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Comment mieux prendre en compte les différences en entretien d'aide et de conseil ?

De
388 pages
Onze conseillers d'orientation-psychologues ont décidé, à un moment de leur carrière, de travailler leur professionnalité. Ils se sont interrogés sur eux-mêmes et sur la relation : qu'est-ce qui la facilite ? Qu'est-ce qui la freine ? Comment accueillir l'autre dans sa singularité ? Qu'est-ce que changer ? Aujourd'hui, ils vous font part de leur vécu, leur expérience, les résultats de leur recherche à travers leurs onze subjectivités.
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Gérard DESDEVISES, Josette GARDIA, Yves GOURVIL, José GUÉRIN, Joëlle LEQUERTIER, Alain LEU, Christian PELLOIS, Martine SAGNE, Bernadette TOULEMONDE, Patricia TOUTAIN, Marie-Françoise TRIQUENEAUX
Comment mieux prendre en compte les différences en entretien d’aide et de conseil ?
Tome I : de l’expérience à la recherche, références et problématique
Comment mieux prendre en compte les différences en entretien d’aide et de conseil ? Tome I : de l’expérience à la recherche, références et problématiques
Recherches et innovations sur et pour des enseignants et des formateurs Collection dirigée par André de Peretti, Jean Guglielmi, Dominique Violet  La formation des enseignants et des formateurs nécessite des recherches et des innovations qui se distribuent sur un continuum allant de la maîtrise des savoirs à la maîtrise professionnelle et pour un autre qui lui est orthogonal de la formation initiale à la formation continuée voire à l’éducation permanente.  D’origines différentes ces recherches et ces innovations restent confidentielles et réservées à un petit cercle de professionnels informés. Or, ces nombreux travaux d’études et de recherches sont indispensables aux chercheurs, aux praticiens de l’enseignement et de la formation toujours en quête de solutions pour les multiples problèmes qu’ils rencontrent. Il faut par conséquent faire circuler cette information. C’est le but de cette collection car enseignants, formateurs, chercheurs en éducation et décideurs sont en mesure d’en bénéficier si elle leur est communiquée dans une forme « allant à l’essentiel », format, nombre de pages limité, résumés et mots clefs significatifs. Déjà parus Pierre STATIUS (dir.),Le métier d’enseignant aujourd’hui et demain.Colloque organisé par la CDIUFM et l’ENS-Lyon, en collaboration avec l’IFE et le Cerphi, les 24-26 octobre 2012, 2013. Pierre STATIUS,De l’éducation des modernes : réflexions sur la crise de l’école à l’âge démocratique, 2009. Edmé Michel Y. ZINSOU,L’Université de Côte d’Ivoire et la société, 2009. Françoise SÉRANDOUR,De la parole à l’écriture en terrains scolaires et social, 2007. Paul ROBERT,Le travail créatif : pour un retour au développement et à la croissance, 2007. M. BEAUVAIS, C. GÉRARD, J.-P. GILLIER,Pour une éthique de l’intervention, 2006.
Gérard DESDEVISES, Josette GARDIA, Yves GOURVIL, José GUÉRIN, Joëlle LEQUERTIER, Alain LEU, Christian PELLOIS, Martine SAGNE, Bernadette TOULEMONDE, Patricia TOUTAIN, Marie-Françoise TRIQUENEAUX Comment mieux prendre en compte les différences en entretien d’aide et de conseil ? Tome I : de l’expérience à la recherche, références et problématiques
© L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01788-4 EAN : 9782343017884
AVERTISSEMENT AU LECTEUR Cetouvrage, comme l’indique la succession des noms présentés par ordre 1 alphabétique sur la couverture , est un ouvrage collectif de professionnels de 2 l’orientation,c'est-à-direde conseillers d’orientation psychologue . Les personnes considérées ont, toutefois, contribué de manières diverses et variées à la réalisation de cet ouvrage. Ces personnes se sont constituées en 3 unGroupe de Formation par (et à) la Recherche (GFR). Cet ouvrage rend compte, d’une certaine manière, des travaux réalisés par ce groupe.Il convient de rappeler également que les travaux initiaux de ce groupe sont antérieurs à la constitution du GFR. Tous les textes de cet ouvrage ont été relus, éventuellement modifiés, complétés par les membres du groupe. Christian PELLOIS a assuré la coordination de l’ensemble. Chaque texte est signé par son ou ses auteurs. Cela n’entraîne pas obligatoirement l’adhésion de chacun à tous les écrits. Il convient de souligner également que la rédaction finale de cet ouvrage doit beaucoup à une équipe restreinte issue du groupe dans son ensemble. Les méthodes de travail de cette équipe, dénommée»« groupe fil rouge , font complètement partie de l’activité de formation« à »et« par la recherche ». Ces méthodes sont présentées au chapitre I du tome 2. L’inscription d’une règle dite deintellectuelle »« propriété mais aussi de responsabilité de ce qui est écrita dû être posée. Cette inscription tient aux difficultés liées à des décisions à prendre concernant l’affichage, dans cette publication, des auteurs des écrits constituant le corps du texte, au-delà des témoignages de chacun (textes entre guillemets et en italique). La règle posée est la suivante : Lorsqu’un texte réfère à un rédacteur principal, ayant écrit l’essentiel du texte présenté, il est de la responsabilité de ce rédacteur de définir, au début de la partie de l’ouvrage considérée, l’annonce de la« propriété intellectuelle» concernant ce texte.
1 Douze personnes constituent, initialement, le groupe GFR. L’une d’entre elles n’a pas souhaité apparaître comme co-auteur de ce livre. Elle contribue néanmoins par le biais des témoignages cités (textes reproduits entre guillemets et en italique) à cet ouvrage. Elle est toujours intéressée par les travaux de ce groupe et reste en contact avec plusieurs de ses membres.2 L’appellation ici retenue correspond à celle du décret du 20 mars 1991 créant un corps de conseillers d’orientation-psychologues à deux grades (les directeurs de CIO et les conseillers). Le groupe considère l’appellation«conseiller d’orientation-psychologue », pour le moins, comme ambiguë et revendique un titre de psychologue à part entière référant non pas essentiellement au pathologique mais à un sujet« tout-venant ».3 Voir la présentation ultérieure qui en est faite.
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Toutefois une exception à cette règle a été émise : une personne du groupe (ou un sous-groupe de personnes) complétant un texte par un écrit constituant un tout, qu’il rédige lui-même, peut s’attribuer la propriété de cette partie complémentaire, et ceci même si cette partie est insérée dans un ensemble plus large dépendant de la responsabilité d’une autrepersonne du groupe. Par ailleurs, lorsque le texte est plus collectif, il est de la responsabilité de ses rédacteurs principaux de se mettre d’accord pour définir l’annonce de cette« propriété intellectuelle ». Enfin, il convient d’ajouter sous cette rubrique« Avertissement au lecteur »que cet ouvrage, vu son volume, et sur proposition du directeur de la collection dans laquelle il paraît, est édité en deux tomes. Le premier tome porte sur les références initiales du groupe et la problématique de la recherche engagée. Le second présente les méthodes développées et les résultats obtenus.
AVANT-PROPOSConrad LECOMTE «L’homme est dans le monde et, seulement dans le monde, peut-il se connaître lui-même. »MERLEAU-PONTY.«La personne qui cherche à comprendre l’autre, ne connaît d’emblée ni ne juge l’autre de la même façon que celle qui, distante, ne se laisse pas toucher ; maisplutôt comme celle qui, liée à l’autre par un lien spécifique, pense et vit les situations avec lui. »Hans-Georg GADAMER.Il y a maintenant vingt-cinq ans, des psychologues-conseillers, en France, se sont engagés avec moi dans une démarche réflexive portant sur la formation à l’entretien et à la supervision clinique. Je leur ai proposé des concepts, des processus, et une méthodologie de formation centrée sur le développement de la conscience réflexive de soi en interaction en m’appuyant sur les résultats de recherches les plus probants (LECOMTE, 1987, 1999, 2000, 2004, 2011, 2012). Quel chemin parcouru depuis !Dans leur quête de compétence et d’identité professionnelle, généralement, la plupart des intervenants dans la pratique ou la formation à la pratique de l'entretien d'aide et de conseilpassent par une recherche d’appuis techniques et théoriques, pour graduellement découvrir la centralité de l’alliance de travail et de l’influence de leurs propres caractéristiques. Cette reconnaissance du caractère éminemment subjectif et intersubjectif de la situation d’entretien implique une perspective contextuelle constamment révisée pour s’ajuster au caractère unique de l’interaction. Comprendre quel’échange de significations et la recherche de dialogue entre le psychologue-conseiller et le consultant se font souvent dans l’imprécision et dans la faillibilité ; reconnaître la pluralité des mondes expérientiels ; avoir la conviction profonde que dans le processus d’aide, il n’y a pas de position objective, maisplutôt l’effort de dialogue entre deux subjectivités organisées différemment, chacune ayant leur perspective et leur expérience ; tenter d’utiliser ses théories de façon légère et en considérant qu’aucune technique ou théorie précise ne saurait répondre aux exigences de chaque situation, quelle démarche exigeante et complexe qui consiste à passer d’un monde linéaire cartésien à une position postmoderne dynamique non linéaire !Cet effort de dialogue émotionnel entre deux subjectivités organisées de façon différentes n’est pas sans passer par des moments de fluctuations et de erturbations relationnelles. Il est illusoire de enser ue le s cholo ue conseiller puisse arriver à offrir une écoute et une compréhension em athi ue sans faille. Prendre conscience de ces moments de difficultés d’accorda e affectif où l’alliance de travail est lus ou moins com romise devient alors déterminant our l’évolution du rocessus d’entretien. Sans un tel dialogue, un processus d’entretien significatif et authentique devient
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difficile voire impossible. Plusieurs résultats de recherche suggèrent que c’est à partir d’une position réflexive où il est attentif et sensible à l’ex érience sub ective du consultant, à sa ro re ex érience, et en même temps attentif aux mouvements intersubjectifs de la relation que le s cholo ue-conseiller arrive à demeurer flexible et dis onible our a uster « sur mesure »interventions aux besoins du consultant  ses LECOMTE, 4 2013 . Un des en eux fondamentaux consiste à contenir et à ré uler, de façon réflexive, les expériences émotionnelles de soi et du consultant tout en contactant ses ro res vulnérabilités dans des en eux de collisions de valeurs ou de convictions émotionnelles. Des résultats de recherche su èrent ue, quelle que soit l’approche, ce sont les intervenants manifestant de la conscience réflexive de soi en interaction qui obtiennent le plus de résultats positifs et obtiennent le plus faible taux d’abandon.Le programme de formation à l’entretien et à la supervision de la« Méthode LECOMTE » vise le développement de la conscience réflexive de soi en interaction pour favoriser l’engagement actif dans le développement de la compétence et de l’efficacité professionnelle. Une telle perspective a conduit inéluctablement à adopter une position où sont abolies les catégories et classifications hors contexte. Cette perspective s’appuie sur une métathéorie qui s’exprime comme une théorie de systèmes intersubjectifs dynamiques 5 caractérisée avant tout par unphénoménologique »« contextualisme  dans lequel se construit et s’élabore l’expérience singulière subjective. C’est une approche qui reconnaît que le processus d’entretien est d’abord fondé sur une recherche de dialogue entre deux subjectivités pour tenter de comprendre et mobiliser l’expérience du consultant. Voilà le paradigme complexe et déstabilisant dans lequel des conseillers, psychologues français et moi, nous sommes engagés depuis maintenant vingt-cinq ans. Ce paradigme a été expérimenté, discuté et questionné par un groupe de conseillers d’orientation-psychologues françaisqui s’est constitué en groupe de recherche reconnu au plan institutionnel. Cet ouvrage nous livre les résultats de ce travail de recherche.«De l’expérience à la recherche, l’entretien d’aide et de conseil.Comment mieux prendre en compte les différences ? »: tout un parcours dans ce livre…D’abord, une démarche audacieuse et complexe inscrite dans un processus d’une recherche originale. Un groupe de psychologues-conseillers profondément engagés dans un processus de développement de la conscience 4  LECOMTE, C., 2013.« Nécessitéd’une pratique réflexive en counseling d’orientation: aspects théoriques, scientifiques et cliniques », Conférence présentée au Colloque annuel de l’Ordre Professionnel des Conseillers d’Orientation du Québec, à Magog.5 Phénoménologique en ce sens qu’elle explore et met en lumière l’organisation de l’expérience subjective. Contextualisme: elle affirme que cette organisation se développe et prend forme à l’intérieur de contextes relationnels.
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réflexive de soi en interaction, s’inspirant de la méthodologieLECOMTE depuis plus de vingtans, s’est constitué en groupe de recherche pour rendre compte par l’écriture des résultats obtenus à partir de leurs expériences individuelles et collectives. Comment mettre en mots une démarche qui exige non seulement un travail de réflexion et d’intégration des savoirs théoriques, techniques et expérientiels, mais plus encore, qui s’appuie sur une recherche de dialogue authentique entre des subjectivités organisées différemment ?«Comment mieux prendre en compte les différences ? » semble bien correspondre à leur propre expérience de groupe s’étalant sur plusieurs années. C’est à partir des partages d’expériences de chacun(e) offertes généreusement, que le lecteur a le plus accès à cette recherche de dialogue entre des subjectivités différentes. Prenant ancrage sur la« Méthode LECOMTE », tout en gardant sa liberté, ce livre tente de faire partager leur propre évolution dans la sensibilité à l’autre. Plusieurs questions sont soulevées. Qu’est-ce que la singularité ? Est-elle d’abord intrapsychique? En quoi consiste l’altérité? En quoi les différences de l’autre peuvent être déstabilisantes voire menaçantes ? Face à des expériences relationnelles où l’intervenant se sent démuni, la tentation est grande de faire appel à des notions rassurantes cartésiennes comme la projection, l’identification projective etc., pour décrire l’autre, le différent. Tout en reconnaissant l’irréductible altérité de l’autre, comment l’intervenant peut-il arriver à un dialogue de réciprocité ? Les résultats de recherche de ce groupe illustrent à partir de leurs expériences vécues ce que d’autres recherches, en particulier sur le développement, indiquent clairement : à savoir que le développement de la singularité, repose d’abord sur des expériences empathiques de validation de l’altérité unique de l’enfant depuis sa conception. Le déni des similitudes autant que le déni des différences tendent à réduire l’expérience complexe d’incertitude dans notre approche subjective de l’autre. Il en résulte souvent des fausses dichotomies, des polarités et des dualités pour se donner des certitudes.Les échanges des participants et les travaux de ce groupe démontrent éloquemment que :-lorsque l’autre semble menaçant ou restreignant, l’intervenantest souvent en difficulté autant dans la régulation de ses réactions internes subjectives que dans ses tentatives de régulation interactive avec l’autre; - entrer en relation significative avec une personne qui a dû, suite à des expériences relationnelles douloureuses, organiser son expérience émotionnelle en un système immunitaire de survie fondé sur des convictions émotionnelles auto-protectrices rigides, représente une tâche complexe;
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