A propos du cent cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage

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Traiter de l'esclavage et de son abolition « sans être esclave de l'esclavage », comme le recommandait Frantz Fanon, suivi en cela par l'ancien ministre des DOM-TOM dans sa circulaire relative aux manifestations du cent cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage, c'est le pari qu'a voulu tenir l'auteur dans le présent ouvrage.



Le Docteur Bangou qui, depuis une quarantaine d'années, s'est attaché à édifier et valoriser la véritable histoire de son pays, se devait de donner une suite à son essai sur l'aliénation et la désaliénation de cette société post-esclavagiste paru récemment aux Editions L'Harmattan.



La plus grande lisibilité du sujet et de son éclairage permettra rétrospectivement de mieux appréhender la problématique encore ouverte des déviances psychiques, sociales et politiques entraînées par le passé esclavagiste des collectivités en question.



Mais, et c'est là l'essentiel, dans ce dernier ouvrage, l'auteur, devenu historien pour mieux identifier le fondement de son engagement politique, essaye de faire partager ses conclusions sur une quête politique conduite tout au long de ce demi-siècle suivant la Seconde Guerre mondiale.

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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EAN13 : 9782844505422
Nombre de pages : 200
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AvANT- PROPOS
LE cENt cINQuaNtENaIRE du décREt d’abolItIoN dE l’EsclavagE a déjà mobIlIsé l’opINIoN, cEla, à l’INItIa-tIvE, taNt dEs oRgaNIsatIoNs attachéEs à EN célébRER lEs bIENfaIts, QuE dEs autoRItés soucIEusEs dE caNalIsER lEs RéactIoNs suscItéEs paR lE RappEl dEs hoRREuRs dE cEttE INstItutIoN.
il EN va dE cEt aNNIvERsaIRE-là, commE dEs pRé-cédENts afféRENts à NotRE hIstoIRE coloNIalE Et postco-loNIalE. il EN fut aINsI NotammENt pouR lE cINQuaN-tENaIRE dE la loI dE dépaRtEmENtalIsatIoN.
UNE tEllE tRadItIoN RIsQuE d’occultER cE QuI Est EssENtIEl, Et dE coNtRIbuER uNE foIs dE plus à appRofoN-dIR l’alIéNatIoN dE Nos socIétés postEsclavagIstEs habItuEllEmENt EmpêchéEs d’aNalysER lEs évéNEmENts stRuctuRaNts dE lEuR pERsoNNalIté, fautE d’uNE dIstaN-cIatIoN salutaIRE vIs-à-vIs dEs agItatIoNs dE cIRcoNs-taNcE.
CommE Nous l’avoNs faIt pouR lE bIcENtENaIRE dE la révolutIoN dE 1789 Et la pREmIèRE abolItIoN, puIs pouR lE cINQuaNtENaIRE dE la dépaRtEmENtalIsatIoN dE 1946, s’agIssaNt du cENt cINQuaNtENaIRE dE l’abolItIoN dE 1848, Nous EssayERoNs d’appoRtER uN éclaIRagE objEctIf dE cE phéNomèNE écoNomIQuE, socIal Et IdéologIQuE Qu’a été l’EsclavagE, tEl Qu’Il a maRQué uN sIèclE dE
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HenriBAnGOU
NotRE hIstoIRE EN GuadEloupE, Et dE soN pRoloNgEmENt daNs lE sIèclE Et dEmI QuI Nous EN sépaRE.
DIsoNs tout dE suItE QuE l’EsclavagE N’a pas été uNE INvENtIoN dE l’euRopE, maIs c’Est cEllE-cI QuI l’a tRaNs-foRmé EN géNocIdE d’uN coNtINENt Et d’uNE RacE.
DIsoNs aussI QuE sI l’euRopE N’a pas INvENté l’Es-clavagE, EllE EN a faIt lE foNdEmENt d’uNE IdéologIE RacIstE.
DIsoNs ENfiN QuE sI l’euRopE N’a pas INtRoduIt l’Es-clavagE EN AfRIQuE, EllE luI a doNNé dEs dImENsIoNs pRopREs à stoppER l’évolutIoN dEs collEctIvItés NoIREs au NIvEau pRéINdustRIEl, Et QuE cEla, combINé à la saI-gNéE subIE, EN a faIt lEs vIctImEs saNs défENsE d’uN dé-pEçagE coloNIal, pRéludaNt à lEuR vassalIsatIoN actuEllE paR lEs ImpéRIalIsmEs occIdENtaux.
DE tout cEla, Nous alloNs Nous ExplIQuER, saNs agI-tatIoN passIoNNEllE ou ExcItatIoN plEuRNIchaRdE, maIs aussI calmEmENt Et objEctIvEmENt QuE possIblE.
D’accoRd suR cE poINt avEc lE souhaIt foRmulé daNs la cIRculaIRE mINIstéRIEllE RElatIvE aux maNIfEstatIoNs du cENt cINQuaNtENaIRE dE l’abolItIoN dE l’EsclavagE, où, REpRENaNt uNE foRmulE dE FRaNtz FaNoN, lE mINIstRE dEs DOM-TOM, dE PEREttI, REcommaNdaIt dE NE pas aboRdER cEttE commémoRatIoN EN« esclaves de l’escla-1 vage ».
1 VoIR aNNExE.
APrOPOS DU CenT CinqUAnTenAire De LABOLiTiOn De LeSCLAVAGe
eNcoRE coNvIENt-Il dE luI doNNER toutEs sEs dImEN-sIoNs pédagogIQuEs ! CEla, d’autaNt QuE bIEN dEs INtERRogatIoNs REstENt ENcoRE saNs RépoNsEs avouéEs. C’Est cE QuE cEttE célébRatIoN mEttRa uNE foIs dE plus EN lumIèRE, à savoIR lE pEu dE cas faIt paR l’hIstoIRE ou lEs hIstoRIENs à cE géNocIdE paRtIculIER pluRIséculaI-RE QuE fuRENt lE tRafic NégRIER Et l’EsclavagE NoIR. DE cEt étoNNEmENt Et dEs INtERRogatIoNs Qu’Il sus-cItE, dEs débats çà Et là commENcENt à poRtER témoI-gNagE. C’Est lE cas pouR lEs tRoIs aRtIclEs paRus daNs lE QuotIdIEN« Libération »dEs 11, 17 Et 27 sEptEmbRE 1997 doNt lE dERNIER EN datE, sIgNé ChaRlottE GIRaRd, pRofEssEuR d’uNIvERsIté, a pouR tItRE : « L’esclavage des Noirs n’a jamais été juridique-ment qualifié. C’est pourquoi le parallèle qu’Edgar Morin opère entre ce fait et la Shoah peut être insup-portable ».
L’autEuR s’émEut à justE tItRE dE la pRotEstatIoN émIsE paR uN lEctEuR dE« Libération »coNtRE lE RappRo-chEmENt faIt paR edgaR MoRIN ENtRE la Shoah Et l’Escla-vagE dEs noIRs.
CE débat pRouvE bIEN QuE la voloNté séculaIRE dE laIssER daNs l’ombRE l’EsclavagE Et lE tRafic NégRIER dEs E E E XVi , XVii Et XViii sIèclEs Et, suRtout, dE NE pas EN faIRE lE pRocès au sENs où Il Est INItIé pouR dEs géNocI-dEs coNtEmpoRaINs, QuE cEttE voloNté-là dEmEuRE vIva-cE, voIRE agREssIvE.
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HenriBAnGOU
AussI coNvIENt-Il, daNs dEs occasIoNs aussI oppoR-tuNEs QuE soNt lEs datEs aNNIvERsaIREs sE RappoRtaNt aux tRagédIEs humaINEs QuI oNt foNdé l’hIstoIRE dE Nos col-lEctIvItés, d’INvItER cEllEs-cI à s’INtERRogER suR lEs cau-sEs dE lEuR suRvENuE Et lEs moyENs dE lEs pRévENIR.
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