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100 fiches d'histoire du XIXe siècle - 2e édition

De
336 pages

100 fiches d'histoire du XIXe siécle offre une synthèse des moments clés et des évolutions du XIXe siècle de l'europe Napoléonienne à la Belle époque.Cette histoire est présentée sous forme de fiches de 2 ou 4 pages afin de fournir aux lecteurs des repères, des clés de lecture, des pistes de réflexion pour envisager l'ensemble des héritages de ce siècle. Grâce à sa structure chrono-thématique, cet ouvrage propose un parcours de lecture libre, au fil du temps ou selon les problématiques recherchées. Un volume utile aux étudiants, aux enseignants et à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire.

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Introduction
e Selon une conception classique, leXIXsiècle naît de la rupture révolution-naire qui marque la fin de l’Ancien Régime et le début de l’époque e contemporaine. La Révolution française demeure au cœur duXIXsiècle. Elle pose les fondements de la démocratie moderne. Elle ouvre des horizons poli-tiques nouveaux en énonçant le principe de la souveraineté populaire, promesse inachevée d’une liberté qui est l’enjeu des révolutions de 1830, de 1848 et de 1871. Le respect de l’individu et l’égalité entre les personnes consti-tuent également des valeurs centrales de la Révolution, reprises dans les e revendications politiques et sociales qui traversent tout leXIXsiècle.
Une autre approche pose le congrès de Vienne de 1815 comme date fonda-e trice duXIXsiècle. Cet événement met un terme aux guerres napoléoniennes, règle les conditions de la paix au profit des vainqueurs (Russie, Autriche, Prusse et le Royaume-Uni) et favorise l’endiguement de la vague révolution-naire. Il porte aussi en lui les germes des futures rivalités territoriales.
Afin d’éclairer les enjeux du congrès de Vienne, nous avons inclus dans cet ouvrage l’ère napoléonienne, période de compromis et de contradictions entre révolution et conservatisme, entre ordre et liberté des peuples, qui se solde par un régime personnel autoritaire. Des tensions du même ordre jalon-nent les décennies suivantes, au cours desquelles les défenseurs du gouvernement représentatif, idéal issu de la philosophie des Lumières, affron-tent les partisans de la monarchie et de la tradition religieuse.
e LeXIXsiècle est aussi celui de la sécularisation, de l’émancipation progres-sive des sociétés modernes à l’égard des religions et des Églises. Amorcé par la Révolution française, ce processus marqué par des périodes de tensions extrêmes, est à l’œuvre tout au long du siècle. La sécularisation est d’abord institutionnelle, au cœur de l’évolution des rapports entre les États et les Églises. Elle redéfinit aussi la problématique fondamentale de la formation e des esprits, notamment en France où l’école de la III République s’affirme laïque. En outre, elle est indissociable du triomphe de la Raison, de la science et de l’idéologie du Progrès. Enfin, à l’échelle du siècle, le recul des pratiques religieuses, le développement de la libre-pensée ou de l’athéisme témoignent plus généralement de la perte d’influence des religions sur les individus.
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Les guerres napoléoniennes constituent le creuset de la prise de conscience par les peuples annexés de la légitimité de la revendication natio-e nale. Cette phase de nationalisme libéral caractérise le premierXIXsiècle européen. Cette soif d’indépendance atteint les colonies ibériques, au sein desquelles les élites, d’origine européenne, revendiquent aussi le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Parallèlement à « l’éveil des nationalités », la révolution industrielle prend son essor à partir des années 1830. Né en Grande-Bretagne dès la seconde e moitié duXVIIIsiècle, ce processus d’industrialisation progressif modifie en profondeur l’économie mondiale et les structures sociales. La mécanisation et la course au profit génèrent l’apparition d’une bourgeoisie d’entrepreneurs et d’un prolétariat urbain. Les inégalités engendrées par l’industrialisation susci-tent l’élaboration d’idéologies politiques révolutionnaires, telles que le socialisme.
L’émergence de la question sociale alimente les débats autour de l’escla-vage, tant dans les colonies qu’au sein des métropoles. Les revendications antiesclavagistes prolongent les idées de la Révolution française. Elles s’inscri-vent aussi dans le sillage du libéralisme économique, en substituant à l’esclave un prolétaire prétendu plus productif. Parallèlement, la question coloniale trouve un regain d’intérêt. Plusieurs États européens manifestent une grande soif d’expansion, mais les empires sont encore épars, excepté celui de la Grande-Bretagne.
e La première moitié duXIXsiècle se caractérise donc par un triptyque : le nationalisme libéral, la propagation de l’âge industriel et les prémisses de l’expansionnisme colonial.
Ces trois notions, interdépendantes, s’exacerbent au cours du second e XIXsiècle. À la faveur de la montée des antagonismes entre États, elles se muent en nationalisme autoritaire, capitalisme triomphant et impérialisme colonial.
Le nationalisme, à l’origine de la création de nouvelles entités nationales, devient plus franchement belliqueux. La guerre devient un moyen privilégié pour unir une nation et fonder une identité nationale, comme le montrent les exemples de l’Allemagne et des Balkans. Le règlement des conflits suscite des rancunes qui attisent l’esprit « revanchard », le chauvinisme et la xénophobie.
Tandis que s’exacerbent les tensions nationalistes, le capitalisme porte la compétition entre les États sur le terrain économique. Confrontées à des
crises récurrentes, notamment après 1873, les entreprises, soumises à une concurrence accrue, sont contraintes de trouver de nouveaux débouchés. Le système capitaliste en mutation donne naissance à la première mondialisa-tion des marchés. Il engendre aussi la concentration des structures de production et l’émergence d’une nouvelle organisation du travail, qui inten-sifie les antagonismes sociaux. L’accroissement du prolétariat urbain et la persistance du paupérisme conduisent les ouvriers à se penser en tant que classe. Le développement du syndicalisme et des luttes ouvrières pousse les gouvernements et le patronat à octroyer de nouveaux droits aux salariés.
À partir des années 1870, les puissances industrielles, à la conquête de nouveaux marchés, se lancent dans une course effrénée aux colonies. L’« âge des empires » (E. J. Hobsbawm) se caractérise en effet par « l’exportation » et l’imposition des modèles économiques, administratifs et culturels européens au-delà des frontières continentales. Les territoires colonisés constituent des mannes de matières premières qui alimentent la production industrielle euro-péenne et servent de débouchés aux produits manufacturés venant de métropole. La colonisation s’inscrit aussi dans une volonté d’apporter la « civi-lisation » à des peuples considérés comme inférieurs. Cette « mission civilisatrice » se fonde notamment sur le prosélytisme religieux, sur l’ambition dite humaniste d’« éduquer » les peuples « moins avancés », mais aussi sur les théories raciales affirmant la supériorité de la « race blanche ». Ce « partage du monde dominé » ne se fait pas sans attiser les convoitises et sans provoquer des heurts entre les puissances impérialistes. À la fin du siècle, les velléités expansionnistes de l’Allemagne, « pays neuf » entré tardivement dans la course aux colonies, accentuent encore la dégradation des relations internationales.
En définitive, la conjonction des antagonismes nationaux, économiques et coloniaux ont porté à leur paroxysme les tensions entre les États européens qui, au tournant du siècle, se sont regroupés au sein d’alliances rivales. Dans cette Europe désormais fracturée en blocs opposés, l’assassinat de François-Ferdinand de Habsbourg, héritier du trône austro-hongrois, le 28 juin 1914, provoque une réaction en chaîne qui aboutit au déclenchement de la e Première Guerre mondiale. Le monde entre dans leXXsiècle par un conflit dont l’ampleur et la brutalité n’avaient encore jamais été atteintes.
e Pour aborder l’histoire duXIXsiècle, nous avons choisi un plan chrono-thématique. Les fiches peuvent mettre en lumière un événement précis lorsqu’il est porteur d’une rupture historique (le congrès de Vienne, la Révolution de 1830…). Elles peuvent aussi concerner certaines séquences
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majeures de l’histoire des États (la conquête de l’Ouest américain, l’ère victo-rienne, le Japon de l’ère Meiji…). D’autres s’attachent plutôt à l’analyse de thèmes transversaux et récurrents (l’exode rural, l’industrialisation…), à l’étude des grands courants idéologiques (le libéralisme, le socialisme…) ou artistiques (l’impressionnisme…). D’une manière générale, l’ouvrage est teinté d’une approche européanocentriste, dans la mesure où l’hégémonie du Vieux e Continent caractérise leXIXsiècle. Nous avons toutefois tenté d’éclairer la montée en puissance des États-Unis, l’émergence du Japon moderne, et l’évolution d’anciens empires, tels que ceux de la Chine ou de la Turquie, confrontés aux pressions occidentales et aux divisions internes.
Nous avons cherché à concilier à la fois l’approche « classique » que l’on peut attendre d’un manuel destiné à procurer les connaissances fondamen-tales, mais aussi une vision plus originale, ouverte à certains thèmes souvent délaissés par ce type d’ouvrage. Nous avons notamment voulu mettre l’accent e sur la culture duXIXsiècle européen, même si les contraintes éditoriales ne nous ont permis que d’en évoquer certains aspects. Enfin, en consacrant quelques fiches au colonialisme, à l’immigration, à la religion et à la séculari-sation, aux discriminations fondées sur ces deux constructions sociales que sont la « race » et le « sexe », nous avons voulu introduire certaines des problématiques de l’historiographie récente, espérant donner au lecteur la curiosité d’en apprendre plus par ses propres recherches. La répartition des questions entre les auteurs s’est faite, bien entendu, en fonction des domaines de compétence de chacun, mais également selon les désirs : l’écri-ture est aussi une affaire de plaisir.
Nous tenons particulièrement à remercier Fabrice Bensimon, Sébastien Colombo, Sophie Delvallez, Guillaume Garel, Stéphane Guerre, Sophie Guiroy et Noël Kerignard pour leurs relectures attentives.