurs-documentalistes de collèges et lycées de toute la France qui ont souhaité faire part de leur expérience et de leurs réflexions pour aider les parents, élèves et enseignants à mieux comprendre ce qu'est un CDI. En montrant comment il vit au quotidien, ils espèrent permettre à chacun de l'utiliser et d'en profiter au mieux pour le plus grand bien de chaque élève.
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C'est fou tout ce qu'on peut faire au CDI

Référencesthéoriques etpratiques diversifiées
des professeurs-documentalistes

Collectif "Vivre le CDI"

C'est fou tout ce qu'on peut faire au CDI

Référencesthéoriques etpratiques diversifiées
des professeurs-documentalistes

Actions duprofesseur-documentaliste
de collège etlycée

Préface de madame Brigitte Rebmeister
Professeur de Lettres classiques
Conseillère à la Délégation académique à la formation (DAFOR) aurectoratde Paris
Responsable de la formation continue des professeurs documentalistes

L*Harmattan

© LHarmattan, 2010
5-7, rue de lEcole polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11347-3
EAN : 9782296113473

Nouvelles pédagogies

Collection dirigée par Jean-Max Méjean

À l'heure où l'école est sur tous les fronts, critiquée de toutes parts, et même remise en
question dans sa forme et, quelquefois,
son utilité, cette collection voudrait interroger tous les acteurs du système éducatif qui
réfléchissent et ne se laissent pas aller à la morosité ambiante. S'il est vrai pourtant que
la pédagogie a du mal actuellement à se régénérer, et si nous sommes plus enclins à la
régression qu'à la progression (abandon de la méthode globale, abandon du collège
unique, apprentissage à 14 ans, etc.), il existe encore des pédagogues qui tentent
l'innovation et c'est eux que nous allons chercher afin qu'ils témoignent,
humoristiquement, violemment, désespérément. Entre billets d'humeur, pamphlets et
exhortations, il faudrait que la collection puisse réveiller le corps enseignant, mais aussi
les élèves et les enseignants afin que tous comprennent la nécessité de se réapproprier
vite cette école, ferment indispensable de toute société et de toute culture. Où est le
temps de la païdeïa ? Où sont passées les utopies de 68 ? Pourquoi la guerre partout
dans nos écoles et cet étalage gras de la violence dans les médias ? Au secours, on est en
train de nous saborder, parce que la société va mal et parce que l'on n'a pas d'autre
alternative à proposer à la jeunesse.

Déjà parus

Gwénaële GUILLERM,Vous êtes sur Radio-Clype. Abécédaire d’une radio
scolaire, 2009.
Philippe MARHIC,L’enseignement individuel. Une alternative à l’échec
scolaire, 2009.
Jean-Paul CLOSQUINET (dir.),Chronique ordinaire d’un lycée différent,
2007.
Philippe BOURDIER,Un grand écran pour les lettres, le cinéma et
l’enseignement du Français, 2008.
Bénédicte PARMENTIER,Flux et reflux – des adolescents à la maison de
retraite,2008.

Remerciements

Tous nos remerciements à mademoiselle Nadia Madjoubi, notre infatigable
relectrice, pour sa perspicacité etlatoujours grande pertinence de ses
remarques.

Dédicace

De même qu*il existe de nombreuxsoldats inconnus, il existe de nombreux
documentalistes méconnus. C*està l*une d*entre elle, madame Christiane
Maison, alias « Mamie doc », notre doyenne àtous, maintenantà la retraite, que
nous dédicaçons cetouvrage avectoute notre reconnaissance pour l*aide
dévouée qu*elle a fournietoutaulong de sa carrière à des générations d*élèves
etàtous ses collègues, répondant toujours présente à l*appel.

Préface

Je ne suis pas professeure-documentaliste)Mais j*ai passé plus detemps dans
le CDI de mon collège que je n*en ai passé en salle des professeurs. Le CDI,
c*estl*âme d*un établissementscolaire, le lieumagique oùse retrouvent tous les
usagers dulivre, des médias entoutgenre, le pointde rencontre entre le monde
scolaire etle monde extérieur : on n*estplus dans la classe, mais on n*estpas
toutà faiten dehors. Les ouvrages présentés parlentd*hier, lestextes
patrimoniaux yontla partbelle, mais aussi d*aujourd*hui avec nombre
d*auteurs contemporains, de documentaires entoutgenre, l*accès à Internetet
auxmoteurs de recherche,tous ces médias qui nous parlentdumonde dans
lequel nousvivons etoùchacun peutretrouver ses centres d*intérêt: sport,
musique, loisirs, actualités)Le CDI, c*est une passerelle entre la culture
scolaire etla culturetoutcourt.
J*aitoujours aimé ces rencontres avec des élèves detoutes classes autour d*un
livre, ces échanges informels mais spontanés de lecteur adulte à lecteur
adolescent, ces conseils donnés. Mes plus belles expériences pédagogiques se
sontdéroulées dans le cadre duCDI ouen étroite collaboration avec le
professeur documentaliste)Commentpréparerune exposition sansutiliser les
ressources duCDI ? Commentlancer les élèves dansune recherche sans l*aide
duprofesseur documentaliste ? Commentdévelopper la lecture cursive sans être
entourés de romans que l*on peut toucher, sentir, caresser,tourner entre ses
doigts ?
Le CDI, c*estaussi le seul lieud*un établissementscolaire oùse côtoient toutes
les disciplines : Lettres, histoire, géographie, mathématiques, sciences, sport,
économie, philosophie, arts)chaque disciplineyestreprésentée etce devrait
être le lieuincontournable de rencontres entre enseignants)Letravail
pluridisciplinaire ouen interdisciplinaritéyestnécessairementfacilité, l*accès
auxTICEyestmaintenantgénéralisé etles élèves ne demandentpas mieuxque
d*investir ce lieu, plus convivial il est vrai que certaines salles de cours ousalles
de permanence dontla disposition n*estpas éloignée de celle des classes
d*autrefois)Les élèvesy travaillenten autonomie, autour d*unetable, sans
être rangés frontalementface auprofesseur, ils peuvent, sans lever le doigt,
bouger, aller chercherun ouvrage, demanderune aide individuelle au
documentaliste,voiretravailler en groupe s*ils sontcapables de respecter les
autres)N*estce pas justementl*illustration des compétences énoncées dans
les piliers 6 (les compétences sociales etciviques) et7 (l'autonomie et
l'initiative) dusocle commun qu*il estdudevoir de l*école de faire acquérir aux
collégiens ?
J*aime penser àtous ces adolescents qui réclamentleur place auCDI en disant
vouloir faireune recherche (les places sontsouventchères, il fautles mériter !)
etqui s*emparentd*un roman oud*une BD dans laquelle ils se plongent
oubliantleurs cahiers de cours ouverts à côté d*eux)J*aime cette affluence

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autour dubureaududocumentaliste pour demander quiun roman, quiune
explication, quiun ouvrage scolaire, qui la possibilité d*accéder àun site ou une
aide pourtrouver le lien intéressantdans l*infini des réponses proposées par les
moteurs de recherche)Dansun CDI, onvoitla culture à l*-uvre)On
n*arrive jamais à parlertranquillementavec le documentaliste,toujours
interrompuque l*on estpar de multiples demandes d*élèves)
On entend souventdire que les enfants ne lisentplus)Que l*on entre dansun
CDI etonverra beaucoup d*élèves qui lisentoune demandentqu*à lire)Mais,
etc*estl*un des intérêts de l*ouvrage coordonné par Philippe Marhic, il fautque
le documentaliste s*ingénie àtrouver des stratégies pour répondre auxattentes
de ces élèves quivoudraientlire, mais qui ontpeur de ne pas pouvoir, de ne pas
savoir)Par quel livre commencer pour apprivoiser ce monde de la lecture (de
la cultusi sore ?) uventétranger à bon nombre d*enfantLa collaboras ? tion
professeur de Lettres-documentaliste estprimordiale pour développer ce goûtet
ce plaisir de la lecture autonome. Rien n*estefficace sans cette complémentarité
des approches.
On ditaussi que les jeunes générations sont très à l*aise avec l*informatique.
C*est vrai, certes, pour ce qui estde la manipulation des outils etde la célérité à
surfer sur les différents sites ; mais entermes d*efficacité etde fiabilité des
sources, la recherche documentaire n*estpas pour euxplus aisée sur Internet
qu*elle ne l*estavec les livres. Commentne pas être noyé en effetpar la
multiplicité des informations offertes sans être formé, parun adulte compétent,
à cette nouvelle modalit? Ceé de recherche tte réflexion sur le rôle du
professeur-documentaliste à l*heure dumultimédia est, dureste, auc-ur des
préoccupations des différents articles rassemblés dans cetouvrage.
Des CDI, j*envois beaucoup lors de mesvisites dans les établissements, oùje
suis amenée à rencontrer des équipes d*enseignants)Beaucoup de réunions
sonten effetorganisées dans ce lieu, augrand dam des élèves qui ducoup en
sontexclus (j*assiste rarementà des réunions sansvoir des élèves entrer dans
« leuCDI or » ùle documentaliste leur explique gentimentque ce n*estpas
possible, etl*on sentalors la frustration légitime des élèves, dépossédés d*un
lieudetravail qui estle leur en priorité). Il est vrai que la convivialité dulieuet
savocation à l*accueil en font un endroitpropice auxréunions. Quand on entre
dansun CDI, on perçoit toutde suite la personnalité dumaître des lieux)Je ne
peuxm*empêcher de parcourir les rayons (de littérature, c*estmon domaine de
prédilection) etenun coup d*-il, je repère si mes indispensables sontlà, si j*ai
envie de prendre des romans, si je retrouve mes coups de c-ur etsi je découvre
destitres qui metentent. J*ai par ce moyen noté nombre detitres de romans que
j*ai dévorés par la suite)Je me souviens (le professeur-documentaliste me
pardonneraitsans doute) de ce CDI d*un LP oùje passaisun mercredi
aprèsmidi)La porte étaitouverte, je suis entrée et une bouffée de bonheur m*a
envahie :un CDI de LP plein de romans contemporains,un CDI dans lequel on
sentaitqu*il faisaitbonvivre etque l*activité régnait, les ordinateurs semblaient

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avoir été quittés momentanémentseulement)deuxromans sur le bureaude la
documentaliste, que je ne connaissais pas)je les ai feuilletés etj*ai noté
soigneusementlestitres découverts. J*auraisvouluquetous les CDI
ressemblassentà celui-ci)!
Bien sûr, ilya aussi quelques CDItristes, remplis de fonds anciens peu
attirants, peuéquipés en informatique etdans lesquels on comprend que peu
d*élèves se rendent)Il estdes CDI qui invitentà la lecture, au travail, à
l*échange etd*autres qui ontbesoin d*être quelque peudépoussiérés)
Voilà pourquoi l*ouvrage dirigé par Philippe Marhic, qui rassemble quantité de
pratiquesvenues detous les coins de France me réjouitetj*espère que la lecture
de ces articles révèleraun grand pan de possibles auxdocumentalistes. On ne
s*enrichitque par l*expérience des autres etrebondir sur les pratiques
généreusementprésentées par les collègues est une source infinie de richesse
dont, auboutducompte, les élèves serontbénéficiaires etc*estbien là l*objectif
premier.
Puissentcetouvrage etla multiplicité d*expériences relatées ouvrirun dialogue
entre les professeurs-documentalistes detous horizons etdonner aux
enseignants detoutes disciplines, dontj*espère qu*ils serontnombreuxà le lire,
l*envie detravailler ensemble etautrement!

Brigitte REBMEISTER
Professeur de Lettres classiques
Conseillère à la Délégation académique à la formation (DAFOR) aurectoratde
Paris
Responsable de la formation continue des professeurs documentalistes

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Première partie - Réflexions de doc

La documentaliste : un être à part
aux talents insoupçonnés

Texte etillustrations de Frédérique Yvetot
Professeur-documentaliste en collège
(Saint-Martin-des-Champs,Manche)
http://lachaussonniere.free.fr/CDI/index.html

Lorsque l'on me demande quelle profession j*exerce, etcela arrive assez
souventfinalement, j'ai deuxoptions. Si je suis plutôtpressée, fatiguée ou un
peufainéante, jevais auplus courten répondantque je suis documentaliste. Et
si je suis d'une humeur pointilleuse etque j'aiun peudetemps devantmoi, je
lanceun « professeure documentaliste » qui en laisse plus d'un perplexe.
1
À l'évidence, le rôle de la documentalistl'Éde dans ucation nationale n'estpas si
limpide que ça, peut-être parce que ses différentes facettes,tâches etmissions
ne sontpastoutes connues... Untravail de communication s*imposantdonc,
voyons quelles sontles différentes composantes de cetravail si mystérieux.

Côté prof :
La documentaliste en sait des choses
et aimerait les partager avec les élèves

Point très important qu'il ne faut surtout pas oublier au risque de vexer la
documentaliste ou pire de la mettre dans une rage noire : la documentaliste
est unprof... même si c'estla seule personne donton ne saitpas que c'est un
prof ! Si, si ! D'ailleurs, c'estsouventà cause de cette ignorance que la
documentaliste met un pointd'honneur à dire qu'elle est« prof doc ». Si c'était
évident, elle ne le diraitpas àtoutboutde champ !
Preuve irréfutable à ce point trèstrès importante : la documentaliste a obtenu un
CAPES (c'està direun Certificatd'Aptitude auProfessoratde
l'EnseignementduSecond degré) commetous les autres
profs ! C'estofficiel, en obtenantce concours, la
documentaliste estapte à enseigner.

La documentaliste n'est donc pas forcément vieille,
poussiéreuse et avec des lunettes qui lui donnent lair sévère.

1 Je parle de « la » documentaliste, non pas parce qu'il n'existe aucun homme dans le métier, mais
parce que c'est untravail principalementreprésenté par la gentféminine.... etj'en fais partie !

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Elle peut être jeune, toute propre, toute
gentille et mal coiffée certains jours...
comme n'importe quel professeur de
discipline.

Alors, pourquoi ne sait-on pas qu'elle est prof ?
C'estassezsimple : la documentaliste des collèges etlycées estla seule prof qui
n'a pas de discipline bien à elle (ouplutôtqui n*enseigne pas à pleintempsune
disciplineunique), elle n'a pas oupeud'heures d'enseignementinscrites dans
l'emploi du temps des classes, donc pas oupeude classes attitrées (dezéro à
plein) etpas de programme. C'estassezlogique que personne ne sache que la
doc estprof ! Ces raisons fontdonc de la documentalisteune prof à part... mais
prof quand même, il ne faudraitpas l'oublier.

Mais que fait-elle alors ?
Des fois la documentaliste bataille pour avoir des classes oufaitducharme aux
autres profs pour qu'ilsviennentauCDI avec leur classe. Quand ça marche, elle
est toute heureuse, elle peutapprendre àtous ces petits jeunestoutce qu'elle sait
sur les livres, les journauxetmagazines, Internet, lestextes, les images... Elle
permetauxprofs d'affiner leurtravail en leur indiquantles ressources
disponibles auCDI... etpar là même leur offre la possibilité de donner encore
plus detravail auxélèves ! Pour eux, elle réalise des bibliographies
thématiques, construitdes piles de livres à l'équilibre incertain ouprête des
livres à longterme pour letravail en classe.
Elletravaille aussi avec des classes quand des enseignants de discipline font
cours avec elle auCDI ouquand la documentaliste participe à des dispositifs et
projets divers et variés (Itinéraires De Découverte etautres TravauxPersonnels
Encadrés). Elle apprend alors auxélèves à chercher des documents, noter les
références,utiliser Internet, se repérer dans la masse d'informations qu'ils ontà
leur disposition, sélectionner l'information intéressante ouencore mettre en
forme leurtravail. Sans compter qu'elle collabore aussi avec la conseillère
d'orientation psychologue (COP) lorsqu'ellevientauCDI avec des classes. C'est
l'occasion pour les élèves de faire des recherches sur les métiers, les études, les
formations etles différents diplômes existants, de découvrir la documentation
dédiée à l'orientation etainsi detravailler sur leur projetpersonnel.

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Dans certains établissements, il arrive même que la
documentaliste soitseule face àune classe pour faire
« cours de CDI ». Elle prépare etdonne alors des heures
de cours d'initiation auCDI età l'utilisation de ses
ressources. C'estl'occasion rêvée pour faire des élèves
de petits spécialistes de la documentation. Elle leur
apprend à chercher des livres dans le CDI età
comprendre leur classement, elle leur montre les
différents documents disponibles, les aide àutiliser
dictionnaires etencyclopédies (livres souvent trèsutiles
dans leurs recherches) ouleur donne des astuces pour
utiliser les moteurs de recherche... Il fautlavoir, ravie
quandun élève se débrouilletoutseul dans le CDI,
enchantée quandun autre a compris que le nom d'un
auteur peutêtreutile,voire nécessaire pour retrouver ses livres sur les étagères,
etelle saute de joie quandun élève réussità rangerun livre correctement(il a
compris le classement!).
Enfin, elle peutmême, à l'occasion, être la prof des aut(!) lorsqres profs u'elle
leur apprend, par exemple, à se servir de la base de données duCDI. Incroyable,
la documentaliste seraitdoncune super prof !

Côté doc :
La documentaliste fait tourner
la boutique... enfin le CDI.

Ne pas confondre documentaliste et CDI
La documentaliste ne faitpas
qu'enseigner, elletravaille dans le
CDI. Mais ce n'estpasun raison pour
croire que CDI etdocumentaliste sont
une seule etmême entité. Combien de
fois ai-je entendu«Madame, vous
êtes ouverte ce midi ?» etcombien de
fois ai-je répondu: «Moi, je ne suis
pas ouverte mais le CDI si».
La documentalisteviten symbiose
av: s'il esec son CDI tmal rangé, la
documentaliste estdépassée, s'il est
vide de ses occupants (les élèves), elle
est tristounette ets'il n'estpas beauou
agréable, elle ne se sentpas bien.
Bref, la documentaliste estauxpetits
soins pouson » CDI er « ts'en occupe

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avec amour pour qu'il fonctionne à merveille. Etce n'estpasune mince affaire
car cela prend beaucoup detemps. Mais heureusement, la documentaliste a plus
d'untour dans son sac.

La documentaliste est assise derrière son bureau...
Une documentaliste assise n'estpas forcément une documentaliste qui prend sa
pau; des fois c'esse, non tpour assurer sontravail degestionnaire du fonds
documentaire. En d'autrestermes, etpour faire court, bien souventquand la
documentalistetravaille sur l'ordinateur, elle s'occupe de la base de données
informatiques duCDI. Parce que c'estbien beaud'acheter des livres en pagaille
etde s'abonner à des revues, mais il fautbien les répertorier pour que les élèves
etles profs ait un moyen de savoir qu'ils existent. La gestion informatique du
fond est unetâche qui prend beaucoup detemps, peut-être est-ce pour cela que
certaines documentalistes donnentl'impression de ne pas bouger de leur chaise.
Pour cette partie du travail, la documentaliste doitêtre rigoureuse etprécise...
les élèves disent, eux, que la documentaliste estmaniaque. Mais ce n'estpas
toujoursvrai. Regardez, la plupartdes bureauxde documentaliste sontenvahis
de courriers, de livres, de piles de papiers divers et variés etdetoutce dontla
documentaliste ne saitpas quoi faire.

Une maniaque n'aurait pas un bureau pareil.

Une autre raison de s'asseoir derrière son bureauestque la documentaliste aun
petitrôle de...secrétaire. En fait, elle n'estla secrétaire de personne, oualors
juste d'elle-même, etcetaspectdu travail se limite bien souventàtrier le
courrier. C'estpeude choses, sauf à la rentrée de septdeembre : uxmois de
courrier ! Quelquefois, elle répond aussi au téléphone. Mais attention, c'est une
légende de dire que la documentaliste est toujours pendue au téléphone... si
c'était vraimentle cas, on lui auraitcoupé la ligne depuis bien longtemps !
La documentaliste estaussi apprentiecomptable... parce qu'elle a énormément
de responsabilités : elle gèreun budget! Un petitbudget, pastrès compliqué,
mais quand même ! Mais, NON, la documentaliste n'estpas radine etNON, la
documentaliste n'achète pas que les livres qui lui plaisent. Elle doitjuste
développer le fonds documentaire intelligemmenten ne dépensantque l'argent
qu'elle a. Alors, elle se creuse latête, faitmille recherches, questionne ses
collègues, consulte les élèves pourtrouver les nouveauxlivres qui
aurontpilepoil leur place auCDI.

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Donc, sivousvoyez une documentaliste plongée dans son ordinateur, ce n'est
pas forcémentparce qu'elle surfe sur Internetpourtrouver des idées de recettes
de cuisine oupourtchater, qu'elle regarde desvidéos, qu'elle joue à des jeuxen
ligne ouqu'elle faitses achats. Bien souvent, quand elle està son ordinateur, la
documentalistetravaille !

... mais elle bouge aussi !
Être documentaliste, c'estaussi ranger des livres, en
chercher d'autres, grimper sur les chaises pour atteindre le
hautdes étagères (parce que certaines documentalistes
sont vraiment trop petites), faire des photocopies, mettre
en place des expositions, aller chercher le courrier, monter
les escaliers... etles redescendre, aller entre deuxsonneries
danstelle ou telle salle, foncer avantla sonnerie... pour
boireun café.

Il fautmême être sacrémentmusclée, et un peu
manutentionnaire, pour porter destonnes de livres etde cartons
(souventremplis de manuels scolaires) d'un boutà l'autre de
l'établissement.
Sans oublier que la documentaliste estaussiinformaticienneet
souventdépanneused'appareils divers et variés... bien qu'il ne
soitécritnulle partque la documentaliste estpréposée à
l'informatique ouà la photocopieuse... ni aucafé d'ailleurs (hé
oui !). Mais il fautlavoir se jeter sur l'imprimante qui avale le
papier en faisantde drôles de bruits, aller d'un ordinateur à
l'autre, courir d'un pasvifvers le
photocopieur...toujoursvide etqui
chiffonne lui aussi le papier,
s'arracher les cheveuxdevant un
ordinateur qui refuse de s'allumer, se
ruervers le serveur à relancer... Pas
de paniqula doce : umentaliste estlà,
fatiguée maistoujours prête ! C'est
intense etçavavite.
Par contre, souventen fin d'année, c'estle contraire.
On retrouve la documentaliste deboutdevantles
étagères, à bouger lentement... ou trèstrès peu. On
pourraitcroire qu'elle est très fatiguée etqu'elle
s'économiseun petitpeu. Eh bien, non, en faitelle
n'estpas plus fatiguée qu'un autre jour : elle fait
l'inventaire. En bonnegestionnaire de stock, elle compte les livres, pour savoir

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