Légendes autochtones

De
Recueil de 44 histoires variées glanées à travers le Canada chez les peuples des premières nations et les inuits. Un portrait des autochtones du Canada à travers leurs histoires, leurs contes, leurs chansons et leurs légendes. Trente pages de notes explicatives.
Publié le : lundi 26 mars 2012
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EAN13 : 9782923953038
Nombre de pages : 336
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LÉGENDES AUTOCHTONES
Collection PATRIMOINE MARC SCOTT LÉGENDES AUTOCHTONESLe Chardon Bleu
Tous droits réservés. Toute reproduction, par quelque moyen que ce soit, est interdite, sans l’autorisation préalable écrite de l’éditeur. Données de catalogage avant publication (Canada)Scott, Marc, 1952- Légendes autochtones / Marc Scott (Collection Patrimoine) Comprend des références bibliographiques ISBN-13 978-2-923953-02-1 (PDF)I. Titre. II. Collection: Collection PatrimoineCet ouvrage est levingt-huitième titredes éditions du Chardon Bleu et le septième de la collection PATRIMOINE. Page de couverture : Une peinture de Rita Iriarte (voir page 6), intitulée «Soleil dansant / Dancing Sun». Mise en page : Pierre ArvisaisDIFFUSION Les Éditions du Chardon Bleu Courriel : edchardonbleu@yahoo.ca Internet : www.chardonbleu.caISBN-13 978-2-923953-02-1 (PDF) © LES ÉDITIONS DU CHARDON BLEU, 2011 Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Canada Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec Nous tenons à remercier l’étude de Maître Stéphane Lalonde, avocat et notaire, qui a contribué à la publication de cet ouvrage grâce à une commandite généreuse (voir page 6). La recherche et l’écriture de ce livre ont par ailleurs été possibles grâce à une subvention à l’écriture remise à l’auteur par le Conseil des Arts du Canada.
À mes parents, ma mère Jeannine et mon père Jean-Jules... merci pour l’amour, pour les soins passés et pour votre présence constante. À ma grand-mère Mabel, qui a partagé nos vies pendant plus de 14 années, grâce surtout à l’amour et à l’indulgence de papa et de maman. À mes enfants, Alexandre et Sandrine, que j’aime plus que tout et qui me le rendent tout autant.
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LÉGENDES AUTOCHTONES
Rita Iriate est née au Vénézuela. Elle a immigré au Canada et est une artiste-peintre autodidacte, qui a touché à plusieurs médiums : les acryliques, les aquarelles, les toiles multi-médias, les faux vitraux, le satin, l’encre, les reliefs à motifs. Depuis plusieurs années, elle demeure à la frontière du Québec et de l’Ontario, dans la petite bourgade de Pointe-Fortune. Ses toiles sont souvent très colorées et ses sujets sont à la fois tirés de la nature (faune et flore) et de personnages représentatifs de ses préoccupations. Pour en connaître davantage sur cette artiste, visitez le site internet www.pinecone.on.ca/ ritairiARTE. La peinture de la page de couverture fait partie d’une collection privée. Nous remercions Rita et la propriétaire de la peinture originale pour la possiblité d’utiliser cette œuvre. Maître Stéphane C. Lalonde, B.A., L.L. B., est né à St-Isidore, dans l’Est ontarien. Il a fait ses études à l’école élémentaire de St-Isidore, à l’école secondaire de Plantagenet et à l’Université d’Ottawa. Avocat et notaire, il a maintenant son étude au 941, rue Notre-Dame, suite 1, à Embrun, toujours dans l’Est ontarien. Stéphane a gracieusement contribué à la publication de cet ouvrage et nous en sommes reconnaissants. Visitez son site au www.stephanelalonde.ca. Nous vous prions d’encourager nos commanditaires qui font œuvre de mécènes dans le monde des arts.
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LA NAISSANCE DU MONDE 13 2 La naissance du monde Légende ojibwée L’univers baignait dans l’harmonie, bien avant les êtres humains, bien avant les continents, bien avant ce que nous appelons le Ciel et la Terre. Il y avait un endroit dans l’Au-Delà, où vivait le Grand Frère, ses enfants, sa famille. Le Grand Frère veillait sur le Monde, un monde aquatique rempli de bêtes dociles, généreuses et toujours très reconnaissantes des bontés de leur Créateur. La vie dans ce monde était paisible, glauque par son absence de lumière, mais fertile : les fonds marins produisaient suffisamment de végétaux pour nourrir la population de plus en plus florissante qui nageait dans cet océan sans bornes. Les poissons, les reptiles, les mammifères, tous partageaient l’espace et vivaient sous le regard bienveillant de ce Grand Frère. On y trouvait des tortues, des loutres, des dauphins, des méduses, des crocodiles, des phoques, des éléphants de mer, des morses moustachus et des baleines petites et grandes, des grenouilles, des requins, des marsupiaux, des castors, des rats musqués, des morues, des thons, des bancs de poissons qui nageaient en virevoltant, comme plus tard les cerfs-volants chinois. Et des êtres plus petits encore…
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Un jour, Fée blanche, la fille cadette de Grand Frère, s’approcha d’un arbre d’où sortait une lumière mystérieuse. Elle se mit à creuser de ses mains douces la terre meuble au pied de l’énorme saule qui grandissait dans l’Au-Delà, par curiosité, pour voir si elle y trouverait un trésor, une surprise que son père s’amusait à cacher pour son épouse et ses enfants. Il était si généreux et magnanime que jamais Fée blanche n’aurait pu soupçonner un danger quelconque. Elle creusa donc, le sourire aux lèvres, jusqu’à ce qu’elle trouve l’abîme, une noirceur abyssale qui l’attira tant et si bien qu’elle ne put s’empêcher d’y sombrer. Elle cria et son cri se fit entendre dans les deux mondes, celui de l’Au-Delà, celui d’Au-Dessous. Son père accourut tout près du trou et constata qu’il ne pouvait rien pour elle, sinon ralentir sa chute, en soule-vant des courants de vents qui la soutiendraient un temps. Puis, Grand Frère se tourna vers ses amis du Monde aquatique et les pria de faire en sorte que sa fille arrive doucement à bon port. Il ne leur demanda pas directement, puisque les animaux d’en dessous n’avaient pas l’esprit ni la connaissance. Non, il pleura sa peine, sa crainte de voir sa fille cadette mourir. Et ce sont ses pleurs qui tombèrent, drus, dans l’océan et qui abreuvèrent les animaux de sagesse, de volonté et d’amour. Pendant que Fée blanche battait de ses maigres ailes filiformes et transparentes, tous les animaux s’organisèrent. C’est Tortue qui prit les commandes. Deux fois centenaire et plus grande que la plus immense des baleines, elle conçut que Fée blanche devait tomber sur sa carapace. La fillette ne savait sans doute pas nager et mourrait dans les eaux
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LA NAISSANCE DU MONDE 15 froides de ce monde nocturne. Mais Fée blanche se fracasserait les os si elle arrivait directement sur la dure carapace de Tortue. Aussi les autres comprirent-ils qu’il fallait créer un coussin, bâtir un lit plus sûr et plus confortable pour la fille de Grand Frère. Les loutres, les phoques, les mammifères de tout acabit plongèrent jusqu’aux fonds marins et revinrent à la surface avec de la terre, de la mousse, des algues qu’ils placèrent doucement sur le dos énorme de Tortue. D’autres pêchèrent du krill et du plancton doux et soyeux qu’ils ajoutèrent sur la surface bombée et lisse de Tortue. Plus le temps passait, plus les animaux s’activaient, plus les poissons nageaient en couple pour produire une quantité faramineuse d’œufs, ces petites gélules douces et compactes qui serviraient à amortir le choc de l’atterrissage de Fée blanche. Parce qu’il était clair maintenant qu’il s’agissait bien d’un atterrissage, puisque le dos de Tortue ressemblait de plus en plus à un continent, à une Terre d’accueil, à une île aussi gigantesque que Tortue elle-même. Oui, les êtres vivants avaient bien répondu à l’appel du Grand Frère et ils voulaient sauver à tout prix la fille de leur bienfaiteur. Voilà pourquoi ils lui édifièrent un monde nouveau, plus semblable à celui qu’elle avait quitté inopinément, plus vert, plus solide, plus chaud aussi. Et les araignées d’eau montèrent à la surface, avec, entre leurs pattes, des morceaux de firmament qu’elles avaient été les seules à cueillir dans les grandes profondeurs de la mer. Elles les lancèrent au-dessus de la Tortue et en firent des nuages ouatés pour amortir les derniers mètres de chute de cette Fée blanche.
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Les vents, les nuages et la force du Grand Frère permirent à sa fille d’arriver doucement sur le dos maintenant spongieux de la Grande Tortue. Elle fut agréablement surprise par l’accueil de toutes ces bêtes polymorphes et les remercia de son large sourire. Mais, ce n’était que le début. Son souffle puissant créa des montagnes et des vallées sur le dos de la Tortue; ses larmes de joie donnèrent naissance aux criques, aux rivières, aux fleuves et aux lacs qui se remplirent d’eau claire et pure et propre à assouvir la soif de tout un chacun. Puis, de ses trois seins, elle sortit le maïs, la courge et le haricot, les trois graines qui nourriraient les êtres vivants durant des générations à venir, car ils lui avaient sauvé la vie. Fée Blanche irradiait de joie et de plaisir depuis son arrivée, ce qui faisait cligner des yeux aux êtres qui n’avaient connu que les ténèbres, l’obscurité et l’eau froide et salée. Ses compagnons s’habituaient rapidement à cette nouvelle chaleur, à cette vie sur le dos de Grande Tortue et aux bienfaits que leur avait offerts la nouvelle venue. Lorsqu’elle leur dit qu’elle devait retourner chez elle, auprès de son Grand Frère et de ses sœurs, il y eut une onde de peur, d’angoisse de se retrouver à nouveau dans le noir. Les êtres connaissaient maintenant les ténèbres et la lumière, la froideur et la chaleur, le vide et le monde à perte de vue. Ils ne voulaient plus retourner en arrière, d’autant que la conscience grandissait en eux... C’est le moment que choisit Petite Tortue pour offrir son aide. Elle s’approcha lentement de Fée blanche et lui demanda une parcelle de sa lumière qu’elle tendit dans le
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